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Misère des étudiants, crise du logement, responsabilité des gouvernements

 

 

 

 

 

On entend parler de la crise du logement à travers les subprimes, ces crédits aventureux associant chantage à l’accès à la propriété et voracité des banques. Mais c’est certain, c’est là-bas que ça se passe, aux States, car ici en Europe, il n’y a rien de tout ça. N’empêche, les biens immobiliers ont subi une inflation que d’aucun jugent pas raisonnable. Et puis, il y a aussi la question des investissements locatifs, mais pas de quoi clamer la crise. Tout va bien, mais pas pour tout le monde. Autrement dit, il y a bien une crise, mais elle est, avant toutes choses, sociale. Car pour reprendre les termes d’une chanson de Bashung, les classes aisées peuvent fredonner, mon petit bénéfice, ne connaît pas la crise, surtout si quelque rapport locatif ajoute à l’argent du beurre le beurre des épinards. Nous reparlerons de tout ça plus bas. Pour l’instant, ouvrons large la perspective sur le développement de l’économie depuis dix ans. Il est un fait connu, c’est que les classes moyennes veulent devenir moins moyennes et que les classes aisées sont voraces et, disposant de moyens d’épargne conséquents, elles exigent des rendements pas toujours raisonnables. Mais l’épargne sert aussi, vertueusement, le perfectionnement du système productif, la recherche, permettant d’investir dans du nouveau matériel et produire mieux et différemment. Comme je l’ai souligné précédemment, il existe deux économies, l’une de l’immédiateté et l’autre, spéculative. Alors qu’on entrait dans le troisième millénaire, la nouvelle économique a subi son baptême spéculatif, comme celle de 1929 et, soixante-dix ans après la grande dépression, la bulle spéculative liée au Nasdaq s’est crevée. Mais pas la voracité des spéculateurs, si bien que le trop-plein d’épargne et les liquidités des crédits se sont placés sur l’immobilier, marché auparavant calme, mais devenu, depuis six ou sept ans, le champ de manœuvre pour la spéculation. Il faut dire que le prix des logements a monté plus vite que l’indice boursier et que la location offre des revenus stables, pas comme ceux des actions, liés aux résultats de l’entreprise. Bref, la spéculation sur l’immobilier a largement augmenté la part d’économie spéculative sur l’économie immédiate, engendrant une crise sociale que les politiques ont négligée. La spéculation sur l’immobilier ne fait pas grand bruit, si ce n’est quand, dans des quartiers cossus de Paris, des immeubles sont vendus à la découpe et les locataires, gens biens sous tous rapports, sont expulsés et obligés de mettre le double de pognon pour retrouver une location de surface équivalente. Ces affaires, relativement médiatisées, ont jeté l’anathème sur les marchands de biens et autres banquiers d’affaires. Pourtant, le profit immobilier n’est pas l’apanage d’affreux capitalistes assoiffés d’argent et des fonds de pensions prêts à vampiriser des proies immobilières pour sucer le profit. Les marchands de toit et autres bailleurs appartiennent aussi aux classes aisées. Ce sont des gens que vous pourriez croiser et qui ont bien tiré leur épingle de ce jeu spéculatif, en suçant par exemple le budget des étudiants, en toute légalité. Direction le pays de l’immobilier, autrement dit les agences et leurs vitrines, placées dans les rues passantes ou les lieux clinquant, comme le net. Pour faire une petite enquête, rien ne vaut un réseau comme Orpi, Century ou l’Adresse. Entrons dans le formulaire la ville de Nice pour une requête classée par prix croissant. On trouve deux appartements, surface 9 mètres carrés, pour 55 000 et 63 000 euros. Puis en bas de la Madeleine, soit à 15 minutes à pied de la fac de lettres, un 20 mètres carrés est proposé à 100 000 euros. A Bordeaux, près de la Victoire et donc de la fac de socio, un studio de 20 mètres dans un immeuble ordinaire est proposé à 68 000 euros. Nantes, même cas de figure, trois petits studios vendus entre 50 et 60 000. On peut essayer une autre requête, par exemple, choisir une fourchette de prix entre 50 et 100 000 et une surface comprise en 9 et 20. On verra des dizaines de propositions localisées dans des stations balnéaires, mais le plus souvent dans des métropoles dotées d’une université. Les Français moyennement aisés ont trouvé le filon pour arrondir leur patrimoine et leurs fins de mois à moyen terme. Il suffit d’acheter un studio. On comprend pourquoi le prix du mètre est élevé, souvent au dessus de 4 000 et, dans certains cas, Paris notamment, ça peut atteindre 8 000. C’est déraisonnable, mais si on calcule la rentabilité, c’est très convenable. Prenons le cas d’un ménage déjà propriétaire dont les revenus sont de 5 000 euros par mois. Et qui dispose de 30 000 en cash. Il suffit d’aller chez son banquier avec les fiches de paye et d’emprunter 30 000. Ensuite, le studio est acheté puis loué entre 250 et 300 euros le mois. Cela paye le crédit et en quinze ans, c’est tout bénéfice, même en comptant la fiscalité.

