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Accueil du site > Actualités > Economie > Mondialisation : le retour de bâton salutaire

Mondialisation : le retour de bâton salutaire

On l’annonçait ici depuis une bonne quinzaine de jours, la déroute financière internationale est à nos portes, elle a même déjà pénétré le sanctuaire.

Le sport favori des banques centrales est de ne rien faire quand il faudrait faire quelque chose et de faire l’inverse de ce qu’il faudrait faire quand il n’y a justement rien à faire. La BCE vient d’arroser le marché des liquidités d’une centaine de milliards d’euros, (le même montant qu’au lendemain du 11 septembre 2001), les Japonais d’une dizaine d’autres, pour que ces "pauvres banques commerciales" ne plongent pas complètement en raison de la crise des "subprimes" de l’immobilier américain.

Justement laissons-les plonger, ça fera de la place pour de vraies banques. Paribas a déjà trois fonds de placement en faillite technique. IKB, un très importants instituts financiers allemands est en déroute, le ministre des Finances Peer Steinbrück ayant dû interrompre ses vacances pour voler à son secours, une déroute qualifiée de "plus grave crise bancaire depuis 1931" par le patron du régulateur boursier d’outre-Rhin.

Le Crédit suisse ne pipe mot pour l’instant, mais à l’interne on sait assez bien à combien va se monter la facture. L’UBS est outrageusement silencieuse. Hier, jeudi, les bourses ont toutes plongé et on ne sait jusqu’où elles iront ce vendredi.

"Ce que nous savons avec certitude, expliquait l’économiste américain John Kenneth Galbraith, c’est que les épisodes spéculatifs ne se terminent jamais en douceur. Il est sage de prédire le pire, même s’il est, selon la plupart des gens, peu probable."

Un peu comme la nature, il faudrait que les régulations se fassent et ne soient pas faussées par l’action des banques centrales. Que les canards boiteux tombent, que les spéculateurs perdent, et que la fausse valeur purement financière et spéculative soit réajustée, pour parler poliment.

Ainsi serait enfin mise à mal la toute-puissance de l’économique sur le politique et le côté soi-disant inéluctable de la mondialisation actuelle, celle du credo absolu de la croissance qui ne peut pas, par définition, continuer sur sa lancée indéfiniment.


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35 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 13 août 2007 14:57

    En regardant ce matin les marchés financiers nous constatons que la reprise des marchés suite à l’intervention des banques centrales à permis de remettre les choses en ordre.

    http://fr.news.yahoo.com/afp/20070813/tts-bourses-economie-c1b2fc3_1.html

    Votre article et votre analyse tombe à l’eau ! floc floc !!


    • Forest Ent Forest Ent 13 août 2007 15:04

      Vous n’êtes visiblement pas habitué à suivre les cours. Ca monte et ça descend chaque jour. Mais personne ne pense que les choses sont « dans l’ordre » et le sujet clos.


    • cniko 13 août 2007 16:17

      Encore à côté de la plaque Lerma. Bien sûre, on injecte un peu de monnaie et hop les problèmes structurelles sont réglés...


    • Antoine Diederick 13 août 2007 20:25

      at Lerma,

      c’est pas ce que disent des journalistes du financial times qui se demandent si l’intervention BCE ne cache pas autre chose tant elle a été importante ....attendons 2 semaines avant de tirer des conclusions hatives.


    • Yvance77 13 août 2007 21:04

      La seule reprise impossible chez lerna, c’est celle d’un niveau d’intelligence acceptable. Chez lui c’est plus exactement le plongeon perpétuel !

      A peluche


    • nos 14 août 2007 09:48

      @lerma

      Justement, l’auteur critique l’intervention de la BCE qui maintient artificiellement la « bulle » pour éviter un krach ...

      vous êtes l’exemple type du mec qui n’a rien compris et qui l’ouvre ...


    • nos 14 août 2007 09:55

      pour notre président qui veut qu’il y ait plus de propriétaires en France, ce système de « subprime » serait interessant, il serait enfin possible que les smicards empruntent :-P (sur au moins 50 ans bien entendu)

      tout ça pour n’avoir pas à bâtir de logements sociaux ...


