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Accueil du site > Actualités > Economie > Neurocrise vers un neuromonde

Neurocrise vers un neuromonde

Le système financier s’est déjà trompé dans ses anticipations dans le passé, nous avons déjà eu à financer des guerres, la hausse des matières premières n’est pas une nouveauté... et les scandales liés à des dirigeants sont légion dans le passé.
Alors pourquoi cette crise est-elle majeure ?

Les cours de bourse jouent au yoyo, comme des bouchons flottant sur la mer en furie. Les discours des hommes politiques se succèdent essayant de juguler des processus qui semblent leur échapper. Les économistes envahissent les plateaux de télévision comme des « généraux » d’une guerre économique…
 
Et des entreprises réelles – bancaires, mais pas seulement – sont mises à mal. Des emplois sont menacés…
 
C’est tout un système qui semble vaciller sur ses pieds…
 
Dans mon dernier article « Les Trous noirs de la crise actuelle », j’avais mis en avant trois origines simultanées et cumulatives : le trou noir des anticipations tant des acteurs financiers et que des emprunteurs, celui de la guerre, et celui du capitalisme lié à la croissance des liquidités de la Chine, de la Russie et du Moyen-Orient. Enfin ceci était aggravé par la crise de la légitimité des dirigeants, quatrième trou noir.
Mais finalement, tout ceci n’est pas vraiment nouveau : les anticipations ont toujours été hasardeuses, les guerres existent depuis longtemps, les flux de liquidités vont et viennent… et, quant à la légitimité, l’histoire est peuplée de scandales divers et variés…
 
Alors pourquoi vivons-nous une crise de cette ampleur ? Pourquoi avons-nous l’impression collective de changer de monde ? Qu’est-ce qui est fondamentalement nouveau et différent ?
Je crois – et je ne suis pas le seul ! – que le fait majeur est dans l’effondrement des barrières géographiques et dans l’émergence réelle d’un monde global. Simplement la portée de cette globalisation est parfois mal analysée et ses conséquences mal évaluées.
 
Je vois pour ma part un effondrement de ces barrières à trois niveaux : celle des individus – cela commence depuis peu –, celles des entreprises non financières – c’est déjà largement le cas –, celles de la finance – c’est fait. En face, les structures politiques n’ont quasiment pas évolué et sont restées pour l’essentiel enfermées dans leurs géographies.
 
Revenons sur chacun des points.
 
1. Les individus
Sans vouloir rentrer trop dans le détail – ce n’est pas le thème central de cet article –, via internet, nous sommes en train d’« accéder au monde ».
L’écriture nous avait permis de stocker et échanger de l’information, l’imprimerie avait accru les capacités de diffusion : nous avions pu commencer à avoir des têtes bien faites, et non plus bien pleines… Les technologies de l’information viennent d’apporter une nouvelle dimension en facilitant stockage et transmission, mais surtout elles créent une rupture majeure : appareillé de cette technologie, notre cerveau n’est plus limité par le corps et peut expérimenter à distance.
Nous partons dans le neuromonde, nous devenons des neurocitoyens :
- grâce à des avatars et des sites comme « Second Life », nous pouvons expérimenter des situations réelles sans les vivre physiquement ;
- grâce aux moteurs de recherche et aux liens RSS, nous nous trouvons dotés d’une sorte d’« inconscient élargi » qui va chercher pour nous et automatiquement des informations ;
- grâce à tous les systèmes basés sur l’affinité, nous pouvons trouver nos proches même lointains.
Bien sûr, un tel changement ne peut qu’être très progressif et ne touche pour l’instant qu’un nombre limité d’entre nous. Mais il est en route : nous sommes en train de devenir des neurocitoyens.
 
2. Les entreprises non financières
Les technologies de l’information sont déjà déployées au sein des entreprises : le téléphone, les systèmes d’information centraux, le réseau informatique interne, le réseau informatique élargi. Ceci a créé progressivement une structure qui est venu innerver l’intérieur en profondeur et la relier à ses clients. Quand les clients étaient eux-mêmes des entreprises, les deux réseaux se sont interconnectés et ont interagi.
Ces réseaux ne font pas que mettre en relation : ils sont eux-mêmes dotés d’une intelligence répartie et sont capables d’optimiser des processus – gestion dynamique d’une chaîne de montage automobile, optimisation des trajets d’une flotte logistique, « yield management » pour le transport aérien...
L’ensemble est aujourd’hui un système réellement articulé. L’entreprise peut de plus en plus agir effectivement globalement.
 
3. La finance
Le système financier a pu aller un cran plus loin dans la globalisation, car son produit lui-même était dématérialisable et « transmissible » numériquement.
Aussi, le système financier fonctionne-t-il de plus en plus comme un tout : les bourses réagissent quasiment comme un système unique où les décalages horaires rythment les propagations ; le nombre des monnaies d’échange se réduit ; les systèmes d’assurance et de refinancement mondiaux sont la règle…
L’ensemble s’apparente de plus en plus à un « réseau financier neuronal global ».
De plus, dopé par sa puissance interne, il est devenu aujourd’hui le « cerveau » de toute l’économie car tout lui est connecté :
- aucune grande entreprise ne peut agir indépendamment du système financier. Même avec sa puissance financière propre, Microsoft ne peut pas être indépendant de l’évolution de son cours de bourse : la guerre entre Google et Microsoft est d’abord une guerre de valorisation boursière ;
- il est interconnecté avec les directions des grandes entreprises non financières : les revenus des dirigeants des entreprises cotées sont déterminés de façon croissante par l’évolution du cours de bourse, et non de la performance réelle de leur entreprise.
 