 

 

 

 

 

Est-ce moral ? Non, mais c’est légal, c’est le marché. Certes, quand le loyer de l’étudiant est payé par des parents aux revenus substantiels, on n’ira pas crier au scandale, mais quand c’est un enfant de classe moyenne qui veut faire un IUT dans une ville éloignée de son domicile, avec les parents qui se saignent, ou qui bosse pour financer ses études, ou encore un jeune travailleur qui gagne le Smic, on comprend que ce chantage au toit, élément indispensable à la vie, dépouille les gens de modeste condition pour enrichir les classes aisées.Que faire alors, à qui la faute ? On ne va pas remettre en cause l’économie de marché et laisser, comme dans l’ancienne Union soviétique, le soin à l’Etat d’attribuer le logement et de fixer les prix. Bien sûr que non. Mais ce n’est pas pour autant que l’Etat doit laisser cette situation. Et là, on s’aperçoit que les lois de type Robien, en vigueur depuis quinze ans (quand il y avait la loi Périssol), ont accentué les effets de cette crise du logement en faisant quelques cadeaux fiscaux aux classes aisées. Par ailleurs, le logement social et étudiant n’a pas été soutenu à un niveau convenable si bien que le marché est devenu spéculatif en jouant sur un bien de première nécessité, qui s’est raréfié, le logement (comme le pétrole). Et l’effet de se faire sentir sur tous les ménages de condition moyenne n’ayant pas les moyens d’acheter et dont le pouvoir d’achat est ponctionné parce que la politique du logement n’a pas été à la hauteur. Les belles âmes antilibérales ont tant glosé sur les biens culturels qu’il faut exclure des lois du marché, mais elles ne se sont pas inquiétées de l’immobilier qui, lui aussi, sans qu’on le mette sous tutelle étatique, peut être régulé avec les outils que sont les logements sociaux. Et les terrains qui font flamber la construction ? Eh bien, il suffit de réquisitionner ceux que possèdent l’Etat ou les collectivités et à la limite exproprier. Après tout, on le fait bien quand il faut faire passer une autoroute ou une ligne de TGV. Au lieu d’atténuer la crise sociale liée au logement, les gouvernements successifs n’ont pas pris la mesure du problème ou, alors, ils ont fermé les yeux, jugeant qu’après tout, autant laisser les ménages aisés se faire une meilleure part dans l’économie et les revenus. C’est tout à fait légal, mais ce n’est pas moral. Les philosophes distinguent bien la légalité et la légitimité. Les moyens n’ont pas manqué pourtant. Au vu du coût des 35 heures, il aurait mieux valu diriger cet argent vers le logement social. Car il est content, le travailleur qui gagne 1 500 euros net, qui a quinze jours de RTT par an et qui doit débourser 600 euros pour se loger, soit 300 de plus que pour un logement social ; mais ces 300 euros qui font défaut, il peut les gagner en effectuant des heures supplémentaires, ce qui au total, revient à faire 40 heures, voire 42. Verdict. Les gouvernements sont politiquement responsables de la crise sociale liée au logement, responsables de ne pas être intervenus ces quinze dernières années. Il sont moralement coupables des difficultés matérielles des étudiants et des ménages qui subissent le chantage au toit et sont ponctionnés plus que de raison pour payer un loyer pas raisonnable pour un sou ! La peine prononcée devrait être exécutée dans les urnes s’il y a une justice politique. Quant à la peine morale, on ne va quand même pas les envoyer au confessionnal.

