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Accueil du site > Actualités > Economie > On ne va pas encore nationaliser les banques !

On ne va pas encore nationaliser les banques !

Le monde marche sur la tête. Après les "riches" qui veulent payer plus d'impôts voilà que des personnalités de droite ou des institutions réputées comme libérales réclament des nationalisations. Et pourquoi pas Pierre Woodman chez les moines trappistes ?

Dégradation du Crédit agricole et de la Société générale par Moody's, division par deux des capitalisations boursières des banques françaises, inquiétude des Français concernant leur épargne, opacité des réels engagements des banques vis à vis des pays à risque, sentiment répandu dans la population que la finance n'est plus au service de l'économie réelle...n'en jeter plus pour que le thème d'une nationalisation des banques revienne sur la table. 

Calme ta joie, toi le gaucho nostalgique de Mitterrand ! Il ne s'agit pas de nationalisations massives et définitives comme la France l'a connue en 1981. L'intervention de l'Etat ne concernerait que le secteur financier (les banques et à la limite les compagnies d'assurances) et pour une durée de 3 ou 4 ans maximum (au delà on rejoindrait Cuba et la Corée du Nord ! Faut pas déconner). 

Pourquoi nationaliser les banques et pas les constructeurs automobiles ?

Sauver le job d'un ingénieur de chez Peugeot ou d'un ouvrier de chez Renault est-il moins important que de préserver les bonus d'un trader de la Société générale installé à Londres ou de garantir le capital placé à la BNP d'une veuve milliardaire ? Moralement non mais économiquement oui. En fait la spécificité des banques sur n'importe quel autre secteur économique est la capité de nuisance systémique qu'on leur prête (même si cette idée est battue en brèche par l'exemple Islandais où l'Etat a laissé tombé ses banques et qui actuellement connait une forte croissance mais cette histoire n'est pas finie comme je l'explique ici). Pour faire simple, si Peugeot fait faillite Montbéliard tombe, si une banque française, même de taille modeste, fait défaut les répercutions peuvent se faire sentir jusqu'en Nouvelle-Zélande. C'est pourquoi les Etats sont plus sensibles au sort des banques que des constructeurs auto, c'est injuste mais le monde est injuste.
 
Les banques françaises sont-elles en danger ?
 

Les banques Françaises ont trois épées de Damoclès au dessus de la tête : Les PIIGS, la rumeur et une OPA.

- Les banques françaises sont bien plus engagées dans les pays victimes de la crise de la dette que leurs consœurs allemandes ou britanniques (c'est d'ailleurs pour cette raison que Merkel et Sarkozy ne sont pas d'accord sur les modalités de sauvetage de la Grèce comme je l'explique dans ce papier). 27%, 23% et 20% de la dette publique (ou 10, 5,8 et 2,8 milliards d'euros) respectivement grecque, portugaise et irlandaise sont détenus par les établissements bancaires français. A cela s'ajoute de grosses filiales bancaires installées en particulier en Grèce et en Italie. Pas besoin d'être commissaire au compte pour comprendre qu'en cas de défaillance d'un de ces pays le système bancaire français boira la tasse, mais survivra, et qu'en cas d'effet domino, entrainant l’Espagne ou l'Italie, c'est le calice jusqu’à la lie.

- La rumeur est au système financier ce que le placebo est à la médecine...enfin en sens inverse. Si le marché pense qu'une banque est sur le point de faire faillite ou suit une rumeur qui l'accrédite, la banque fera faillite car ceux qui ont des billes en jeux les retireront et les autres ne voudront pas ou plus lui prêter -c'est ce qu'on appelle une prophétie auto-réalisatrice-. Malheureusement les banques françaises sont victimes de rumeurs qui se nourrissent, soit de maladresses politiques, soit de l'opacité des comptes des banques. Quand les conseillers du président Sarkozy affirment, en pleine crise bancaire cet été, que celui-ci n'a aucune raison d'écourter ses vacances et que quelques jour plus tard il organise un conseil des ministres d'urgence, il nourrie la rumeur. Quand Christine Lagarde, directrice générale du FMI, déclare que les banques européennes devaient être recapitalisées, elle nourrie aussi la rumeur puisque qu'en tant qu'ancienne ministre de l'économie donc ministre de tutelle des banques, elle était une des mieux placée pour connaitre l'état réel de ces établissements (voir mon papier à ce sujet "L'AMF doit-elle ouvrir une enquête contre Lagarde ?").

