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Non, la crise des dettes souveraines ne menace pas directement votre épargne

"Les marchés, c'est vous, c'est moi ..."

Cette phrase, les économistes acquis au système nous la resservent quotidiennement. Ils recherchent un effet d'identification de la part de l'auditeur.

Or non, les marchés, ce n'est pas vous et ce n'est pas moi. Les grands banquiers qui sont à la manoeuvre dans les magouilles actuelles sont peu nombreux et pourraient être identifiés si les Etats le voulaient.

De même, si un Etat fait défaut, ce n'est pas vous et ce n'est pas moi qui sommes placés de telle sorte à payer la note par le jeu direct des mécanismes classiques de l'épargne.

En revanche, vous avez du remarquer qu'on sait nous transférer ce paiement par le jeu des plans de rigueur et des transferts de pertes sur le contribuable que nous sommes aussi.

La crise des dettes souveraines menace-t-elle votre épargne ?

Bien sur, me direz-vous. D'ailleurs, votre épargne en a déjà souffert. Par la chute de la bourse si vous y êtes investis. Ou par l'augmentation de vos impôts.

Mais il s'agit là d'effets indirects : la chute de la bourse est liée aux différentes rumeurs lancées par les marchés financiers, et l'augmentation de vos impôts correspond à la décision politique de transférer des pertes sur les particuliers des classes populaires et moyennes. 

Cependant, si on laissait les pertes là où elles sont, sans les transférer, la crise des dettes souveraines ne menacerait pas le patrimoine des particuliers.

On notera d'ailleurs que l'effacement de dettes est un sport pratiqué couramment. Nous ne cessons d'effacer des dettes de pays du tiers-monde. 

En particulier, la dette de l'Irak, qualifiée d'odieuse, a été largement effacée sous pression américaine. En aviez-vous entendu parler ? Non, probablement. La presse a été discrète. L'intérêt des Etats-Unis, sur ce dossier, était la discrétion. Il en a coûté quatre milliards d'euros à la France, ainsi punie de ne pas s'être engagée dans la guerre aux côtés des Etats-Unis. Et l'Irak, c'est un tout autre morceau que la Grèce.

Quels seraient les effets directs (hors effets créés par lancement de rumeurs du marché, ou par décision politique), sur les patrimoines des particuliers, d'un défaut de la Grèce ? Ces effets toucheraient les obligations, généralement présentes dans les contrats d'assurance-vie en euros. Or, ces contrats sont protégés.

Dans Le Figaro des 10 et 11 septembre, édition papier, pages 27 (saumon), on peut lire un article très interressant intitulé :

La crise de la dette menace-t-elle votre assurance-vie ?

La réponse est négative (sauf développement d'un cataclysme) pour les assurances-vie en euro, c'est à dire celles les plus investies en obligations. En effet :

Dans le cas d'une assurance-vie en euros, le capital est garanti par l'assureur. Donc, au pire, vous perdrez le petit rendement qui vous était alloué chaque année.

Et ceci même si la Grèce fait défaut et même si d'autres Etats font défaut : c'est la nature même d'un contrat en euros que de vous garantir que vous retrouverez votre capital. Si les obligations dans lequel il a été investi se cassent la figure, votre assureur doit assumer la perte sur ses fonds propres sans vous la faire subir.

Que se passerait-il maintenant si votre assureur faisait faillite ? Le Figaro répond :

"L"hypothèse de la faillite d'un assureur, même si elle ne saurait être écartée, reste fortement improbable. Il y a en effet tout à parier que l'Etat français interviendrait pour sauvegarder la société défaillante. Et, en dernier ressort, il existe des mécanismes de sauvegarde de votre épargne. L'Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles (ACAM) peut effectuer un appel d'offres auprès des autres assureurs pour que le portefeuille de l'assureur défaillant soit repris. A défaut, elle peut actionner le Fonds de garantie des assurances, qui couvre les avoirs à hauteur de 70 000 euros."

On le voit : les risques attachés aux obligations souveraines ne pèsent pas sur le particulier, même détenteur d'une assurance-vie (en euros), et celui-ci n'a aucune raison de s'identifier aux marchés en se laissant "vendre" l'argument classique : "Les marchés, c'est vous, c'est moi ... c'est votre assurance-vie".