 

 


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42 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 19 décembre 2007 09:52

    Vous dites « Les moyens n’ont pas manqué pourtant. Au vu du coût des 35 heures, il aurait mieux valu diriger cet argent vers le logement social. Car il est content, le travailleur qui gagne 1500 euros net, qui a quinze jours de RTT par an et qui doit débourser 600 euros pour se loger, soit 300 de plus que pour un logement social ; mais ces 300 euros qui font défaut, il peut les gagner en effectuant des heures supplémentaires, ce qui au total, revient à faire 40 heures, voire 42.Verdict. Les gouvernements sont politiquement responsables de la crise sociale liée au logement, responsables de ne pas être intervenus ces quinze dernières années. Il sont moralement coupables des difficultés matérielles des étudiants et des ménages qui subissent le chantage au toit et sont ponctionnés plus que de raison pour payer un loyer pas raisonnable pour un sou ! La peine prononcée devrait être exécutée dans les urnes s’il y a une justice politique. Quant à la peine morale, on ne va quand même pas les envoyer au confessionnal. »

    Vous avez raison,c’est de la logique et il est curieux que le PS n’a pas fait ce raisonnement,car devant toutes les lois et les aides étatiques sur le logement ou les 35heures le bilan est catastrophique.

    Le même scénario est en train de se reproduire avec les Conseils Régionaux ou de nouvelles taxes,de nouvelles dépenses et une inflation de la masse salariale va pénaliser encore plus les classes sociales qui ne sont pas aisées


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 décembre 2007 10:03

      Cha ché bien vlai

      Justement, à Rocamadour, le fiston il peut très bien aller à la faculté du cabécou faire ses études, et le budget de la famille sera affiné


    • manusan 19 décembre 2007 10:24

      bus ou vélo pour habiter un quartier moins chère, c’est plus écolo et bon pour la santé. En fait, on l’a tous fait et on est pas traumatisé.


    • thirqual 19 décembre 2007 10:28

      Surtout si vous êtes un branleur issu de lycée technique comme moi, n’essayez pas de sortir de votre département pour aller dans une prépa bien côtée un peu plus loin, quitte à vivre avec 200 euro par moi (+loyer), vous n’avez aucune chance trois ans plus tard d’avoir à choisir entre les meilleures écoles de France.

      Reste où t’es né clampin, les études classes c’est pour les riches.


    • thirqual 19 décembre 2007 11:10

      Un petit « s » à la fin de « mois » a été zappé...


    • Zalka Zalka 19 décembre 2007 12:08

      Bravo Seb59, vous vous illustrez encore par votre finesse de réflexion. On fait des études quand on en a les moyens intellectuels, la volonté d’en faire et une vocation particulière. Les moyens financiers ne devraient pas constituer une barrière dans une société saine.

      Prendre un iut plus proche ? Mais s’il n’y a pas d’iut plus proche correspondant à ce que l’on veut faire ?


    • logic 19 décembre 2007 21:23

      Il y a lgtps que nous aurions intérét à avoir comme Président de notre Ripoublique un pastre Et non pas de ces intellos qui depuis qu’ils sont nés vivent de l’argent des autres et veulent t’expliquer alors qu’ils n’ont pas produit un seul cabécou de leur vie mais plutôt des tas de merdes


    • logic 19 décembre 2007 21:32

      L’education nationale Française ? Tu comptes sur eux pour te faire avancer ? Hélas il y a lgtps que j’ai compris qu’ils vont te gonfler le cerveau pour te rendre hérmétique aux autres et en finalité bloquer ta progression et ton dévelloppement humain

      Croyez vous que nous progressons ou que nous régressons ? Si nous régressons ce qui est pour moi incontestable l’EN reste une des principales responsables de cette triste situation


    • logic 19 décembre 2007 21:43

      Pourquoi aux funérailles de l’Abbé Pierre personne n’a évoqué l’argent détourné des offices d’HLM d’Ile de France ?De toute manière sachez que tous les Offices départementux sont noyautés et contribuent tjrs au financement des élus et des partis de toutes couleurs confondues Vous avez des doutes ? Vous faites donc partis des gens honnêtes qui sont incapables de douter de l’honnëteté de nos services publics Continuez ainsi et vous devenez complices hypothéquant ainsi l’avenir de notre pays et de nos jeunes


    • Lil_Pims 19 décembre 2007 21:55

      Moi je vote en faveur de la requisition de ta boite cranienne ! la on recupererait l’equivalent de la moitie du territoire francais a coup sur.

      ca me rappelle une chanson tiens « tulululu ya tellement d’air dans ta tete qu’on pourrait y faire de l’avion »


