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Accueil du site > Actualités > Economie > Nous serons tous un jour des salariés seniors... au chômage (...)

Nous serons tous un jour des salariés seniors... au chômage !

Quelques semaines après que Medef et UMP aient proposé de supprimer la durée légale du temps de travail, les chiffres du chômage sont tombés et ils sont très mauvais, surtout pour les seniors qui voient l'emploi s'éloigner de plus en plus !

Il faut se faire une raison : le gouvernement a prouvé son impuissance à trouver des solutions pour endiguer le chômage qui frappe de plus en plus de français. En effet, malgré les incantations et les satisfecits du mois de mars, fin juin 2011, 4 103 700 personnes étaient inscrites à Pôle Emploi (catégories A, B, C)

Incantations comme celle de Laurent Wauquiez, alors en charge de l'emploi qui se félicitait de la : « Mobilisation des branches professionnelles sur l'emploi des seniors  »

« Pour la première fois ça bouge (...) On a envoyé un message clair aux entreprises. Elles disent OK, on a compris, c'est pas facile pour nous on va essayer de faire bouger les choses. Notre but c'est de deshooter notre pays à ce quoi il s'est trop habitué : Mettre les seniors dehors ! On ne gère pas la politique de l'emploi en mettant les seniors dehors (...) »


wauquiez : emploi seniors


Et quel est le bilan de ce « deshootage  » ?

« (...) les seniors sans travail de catégorie A sont de plus en plus nombreux. Les plus de 50 ans étaient 544 300 en juin 2011, soit une progression de 2% en un mois et de 13% en un an. Si l'on réunit les trois catégories A, B et C, le nombre de chômeurs seniors s'élève à 797 800, soit un accroissement mensuel de 1,5% et annuel de 14,3%. Les femmes de plus de 50 ans au chômage (413 600) restent plus nombreuses que les hommes (384 200). Quant à la durée moyenne d'inscription sur les listes de Pôle Emploi des sortants (catégorie A, B et C), elle augmente aussi chez les seniors en juin, de 14 jours pour s'établir à 413 jours, contre 265 jours pour les personnes entre 25 et 49 ans et 142 jours pour les moins de 25 ans. Sur un an, la durée d'inscription des plus de 50 ans augmente de 72 jours, contre 30 jours pour ceux âgés de 25 à 49 ans et 14 jours pour les moins de 25 ans (...) » - Tout sur la Retraite

Car, le fameux texte auquel Laurent Wauquiez faisait référence est une imposture en termes d'emploi des seniors au chômage puisqu'il indiquait : « (...) L’entreprise A a un effectif de 47 salariés constaté au 31 décembre 2009. Elle n’est pas redevable de la pénalité tout au long de l’année 2010. Fin décembre 2010, son effectif s’établit à 51 salariés. Elle est redevable de la pénalité à compter du 1er janvier 2011, si elle n’a pas établi un plan d’action ou conclu un accord, ou si la branche à laquelle elle appartient n’a pas conclu un accord validé et étendu (...) »

Et dans le cas ou des accords ont été conclus, sur quoi ont-ils porté ?

Il suffit de lire le bilan de mai 2010 établi par Intelligence RH qui indique : « (...) Dans leur majorité, les textes signés ne citent que trois domaines d’action avec des objectifs chiffrés, en cohérence avec la loi. Parmi ces domaines d’action, le recrutement des salariés âgés est le moins souvent retenu. Par ordre décroissant, les domaines d’action les plus fréquemment retenus sont les suivants :
Développement des compétences et des qualifications et accès à la formation (retenu dans 64 accords)

Transmission des savoirs et des compétences et développement du tutorat (retenu dans 64 accords)

Anticipation de l’évolution des carrières professionnelles (retenu dans 63 accords)
Amélioration des conditions de travail et prévention des situations de pénibilité (retenu dans 44 accords) Aménagement des fins de carrière et de la transition entre activité et retraite (retenu dans 43 accords) et
Recrutement des salariés âgés (retenu dans 19 accords) »

Alors, soyons clair : Les entreprises avec la bénédiction du gouvernement après avoir usé et abusé des plans sociaux et de la rupture conventionnelle ne veulent plus embaucher de seniors. Et ce ne sont pas les formations alibis, les exonérations de charges sociales ou les primes à l'embauche qui changeront les choses.

