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Accueil du site > Actualités > Economie > Modernisation, toilette ou débarbouillage ?

Modernisation, toilette ou débarbouillage ?

Sur ce sujet de la modernisation du marché du travail, on doit pouvoir faire mieux et plus, dans ces temps où faute de pouvoir reprendre le flambeau du progrès et de la promotion sociale, il faut au moins tenir celui de la cohésion sociale.

Ami lecteur,

Voici deux ou trois choses auxquelles je crois et dont j’aimerais vous convaincre, au moment où la représentation nationale a entre les mains le texte sur la modernisation du marché du travail, transposant l’accord national interprofessionnel du 21 janvier 2008 (texte joint en bas d’article).

Les objectifs de cet accord sont de faciliter l’entrée dans l’entreprise et améliorer le parcours en emploi, sécuriser les contrats et améliorer le retour à l’emploi : lisons à cette aune les 9 dispositions essentielles du projet de loi et constatons qu’une préoccupation essentielle semble pourtant bel et bien manquer à l’appel …

De l’offre d’emploi acceptable qui en est le point de départ à la rupture décidée, consentie ou contrainte qui marque la fin du contrat de travail, n’exerce-t-on pas un métier dans un emploi, dont, quelle qu’en soit la forme contractuelle, qualification et formation sont les pivots : peut-on passer à côté de cela dans ce projet de loi ?

L’un des objectifs de l’accord des partenaires sociaux est de faciliter l’entrée dans l’entreprise et améliorer le retour à l’emploi : comment y parvenir si l’on ne commence pas par en « moderniser » la clef d’entrée – c’est-à-dire l’offre d’emploi ?

Ensuite, comment parler de modernisation du marché du travail si sans aller jusqu’au contrat de travail unique, on ne va pas au moins jusqu’à l’introduction de la notion de « durée déterminée renouvelable par tacite reconduction » dans un droit du travail qui offrirait alors le moyen de mieux lutter contre la précarité, tout en concourant utilement à une flexibilité mieux aménagée et moins brutale.

Rappelons que la présidence tchèque, en 2009, se propose de faire de la mobilité dans l’emploi une de ses priorités : mobilité intra-européenne donc transversalité des modalités essentielles du contrat de travail.

Prenons, en France, l’initiative d’en jeter dès à présent les bases.

Innovons, alors, en plaçant la formation et l’alternance au cœur même du contrat de travail et de ses obligations réciproques, afin que les employeurs trouvent à travers la qualification une variable d’ajustement positive et supportable de la gestion du temps de travail et des emplois

Le temps n’est-il pas venu, d’ailleurs, de faire la jonction entre expérience des séniors et manque de qualification des jeunes en constatant, à travers cette convergence, que la qualification est une nécessité commune à l’employeur et au salarié dont découle logiquement une responsabilité partagée de former et se former ?

Ce serait donc ouvrir la voie d’une modernisation authentique et durable du marché du travail que de faire de cette responsabilité partagée une nouvelle disposition contractuelle de droit commun dans le contrat de travail.

Car si nous nous contentons de statuer sur les seuls repères qu’a bien voulu nous confier le paritarisme, nous allons peut-être rater l’occasion inespérée d’instaurer rapidement un vrai modèle de flexisécurité à la française.

En ces temps de rupture, eh bien rompons !

Au-delà de toute notion d’ouverture, l’heure est pour la majorité comme pour l’opposition de prouver leur sens des responsabilités.

Et sur ce sujet de la modernisation du marché du travail, on doit pouvoir faire mieux et plus, dans ces temps où faute de pouvoir reprendre le flambeau du progrès et de la promotion sociale, il faut au moins tenir celui de la cohésion sociale.

Au moment où se pose avec acuité le problème de l’emploi des séniors, il y a même dans cette proposition de relier par l’alternance et par cette double obligation de former et de se former inscrite au contrat, le moyen de ramener au travail les populations qui se trouvent aux deux extrémités de la courbe en cloche de notre population active, là où se trouvent précisément coincés, chacun de leur côté, tout à a fois nos jeunes et nos séniors.

Documents joints à cet article

Modernisation, toilette ou débarbouillage ?