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 décembre 2007 09:55

      Bonjour, un message à l’attention de la personne qui gère le site. Serait-il possible de récupérer la découpe originale du texte en paragraphe. Visiblement, ça a sauté lors d’une étape de la mise en ligne

      Voilà où il faut éclaircir, les lieux où le par se termine, marci !

      développement de l’économie depuis 10 ans. (Fin de par)

      engendrant une crise sociale que les politiques ont négligée

      le budget des étudiants, en toute légalité

      métropoles dotées d’une Université

      tout bénéfice, même en comptant la fiscalité

      condition pour enrichir les classes aisées

      faire passer une autoroute ou une ligne de TGV

      ce qui au total, revient à faire 40 heures, voire 42


      • morice morice 19 décembre 2007 10:06

        Seb59 toujours aussi immonde :« Rien m’oblige l’etudiant à aller si loin. Il peut rester chez ses parents et prendre un fac plus pres ».Ç’est ça, et faire peintre en bâtiment à la place de juriste. Crétin, pas d’autre mot, désolé.


        • morice morice 19 décembre 2007 10:07

          PS : La photo n’est pas représentative du désastre : une chambre d’étudiant, ça fait à peine le 1/4 en superficie.


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 décembre 2007 10:10

          Non, le quart c’est pas possible, ça ferait moins de 8 mètres carré et c’est pas considéré comme un logement dans la loi Carrrez qui met le seuil à 9 mètres carrés, un vrai palace


        • manusan 19 décembre 2007 10:28

          9m2 c’est ce qu’il y a en cité U. Mais dans l’ensemble, c’est le standart depuis pas mal de temps. Pas de quoi fouetter un chat. Longues parties de jeux de role et soirées pizza en perspective.


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 décembre 2007 10:59

          Oui mais en cité-U, on ne fait pas payer 500 euros par mois


        • manusan 19 décembre 2007 11:06

          c’est pour ça qu’elles sont réservées à ceux qui ont moins de moyens, il me semble.


        • Mescalina Mescalina 19 décembre 2007 13:31

          @ MORICE, « faire peintre en batiment plutôt que juriste » : crétin et méprisant, rien d’autre à dire.


        • iggnir 19 décembre 2007 13:58

          Ah non, je crois que t’as pas compris son commentaire. Il voulait juste dire que pour un gars qui a pas de sous, ça sera sans doute plus facile de devenir peintre en batiment que juriste. Juste parce qu’il ne pourra pas se payer les études (de juriste donc). Après, il n’insulte en rien les peintres en batiments... Enfin, moi je l’ai lu comme ça son commentaire. Parce que vous comprenez, mon frère est charpentier et moi je fais une thèse. Ben il a moins banqué et bougé que moi pour en arriver là. Pourtant, il ne me viendrais jamais à l’idée de juger son métier. Dumoins, pas sur des critères aussi secondaires et superficiels...


        • manusan 19 décembre 2007 10:21

          Le plus étonnant ce sont les étudiants étrangers de plus en plus nombreux en France qui viennent de pays où leurs parents ont un pouvoir d’achat bien en dessous des smicart Français.

          C’est vrai que la hausse de l’immobilier touche les petits revenus, en particulier édudiants et jeunes salariés. Mais en été dans les vignes, dans les champs, pour des « petits » boulots, il y a surtout des asiatiques et des africains. Leur avis sur les étudiants français vous surprendrons.

          De tout de façon, il n’y a plus de fric pour contruire des cités universitaires. Que les étudiants réduisent leurs dépenses de téléphone portable, fassent du co-voiturage et passent au régime RU kebab, bref comme avant, on en a tous de bons souvenirs. Après l’université, c’est la même chose qui les attendent, sans les potes et faut pas compter sur Papa Maman.

          souriez, vous n’avez même pas le service militaire à faire. smiley

          Vous l’avez dit vous même c’est le marché ; au moins, ça les prépare.


          • Anto 19 décembre 2007 17:49

            que les etudiants fassent ci fassent ca, blablablabla...qu’ils mangent au RU et au kebab...bons souvenirs...co voiturage(! mais la plupart utilisent les transports en commun !...)... Comme si ca suffisait. Reveillez vous. il y a 1 etudiant sur 2 qi travaille pour financer ses etudes. Il ne s’agit pas necessairement d’enfants gates comme vous le sous entendez.

