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Accueil du site > Actualités > Economie > Offre raisonnable d’emploi : le Danemark mis hors jeu

Offre raisonnable d’emploi : le Danemark mis hors jeu

Fusion ANPE-Unedic, offre raisonnable d’emploi... Le moins que l’on puisse dire est que le modèle danois de marché de l’emploi ne fait plus recette en France à l’heure où le taux de chômage au Danemark n’a pourtant jamais été si bas (1,6 %).

Récemment adopté par l’Assemblée nationale, le texte de loi sur les « droits et devoirs des demandeurs d’emploi » a coïncidé avec la publication du rapport « Accompagner vers l’emploi : les exemples de l’Allemagne, du Danemark et du Royaume-Uni », rédigé par les services d’Eric Besson, secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, de l’Evaluation des politiques publiques et du Développement de l’économie numérique.

D’une qualité indéniable, ce rapport met toutefois le Danemark hors jeu lorsqu’il s’agit d’opérer une comparaison avec la France en termes d’emploi « convenable ». Il faut en chercher la raison dans l’annexe 1 : « La notion d’emploi convenable a été abandonnée en 2003.

Dans la pratique, les agents du service public de l’emploi utilisent cependant certains critères d’appréciation qui sont liés à : la nature de l’emploi, le temps de trajet que l’emploi exige, etc. ». Difficile de faire mieux pour botter en touche...

Que s’est-il donc passé en matière d’emploi au Danemark en 2003 ? Réponse : la mise en oeuvre d’un plan, intitulé « Plus nombreux au travail », adopté fin 2002 à une écrasante majorité incluant deux des trois grands partis d’opposition (au moment de la rentrée parlementaire et pas en plein été...), et basé sur l’idée qu’il existe une réserve importante de main-d’œuvre parmi les demandeurs d’emploi dans laquelle il faut “puiser” afin de contribuer à pérenniser l’Etat-Providence danois.

Outre un suivi plus strict des demandeurs d’emploi, ce plan s’est traduit par la fin d’une distinction scabreuse entre une « offre d’emploi convenable », que le chômeur était tenu d’accepter au cours des trois premiers mois de chômage, et une « offre d’emploi raisonnable », à laquelle il devait également répondre positivement une fois passé ce délai. Cette dernière n’a toutefois pas disparu, l’accord de 2002 stipulant que le demandeur d’emploi se doit d’accepter un « emploi raisonnable dès le premier jour au chômage ».

Sa définition est volontairement large : elle correspond à « un emploi que l’on est en mesure d’occuper », y compris un emploi dans un domaine autre que celui dans lequel une personne a pu auparavant être employée. Preuve qu’elle existe encore aujourd’hui, bien que, d’une manière voilée, les brochures d’information de l’Agence nationale du travail mentionnent qu’un chômeur peut refuser un emploi proposé dans le cas où ce dernier ne serait pas « raisonnable », ce qui veut donc dire que l’offre proposée doit être “raisonnable” et que l’interprétation de cet adjectif est souple.

Le refus d’en donner une définition plus précise résulte de l’atteinte d’un équilibre entre droits et devoirs des demandeurs d’emploi, cet équilibre se traduisant par la diffusion de valeurs telles que la confiance et la responsabilité qui permettent à leur tour un peu de souplesse dans son application : le devoir d’acceptation d’un emploi est contrebalancé par l’assurance implicite donnée que ce dernier correspond autant que faire se peut aux précédents secteurs d’emploi et aux qualifications des personnes concernées.

Des refus valables restent de plus possibles (raisons de santé, garde d’enfant, maternité...). A de nombreux égards, le Danemark applique des règles plus strictes qu’en France. Il faut en effet accepter la premier emploi proposé (contre la possibilité de le refuser en France), se tenir prêt, in fine, à accepter un emploi dans un autre secteur (ce qui semble exclu dans le texte de loi adopté la semaine dernière dans notre pays), et consentir à passer jusqu’à trois heures dans les transports au cours des trois premiers mois de chômage, voire plus par la suite (contre une heure de transport en commun ou une distance de 30 kilomètres chez nous).

Mais c’est sans compter la relative générosité des allocations chômage au Danemark (notamment en ce qui concerne les bas salaires) et les conditions salariales désormais dégradées entourant l’acceptation d’une offre de travail dans notre pays (après trois mois, le demandeur d’emploi doit accepter un emploi rémunéré à 95 % de son salaire antérieur, au-delà de six mois à 80 %).

Des conditions qui vont finalement contribuer à augmenter le nombre de travailleurs pauvres au nom de la réduction du nombre d’inscrits à l’ANPE (pardon, à France Emploi). Une perspective étonnante pour un président élu sur la promesse d’augmenter le pouvoir d’achat...

En résumé, le texte de loi adopté récemment à l’Assemblée prend donc le contrepied de ce qui se pratique au Danemark, dans le sens où, au lieu de faire preuve de souplesse vis-à-vis de la notion d’emploi « raisonnable », il vise à approfondir sa définition.

Si l’on ajoute qu’il ignore les recommandations émises par la DARES selon lesquelles l’inadéquation de la formation ou de l’expérience des personnes concernées avec les offres d’emploi proposées constitue le frein principal au retour à l’emploi et qu’il néglige le fait que l’efficacité du modèle danois de flexicurité repose notamment sur la formation continue (on ne peut que déplorer une nouvelle fois l’absence de marges de manoeuvre budgétaires dans notre pays), il est permis de douter du résultat...