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16 réactions à cet article    


  • cambacérès cambacérès 6 mai 2008 00:27

    c’est toute la difficulté ; chaque angle d’attaque a une répone

    la réponse finale est sans doute dans leur synthèse


  • JL JL 5 mai 2008 11:26

     

    Je voudrais faire deux remarques au sujet de cet article :

    Mettre les jeunes au travail ou y remettre les anciens, il n’y a pas photo ! la priorité c’est l’emploi des jeunes, évidemment.

    Concernant la mobilité, la France est, on le sait, l’un des pays d’Europe de l’ouest où le taux de propriétaires de leur logement est le plus faible. A cela je vois deux raisons principales : d’une part les gouvernement successifs ont favorisé le logement locatif et de basse qualité au détriment du résidentiel ; d’autre part les propriétaires de leur logement qui doivent à changer de lieu de résidence sont amenés à revendre et racheter un bien immobilier. Hors les taxes qu’ils doivent acquitter sont considérables et constituent de véritables freins aux déménagements. Il fait assainir le marché de l’immobilier et réduire les taxes de transfert autant que possible.


    • cambacérès cambacérès 6 mai 2008 00:20

      Alors qu’on ne sait plus quoi faire dessSéniors qu’on voudrait poutrant voir tavailler plus longtemps, la proposition estq u’on favorise l’emploi des jeunes dont on connait le manque de formation et de qualification par un partage formateur de l’expérience des séniors : cela pourrait constituet une part du travail que lon attend d’eux.

       

       


    • bobbygre bobbygre 5 mai 2008 12:55

      Votre article fait l’hypothèse implicite que la "modernisation du marché du travail" (entendre "sa libéralisation") est inéluctable. Je ne partage pas cette opinion.

      Cette "modernisation" n’a strictement rien apporté aussi bien en termes sociaux qu’économiques d’ailleurs à des pays tels que les Etats-Unis (aujourdhui, au début d’une récession historique) et l’Angleterre (dont le principe de libéralisme vient sérieusement d’être écorné aprés la nationalisation de la Northern) par exemple et il serait bon aujourd’hui d’ouvrir les yeux et de voir les terribles biais de la précarisation des emplois, qui finit par aboutir à une fragilisation de l’économie réelle. 

      Certes le concept de "flexisecurité" que vous sembler défendre, prévoit d’en annihiler les effets pervers mais cela ne me console guère de savoir que l’Etat, qui a décidé de prélever de moins en moins d’impôt tout en se trouvant dans une situation de quasi-faillite, va devoir encore prendre en charge cette nouvelle insécurité.

      La question que l’on devrait véritablement se poser est : à l’egard des enjeux actuels, est-ce vraiment une nécessité ? Et est-ce vraiment le sens dans lequel on doit aller ?

      On a une drôle de situation en france, qui nous promet pas mal de scizophrénie de la part de nos précheurs de bonnes paroles : alors que le libéralisme est en train de clairement réveler ses limites, nous venons juste d’initier notre cure sous la direction de notre historique président.


      • cambacérès cambacérès 6 mai 2008 00:31

        quoi que vous en disiez, une flexisécurité utile reste à inventer


      • Yohan Yohan 6 mai 2008 00:59

        La flexisécurité utile ? Kesako

        S’il s’agit d’échanger plus de flexibilité contre plus de sécurité, alors commençons par organiser la portabilité des droits au delà du dernier jour travaillé. Actuellement, le fossé s’élargit entre les salariés et les demandeurs d’emploi. Une fois au chômage, votre insécurité est presque totale, avec des services d’accompagnement et de formation en peau de chagrin, sans compter les pressions accrues pour vous remettre à l’emploi au plus vite, sans vous laisser le temps de la reflexion.


      • cambacérès cambacérès 10 mai 2008 14:43

        En principe la sécurisation prochaine des parcours professionnels devrait y pourvoir.


      • jaja jaja 5 mai 2008 19:23

        Moderniser un système où le salarié, s’il n’est plus battu dans nos contrées, reste proche des conditions de vie de l’esclave me fait doucement rigoler.

        Travail de merde pour un salaire de même nature... Le tout supervisé par une hiérarchie dont les "meilleurs" éléments sont de structure paranoïaque, c’est-à-dire égoistes, égocentriques et lâches . C’est le lot quotidien de millions de gens pour qui la seule démocratie dans l’entreprise c’est "Ferme ta gueule"...

        Virer un salarié à l’heure actuelle n’est pas bien compliqué... ça peut juste coûter un peu de pognon. Alors la flexisécurité à la française...