4. Les politiques
Construites à partir de la relation privilégiée existante entre les hommes et les territoires qu’ils occupent, les structures politiques tirent leurs légitimités de la géographie. Elles s’inscrivent par construction dans un territoire : elles cherchent, d’une façon ou d’une autre, à en représenter les occupants, à tirer le meilleur parti des ressources en place et à le défendre vis-à-vis des autres territoires.
Depuis leur création, elles ont peu évolué et leur logique reste géographique et finalement locale :
- elles utilisent les technologies de l’information non pas comme un levier pour repenser leur action, mais simplement comme un moyen d’optimiser les processus existants : numérisation des relations avec les administrés, productivité des services... ;
- il n’y a pas eu de réflexion sur la remise en cause des structures elles-mêmes, ni vraiment sur le rôle du politique et de sa relation à la géographie... ;
- les organisations non géographiques se développent lentement et n’ont qu’un pouvoir très limité, le plus souvent soumis à celui des structures politiques géographiques.
 
*
* *

Ainsi, je crois que nous sommes en train de sortir d’une nouvelle caverne : la portée des changements en cours est considérable car ils portent non seulement sur nos modes d’organisations collectives – structures politiques et économiques –, mais aussi sur notre relation individuelle au monde. Chacun de nous va en fait « renaître » différent. Un tel processus est nécessairement long et douloureux.

La crise que nous vivons actuellement est comme une de ces premières contractions qui annoncent le rapprochement de l’accouchement : elle est douloureuse et, malheureusement, la délivrance n’est pas encore pour tout de suite.
 
Nous devons collectivement comprendre progressivement la portée des transformations en cours, et commencer à repenser nos organisations politiques collectives…
 
(à suivre…)

Moyenne des avis sur cet article :  4.2/5   (30 votes)




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70 réactions à cet article    


  • Cug Cug 10 octobre 2008 11:23

     C’est la faillite du néo-libéralisme libre échangiste anglo-saxon doublé des casses du siecle un peu partout !


    • Robert Branche Robert Branche 10 octobre 2008 11:40

      je crois que c’est bien plus que cela... Nous sortons collectivement d’une nouvelle caverne : la portée de la mutation générée par les technologies de l’information (notamment internet) est sous-estimée.
      Nous sommes à la veille d’une mutation individuelle et collective.


    • Cug Cug 10 octobre 2008 13:47

       Espèrons mais faut pas réver, l’oligarchie financière ne va pas rendre les armes si facilement !


    • Robert Branche Robert Branche 10 octobre 2008 13:58

      il ne s’agit plus de rendre les armes : tout le monde est concerné, y compris "l’oligarchie financière"...
      Par contre, restera à voir comment faire émerger une nouvelle logique de management et piltoage politique... et capable de remettre en cause les positions acquises...


    • Cug Cug 11 octobre 2008 00:55

       J’aime ce que vous écrivez mais ce que je vois c’est que les gouvernements et les banques centrales déversent des centaines de milliards et que personne ne sait ou ils vont !

       J’en déduit donc qu’ils tentent de sauver l’oligarchie financière anglo-saxonne (qui met le monde dans la merde depuis belle lurette) que nous le voulions ou pas.

       Je ne crois pas à un changement de politique même si la neuromasse connecte ses neurones.

       Lorsque une personne ou un groupe a le pouvoir, l’unique préocupation est de le conserver même contre vents et marrées.


    • Robert Branche Robert Branche 11 octobre 2008 01:06

      les milliards actuels vont effectivement dans le système bancaire - aglo-saxon ou pas -.
      Mais la vague qui se prépare est plus forte que cette première crise, elle va tout emporter... c’est ma conviction : la crise que nous vivons n’est pas la vraie crise... c’est la 1ere contraction douloureuse d’une naissance à venir...


    • Cug Cug 11 octobre 2008 01:10

       Tu parles des CDS ou je ne sais quel autre produit financier qui se comptent en millier voir millions de milliards ?


    • Robert Branche Robert Branche 11 octobre 2008 01:56

      je ne parle pas d’un produit financier en particulier, mais du système en général


    • Cug Cug 11 octobre 2008 10:22

       Mais ce que je vois c’est que le système continue ! Je pense même qu’il va se renforcer en ce contractant.

       Une fois la bourrasque passée, le système actuel sera tjs en place !
       A moins que la bourrasque ne se transforme en tempête (la vague qui se prépare) mais qu’entendez vous par la vgue qui se prépare alors, si ce ne n’est pas l’effondrement du système financier ?


    • Robert Branche Robert Branche 11 octobre 2008 10:43

      La vague à venir à court terme est la remise en cause en profondeur du système financier (notamment dans son mode de calcul de la performance économique et d’apprécier les performances futures - pour enrayer les phénomènes spéculatifs notamment - ).
      La vague de fonds à venir (elle ne fait que commencer) est l’effondrement des barrières géographiques et le fait que chacun de nous "habitera" le monde. Mais ceci est un processus long et qui va tout changer (notre relation au territoire, à l’autre, au politique...)


    • Cug Cug 11 octobre 2008 11:17

       Une banque mondiale, un gouvernement mondial, une police mondiale etc etc ... !

       Je veux bien mais pas avant de coloniser d’autres palnètes alors smiley parce que rien ne dit que ce monde sera meilleur, n’est ce pas.


