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Notre asservissement sur un plateau

De la mécanique des fluides financiers dans le monde

Le Fordisme a inauguré un asservissement financier des corps voilà un siècle. Celui-ci chronométrait et comptabilisait les tâches successives d’une machine Humaine sur une ligne de production. Cette nouveauté historique a été réalisée avec une contrepartie ingénieuse, puisque de bons salaires étaient payés aux salariés de ces usines. En Europe, cette instrumentalisation des corps s’est également produite via, non pas des salaires élevés, on est pas des Américains non plus , mais contre des contreparties sociales importantes : congés payés, retraites, sécurité sociale etc…La fin de cette partie a été sifflée par François Mitterrand en 1981, avec la retraite à 60 ans et la cinquième semaine de congés payés.

Deux autres leviers puissants venaient en effet de contrarier ce deal industrialiste d’une aliénation du corps réalisée contre des avantages sociaux : la mondialisation et le toyotisme. La contrepartie de cet échange gagnant/gagnant a été la pression exercée sur notre environnement Cette contrainte peu onéreuse au XXième a été payée cash par notre biotope, celui-ci nous englobant naturellement, en terme de déprédation sur les écosystèmes.

Le Toyotisme a lui aussi fait tache d’huile dans l’industrie durant l’inexorable montée en puissance de l’industrie japonaise après la seconde guerre mondiale. Ce modèle a utilisé pour la première fois l’intelligence de ses employés dans un processus sans fin dit « d’amélioration continue ». L’instrumentalisation des esprits n’a pas supplanté celle des corps, bien au contraire puisque ce greffon a fait son lit sur l’aliénation du corps. Des synergies (gain de productivité) étaient donc au rendez-vous. Au japon comme en France, ces nouvelles contraintes se sont accompagnées d’un niveau de vie rendant « acceptables » ces nouvelles exigences. La géo-économie mondialisée entrait donc en scène, moyennant une perte de liberté des acteurs humain de ce système.

Dans les années 90, Chine et mondialisation sont devenus synonymes.

Le « génie » de la mondialisation a été de transposer ces différents modèles d’aliénation contre argent et/ou avantages sociaux vers des pays dépourvu de culture industrielle comme l’Asie du sud-est ou plus récemment la Chine. Les capitaux se sont donc déplacés géographiquement entraînant avec eux cette double « aliénation » physique et mentale. Les contreparties sociales sont par contre restées dans leurs pays d’origines moyennant une idéologie relativiste nocive sur le fond et pragmatique dans les faits. Les Etats-Unis, l’Europe, et le Japon sont désormais les rois nus de ce manège enchanté.
 
Ce transfert de capital/aliénation a débuté dans les années ‘80, s’est rodé dans les années 90, et celui-ci est désormais le modèle économique en vigueur depuis une bonne dizaine d’année. Il touche la production industrielle mais également la recherche et développement. Les exclus de ce modèle d’aliénation-consommation est encore important, il ne fait donc aucun doute que ce transfert va se poursuivre dans les années à venir. Un cas pratique de ce transfert de capital / fermeture d’usine, de la France vers la Roumanie, a été brillamment déroulé dans l’édition du mois d’avril de Fakir, et ce coup-ci la fortune de la Famille Parisot était sur la sellette.

Quels sont donc les leviers qui ont transformé les industriels en industriels grands-publics en un peu moins d’un siècle ? c’est évidemment la consommation de masse, également appelée « société de consommation »….vous suivez le glissement sémantique, n’est ce pas ! Cette société de consommation ne doit son existence qu’aux bénéfices sociaux tirés par les peuples occidentaux (temps, salaire, retraites etc..) à leur asservissement physique et psychique. Il est d’ailleurs assez étonnant de vérifier, à chaque fois qu’on le peut, l’acuité des êtres Humains privés de ce deal, en Afrique notamment. Ceux-ci ne possèdent pas grand chose matériellement parlant, mais comprennent immédiatement la privation de liberté que ce système impose.

