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Accueil du site > Actualités > Economie > Oui à une révolution fiscale !

Oui à une révolution fiscale !

Après avoir suscité un « ras-le-bol fiscal  », le gouvernement essaie de reprendre la main sur ce dossier, en exhumant une promesse de campagne du candidat François Hollande : une grande réforme fiscale. Si le principe est intéressant, en revanche, tout dépendra de ce qui sera mis en place.
 
Le joker du gouvernement
 
Il y a quelques jours, le gouvernement était au plus mal après des semaines de polémiques sur Léonarda, les hausses d’impôt ou l’écotaxe. Sans même en informer ses ministres semble-t-il, Jean-Marc Ayrault a décidé d’essayer de reprendre la main en annonçant une réforme de la fiscalité, qui faisait partie du programme du candidat Hollande. Hier, le premier ministre a donc reçu les partenaires sociaux pour discuter du cadre de la réforme, sans la présence de Pierre Moscovici, retenu par un autre engagement. Le Monde a consacré un papier assez complet et intéressant sur le sujet.
 
 
Après, il y a réforme fiscale et réforme fiscale. Le gouvernement osera-t-il la révolution prônée par Thomas Piketty, Camille Landais et Emmanuel Saez dans leur très bon livre  ? L’oubli de cette promesse électorale a été sévèrement jugé par le premier, qui critique souvent le gouvernement. Rien n’est moins sûr quand on voit la capacité de cette équipe à reculer juste après avoir avancé, devant les protestations des uns et des autres. En outre, les Français sont assez sceptiques, beaucoup craignant, logiquement, que cela aboutisse à une nouvelle hausse des impôts, comme l’explique le Figaro.
 
Ce qu’il faudrait faire

La fiscalité française a grandement besoin d’être réformée (comme dans d’autres pays d’ailleurs : la fiscalité étasunienne étant encore bien plus complexe, contraignant plus de 90% de la population à passer par un expert comptable pour déclarer ses revenus !). Tout d’abord, comme l’ont montré les auteurs de la révolution fiscale, elle n’est pas juste : les plus riches paient moins d’impôt, du fait des niches fiscales et de la fiscalité plus favorable du capital. Cela se retrouve également dans la fiscalité des entreprises : quand les PME paient 30% d’IS, les multinationales en paient moins de 10% !

Nous devons donc mettre en place une fiscalité plus juste et plus simple. Et pour passer outre la résistance des intérêts particuliers, il faut être radical dans la suppression des niches fiscales et sociales (estimées à 120 milliards d’euros). Et la simplicité doit être un principe cardinal, qui réduira le coût de l’impôt pour consacrer plus de moyens à la traque de la désertion fiscale. C’est pour cela que je suis, à titre personnel, favorable à une fusion de la CSG et de l’Impôt sur le revenu. La proposition (de Piketty, Saez et Landais) de fusionner toutes les aides familiales en une seule semble de bon sens.
 
Enfin, la réflexion sur la fiscalité doit être toutes ses composantes. Il faut également changer le financement de la protection sociale, qui pénalise le travail et explique en partie le niveau du chômage. Mais le transfert de sommes tellement importantes ne pourra pas être uniquement fait sur la fiscalité actuelle. Il faut intégrer quatre autres sources potentielles : la fiscalité verte (taxe carbone), la fiscalité sur les importations (contre la concurrence déloyale), la fiscalité sur la finance et une lutte bien plus énergique contre les parasites fiscaux. Ainsi, il serait possible de proposer une réforme fiscale juste.
 
 
Enfin, devant la montée des inégalités, cette réforme devra restaurer la progressivité de l’impôt car, comme le disait Tocqueville : « préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous  ».

 


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19 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 26 novembre 2013 15:18
    Oui à une révolution fiscale !....mais ce sera pas le PS qui la fera en 2017....mais le FN.. !

    • Bernard Dugué Bernard Dugué 26 novembre 2013 15:25

      A force d’en avoir plein le dos on finira par attraper une hernie fiscale

      sinon, Laurent, votre schéma n’est pas sérieux, avec 2000 euros, on est plutôt dans les classes moyennes.