    • Robert Branche Robert Branche 11 octobre 2008 12:05

      ok pour coloniser d’autres planètes... mais j’ai le vertige déjà du haut d’un balcon au 4ème étage, donc ce sera sans moi ! smiley
      Autrement, je ne pense pas que nous allons vers une banque mondiale, un gouvernement mondial... dans le sens d’une extension des systèmes géographiques actuels, car je ne vois pas bien comment cela serait gérable. Je crois que nous inventerons de nouveaux modes d’occupation de l’espace et d’organisation collective ... Je sais.. je rêve... et qui sait ?


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 12 octobre 2008 16:46

      @ L’auteur : enfin une vision constructive ! Je suis d’accord même avec vos métaphores, car il y a longtemsp que je dis que notre politique financière qui gambade dans l’hyperspace monétaire va choir dans un trou noir !

      Au point où nious sommes maintenant, toutefois, comment commencer autrement que par la nationalisation immédiatedes institutions financieres et de la création de monnaie ?

      Pierre JC Allard

      http://les7duquebec.wordpress.com/2008/09/22/une-crise-de-confiance/


    • Robert Branche Robert Branche 12 octobre 2008 18:12

      Je ne crois pas que la nationalisation soit une solution durable, car je ne pense que les systèmes collectifs sont aptes à gérer de grands ensembles (cf. par exemple la faillite du système communiste). Par contre, c’est probablement une étape nécessaire à court terme.
      Je vais écrire dans les jours qui viennent un article incluant ce thème.


    • Yvance77 10 octobre 2008 11:25

      Trés bon rappel Mister Branche, hormis sur votre conclusion pour laquelle j’ai un petit doute : "Nous devons collectivement comprendre progressivement la portée des transformations en cours, et commencer à repenser nos organisations politiques collectives…"

      La notion nous devons collectivement comprendre, risque surtout de se tranformer en ... "nous devons nous affronter" le risque majeur est là si la situation devait perdurer. Et l’on en prend le chemin.

      A moins que vous, me tiriez de ma torpeur et, m’annonciez que je fus dans je ne sais quel cauchemar ou limbe , mais je reste sceptique . 

      A peluche


      • Robert Branche Robert Branche 10 octobre 2008 11:37

        Je suis tout à fait d’accord avec vous : nous sommes face à un risque majeur de conflit ... Nous pourrions passer rapidement de la case Neuromonde à la case Neurojungle (voir notamment un de mes post sur mon blog : Essayons d’éviter la case Neurojungle)
        Mais je ne crois jamais au pire... Il faut se prendre en main pour éviter cela... (à suivre...)


      • Forest Ent Forest Ent 10 octobre 2008 11:52

        La mondialisation ratée que nous venons de vivre n’est pas d’essence nouvelle. Elle est très proche de l’empire romain, qui allait jusqu’à la Chine avec laquelle il commerçait, et enrichissait les patriciens au détriment de la plèbe.

        Son échec va dans un premier temps renforcer fortement la notion de nation, dernier recours contre le désordre créé par la disparition de l’empire. L’UE a un problème grave, n’étant pas une nation, mais battant monnaie.

        Quand la poussière sera retombée, on verra où l’on est. Internet n’est pas le point central, qui consiste en ressources naturelles, dont le pétrole, et en dernier recours l’alimentation et l’eau.


        • Robert Branche Robert Branche 10 octobre 2008 12:01

          Je ne crois pas que l’on puisse dire que ce qui s’est produit du temps de romains va se reproduire maintenant (même si il peut y avori certains poins communs).
          Contrairement à vous ( mais bien sur tout se discute !), je pense qu’Internet (et les technologies de l’information) est un élément qui est en train d’induire une transformation en profondeur de chacun de nous et de nos systèmes collectifs. Je reviendrai là-dessus dans un prochain article (vous pouvez aussi aller voir mon blog sur lequel vous trouverez déjà des éléments).
          Par ailleurs, vous avez raison de parler de la raréfaction des ressources naturelles qui est un des autres éléments majeurs à prendre en compte.


        • Forest Ent Forest Ent 10 octobre 2008 12:11

          En relisant les premiers socialistes et positivistes du 19ème siècle, on peut voir qu’ils pensaient qu’en construisant des chemins de fer, ils permettraient aux gens de divers pays de se recontrer, mieux se connaitre, et que les nations et les guerres disparaitraient progressivement. Voir par exemple Enfantin et les premiers mouvements de prêtres-ouvriers. Et puis le chemin de fer a permis aux armées d’apporter des obus et des troupes fraîches à assassiner autour de Verdun.


        • Robert Branche Robert Branche 10 octobre 2008 12:22

          Oui vous avez raison concernant les moyens de transport.
          Mais là il s’agit d’une évolution d’une portée autre qui va modifier le fonctionnement même du cerveau humain.
          Sans vouloir entrer dans le détail dans cette réponse (je vais revenir dessus en détail dans un prochain article), les points essentiels sont les suivants : grâce à internet ( à la fois par le réseau + les moteurs de recherche + les liens RSS), notre système conscient va se trouver connecté à un "nouvel inconscient élargi". Or tous les travaux récents de la neuroscience ont montré que les systèmes vivants évoluent par émergence (voir notamment les livres de Francisco Varela), cad en tirant parti des nouvelles possibilités. Sur ces bases, je pense (ce n’est bien sûr qu’un point de vue, mais que je peux motiver plus en détail) que nous sommes à un point de bifurcation, au début d’une mutation...


        • Lisa SION 2 Lisa SION 10 octobre 2008 18:39

          On dit que c’est une crise de confiance.