C’est d’ailleurs par un parangonnage utilitaire, vis-à-vis de ces pays émergents dans le royaume de l’aliénation-consommation, que nous voyons la génération post-conservatrice de droite revenir sur ces avantages acquis au nom d’une modernité dévoyée. La contrition réjouie de ces néo-cons’, lorsque ceux-ci explicitent ce retour de boomerang d’un moins-disant social nécessaire, est l’échec le plus cuisant de la société de consommation actuelle. Réjouissons-nous cependant, puisque ce moins-disant social de la droite mondialisée reste sans perspectives à moyen terme. La droite Française est dans une impasse idéologique aujourd’hui. La fin de l’histoire politique en France, s’appelle donc aujourd’hui UMP.

Bref, nous assistons à l’effet boomerang de ce transfert de capital, sur nos sociétés occidentales au travers des effets ravageurs de la crise actuelle qui marquera, à n’en pas douter, la France pour les décennies à venir.

De l’avènement récent de l’asservissement financier

Le crédit à la consommation a été l’un des moyens les plus utile à la consommation de masse, d’abord réservé à l’accession à la propriété, celui-ci s’est désormais glissé dans chacun de nos actes consuméristes. L’aliénation est encore présente à ce niveau là de notre société. En effet, qu’entendons-nous dans les médias lorsque des salariés sont licenciés, pour cause de changement de paradigmes économiques ? les journaux télévisés égrènent à n’en plus finir ces quelques phrases : il me reste à payer la moitié de la maison, le crédit pour les bagnoles, et celui de la piscine. Il semble de plus, que le crédit revolving est de plus en plus utilisé pour les achats de nourritures par les Français, il y a eu 210.000 foyers confrontés à la commission de surendettement en 2009. Les Français sont en train de devenir à grande vitesse le passif du bilan des sociétés cotées en bourse.

Lorsque le boulot a disparu, nous n’avons plus affaire à des hommes et des femmes libres, mais à des citoyens endettées et bien évidemment coupables. Ne vous étonnez donc pas de ne voir presque personne dans les manifestations contre l’allongement de l’age légal de départ à la retraite , vous avez affaire à des zombies qui ont troqué une compulsion au travail pour une autre addiction, celle de l’endettement. Personne ne s’y trompe, mais nous ne regardons pas les choses en face actuellement.

Je suis, pour ma part, toujours assez surpris de constater que le rapport au travail est propre à chaque culture. Ainsi en Asie du sud-est, il est assez fréquent de voir les employés quitter leur travail lorsqu’ils estiment avoir gagné assez d’argent. Ils n’ont pas de crédit, et rien ne les force donc à abandonner davantage de leur liberté. Le crédit à la consommation est donc un allié de poids du consumérisme, celui-ci a façonné en quelques dizaines d’années des empires bancaires. Ceux-ci sont peu à peu sorti de leur de leur compétence initiale pour créer leur propre business. Les ravages de cette chute annoncée du deal consumériste marquera encore l’économie européenne pour de nombreuses années. Et pourtant, une fois les risques de leurs activités transférés aux Etats, et une fois leur recapitalisation assurée, tout est reparti comme hier, l’azimut pas encore donné mais avec un bon background historique. Quelques sparadraps posés délicatement ici et là, nous font croire malgré tout à un changement radical. Il n’en est rien cependant. Les peuples européens viennent déjà de payer deux fois l’incompétence de nos banquiers, claquemurés dans leurs certitudes, une première fois pas un chômage galopant et pas encore endigué et une deuxième fois par l’endettement de leurs états respectifs dont les recettes basées sur l’activité a fondu.

Voilà donc qu’un nouvel outil (le CDS) a donc été mis sur le devant de la scène internationale pour pousser encore davantage la dérégulation. Dérégulation et parangonnage sont donc les deux mamelles de ces firmes supranationales.

Et sous quelques prétextes fallacieux, en deux temps et trois mouvements (trois mois exactement), les salaires des fonctionnaires Grecs, Italiens, portugais et Espagnol ont été mis à la diète, leur retraite repoussée, et les budgets étatiques contraints uniquement par le biais de la dépense. Pour la France, l’état attend que sa manipulation outrancière sur le dossier des retraites fasse son effet sur l’opinion, afin de passer aux choses sérieuses. Nous allons faire une troisième fois les frais de ces coupes budgétaires.

