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Accueil du site > Actualités > Economie > Octobre 1929-octobre 2008 : bon anniversaire la crise mais qu’en (...)

Octobre 1929-octobre 2008 : bon anniversaire la crise mais qu’en pensent Marx et Keynes ?

La crise financière actuelle montre, s’il le fallait encore, que la remise en cause radicale de notre système économique est d’une profonde modernité. Le capitalisme financier, arrimé sur la dérégulation, la privatisation à outrance, le tout marché et le libre-échange sans limites, a vu voler en éclat la suprématie que lui conférait son caractère prétendument « indépassable » ou « incontournable ».

Du 24 octobre 1929, le fameux « jeudi noir », au 24 octobre 2008, les places financières mondiales revivent le même cauchemar d’une crise contaminant progressivement l’ensemble de l’économie...

Le 24 octobre 1929 avait été marqué par la panique des investisseurs qui s’étaient précipités à la bourse. À la mi-journée, l’indice Dow Jones perdait déjà 22,6 %. La légende veut qu’en fin de matinée une dizaine de spéculateurs s’étaient déjà suicidés en sautant des gratte-ciel de Manhattan. Wall Street se redressera toutefois en clôture pour terminer sur une baisse de seulement 2,1 % grâce à l’intervention de plusieurs banques qui rachètent massivement des actions. Mais le répit ne sera que de courte durée et Wall Street s’effondre à nouveau les 28 et 29 octobre. Sur le mois, son recul atteint 30 % et en novembre la bourse américaine perd encore 50 %.

Le 24 octobre 2008, le krach qui frappe les places financières mondiales depuis la mi-septembre se déroule, quant à lui, dans le silence de salles de marchés informatisées et déjà traumatisées par plus d’un mois de crise boursière. Depuis début octobre, le recul du Dow Jones atteint plus de 20 % et il approche les 40 % depuis le début de l’année.

L’économie américaine ne sortira de la crise de 1929 que par une politique de dépenses publiques et d’intervention du gouvernement dans la vie économique avec le New Deal du président Franklin D. Roosevelt lancé en 1933.

79 ans plus tard, ce sont à nouveau les pouvoirs publics qui renflouent à coup de centaines de milliards d’euros les banques et systèmes financiers en pleine débandade.

Peu sont ceux qui ont vu dans la crise des crédits hypothécaires subprimes aux États-Unis le talon d’Achille d’un système financier étroitement dépendant de produits financiers de plus en plus complexes.

L’ex-président de la Banque centrale américaine lui-même, Alan Greenspan, encensé quelques années plus tôt pour sa politique monétaire très flexible et génératrice de croissance, n’hésite pas à parler de « tsunami » financier pour décrire la situation et s’avoue surpris par l’ampleur de la déroute…

Nicolas Sarkozy, président de la République et président en exercice de l’UE, réactualise ses références économiques et en appelle à Jaurès, Keynes, aux fonds souverains devant « la dictature des marchés »…

Pas question pour autant, à partir de ces déclarations, de se frotter les mains car aucun des grands pays de la communauté internationale n’envisage vraiment de prendre, ni même de proposer, les décisions qui s’imposeraient. Aucune proposition sur l’interdiction des paradis fiscaux (48 au total dans le monde selon l’ONU dont plusieurs au sein même de l’Europe et de la France...), aucune critique sérieuse des Chambres de compensation internationales (Euroclear ou Clearstream), des ventes à découvert, titrisations ou autres produits dérivés.

Plus grave encore, Nicolas Sarkozy et les autres dirigeants européens prennent les citoyens pour des imbéciles en expliquant que leur plan d’action ne coûtera rien aux contribuables.

L’essentiel est occulté, à savoir que ce sont les catégories les plus modestes et les peuples du Sud, déjà durement touchés, qui seront les premières victimes de la récession économique. Les dégâts risquent d’être considérables et, si les puissants de ce monde en portent la responsabilité, les mouvements politiques de gauche qui travaillent à la définition d’un autre modèle de développement sont interpellés.

Mais la social-démocratie européenne et le PS en particulier, ayant participé largement, au pouvoir, à cette dérive libérale, restent incapables de faire une analyse sérieuse. Bertrand Delanoë, possible candidat à la prochaine élection présidentielle s’est même proclamé « libéral-social » et Dominique Strauss-Kahn, patron du FMI, vient de proposer aux dirigeants américains, britanniques et français, ravis, une théorie sur les « nationalisations provisoires » ! Quant à Pascal Lamy, autre membre éminent du PS et directeur de l’OMC, institution internationale qui ruine et affame les pays du Sud, on frémit quand on se souvient qu’il était l’un des premier-ministrables de Ségolène Royal...