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30 réactions à cet article    


  • logan 1er août 2008 12:51

    l’assurance chomage doit permettre :

    1) de donner à chacun la liberté de pouvoir choisir l’emploi qui lui convient ( c’est la liberté qui fait la différence entre le travail forcé, et le travail volontaire )

    2) de donner au demandeur d’emploi plus de poids dans les négociations avec les employeurs
    en effet, si le demandeur peut refuser les offres d’emploi, l’employeur est obligé de faire des offres plus interessantes, cela maintient l’équilibre entre l’offre et la demande
    si par contre le demandeur ne peut pas refuser les offres d’emploi, il n’y a plus d’équilibre, l’employeur peut faire des offres de plus en plus innacceptables, de toute manière le demandeur est obligé d’accepter, les effets sont de manière évidente une dégradation des conditions de travail et du niveau des salaires

    3) de ne pas tout perdre en cas de perte d’emploi le temps d’en retrouver un autre

    ce que fait le gouvernement c’est simplement faire régresser nos droits et nos libertés de 50 ans en arrière ...


    • donino30 donino30 1er août 2008 14:58

      1) de donner à chacun la liberté de pouvoir choisir l’emploi qui lui convient ( c’est la liberté qui fait la différence entre le travail forcé, et le travail volontaire )

      C’est votre point de vue, en aucun cas une vérité constitutionnelle. Le demandeur d’emploi a la liberté de choisir l’emploi qui lui convient parmi les emplois disponibles. Bien sûr cela aboutit à des situations traumatisantes : un ingénieur en sidérurgie qui a perdu son emploi suite à la fermeture de son usine n’a pratiquement aucune chance de retrouver un emploi dans son domaine, et bien peu de chances de retrouver un emploi correspondant à son niveau d’études, pour de multiples raisons. Alors on fait quoi dans ce cas, chômage jusqu’à la retraite ? RMI ? On dénonce en hurlant la mondialisation ? Ou bien on impose au bout d’un certain temps un emploi parmi ceux que l’intéressé peut occuper ? Ce type de situation est sans doute vécue comme un drame, mais est-ce une raison pour se boucher les oreilles, fermer les yeux et se dire "je ne veux rien savoir il a quand même le droit d’avoir un emploi qui corresponde à sa qualification et sa carrière" ?


    • Sophie 1er août 2008 16:28

      Pour se recycler, les chômeurs ont besoin d’être formés, et sérieusement. Si l’on veut que les privés d’emploi retrouvent du travail, c’est la priorité.

      Or aujourd’hui, en France, seuls 7% d’entre eux (les plus diplômés, les plus jeunes et les "moins éloignés de l’emploi") réussissent chaque année à en décrocher une, courte et peu qualifiante de surcroît.

      Malgré ses dires, l’objectif du gouvernement n’est pas d’investir massivement dans la formation des chômeurs mais de se servir des fonds de la formation pour financer, entre autre, des "contrats de professionalisation" bidons aux "seniors".

      D’un côté on nous stigmatise, de l’autre, on nous refuse les moyens de remettre le pied à l’étrier. C’est du sadisme.



    • logan 1er août 2008 16:48

      je n’ai jamais prétendu que le droit de bénéficier de l’assurance chomage devait être illimitée

      il doit être limité dans le temps
      et il doit être controlé pour éviter les possibles abus

      cependant ces limites ne doivent pas en dénaturer la fonction

      il est évident qu’en cas de refus d’une offre d’emploi, le chomeur doit se justifier
      à l’agent qui suit son dossier de juger de la qualité de son refus

      il est normal passé une certaine limite, ou en cas d’abus, que l’assurance chomage lui soit retiré

      cependant il est totalement anormal d’obliger quelqu’un à accepter un emploi qu’il ne veut pas

      si on veut résoudre le problème du chomage de manière bénéfique, il ne s’agit pas de truquer les chiffres par ce genre de méthodes lamentables et liberticides qui vont conduire qu’à créer des travailleurs pauvres

      c’est d’abord en développant effectivement la formation que l’on résoudra une bonne partie du chomage structurel
      il y a aussi beaucoup de progrès à faire au niveau de l’orientation durant les études

      s’il existe des secteurs en forte demande de main d’oeuvre c’est principalement parceque leur offre est insuffisante, si on prend le secteur de la restauration, si les attitudes et les comportements étaient différents, si les employés n’étaient pas traités comme de la merde, et si ils étaient bien traités, s’il y avait de vrais débouchés, peut être qu’il y’aurait plus de gens interessés
      alors on n’a pas à obliger les gens à accepter ces emplois sous payés aux conditions de travail déplorables, ce qu’on devrait plutot faire c’est agir au niveau des employeurs pour que leur offre s’améliore

      mais de toute manière les causes du chomage sont complexes et multiples
      et la principale cause c’est tout simplement le manque d’emplois beaucoup ont un peu trop tendance à l’oublier


    • karg se 1er août 2008 17:07

      Un ingénieur en sidérurgie a des qualités qui lui permette, avec un peu d’aide, de se recycler beaucoup plus facilement que les ouvriers de la même entreprise. Il faut remarquer que Sarkozy a fait le choix de défendre les intérêt du MEDEF en ne touchant pas aux droits de formation : ceux çi reste la propriété de l’entreprise et non pas du salarié.


    • donino30 donino30 1er août 2008 20:17

      "
      il est normal passé une certaine limite, ou en cas d’abus, que l’assurance chomage lui soit retiré
      cependant il est totalement anormal d’obliger quelqu’un à accepter un emploi qu’il ne veut pas"


      Le problème c’est que ces deux assertions s’opposent souvent... On ne peut qu’aller dans le sens de ce que vous dites tous les deux, notamment la formation. Mais vous rendez vous compte que la double contrainte aspect géographique + emploi convenable donne souvent une équation insoluble quand on n’habite pas à Paris : une personne qui s’est endettée sur 30 ans pour acheter son logement proche de la dite usine n’a aucune envie de la revendre dans le contexte actuel de dégonflement de la bulle immobilière. On le comprend pour le moins, mais dans ces cas là, que fait on ?