          En effet, bien des hommes d’Etat ont des comptes occultes dans des paradis fiscaux, ont fréquenté des semblables aujourd’hui sous inculpation, et doivent donc renoncer à ces sommes et liaison dangereuses en rompant avec le lien prète nom qui se chargeait des rapports entre les protagonistes. Un grand groupe multipolaire peut très bien détenir des parts majoritaires dans un organisme prèteur à des taux instables, déstabilisant immédiatement dès la moindre vague, et le commerçant ou la française des jeux qui empoche la dette de l’emprunteur malchanceux. La crise met à mal le premier encore plus, si la confiance du second s’efface dès la première vague...Tout est une question de confiance enttre protagonistes ayant installé ces regroupements illégitimes, indélicats, basés souvent sur une parole tacite...


          • Robert Branche Robert Branche 10 octobre 2008 18:44

            je crois que c’est bien plus qu’une crise de confiance (même si c’est un des déclencheurs et un des accélérateurs). C’est une réelle mutation, un premier signe de la transformation profonde en cours : les modes de calcul et de régulation ne fonctionnent plus


          • Lisa SION 2 Lisa SION 10 octobre 2008 18:41

            On dit que c’est une crise de confiance.

            En effet, bien des hommes d’Etat ont des comptes occultes dans des paradis fiscaux, ont fréquenté des semblables aujourd’hui sous inculpation, et doivent donc renoncer à ces sommes et liaison dangereuses en rompant avec le lien prète nom qui se chargeait des rapports entre les protagonistes. Un grand groupe multipolaire peut très bien détenir des parts majoritaires dans un organisme prèteur à des taux instables, déstabilisant immédiatement dès la moindre vague, et le commerçant ou la française des jeux qui empoche la dette de l’emprunteur malchanceux. La crise met à mal le premier encore plus, si la confiance du second s’efface dès la première vague...Tout est une question de confiance enttre protagonistes ayant installé ces regroupements illégitimes, indélicats, basés souvent sur une parole tacite...


            • Robert Branche Robert Branche 10 octobre 2008 18:47

              Je complète ma 1ère réponse : notamment l’organisation politique par géographie est inadaptée à la situation actuelle.
              Donc quelque soit la qualité des dirigeants politiques - et je ne prends pas position dans un sens ou un autre -, ils n’en peuvent mais...


            • fred 10 octobre 2008 20:10

               C’est ptet simplement le début de la fin du XXème siècle... Wouw smiley Ca me fait bander !!


              • Robert Branche Robert Branche 10 octobre 2008 20:53

                le XX ieme siècle est déjà fini smiley


              • Eloi Eloi 10 octobre 2008 20:26

                @ l’auteur

                Si ce que vous voulez dire c’est que les individus ne seront plus citoyens avec leurs voisins mais avec des "pairs de pensée" dispersés dans le monde, et que les lois, l’imposition, s’appliqueront selon les "contrats constitutionnels" signés par chacun, cela risque de poser de sérieux problèmes de voisinnage.

                Rien qu’à voir l’absurdité des "toilettes muslmans" de l’article de dcdory

                Une chose est sûre, les avocats feront fortune...

                Quand à aboutir à l’émergence d’une "méta-conscience" globale de l’être humain, la bande passante reste malgré tout limité. Le simple fait d’écrire ce commentaire m’a demandé quelque peu de temps, pour traduire 10% de mes pensées, avec la chance non négligeable de ne pas être compris, et sans prendre en compte les effets collatéraux de l’interprétation subjective de chacun de mes mots. Vous n’avez peut-être pas tort, mais il nous manque encore quelques siècles (décennies).

                En attendant, en effet, rien n’empêche de considérer que la citoyenneté n’est pas un atavisme de naissance, et que chacun a le droit de quitter son pays pour un autre qui lui plaît mieux. Encore une fois, prévoyons le remboursements de tout ce qui a été dépensé par ce cher bambin. Et les honoraires des avocats...


                • Eloi Eloi 10 octobre 2008 20:40

                  Pour compléter mon commentaire :

                  Vous êtes bien conscient que, citoyen, entreprise ou homme politique prône ou propose une loi qui l’arrange, au final, d’une manière ou d’un autre, et bien rarement sur des opinions philosophique et la volonté d’expérimenter une méthode qui pourrait améliorer l’efficacité de la société.

                  Ce que vous évoquez (à condition que j’ai bien compris) n’est rien d’autre qu’un phénomène de destruction méthodique des devoirs, destruction qui, aujourd’hui, n’est d’ailleurs à la porté que des plus riches. C’est en effet la plus évident conclusion de l’expérience de la mondialisation. Et un citoyen sans devoir, n’est citoyen de rien, il est tout seul dans une bien méchante jungle. Continuer ainsi conduit à l’anéantissement de la notion de société.

                  Et un individu humain sans société, il ne vaut absolument rien...



                • Robert Branche Robert Branche 10 octobre 2008 20:44

                  Effectivement la sortie de notre "niche géographique" ne va pas se faire sans vague ... et comme vous le dites, tous les problèmes d’incompréhensions actuelles entre religions et cultures peuvent ne pas rendre optimistes... Je crois que cela montre le danger des années qui sont de vant nous... et même les avocats seront de peu d’aide..
                  Quant à la méta-conscience et le problème de bande passante, les problèmes techniques se résolvent toujours petit à petit.. et c’est une évolution longue dont je parle effectivement : simplement je la vois plus en dizaines d’années qu’en siècles... et plus le changement sera lent, plus il durera, plus les périodes troublées aussi...
                  Et effectivement la mobilité géographique a commencé et vient prendre de travers tous les systèmes existants...