Alors, qu'attendent le Président de la République et Xavier Bertrand pour convoquer les organisations d'employeurs pour leur demander d'appliquer ce que le Medef affirmait en 2008 : « Le MEDEF s’engage pleinement à tout faire pour augmenter le taux d’emploi des seniors dans le secteur privé (...) » Puis en 2009 : « (...) L’emploi et le maintien dans l’emploi des seniors font partie des objectifs prioritaires (...) Rompre avec la culture de la sortie précoce d’activité est une nécessité, ne serait-ce que pour faire face aux enjeux démographiques et préserver les régimes de retraite (...) Pour y parvenir, une véritable révolution des esprits a été ébauchée et doit se poursuivre (...) »

Mais probablement qu'ils ne le feront pas dans la mesure où ils continuent à vivre sur une planète où : « (...) la vérité, c'est que plus il y a de gens qui travaillent, plus on crée de richesses, plus il y a de croissance et plus il y a de travail pour tout le monde (...) » Comme le déclarait Nicolas Sarkozy en 2008 !

Néanmoins, hier matin, sur Europe1, Xavier Bertrand, entre deux voyages militants, a plaidé pour ... la patience et ... les heures supplémentaires défiscalisées ! Et oui, avec 4 103 700 personnes inscrites à Pôle Emploi, il y en a encore qui essayent de nous vendre le « travailler plus pour gagner plus » !


Crédit photo
Le Point

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9 réactions à cet article    


    • kilekoncuila kilekoncuila 29 juillet 2011 10:16

      Arf désolé je n’avais pas vu que c’était du même auteur.....
      Tout de même, pour réagir à l’article, ce qui devient inquiétant c’est que l’on est considéré comme senior, dans le milieu du travail ; à la quarantaine.
      Alors si on est considéré comme un jeune sans expérience jusqu’à 30 ans, et comme un senior à partir de 40 ans, et qu’il faille cotiser pendant plus de 40 ans, on va faire comment ?


      • jluc 29 juillet 2011 11:00

        le but est de créer une nouvelle catégorie de travailleurs pauvres : les seniors ! Des travailleurs de 50 à 67 ans en difficulté de trouver un emploi.
        L’intérêt :
        - ils acceptent plus facilement des bas salaires, et, par répercussion, font baisser les salaires sur tout le marché de l’emploi,
        - en prévention du risque de toucher une très faible retraite, les salariés seront incités à prendre des complémentaires retraites (chez Guillaume Sarkozy par exemple)


        • paul 29 juillet 2011 11:05

          Repousser l’âge de la retraite de deux ans, permet à ce gouvernement de différer le paiement des pensions . Mais il ramène, à bref délai , 40.000 séniors sur le marché du travail qui seraient
          déjà partis avant la réforme .
          Donc des pensions différées ( et raccourcies ) qui seront remplacées, au bout du compte, par des allocs chômage pour ces séniors en attente de ...retraite . La boucle est bouclée .


          • iris 29 juillet 2011 12:22

            et si les séniors qui ont toutes leur années de cotisations pouvaient partir à la retraite sans etre obligés de faire 8 trimestres de + ??
            ça permettrait à d’autres séniors ou jeunes d’acquérir des trimestres en travaillant-
            ç’est à croire que l’on veut nous faire mourir au travail lorsque l’on a la chance d’avoiir un et d’avoir surtout la sécurité d’un revenu-en contrepartie aussi du manque de liberté-et moment pour soi
            avoir la liberté sans salaire ou etre privé de liberté et pied et poings liés ?? that is the question


