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Accueil du site > Actualités > Economie > Misère des études onusiennes : le rapport de la FAO

Misère des études onusiennes : le rapport de la FAO

« 854 millions d’affamés dans un monde plus riche », cette phrase barre presque toute la une du journal Le Monde (31 octobre 2006), sous-entendant ainsi, dès le titre, que « la » cause de ce drame serait liée par quelques biais à ce terme de « riche », bien sûr, alors que l’article indique, presque à son corps défendant sans doute, que la situation se fait plus préoccupante en Corée du Nord, au Bangladesh, au Pakistan, et s’est aggravée au Proche-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne. La cause ? Hormis le sous-entendu précédent, rien, alors que la vérité s’affirme éclatante et même fait mal aux yeux par son évidence froide : la tyrannie et les entraves aux libertés d’entreprendre, de penser, de vivre tout simplement sont les racines de telles catastrophes.

Pourtant, dans cet article, hormis l’indication du titre, rien ne se déduit qui indiquerait cette conclusion mettant en avant la question du régime politique comme facteur premier, parce que tout est mentalement construit pour qu’on le sous-estime, et ceci depuis des lustres. Il suffit par extension de parcourir le site de l’ONU et de repérer les innombrables rapports sur le développement pour observer que les excès de puissance, les tricheries, bref, les marques quotidiennes de l’avidité humaine sont bien plus analysés que les facteurs fondamentaux qui permettent la prospérité pour tous et ceux qui l’empêchent de se déployer et de se développer.

Les libertés de penser, d’entreprendre, de choisir ses représentants, dans le respect de soi et d’autrui, sont des libertés fondamentales qu’un système de séparation des pouvoirs peut garantir de ses excès et de ses manques ; elles s’enracinent comme ces facteurs premiers qui, cependant, étrangement, sont systématiquement sinon écartés du moins minorés par une bien-pensance qui n’a que les termes "famine", "pauvreté", à la bouche, alors qu’elle ne fait déjà pas le lien entre famine et manque de liberté d’entreprendre. Pourtant, le cas chinois aurait pu éclairer.

Si la bien-pensance relève les manques de libertés de penser, de s’exprimer, elle ne veut pas faire le lien avec la liberté d’entreprendre parce que celle-ci serait entachée du défaut supposé majeur de "l’exploitation du travail par le capital", alors que ce cas est marginal, contrairement aux apparences, puisque ce qui compte dans la production, ce n’est pas seulement la réduction des coûts mais le fait de vendre, et donc de réaliser un bénéfice sur le prix de revient ; même en régressant au stade esclavagiste qui économise drastiquement les coûts, il n’est pas sûr qu’un profit se réalise s’il n’y a pas de demande, de propension à consommer, surtout lorsque le manque de liberté de penser, d’exprimer, donc de critiquer, de comparer, de s’affirmer, empêche précisément la construction d’un désir, d’une confiance...

C’est précisément parce qu’il existe un manque de libertés politiques que l’excès, celui de l’exploitation, existe, et non parce qu’il existe du profit...

Au fond, il faudrait tout reprendre à zéro en écartant des instances internationales (et nationales...) cette non-pensée qui néglige les facteurs fondamentaux, permettant et empêchant la prospérité, au profit de considérations idéologiques, certes pavées de bonnes intentions, mais qui, en réalité, loin de résoudre les causes, les aggravent puisque ces considérations les manquent ou les négligent dans leur "diagnostic" ; tout en renforçant la position, en termes de pouvoir, de prestige, et de... richesse (plus de 60% des ressources onusiennes servent à payer grassement des "experts" de ce genre...), de tous ceux qui, par un paradoxe, souvent cynique, accusent "la" richesse et, partant, les USA, puis, à l’extrême, les "juifs", voire les "rois du pétrole" d’être la cause de la misère et de la famine... De telles accusations, faciles, permettent ainsi d’éviter l’analyse réelle des causes, et de s’en servir comme rentes de situation...


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6 réactions à cet article    


  • ZEN zen 6 novembre 2006 14:04

    Qui possède la clef herméneutique pour comprendre cette pensée confuse ?


    • Lucien-Samir Arezki Oulahbib Lucien-Samir Arezki Oulahbib 6 novembre 2006 20:37

      Il vous faut retourner en primaire...visiblement...


    • Gabriel Maurisson 6 novembre 2006 20:20

      Oui cette article ne brille ni par sa clarté et encore moins par sa logique. En effet vouloir associer le manque de liberté politique à la pauvreté est un raccourcis très dangereux. Un simple regard sur le monde actuel permet de donner des contre exemples flagrant :
      - La chine connaît l’une des croissances les plus importantes actuellement sur la planète, est ce un modèle de libertés ?
      - Doit-on considérer que la récession en Argentine était lié à une démocratie en berne...