Les banques aussi ont leur propres responsabilités dans le foisonnement de rumeurs. Personne ne prend au sérieux le stress test organisé par le CESB (Comité des superviseurs bancaires européens). Ce test destiné à rassurer les marchés face à la crise grecque a même eu l'effet opposé. Si quasiment tout le monde le passe, c'est qu'on nous cache quelque chose se lamentent les analystes financiers rattrapés par le syndrome conspirationniste.

- Plus une société cotée en bourse est sous-évaluée par rapport à sa valeur réelle plus le risque d'une OPA hostile augmente, c'est un classique. La capitalisation de la Société générale est descendu le 12 septembre dernier sous les 12 milliards d'euros soit 8 mois de résultat net du Chinois ICBC en 2010 !
La France, contrairement à l'Allemagne, n'est pas leader mondial dans beaucoup de secteurs économiques ; les produits de luxe, la construction d'automobiles, l’aéronautique, le vin, le camembert et la finance. C'est peut être pas le moment de perdre la main sur un secteur stratégique qui pèsent plus de 400.000 emplois qualifiés.

Les banques nationalisées vont-elles changer leurs "mauvaises habitudes" ?

Ceux qui pensent que les "mauvaises habitudes" sont le monopole du secteur privé, avide d'argent et amoral, ont la mémoire courte ou feignent de ne plus se souvenir du Crédit lyonnais et du GAN. Est-ce que les banques françaises doivent se cantonner à distribuer du crédit à des particuliers pour l'achat d'un logement et à des PME qui veulent s'équiper de machines-outils et ainsi laisser le champs libre aux banques anglo-saxonnes pour les produits financiers plus complexes mais globalement et sur le long terme plus rentables et générateurs de nombreux employés hautement qualifiés et bien rémunérés ? C'est détruire l'expertise française, connue et reconnue, dans le domaine de l'ingénierie financière et les débouchés qu'elle offre. Je sais, c'est pompeux mais c'est la réalité.

Quels coûts et y a-t-il des alternatives au nationalisations ?

Avec des capitalisations riquiqui, la nationalisation des banques françaises ne serait pas d'un coût exorbitant (surtout comparé au prix d'un sauvetage d'une banque en faillite) et pourrait même s’avérer être un investissement extrêmement juteux pour l'Etat, mais à deux conditions. D'abord le gouvernement ne doit pas accorder une prime d'indemnisation extravagante aux actionnaires. Il doit se comporter comme n'importe quel requin de la finance, si la Générale vaut 13 milliards en bourse aujourd'hui contre 30 il y a plus d'un an, l'Etat doit la racheter sur la base des derniers cours sans tenir compte des cours historiques, c'est à dire 14 milliards voir 15 à tout casser mais surement pas 20 ou plus. Le rôle de l'Etat n'est pas de soulager les pertes des actionnaires. La nationalisation ne doit ni être obligatoire sinon on entre dans un processus d'expropriation toujours risqué juridiquement (c'est pas Nanard ou Lagarde qui me contrediront) ni spoliative (on est pas des sauvages !). Seconde condition à une nationalisation partielle réussie, les banques ne doivent pas planquer des cadavres dans les armoires sinon la facture peut devenir vertigineuse. Vu que les postes les plus importants des banques sont trustés par d'anciens haut fonctionnaires c'est pas trop difficile de le savoir, à moins de jouer l'aveugle.