            « Comme avant » pfff... je ne sais pas de quel periode vous parlez, mais si c’est celle ou il suffisait avoir son bac suffisait pour bosser, il faut faire une mise a jour.


          • manusan 19 décembre 2007 18:49

            Je parlais d’il y a 9, 10 ans, bref bien après le carbonifère comme vous le sous-entendez.

            Mais à cette époque si lointaine, il y avait aussi du branleurs qui gueulaient bien fort, jamais en cours, trop occupés à faire sa révolution tu penses, par contre ils nous faisaient bien rire quand ils se voyaient millionaires. Sa critique de la société, wouaw, ça c’était l’Everest.

            1 étudiants sur 2 travaille pour financer ses études, t’as vu ça où Anto ? En tout cas ni aux champs l’été, ni chez manpower.


          • tvargentine.com lerma 19 décembre 2007 10:40

            C’est simple des communautaristes qui ont des logements sociaux font dans la sous-location de ces logements sociaux pour ces étudiants bien souvent d’origine africaine.

            Un vrai secrêt de polichinelle que de voir des logements sociaux remplir les poches de négiers des temps modernes qui ont « bénéficié » généreusement de logement à loyer modéré


            • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 décembre 2007 10:45

              Juste une précision. Malgré le titre orienté, ce billet traite plus généralement de la montée de l’immobilier, de la spéculation, du prix exhorbitant des locations et de la responsabilité des gouvernements qui n’ont pas su répliquer avec moyens et sens du social.

              C’était juste pour que les débats ne portent pas uniquement sur la condition étudiante qui du reste, ne se résume pas aux prix d’un loyer, loin s’en faut


              • manusan 19 décembre 2007 11:09

                merci de préciser, en effet le problème est global, pas seulement étudiants, mais aussi jeunes salariés, jeunes couples ou locataire de HLM jusqu’à 50 ans et coincé aujourd’hui pour acheter car le plafond de son PEL enfin atteint aprés tant d’années ne suffit pas.


              • Pierre 20 décembre 2007 09:16

                Ah bah oui mais vous donnez un titre misereux, faire pleurer sur le pauvre etudiant... alors ne soyez pas surpris si les commentaires traitent de la vie etudiante plutot que du logement !

                Et qu’on arrete de nous faire pleurer sur les pauvres etudiants Francais, tout est fait pour que leur vie soit moins chere (tarifs metro, tarifs sorties, aides APL, bourses,...). Et si certains change deux ou trois fois d’orientation professionnelle au cours de leurs etudes c’est probablement bien parcequ’ils ont pas trop de pression.

                Il est plus facile d’etre etudiant en France que jeune diplome. Et faire des etudes en France est bien plus facile qu’en Angleterre ou aux US. Mais au final les etudiants qui ont bataille pour terminer leurs etudes aux US ou en Angleterre auront de plus belles perspectives de carrieres.


              • Leveque 19 décembre 2007 11:15

                Le vrai probléme du logement, il est lié à la fac et à l’explosion du nombre d’étudiants depuis 30 ans.

                Tout le monde ou presque va l’université. De plus la durée des études s’est considérablement allongée, vu que la pluspart des étudiants se réoriente en cours d’étude. On peux prendre une moyenne de 4 ou 5 ans pour arriver au diplome et donc au marché du travail. Et il faut rajouter tous les étudiants qui sortent de l’université sans diplome.

                Il y a donc en France, un immense continent de jeunes « étudiants », comprennant les étudiants eux mêmes, toute une classe inscrit à l’université, mais n’y allant pas ou peu, ainsi une quantité importante de précaire, un peu diplomé, mais pas assez pour trouver un emploi.

                Une des solutions à la crise du logement étudiant serait de resserer un peu les admissions à la fac, notamment sur des critéres de motivation. La baisse du nombre d’étudiants entrainerait la fin de la crise du logement.


                • iggnir 19 décembre 2007 14:04

                  C’est bizarre, mais je pense comme toi. J’ai fait la fac par conviction et que j’ai raté 2 cours en 5 ans. Je peux comprendre les gars qui vont à la fac parce que c’est pas cher et ça permet de pas se poser de questions pendant un ou deux ans. Je ne leur en veux pas, mais si un peu quand meme.