      Libertés politiques et réussite économique ne riment donc pas. Il est toujours très dangereux de simplifier les choses. Vous oubliez entre autres facteurs : diplomatie, culture, environnement géographique..(la liste ne saurait être exhaustive).


      • Lucien-Samir Arezki Oulahbib Lucien-Samir Arezki Oulahbib 6 novembre 2006 20:36

        La Chine ne pourra pas à terme faire l’impasse sur les libertés politiques au fur et à mesure que les libertés économiques demanderont et permettront plus de réflexions et de régulations...

        Par ailleurs lorsqu’il y a liberté politique, les droits sont plus protégés, ce qui n’est pas le cas dans les pays tyranniques....


      • Cordialement (---.---.225.106) 7 novembre 2006 11:32

        Bonjour monsieur Oulahbib,

        Vous affirmez que la une du Monde sous-entend que « la » cause de ce drame serait liée par quelques biais à ce terme de « riche ». Pourtant, vous notez que rien ne vient « alimenter » ce sous-entendu dans l’article. Avez-vous envisagé qu’il puisse n’y avoir pas eu de sous entendu dans ce titre ? J’y vois pour ma part un constat (Des gens affamés dans un monde plus riche) et peut-être un constat d’échec (Des gens affamés malgré un monde plus riche) mais aucune relation de cause à effet comme vous le suggérez. La lecture de l’article le confirme.

        Vous affirmez ensuite que la vérité vous fait mal aux yeux. On a en tout cas l’impression en vous lisant qu’elle a fait de gros dégâts à vos mirettes... Votre vérité est-elle tellement éclatante et évidente qu’elle vous prive d’étayer vos affirmations de faits et d’arguments ? Le fait est que votre envolée lyrique sur la libertée d’entreprendre est totalement hors du sujet de l’article que vous mentionnez puisque l’étude de la FAO n’a pas pour objet la pauvreté mais la malnutrition. Faîtes-vous seulement la différence ou est-ce que le prétexte de votre tribune est sans importance ? Dommage, cette étude de la FAO aurait mérité critiques et commentaires. Ce sera pour une autre fois...

        En attendant, on a juste le droit à un infomercial sur la liberté-d’entreprendre-c’est-bon-mangez-en (a priori d’accord avec vous, faut voir jusqu’à quel point) bourré de raccourcis (avez-vous entendu parlé de la mondialisation ?). Quand même heureux de voir votre effort de rédaction pour rendre votre propos intelligible. Evidemment déçu de constater que les ficelles que vous utilisez soient toujours aussi grosses.

        Cordialement.

        PS : « De telles accusations, faciles, permettent ainsi d’éviter l’analyse réelle des causes, et de s’en servir comme rentes de situation...  ». Je vous la ressortirai celle-là.


        • Internaute (---.---.83.41) 7 novembre 2006 12:16

          Je ne partage pas votre analyse. Elle sous-entend que notre modèle politique et social, transposé en d’autres lieux chez d’autres peuples, donnerait le même effet au nom d’une égalité aussi parfaite qu’utopique.

          L’expérience prouve le contraire. Il est vrai qu’un régime politique étouffant peut bloquer pendant un certain temps la mécanique du développement mais faut-il encore qu’il existe un moteur à cette mécanique. Ce moteur n’existe pas partout ni chez tout le monde. La Russie et la Chine ont vu leur développement stoppé net par le communisme mais reprennent le dessus une fois cette douloureuse parenthèse refermée. La raison en est que le moteur de leur développement n’est ni le communisme, ni le capitalisme, qui ne sont qu’une forme d’organiser la société, mais eux-mêmes. Il suffit d’aller admirer dans les musées les vaisselles Ming des 14° et 15° siècles pour se rendre compte à l’évidence que le développement de la Chine ne date pas d’aujourd’hui.

          A l’inverse, on a beau chercher, on ne trouve pas de traces de civilisation africaine digne de ce nom. Comme par hazard, dés que la colonisation cesse, les pays africains retombent dans leur mode de vie ancestral.

          Pour ce qui est de la liberté d’entreprendre, celle-ci est bien plus développée en Amérique latine qu’en France où tout est soit interdit soit réglementé dans le moindre détail. N’importe qui peut y monter une affaire conséquente et ne s’occuper des papiers et du fisc qu’une fois qu’elle marche bien. Obtenir un crédit est bien plus facile que chez nous. Seulement, le développement n’y est pas. Devinez pourquoi. En tout cas, ce n’est sûrement pas par manque de liberté politique ou économique.

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