Ne pas nationaliser les pertes et privatisés les gains


Pourtant je pense que les nationalisations doivent être la dernière mesure à prendre et l'exemple irlandais devrait nous mettre en garde, à vouloir sauver toutes ses banques, le tigre celtique a frôlé la faillite. Heureusement pour nos amis rouquins (je plaisante) l'EU est venu à leur rescousse même si Dublin trouve encore les moyens de pinaller sur les conditions de l'aide (voir mon papier "L'Union européenne doit-elle renégocier le plan de sauvetage de l'Irlande ?). Cependant la France n'est pas l'Irlande, c'est un trop gros morceau pour être secouru même pas l'Allemagne.
C'est un peu facile de nationaliser les pertes et de privatiser les gains comme le rappellent à juste titre beaucoup de dirigeants de gauche (pour certains en oubliant au passage que c'est le gouvernement Jospin qui a conduit le plus de privatisation). C'est non seulement immoral mais contre-productif car cela incite les banquiers à l'imprudence, ce qui devrait être le contraire des valeurs de leur profession.

Aide toi et le ciel t'aidera

Les banques peuvent sa sauver elles-mêmes en prenant des mesures pour améliorer leurs bilans et éviter d'en arriver à une nationalisation même si leurs marges de manœuvre sont limitées.

1- Céder des actifs ? Les trois grandes (BNP-Paribas, Générale et Crédit agricole) ont déjà annoncé des programmes de cession d'actifs. Malheureusement le contexte économique étant ce qu'il est, il sera difficile de ne pas brader et donc de se priver de revenu future ce qui au final revient à affaiblir encore plus la banque vendeuse.

2- Augmenter le capital ? Trop tard, il fallait le faire avant que les cours de bourse ne plongent à moins d'accepter de diluer complétement le poids des actionnaires historiques parmi lesquels on trouve de nombreux salariés et les dirigeants. En plus avec des capitalisations représentant à peine des actifs des banques en moyenne c'est aussi futé que la vente de l'Alaska aux Etats-Unis par la Russie.

3- Ne plus distribuer les résultats et provisionner plus ? Encore trop tard, les dividendes viennent d'être versés en juin ou juillet, il faudra attendre le prochain exercice si les marchés ont de la patience bien sûre.

4- Virer les traders trop bien payés ? Sauf que généralement ceux qui sont très bien payés sont aussi ceux qui rapportent le plus. Un bon exemple, Kerviel, qui n'était pas un trader vedette surpayé, c'est même peut-être cette raisoncal qui l'a poussé à prendre des risques insensés.

Un cocktail de plusieurs solutions à doser avec la dextérité d'un Jerry Thomas

Les banques doivent se séparer des activités non rentables au meilleur prix et se renforcer dans les métiers profitables et d'avenir, virer les plus mauvais traders et garder les bons, provisionner plus largement et accepter de mettre une croix sur la distribution de dividendes pour 1 ou 2 ans. C'est facile à dire ?...oui mais c'est pour cela qu'un PDG d'une banque est mieux payé qu'un cantonnier.
L'Etat ne gérera pas mieux ni moins bien les banques puisque le plus souvent les grands patrons de banques sont d'anciens grands commis de l'Etat. La seule différence c'est qu'en nationalisant une banque celle-ci devient un boulet pour la nation toute entière même si elle l'est ,de facto, à cause de la garantie sur les dépôts bancaires.

Globalement les Français paieront, soit en tant que clients, soit en tant que contribuables. Mais plutôt que de vouloir jouer le rôle de pompier de service et de préteur en dernier ressort l'Etat devrait se cantonner à faire ce qu'il fait de mieux ; Légiférer pour séparer les activités de banque de dépôt -qui serait garantie- et de banque d'affaire où nos joyeux spéculateurs pourraient se plumer entre eux en toute liberté.


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41 réactions à cet article    


  • AntoineR 19 septembre 2011 10:03

    Une bonne nouvelle :
    Les défenseurs du capitalisme évoluent dans leur mentalité (même si c’est un peu tard).

    J’imagine le programme de 2017 de l’UMP :

     - Nationalisation des banques, des énergies et du secteur automobile.
     - Retraite à 57 ans
     - 32H hebdo
     - Renforcement de la sécurité sociale....


    Comme le dit notre président : « il faut savoir être pragmatique ».