      Par ailleurs je serais d’accord avec vos remarques si il était imposé à une personne au chômage d’être soit en formation, soit en entretien/ recherche active justifiée. A l’heure actuelle c’est très loin d’être le cas, vous en conviendrez, un entretien avec un conseiller par trimestre et encore, quelques rares propositions de formation. Je ne veux pas du tout dire que les chômeurs se la coulent douce, loin de moi cette idée tant cette situation est un drame, mais beaucoup se laissent entrainer dans la spirale du desespoir et de l’inactivité par manque de contraintes, de règles fixées.


    • logan 1er août 2008 22:01

      non je n’en conviendrais pas, vos informations m’ont plutôt l’air de relever de préjugés que d’une réelle connaissance du système de chomage, 6 ans de droite déjà, les conditions des chomeurs ont été extremement durcies



    • donino30 donino30 2 août 2008 14:20

      C’est beau l’angélisme... Je peux vous donner ma parole d’honneur que je connais des personnes au chômage qui ont eu droit à deux entretiens dans l’année, et une seule proposition de formation en compta géné dans l’année (refusée).


    • donino30 donino30 2 août 2008 14:22

      Il faut en revanche, il est vrai, "pointer" une fois par mois sur le serveur vocal en cliquant sur la touche "je suis en recherche active"...


    • donino30 donino30 2 août 2008 14:39

      Et pour conclure, vous ne me croirez sans doute pas peu importe, pourtant il y a des personnes qui travaillent aux états unis et touchent leur chômage en France. C’est dire l’efficacité du suivi...


    • logan 2 août 2008 21:50

      En effet j’ai un peu de mal à vous croire mais après tout les failles sont tjrs possibles. Et mdr pour l’argument implaccable des "fameux amis qui vous ont raconté", un vrai classique.

      Maintenant vous pouvez continuer à croire qu’être au chomage c’est se la couler douce et qu’il faut durcir tjrs durcir et encore durcir les conditions des chomeurs

      Quand vous retrouverez vous-même au chomage, on verra bien ce que vous en penserez ...




    • donino30 donino30 4 août 2008 10:49

      "Et mdr pour l’argument implaccable des "fameux amis qui vous ont raconté", un vrai classique."

      Si une parole d’honneur vous fait mourir de rire, alors nous n’avons plus grand chose à nous dire. Et je ne parle pas "d’amis qui ont raconté" mais de proches qui ont vécu. Allons, restons en là.


    • fonzibrain fonzibrain 1er août 2008 14:18

      lus besoin de chercher quelle économie européenne pliera la première sous le poids du ralentissement économique. Depuis hier, c’est le Danemark qui a endossé la tunique. L’office des statistiques de Copenhague a indiqué que le produit intérieur brut danois s’est contracté de 0,6% au cours du premier trimestre 2007, alors que les économistes prévoyaient une légère progression de l’ordre de 0,2%. En outre, les données du dernier trimestre 2007 ont été révisées en baisse, si bien que ce n’est pas une croissance de 0,3% qu’a réalisé l’économie danoise sur la période comme initialement annoncé, mais un repli de 0,2%. Du coup, la condition d’une récession, deux trimestres consécutifs de contraction du PIB, est remplie. Sur une base annuelle, le PIB accuse un recul de 0,7% par rapport à la fin du premier trimestre 2007.

      "Les chiffres sont très décevants, d’autant plus qu’ils proviennent de beaucoup de facteurs différents", selon Erik Bennike, analyste à la HSH Nordbank. "Cela confirme le scenario d’une économie qui va connaître un brusque ralentissement", ajoute le chef économiste d’HandelsBanken, Jes Asmussen. Les dépenses de consommation des ménages et les investissements ont principalement pesé sur la performance économique. Les données publiées depuis, notamment l’inflation et la baisse de la consommation, ne devraient pas améliorer la situation dans les prochains mois. Le ralentissement est d’autant plus brutal que l’économie danoise avait progressé au rythme de 3,9% en 2006, puis de 1,8% l’année dernière. Le pays conserve cependant un taux de chômage parmi les plus bas de l’OCDE avec 2,7% en données harmonisées en mai, tandis que son taux d’inflation est plus modéré que la moyenne européenne (3,4% en mai, contre 3,9% dans la Zone Euro).

      France : 1,6% de croissance en 2008

      En ce qui concerne le 1er trimestre 2008, le Danemark fait donc moins bien que la Zone Euro, où la croissance moyenne est ressortie à 0,8%. D’autres pays ont affiché un recul de leur PIB en début d’année, à l’image de l’Estonie (-1,9%) et du Portugal (-0,2%), mais aucun n’avait enchaîné deux trimestres consécutifs de repli.

      L’Irlande, qui a annoncé la semaine dernière une contraction de son PIB de 1,5% au 1er trimestre, risque d’être la prochaine économie frappée par la crise à glisser dans la récession. Selon l’Institut local ESRI, le PIB devrait s’y contracter de 0,4% cette année. En France, l’Insee projette 1,6% de croissance en 2008, soit légèrement moins que la fourchette 1,7 à 2% visée par le gouvernement. Le trimestre en cours pourrait être marqué par une stagnation tandis que celui qui vient de s’achever n’aurait généré que 0,2% de progression du PIB, selon les estimations de l’institut, dévoilées il y a 15 jours. Les Danois pourront cependant se consoler avec les résultats de l’enquête publiée par l’Université du Michigan, selon laquelle le Danemark est le pays le plus heureux du monde, loin devant les Etats-Unis qui ne pointent qu’au 16ème rang.

      http://www.lejdd.fr/cmc/economie/200827/le-danemark-entre-en-recession_130155.html


      • fonzibrain fonzibrain 1er août 2008 14:22

        mais quand allez vous comprendre que la très grande dépression qui se profile jettera tout pays et tout systeme économique dans la crise


      • HELIOS HELIOS 1er août 2008 15:29

        quand on constatera qu’a part les services et l’industrie de proximité, plus rien n’est produit en Europe, alors il faudra bien se poser la question relative aux ressources qui nous permettent d’acheter ce que nous ne produisons plus, quel que soit son prix.