                • Robert Branche Robert Branche 10 octobre 2008 20:52

                  Je complète donc aussi ma réponse...
                  Bien sûr qu’un homme politique, une entreprise ou un individu ne prône que ce qui l’arrange... mais parfois il y a des effets de système sous-jacents qui sous-tendent et provoquent les évolutions. Pour donner une image (très sommaire) la marge de manoeuvre d’une molécule d’eau prise dans le cours de la Seine est limité : soit elle s’évapore, soit elle va dans la mer... Aussi si la philosophie est capable d’identifier les courants...
                  Vous venez ensuite sur la notion de devoir... Vaste sujet dont il est difficile de débattre en qq lignes dans un forum ! Certes les systèmes collectifs existent parce que des régulations existent. Mais elles ne reposent pas nécessairement sur la notion de devoir : je crois plus à des principes d’évolution qui sont le résultats de l’interaction entre observé et observant (le monde et nous) et qui font émerger des solutions (voir les livres de Franscisco Varela).
                  Je c ompte écrire une prochain article (qui sera l’embryon d’un livre à venir) sur ce sujet 


                • Eloi Eloi 10 octobre 2008 21:08

                  @ l’auteur

                  merci pour vos réponses !!

                  Pour le premier commentaire :

                  concernant la mixité des coutumes : ce n’est pas qu’une question de tolérance ou de largesse d’esprit. C’est une question aussi très pratique : l’exemple des "toilettes musulmans" montre que le respect des coutumes de chacun à un coût, en argent, en temps, en réflexion. Que ce coût, si on le multiplie par les 6 milliards de coutumes de chaque habitant, devient rapidement ingérable (disons avec les moyens actuels). Une certaine forme de tolérance est d’accepter de détruire une partie de ses coutumes pour le fonctionnement de la société : plus généralement c’est ce qu’on peut pourrait appeler les devoirs sans trop faire d’erreur.

                  Pour parlez des moyens technologiques en constante progression (probablement pas très constante, d’ailleurs). Malheureusement, il n’y a pas que la dimensions technique ; sinon cela aurait été très facile au final. Vous conviendrez que la science n’est qu’une manière de nous décoller toujours plus loin des contingences de la survie : aujourd’hui nous gagnons notre salaire pour un bonne part de choses parfaitement inutiles pour notre survie. Pour obtenir cette méta-société, probablement faut-il faire quelques progrès en sagesse... et là est le côté le plus difficile. La technologie y participe : on se bat moins ardemment lors d’un débat politique que pour un quignon de pain en période de famine ; mais cette sagesse est indispensable pour de nombreuses raisons (tout d’abord éviter l’inflation des lois, règlements etc qui engluent nos sociétés) ; mais la sagesse est un préalable. Et malheureusement, nous n’avons pas d’appareil de mesure de la sagesse.


                • Eloi Eloi 10 octobre 2008 21:16

                  Concernant votre dernier commentaire, votre approche scientifique est bien sûr envisageable. Cependant, je me permets la question suivante :

                  que se passerait-il dans la Seine, si chaque molécule avait le droit de choisir son propre corpus de lois physiques ? Car c’est plus ou moins ce que vous décrivez... La moyenne de l’agitation de chaque ensemble géographique de population est précisément la culture, mais comment imaginer que cela ne soit pas géographique ? Car ici, nous parlons bien des lois, des règles de vie avec nos propres voisins, et pas de correspondance avec des étrangers (comme vous et moi) qui peuvent enrichir l’un l’autre, ainsi que nos fréquentations, eux mêmes en grande proportion géographiquement proches (famille, amis, collègues...).

                  Que les cultures puissent être influencées par des idées provenues par de longues distances, à partir de plusieurs foyers d’émergence, oui, mais, ces foyers s’étendront surtout de proche en proche. C’est d’autant plus vrai que nous passons beaucoup moins de temps sur ce genre de forums (à distance) qu’avec nos propres voisins...

                  En résumé, il me semble voir une contradiction dans vos propos, mais bien sûr, à cause de notre bande passante smiley il se peut que j’ai mal compris...
                  Cordialement,


                • Eloi Eloi 10 octobre 2008 21:22

                  Je lirais votre prochain article avec grand plaisir

                  J’apprécie également l’approche systémique pour la compréhension des sociétés humaines, car, il faut bien se rendre à l’évidence, nous sommes soumis aux mêmes lois physiques. De plus, même si les composantes d’une société humaine sont imprévisibles (heureusement libres !) leur moyenne à l’échelle d’une nation sont probablement plus compréhensibles. Comme pour les atomes et la matière. Sauf que les atomes ne peuvent observer leur propre comportement, ce qui rend les choses infiniment plus riches et intéressantes pour notre regard sur l’homme...

                  Votre livre sera-t-il celui d’Hari Seldon  ? smiley


                • Robert Branche Robert Branche 10 octobre 2008 23:08

                  Continuons ce ping pong scriptural interessant...
                  Je reprend vos commentaires un par un :

                  - concernant la mixité des coutumes : Vous avez raison actuellement notre approche de la mondialisation est une approche qui cherche à avoir un gagnant et un perdant, ce aussi au plan culturel. Si nous voulons vivre demain dans le neuromonde (au sens de monde où chacun de nous en occupera la totalité et non plus seulement le bout de territoire dans lequel son corps physique se trouvera), nous devons changer d’approche et bâtir une metaculture englobante. Sur ce thème, je vous conseille le dernier livre de François Jullien "De l’Universel, de l’uniforme, du commun et du dialogue entre les cultures".