    • claude-michel claude-michel 26 novembre 2013 16:28

      2017 vous dévoilera vos erreurs de jugement...
      Bonne journée.


    • Croa Croa 27 novembre 2013 09:04

      Pourquoi le FN et pas le FG ou d’autres ?

      (Effectivement il n’y a rien à attendre du PS.)


    • claude-michel claude-michel 27 novembre 2013 12:15

      Par Croa....Le FN est a 25% des voix...le front de gauche à 2%...juste un constat.. !


    • Mycroft 26 novembre 2013 17:40

      Il faudra expliquer en quoi cet article est anti-social.

      Qu’il soit lourdement modéré, soit, mais en considérant que garder le paradigme de la propriété est un bien (ce qui l’hypothèse de la majorité, même si ce n’est pas la mienne) les réformes proposés vont dans le bon sens.

      Une fiscalité plus simple et plus juste n’est pas anti-sociale. Cet article est très factuel.


    • Robert GIL ROBERT GIL 26 novembre 2013 15:38

      idéologiquement, il existe en France une aversion populaire à l’égard de l’impôt qui saigne le peuple : la taille, la dîme, la gabelle… La classe dirigeante s’appuie habilement sur cette aversion populaire pour véhiculer sa propre haine envers l’impôt. Les économistes et idéologues libéraux y vont de leurs couplets : trop d’impôts tuent l’impôt, la fiscalité décourage l’initiative privée… Alors que la réalité est exactement l’inverse : la baisse des impôts tue la croissance à cause de la diminution des dépenses publiques qui jouent un rôle essentiel sur l’activité économique........

      voir : VIVE L’IMPOT


      • Alpo47 Alpo47 26 novembre 2013 15:55

        « Réforme fiscale ». Depuis que ces termes ont été prononcés, tout le monde est tétanisé. Evidemment, chacun se plait à imaginer -juste un peu, on a le droit de rêver- que celle ci se traduira par une baisse de ses prélèvements.

        Sauf que ... les grands guignols qui nous dirigent n’ont pas dit -d’ailleurs, ils n ’en ont aucune idée« - ce qu’ils mettaient derrière cette réforme fiscale.

        Alors, et étant donné que cette »gôôôôche« fait la même politique que ceux qui l’ont précédée, mieux vaut dire tout de suite qu’il ne peut en découler rien de bon. La majorité d’entre nous seront tout autant, sinon plus, ponctionnés -peut être de manière encore plus hypocrite- et les mêmes continueront d’acheter des yachts et de diner au caviar.

        D’ailleurs, et on sait qu’une idée doit être présentée »en douceur« et progressivement, les termes »prélèvement à la source« ou »taux uniforme pour tous" reviennent de plus en plus. Imaginons : 10 ou 15% de prélèvement quel que soient les revenus.
        Vous gagnez 10.000%, on vous prélève 1000 ou 1500€, il vous reste donc 8500 ou 9000 pour vivre.
        Vous gagnez 300 ;000€, on vous prélève 30.000 ou 45000€, il vous reste 270 ou 255.000€ pour vivre.
        Pas tout à fait la même chose.

        Or, c’est cela la réforme fiscale attendue par les libéraux.


        • Jason Jason 26 novembre 2013 17:23

          Gros boulot devant. Espérons que cette histoire ne débouchera pas sur une fable qu’on pourrait appeler les nouveaux ’comptes de Payrault’.


          • Antoine 26 novembre 2013 23:01

            « Oui à la révolution fiscale », à condition que le braillard paie moins d’impôts et son voisin davantage...


            • Croa Croa 27 novembre 2013 09:14

              L’auteur oublie d’intégrer la fiscalité en nature qui effectue son retour...

               ...en catimini : La journée ’’de solidarité’’ est ni plus ni moins qu’une corvée moderne. Il y a donc lieu de l’intégrer dans le calcul de la fiscalité globale ! 


              • ETTORE ETTORE 27 novembre 2013 12:19

                Premièrement : Tétaniser tout le monde par l’annonce.............c’est fait !