        Pourquoi pas à la grecque, avec des travailleurs le pantalon en bas des jambes... C’est ce que les salauds du CAC 40 espèrent... Pourvu que, rapidement, le peuple se décide à botter le cul à ceux qui veulent l’emmener à marche forcée vers la paupérisation et la smicardisation générale !

        Pardon aux Grecs, c’est un peuple que j’aime beaucoup...


        • cambacérès cambacérès 6 mai 2008 00:29

          réaction atrabiliaire hors sujet


        • Le péripate Le péripate 5 mai 2008 22:25

          J’aurais aimer réagir sur ce thème, o combien important. Mais je ne sais par quel bout prendre l’article : code du travail, syndicalisme, liberté contractuelle, formation, etc... ce sera donc pour autre fois.

           


          • cambacérès cambacérès 6 mai 2008 00:33

            eh bien dialogons, car, effectiement, il ya du boulot, les angles d’attaque étant effectiveent multiples, il faut une solution qui combine les milie et une réponses à ces angles d’attaque


          • Blé 6 mai 2008 07:37

            Dans les années soixante, donc durant ma jeunesse, rester chez un même patron durant des années n’était pas une référence, cela signifiait que l’on manquait de curiosité et surtout d’un manque d’appétit de savoir. La jeunesse de ces années était moderne avant l’heure.

            Personnellement j’ai connu pas mal de convertions professionnelles durant ma vie professionnelle, sans attendre qu’un spécialiste payé très cher me dise ce que je devais faire. Je pense que je ne suis pas un cas isolé. Je fais parti des 38% de séniors qui travaillent encore.

            Je trouve passionnant l’idée qu’au nom d’une économie de marché et d’un libéralisme forcené, la dernière des libertés qu’on laissera à l’individu sera de se formater (avec joie, s.v.p.) aux besoins de la finance, horizon indépassable de notre futur. La flexsécurité pourquoi faire exactement ? Une fois que cette belle idée aura épuisé ses ressources critérisées à l’aune des intérêts des rentiers et actionnaires , que demandera t-on aux individus pour s’adapter au marché du travail ? 


            • cambacérès cambacérès 6 mai 2008 08:54

              Je suis consterné de constater que dès qu’n prle flexisécurité, les arguments se crispent immédiatelent sur les mille et une horreurs très réelles du capitalisme sauvage, de la fnanciarisation à tout crin, etc...

              Mais enfin, soyons clairs qu’y a-t-il de pire que le lbéralisme à outrance ?

              Tout simplement des rigidités anciennes et tenaces qu ne protègent plus de rien, alors qu’un assouplissement réel de la gestion du temps au travail devrait permettre de se consacrer aussi à soi-même et aux autres, dans cette obligation réiproque de l’employeur et du salarié que je propose d’inscrire dans le contrat de travail,.

              Face ax évolutions accélérées des métiers et des qualifications, il s’agit bien de se protéger, économiquement et professionnellement, en se formant et en formant. 

              Au moment où se pose avec acuité le problème de l’emploi des séniors, je vois même dans cette proposition le moyen de relier par l’alternance et cette double obligation de former et de se former inscrite au contrat, le moyen de ramener au travail les populations qui se trouvent aux deux extrémités de la courbe en cloche de notre population active , où se trouvent précisément coincés, chacun de leur coté, tout à a fois nos jeunes et nos séniors.

               


            • bobbygre bobbygre 6 mai 2008 10:49

              Bonjour,

              Mon père m’a souvent raconté qu’à son époque, il changeait souvent de patrons. Il suffisait qu’un patron ne lui plaise pas, pour qu’il démissione. Ah, les temps bénis où le chomage ne faisait peur à personne. Faut dire que comme il dit, "il suffisait de traverser la rue" pour trouver une place...

              La principale raison pour laquelle les employés s’attachent à leur boulot comme un coquillage à son rocher, ça n’est pas parce que les gens ne sont pas "modernes", c’est parce qu’ils ont peur se se retrouver au chomage.


            • cambacérès cambacérès 6 mai 2008 11:47

              EH oui...un seul moyen de se prémunir : faire le poids

              celà vaut pour les employeurs, comme pour les salariiés.


            • cambacérès cambacérès 6 mai 2008 11:52

              une seule parade, pour les employeurs comme pour les salariés

              faire le poids

              notamment en acceptant de se former et en consentant à former

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