    Quand on a que de l’idéologie et qu’on la change tout le temps, il ne reste rien.......


    • Aldous Aldous 19 septembre 2011 11:35

      Le capitalisme n’est pas un protagoniste dans cette guerre.
      Changez de lunettes, celles du marxisme sont légèrement dépassées.

      Quand on n’est pas capable de voir l’ennemi on a peu de chances de survivre.


    • Kalki Kalki 19 septembre 2011 14:12

      Le capitalisme se porte bien

      les êtres humains vont juste tous crever, en millard


    • xbrossard 19 septembre 2011 10:58

      @l’auteur

      laisser le champs libre aux banques anglo-saxonnes pour les produits financiers plus complexes mais globalement et sur le long terme plus rentables et générateurs de nombreux employés hautement qualifiés et bien rémunérés ?

      merci de nous rappeler que l’activité du futur de nos sociétés occidentales sera le parasitisme...
      mais dites moi, une simple petite question : quand tout les états non occidentaux détiendront l’essentiel des ressources, les compétences pointues et la main d’oeuvre bon marché, vous proposerez quoi pour qu’ils continuent à se faire parasiter en achetant notre soit disant expertise en bonneteau ? la guerre ? les coup d’états pour mettre des gouvernements plus dociles ? la fuite de capitaux pour que les riches des pays pauvres puissent continuer à exploiter leur peuple ?
      Quel belle vision d’avenir que nous propose les capitalistes !

      « c’est injuste mais le monde est injuste. »:je n’oublierais pas de vous le rappeler quand je vous servirais la soupe quand vous serez à la rue...


      • Le taulier Le taulier 19 septembre 2011 11:31

        Sauf que parasiter comme tu les dis, cela rapporte plus de de se lever tous les matin à 4 heure pour faire le pain.


      • xbrossard 19 septembre 2011 14:28

        @le taulier


        donc vous préférez que les petits chinois le fabrique votre pain ? 
        dommage qu’il n’y ai pas de point godwin pour le cynisme, parce que vous l’auriez allégrement franchi depuis longtemps

      • Le taulier Le taulier 19 septembre 2011 14:54

        Exactement. je préfère que un petit chinois fabrique ma paire de chaussette et qu’un Toulousain construise un avion. Le jour où ce sera l’inverse on poura dire adieux à notre niveau de vie.


      • Bovinus Bovinus 20 septembre 2011 12:47

        Le Taulier :
        Sauf que parasiter comme tu les dis, cela rapporte plus de de se lever tous les matin à 4 heure pour faire le pain.

        En aucun cas ça ne rapporte plus. Cessez de regarder la télé, il est désormais largement prouvé que cela anéantit les capacités intellectuelles.

        Ça ne rapporte pas plus, à moins que vous ne confondiez le papier (ou, pour être encore plus réaliste, une ligne de compte virtuelle dans un livre de comptes virtuel) avec la richesse réelle. Quand ceux qui se lèvent tous les matins à 4 heures pour faire le pain en auront assez, les parasites banquiers mourront de faim. C’est aussi simple que cela.

        Pour vous en convaincre, regardez le cours de l’or sur les 10 dernières années (en gros, depuis que l’euro existe sous forme de pièces et de billets). En 1999, la baguette était à 3 francs, à peu près. Maintenant, elle vaut le double. Pareil, ou pire, pour le café, les céréales, le sucre, la viande, les légumes, les vêtements et les chaussures. Les seuls trucs qui coûtent réellement moins cher sont les produits « high-tech », qui deviennent toujours plus sophistiqués pour un prix globalement en baisse (par exemple, les ordinateurs). Malheureusement, les produits high-tech ne se mangent pas, et par ailleurs, une fois qu’on a son PC, son lecteur DVD et son mobile, on n’a pas réellement besoin de les remplacer.

