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Accueil du site > Actualités > Economie > Où en est l’implantation des nouvelles villes chinoises en France (...)

Où en est l’implantation des nouvelles villes chinoises en France ?

JPEG Dans une tribune parue en octobre 2014 dans Marianne, Nouvelles villes chinoises en France : un scandale industriel annoncé ?, nous tirions la sonnette d’alarme à propos de projets d’implantation de milliers d’entreprises chinoises au sein des mégazones Eurosity à Châteauroux en Indre et TerraLorraine en Moselle. Qu’en est-il deux ans plus tard ?  

Châteauroux, bientôt 1er entrepôt européen du « made in China » ? 

Les dernières autorisations d’installation d’une plateforme logistique de 120 000 m2 au cœur de la communauté d’agglomérations de Châteauroux, sont attendues cet été. La base logistique pourrait voir le jour avant la fin de l’année. Elle serait érigée au sein d’une surface totale de 4.4 millions de m2, située à Ozans et principalement dédiée à l’importation de produits « made in China » en Europe. Une ligne directe Chine-Châteauroux desservirait l’ancien aéroport de l’OTAN implanté dans la zone.

Nous avions, lors de la rédaction de l’article en 2014, mis en garde les acteurs publics contre le danger de ce projet habillé pour faire bonne figure.

La promesse d’investissement en 2012 de 400 millions d’euros avait déjà été divisée par deux en deux ans. Depuis le projet a été amputé et les chinois n’apporteront pas les 200 millions qu’ils avaient promis en juin 2014. En effet, il apparait aujourd’hui, que les improbables usines et leurs emplois industriels ne verront pas le jour et que la transformation du Château d’Ozans en hôtel 4 étoiles est oubliée. Le projet de nouvelle université qui devait abriter 6 000 à 8 000 étudiants a été revu à la baisse. Les anciens bâtiments militaires de la Martinerie ont été réquisitionnés et seront décorés avec des éléments récupérés dans d’anciennes expositions. Ainsi, les 50 élèves chinois de la rentrée 2016 trouveront refuge dans cette école improvisée mais baptisée « Pôle d’enseignement supérieur international de la Martinenie ». Cependant, le centre d’innovation et de technologie (CITECH) de 3700 m2 est achevé et les plateaux sont en vente (2500 €/m2). 

Mais c’est la collectivité qui devra payer le plus lourd tribut. L’agglomération de Châteauroux a prévu d’investir 91 millions sur 15 ans en achat de terrains, voieries et rénovation. Le département de l’Indre devait mobiliser 15 millions d’euros pour les routes d’accès. Mais d’autres subventions pourraient s’ajouter dont celles concernant l’enseignement ou les R&D. Par ailleurs, les entreprises chinoises qui s’installeraient, bénéficieraient de nombreuses aides publiques dont jusqu’à 35 % d’aides à l’installation et de crédits d’impôt. Cependant, il est à craindre qu’une simple activité d’importation probablement robotisée et peu gourmande en emplois, ne génère pour les castelroussins que quelques dizaines ou peut-être 200 ou 300 postes de travail si l’on inclue les cadres et employés chinois. Mais celle-ci pourrait détruire à terme dans l’hexagone, plusieurs milliers ou dizaines de milliers d’emplois industriels, indirects et induits avec un coût final pour le contribuable français, qui pourrait atteindre chaque année, plusieurs milliards d’euros.

Selon un article du journal les échos, publié en décembre 2014, la vente des terrains et bureaux devait rapporter 2 milliards d’euros à la SFECZ, société foncière chinoise qui commercialise le projet EuroSity. Cependant, les entreprises chinoises ne semblent pas encore se bousculer. Le site de vente en ligne Ali Baba souvent montré du doigt pour ses contrefaçons pourrait s’y installer mais interrogé en janvier 2016 par des journalistes de la Nouvelle République, le maire (LR) de Châteauroux, Gil Avérous déclarait « je n'ai pas le nom des entreprises qui doivent s'y installer. Il y a des contacts avancés, j'en ai rencontré mais il n'y a pas d'implantations signées ». Mais peut-être est-t-il prématuré d’y voir un signe d’échec. Des centaines d’entreprises importatrices chinoises pourraient, lorsque la plateforme sera construite, affluer en quelques semaines. 