    • ROBERTJean-Claude 14 août 2007 15:06

      Nous sommes tous dans le même bateau - c’est la bonne définition de l’économie aujourd’hui - patrons ou smicards - BCE ou simple banque commerciale. Sur le plan macro-économique, la guerre toujours en cours (L’ECONOMIE dans sa définition de base depuis la nuit des temps : j’achète 10, ce que je revends 100 à un pigeon - toutes choses étant égales par ailleurs) suppose que l’adversaire reste en vie pour contribuer au maintien de la succession des déséquilibres successifs en vigueur. A défaut, c’est le chaos ! Que ferait la Chine de sa production à exporter, et que deviendrait sa balance commerciale, si ses acheteurs étrangers ne pouvaient plus payer sa marchandise ? La crise financière actuelle sera bien sûr résolue, plutôt vite que tard, car c’est l’intérêt de tout le monde - sauf de certains fonds de pension qui estiment ne pas participer à l’équipage...


    • karg se 16 août 2007 22:09

      et oui l’économie c’est un groupe de personne qui décident de coopérer pour bénéficier de plus de surplus...donc tous le monde est lié.


    • Kalvin Whiteoak kalvin 13 août 2007 15:04

      NB : L’article a été écrit le 10 août. Oui ce lundi c’est relativement calme, mais je vous suggère de regarder de près les résultats que donneront cette semaine les analyses commencées par les autorités de contrôle boursier sur les canards boiteux, notamment au USA.


      • masuyer masuyer 13 août 2007 17:37

        Laissons donc couler les banques toujours très fortes dans la privatisation des profits et dans la socialisation des profits.

        Elles veulent plus de libéralisme qu’on leur donne donc.


        • max l'économiste max l’économiste 13 août 2007 17:59

          Les banques commerciales ce ne sont pas des entreprises comme les autres, il ne faut pas attendre d’une crise spéculative une sélection des meilleures banques à la façon d’une sélection naturelle bénigne. Les banques commerciales ne peuvent pas tomber en faillite car sinon les crédits et les débits contractés en monnaie centrale entre banques commerciales pour les opération de compensation seraient totalement faussés.


          • colza 13 août 2007 18:59

            Je n’y connais rien de rien en économie, mais j’ai une question : D’où viennent les milliards injectés par la BCE et à qui celà profite-t-il ??

            En clair, de quelle(s) poche(s) ça sort et dans quelle(s) poche(s) ça va tomber ??


            • Laurent_K 13 août 2007 19:28

              C’est effectivement rigolo de voir les banques, grandes donneuses de leçons devant l’éternel se prendre une claque. Sauf que la claque a toute les chance de nous revenir en pleine figure façon puzzle et là, c’est moins drôle.

              N’oubliez pas que la source de la crise est l’incapacité de nombreux ménages américains à rembourser leur maison. Ils vont donc la perdre ou l’ont déjà perdu. Pas très rigolo. Et si nos banques explosent, cela veut dire :

              1°) Arrêt du crédit pour le fonctionnement des entreprises avec pour conséquence un arrêt brutal de la croissance et donc un accroissement du chômage,

              2°) Arrêt du crédit pour l’immobilier donc une chute de celui-ci. En soit, ce ne serait pas trop mal venue vu les niveaux atteints mais la perte serait largement supportée par tous ceux qui n’ont pas encore fini de rembourser leur logement acheté depuis le début de la bulle (en gros depuis 2000...).

              En gros, tout le monde boirait la tasse.

              Que les financiers aient une part de responsabilité dans la crise est une certitude -ils ont prêté pour s’enrichir à des gens dont ils savaient qu’ils ne pourraient pas rembourser en cas de baisse de l’immobilier- mais ce n’est pas une bonne nouvelle pour autant. Il faut éviter à tous prix une explosion du système financier car la dernière grosse explosion de ce type a mené tout droit à la venue de Hitler au pouvoir.

              Quant à savoir si cette explosion est réellement évitée grâce à l’action des banques centrales comme en rêve lerma, c’est beaucoup trop tôt pour le dire. Il y a effectivement un signe positif avec les tendances boursières d’aujourd’hui mais personne ne sait le véritable montant de la perte à signer sur le marché des crédits hypothécaires à haut risque -je préfère cette expression à l’anglicisme subprime- et surtout qui va la payer. En effet, avec l’habitude des financiers de tout se vendre et se revendre, personne ne sait quelle banque possède réellement ces crédits pourris (c’est la BNP, banque française qui a ouvert le feu en indiquant qu’elle gelait trois de ses fonds impliqué dans ce type de crédit).