        De plus, à force de chômage, de précarité, d’appauvrissement et de perte de pouvoir d’achat (l’or ne « monte » pas, ce sont les devises qui se cassent la gueule), la consommation globale baisse, ce qui à son tour génère une contraction des marchés (c’est à dire, des faillites et des délocalisations), et une baisse constante des rentrées fiscales pour l’État, qui, fort logiquement, réduit les dépenses (moins d’hôpitaux, d’enseignants, de policiers...). En organisant un racket de masse des peuples et maintenant des États, la finance oublie que son rôle est d’alimenter l’économie et se met au contraire à la vampiriser, en détournant des sommes de plus en plus importantes à son seul profit. Si les politiques s’obstinent à protéger les banquiers comme ils le font depuis déjà trop longtemps, ils finiront avec eux au bout d’une corde, quand le peuple en aura assez. Les foules en colère ne s’embarrassent pas de juges et de tribunaux.

        Le Taulier :
        Exactement. je préfère que un petit chinois fabrique ma paire de chaussette et qu’un Toulousain construise un avion. Le jour où ce sera l’inverse on poura dire adieux à notre niveau de vie.

        Les Chinois, petits ou grands, sont déjà largement en mesure de faire des avions, aussi bien, plus vite et pour moins cher que les Toulousains. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont pas plus bêtes que les Toulousains, ont aussi deux bras et deux jambes, mais sont 1,3 milliards et se contentent de peu. Souvent même ils dorment et mangent dans l’atelier et ne prennent qu’une semaine de congés par an. Lorsque la situation d’Airbus-EADS sera telle que payer des Toulousains (beaucoup) plus cher pour faire des avions (beaucoup) moins vite ne sera plus tolérable, les Toulousains perdront leur emploi et iront à la soupe populaire. À moins qu’ils n’acceptent d’adopter les méthodes de production et le mode de vie des Chinois, ce qui, à terme, nous attend tous, dans un système qui met en concurrence sauvage le monde entier. Regardez ce qui se passe aux États-Unis. Des millions de types se retrouvent à la rue, dorment dans des tentes et mangent grâce aux tickets alimentaires de l’État. Une situation qui rappelle beaucoup l’Allemagne des années 30... ou, sans même avoir besoin de traverser l’Atlantique, les mêmes États-Unis à la même époque. Au lieu d’écrire de la merde, achetez-vous un bon manuel d’histoire.


      • AntoineR 20 septembre 2011 14:27

        « Exactement. je préfère que un petit chinois fabrique ma paire de chaussette et qu’un Toulousain construise un avion. Le jour où ce sera l’inverse on poura dire adieux à notre niveau de vie. »

        Il vaudrait mieux dire :
        « Je pourrai dire adieux à mon niveau de vie »

        il n’y a pas de « nous » dans votre vision des choses. Si vous êtes incapable d’avoir de l’empathie pour un gamin même à l’autre bout du monde, vous ne pouvez pas en avoir pour quelqu’un qui a juste la nationalité commune avec vous.
        A moins que vous soyez schizo ou totalement débile.


      • Aldous Aldous 19 septembre 2011 11:32

        Le marché n’est pas l’ennemi, c’est le terrain de bataille.

        On ne gagne pas la guerre en tirant des plans sur un terrain de bataille imaginaire.

        La première chose à faire pour élaborer une stratégie c’est de comprendre qui nous attaque.

        Mais bon, il faudrait déjà que quelques uns comprennent qu’on nous attaque !


        • AntoineR 19 septembre 2011 11:54

          Allez Aldous, je vous fait plaisir, je vous pose la question (je sens que vous mourrez d’envie de développer)
          Qui c’est qui donc qui nous attaque ?


        • Aldous Aldous 19 septembre 2011 16:19

          lisez mes articles smiley


        • Klisthène 2017 Kxyz 19 septembre 2011 11:43

          Nationaliser les trois banques Société Générale, Crédit Agricole, et la BNP est évaluée à 20 milliards, montant qu y avait été prété en 2008....En 2008 si la France les avaient nationalisées elle aurait fait une plus value de 7 milliards d euros au lieu des 2 milliards...

          mais les cokins du Fouquet ’s avait leur pantin à l Elysée et dame Lagarde à Bercy..
          .