                  - sur la sagesse : vous avez tout à fait raison le monde global, ce metamonde ou neuromonde sera un monde où chacun va découvrir ou redécouvrir que... le monde réel n’existe pas, du moins pas en tant qu’objet indépendant... que le soi non plus en tant qu’indépendant... que les 2 n’existent qu’en tant qu’intereragissant ensemble... De ce point de vue, l’essor actuel du bouddhisme dans le monde occidental est un premisse interessant.... mais la route sera longue... Je sais, vous allez écrire que je suis un optimiste, et c’est vrai (même si je pense que le chemin sera long, pénible et dangereux)

                  - sur la molecule d’eau : au risque de vous choquer ou au moins de vous surprendre, je ne suis pas sûr que nous ayons beaucoup plus de marges de manoeuvre qu’elle... Finalement nous allons là où nous devons aller. Nous sommes pris dans des courants globaux qui naissent de l’interaction entre nous et le monde. La marge de manoeuvre individuelle est limitée... C’est notamment ce thème que je veux creuser et devrait se trouver au coeur de mon prochain livre (mais j’en ai encore probablement pour un an de gestation... j’ai un livre qui sort dans 2 semaines ...). Donc finalement je vais peut-être trouver plus de liberté à cette pauvre moélcule...

                  - sur l’émergence : là je me suis mal fait comprendre, problème de résumé. C’est une nouvelle approche extremement complexe à expliquer ... Le fondement de cette "nouvelle" pensée est de dire que le réel n’existe pas indépendamment -in extérieur ( le monde), ni intérieur (le soi) - mais qu’il émerge de l’interaction de l’un avec l’autre (par exemple : c’est parce que nos yeux décodent 3 couleurs primaires que nous voyons 3 couleurs primaires, et non pas parce qu’elles existaient en tant que telles). Dans cette même logique, il y a une nouvelle approche de l’évolution dite "derive naturelle" : le monde n’évolue pas pour aller vers un optimum - car aucun optimum n’a de sens - mais simplement par l’émergence de solutions possibles ; ainsi l’évolution interdit simplement certains changements, mais n’en préconise aucun. Suir ce thème de l’émergence, vous pouvez aller lire un post que j’ai mis sur mon blog qui est un exemple simple issu d’une situation vécue : http://robertbranche.blogspot.com/2008/10/radar-ou-jeu-et-si-la-reponse-dependait.html

                  - sur l’approche systémique : nous sommes d’accord

                  - sur mon livre qui sort dans 2 semaines, c’est "Neuromanagement" (allez sur mon blog et vous saurez tout dessus !)

                  - sur le suivant : on verra... mais comme indiqué ci-desssus, je vais probablement creuser ma rélfexion sur le neuromonde et les relations avec les neuroêtres que nous sommes en train de devenir...


                • Eloi Eloi 11 octobre 2008 00:22

                  Pong alors...

                  J’ai lu vos réponses, et je leur trouve un effet un certain sens. Vos idées ne sont pas choquantes pour moi, mais je pense que nous ne parlons pas, en fait, de la même échelle de temps. D’où probablement nos contradictions. Si je ne me trompe pas, vous parleriez d’un monde où les esprits humains seraient tellement interconnectés et cela à haut débit que finalement, les notions d’individu, de propriétés, de transmission de son ADN... seraient plus ou moins effacées par l’émergence d’un esprit "collectif’ d’ordre supérieur. Ais-je donc bien saisi votre propos ?

                  Si c’est le cas, il me semble que la constitution de ce monde se heurte à de nombreux obstacles :
                  * (toujours le problème de bande passante...)
                  * les nécessités de la survie, plus les tensions sont fortes, plus les sociétés se contractent autour d’ensembles réduits de la population humaine. Typiquement le nationalimse. Et aujourd’hui nous sommes loin d’être débarrassés de ces nécessités, nous le voyons quotidiennement
                  * la tromperie pour bénéfice personnel : celle-là difficile de s’en débarrasser
                  * la survie induit la méfiance, la rétorsion de données, le quadrillage de son territoire (justement)
                  * un instinct animal nous poussant à nous combattre les uns les autres pour imposer nos gènes
                  * une envie forte de garder son individualité, son histoire personnelle, ses petits combats, ses victoires à soit, et rien qu’à soit

                  Si la société que vous décrivez induit comme préalables l’élimination du besoin de survie (scientifiquement envisageable mais
                  techiquement tout de même encore loin !!) et un respect plus grand des autres (grossièrement : la sagesse de toute à l’heure), alors la confiance pourrait apparaître et permettre de telles choses. Dans ce cas-là je suis d’accord. Sinon, je ne vois pas comment vous voulez faire, ou comment cela pourrait apparaître...

                  Cela me semble à très longue échéance. Notre histoire est si peu orientée vers la "raison" que la singularité historique n’a rien d’évident, pour moi... Si ce

                  sur la molecule d’eau : au risque de vous choquer ou au moins de vous surprendre, je ne suis pas sûr que nous ayons beaucoup plus de marges de manoeuvre qu’elle...