            • Prometheus Jeremy971 29 juillet 2011 22:30

              Je pense que c’est avant tout un problème culturel. Il y a une culture du recrutement en France qui exclut les moins de 25 ans, et les plus de 50 ans du marché du travail.
              Malgrès des codes du travail identiques ou presques on ne retrouve pas ce phénomène si appuyé en Allemagne,ou dans les pays scandinaves. Même aux USA, ou en Angleterre.
              C’est très difficilement explicable, et sûrement pour ça qu’aucune politique n’arrive à régler le problème.
              Pour ça que je pense que ce sont des motivations culturelles avant d’être des motivations économiques. L’exemple parfait du « recrutement culturel » à la française est celui de ces africains réfugiés politiques, docteur dans leur pays et à qui on propose en France des postes de balayeur. Malheureusement pour nous quand ils partent aux USA, ou aux Canada ils finissent ingénieur.

              On ne propose pas de postes aux juniors ni aux seniors non pas parce qu’ils seront mauvais à leur poste, ou « non rentables » mais parce que le DRH ou recruteur français va se baser sur ces préjugés pour analyser son rôle au sein de l’entreprise :

              Le jeune il va se mettre en arrêt maladie, il sera absentéiste, il démissionnera, voire piquera dans la caisse.
              Le vieux, il va aussi se mettre en arrêt maladie, il va demander des congés dès qu’il voudra voir ses petits fils, l’entreprise va lui payer sa retraite, « plus c’est vieux, plus c’est lent »

              Personnellement je pense qu’une souplesse du marché du travail, paradoxalement aurait dix milles fois plus d’effets bénéfiques en France que dans n’importe quel autre pays. Parce que là le drh de base pourrait se dire« je recrute un vieux mais demain je peux le virer si il me convient pas ». Ca va le rassurer, c’est que ça a un tempérament peureux le DRH français....


              • Blé 30 juillet 2011 04:46

                A partir du moment où les entreprises délocalisent, elles n’ont pas plus besoin de jeunes que de vieux. Elles n’ont besoin pas besoin de créer des emplois en France. Reste qu’en France il y a du travail mais pas d’emploi. Le gouvernement lorgne beaucoup sur le bénévolat pour « aider », pour combler les manques de personnel à peu près partout surtout dans le domaine de l’ aide à la personne.

                Une chose que je ne comprends pas bien. Avec le développement des outils modernes, des nouvelles technologies à peu près dans tous les domaines, est-il possible de donner un emploi à tous les actifs (ceux et celles en âge de travailler) sans réduire les heures hebdomadaires ?

                Il me semble que si le nombre d’heures hebdomadaires se limitaient à 28h, nous serions encore loin du plein emploi mais cela arrangerait bien la situation. Le travail n’est pas une charge pour le patronat mais un coût qui entre dans le prix de revient. Si je n’ai pas d’emploi, même la marchandise qui arrive de Chine (coût du travail moins cher) est encore trop chère pour moi. Par ailleurs la qualité n’étant pas au rendez-vous, il y a un gaspillage énorme.


                • kitamissa kitamissa 30 juillet 2011 09:50

                  il y a encore plein de métiers manuels où la technologie ne peut pas grand chose, et où le nombre d’heures n’est pas quantifiable comme un stock ...


                  que ce soit un plombier,un mécanicien,un maçon ,bref tous les métiers manuels,il n’y a pas d’appareil qui change un embrayage ou un joint de culasse....pas d’appareil qui monte un mur en pierre ou en briques ,pas de technologie pour installer un chauffage et poser les radiateurs ....

                  alors ,dans ce cas les 28 heures sont vraiment insuffisantes ,et comme maintenant,les principaux employeurs en France,sont les petites PME ou les SARL , faire 28 heures ,c’est impossible ,c’est la clé sous la porte tout de suite pour l’entreprise qui ne vit je le rappelle que par la souplesse de ses horaires et de ses prestations ..

                  ces 28 heures ne sont applicables que dans certains postes de la fonction publique ,et encore !......

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