          • titi 19 septembre 2011 23:55

            Vous êtes trop drole !!!

            Au moment du prêt de 20 Milliards les Cassandres criaient à la prise de risque inconsidérée : ces banques allaient faire faillite et ne pourraient pas rembourser, laissant l’ardoise aux contribuables.
            Voilà ce que disaient les gens comme vous il y a deux ans.

            Et maintenant que les banques ont remboursé (je rappelle que le prêt était soumis à un taux de 8 %) vous affirmez doctement qu’il aurait fallu les nationaliser.

            C’est sûr que donner des conseils rétrospectifs est aisé.


          • SI IL FAUT LE FAIRE.. 

            ET SURTOUT LA SG...LA BNP ET LE CA..

            CAR QUI Y A T IL DE COMMUN ENTRE NOS POLITIQUES ....D ’AFFAIRES(..VOIR LOREAL...KARACHI..BOURGI...DJHOURI...TAKKIEDINE. MAM...OLIER )
            ET NOS BANQUiERS D AFFAIRES DE LA SG...DE LA BNP ET LE credit agricole  ???

            reponse/ ils enrichissent les riches et les elus VOIR CLUBS HIPPOCRATE..PROMETHEE ..OIKONOMIA AT AUTRES....
            et surtout appauvrissent les pauvres 


          • paul 19 septembre 2011 11:58

            Toujours le même principe en application : nationaliser les pertes, privatiser les profits .
            En fonction de quoi, « la règle d’or » est encore une grossière arnaque sarkozienne pour nous lier davantage au système bancaire pour la dette .


            • titi 19 septembre 2011 23:56

              « même principe en application : nationaliser les pertes, privatiser les profits »

              arrêtez de ressortir cette phrase à tout va... elle ne veut rien dire... Si !!! que vous ne savez pas faire la différence entre un résultat et un actif.


            • foufouille foufouille 19 septembre 2011 12:46

              faut laisser les banques crever


              • Lath 19 septembre 2011 22:23

                L’ideal étant de déclarer l’argent des banques monnaie de singe, banque de france seul acrediter à délivrer de l’argent et tout argent non tracable es déclarer faux et détruit.

                La majeur partie de l’argent actuel es soit mafieux soit fictif.

                Remise à zero de tout les comptes, es la seule solution


              • kiouty 19 septembre 2011 12:54

                L’auteur a juste oublié de mentionner le plus gros risque qui va foutre un mega-bordel : le déclenchement des CDS qui vont faire tomber des établissements et des institutions même pas espoxés directement à la Grèce.

                A par ça tout va bien, pas besoin de nationaliser... Laissons faire le Marché. smiley


                • Le taulier Le taulier 19 septembre 2011 13:17

                  J’en parle. Les cadavres dans les placards c’est quoi à ton avis ?


                • De la hauteur 19 septembre 2011 13:07

                  Nous assistons à des nutations économiques qui échappes aux communs des mortels, nationalisé les banques si cela ce fait, c’est juste pour rassurer celui qui comprend rien à rien. Car dans cette histoire le véritable poumon ce se sont pas les banques, c’est le marchés boursiers qui cultive une finance hors sol.


                  • Superyoyo 19 septembre 2011 14:05

                    Bon, et en conclusion, le capitalisme, ça marche ?
                    On peut laisser faire la main invisible ou il faut que les gauchistes qui pronent plus d’état interviennent ?


                    • Le taulier Le taulier 19 septembre 2011 14:55

                      Le capitalisme n’est pas parfait mais pour avoir visité l’Ukraine et Cuba je te confirme que c’est pas le pire des systèmes économiques.


                    • foufouille foufouille 19 septembre 2011 16:26

                      va visiter les agriculteurs zuniens qui appartiennent a monsanto
                      « food inc » a voir


                    • Bovinus Bovinus 20 septembre 2011 13:03

                      Le Taulier :
                      Le capitalisme n’est pas parfait mais pour avoir visité l’Ukraine et Cuba je te confirme que c’est pas le pire des systèmes économiques.