Aujourd’hui, l’analyse que l’on peut faire du capitalisme, notamment dans sa phase néolibérale actuelle, prend souvent appui sur deux auteurs fondamentaux que sont Karl Marx et John Maynard Keynes, dont les écrits sont indispensables pour saisir la globalité de la crise financière et économique que nous vivons.

Si Marx nous aide à comprendre que la financiarisation a été rendue possible par une détérioration du partage de la valeur ajoutée (ce qui signifie exploitation accrue du travail), Keynes a montré que le marché ne pouvait pas s’autoréguler.

Un chercheur vient d’exhumer une correspondance que l’on croyait perdue entre Marx et Keynes. Imaginaire ? Sans doute, mais cet échange de lettres pour un anniversaire de crise est très instructif…

Cambridge, le 24 octobre 2008

Mon cher Marx

En ce jour du 79e anniversaire du jeudi noir de 1929, je dois reconnaître que vous m’avez bluffé. A vrai dire, je ne croyais pas à une nouvelle crise. J’avais si méthodiquement décortiqué l’incapacité du marché à produire un équilibre de plein emploi que j’avais amené tous les gouvernements du monde à plus de sagesse : aucun n’aurait laissé s’envenimer une crise sans réagir. Je dormais sur mes deux oreilles et je n’étais pas peu fier d’avoir réussi à vous faire oublier, vous la Statue du Commandeur cherchant à entraîner le capitalisme dans les flammes de l’enfer.

Pourtant, les esprits animaux, que je décrivais dans ma Théorie générale, ont repris le dessus. Banquiers et rentiers, ceux-là mêmes auxquels je promettais l’euthanasie, se sont gobergés pendant des années. Et, quand la bise fut venue, comme dirait ce french fabuliste, ils furent fort dépourvus en s’apercevant qu’ils ne pouvaient pas tous retrouver leur liquidité simultanément. Et ceux qui en détenaient encore ont marqué leur préférence pour elle et refusé d’endosser des titres dévalorisés, véritables junk bonds.

Du temps de ma jeunesse, le secteur de l’automobile commençait à inonder le marché américain d’automobiles rutilantes, mais, la demande n’ayant pas suivi, la dépression n’était pas loin lorsqu’un endettement colossal a fait exploser la bulle financière. Depuis 2001, les Américains ont eu un recours à un endettement tout aussi dangereux. Rendez-vous compte : se prenant pour un gourou infaillible et porté aux nues par une bonne part de ceux qui prétendaient se réclamer de moi, Mr Alan Greenspan a déversé du crédit sans compter, en oubliant que la création monétaire doit anticiper une production réelle. Et son successeur, considéré comme le meilleur connaisseur de la crise de 1929, Mr Bern Bernanke a continué à savonner la planche. Pendant ce temps, les salaires baissaient dans la valeur ajoutée. Avec l’abolition des frontières et l’intégration financière, la crise ne pouvait que gagner le monde entier.

Mon cher Marx, avec beaucoup de retard, je reconnais mon scepticisme à votre égard, emporté par mon goût pour les classes cultivées. Ah ! Si vous aviez connu les délices de nos échanges, de tous ordres, dans le Bloomsbury Group, au sein duquel brillait Virginia Woolf, je suis persuadé que vous en auriez oublié votre furonculose. Mais, loin de moi l’idée de vous entretenir de ces mondanités, qui furent, il est vrai, l’essence de ma vie après que j’eus compris les futilités de la bourse. Je tenais, cher Marx, à vous questionner.

Je concède que vous aviez raison : le capitalisme semble irréparable. Mais, comment envisagez-vous une sortie définitive des frasques de ce système, au vu de l’expérience soviétique calamiteuse ? Car vous m’accorderez, j’espère, que vos épigones ne vous ont guère servi.

Mon cher Marx, le destin nous a séparés, sans doute Londres était-elle trop éloignée de Cambridge, à moins que vos furoncles et mon goût de la littérature ne nous aient placés de part et d’autre d’une frontière, comme dites-vous, de classe, n’est-ce pas ? Il n’empêche, nous sommes les seuls à avoir saisi l’essentiel, cela devrait nous rapprocher sur la suite à donner. Permettez-moi de joindre à cette lettre mes Perspectives économiques pour nos petits-enfants qui devraient vous agréer

A vous lire, mon cher Marx,

Votre dévoué,

John Maynard Keynes




Londres, le 24 octobre 2008

Mon cher Keynes,

Je vous avoue que mon premier mouvement, en découvrant votre lettre, fut de savourer ma revanche. Vous qui m’avez subtilisé une part importante de mon œuvre immense, en feignant de ne m’avoir jamais lu, vous prenez maintenant le chemin de Canossa. Car où avez-vous trouvé, sinon dans mon Capital, l’accumulation, le travail comme seul facteur productif, la possibilité des crises, l’inanité de la loi des débouchés de cet imbécile de Say, le rôle de la thésaurisation que vous avez rebaptisée préférence pour la liquidité, et même le rôle de la monnaie dont les ignorants vous décernent la paternité ? Allez, encore un effort, cher Keynes, la monnaie transformée en capital par la vertu de l’exploitation de la force de travail ! Je souris aux euphémismes modernes sur le « partage de la valeur ajoutée ».