        Nous rentrons alors dans une phase de décapitalisation, comme le fond les américains qui vendent leurs maisons parce qu’ils ne peuvent plus payer... cela n’a neanmoins qu’une durée limité, parcequ’une fois le capital bouffé, que feront nous, que pourrons nous vendre alors ?

        Je crois que les commerçants, en première ligne de l’economie, commencent a s’en apercevoir.

        De façon particulièrement cynique, la solution consiste a changer la regle du jeux, par la guerre (solution la plus simple) ou par la faillite, je ne peux helas que me rejouir de constater que c’est plutôt sur cette voie qu’on se dirige.

        dans une faillite, il reste les les requins, les liquidateurs, donc, qui vont se gaver. être en faillite et ne pas être un requin c’est le comble. j’espère, au moins, que nous aurons chez nous quelques requins, histoire de ne pas être cocus une fois de plus.

        L’emploi au Danemark soumis aux même règles que nous. Les grandes boites font ce qu’elles veulent et les lambeaux du tissu economique ne sont plus suffisants pour faire vivre la population, quel que soit la générosité ou la qualité des uns et des autres... comme en France. Quand aux prévisions françaises sur le PIB, laissez moi rire, je n’y crois pas. repportez vous a la manière de calculer le PIB !


      • karg se 1er août 2008 17:10

        Le Danemark "souffre" d’un manque de main d’oeuvre et les danois sont suffisament riche et heureux pour ne pas avoir envie de travailler plus. Cela explique en grande partie leur faible performance. Reste que les fondamentaux (chômage, taux de rentabilité des entreprises, taux d’activité) sont toujours bon.


      • eugène wermelinger eugène wermelinger 1er août 2008 19:38

        à Hélios : les commerçants en première ligne commencent à s’en apercevoir.
        La grande distribution a été la première à créer cette crise. En allant à l’extérieur chercher des produits pour de confortables marges, fabriqués par des esclaves. Cela a tué des milliers d’entreprises manufacturières en France, et ailleurs.Cela tue les pauvres bougres esclaves. Puis en allant s’établir dans ces mêmes pays pour continuer leurs oeuvres malfaisantes de part le monde.
        Alors, il nous reste quoi comme monnaie d’échange ?
        Du luxe pour les garde-chiourme des camps de travail forcé.
        Puis aussi de la haute technologie : TGV, aviation.
        Et les fameuses centrales nucléaires à placer aux dictateurs de tous poils à qui il faut des bombes pour nous les balancer sur nos gueules de connards.
        La vie est belle .................. enfin pour certains seulement, paraît-il.
        Mais j’aurais tort de me plaindre : je touche encore une retraite, il est vrai que j’ai plus souvent fait des semaines de 60 heures et plus , que de 35 (jamais).
        Se sauve, qui peut.
        Mais où ?


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 1er août 2008 19:46

        a fahrt ens blauia , Eugène  smiley


      • fonzibrain fonzibrain 1er août 2008 19:20

        karg se si les fondamentaux étaient bon (je parle pas du chomage)pourquoi sont ils en recession


        • karg se 1er août 2008 20:11

          Parce que la croissance c’est l’augmentation de production, en micro économie on apprend qu’il est souvent préférable de produire moins mais de faire plus de bénéfice.

          Les danois n’ont pas forcément envie de produire plus pour consommer plus, ils sont assez heureux comme ça. Les biens matériels ne sont qu’un moyen de se réaliser, pas un objectif en soit. Je suis pas du tous un partisant de la décroissance, mais si les danois ne veulent pas aller plus loin, c’est leur problème, et ils ont déjà un taux d’activité bien plus élevé que le notre.


        • fonzibrain fonzibrain 3 août 2008 10:37

          c’est loin d’etre con, ce que tu dis,
          bon ,c’est vrai que ca rejoint la décroissance,mais bon,expliqué comme tu le dis c’est très bien
          et c’est vrai que le lien avec la micro économie est juste et tenable


        • Stephane Guezenec Stephane Guezenec 1er août 2008 20:37

          Où l’on apprend qu’au Danemark on a hésité entre offre d’emploi convenable et raisonnable, mais qu’au final on a 1.6% de chômeurs.
          D’où l’on déduit que c’est parce qu’en France les chômeurs n’étaient tenus ni au raisonnable ni au convenable et que notre taux de chômage - directement indexé sur le taux de nos dépenses publiques - était plus élevé que partout ailleurs en Europe (sauf en Espagne).
          Conclusion : Merci à ce gouvernement d’avoir changé des règles qui favorisaient le chômage ... Il faut vraiment plaindre tous ces anti-sarkozistes primaires, secondaires et tertiaires qui refusent d’ouvrir les yeux : ce que fait Sarko, toute l’Europe de gauche ou de droite l’a fait depuis 20 ans. Ce n’est donc même pas une politique de droite, c’est une politique tout court. Ca fait mal, mais c’est bon !


          • Polemikvictor Polemikvictor 2 août 2008 09:47

            Pour ceux que l’offre raisonnable d’emploi inquiète, je peux fournir " les 10 moyens de louper un entretien d’embauche "

            N°1 : Faire remarquer d’emblée à l’employeur que vous n’avez pas trouvé dans le hall le nom et l’adresse de l’inspecteur du travail et le règlement intérieur, alors qu’ils doivent être affichés de façon visible.

            Pour les 9 autres me contacter , je ferai une offre ( financièrement) raisonnable compte tenu de l’importance du probleme.