                • rombaboud 19 décembre 2007 21:21

                  Ce que vous préconiser est certainement la plus mauvaise des solutions. Je tiens à vous informer, au cas où vous ne le seriez pas, que le nombre d’étudiants diplômés de l’enseignement supérieur en France est déjà largement en dessous de la moyenne européenne et que ce n’est certainement pas en abaissant le nombre d’étudiants à l’entrée de l’université que vous aurez demain des jeunes hautement qualifiés à même de créer la croissance et l’emploi de demain. De plus, la France s’est engagée, dans le cadre de l’Europe, à amener 50% d’une classe d’age au niveau Bac+5, nous n’en sommes même pas aujourd’hui au tiers. Néanmoins, je vous l’accorde, le besoin d’orientation et d’information au sein de l’université est vital pour permettre aux étudiants de ne pas s’engager dans des filières sans débouchés professionnels et permettrait d’avoir une réelle motivation chez ceux qui choisissent leur études en connaissance de cause, mais la sélection à l’entrée de l’université est certainement un des pires moyens pour remédier au problèmes de l’enseignement supérieur.


                • snoopy86 19 décembre 2007 11:24

                  @ l’auteur

                  Il est dommage que vous n’ayiez pas rappelé qu’il existe en France un systéme d’aide au logement dont bénéficient plusieurs millions de personnes (y compris les étudiants) et qui par ailleurs n’est pas étranger à la hausse de l’immobilier :

                  http://www.vosallocations.com/differentes-aides-logement,m1.html

                  Quel est le côut réel d’un studio à Talence APL déduite ?


                  • Alake Alake 19 décembre 2007 12:16

                    Simple. Vous pouvez faire le calcul sur le site de la CAF

                    Pour un étudiant non boursier, n’ayant aucun revenu et pour un loyer de 500€ vous touchez 189,65 € d’APL.

                    http://www.caf.fr/SimuLog.htm

                    @ l’auteur « Ensuite, le studio est acheté puis loué entre 250 et 300 euros le mois »

                    je ne connais pas beaucoup de studios loués à ce prix là à Paris mais tout dépend de la ville je suppose. ex d’annonce : « PARIS 10e, BOULEVARD MAGENTA, CHAMBRE MEUBLEE DE 9m2, EN PARFAIT ETAT, SITUEE AU 6e ETAGE, COMPRENANT : UNE KITCHENETTE EQUIPEE, UNE DOUCHE. WC COMMUNS SUR LE PALIER. Loyer charges comprises. 410€/mois »


                  • snoopy86 19 décembre 2007 12:32

                    @ alake

                    Les studios à Paris n’ont pas été achetés 60.000 € comme dans l’exemple de l’auteur...


                  • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 décembre 2007 12:59

                    En fait, j’étais un peu en deça des chiffres, un studio acheté 60 000 se loue plutôt 350 à 400, ce qui ne renforce que mieux mon argumentation. 350, c’est un chiffre standard à Bordeaux, quant à Paris, c’est du 500 mais il va de soi que le prix de l’investissement est plus élevé, marché oblige


                  • Alake Alake 19 décembre 2007 13:06

                    Vous pouvez trouver des annonces de chambre de bonne (pas des studios) de 9m² vendues pour moins de 60 000€ dans certains quartiers de Paris. Après le montant du loyer dépend de l’honnêteté du propriétaire et de l’apport fait lors de l’achat.

                    C’est sûr qu’à Bordeaux (pour prendre la ville de l’auteur) c’est moins cher. Il y a des annonces de 25m² pour 350€ par mois.


                  • Fred 19 décembre 2007 13:15

                    Quand j’étais étudiant, je bossais tous les étés et je donnais des cours particuliers à des collégiens et lycéens pendant le reste de l’année pour subvenir à mes besoins. Avec les APLs, un peu d’argent de poche des parents et en bouffant des pâtes, on y arrive.

                    Ce que je trouve intéressant est de voir certaines personnes se plaindre des prix des loyers, du niveau du smic...et dès qu’ils sont de l’autre coté ils font exactement pareil. Dès que quelqu’un arrive à acheter pour louer et bien comme tout le monde il met un prix élevé, dès qu’il embauche une nounou il va la payer au smic.


                    • titi 19 décembre 2007 17:32

                      Bienvenue dans l’humanité


                    • Yannick Harrel Yannick Harrel 19 décembre 2007 14:01

                      Bonjour,

                      Je suis d’accord avec la teneur générale de l’article. Un promoteur immobilier Strasbourgeois m’avait même fait la confidence il y a deux ans que plus rien n’était rationnel dans son métier et que ça l’inquiétait même à terme (!).

                      Quand le spéculatif prime sur le productif...