Mais venons-en à votre question. Je vous concède avoir été léger avec un problème crucial, celui de la transition du capitalisme vers une organisation sociale favorable à l’émancipation humaine. Et les brutes du Kremlin ont eu, eux, la main très lourde.

Il convient d’abord que nous prenions la mesure de la mondialisation capitaliste, que j’avais, avec mon ami Engels, parfaitement analysée dans mon Manifeste, cette mondialisation dont la crise n’est que l’aboutissement. L’impossibilité radicale pour tous les capitalistes de liquider en même temps leur patrimoine financier, que vous avez bien repérée, renvoie au caractère fictif de l’excroissance du capital financier. Ce que les petits jeunots d’Attac appellent la financiarisation est l’exacerbation de l’exploitation des travailleurs que permet la liberté totale de circuler dont jouit le capital. Le capitalisme n’est pas le marché, c’est le rapport capital-travail.

Je vous entends déjà plaider en faveur de la régulation. Parlons clair et parlons vrai. Je cède sur le mot, à condition que nous prenions les choses à la racine. Sinon, les sirènes chanteront qu’il y a un bon capitalisme caché derrière la finance vorace. Or, souvenez-vous toujours que ce système plonge l’humanité dans les eaux glacées du calcul égoïste. Que faire alors, dites-vous ?

Primo, on supprime la liberté du capital et on garantit toutes les libertés démocratiques, rien que pour conchier toutes les bureaucraties. Deuzio, on plafonne tous les hauts revenus et on prend le surplus pour financer des investissements publics (à ce sujet, j’adore votre multiplicateur d’investissement et ne regrette qu’une chose, ne pas y avoir pensé). Tertio, on instaure la propriété sociale des biens essentiels à la vie et la gestion collective du crédit, et on réfléchit sérieusement à réorienter la production vers de l’utile et non vers des dégâts. Voilà une chose que je n’ai pas inventée, le mot « écologie », bien que j’aie écrit que le travail était le père de la richesse et que la terre en était la mère.

Mon cher Keynes, j’ai lu vos Perspectives économiques pour nos petits-enfants et cela m’a bien plu. Un soir de beuverie dans une taverne londonienne, j’aurais pu le signer. Mais il fallait bien que je vous laisse quelque chose. Bon, il est certain qu’à la City et à Wall Street où l’on me lit régulièrement – si, si, je vous assure – les valets du capital tremblent. Ils trembleraient bien davantage s’ils savaient où nous voulons les conduire : à la reddition.

Je vous promets, mon cher Keynes, de ne plus me moquer de vos manies régulatrices. Mais rappelez-vous : réguler sans transformer n’est pas régler. Parlez-en dans votre Bloomsbury Group. Encore un cercle que j’ai raté à force de m’occuper de la quadrature.

Votre dévoué,

Karl Marx


http://www.france.attac.org


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81 réactions à cet article    


  • Christophe Christophe 5 novembre 2008 12:15

    @L’auteur,

    Pour illustrer votre propos sur les paradis fiscaux dans l’Europe, avant l’entrée de la Suisse dans l’espace Shengen, ce rapport de l’assemblée nationale en fait un bilan principalement dans le but de lutter contre la délinquance financière et le blanchiment de capitaux.


    • philbrasov 5 novembre 2008 13:35

      c’est qui ces types... ??
      Ah oui, on en parle dans les salons viellissants de la vielle europe.... nostalgique du passé.


      vielle querelle socialo-communiste, dont tout le monde se fiche....



      • Albert Ricchi Albert RICCHI 5 novembre 2008 22:16

        @ Phil Brasov


        "On en parle dans les salons vieillissants de la vieille Europe...., vieille querelle socialo-communiste, dont tout le monde se fiche.... "


        Drôle d’argument tout de même à un moment où tout le monde parle notamment de Keynes, de régularisation du marché, de la gauche à la droite en passant par Nicolas Sarkozy et Barak Obama !

        Etes-vous sûr de ne pas être un partisan non avoué du tout marché, du libre-échange sans limites et du maintien des paradis fiscaux dans le monde et en plein cœur de la vieille Europe ?


        Salutations keynésiennes


        Albert


      • Le péripate Le péripate 5 novembre 2008 14:09

         Et pourquoi pas Moïse ? 