Cette austérité décrétée va replonger la zone euro dans une crise dont elle n’a pas besoin, puisqu’elle ne s’est toujours pas relevée de la crise de 2007. Le chômage est historiquement haut, et va continuer à augmenter, les finances publiques vont donc continuer à se dégrader. Et tout cela grâce à nos, décidément chers, banquiers de luxe. Bref, la solvabilité des états Européens sera sans doute meilleure d’ici à cinq ans, mais nous vivrons alors dans un autre pays, dans un pays qui aura mis la clef sous la porte de ses rêves, pour céder à la tyrannie décrétée voilà deux mois.

Point d’eau

Nous sommes donc, nous Français, sommé de payer une troisième fois, voire une quatrième fois, pour cette extorsion de fond historique. Et vous savez quoi, je suis persuadé que nous allons accepter cela messieurs, la fleur au fusil, entonnant collectivement ce refrain : comment voulez-vous faire autrement !
Nous ne sommes que des collaborateurs en puissance, voués et destinés à la domination du plus fort finalement. Et sarkozy semble effectivement l’Homme le plus adapté pour continuer ce travail de sape. Pourtant, nous seuls Français, sommes en mesure, de contrer ce rapt du siècle. Pourquoi ?

Les 4 pays précédemment cités sont des pays moins peuplés que la France, et ayant une dette très supérieure à la notre. Ils n’étaient donc pas en mesure de résister au diktat qui leur était imposé. Nous ne sommes absolument pas dans ce cas de figure, puisque nous sommes encore en mesure d’user du peu de souveraineté qu’il nous reste. A très court terme, nous devons donc faire échouer la régression sociale en cours sur le dossier des retraites et créer un point de disruption à parti duquel nous ne reculerons plus, non pas à cause du fond de ce dossier, mais parce que le gouvernement actuel n’a plus la légitimité nécessaire pour instruire le dossier des retraites. Fort de cette victoire, nous devrons ensuite remettre sur le tapis ce thème pour 2012 sans cette épée de Damoclès d’un possible revival d’un président moribond sur nos têtes. Ce futur gouvernement élu sur le dossier des retraites aura la légitimité de réaliser les réformes nécessaires à notre utopie plus que jamais vivante, et devant être sans cesse incarnée législativement.

Ensuite, et à moyen terme seulement nous devons reprendre la souveraineté dont on nous a dépossédé à Lisbonne pour converger vers une économie répondant à nos besoins et minimisant son impact écologique sur les Européens et leur environnement (nom de code PESE).

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7 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 8 juin 2010 11:00

    Vous avez fort bien décrit le problème : Pillage des richesses, siphonnage par les « élites », perte de souveraineté, paupérisation en cours des peuples ...

    Reprendre notre souveraineté ?
    C’est bien cela le problème. Comment faire lorsque personne, ou presque, ne porte cette idée, lorsque politiques et même syndicalistes sont partie prenante du système en place ?
    Même « la rue » a besoin de leaders.

    Très incertain est l’avenir ...


    • PhilVite PhilVite 8 juin 2010 12:04

      ...mais très certaine est sa couleur : noire


    • Anonymous Republic Punisher Rigel 8 juin 2010 16:06

      Le 10 10 210 c’est la révolution il parait :D c’est un groupe facebook  !


    • Bélial Bélial 8 juin 2010 14:37

      On appuie sur un bouton, on tire sur un levier, et on meure.
      Stop.


      • Login Login 9 juin 2010 02:50

        juin 2010
        Le cobaye payeur, par Corinne LepageAuteur : Paul Jorion | Classé dans : EconomieMonde financierSubprime

        Billet invité.

        La question du rapport du politique avec la finance est vraiment la question centrale. Si les gouvernements se révèlent incapables d’imposer les transformations nécessaires, qu’il s’agisse de régulation, de création d’une taxe mondiale sur les banques ou de priorité donnée à l’économie, deux possibilités existent : soit ils ne veulent pas et cela pose la question des liens peut-être incestueux entre les gouvernements et la finance, soit ils ne peuvent pas et il conviendrait alors que cette situation illégitime et inacceptable soit mise sur la place publique pour que les citoyens s’en saisissent.