            Si on ne veut pas d’un emploi, louper un entretien d’embauche sera ainsi à la portée de tout le monde.


            • jeanclaude 2 août 2008 11:39

              C’est un mal français que de vouloir approfondir toute définition, ici celle d’emploi raisonnable. Par crainte d’inégalités suite à des interprétations diverses, et en arrière-plan avec l’idée qu’il faut toujours se méfier d’un agent public qui pourrait prendre une décision arbitraire.

              Comme quoi la recherche du mieux éloigne parfois du bien.
              Merci de cet article très précis, qui apporte de l’information - ce qui est plutôt rare sur AV..


              • Furtive Sentinelle Furtive Sentinelle 4 août 2008 20:10

                Sans entrer dans la comparaison économique entre Danemark et France force est de constater que cette nouvelle loi de droite et européenne est une régression des droits et devoirs des salariés et autres.
                 
                Il semble indiscutable que la formation ayant été laissé à la merci du patronat, il ne reste que la portion congrue aux demandeurs d’emploi et encore la disproportion des sommes en cause est sans commune mesure avec ceux du nouvel ordre moral mis en oeuvre par l’institution Francemploi qui va "gendarmer " la population la plus déshéritée et qui est sans ressources sur ce poste !!!! Avant c’était dévolu à l’Assedic autrement plus riche mais dépouillée par cette fusion.

                Comparer les transports publics danois et les moyens sociaux mis en oeuvre (gardes d’enfants) à ceux de France c’est ni plus ni moins que nous prendre pour de sombres crétins. Je n’aborderais pas le problème de la région parisienne mais simplement la grande banlieue ; un "chômeur sans véhicule et le budget correspondant, n’a quasi aucune chance de trouver un emploi sauf à venir sur Paris et encore parlons ligne RER le Retard Express Régional voyons il ne s’agit que d’une vue de l’esprit. Prenons les villages du 77 un train le matin trés rarement à l’heure un le soir c’est caricatural mais c’est tellement vrai et pour un peu que l’emploi soit en horaire décalé aîe aîe aie !!!! Exemple : l’hôtellerie

                Quelque puisse avoir été le niveau des fonctions antérieures, un salarie cadre ouvrier etc.. dans un bassin sinistré, n’aura aucune change de retravailler sans passer par la case FORMATION ; encore faut-il que cette dernière soit efficiente et sérieuse. En France, on forme encore des plombiers et leurs premier emploi c’est l’embauche par le chômage !!!!

                Faire l’amalgame des débrouillards du système avec ceux qui le vivent comme un affront à leur dignité est innacceptable. Ce n’est pas parce que la France compte 63 000 droits communs que nous sommes tous des délinquants. !!!!

                Maintenant sur un plan pratique comme indiqué par un rédacteur plus haut, rien de plus simple que de foirer un entretien d’embauche et même si embauche, il suffit de faire une faute pendant la période d’essai et retour à la case départ. 

                Toutes ces mesures ne feront rien contre la baisse des emplois et risquent d’être contre-productives et cela ne créera strictement aucun emploi sauf à parquer et précariser les demandeurs d’emploi.

                Quant à la disparition des industries nationales ce n’est pas la faute des salariés cadres et ouvriers employés elle est à mettre au compte de la mondialisation dernier avatar Adidas va se délocaliser de .....CHINE pour ........le VIETNAM ...OU... l’INDE. 

                Du bel usage de la pauvreté mondiale et du profit maximum du capital. Cela ne nous empèchera pas de payer en grand des "pompes" au centuple de leur coût de revient !!!!!!! 


                • Binabik 4 août 2008 21:04

                  Pour ma part,  jeunne diplome (bac+5) apres mes etudes je me suis fais propose une place comme " maneuvre " dans le BTP... Tres joyeux.
                  Apres leur dire que ca ne correspondait pas a mon profile, je me suis fait dire : " de toute facon je peux pas m occuper de vous, je ne connais rien a votre secteur d’activite"...

                  Du coup j’aurais un tendence  a dire : OUI au definition claire, et NON a l’interpretation des fonctionnaires... Car pour 1 qui va reconnaitre son incompetence, 20 vont vouloir faire du zele (pour avoir une mieulleure note : remuneration au merite....)

                  Le gros probleme en france, c ’est que :


                  - 50% des gens applaudissent des deux mains ce que fait le gouvernement

                  - 50% des gens refusent directement tout ce que fait le gouvernement sans meme chercher a comprendre...

                  C’est le cas, quand c est la droite au pouvoir, mais c est la meme chose quand c est la gauche...
                  Tant que les gens n’auront pas compris ca... ca avancera pas vite en france.

                  Je dis pas qu’il faut accepter sans condition le liberalisme, mais c est idiot de dire qu’il y a d autre solution. Oui il y en a, mais non c’est pas la france (avec 10% de chomeur et 2,000,000,000euros de detes et plus) qui va changer le monde...
                  Faut arreter de croire au pere noel ;)

                  Il ne faut pas chercher a remonter a contre courant la riviere, il faut la suivre doucement en essayant de ne pas trop s egratiner les genoux dans les zones de remoux...


                  A mon avis le plus gros probleme en france c’est ce que dit eugène wermelinger :
                  "il est vrai que j’ai plus souvent fait des semaines de 60 heures et plus , que de 35 (jamais). "


                  Quand en france, le but ultime des gens ne sera plus de travailler 35h, avec 5semaines de congees par an, et 3 autres semaines de RTT (RTT qui n’ont jamais ete vraiemnt travailler !!!), pour 1300euros mini par moi, avec en plus des aides de l’etats dans tout les sens, la retraite a 50ans (en commencant a travailler a 25) la couverture sante totale, pour tout (y compris les aspirines...)