        La crise de 29 mériterait de ne pas être expliqué à l’aide de la pauvre doxa keyneisienne. 
        En particulier, il est faux de dire que c’est Roosevelt qui a redressé le pays, il l’y a au contraire maintenu, et enfoncé encore plus fort. Même la guerre n’avait pas été suffisante, et c’est Truman qui a démonté une large part des quelques 300 administrations kafkaïennes crées par Roosevelt qui a redonné un peu d’air aux USA.


        • Jean-Paul Doguet 5 novembre 2008 15:42

          @peripate
          Ce que vous écrivez est une sottise simplette et révisioniste qui se répète dans des milieux républicains, et une sottise qui n’est pas neutre parce qu’elle renvoie à l’idée implicite que le secret du redressement économique est dans les dépenses militaires et non dans les grands travaux et la relance de la demande interne. Lorsque l’Amérique est entrée en guerre en 1941, elle avait en grande partie surmonté la crise. Il est vrai bien sûr que la guerre a fait le reste et qu’après 45 le libre échange et le plan marshall ont consolidé la croissance, mais quand Truman est devenu président en 1945 la crise appartenait au passé. 

          Voici des chiffres pour votre gouverne (source : Bureau of Census, Historical statistics) 
          Revenu national américain en milliers de $ : 1929 : 87,6 1933:40,2 1939 : 72,8 1945 : 215
          Indice du volume de production : 110 en 1929, 58 en 1932, 109 en 1939, 239 en 1944.
          Chômage en M : 1,4 en 1929 12,6 en 1934 8,8 en 1939 1M en 1945
          Excédent du Commerce extérieur (en M de $) : +841 en 1929, +33 en 1936 + 1134 en 1938 + 4M en 1945.

          Donc ne dîtes pas de bétises sur Roosevelt merci. 


        • Le péripate Le péripate 5 novembre 2008 17:23

           Vous ne m’avez pas lu. Ce n’est effectivement pas la guerre qui a redressé la situation. Et puis, j’en ai un peu assez de répondre à des gens qui n’ont que des mots comme "sottise" à la bouche pour qualifier les propos d’autres gens.


        • sisyphe sisyphe 5 novembre 2008 20:24

          par Le péripate 								 (IP:xxx.x64.157.86) le 5 novembre 2008 à 14H09 				 				
          				

          								
          				
          					 Et pourquoi pas Moïse ?

          Qui, Moïse ? 
          Celui dont vous ne cessez, Péripate, de louer les "commandements " divins ? 
           smiley


        • ZEN ZEN 5 novembre 2008 14:19

          Et pourquoi pas Péripate ?

          Il a les solutions...


          • finael finael 5 novembre 2008 18:01

            Et il est peut-être bon de rappeler qu’Adam Smith lui-même, sur la fin de sa vie, revenait de ses théories libérales et de l’autorégulation des marchés à cause de "l’avidité des riches"

            De même, sur la durée, le capitalisme n’a été qu’une suite de crises, entrecoupée de brêves périodes de prospérité - ou plutôt d’améliorations - pour la grande majorité.

            Mais ces améliorations ont été dues à des facteurs internes : luttes ouvrières et syndicales ; ou externes : existence d’un autre modèle.

            C’est pourquoi depuis 30 ans le capitalisme a systématisé l’atomisation des "classes laborieuses" en les dispersant suivant le statut, l’origine ethnique, le sexe, ... Favorisé en celà par la monopolisation des médias, l’omniprésence d’une pensée unique relayée par des "zexperts" tous formés à la même école.

            Et que dans le même temps le contrôle des "citoyens" a connu un accroissement exponentiel.

            "Le pire des esclavages est de ne plus se rendre compte de l’existence de ses chaines"


            • Le péripate Le péripate 5 novembre 2008 18:05

               Bref résumé de la présidence Roosevelt.

              Tranche marginale d’imposition relevé à 90% !
              Démonétisation de l’or.
              Face à la faillite des banques, il en fait fermer. Panique. 2000 fermetures supplémentaires.
              Dépenses budgétaires qui montent à 83% entre 33 et 36.
              Dette fédérale qui monte à 73%.
              Instauration d’un salaire minimum qui aggrave la situation du marché du travail.
              Glass steageal Act, qui interdit la diversification des banques. Encore plus de faillites.

              National Industry Recovery Act, cogestion des entreprises par gouvernement et les syndicats (comme dans l’Italie fasciste). Dans les 6 mois après la promulgation, la production chute de 25%. Tarifs contrôlés, méthodes musclées.
              230 administrations diverses et variées crées, à l’utilité douteuse.
              200 000 grands projets qui n’aboutirent jamais (ponts dans le vide, etc...)
              Chômage qui reste à 15%, et qui remonte à 18% juste avant guerre.
              Cerise sur le gâteau, création de Fanny Mae, ça vous dit quelque chose ?