                      C’est exact, c’est un système qui en vaut un autre. Le problème est qu’on n’est plus vraiment dans le « capitalisme » ou même, plus simplement, dans une « économie de marché ». Les marchés ont besoin de règles et de transparence pour fonctionner. Il n’y a plus de règles, et l’opacité est à peu près totale.

                      Concernant Cuba, la pauvreté - relative - du pays ne provient pas nécessairement de son système économique (au demeurant, pas tout à fait marxiste). Faudrait pas oublier non plus qu’ils sont sous embargo depuis plus de 50 ans, et ont subi de plein fouet la dissolution de l’URSS, celle-ci étant le principal fournisseur d’énergie et de matières premières pour Cuba.

                      Pour l’Ukraine, la relative pauvreté est à mettre au compte de l’incohérence politique des élites de ce pays, qui veulent du gaz mais ne veulent pas le payer, poussent à l’adhésion à l’UE et l’OTAN en dépit des réalités géopolitiques, stratégiques et culturelles du pays (à 80% orthodoxe et russophone), sans parler des réalités économiques. Autrefois, c’était le « grenier à blé » de l’empire russe et un pays florissant, même du temps de l’URSS ; or, à ma connaissance, les terres sont toujours là, les infrastructures et les gens aussi. C’est donc que le problème est ailleurs.


                    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 19 septembre 2011 15:31

                      Je me demande si on finira par faire marcher la planche à billets pour créer une banque européenne qui va gentiment racheter tous les crédits pourris des banques.

                      Avec un peu de chance, ça ne créera même pas d’inflation, ce qui devrait faire plaisir aux Allemands !

                       smiley smiley smiley




                      • Superyoyo 19 septembre 2011 15:32

                        Le communisme n’est pas parfait mais il n’a jamais provoqué de crise mondiale. Le capitalisme par contre a mené à la crise de 1929, crise qui a favorisé la montée du fascisme qui a mené à la 2ème guerre mondiale...

                        Plus sérieusement, je suppose que tu n’es pas pour un capitalisme pur et dur comme je ne suis pas pour un communisme pur et dur. Un peu de libre entreprise, ça fait du bien pour la compétitivité, un peu de contrôle par l’état, ça fait du bien pour corriger les injustices. Le tout est de trouver le bon équilibre, et actuellement je trouve qu’on va trop loin du coté du libre marché.


                        • Le taulier Le taulier 19 septembre 2011 15:54

                          Aucun système n’est parfait mais faut reconnaitre qu’en millions de morts le communisme arrive en tête suivi de près par le nazisme et que le capitalisme est loin derrière.

                          L’état ne corrige pas les injustice il les amplifie.


                        • Redj Redj 19 septembre 2011 17:11

                          Vous pouvez inclure toutes les victimes de l’esclavage, du nazisme, de la pollution dans le le 1/3 monde, de la famine dans le capitalisme, et là je ne sais pas qui est le plus mortifière !!! 


                        • Superyoyo 20 septembre 2011 01:18

                          « L’état ne corrige pas les injustice il les amplifie »


                          Alors pourquoi vous demandez à l’état de « légiférer pour séparer les activités de banque » ? Malheureux ! Si vous laissez faire l’état il va amplifier le problème, laissez donc faire le marché !

                        • Le taulier Le taulier 20 septembre 2011 09:30

                          L’Etat doit s’occuper de ses affaires et pas des affaires. Séparer les activités de banque de dépôt avec celles de banque d’affaire c’est ses affaires puisqu’il garantie l’argent des déposant. par contre décider si il faut investir dans les dérivés sur matières premières ou dans les futures sur taux c’est pas ses affaires.


                        • Superyoyo 20 septembre 2011 09:52

                          Et qui décide quelles sont les affaires de l’état ? c’est le marché ?
                          C’est bien un raisonnement de capitaliste : « laissez-nous faire ce qu’on veut, sauf si ça tourne mal, alors là que l’état intervienne pour nous sauver »


                        • copainsky 19 septembre 2011 16:43

                          Nationaliser les banques ça n’a rien de communiste, c’est une question de bon sens. Les Etats n’ont plus d’argent, il faut bien aller le chercher là où il est. A noter que ces banques se sont enrichies grâce à la spéculation et aux placements offshore.