              • Antoine Diederick 13 août 2007 21:59

                effectivement « les crédits pourris titritisés » on va voir où ils se baladent smiley y peut être des surprises ds l’air ou ds le marigot ...ou le marais enfin un truc comme cela .


              • Antoine Diederick 14 août 2007 08:06

                correction « titrisés »


              • Dégueuloir Dégueuloir 14 août 2007 14:16

                liquidons les banques et les banquiers ! smiley


              • Pak 9 septembre 2007 01:15

                En France on emprunte normalement de manière à pourvoir rembourser (max 30% du mensuel disponible). Une baisse de l’immobilier n’a pas d’importance pour ceux qui ont déjà acheté à moins qu’ils ne soient contraints de revendre...


              • Plus robert que Redford 13 août 2007 21:44

                Faut pas être Jérémie pour savoir ce qui va arriver ! Comme d’hab, c’est le petit emprunteur, le petit épargnant qui va régler la casse ! jusqu’à ce que les banquiers arrivent à lui lever la peau du cul, il verra ses éconocroques partir en fumée, sa pension de retraite ne plus valoir un clou, et la dérouillée qui va s’en suivre affectera tout le monde, qu’on le veuille ou non !

                Merci les Amerlauds, d’avoir fait fonctionner la planche à billets à fond pendant les 5-6 dernières années surtout, quitte à rendre la monnaie fiduciaire mondiale aussi efficace que du papier WC !


                • Dudule 14 août 2007 01:21

                  @colza : "Je n’y connais rien de rien en économie, mais j’ai une question : D’où viennent les milliards injectés par la BCE et à qui cela profite-t-il ? ?

                  En clair, de quelle(s) poche(s) ça sort et dans quelle(s) poche(s) ça va tomber ? ?"

                  De nulle part : c’est la planche à billets. Un simple jeu d’écriture pour être plus précis. La BCE remplace les liquidités volatilisée d’un trait de plume.

                  C’est inquiétant quelque part, car que des libéraux-bolchéviks intégristes en viennent à injecter des liquidités aussi colossales au sein des sacro-saints marchés financiers, garant de l’ordre économique, pur, virginal, divin, immanent, juste et non faussé, signifie qu’ils ont vraiment une frousse de tout les diables !

                  A noter cependant que lorsqu’il s’agit de sauver les fesses des spéculateurs, la BCE n’hésite pas une seconde à faire tourner la planche à billets. Quand il s’agit de biens collectifs (déficit publics et sociaux), c’est niet ! Pas plus de 3% du PIB, les gars, sinon gare !

                  Alors qu’un simple jeu d’écriture suffirait à équilibrer nos comptes, payer nos fonctionnaires et nos services publics ! Et que cela ne serait pas (ou peu) inflationniste dans la mesure où les liquidités créées correspondent à des biens et services réellement échangés.

                  Et même si ça l’était un peu, inflationniste, après tout, quelle importance ?.. on a toujours fait comme ça jusqu’a il y a peu.... vous savez, on a plus le droit de le faire depuis que les déficits et le chômage explosent... Les Banques Centrales ont perdus se droit par la signature de différents traité européens au cours des annèes 80-90, la création de la BCE toute puissante ne faisant qu’entériner un état de fait.

                  C’est le Marché qui doit réguler l’émission monétaire. Si ! Si ! D’après la Sainte Doctrine Libérale, seul le Saint Marché est capable d’apprécier quelle quantité de création monétaire est nécessaire. Ce sont les banques (privées, pas centrales) qui tiennent la planche à billets, émettant de la monnaie (prêts aux particuliers ,aux entreprises... et aux spéculateurs) à occurrence de 10% de leurs avoirs réels ! Qu’elles se font rembourser rubis sur l’ongle, avec intérêts, par la croissance économique due au labeur de chacun ! Émission monétaire payée avec intérêt ! Une escroquerie, ni plus, ni moins !

                  On préfère donc endetter l’Etat auprès de particuliers richissimes et de banques ! Et en faire payer les intérêt aux classes moyennes et aux pauvres, via les impôts directs et indirects que le salarié ou RMIste de base n’a aucun moyen d’éviter (ce qui n’est pas le cas de tout le monde.)

                  Mais quand ces même banques et particuliers richissimes se cassent la figures dans des spéculations improductives, on sort les presses et on tourne les manivelles !

                  On se moque vraiment du monde, au sens littéral, et on pourrait tourner légitimement cette phrase de façon beaucoup plus vulgaire !

