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Accueil du site > Actualités > Economie > Natixis : un écureuil bien arrogant

Natixis : un écureuil bien arrogant

Nos hypothèses parues dans notre article du 13/03/06 s’avèrent bien en deçà de la réalité du projet de fusion entre les filiales des Caisses d’épargne et des Banques populaires. Nous avancions le cas théorique d’une information réservée à certains administrateurs tenus dans le secret et qui ne partageaient pas l’information.

En réalité, le projet de rapprochement aurait été préparé entre les présidents de chaque entité, et eux seuls. Exit les Caisses régionales de Caisses d’épargne et la Caisse des dépôts et consignations (respectivement 65% et 35% du capital de la CNCE).

Un tel secret, bien gardé, à l’insu des administrateurs et des actionnaires, et financé sans leur accord, peut en cacher d’autres.

Que penser du non-respect de la déontologie et de la violation des engagements pris avec les actionnaires, à savoir informer le conseil d’administration du projet ? Les présidents initiateurs ont gravement et largement dépassé le cadre de leur fonction en écartant les actionnaires. Pareille attitude soulève des remarques préliminaires :

Ce projet tenu secret n’a pu l’être qu’avec l’accord, consenti ou non, d’une équipe restreinte de managers chargée de l’étude financière.

Quel est le coût réel de la préparation de cette étude ? Sera-t-il complètement révélé aux actionnaires qui l’ont financée malgré eux ?

Y a-t-il d’autres secrets (toujours aussi bien gardés) à découvrir ultérieurement ? Combien coûtent-ils aux actionnaires ?

Pourquoi tenir les administrateurs à l’écart ? Les motifs invoqués par les présidents, du type : « Cela se pratique ainsi dans tous les groupes », ne sont pas recevables et dénotent un manque total de transparence.

En attendant de s’intéresser au fond du dossier, les actionnaires peuvent légitimement s’interroger sur la confiance à accorder aux deux principaux protagonistes.


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7 réactions à cet article    


  • L’Extra-Terrestre (---.---.119.14) 17 mars 2006 18:08

    Bonjour M. Bloch,

    Le secret des affaires est une réalité. Il est une nécessité à ce niveau : une fusion entre une banque et une banque pas comme les autres (CE). Cette opacité n’est pas choquante tant que les dirigeants agissent conformément à l’intérêt social, en cas contraire ils ne peuvent être sanctionnés qu’a posteriori.

    Pour une opération de cette envergure le secret doit être la règle...Toute transparence serait suicidaire vis-à-vis de la concurence.

    Une société commerciale n’est pas démocratique par esssence.

    La nécessité de se protéger n’est pas de l’arrogance...La communication se fait lorsque l’opération a atteint le seuil de l’irréversibilité.


    • PJ-BR (---.---.33.167) 18 mars 2006 09:42

      Pas d’accord !

      Il y a un conseil d’administration. Il aurait du être prévenu.

      Le secret des affaires est nécessaire mais il est inadmissible que les CA furent tenu à l’écart de la négociation. Le CA doit contrôler ce qui se fait sinon il ne sert qu’à distribuer des jetons de présence.

      Le pire c’est que dans les deux entreprises les présidents ont agis de la même façon. La transaction est peut-être bonne pour les deux partie mais la méthode laisse planer un doute.


    • alberto (---.---.27.93) 19 mars 2006 17:38

      Les conseils d’administrations (comme les parlements) « croupions » ne sont pas une nouveauté ! Mais l’histoire des affaires révèle que le secret a le plus souvent servi d’alibi pour couvrir des opérations favorisant une minorité nantie contre l’intéret général.


      • Nicolas le vrai (---.---.232.177) 23 mars 2006 11:49

        Je trouve encore une fois dommageable que les français trouve toujours des choses à redire à quoi que ce soit et sous pretexte que le code de déontologie n’a pas été correctement suivi, on fasse capoté un partenariat de qualité.

        Explications : Le fait que Charles Milhaud est discuté avec Philippe Dupont le président des Banque populaire sans en parler à Francis Mayer directeur général de la Caisse des dépots et consignations peut s’expliquer si Charles Milhaud entretenait des relations difficiles avec Francis Meyer ou que ce dernier n’avait aucune ambition pour les Caisses d’épargne.

        Le probleme en fait dans cette hypothètique fusion est sur la forme, Mr Meyer, premier actionnaire de la CNCE (caisse nationale des caisse d’épargne n’a jamais été consulté.

        N’empeche le résultat est là, l’accord des Banques populaires pour la fusion avec les CE. Le président des CE a donc reussi un beau coup en fusionant entre égaux deux banques qui auraient pu faire l’objet d’OPA hostile étrangère, surtout après le fait que BNP Paribas est acheté BnL la 6ème banque italienne ( l’equivalent français de l’actuel Banque populaire). Les italiens, mais aussi les espagnols et autres lorgnent sur les banques française de détail.

        Pour la France ca serait une bonne chose cette fusion, elle permetrait ainsi aux deux banques d’entrer au Cac40 avec une capitalisation boursière importante qui la protégerait de nombreuses OPA hostiles. A l’inverse si chacune des banques entrerait séparément, elles seraient toutes les 2, deux belles proies.