Avec cet argument, on endort sa résistance et on lui fait les poches pour de bon.

En effet, alors même qu'il ne risque aucune perte sur son assurance-vie, on lui prélève de l'argent autrement, soit disant pour éviter ce risque (inexistant, nous l'avons dit) : plan de rigueur, augmentation de la CSG, etc ...

La perte de valeur de certains titres de dette souveraine pèse sur les assureurs, et, sauf transfert par magouille, ce sont eux qui doivent l'assumer.

Si nos gouvernants faisaient leur travail, ils se battraient pour éviter que ce transfert indu se produise. En effet, les assureurs sont assez riches, directement ou par le biais des réassurances, pour assumer le risque qu'ils ont pris.

S'ils assument ce risque sans que leur soient permis des transferts indus, ils perdront de l'argent (on s'en fout), mais les épargnants titulaires de contrats d'assurance-vie en euros n'en perdront pas, et l'économie réelle n'en perdra pas non plus (ce ne sont pas les assurances qui prêtent aux entreprises ou aux particuliers qui veulent acheter des logement ; ce sont les banques).


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12 réactions à cet article    


  • kiouty 12 septembre 2011 10:30

    A défaut, elle peut actionner le Fonds de garantie des assurances, qui couvre les avoirs à hauteur de 70 000 euros.« 

    —> Ca a été dit sur M6 hier soir dans Capital »les dettes souveraines et les banques commerciale pour les nuls« que ce fond, de la bouche du directeur du fond lui-même, que ce fond ne possède que 700 millions d’euros (j’en ai recraché le coca que j’étais en train de boire tellement la somme est ridicule), ça fait 10000 personnes remboursée si on ne prend que celles qui sont au plafond...

    Merci de vos contributions, Catherine Segurane, même si je n’approuve pas ce que vous défendez au fond (à savoir le FN), mais là il me semble que vous prenez vos désirs pour des réalités : non, nous ne sommes pas indépendants des marchés et de l’endettement souverain, une faillite bancaire signifie bien la ruine des épargnants, que vous le vouliez ou non. Le système est interconnecté jusqu’au plus profond, c’est regrettable, mais c’est comme cela, c’est à cause de cela que la crise de 2008 s’est propagée de façon aussi fulgurante en Europe, de par l’ouverture et le libre-échange dérégulé.

    Je ne défends pas ce système, je dis juste qu’il ne faut pas se leurrer sur la nature des problèmes actuels.

    La solution n’est pas de dire »c’est bon on n’a rien à craindre on s’en fout", mais de réfléchir à empêcher la primauté de l’économie des marchés financiers sur tout le reste et de remettre le système économique au service des peuples.


    • Lisbeth Ker Carradec Lisbeth Ker Carradec 12 septembre 2011 11:27

      ....euh....nan mais lol, quoi.
      Meme que si j’osais pousser le mimetisme djeuniste, je qualifierais votre bousin naïf et Bisounouresque d’un immense XPTDR....


      • Daniel D. Daniel D. 12 septembre 2011 11:38

        Tout ceci n’est qu’un détail dans l’ensemble, le vrai problème est la traitrise (sur ce point aussi !) de nos instances politiques, car nous ne devrions pas en etre ou nous en sommes, c’etais évitable !

        La Grèce aurais pu évoquer le fait que sa dette étais une dette inique, vérifiez cella correspond parfaitement.
        Mais pour sauver les banquiers et lier les peuples a ce choix, ils ont participé et impliqué les finances des pays (la France a contribué pour 15milliards...), et si la Grèce ne rembourse pas, ce ne sont plus les banques qui perdent, mais nous !

        Vu que nous sommes déjà en situation problématique économiquement, cela devient insoluble !

        Les banquiers sont l’éminence grise, les politiques sont acteurs et complices, et les grands groupes économiques sont les rapaces qui se gavent sur les malheurs engendrés.

        Ils seront jugés un jour prochain et devront répondre de tout leurs actes,

        A partir d’un certain niveau de responsabilité, l’incompétence et la naïveté ne sont plus des excuses valables !

