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Moody’s et la France

En mai, Moody’s estimait que 60% des économies annoncées par le gouvernement français pour 2015-2017 n’ont toujours pas été identifiées. L’agence en avait profité pour réviser à la baisse les prévisions de croissance pour la France, à 0,6 % en 2014 et 1,3 % en 2015 contre 1 % et 1,5 % respectivement, prévus auparavant. L’agence soulignait enfin que la marge de manœuvre budgétaire de la France était « limitée », ce qui « présente un risque persistant de rater les objectifs » de discipline budgétaire. Toutefois l’agence décidait de ne pas mettre à jour la note de la France alors que le calendrier lui en donnait la possibilité.

Depuis cette époque, François Hollande et Manuel Valls préparent les esprits à une croissance et des finances publiques dégradées. Manuel Valls, avait d’ailleurs rappelé que la lutte contre les déficits publics ne devait pas « éteindre la croissance ». Quant à François Hollande, il a pris le relais, en ciblant l’Allemagne et en rappelant le risque de déflation qui menace, selon lui, le continent européen. « Nous ne sollicitons pas de l’Allemagne une quelconque indulgence, mais nous lui demandons un soutien plus ferme à la croissance. Ses excédents commerciaux et sa situation financière lui permettent d’investir davantage ». Le FMI, qui recommandait au gouvernement Merkel d’augmenter les investissements publics était sur la même ligne que la France et la Commission européenne, tout en soulignant le caractère sain des comptes allemands (le budget fédéral devrait être à l’équilibre dès 2015), prônait en juin davantage de soutien à la demande intérieure. A aujourd’hui la consommation est repartie outre-Rhin et le gouvernement allemand qui a déjà infléchi sa politique, notamment en instaurant un salaire minimum, ne devraient être clément à l’égard du nouveau dérapage budgétaire annoncé pour Paris.

Et en août, dans une note de commentaire, Moody’s réaffirmait une nouvelle fois ses doutes sur la capacité du pacte de responsabilité à remettre la France sur la voie de la croissance et était convaincu que Bercy allait passer à côté du scénario de finances publiques qu’il avait élaboré. L’annonce en septembre du ministre des Finances, Michel Sapin, sur le déficit public qui atteindrait 4,4 % du PIB cette année et 4,3 % en 2015, repoussant ainsi de deux ans la date à laquelle Paris s’était engagé à le ramener sous la barre des 3 % a achevé de convaincre Moody’s

Le jour de la conférence de presse de François Hollande, l’agence de notation aurait informé ce matin le gouvernement de la dégradation, ce vendredi, de la note de la France. Elle passerait donc de Aa1 à Aa2. Bercy, dans un communiqué d’une phrase a bien sur démenti l’information. « Le ministère n’a reçu aucune information de Moody’s à ce stade ». Ce qui est normal puisque les procédures habituelles avec les agences de notation, font parvenir le document au pays concerné 24 heures avant, afin que celui apporte si besoin des modifications factuelles. C’est donc, d’après l’Elysée après la conférence de presse de François Hollande que la note devrait lui arriver, Moody’s ayant prévu de rendre public son actualisation demain soir.

Cela fait des mois que l’agence met la pression sur la France, sans pour autant la dégrader une nouvelle fois. Il est évident que maintenant, la patience de l’agence de notation a vraiment touché ses limites. Si la nouvelle est mauvaise politiquement, et enfonce encore un peu plus l’exécutif elle pourrait ne pas provoquer de vives secousses financières. Même si les taux sont aujourd’hui à des niveaux historiquement bas, le gouvernent s’il veut sauvegarder le peu de confiance qui lui reste auprès des établissements financiers et rester un pays sûr en matière de remboursement de sa dette, devra accorder des garantis sur les économies budgétaire qu’il compte réaliser. Ce n’est pas ce qu’a fait Manuel Valls en évoquant la possibilité de supprimer la tranche basse des IR et en accordant une rallonge aux retraités. Avec un déficit public qui atteindrait 4,4 % du PIB cette année et 4,3 % en 2015, cela ajoute 250 milliard à la dette publique qui commence à tutoyer des niveaux dangereux.


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