        Pour terminer sur l’article « Natixis : un ecureil bien arrogant » où le rédacteur je me souviens plus son nom ajoute "Quel peut etre le cout réel de la préparation de l’etude de cette fusion ? les actionnaires seront-ils informés ? C’est vraiment un argument que je qualifierai de faible pour s’opposer à la fusion. Le président des CE à le droit d’engager des audits ou de faire appel à des banques d’investissement pour determiner les choix à prendre pour l’avenir de sa banque. Une fusion avec les Banques populaires est alors apparu comme le choix le plus judicieux. Et les banques populaires sont en plus sur la meme longueur d’ondes, ce qui est vraiment pas négligeable car peu de banques sont dans la même optique de fusion entre égaux avec les CE. Si Charles Milhaud n’a meme plus la possibilité de choisir de la stratégie de sa banque, de réaliser des projets de préparations, alors il ne serait qu’un président de pacotille. Et dans ce cas-là à quoi sert un président des CE ? Si c’est pour apposer sa signature sur les documents qu’on lui transmet, il est inutile de payer une personne avec ce salaire là, autant economiser les deniers publics.

        Puis pour finir je le rapelle mais il ne s’agit que d’un projet de fusion validé par les deux présidents des deux banques en quetions, mais ce n’est qu’un projet, rien n’a été réalisé ou déjà signé. Donc Mr Mayer le directeur général n’a pas à s’offusquer de quelquechose qui n’a abouti à rien, il peut à présent prendre légitimement place dans la suite de préparation à la fusion ou l’annuler s’il s’avere que les résultats escomptés sont sur-evalués ou que les conséquences sociales sont trop importantes. Mais tout faire capoter pour une histoire d’homme et de respect, je suis pas d’accord


        • louis (---.---.85.178) 3 mai 2006 23:40

          La gouvernance des Caisses d’Epargne fait l’objet des plus vives critiques depuis plusieurs années. Dans les faits, l’essentiel des pouvoirs est centralisé entre les mains de Charles Milhaud, président de la Caisse nationale des Caisses d’Epargne. L’Ecureuil avait annoncé son projet d’être coté fin 2006. Les marchés, et les analystes financiers, exigeaient une refonte très significative de la gouvernance du groupe. Charles Milhaud ne souhaitait pas être déssaisi. Il a donc changé de projet - en violation du pacte d’actionnaires qui le liait à la Caisse des Dépôts.

          Le nouveau projet - Natixis - vise à créer un véhicule coté en regroupant les banques d’investissement de l’Ecureuil et de Natexis Banques populaires.

          Charles Milhaud et les principaux dirigeants des Caisses d’Epargne pourront donc bénéficier des avantages liés à une introduction en bourse (stocks options) sans que l’établissement central - la caisse nationale - soit lui-même coté. CQFD ...

          Ceci dit, l’essentiel n’est pas là au regard de l’intérêt général. L’Ecureuil et la Poste se sont vus concder un monopole de distribution sur le Livret A qui finance le logement social qui héberge 9 millions de nos concitoyens.

          L’ensemble des fonds sont centralisés à la Caisse des dépôts (80 milliards d’euros d’encours de prêts au mouvement HLM ...).

          Si le projet Natixis précipite la banalisation du livret A - déjà réclamée auprès de Bruxelles et du Conseil d’Etat par plusieurs banques commerciales - l’ensemble du système de financement du logement social risque d’imploser.

          Les banques commerciales attireront des titulaires de livrets A mais préféreront certainement les orienter vers d’autres placements (épargne -retraite, SICAV etc) plutôt que, contre une maigre commission, orienter les fonds collectés vers la Caisse des Dépôts. c’est l’enjeu politique majeur du dossier. Sans compter la viabilité économique de la toute nouvelle banque postale qui serait menacé si elle venait à perdre les livrets A les mieux garnis et ne conservaient que la clientèle sociale, par définition non rentable (pour info, 1 Rmiste sur 2 a son compte à LA POSTE et le Livret A représente 46% du « temps guichet » des bureaux de Poste).

          Le projet NATIXIS est donc potentiellement en capacité de bouleverser l’ensemble du secteur public financier et au-delà de rebattre les cartes pour l’ensemble du secteur bancaire national.


          • imallin (---.---.7.233) 8 août 2006 14:08

            je vous laisse cette réflexion qui traduit mon opinion :

            « C’est vrai que dans une gouvernance idéale, nous aurions dû avertir la CDC ! Mais le projet lui était »imprésentable« , elle l’aurait torpillé », estime un artisan du projet. « Voyez, dit-il, la CDC ne sort des Caisses d’épargne que parce que le marché, jugeant le projet bon, l’en fait sortir ! Etait-il imaginable que la quatrième banque d’investissement française soit contrôlée par l’Etat ? »


            • christian (---.---.203.81) 7 janvier 2007 14:12

              je rappel que la caisse d’épargne et la banque poupulaire sont des sociétés coopératives avec non pas des actionnaires mais des sociétaires. et que c’est l’assemblée des sociétaires qui est souveraine dans les décisions. il ne semble pas que ce milhaud (un texte de l’express de novembre 2003 indique « C’est un pur opportuniste, sans foi ni loi »... « Charles Milhaud a érigé la duplicité et la trahison en règles de conduite »... « Il n’a guère de talent, sauf celui de l’intrigue ») et que ce dupont ont demandés l’accord d’une quelconque assemblée. on se retrouve là devant des faits inadmissibles et natixis est issue du projet de deux hommes qui agissent en capitaines de société de capitaux et non pas en dirigeants de sociétés coopératives issues de la loi du 10 septembre 1947

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