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Accueil du site > Actualités > Economie > Orages désirés ?

Orages désirés ?

Notre ministre du budget, Eric Woerth, est en première ligne depuis quelque temps. Grand argentier, il se charge de nous rassurer sur la crise, en montrant que sous après sous, il tient bien les cordons de la bourse. Certes il y a bien une augmentation du déficit du budget 2009, mais au fond ce n’est pas grave. C’est la faute à la croissance qui n’est pas au rendez-vous. La convergence des 3% de déficit, et des 60% de dette du PIB du traité de Maastricht, préconisée par Bruxelles ne sera pas atteinte de sitôt.

Il s’est permis d’évoquer Maastricht en affirmant le matin du 20 octobre sur Radio classique, qu’on peut même « s’arranger » exceptionnellement avec certains articles de ce fameux traité pour solutionner les problèmes spécifiques d’un pays. Je crains que ce ministre n’ait pas connaissance d’autres articles des traités Européens où il est indiqué (article 108 du traité de Maastricht) que la BCE peut effectivement aider un pays à passer un cap difficile, rien ne permet de penser qu’il puisse en être ainsi pour tous les pays de la zone Euro en même temps. Le texte est on ne peut plus clair :

« Dans l’exercice des pouvoirs et dans l’accomplissement des missions et des devoirs qui leur ont été conférés par les traités et les statuts du SEC et de la BCE, ni la Banque centrale européenne, ni une banque centrale nationale, ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou organismes de l’Union, des gouvernements des États membres ou de tout autre organisme

Il faut être franc et nous dire alors que ce traité en laissant libre choix aux capitaux de se placer où ils veulent et quand ils veulent, était une erreur. Donc, par la force des choses, comme tout bon traité dans l’histoire, il est devenu caduc, ainsi que le traité de Lisbonne qui en reprend très exactement les termes. De qui se moque –t-on ?

On va « moraliser » les finances nous disent nos officiels. Comme si c’était possible ! On va supprimer les parachutes dorés. Ce qui reviendrait à faire une loi qui s’immiscerait dans les décisions internes de l’entreprise. Là aussi il faut faire attention à ce qu’on dit. L’entreprise a-t-elle ou non le droit de s’autogérer librement ? Un conseil d’administration qui engage un PDG, et lui attribue des émoluments sous un forme ou une autre devra demander des autorisations aux pouvoirs publics ou au Médef ? Taxer les stocks-options ? Oui c’est possible, mais, il suffira aux conseils d’administration d’en attribuer davantage pour compenser l’impôt supplémentaire qui est envisagé. Et le bouclier fiscal sera là pour limiter les dégâts.

Comment éviter à nouveau les placements à risques quand le système des bourses autorisent les ventes à découvert ? Comment sauver les finances d’elles-mêmes sans entrer dans un système de régulation qui remette en cause la libre entreprise en freinant les mouvements de capitaux par une taxe de type Tobin ? Taxer les transactions financières quand l’article 56 du traité de Maastricht dit :

« Article 56 (art. 63 du traité de Lisbonne)
 « Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres, et entre les États membres et les pays tiers sont interdites

Nos gouvernements sont sur le fil du rasoir : la libre entreprise va-t-elle devenir moins libre ? Et dans ce cas, il faudra remettre en question les traités Européens.

Soit les gouvernements monteront les impôts, quitte à se déjuger, soit ils seront obligés de faire marcher la planche à billet. Les écarts entre les revenus du salaire et ceux de la rente vont encore s’accentuer. La suite est évidente : les mouvements sociaux vont prendre de l’envergure. Choisir entre la politique de l’offre, qui vient de démontrer sa dangerosité et la politique de la demande où l’Etat redevient prescripteur de l’Entreprise n’est pas facile. L’Etat sera-t-il assez fort pour faire face aux puissances d’argent et obliger comme en 1968 lors du vrai Grenelle les grandes entreprise à augmenter de 15% les salaires en moyenne ? Pour cela il faudra qu’il s’appuie sur le peuple. Ce qui n’est guère possible avec la démocratie faussement représentative qui est la nôtre.


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2 réactions à cet article    


  • Botsu 19 novembre 2008 17:50

    Vous me faites marrer avec vos histoires d’impossibilité d’encadrer un minimum les rémunérations. C’est un vrai miracle que ce terme de libre-entreprise ait pu en arriver à une utilisation si outrancière, qui plus est dans quand on se concentre sur les multinationales et les oligopoles.

    Vous avez dit libre-entreprise ? Est-ce qu’on parle aussi des salariés du bas de l’échelle et plus généralement des citoyens ? Dans ce cas je ne vois pas en quoi il s’agit d’un terme approprié, encore moins comment celle-ci pourrait devenir "moins libre". Quand on refuse de faire siéger des représentants du personnel dans les conseils d’administration... alors j’en déduis plus simplement qu’on parle d’une liberté sélective, celle d’arriver en haut de l’échelle et d’écraser les autres, étant entendu qu’une majorité restera sur le carreau. 


    • Blé 20 novembre 2008 07:32

      L’homme nouveau est arrivé.

      Il travaille plus pour gagner plus, il la ferme, il se dit heureux de travailler 365 jours sur 365 jours, de se détendre devant sa télé grâce à Druker et autres animateurs, de bouffer des O G M, de fermer son robinet d’eau pendant qu’il se lave les dents, de payser 50% plus cher le gaz et l’électicité, de plaindre les pauvres riches qui ont beaucoup de soucis pour gérer la richesse produite par les classes laborieuses.

      Quand appellerons-nous un chat un chat :
      notre société passe sous un régime totalitaire non plus politique mais économique, ce qui revient à peu de chose près au même.

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