                  Le jour ou les gens arreteront d’avoir pour but ultime d ’etre fonctionnaires et de regarder la pendules afficher 16h30 pour repartir chez eux.

                  Ce jour la, le chomage redescendra de lui meme...



                  Il faut arreter de croire que le gouvernement a cout de loi va tout arranger pour tout le monde !


                  Faut se prendre en main, commencer par avoir un vrai objectif professionnel (et par objectif professionnel, j entend pas 30h semiane et 8semaines de conges...)



                  • sarkoxterminator 7 août 2008 21:05

                     Il est très facile de contourner ce dispositif. Je vous en parle en connaissance de cause puisque je l’ai fait.
                    1°) il faut accepter l’offre puisqu’on aura pas le choix.
                    2°) Il suffit de se faire virer illico du boulot s’il ne présente aucun intérêt pour vous.
                    Quelques idées de moyens : se montrer incapable de tenir une cadence, faire semblant de comprendre tout à l’envers aux consignes qui vous sont données. vous montrer maladroit, désagréable avec la clientèle, simuler le vertige si on vous colle dans le bâtiment... etc. Bref les idées ne manquent pas pour se révéler parfaitement incompétent.

                    Nul doute qu’après quelques boulets comme ceux-là, les patrons eux-même exigeront des employés motivés au lieu des travailleurs forcés à la Sarkozy. Quant au mythe d’une formation qualifiante pour tous, c’est le vieux serpent de mer qu’on nous ressort tous les ans depuis un quart de siècle et sur lequel il faut cesser de rêver. Le cauchemar sarkozien se poursuit...


                    • René Job 12 août 2008 04:55

                      Pourquoi un tel dispositif ne peut pas fonctionner ?

                      1/ Nos économies sont globalement en sous activités. En effet la création d’emploi et liée à la création de richesses laquelle est liée aux emplois : le producteur est aussi le consommateur. Verser des salaires, c’est aussi créer directement ou indirectement son propre marché avec des clients à satisfaire.

                      Il existe environ 500.000 offres d’emplois non pourvues pour la France. On pourrait croire que les français ne veulent pas travailler, ne veulent pas se qualifier.... et pourtant ce n’est pas le cas !

                      La réalité, c’est que nombre d’emplois ne sont pas pourvus pour de mauvaises raisons économiques : la discrimination. Et oui, c’est tout bête.

                      Les femmes avec enfants, les jeunes, les "vieux" (notion sans cesse en évolution), les handicapés, les laids, les gros, les maghrébins, les noirs, les syndicalistes.....ne sont pas dignes d’accéder aux emplois.

                      On a donc une situation construite de toute pièce. Ces emplois engendreraient de la valeur mais on préfère ne pas les pouvoir plutôt que d’avoir un candidat(e) indésirable.....bref ce comportement est anti économique au sens ou on "paie" (chez l’entrepeneur par perte de création de richesse) pour attendre le candidat(e) idéalisé.

                      Pendant ce temps, on "paie" aussi ces personnes puisqu’elles vivent des revenus sociaux faute de travail rémunéré.

                      Résultat, on paie globalement des deux côtés : entrepreneurs et Société.

                      Les employeurs se plaignent du manque de "volonté " des candidats et font pression sur les pouvoirs publics pour obtenir des aides de toutes sortes en se faisant passer pour de bons samaritains : subventions d’implantation, marchés publics, emplois aidés totalement exonérés des charges sociales à des prix imbattables, les gens n’ayant déjà plus trop le choix. Car contrairement à des idées reçues, mieux vaut un contrat au smic que les minima sociaux. Bref la pression est déjà là. Mais nos entreprises se mettent elles mêmes en difficultés. Payer des bas salaires augmente artificiellement la productivité mais ne crée pas de consommateurs..... les marchés stagnent et seuls des "trucs" juridico-comptables et des manoeuvres d’externalisation donnent l’impression d’une "croissance".
                      Ne parlons même pas des pertes de savoirs au fil du temps.

                      Mais tout cela vu de l’entreprise est parfaitement logique car du point de vue du calcul économique, il est rationnel et raisonnable d’agir ainsi. A l’exception du non recrutement des personnes discriminées. Mais çà, on ne le calcule justement pas. C’est pourtant là qu’est l’irrationnel.

                      Exemple de ce que peut faire un handicapé : Stephen Hawking (Google is my friend) .

                      Donc ce point fait comprendre qu’on ne forcera pas l’employeur passant une annonce à embaucher quelqu’un dont il ne veut pas. Si la personne n’a en plus pas d’expérience, pas de formation ou quelqu’autre biais qui lui permet de dire "non", il ne s’en privera pas. Un autre biais peut être justement la distance : le temps de trajet est fondamental : l’employeur craindra que son employé n’arrive pas à l’heure du fait de la distance, des heures, des encombrements et de la fatigue. Tout ce qui implique des pertes de productivité, de la perte de qualité dans la production etc...... Bref, aucune raison de prendre le moindre risque. L’entrepreneur gère les risques et là....il y en a une accumulation. Sans parler du principal : la motivation inexistente. Contrairement à ce qu’on croit, "l’esclave" doit se croire libre pour être utile.

                      Résultat, toutes ces mesures ne changeront rien à la situation présente sinon de démontrer la bonne volonté des gens. Mais on sera obligé de leur servir encore des revenus sociaux.

                      2/ L’autre raison qui rend ce système inopérant : c’est que les entrepreneurs s’en fichent. Aujourd’hui, ils veulent être libres. Complètement libres. Pas question de s’attacher des employés à vie. Le terrain de jeu pour un bon nombre est la planète. Même s’ils n’y arrivent pas, c’est quand même leur horizon. A défaut de réussir à l’export, de s’implanter à l’étranger, on pourra toujours developper l’activité localement puis revendre la structure à une firme internationale fonctionnant en réseau modulaire. Bref, c’est la vente de l’entreprise en soi qui est visée. On la développe suffisamment puis on la vend au meilleur prix.