                      Cordialement


                      • Marc P 19 décembre 2007 22:35

                        Bonjour Bernard,

                        Bien sûr il y a la solution radicale et impensable de supprimer l’héritage (on aurait rtater le coche en 1968) ce qui remettrait les compteurs à zéro et on serait moins tentés de gagner sa vie ou sa fortune avec des loyers...

                        Sinon ce dont parle et que propose Eric Maurin ici remet un peu aussi les compteurs à zéro... pour les étudiants et leurs aînés...

                        http://www.laviedesidees.fr/Universite-un-autre-financement.html

                        on peut également chercher les causes de la stratification sociale par la pierre dans ce qui suit :

                        pourquoi une telle défiance chez les et entre français... ?

                        http://www.lesechos.fr/info/analyses/4626410.htm

                        Enfin pour l’anecdote, c’est drôle qu’entre toutes les pierres (roches) qui existent, une seule se mange, et on n’en fait pas des maisons pour en tirer des loyers :

                        le sel... et c’est pourquoi : qu’est ce qui lui rendra son goût s’il le perd ? (evangile selon...)..

                        Leila saida...

                        Marc P


                        • Pierre 20 décembre 2007 08:35

                          J’etais encore etudiant il y a moins de quatre ans. Et je me souviens entre autre de logements assez horrible dans paris, sous les toits, a pouvoir se tenir debout que dans deux metres carres, sans meme de salle de bain ou de douche, juste un toilette sur le palier et pour la douche : l’evier et une bassine. Tout ca pour 400 euros par mois (c’etait il y a 5 ans deja). Les APL aidaient tout de meme a hauteur de 100 euros pas mois ouf... Mais les 800 euros de caution a payer au depart avaient fait mal ! plus 100 euros de frais de dossier...

                          Oui c’est penible, mais lorsqu’on ai jeune on ressens pas forcement ce genre de conditions comme un adulte responsable d’une famille. J’en garde tout de meme de bons souvenirs.

                          Le fait que faire des etudes n’ai pas toujours une periode « rigolote » est une certitude, je pense une bonne ecole de la vie, cela motive pour terminer les etudes et esperer des lendemains qui chantent.

                          Et c’est la ou j’en viens a ce que me gene beaucoup plus dans cette histoire. Qu’une fois les etudes finies, il n’y a pas de boulot a la hauteur de son potentiel, et que beaucoup de jeunes debutants dans la vie active continuent a louer des chambres d’etudiant pendant plusieures annees...

                          Dans mon cas j’ai rapidement tourne les talons de ce pays France et suis parti a l’etranger. Maintenant, je recois tous les mois des contacts de chasseurs de tetes du monde entier et ma vie est a la hauteur des esperances que j’avais lorsque je grelottais de froid l’hiver sous les toits a Paris travaillant les bouquins tard le soir !

                          Faites des etudes, apprenez une langue etrangere et quittez la France qui sombre !


                          • Barilla Barilla 20 décembre 2007 09:38

                            Honnetement, on peut maintenant trouver toutes sortes de formations publiques de qualite, en province. Certes, il faut bouger, mais on est pas oblige d’aller dans une grande ville pour faire des etudes de qualite ! je suis a Compiegne, a l’UTC. L’UTC est une ecole d’ingenieur tres bien classee, qui recrute apres BAC, avec des droits de scolarite a 500 euros par ans. J’y vis pour 400 euros par mois, en mangeant au resto U et en habitant avec 2 collocs dans un appart’ de 80m2, avec un peu d’APL mais pas de bourse. Ces 400 euros, je les recupere en bossant pendant mes vacances, en tant qu’anim (honnetement, y’a pire comme boulot...)

                            Vous n’allez quand meme pas dire que je suis une exception chanceuse, que tout le monde ne peut pas faire ca ?

                            Alors oui, ca me fait sourire quand je vois des etudiants dire qu’ils galerent tout les jours pour payer leurs etudes, alors qu’ils ont fait le choix d’aller dans de grandes ecoles prives a 5000 balles l’annee, ou dans dans les Universites parisiennes... Brest, Beauvais, Reims, Compiegne... offrent la meme qualite d’enseignement, a moindre cout. Apres, c’est sur qu’ils y a moins de boites de nuit, moins de cinemas, moins de bowlings... le choix est dur...

                            Pardonnez moi pour la syntaxes, j’ecris avec un clavier qwerty smiley

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