                  On se fout de nous, disons le carrément !


                  • Forest Ent Forest Ent 14 août 2007 02:15

                    Pour les non-initiés, cette page de « La Tribune » explique très bien comment les ménages US ont pu s’endetter deux fois plus que les français, et comment la mauvaise monnaie est en train de manger la bonne :

                    http://www.latribune.fr/info/Tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-la-crise-des-subprime-et-des-CDO-sans-jamais-oser-le-demander- -ID15F9A50780D2BFA7C1257336001BD2D8-$Channel=Bourse

                    _


                    • julien 14 août 2007 07:29

                      j’ai découvert ce film. partie 1 : le Mythe Jésus Part 2 : le 11 septembre : an inside job Partie 3 : la mondialisation, Federal Reserve Bank.

                      çà dure 90 minutes et çà fait froid dans le dos

                      http://www.zeitgeistmovie.com/


                      • nos 14 août 2007 09:55

                        pour notre président qui veut qu’il y ait plus de propriétaires en France, ce système de « subprime » serait interessant, il serait enfin possible que les smicards empruntent :-P (sur au moins 50 ans bien entendu)

                        tout ça pour n’avoir pas à bâtir de logements sociaux ...


                        • LT 14 août 2007 11:24

                          @dudule : A noter cependant que lorsqu’il s’agit de sauver les fesses des spéculateurs, la BCE n’hésite pas une seconde à faire tourner la planche à billets. Quand il s’agit de biens collectifs (déficit publics et sociaux), c’est niet ! Pas plus de 3% du PIB, les gars, sinon gare !

                          Alors qu’un simple jeu d’écriture suffirait à équilibrer nos comptes, payer nos fonctionnaires et nos services publics ! Et que cela ne serait pas (ou peu) inflationniste dans la mesure où les liquidités créées correspondent à des biens et services réellement échangés.

                          confusion entre ’pret’ et ’don’, je pense :
                          - je te prete 100 balles (ou 100 millard) jusqu’a demain, si t a oublié ton portefeuille a la maison.tu peux manger aujourd hui si t a faim, mais tu me les rends demain. je suis pas moins riche, si tu te honore ta parole. sinon tant pis pour moi.
                          - je te donne 100 balles (ou 100 millard). je ne m’attends pas que tu me les rendes demain. et je les aurais plus.


                          • Internaute Internaute 14 août 2007 12:06

                            Aux dernières nouvelles la BCE a injecté 200 miliars d’euros soit 13% du PIB annuel de la France !!!!!!!!!!

                            Colza demande qui paye. C’est nous tous qui payons par la dévaluation engendrée. Dans les mois qui viennent les prix vont monter jusqu’à représenter la vraie valeur du nouvel Euro.

                            Faut-il laisser couler les banque ? Il y a actuellement une restriction du crédit, personne ne voulant prêter. Résultat, les entreprises et les banques ne trouvent plus d’argent pour faire tourner la boutique. Côté banques, elles devront trouver de l’argent en vendant leurs actifs ce qui fera chuter encore plus la bourse. Côté entreprises, c’est le peu de compétitivité qui nous reste qui s’envolera en fumée et la chute sera sévère pour tout le monde avec plus de chômage et d’augmentation des prix. La BNP n’a pas forcément fait de mauvais choix, tout au plus peut-on lui reprocher de croire sur parole les agences de cotation. Les crédits à risques ont été mélangés par les banques américaines avec des crédits de qualité, le tout transformé en une espèce de SICAV revendue comme placement aux banques et aux fonds de pensions. Ces CDO comme on les appelle avaient une cotation AAA et AA pour la BNP. Autrement dit, aussi solide que l’Oncle Sam.

                            L’autre facteur de chute des actions est la réglementation des fonds de pension. Fort heureusement, les fonds de pension ne sont pas gérés au pif par quelques financiers mais doivent suivre des règles d’engagement précises. Par exemple le mixage de placement est limité dans des pourcentages et le risque doit être limité. Ainsi, les CDO vont nécessairement chuter dans la cotation des agences et les fonds de pension vont devoir statutairement s’en débarasser, à n’importe quel prix. Pour continuer à payer les retraites certains devront trouver des liquidités en vendant leurs actions. Vu les volumes en jeu on aura encore une belle occasion de voir la bourse chuter.