        Daniel


        • Pyrathome Pyrathome 12 septembre 2011 12:27

          Ma pauvre Segurane, votre naïveté n’a d’égal que votre mauvaise foi....
          La Grèce est en défaut, elle va se retirer de l’euro, il n’y a rien d’autre à faire....les plans de « sauvetage » n’auront servi à rien, les obligations sur un an sont à 97 %.....elle va tomber et entrainer de nombreuses banques européennes exposées dont Françaises, la SG, CA, BNP.....et les économies des particuliers avec.....
          Revenez donc nous en parler d’ici quelques mois/semaines.....ah ah ah ah ! !


          • chapoutier 12 septembre 2011 12:30

            Revenez donc nous en parler d’ici quelques mois/semaines.....ah ah ah ah ! !
            où certainement dans quelques jours


          • Pyrathome Pyrathome 12 septembre 2011 13:35

            Même dans quelques heures... smiley


          • jymb 12 septembre 2011 13:05

            La bourse vous paraît lointaine...oui mais un cours qui s’effondre c’est une société qui arrête des activités, licencie, vire des sous traitants, délocalise, ou bien fait faillite car devenue économiquement pestiférée.
            Bref derrière le massacre de ces derniers jours ils n’y a que deux issues ( et sans doute les deux réunis )

            - entreprises devenant OPAbles, ce qui nous promets quelques belles spéculations, cette fois ci à la hausse, lorsque les rumeurs commenceront à courir. Ceux qui auront acheté des actions bradés à vil prix (puis si possible lancé eux mêmes les rumeurs) vont empocher un beau magot

            - entreprises ruinées soit quelques dizaines ou centaines de milliers de nouveaux chômeurs

            En 29 il y a eu la bourse et les spéculateurs dans un premier temps..puis tout le reste de la société dans la tempêt. Personne, sauf quelques niches d’activité n’est capable de prétendre économiquement s’isoler de ces réalités


            • Catherine Segurane Catherine Segurane 12 septembre 2011 13:40

              Je trouve plusieurs d’entre vous un peu pigeons.


              Au motif que « Tout est dans tout, tout retentit sur tout, et, si le monde s’écroule, personne n’échappera de toutes façons », vous acceptez de vous laisser transférer des charges qui ne vous reviennent pas avec une facilité déconcertante.



              • jymb 12 septembre 2011 17:09

                Ne mélangeons pas tout !

                Sur les conséquences pratiques immédiates de cette tempête, nous sommes tous concernés, et il est illusoire de se déclarer à l’écart. Beaucoup aurons la surprise de la lettre annonçant qu’il est temps de reprendre le chemin de pôle-emploi

                En revanche sur les responsabilités initiales, et les auteurs ( au sens large) des erreurs et errements, candidats à mettre la main à la poche pour réparer les dégats, ils sont tout autres, bien sûr !


                • Serpico Serpico 12 septembre 2011 20:51

                  Encore un article de Segurane qui me plaît...

                  Je dois couver quelque chose.

                  Non, sérieusement : c’est bien envoyé. Dénoncer le discours « hypnotiseur » des « experts » mercenaires et en faire la démonstration, je ne peux qu’y adhérer.

                  Le mécanisme dont il est question ici est le même qui « enrichit » les Etats-unis par le jeu de la dette. Les USA vivent comme un parasite en imprimant de la monnaie de singe qui va inonder le reste du monde.


                  • LE CHAT LE CHAT 12 septembre 2011 22:54

                    quand l’euro vaudra plus rien , ils pourront effectivement rembourser jusqu’à 100 000 € , on imprimera des billets de 100 000 à cette époque , ça s’est déjà vu et je suis depuis peu multimilliardaire !
                    on y arrive................


                    • BA 12 septembre 2011 23:01

                      Lundi 12 septembre 2011 : l’Italie a lancé un emprunt à 3 mois. L’Italie a dû payer un taux d’intérêt de 1,907 %. Les taux sont en hausse : c’était 1,034 % lors de la précédente émission.

                       

                      En outre, l’Italie a lancé un emprunt à 1 an. L’Italie a dû payer un taux d’intérêt de 4,153 %. Les taux sont en hausse : c’était 2,959 % lors de la précédente émission.

                       

                      Grèce : taux des obligations à un an : 117,211 %. Record historique battu.

                       

                      http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

                       

                      Grèce : taux des obligations à 2 ans : 69,551 %. Record historique battu.

                       

                      http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR:IND

                       

                      Grèce : taux des obligations à 10 ans : 23,544 %. Record historique battu.

                       

                      http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

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