                  Vous ne me choquez pas. Je suis parfaitement d’accord avec vous : aujourd’hui. Cependant, il m’avait semblé que ce que vous proposiez était de permettre à chaque citoyen de choisir les lois qu’il s’applique à lui-même, sans "continuité géographique". Cela revenait à ce que la molécule ait liberté sur les lois qu’elle peut appliquer à elle-même (et à lui donner un regard conscient sur celles des autres) . Mais cela commence en fait à s’éloigner de la "définition" du paragraphe précédent ! Peut-être parviendrons-nous à converger ?

                  sur l’émergence

                  Je lirai votre exemple et excusez ma fainéantise pour ce soir, mais, si j’ai bien compris, c’est comme un algorithme génétique qui passerait de puits de potentiels en puits de potentiels, sachant que ces puits de potentiels n’existent pas, mais sont entièrement définis par sa représentation subjectives de ces puits de potentiels ?

                  Grossièrement : l’homme imagine le communisme, il créé alors un puit de potentiel "communiste" et peut alors se permettre de l’explorer, de trouver un "optimum virtuel" qui ne pouvait pas exister avant, puisque l’idée du "communisme" n’existait pas. 

                  C’est grossièrement renverser la causalité de nos actions :
                  * soit l’optimum existe et nous pousse à imaginer des systèmes permettant de l’atteindre
                  * soit imaginer des systèmes permet de faire exister des optimum et donc de les atteindre

                  Une sorte d’approche "anthropocentrique" des systèmes sociaux ?

                  Ais-je à peu près intuité ? Je regarderais plus avant, mais pas ce soir smiley

                  Cordialement


                • Robert Branche Robert Branche 11 octobre 2008 01:15

                  non je ne parle pas d’un monde dans lequel chacun disparaitrait et nous ne serions plus qu’une grande termitiere numérique...
                  Non le neuromonde que j’ai en tête reposerait toujours sur des individus indépendants comme aujourd’hui, ni plus, ni moins.... mais sommes-nous aussi indépendants que nous le pensons ou croyons... Le concept de soi et d’identité mérite d’être creusé (par exemple : nous ne contrôlons pas les molecules qui nous composent et la plupart sont changés constamment...
                  Dans le neuromonde, c’est chacun de nous qui sera différent, car doté d’un 6eme sens (c’est une image), grâce à internet : nous pourrons expérimenter le monde en entier... donc nous muterons, en ce sens que notre système conscient pourra construire des interprétations et des scenarios enrichis...
                  Par ailleurs, le reflexe de survie n’est pas antagoniste de l’empathie ... bien au contraire

                  sur l’émergence, c’est même plus compliqué ca rl’homme lui-même n’existe pas a priori, mais nait dans la relation : il y a une cocréation de l’observé et de l’observant. Je sais c’est un peu prise de tête... Un des mes objectifs est d’arriver à "vulgariser" ces concepts ... et j’ai encore du travail !


                • Eloi Eloi 11 octobre 2008 11:31

                  Non le neuromonde que j’ai en tête reposerait toujours sur des individus indépendants comme aujourd’hui, ni plus, ni moins...

                  Je ne comprends pas alors comment l’individu indépendant peut se passer de son territoire géographique, et des autres individus qui vont l’influencer, de manière géographique... Même si nous passons notre 80% de notre temps sur internet, il ne restera jamais que notre faim, bien géographiquement localisée, celle-ci, et beaucoup plus impérieuse que notre soif de connaissances ou de débats. De plus, tout ressenti physique est bien plus violent qu’un ressenti intélectuel (à de rares expressions près) et nos amis resteront limités à des contacts physiques, non ? et donc fatalement limités par la géographie. Je conçois que l’amitié puisse se lier à distance (corresondants, par exemple) mais, il lui manquera alors quand même un certain contact physique, qu’un réseau ne pourra pas lui fournir...
                  Il vous faudrait préciser ce concept de "politique non géographique" mais j’avoue avoir du mail à imaginer comment un tel système pourrait fonctionner.

                  .... Le concept de soi et d’identité mérite d’être creusé... (par exemple : nous ne contrôlons pas les molecules qui nous composent et la plupart sont changés constamment...

                  Boah ca c’est une vraie belle question. Un exemple plus simple (moins physique) pourrait-être : nous changeons constamment, par nos expériences et par nos opinions. Sommes-nous alors le même ? Quel est l’ouvrier qui patiemment recoud nos identités à chaque nouvelle seconde ? (d’ailleurs quelle est la fréquence d’échantillonnage de l’âme ? smiley


                  Dans le neuromonde, c’est chacun de nous qui sera différent, car doté d’un 6eme sens (c’est une image), grâce à internet : nous pourrons expérimenter le monde en entier... donc nous muterons, en ce sens que notre système conscient pourra construire des interprétations et des scenarios enrichis...
                  Par ailleurs, le reflexe de survie n’est pas antagoniste de l’empathie ... bien au contraire


                  Ne pensez-vous pas que ce processus, c’est-à-dire doter l’homme d’extension sensorielle par l’expérimentation des sensations d’autrui existe depuis fort longtemps, depuis les premiers mots baragouinés ? Des mots ne sont rien d’autres que des modèles de la réalité, et nous les avons lentement et patiemment améliorés. Puis-je interpréter votre "neuromonde" par le fait (probablement réducteur) que l’homme, quand il est en société, est fatalement changé par rapport à son individualité par son rapport avec l’autre et les autres (ce que vous évoquez). Ce que vous appelez "neuromonde" n’est-il pas au final, la culture d’une société, mais à plus haut débit ? Ce n’est en rien contradictoire avec ce que j’envisageais dans mon post précédent : la culture nécessite de sacrifier une part de son individu.