              Voilà quelques sottises.


              • Jean-Paul Doguet 5 novembre 2008 18:42

                @paripate
                "il est faux de dire que c’est Roosevelt qui a redressé le pays, il l’y a au contraire maintenu, et enfoncé encore plus fort."

                Est-ce que vous rendez compte qu’objectivement vous écrivez n’importe quoi ? Comparez l’Amérique quand il a été élu président en 1932 (pour entrer en fonction en 33) et quand il est mort en 1945. Le reste est de la divagation malhonnête. 


              • Le péripate Le péripate 5 novembre 2008 18:53

                 J’admire Roosevelt pour le rôle qu’il a joué dans le sauvetage de la démocratie en Europe. Pour le reste, je maintiens. Arguments à l’appui. Et je ne traite personne de malhonnête, ni de sot, ni de révisionniste. Maintenant, vous en faîtes ce que vous voulez. Je ne sais pas si avez déjà essayé de convaincre quelqu’un dans une réunion publique, mais vous vous y prenez très mal. Ce ne sont pas des manières.


              • JL JL 5 novembre 2008 19:07

                Je crains que péripate ne se rend pas compte qu’objectivement il écrit n’importe quoi , hélas


              • Le péripate Le péripate 5 novembre 2008 23:33

                 Oui, c’est n’importe quoi. Il vaut mieux. Dormez maintenant.


              • Gilles Gilles 6 novembre 2008 11:13

                ce qui ne plait pas au Péripate sont ses fondamentaux qu’il annone à longueur de post, quelque soit le sujet, la situation.

                • Plus d’impôts
                • Plus d’interventionisme d’état dans l’économie
                • Plus de droits sociaux

                un résumé de ce qu’il critique ci-dessus dans l’action de Roosevelt

                Voilà pourquoi il n’aime pas Roosevel. Aprés le reste, pffff, de toute façon pour lui toute politique en ce sens est forcément mauvaise à la base. La recette du dogmatisme pur et dur

              • Le péripate Le péripate 6 novembre 2008 11:49

                 J’ai pourtant écrit que je l’admirais pour le sauvetages de nos démocraties. Et cherchez bien les droits sociaux de Roosevelt. Bon courage. (ah, oui le syndicalisme musclé, un droit social. MDR)


              • Gilles Gilles 6 novembre 2008 15:42

                Je réagissais juste à ce que vous avez écrit plus haut et ce que vous dîtes d’habitude, qui tient toujours de la même rhétorique

                Je n’ai qu’une connaissance limité de l’ère Roosevelt et je ne vous fais pas confiance ;Vous avez, comme beaucoup ici, l’art de "prouver" vos assertions par des chiffres invérifiables et./ou incroisables


              • Le péripate Le péripate 6 novembre 2008 15:49

                 Vous avez bien raison de ne pas me faire confiance. Peut-être vous êtes sage, finalement.


              • Le péripate Le péripate 5 novembre 2008 18:17

                Et voilà une histoire "révisionniste" de la crise de 29.
                 En 1913, l’état US met fin au système de monnaie privée qui prévalait jusque là dans de nombreux états de l’union, afin de pouvoir financer par la planche à billets les déficits d’une guerre mondiale qui s’avérait inévitable.

                 

                Après guerre, la FED manque de maitrise de son nouveau jouet, et augmente trop vite les émissions de dollars, par une politique de taux faibles, pour "soutenir l’expansion économique" des "roaring twenties". Il en résulte une bulle d’actifs, laquelle oriente l’argent trop facilement gagné, entre autres, sur les marchés d’actions, en plein boom.
                L’expansion monétaire provoque des craintes inflationnistes : en 1928, la FED décide d’opérer une vaste contraction monétaire qui aboutira à la disparition sur 3 ans de près du quart de la monnaie en circulation. Un tel rationnement conduit à la pénurie, dont le krach d’octobre 29 ne fut que la première manifestation, mais pas la cause.

                 

                 

                 

                L’événement qui met le feu aux poudres est l’entrée en discussion d’une loi protectionniste, le smoot hawley act, qui fait anticiper aux acteurs de marché une contraction du commerce mondial, provoquant les premières hésitations de la bourse puis la panique boursière que l’on sait.

                 

                La loi sera finalement votée en 1930. Elle prévoit une augmentation des droits de douane sur plus de 3000 produits. En représailles, de nombreux pays adoptent des lois similaires. Les volumes d’échange sur les produits considérés sont massacrés. L’agriculture US, ou les constructeurs automobile, perdent tous leurs débouchés à l’export. Les surplus agricoles invendus provoquent une chute des prix des deux tiers, poussant des milliers d’agriculteurs à la faillite. La production automobile est divisée par 4 entre 1929 et 1932.