        La situation française, pour ce qui est de la législation nationale et des choix présidentiels, relève à l’évidence de la première catégorie. Déjà, le plan de sauvetage des banques a été négocié dans de très mauvaises conditions, puisque par rapport aux choix faits par exemple par l’administration américaine, nous avons perdu près de 6 Mds.

        Mais le projet de loi « régulation bancaire et financière » est un projet scélérat dans la mesure où, en totale contradiction avec les déclarations présidentielles sur la « moralisation » du capitalisme financier et la nécessité de tirer les conséquences des catastrophes liées à la titrisation à tout crin et au hors bilan, il plonge la France dans la capacité de faire ce qui a causé l’explosion de la crise financière : les subprimes. Le texte, en effet, crée des sociétés de financement de l’habitat pour permettre de titriser les créances immobilières que les banques sont aujourd’hui obligées d’inscrire dans leur bilan, ce qui jusqu’à présent nous a protégé d’une crise à l’américaine. « Ce n’est pas une petite réforme. Il s’agit de relancer la titrisation en France, laquelle patine. Mais pas seulement. Là, on va beaucoup plus loin », confirmerait l’avocat d’un des plus grands cabinets spécialisés dans la finance et qui, pour cette raison, préfère l’anonymat. Il s’agit non seulement de transformer des créances en titres financiers, mais encore de permettre aux banques d’externaliser ces titres, c’est-à-dire de se débarrasser du risque sur les acheteurs de ces produits, c’est-à-dire les épargnants. Autrement dit, il s‘agit de créer une possibilité de crise des subprimes en France, réservant aux banques la possibilité de prêter sans supporter le moindre risque de défaut, puisque plus rien n’apparaîtra dans le bilan. Christian Upper, économiste à la BRI précise : « Dans les nouveaux produits titrisés, si il y a un problème, les investisseurs ne pourront pas se tourner vers les banques émettrices pour récupérer leur capital, comme ils le pouvaient dans les produits existants. Ils devront se contenter de récupérer ce qui est récupérable sur les prêts des ménages ».

        Cerise sur le gâteau : la BCE pourra recevoir en garantie ces titres, mais le projet de loi prévoit que les Sicav et autres fonds de placement recevront ces produits pouvant même aller jusqu’à 25%, soit le quart de leur actif auprès du même émetteur.

        Certes, ce faisant, le Président est fidèle à ses engagements de candidat qui faisait la promotion des subprimes, et rêvait d’une société française dans laquelle nos concitoyens seraient endettés à hauteur de 100%, et non 60. Mais, la crise étant passée par là, on aurait pu penser que ces élucubrations étaient envolées.

        Il n’en n’est rien. Cela signifie que le système financier en France est assez puissant pour imposer une réforme sur laquelle les Etats-Unis sont précisément en train de revenir. Quels visiteurs du soir, quels personnages sont ils assez puissants pour obtenir une réforme de cette ampleur qui va tellement à contre courant ? Et que dire du silence abyssal qui entoure cette affaire, la presse financière et la presse générale restant muettes ?

        Plus que jamais, c’est dans la société civile et ses relais que se débattent les vrais sujets politiques. Alors, il est vrai que ces derniers ont quelque raison de demander des comptes au personnel politique pour les choix de plus en plus hasardeux qui sont faits. La question du fonctionnement ou plutôt du dysfonctionnement démocratique de nos sociétés est patent. Il est plus que temps que nous retrouvions un mode de fonctionnement adapté, faute de quoi, le principe cobaye payeur, déjà très en vogue dans le domaine de la santé et de l’environnement, deviendra le principe majeur de la société contemporaine.


        • FYI FYI 9 juin 2010 18:04

          Une bonne grêve générale serait un bon début !


          • bernie54 11 juin 2010 14:19

            Salut à toutes et à tous,le Parti de Gauche de Jean-luc MELENCHON propose de sortir de l union europénne,allez faire un tour sur le Parti de Gauche,plein de solutions réalistes et de bon sens,HASTA LA VICTORIA ! Bernie du PG54

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