                      Mais pour se faire, le nombre d’employés doit rester bas et eux mêmes dans leur composition ne doivent poser aucun problème particulier. Les emplois doivent tous être justifiés et hautement rentables. Pensons aux dernières dispositions sur le temps de travail des cadres (ingénieurs, architectes, commerciaux, juristes, compatbles etc...). Donc très peu de salariés à faible ou moyenne qualification. Pas de salarié posant problème (revoir le point 1/). Une structure souple fonctionnant avec l’externalisation et les NTIC.

                      Dans cette "ambiance", je ne vois pas où est la place des chômeurs. Vous m’objecterez : le bâtiment, la restauration, l’agriculture. Je répondrai : ces secteurs fonctionnent notoirement avec du travail au noir. C’est ce qui les rend encore compétitif. N’oublions pas que payer même au smic la main d’oeuvre des chantiers (charges payées bien sur) reviendrait à monter directement le prix des chantiers publics donc réduirait les capacités de réalisation des collectivités publiques sauf à monter les impôts.....
                      Bref nous baignons en pleine hypocrisie du fait des contraintes contradictoires qui lient les décisions politiques et les décisions économiques.

                      Pour toutes ces raisons : je ne crois pas que les gens retourneront au travail dans des emplois qui ne leur correspondent pas sauf une minorité. Mais au total, çà ne changera rien. Ce qui changerait quelque chose ne peut pas venir de l’Etat ou d’une mesure politique de ce type : çà serait la prise de conscience des pertes économiques lourdes engendrées par le refus d’embaucher les gens pour de mauvaises raisons.

                      La discrimination et le travail au noir sont à mon sens les deux vrais problèmes à résoudre.

                      Pour l’instant, les "vieux" partent à la retraite de force alors qu’ils pourraient être productif et vivre mieux. Les français noirs ou maghrébins sont souvent démotivés et amers. Beaucoup ne peuvent vivre régulièrement de leur capacité de travail. Les handicapés idem (cf Hawking). Les femmes sont souvent sous payées et même cadres ont des carrières moins rémunératrices sans compter quelles ont encore du mal à accéder aux fonctions dirigeantes dans de nombreuses structures.

                      Je ne pense pas que dans une économie mondialisée et modularisée avec des pratiques de discriminations fortes les offres anpe puissent remédier au chômage. C’est une illusion en ce qui concerne la France.

                      Le gouvernement a versé dans le discours patronal factice sans réaliser que ces décideurs avaient éventuellement des intérêts et des comportements qui allaient à l’encontre de ce qu’ils déclaraient.

                      Si nous étions anglais de mentalité, ces phénomènes ne compteraient pas. Chez eux, la couleur, l’origine sociale, l’expérience, la formation ne compte pas autant voire pour les discriminations pas du tout.

                      La France a un problème économique majeur lié à sa mentalité eugéniste déniée. Les solutions des autres pays ne seront donc pas forcément applicables chez nous sans la prise en compte sérieuse de cette question car elle constitue, me semble t il un obstacle invincible au changement.

                      Vous remarquerez que les discriminés ont tous comme dénominateur commun de passer pour des gens moins "rapides" moins "disponibles" moins "adaptés" pas "comme il faut idéalement".

                      Le jeune n’est pas rapide car ses savoirs sont souvent incertains. Idem pour un débutant à n’importe quel âge. La femme mère de famille n’est plus disponible. Le noir et le maghrébin passent pour des gens aux comportements inadaptés. L’handicapés manque de rapidité et suppose des aménagements dans le travail (=dépenses). L’obèse passe pour quelqu’un qui se fatigue vite (pas assez rapide). Le "vieux" comme" l’obèse" est en perte de vitesse asymptotique. Au fond dans cette logique "productiviste" qui conduit à de l’eugénisme, seule la figure du "laid" est véritablement révélatrice puisque restant inexpliquée autrement. Je ne parle même pas des compositions de critères.

                      Pour finir, la seule mesure qui pourrait émaner du gouvernement et qui détendrait les marchés de l’emploi serait de permettre aux gens de négocier à l’amiable les fins de contrat. Le tout sans perte des droits sociaux (assurance chomage etc). On fludifierait les marchés et peut être que les employeurs prendraient quelques risques. Toutefois çà reste hypothétique. On réduirait au moins les conflits.




                      • René Job 12 août 2008 15:18

                        En complément de mon long commentaire, j’ajoute que tout cela repose sur un état d’esprit précis : la peur.
                        Les décisions d’embauches française sont irrationnelles car leur fond commun concret n’est pas le besoin de l’entreprise mais la peur de la différence. Dès lors on comprends mieux les contre performances globales de nos économies sur les marchés à l’export. Comment aller vers les autres avec efficacité quand on ne maitrise pas sa propre diversité sociale ? Comment comprendre les désirs et besoins des autres quand on nie ceux d’une bonne partie de la population ? Dans un monde "ouvert", où tout ce sait rapidement, comment justifier auprès des acheteurs potentiels de tels comportements collectifs ?
                        Le manque d’empathie engendre l’inefficacité économique. Empêche le frottement des différences intra et inter entreprises ; frottement générateur de nouvelles idées, de nouvelles richesses. J’ai souvent vu des gens repliés sur eux mêmes et/ou infatués d’eux mêmes. Nos conflits sociaux témoignent de nos rigidités, des crispations engendrés par la peur. Au lieu de voir le chômage comme une chance de renouvellement, nous le vivons comme une croix. Et ces mesures ne sont rien d ’autres qu’irrationnelles au sens où elles tentent de culpabiliser encore plus ceux qui sont déjà victime des peurs et rigidités des décideurs français.
                        Notre patronat n’est pas vraiment libéral, il est tout simplement conservateur. Le raisonnement facile est son pain quotidien. Le chômage est le produit de cette ambiance. Le chômeur rien d’autre que le laisser pour compte du système.