Abandon du projet Terra Lorraine en Moselle

Le Pharaonique projet Terra Lorraine porté par le fonds d’investissement luxembourgeois Comex Holding, a été abandonné en décembre 2015. L’émergence du e-commerce et le repli du marché chinois étaient alors évoqués.

L’installation de 2 000 et à terme 20 000 entreprises chinoises qui auraient importé 500 puis 5 000 containers soit plus de 20 millions de tonnes de marchandises par an, aurait provoqué la disparition en France et en Europe, de milliers voire de dizaines de milliers d’ateliers et d’usines.

Le double jeu d’Arnaud Montebourg

Pourtant, lorsqu’il était ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg s’était entretenu à ce sujet avec le dirigeant de Comex Holding Régis Passerieux. Cet avocat d’affaires, énarque et ancien maire (PS) d’Agde qui a marié le chantre du made in France en 1997, avait révélé en avril 2013 :

« Bien sûr que je lui en ai parlé. Il m’a écouté attentivement et n’a semblé ne rien avoir contre. » 

On aurait pu attendre du candidat à l’élection présidentielle de 2012 qui prônait la démondialisation, moins de bienveillance envers des projets mortifères pour l’industrie made in France. Nous ne pouvons désormais que partager le doute d’entrepreneurs et ouvriers de l’industrie qui le soupçonne d’exploiter à leurs dépens, le thème du made in France, pour nourrir son ego et servir son ambition politique. Bien qu’il ait, durant son passage au ministère de l’Economie, surtout démontré son impuissance et collectionné les revers, l’amateur de coups médiatiques a malgré tout profité de sa surmédiatisation, pour associer le plus souvent son nom au patriotisme économique. Pour cela, il n’a pas hésité à dégrader sa fonction ministérielle en s’affichant en marinière ou en insultant ses interlocuteurs, forçant souvent le trait jusqu’à la caricature. Mais les polémiques entretenues et les déclarations enflammées n’ont que brièvement ou jamais fait illusion. Il est peu certain que l’éventuel candidat à la primaire socialiste qui attend les idées des internautes pour abonder son « Projet France », soit doté d’une réelle vision économique. Celui-ci semble avoir cherché tout au long de sa carrière politique, l’axe de communication qui lui permettrait de se démarquer des autres élus du PS et le mènerait à l’Elysée. Aussi, bien qu’il soit maintenant permis, à la lumière de la déclaration de Régis Passerieux, de douter de la sincérité de son engagement pour l’industrie française, Arnaud Montebourg persiste à se raccrocher au slogan made in France dont il galvaude le sens jusqu’au ridicule. Mais on peut comprendre que l’ancien député de Saône et Loire ne soit pas prêt à prendre le risque de cesser d’exploiter ce filon médiatique sans lequel il ne représenterait plus rien.

Qui paiera la gabegie ?  

Aucun des prétendus défenseurs du made in France ne s’est opposé à l’installation des megazones d’importation et nous avons alors dû combattre seuls les deux projets Eurosity et Terra Lorraine, en révélant dans la presse ces scandales financiers, en interpellant le Président de la Cour des Comptes Didier Migaud ainsi que les présidents des chambres régionales des comptes (CRC) mais aussi en contactant le président de la Commission Européenne Jean Claude Juncker et près de 700 députés européens dont l’industrie manufacturière des pays respectifs aurait été menacée. 

Nous avons récemment, à nouveau sollicité Pierre Van Herzele, président de la CRC de la région Centre-Val de Loire afin qu’il diligente un contrôle jugeant de l’efficience des deniers publics dépensés dans le cadre du projet Eurosity et relève, en cas de faute de gestion ou d’imprudence, la part de responsabilité des décideurs et gestionnaires publics.