                Le temps que tout le monde se perde en conjonctures, qu’on réponde, qu’on fasse semblant de faire quelque chose.....on pousse, on modifie, on revient sur des petites lignes pour prouver qu’on réfléchit à tout ça, on refait une annonce....etc etc....

                Deuxièmement : :..............
                ...........
                Ben dites.... on est en 2017, comme le temps passe vite, hein ? comment tous chômeurs ?

                  • samuel 27 novembre 2013 14:31

                    Ils ne sont pas bidonnés. Ils sont partials.

                     


                  • Pere Plexe Pere Plexe 28 novembre 2013 22:28

                    Mensonges ? Piketty n’a caché aucun des faits que votre lien utilise pour pitoyablement attaquer ses travaux .

                    Les auteurs de ces calomnies seraient bien incapable,et pour cause, de fournir une vraie étude aussi documentée que celle qu’ils entendent dénoncer.


                  • Muse 28 novembre 2013 22:55

                    Tout à fait Pere Plexe, les mensonges des libéraux (excusez moi pour le pléonasme) ont été débunkés assez vite et très efficacement.


                  • gogoRat gogoRat 27 novembre 2013 13:07

                    La vision économisiste qui nous a été inculquée de notre plein gré nous empêche de reconsidérer nos problèmes d’une façon vraiment radicale.
                     Pourtant quand ça chauffait vraiment (en 1848) les mots d’une « révolutionnaire » (Anne-Cécile Robert) ont été retenus pour traduire la plus éminente des priorités :
                      « Nul n’a droit au superflu tant que chacun n’a pas le nécessaire. » !

                     Nos préoccupations de principes égalitaristes pourront paraître mesquins aux yeux de l’histoire ...
                    car même avec le plus juste des impôts progressifs, ... nos plus démunis, sans revenu, continueront de crever dans une indifférence d’autant plus grande que notre bonne conscience sera rassurée par une apparente justice fiscale.
                     Notre aspiration à la « fraternité », voire d’autres considérations plus « égoïstes » de notre propre intérêt bien compris (besoin de cohésion sociale, d’une ambiance moins stressée et plus humaine ... ) pourraient cependant nous amener à un renversement fondamental de ’logique’ :
                     vouloir garantir à tous le minimum indispensable quitte à sacrifier l’exigence d’un idéal de redistribution prétendument « équitable » !

                     Accepter une dose d’injustice pour obtenir le minimum indispensable à un équilibre global
                    ... c’est à dire accepter un impôt injuste pour peu qu« à tout le monde soit garantie la sérénité du minimum nécessaire à une vie décente ( Sans quoi le principe de liberté d’expression n’est qu’une belle hypocrisie quand l’indigence réduit au silence celles et ceux dont la vie même témoigne de »bugs« préoccupants dans notre fonctionnement social )

                     Gageons que, (au prix peut-être d’une certaine »simplicité volontaire« non imposée, mais d’un niveau décent ) les Françaises et Français équilibrés seraient bien capables de laisser s’empiffrer ou s’étriper entre eux les excités ou les infatués qui courent après une accumulation de biens ...

                     Quand la reconnaissance de son prochain pourra s’opérer par des critères humains naturels plutôt que sur des considérations de statuts ou de richesses matérielles, le rééquilibrage des répartitions de richesses se fera tout seul, non plus par la loi ( qui ne peut rien pour la »vertu") mais par le fait culturel d’une évolution de conscience éthique .

                     une piste fiscal pour donner du grain à moudre ? => refondre le fisc ! 


                    • Peretz1 Peretz1 28 novembre 2013 17:45

                      La seule façon rationnelle d’agir c’est d’augmenter les dépenses et surtout pas les rentrées. C’est contracyclique comme dit J.Stieglitz et comme le préconisait Keynes, qui ne sont pas considérés comme des idiots. A moins que Hollande veuille démontrer par l’absurde comment il ne faut pas faire...S’il n’y avait pas l’euro et Merkel tout serait simple.


                      • Pere Plexe Pere Plexe 28 novembre 2013 22:20

                        Le paradoxe est que je partage assez grandement les propos de cet article...mais ne crois pas un instant que le parti politique dans lequel milite l’auteur, pétri de la doxa de droite, tire réellement les enseignements de ce constat.

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