                 

                Inquiet de la perspective de voir les salaires baisser, puisque les entreprises ne pouvaient payer, Hoover convoqua une conférence entre syndicats et patronats, qui aboutit à limiter autoritairement les baisses de salaire bien en dessous de celles enregistrées par les prix. cela entraîna un renchérissement de la main d’oeuvre qui aboutit à pousser hors du marché du travail des quantités d’employés.

                 

                Hoover augmenta considérablement les dépenses de l’état fédéral, de 16 à 21% du PIB, et distribua des "aides" et "soutiens" à qui mieux mieux. Pour ce faire, il multiplia les nouvelles taxes. Même les chèques furent taxés, ce qui eut pour effet de restreindre les opérations financières.

                 En 1932 Hoover augmente le taux marginal d’imposition de 24% à 63% !

                 

                Résultat, le taux de chômage passa de 3% en 1928 à 25% en 1933... Et encore, nombre de salariés touchaient leurs salaires très en retard. Les collectivités locales, entre autres, ne pouvaient plus payer leurs personnels.

                J’aime bien les sottises révisionnistes. Et pas les terroristes de la pensée.


                • Adrian Adrian 5 novembre 2008 18:52

                  Une chose positive du New Deal : la liberté syndicale.


                • ZEN ZEN 5 novembre 2008 19:51

                  Péripate en est réduit à pomper... ?
                  C’est pas beau ça !
                  Moi qui croyais qu’il pensait (un peu) par lui-même...


                • sisyphe sisyphe 5 novembre 2008 20:03

                  Péripate ne recule devant aucune désinformation, aucune contre-vérité, aucun mensonge, pour essayer de justifier à tout prix la confusion volontaire qu’il entretient entre une "pensée philosophique libérale", et le système ultralibéral qui est l’exact contraire de la liberté qu’il proclame à grand cris. 

                  Péripate est un égotiste , qui fait l’impasse totale sur la réalité du monde ; réalité économique, politique, sociale, écologique, humaine, pour honorer les dogmes qui structurent sa pensée narcissique. 

                  Péripate est un mafieux par égotisme. 


                • ZEN ZEN 5 novembre 2008 20:40

                  Intéressant de voir le lien entre V.Bernard et l’institut Hayek


                • sisyphe sisyphe 5 novembre 2008 20:57

                  Petite prose recueillie dans le "manifeste" de l’Institut Hayek :

                  L’émergence d’une force authentiquement libérale doit passer par une révolution des esprits. F.A. Hayek affirmait que notre langage est empoisonné : le simple fait d’adosser le mot "social" à des notions aussi fondamentales que la politique, la justice, l’économie, le libéralisme conduit instantanément à vider ces dernières de toute substance, les renvoyant à une sorte de magma grisâtre et insignifiant. Il faut cesser de s’exprimer (et donc de penser) avec le vocabulaire et les concepts de l’adversaire. Pour lutter à armes égales contre le "prêt-à-penser" et le moralisme ambiant de la gauche bien-pensante, il est impératif que les libéraux opèrent un travail sur eux-mêmes. Cela doit passer par une redécouverte de cette riche tradition trop souvent ignorée. Il ne s’agit pas d’exhumer certaines valeurs poussiéreuses et brandir ces dernières telles quelles. La fidélité à une tradition faillit à sa tâche lorsqu’elle se contente de répéter cette dernière de manière mortifère. Etre fidèle, c’est prolonger cette tradition et la faire évoluer.

                  (...)

                  C’est là la vocation de l’Institut Hayek.

                  L’Institut Hayek est un think tank, c’est-à-dire un centre d’études regroupant différents universitaires et dont le dessein est d’influer significativement sur la vie sociale, politique et économique. Il publicise les opinions et analyses de ses membres principalement par voie de presse et au travers de diverses activités (colloques, pétitions, mobilisations, etc.).


                  Ce qui s’appelle avoir peu de suite dans les idées...
                   smiley smiley


                • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 5 novembre 2008 23:03

                   Ah ben, quand c’est pas le Mossad, c’est l’Institut Hayek. C’est fou le monde qu’il y a sur l’Agora.


                • Le péripate Le péripate 5 novembre 2008 23:12

                   Il y en a qui croît entendre le mot "diable" quand ils entendent Hayek, et ça leur suffit.
                  Professeur Zen, "pomper", quand le texte est en italique, ça s’appelle citer. Moi, c’est Hayek, d’autre Michéa, d’autres les communiqués d’Attac.
                  Il y a ici un site qui vous intéressera. Il y a tout ce que vous aimez, en couleurs. 


                • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 5 novembre 2008 23:21

                   smiley
                  Zen lit Le Monde diplomatique, il n’a pas encore fait le rapprochement avec Alain Gresh. Il ne faut pas leur en vouloir, ils ne savent pas ce qu’ils font...