Mais si l’on pense que les engagements financiers chinois n’ont pas été tenus et que les élus locaux ont été abusés, peut-être convient-il aussi de réclamer à la SFECZ, filiale du fond souverain chinois Beijing Capital Group (BCG) dont le principal actionnaire est la ville de Pékin, le remboursement des sommes indûment dépensées par notre collectivité. 

Francis Journot

Francis JOURNOT tient le site Collectivité nationale. Il est membre fondateur du mouvement Rendez-nous notre industrie et des associations Vêtements made in France et International convention for minimum wage 


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18 réactions à cet article    


  • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 6 septembre 12:18

    L’EMPIRE DU MILIEU expansionniste...


    Sera tout simplement l’Empire de partout et « VICTOR » avec son escouade de commentateurs antizzzzarabes a fait passer facilement son article-machin ici :


    Il faut savoir ce que l’on veut et ce que l’on veut pas...

    • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 6 septembre 13:30

      @clone sampiero

      Non, ça ne m’intéresse pas parce que ces auteurs-paperassiers-alarmistes sont des cons et ils ne veulent que vendre leur pourriture à un public qui consomme sans modération ! 

      Ces auteurs-vautours ne sont pas loin de « sampiero l’idiot de l’Agora » ...

    • Pegase 02 (---.---.199.46) 6 septembre 12:54

      Incroyable, on est presque à l’aboutissement du projet mondialiste  smiley

      @ l’auteur de l’article,

       - Peut on visiter ces mégazones Eurocity et TerraLorraine ? 

       - Une entreprise française peut elle s’y implanter ?

       - La législation française sur le travail s’y applique t’elle ?

      Ceci dit, le secteur façonnage du textile est aujourd’hui délocalisé plutôt au Bangladesh , au Vietnam et au Cambodge (Decathlon par exemple) ...  et Moldavie , Roumanie pour l’Europe ...


      • Paul Leleu 6 septembre 16:30

        @Pegase 02


        il restera aux humains autour du monde à faire une révolution mondiale contre ces exploiteurs sans frontières... 

        les nations modernes ne sont nées que pour s’unir face aux tyrans nationaux... 

        maintenant que les tyrans sont mondialisés, la révolte suivra le même chemin. 

        Les exploiteurs s’entendent... il n’y a que les exploités qui se divisent. 

      • Xenozoid Xenozoid 6 septembre 16:36

        @Paul Leleu


        Les exploiteurs s’entendent... il n’y a que les exploités qui se divisent. 

        d’ou l’insistence du pouvoir du status quo et sur le fait que la nature ne tue que le faible(le sans fric),la division basé sur une illusion n’est pas une conséquence,c’est la cause


      • Pegase 02 (---.---.199.46) 7 septembre 09:17

        @Paul Leleu

        @Xenosoid

        Jetez un œil à ce reportage, c’est hallucinant ... .

        Effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, 1200 morts .. 

        Textile : la colère des exploitées - Envoyé Spécial
        https://www.youtube.com/watch?v=Fxo66Q7rSMM

        Il y a encore des reporters qui font le job .. ouf .


      • Xenozoid Xenozoid 7 septembre 16:03

        @Pegase 02


        par la même merci pour le lien je re recherche un documentaire sur l’argentine d’il y a 15 ans sur des employer qui reprenais le controle des usines en argentine , j’ai perdu le lien de la communauté , si je me rappelle il s’appellait the game je crois , le jeu

        aidez moi car cela était un bon documentaire

      • Xenozoid Xenozoid 7 septembre 16:08

        @Xenozoid


        made a mistake it was call the take


        it is in english and spanish


      • Alren Alren 6 septembre 13:24

        Ceci dit, le secteur façonnage du textile est aujourd’hui délocalisé plutôt au Bangladesh , au Vietnam et au Cambodge (Decathlon par exemple) ... et Moldavie , Roumanie pour l’Europe ...