                          Que l’états reprenne le contrôle pourquoi pas, mais l’impulsion doit venir de la société civile, il faut un vrai mouvement démocratique, que cette impulsion vienne du peuple. Il faut multiplier les action sur le terrain. Tiens ben en parlant de ça hop ! www.aidonslargent.org
                          Ce site montre bien que l’on peut combattre le système sans retomber dans un autre encore pire.

                          • De la hauteur 19 septembre 2011 18:30

                            Nationaliser les banques, c’est pissé dans violon, car en réalité, les vrais coupables, ce sont les profits des multinationales qui faut cour cuité.


                            • Cyril Cyril 20 septembre 2011 03:31

                              Merci pour cet article tres interessant,

                              en effet, je ne comprenais pas quelles pouvaient etre les conséquances financières d’une nationalisation pour les actionnaires.

                              Le jour ou les actionnaires seront responsable financierement, mais surtout juridiquement, des actes de leur entreprise, peut-etre, que la finance conetra une belle purge...


                              • xbrossard 21 septembre 2011 10:19

                                « Le jour ou les actionnaires seront responsable financierement, mais surtout juridiquement »


                                tout à fait, la notion même de personne morale pour une entreprise, qui permet à un groupe de possédant de se comporter comme des psychopathes (je n’invente rien, plusieurs études le montre, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Corporation ) sans en supporter les conséquences est complètement anormal, et est certainement à l’origine d’une grande partie de nos problèmes...

                              • bigglop bigglop 26 septembre 2011 01:16

                                Bonjour,
                                Mais, il existe une solution : il s’agit de contraindre les actionnaires (donc les administrateurs) de recapitaliser par une augmentation du capital, soit par l’émission de nouvelles actions, d’un emprunt obligataire convertible ou non en actions, à dividende prioritaire ou non, à double droit de vote ou non.
                                Il est possible d’augmenter le capital par incorporations de réserves et de provisions constituées antérieurement.
                                Si leur valeur continue à baisser, il possible légalement de les « saisir » : saisir les banques faillies n’a donc aucun caractère d’attentat à la propriété puisque la propriété a été anéantie par la faillite même, la faillite étant de ce point de vue l’équivalent capitaliste de la bombe à neutrons qui tue les droits de propriété en laissant intacts les bâtiments, les équipements et même, quoique pendant un temps relativement court, les humains salariés capables de les faire marcher. C’est tout cela qu’il faut récupérer.

                                Lisez l’article de Frédéric Lordon

                                http://blog.mondediplo.net/2010-12-02-Ne-pas-detruire-les-banques-les-saisir#La-croyance-financiere-a-la-derive



                                • Le taulier Le taulier 26 septembre 2011 10:18

                                  1- les administrateurs et les actionnaires c’est pas la même chose. Les administrateurs ne détiennent pas plus de 10% des grandes banques françaises. légalement personne ne peut être forcé à acheter des actions n’y à participer à une augmentation de capital

                                  2- On ne peut pas saisir comme cela une entreprise qui a fait faillite car les créanciers de cette entreprises ont priorité

                                  3- Les laisser faire faillite c’est ruiner des nombreux petits clients.


                                • bigglop bigglop 26 septembre 2011 17:04

                                  Bonjour Le Taulier,
                                  « Légalement, on ne peut les contraindre à augmenter leur capital... »
                                  C’est exact, mais à partir de mon expérience professionnelle dans l’expertise-comptable des partenaires externes à l’entreprise peuvent lui imposer cette décision.
                                  Par exemple, une banque peut conditionner le financement d’un investissement lourd à une augmentation de capital pour améliorer certains ratios de l’entreprise et sa garantie financière.
                                  L’Etat peut faire aussi cet « amical » chantage bien que depuis plusieurs années ce soit l’inverse qui se produit avec l’influence de BNP-Paribas, Socgen, et autres...

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