                            • Kalvin Whiteoak kalvin 14 août 2007 12:35

                              Merci pour les détails précis.


                            • Antoine Diederick 14 août 2007 15:07

                              At Internaute,

                              Le taux interbancaire avait commencé à monter il y a une semaine plus de 4 , ce qui pouvait présage d’une tension.

                              Les banques commençant à ne plus se faire confiance l’une , l’autre....et surtout qui possède les mauvaises créances ds les produits interbancaires , c’est la question ? Les banques ont besoins de liquidites constantes et doivent couvrir leurs risques sur leurs fonds propres.

                              Le stuff c’est qu’il va falloir tout mme un peu mieux surveiller les acteurs financiers comme les banques car faire le coup une fois cela va...mais pas deux fois.... smiley


                            • Aurelien Veron 15 août 2007 08:26

                              Jeudi et vendredi derniers, les banques ont préféré conserver leurs liquidités d’une journée (eh oui, l’essentiel des opérations du marché monétaire se traitent pour une journée), leur trésorerie, sur le compte de la banque centrale plutôt que de les prêter à d’autres établissements. Bêtement car aucun gros établissement bancaire n’est menacé à ce jour. Les résultats des banques, depuis plusieurs années, leur laissent de confortables marges pour assumer des pertes. Bref, ce comportement de restriction n’a pas duré, car à terme il a un coût.

                              L’argent ainsi laissé sur le compte de la banque centrale n’est pas, ou que très faiblement rémunéré. En échange, il contribue à constituer les réserves obligatoires plus rapidement que nécessaire. Une fois le montant cumulé atteint pour l’ensemble de la période de réserve, les banques n’ont plus de raison de laisser une partie de leurs liquidités sur le compte de la banque centrale qui leur fait perdre de l’argent.

                              A ce moment, il est probable que l’argent au jour le jour sur le marché interbancaire sera très abondant. D’ailleurs, je vous signale que les banques centrales ont commencé à retirer des montants de liquidité jusque là mises à disposition des banques. Et elles continueront à éponger les excédents pour éviter l’inverse : une surabondance de liquidités sur le marché monétaire.

                              Bref, tout n’est pas si simple.


                            • judel.66 14 août 2007 16:53

                              merci internaute ..c’est clair il y a quelques grands organismes financiers qui vont etre obligés de se reconstituer des liquidités....les bourses vont en souffrir...

                              je me pose la question ::est ce que la titrisation des créances est autorisée en europe et plus particulièrement en France...c’est dangereux ... ! !je suis déphasé...

                              bien sur,une banque peut escompter a une autre banque les créances quelle détient...quelle carambouille ,et l’économie mondiale est a la merci de ces apprentis sorciers...où se situe la gestion des risques et la personnalisation des créances...les USA sont pourris et pourrissent l’europe......


                              • Aurelien Veron 15 août 2007 10:53

                                Cela fait presque 30 ans que la titrisation existe !

                                Cette invention de génie a permis aux emprunteurs de recevoir bien plus d’argent qu’avant, et à coût bien moindre. Alors que les besoins des emprunteurs sont souvent peu liquides, car ils empruntent sur des durées assez longues pour financer des projets importants, la très grande majorité des investisseurs veut pouvoir retirer ses billes rapidement, pour répondre à de nouveaux besoins ou parce qu’ils veulent les réallouer ailleurs.

                                Il suffit de se demander comment chacun de nous réagit avec son épargne et ses emprunts, le cas échéant. Nous voulons emprunter sur 20 ans pour acheter notre appart’, mais nous ne voulons pas bloquer notre épargne pendant 15 ans sur notre compte en banque !

                                Jusque là, ce sont les banques qui portaient ce risque en transformant des dépôts courts en crédits longs. La titrisation tranforme des actifs peu liquides (crédits longs) en des actifs liquides (obligations ABS au sens large, MBS ou CDO par exemple), accessibles à tous les investisseurs non bancaires.


                              • Aurelien Veron 14 août 2007 23:19

                                Les trois banques centrales qui ont injecté des montants colossaux d’argent dans le marché n’ont fait qu’avancer cet argent sur une durée extrêmement courtes, quelques jours ou quelques semaines. Cet argent ne va certainement pas alléger le poids réel des stocks de crédits hypothécaires défaillants. Elle n’a que mis de l’huile très ponctuellement alors que les lourds rouages du marché monétaire se grippaient brutalement.