                • ZEN ZEN 5 novembre 2008 23:22

                  Péripate
                  Hayek , je l’ai lu. Combien de fois l’ai-je dit...
                  Le "diable". Non, une pensée parfois stimulante, mais le plus souvent erronnée. On en a souvent parlé. Ne faites pas semblant...
                  "En italique" , ? ah bon ! je ne vois pas, juste une réduction, sans guillements ni sources...


                • ZEN ZEN 5 novembre 2008 23:24

                  Cosmic
                  Savez-vous de quoi vous parlez ?...


                • Le péripate Le péripate 5 novembre 2008 23:29

                   Vous ne voyez pas ... je m’en doutais....


                • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 5 novembre 2008 23:30

                   Je commence à le savoir chaque jour un peu mieux, Zen, bien que je sois lacunaire sur pas mal de sujets, en particulier l’économie, je l’avoue sans honte car j’aime apprendre.

                  Etes-vous allé faire un tour sur voxnr ? Etes-vous renseigné sur les idéologies qui prédominent ou s’insinuent, désignant ce Grand Coupable qu’est le libéralisme, "apatride", "invisible" et "dévorateur des enfants du monde". Ca ne vous rappelle rien ? Fréquentez les sites malfamés, les forums populaires. Lisez les "auteurs" de la "nouvelle génération". Et à propos, que pensez-vous de cette "résistance à l’ordre mondial" et de la littérature mise en lien par le Péripate ? Des objections ?


                • Le péripate Le péripate 5 novembre 2008 23:41

                   Ils fuiront. Se débarrasseront par un haussement d’épaules. Diront "sottises", "Friedeman/Pinochet", etc..... Un insultera, l’autre persiflera et le dernier insinuera....


                • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 5 novembre 2008 23:49

                   Oui... Quel silence, d’ici là...


                • sisyphe sisyphe 6 novembre 2008 08:09

                  Hola !
                  Mais les Bonnie and Clyde du Hayekisme sont toute propagande dehors !  smiley
                  Avec amalgames, confusionnisme habituels, et, surtout, la constante référence à leur catéchisme. 

                  C’est marrant, parce que, sur tous les sujets de leurs interventions,( même l’histoire des OGM), il y a une fidélité absolue aux préceptes et dogmes de leur bible. 

                  Et ça vient se revendiquer de la liberté, quand ça ne fait, constamment, que se référer aux divins commandements de leur livre sacré  ! smiley

                  Ca ne vous arrive jamais de regarder le monde autour de vous, d’’y voir les dégats causés par vos dogmes idéologiques en action, d’essayer de faire un constat de la réalité, au lieu d’être constamment dans le déni, totalement conditionné par la sainte parole de votre secte ? 

                  Mis à part l’égotisme et la mégalomanie de vivre le sentiment d’être au dessus de la plèbe, la grisante fierté du seul contre tous, de faire partie d’une élite, la constante célébration du moi totalement boursouflé, ça ne vous arrive jamais, les Bonnie and Clyde, d’être rattrapés par la simple réalité, de vous débarrasser de vos oeillères idéologiques, de vos postures philo-métaphysico-sectaro-théorico-fumeuses, et de, simplement, regarder le monde autour de vous, de vous poser quelques questions, de PENSER PAR VOUS-MEMES ??

                  Jamais questionné sur le fait de n’être que l’écho de la voix de vos maitres à penser, d’être dans le droit fil de ce prêt-à-pênser d’où pas une tête ne doit dépasser, d’être totalement conditionné par les dogmes de vos saintes écritures, d’adopter docilement toutes les positions de vos gourous, quand le monde, à chaque instant, où que l’on regarde, vous prouve l’inanité de ces analyses  ? 

                  Conditionnés et fiers de l’être, totalement dénégateurs du réel, emprisonnés dans des positions rigides et systématiques : l’exact contraire de la LIBERTE dont vous faites mine de vous revendiquer ; ça ne vous pose jamais de cas de conscience ? 

                  Je comprends, finalement, (outre le total égotisme de Péripate), que la danseuse comique évoque, sans trop savoir ce que c’est, le concept de psychose ; il semble, effectivement, que ce soit la seule explication à suivre aveuglément l’enseignement d’un dogmatisme sectaire, totalement dénégateur de la réalité, en s’y confortant de son aveuglement.

                  Alors, je me répète, sans aucune injure, avec un simple constat ; vu les dégats engendrés par les enseignements de votre catéchisme, vu votre souhait d’aggravation des choses, uniquement par souci de conformité à votre enseignement sectaire, vu votre dénégation constante des effets de vos intangibles principes sur la marche du monde, et les degats qu’ils font subir à la très grande majorité des citoyens du monde, vous êtes les complices des mafias qui mettent cettte planète en coupe réglée, qui sont à l’origine de l’aggravation des inégalités, de la misère, de la faim, de la privatisation du vivant ; vous êtes des êtres dangereux, les ennemis de la justice et de la liberté :
                  vous êtes des crapules libérales.








