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Accueil du site > Actualités > Economie > Noël 2008 sur fond de sinistrose

Noël 2008 sur fond de sinistrose

Plus qu’une crise, tous les indicateurs nous alertent sur l’ampleur cataclysmique de la crise économique qui étreint la planète. Les chiffres les plus fous se succèdent. Après les centaines de milliards virtuels injectés dans un système financier totalement déconnecté du monde réel, la grande faucheuse des entreprises et des emplois a commencé son œuvre. Des sources aussi rigoureuses que l’OCDE évoquent déjà de 20 à 25 millions de chômeurs d’ici 2010 dont 8 à 10 millions au sein de la zone OCDE. 

Luis Lema, envoyé spécial à Philadelphie du quotidien Genèvois Le Temps décrit des scènes dignes de la crise de 1929 : “Crise oblige, la Ville ferme des casernes, des piscines, des librairies. Des habitants doivent vendre leurs bijoux en or contre du cash, pour survivre”. Les riches cousins d’Amérique ça semble fini. Outre-atlantique, les collectivités locales, comme en France sont au régime sec. La ville de Philadelphie est contrainte aux économies et pratique des coupes sombres parfois hasardeuses. 7 des 60 casernes de pompiers que compte la ville seront fermées soit, une économie annuelle de dix millions de dollars. Les pompiers ne sont pas les seuls concernés. Onze des cinquante librairies municipales vont aussi fermer mais aussi, la moitié des piscines. “Philadelphie doit se préparer au pire”, a expliqué Michael Nutter, le maire dans une intervention télévisée aux accents Churchilliens. Les finances publiques ne sont pas les seules touchées. Le journaliste décrit des scènes dignes des raisins de la colère avec des files d’attente devant les bijoutiers pour se défaire de ses bijoux en échange d’argent cash. 

Porteur d’une folle espérance, Barack Obama doit se féliciter de l’intervalle laissé par la constitution entre son élection et sa prise de fonction qui doit intervenir le 20 janvier prochain. Il lui faudra un miracle pour arriver à juguler la crise tant l’effondrement du système semble se généraliser. Certains économistes vont jusqu’à prédire la suppression de 4 millions d’emplois en 2009 aux USA. Autant dire que même la création de 3 millions d’emplois promise par le nouveau Président, à travers un gigantesque plan de modernisation des infrastructures du pays, risque d’être insuffisante quand dans le même temps, la survie de l’industrie automobile, malgré les perfusions d’argent public, semble compromise. 

Les mauvaises nouvelles ne se limitent pas à la lointaine Amérique. Fin octobre, comme le rappelle une dépêche AFP, le Bureau international du travail (BIT) avait prévenu que la crise financière risquait d’augmenter de 20 millions le nombre de chômeurs dans le monde qui pourrait atteindre un record historique de 210 millions de personnes fin 2009. L’embellie ne semble pas pour demain. L’OCDE envisage au mieux une reprise fin 2009, et une croissance faible courant 2010. 

Une prévision éloignée des annonces du gouvernement français qui tablait il y a quelques mois sur une reprise au deuxième semestre 2009. Un gouvernement qui loin de réduire, comme initialement promis, les déficits publics va les porter au niveau record de 100 milliards d’euros en 2009. Autrement dit, la barre historique de 5% du PIB et ce, dans un contexte de récession, mécaniquement destructeur d’emplois. Alors, 2009 annus horribilis ? Assurément.


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2 réactions à cet article    


  • jeanclaude 23 décembre 2008 18:38

    Il n’y a pas que des mauvaises nouvelles. Il y a aussi la possibilité d’un accord entre les grandes puissances pour une vraie réforme des règles financières internationales.
    Si c’est possible, c’est bien parce que les E.U. sont dans la mouise. S’ils ne l’étaient pas autant, ils imposeraient la solution conforme à leurs intérêts, comme à Bretton Woods.

    Donc si on observe ce qui se passe avec le paradigme hégélien - thèse-antithèse-synthèse - il y a aussi une perspective qu’on puisse retomber sur nos pieds.

    A mon sens, les pays émergents verront aussi leur position confortée, en sortie de crise. Des pays seront aussi dans l’obligation de corriger leurs fondamentaux ou du moins de revoir leurs certitudes sur leur trajectoire. Je cite la Chine, le Japon, la France à un degré moindre (investissement dans l’efficience de la formation, à titre d’exemple). La Grande Bretagne aussi, se rapprochant du continent et s’éloignant des E.U.. J’en oublie.

    L’économie, c’est comme une immense respiration, là on est dans l’expulsion, la décélération. Il y aura bien une reprise, une inspiration.


    • L'enfoiré L’enfoiré 23 décembre 2008 18:55

       Bonjour,

       Question moroisité, il y a 2 ans, j’en avais un texte "Le Père Noel n’en a rien à cirer". Amusant de relire cela. Pas tellement de différences. J’étais peut-être en avance. 

       smiley
       

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