                        Non, ni les Danois ni les Anglais ne peuvent fournir de solutions car eux mêmes n’ont pas de tels obstacles à vaincre au préalable.

                        En écrivant ces lignes, je pense à la guerre de 100ans. Nombreuses furent les défaites françaises durant ce long conflit. Pourtant, le Royaume de France disposait de nombreux atouts, un peuple nombreux, une économie capable de soutenir le conflit, des nobles très bien équipés. Mais nous essuyâmes défaites retentissantes sur défaites retentissantes. Nos élites étaient incapables de s’organiser, de vaincre tactiquement. Car toujours dans le mépris de l’autre (ici, l’anglais). Le mépris engendra la défaite et elle même la peur. C’est ce mépris qui doit être vaincu d’abord pour ensuite vaincre économiquement aujourd’hui.
                        Les gens doivent être vu comme des potentiels même à l’orée de la retraite.

                        La France s’en sortirait mieux en renonçant à une culture du paraître au profit d’une culture de l’être. Ne plus juger d’après des états sociaux mais d’après une dynamique sociale laquelle permettant à chacun de trouver en lui des trésors de ressources à réaliser.

                        Une évalution rationnelle, je dirais tout simplement raisonnable, consisterait à se dire "qu’importe à quoi ressemble notre futur collaborateur, ce qui compte c’est ce qu’il pourrait développer au sein de notre équipe." Cela va du simple collaborateur au cadre. Ces derniers n’ont pas l’exclusive de la valeur ajoutée. Pensons à ces autodidactes finalement meilleurs que bien des titrés.

                        Dans les années 70, je me souviens que les gens avaient beaucoup plus confiance qu’aujourd’hui. Ils étaient moins crispés et finalement plus audacieux.

                        Ce que je dis ne relève pas d’une idéologie de droite ou de gauche, mais seulement du constat que nous autres français, nous sommes champions pour échouer collectivement. Nous culpabilisons les faibles tout en leur administrant quelques pansements pour nous donner bonne conscience. Tout cela est désuet. Il faut sortir de ce christianisme persistant et improductif. De cette culture chétienne mal digérée qui nous aliène. Soyons clair, je ne suis pas anti-chrétien, au contraire, mais ce que j’en vois à l’oeuvre nous ferme le monde. Nous fait rejeter insconsciemment ce qui est différent. C’est notre culture mais la conscientiser nous ferait du bien. On ne verrait plus un gérant de Brasserie avouait qu’il ne sait pas pourquoi il a dit non à un noir motivé alors qu’il y a du travail. L’insconscient culturel, c’est çà. On dit "non" alors que raisonnablement il faudrait dire "oui". L’irrationalité économique en France est là.

                        Il me semble d’ailleurs que c’est un signe distinctif, un trait caractéristique du petit enfant que de dire "non". Une étape difficile mais qui doit être passée.

                        Je me prends parfois en regardant des cartes actuelles à ce que serait la France si elle avait su donner la pleine citoyenneté aux indochinois et aux algériens. Si "Liberté-Egalité-Fraternité" avait été respecté, voyant le trait de génie contenu dans ces idées. Nous serions puissants. Nous disposerions de ressources humaines et naturelles importantes. On nous écouterait où que nous allions. Et nous ne chercherions pas à culpabiliser les pauvres, les faibles en leur collant tous les maux de la société sur leurs personnes.

                        Non seulement, nous avons perdu territoires et populations. Mais aujourd’hui nous perdons des millions de français sur le territoire national lui-même. Bref la relégation est la spécialité locale. Et comble du malheur, c’est une perte énergétique considérable puisque ces gens relegués sont à la fois : dans l’alourdissement des charges sociales, dans l’improductivité en terme de travail non accompli et dans une culture de démotivation. Je ne parle même pas de ceux qui auraient pu dans des conditions sociales meilleures développer des compétences qui leurs auraient permis d’innover. Le pari social n’est pas fait.

                        Dans ces conditions, je trouve qu’on attend beaucoup des conseillers anpe.

                        Je fais long et il y a longtemps que je ne participais plus d’Agoravox, mais je trouve qu’en ce moment s’exprimer un peu est nécessaire. Pour sensibiliser. Sortir de la société de la peur, de la crainte, du gaspillage humain érigé en culture d’Etat.

                        En dernier lieu, je pose qu’il est clair qu’un raisonnement micro-économique appliqué et démultiplié par duplication analogique par les agents peut être destructeur collectivement à terme si la dimension sociale (au sens d’environnementale) n’y a pas été intégrée dès le départ comme donnée de calcul basique.
                        Dans mon calcul, je dois intégrer sans concertation (décider, c’est prévoir et risquer) ce que prévisiblement mon comportement ainsi déterminé produira globalement si répété par mes concurrents et mes pairs dans chaque secteur. Je dois donc envisager l’effet global sur la société (qui est aussi mon support de vie) de ma décision en apparence minime. Le calcul égoïste est le plus court chemin vers des lendemains difficiles. Ainsi, je pense que nombre de quinquagéneraires sur la touche doivent aujourd’hui regretter leurs décisions d’hier. Sans le savoir, ils préparaient leur propre exclusion du système. Combien d’entre eux ont du dire "non" quand il fallait dire "oui" ? C’est aujourd’hui dans leur impuissance qu’ils doivent comprendre, enfin, leur bêtise de jeunesse.


                      • sabrina 26 août 2008 18:01

                        bonsoir,

                        à ce sujet et en trés bon complément, j’ai lu un excellent article sur le site jobetic.net.

                        Offre raisonnable d’emploi et lettre de non-motivation.

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