                                Ces mêmes banques centrales ont été claires sur un point : les pertes devront être portées par les investisseurs. Quitte à ce que de nouvelles faillites aient lieu. Les grands acteurs devront se montrer solidaires pour circonscrire les feux (exemple : LTCM) Ce qui est tout à fait légitime. Un investissement est un risque, ce qui légitime la rémunération de ce placement. Seuls les investisseurs doivent payer leurs erreurs.

                                Certes à l’autre bout de la chaine, les emprunteurs qui ne rembourseront pas leur crédit seront expulsés pour que le bien immobilier qui appartient toujours au prêteur (principe du crédit hypothécaire) soit mis en vente pour que celui-ci récupère tout ou partie de sa mise. Le surendettement n’est pas proprement américain, même si le taux de fraudes et d’abus constaté semble être plus élevé (ce qui pourrait se retourner contre les établissements prêteurs vraiment trop légers dans l’octroi de leurs crédits :les avocats sont sur le coup).

                                Mais après tout, si on y pense : ne devrions-nous pas être favorables au mécanisme qui a permis à quantité de ménages en situation économique d’emprunter pour acheter leur maison ? Autrement, ils auraient dû continuer à louer leur logement sans pouvoir se constituer un capital. Si 14 ou 15 % d’entre eux ne vont pas jusqu’au bout, cela laisse tout de même 85 ou 86 % d’emprunteurs heureux qui se constituent un vrai capital pour l’avenir.

                                En tout cas, je ne pense pas que le mécanisme des subprime disparaîtra, pas plus que les « junk bonds » (qui reposent sur un principe proche) hier une fois la grosse purge passée. Les investisseurs s’assureront que les établissements de crédits seront bien plus rigoureux et vigilants.

                                Bref, une leçon de plus qui confirme que les marchés, bien imparfaits, avancent et innovent par tâtonnement, avec des succès mais aussi des échecs cuisants. La mondialisation capitaliste a su montrer qu’elle savait bien surmonter ce type de crises. Cette nouvelle étape ne devrait pas échapper à la règle.


                                • Kalvin Whiteoak kalvin 15 août 2007 08:40

                                  J’admire votre otpimisme que je ne partage pas.


                                • Forest Ent Forest Ent 15 août 2007 19:37

                                  Cette crise ne fera disparaitre ni le capitalisme, ni les crises du capitalisme. Les acteurs ont la mémoire courte. Dès que ça redémarre, leurs vieux rêves reviennent les hanter. Les fondateurs de LTCM n’ont jamais reconnu avoir pris trop de risques dans leur gestion.

                                  La mondialisation est un système dévastateur pour des raisons structurelles. Son lien avec les bulles n’est pas direct. D’un côté, il les étale sur une plus grande surface. D’un autre côté, il renforce leur impact pour ceux qui sont sur la trajectoire directe.

                                  La solution à tout cela s’appelle la vertu : appliquer les règles prudentielles, limiter le leverage, interdire les paradis fiscaux et les capitaux offshore, imposer la transparence financière. Ce n’est au programme d’aucun parti politique. Allez comprendre ...


                                • Internaute Internaute 16 août 2007 18:10

                                  Selon certains commentateurs, le problème vient de l’époque (1975 ?) à partir de laquelle la FED relâche les conditions d’octroi de crédits immobiliers et permet deux choses qui ont conduit là où nous en somme. D’abord, les ménages ont pû contracter des crédits à taux progressifs permettant à un plus grand nombre d’accéder à la propriété mais favorisant aussi les faillites et d’autre part le ré-emprunt sur la plus-value potentielle de son bien. Cette dernière mesure est peut-être la plus sauvage. Vous achetez une maison à crédit pour 300.000$ en hypothéquant la maison. Quelques-années aprés elle vaut 400.000$ et vous pouvez encore emprunter en hypothéquant les hypothétiques 100.000$ de plus-value latente. Ces mécanismes favorisent évidemment la bulle immobilière et l’endettement des ménages au-delà de ses capacités de remboursement.

                                  On ne dit pas que crédit est une mauvaise chose en soi. Fort heureusement l’immobilier français est mieux tenu et nous ne devrions pas avoir de faillites en grand des emprunteurs comme aux USA.


                                • Antoine Diederick 15 août 2007 23:25

                                  c’est un peu plus difficile( voir ici) que le calme apparent du marché.

                                  La méfiance va s’installer.....

                                   

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