        Bien sûr !

        Comment ne pas avoir compris, comme les Chinois « que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel » et que l’exploitation forcenée de la main d’œuvre chinoise ne durerait pas au point qu’un flux durable de ses produits continuerait à se déverser sur le monde pendant des dizaines d’années, seule raison valable d’investir aussi considérablement dans des structures uniquement liées à l’importation, qui plus est par voie aérienne pour des produits dont l’intérêt est uniquement le faible prix ?

        Vraiment les « décideurs locaux » de Châteauroux ... auraient dû me consulter !

        Bien entendu les Chinois qui ont ainsi lésé les contribuables de la région ne rembourseront rien puisqu’ils n’ont pas signé de contrats les responsabilisant en cas d’échec !


        • howahkan howahkan Hotah 6 septembre 16:37

          @clone sampiero

          salut cela me semble correct....

          au bout du compte c’est : allez les gars bossez, moi je vais faire une sieste, penser me fatigue


        • Alren Alren 11 septembre 12:55

          @clone sampiero

          C’est toujours plaisant d’être appelé « con » par un parfait imbécile !

          Merci du compliment !


        • zygzornifle zygzornifle 6 septembre 16:31

          ils ont déjà l’aéroport estrosi de nice ....


          • zygzornifle zygzornifle 6 septembre 16:32

            ils attendent patiemment l’aéroport de notre dame des landes pour l’acheter a vil prix .......


            • ZenZoe ZenZoe 7 septembre 11:32

              Les décideurs français sont vraiment des abrutis avec une vision court-termiste.
              Le textile français est (ou plutôt était) une cible de choix, avec un savoir-faire et une qualité recherchée partout.
              Or nos décideurs ont pensé qu’il était bon de se défaire de ce patrimoine en vendant usines, brevets et matériel à des compagnies chinoises (métiers à tisser, machine à fabriquer la dentelle etc.). Et en laissant les produits chinois de faible qualité inonder le marché.
              Maintenant le textile français est moribond et les Chinois peuvent à présent produire n’importe où et se remplir les poches.


              • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 8 septembre 15:16

                @L’auteur, Alinéa et ZenZoe

                Très bon papier et bonnes réflexions.

                Je ne saurais trop vous inviter à parcourir et lire attentivement les rubriques figurant dans les deux sites de l’auteur, particulièrement intéressants.

                Pour une fois les analyses sont suivies de propositions et de solutions concrètes :

                Collectivité nationaleRendez-nous notre industrie

                RB


              • alinea alinea 7 septembre 14:51

                Je me demande si nous avons bien les élus que nous méritons ! Ils semblent avoir trois messes de retard sur le moyen d’expansion de leur commune, sans compter que l’argent public est plus facile à dépenser que le sien propre.
                Nous voilà bien, entre les Américains, le Qatar, les islamistes et les Chinois ! Il faut commencer peut-être à se poser quelques questions !!


                • baleti 11 septembre 17:13

                  l’auteur

                  Et l’implantation de la France a travers le tiers monde, avec seulement quelque caisse de kalachnikov comme investissement.

                  on en parle moins

                  les milliard de dollars que les entreprise française rapporte de chine, tu croyait qu’il n’y aurai pas une contre partie.

                  la France a plus besoin de la chine ,que le contraire

                  le bizness na pas de nation

                  on entre dans une aire ou le nationalisme, est une idéologie de plouk 


                  • keuta (---.---.42.206) 12 septembre 09:54

                    Vers Chateauroux, les chinois achètent aussi énormément de terres agricoles, parfois au triple de leur valeur.
                    Ils ont bien compris que la crise de demain sera alimentaire, et achètent les terres les plus fertiles dans le monde ainsi que des moyens d’envoyer les récoltes en Chine, d’où l’achat de l’ancien aérodrome militaire dans le coin...

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