                  Si je me permets toutes ces questions, c’est bien parce que j’ai de la peine à imaginer votre concept de neuromonde :
                  * tout d’abord votre contestation de la géographie. Nous pensons avec l’autre bout du monde mais nous vivons avec nos voisins. Et les lois, la politique, c’est bien vivre avec nos voisins
                  * le neuromonde me semble simplement la culture, comme elle a toujours existé, en un peu mieux,

                  sur l’émergence, c’est même plus compliqué ca rl’homme lui-même n’existe pas a priori, mais nait dans la relation : il y a une cocréation de l’observé et de l’observant. Je sais c’est un peu prise de tête... Un des mes objectifs est d’arriver à "vulgariser" ces concepts ... et j’ai encore du travail !

                  Bien noté votre précision ! Bon courage, alors !!


                • Robert Branche Robert Branche 11 octobre 2008 12:22

                  Merci pour la richesse de vos réactions qui me conduisent à clairifier mon propos...

                  1. "Je ne comprends pas alors comment l’individu indépendant peut se passer de son territoire géographique..."
                  Effectivement je ne pense pas que nous allons nous passer du territoire, mais nous allons nous hybrider avec une nouvelle dimension. Oui nous resterons habiter un lieu, oui nous allons baigner dans nos origines culturelles, oui nous aurons toujours des besoins physiques dans tous les sens du terme... et dans le même temps nous serons immergés dans le lointain. De même que je vois pendant que j’entends ou je sens, demain "j’internetiserai" (affreux néologisme mais je n’ai pas mieux immédiatement...)...

                  2. "nous changeons constamment, par nos expériences et par nos opinions"
                  Très exactement. La permanence n’est qu"une erreur, une construction mentale. Le bouddhisme l’a depuis longtemps compris. Ce qui est nouveau, c’est que les dernières découvertes des neurosciences vont dans ce sens....

                  3. "Puis-je interpréter votre "neuromonde"..."
                  Non ce n’est pas ce que je veux dire, mais bien de l’émergence d’une nouvel être (issu de l’homme mais modifié) doté de ce 6ème sens qui lui donnera une nouvelle vision du monde.
                  Un exemple pour "essayer" de me faire comprendre. Imaginez que vous ne soyiez plus capable d’observer la dimension spatiale dans votre observation : vous ne pourriez plus "voir "que un objet occupe l’espace et que donc le morceau qui est devant vous et celui qui est un peu plus loin sont tous 2 appartenant au même objet, mais occupant différents points dans l’espace. Dès lors vous percevriez le monde comme une juxtaposition de points et vous auriez du mal à construire des interprétations correctes pour les réunir et identifier les liaisons et donc les objets. 
                  Maintenant revenons à Internet. Avec Internet, nous allons avoir une nouvelle "vision" du monde et nous allons construire de nouvelles liaisons, et ce à distance.
                  Voilà ce que j’appelle Neuromonde...

                  4. "Bien noté votre précision ! Bon courage, alors !!"
                  Merci !!!!!


                • Eloi Eloi 11 octobre 2008 13:46

                  Merci pour la richesse de vos réactions qui me conduisent à clairifier mon propos...

                  De rien, c’est un plaisir smiley

                  Oui nous resterons habiter un lieu [...] et dans le même temps nous serons immergés dans le lointain.

                  Cela se produisait déjà avec les livres d’histoire ou de fiction, avec les théories sociales, les philosophies... non ?

                  De même que je vois pendant que j’entends ou je sens, demain "j’internetiserai" (affreux néologisme mais je n’ai pas mieux immédiatement...)...

                  neuraliserai ?
                  toiliserai ?
                  globaliserai ?
                  socialiserai ?
                  connecterai ? ou
                  interconnecterai  ?

                  Très exactement. La permanence n’est qu"une erreur, une construction mentale. Le bouddhisme l’a depuis longtemps compris. Ce qui est nouveau, c’est que les dernières découvertes des neurosciences vont dans ce sens....

                  Bien d’accord avec vous : il est d’ailleurs amusant de voir la réussite des société occidentales (très chrétiennes) dont pourtant la vision du monde très figée, très absolue, est si mal adaptée aux changements inéluctable. J’y vois une contradiction... Vous en pensez quoi ?

                  Voilà ce que j’appelle Neuromonde...

                  Je ne suis toujours pas persuadé que le Net soit une révolution en la matière. Une amélioration substantielle, certes, mais c’est ce que nous avons toujours fait, non ?


                  Cordialement,


                • Robert Branche Robert Branche 11 octobre 2008 14:06

                  Cela se produisait déjà avec les livres d’histoire ou de fiction, avec les théories sociales, les philosophies... non ?

                  Oui mais là notre cerveau expérimente directement une connexion à distance, et non pas de qq chose issu du passé, mais du présent...

                  Bien d’accord avec vous : il est d’ailleurs amusant de voir la réussite des société occidentales (très chrétiennes) dont pourtant la vision du monde très figée, très absolue, est si mal adaptée aux changements inéluctable. J’y vois une contradiction... Vous en pensez quoi ?

                  Et oui, c’est là le problème. Actuellement il y a un courant de philosophes, nourris par les neurosciences, prennent appui sur le raisonnement scientifique pour remettre en cause les pensées religieuses occidentales. Et crée un pont entre la science occidentale et la pensée bouddhiste

                  Je ne suis toujours pas persuadé que le Net soit une révolution en la matière. Une amélioration substantielle, certes, mais c’est ce que nous avons toujours fait, non ?

                  Affaire de point de vue et conviction... Je pense que le Net crée un point de divergence qui va nous faire muter (le principe du battement de l’aile de papillon). Mon projet est d’essayer d’argumenter cela (en liaison avec cette vision d’un monde de l’émergence ...)

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