                • Le péripate Le péripate 6 novembre 2008 08:21

                   Oui, bien sûr. Sisyphe. Crapules libérales. Tu devrais aller donner un coup de main à un pote à toi, qui dit tout comme toi, vous devriez vous entendre. Lui non plus n’aime pas les crapules libérales. Amusez vous bien ensemble. smiley


                • sisyphe sisyphe 6 novembre 2008 08:42

                  Tttt ttttt tttt....
                  N’essaie pas de t’en tirer de nouveau par un amalgame, mon vieux ; moi, je pense par moi-même, et l’article auquel tu fais référence ne me concerne en rien. 

                  Si un tas de gens, d’horizons de pensée différents, se rejoignent sur un diagnostic, et d’une, ne procède pas par amalgame et confusion comme moyen de défense, interroge-toi plutôt de savoir s’il n’y a pas, là, derrière ta fidélité sectaire à tes dogmes, un fond de vérité, et de deux, essaie de répondre par des arguments ; non pas théoriques, en rapport à tes saints commandements, mais par rapport à la réalité. 
                  Malheureusement, je crois que tu es trop formaté, trop égotiste, pour que ça te soit encore possible. 

                  Tu nous l’as dit ; pour structurer ta pensée, tu as besoin de te référer à des idoles, des modes de pensée prè-machés, des idéologies sectaires : tu es passé de l’une à l’autre, sans jamais passer par la case départ de ta réflexion personnelle au monde : tu n’es que l’écho de dogmatismes nuisibles, narcissiquement conforté par ton sentiment d’être un être supérieur, quand tu ne fais que penser en rond, dans le cercle vicieux d’une idéologie surannée et nocive. 

                  Tu es, je te le répète, c’est pour ton bien, le petit valet docile de maîtres à penser nuisibles, tu es le membre d’une secte qui a supprimé toute faculté de penser par toi-même, une sorte de Père Ubu tragique, tu es une crapule libérale ; point barre.



                • Le péripate Le péripate 6 novembre 2008 08:54

                   Cette rhétorique est stupide. Il faudrait donc jamais n’ouvrir un livre, jamais même ne dialoguer avec quiconque, de peur d’être accusé d’avoir un maître à penser. 

                  Et ce je ne fais aucun amalgame : la comparaison s’impose, les références sont les mêmes, les thèmes identiques. Vous êtes les mêmes.


                • JL JL 6 novembre 2008 08:58

                  @ Cosmic, et accessoirement Péripate : oui j’ai visité voxnr. J’y ai trouvé notamment ce texte  :


                  2008 "La crise financière de l’automne 2008", Alain de Benoist .

                  On y lit ceci : ", il est d’un irrésistible comique de voir ceux qui n’ont cessé de gloser sur les mérites de la " main invisible " et les vertus du marché " autorégulé " (" c’est le marché qui doit s’occuper du marché ", lit-on régulièrement dans le Financial Times) se précipiter vers les pouvoirs publics pour demander leur recapitalisation ou leur nationalisation de fait. C’est le vieux principe de l’hypocrisie libérale : privatisation des bénéfices et socialisation des pertes…. On voit maintenant comment les adversaires du " big governement " se tournent vers l’Etat quand ils sont au bord de la faillite … " Le capital ressent toute limite comme une entrave ", disait déjà Karl Marx. La logique de l’accumulation du capital, c’est l’illimitation, le refus de toute limite, l’arraisonnement du monde par la raison marchande, la transformation de toutes les valeurs en marchandises."


                • Le péripate Le péripate 6 novembre 2008 09:18

                   Oui, JL. Je suis certain que vous n’en changerez pas une virgule. Et il y en a beaucoup d’autres de la même eau, des articles sur les forums sociaux, etc. Vous avez de nouveaux copains. Bonne lecture.


                • JL JL 6 novembre 2008 09:36

                  @ Péripate, je préfère lire ceux qui me contredisent, c’est pourquoi je vous lis d’ailleurs. Et vous ?

                  Vous n’avez toujours pas lu Ni dieu ni maître. Vous n’êtes pas curieux de savois si un article que je vous conseillais, ainsi que Zen, et qui plus est, édité par Le Monde diplomatique dit comme vous ou le contraire ?

                  Non, vous n’êtes pas un intellectuel, vous êtes un prosélyte.

                  Je note d’ailleurs qu’en réponse à ce post, vous aviez parlé de botter en touche. De l’esprit d’à propos tout de même donc, mais qui vous joue des tours.

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