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Accueil du site > Actualités > Economie > Paradis fiscaux... cessons l’hypocrisie

Paradis fiscaux... cessons l’hypocrisie

Marronnier récurrent à chaque période troublée de notre société, la lutte contre les paradis fiscaux est non seulement hypocrite mais elle sert également – et surtout – à détourner l’attention du citoyen vers d’autres cibles que les carences de l’État.

Quelle plus belle opportunité que cette crise financière en cette année 2009 pour montrer du doigt ces sociétés off shore qui choisissent de payer leurs impôts sous des climats fiscaux plus accueillants.
 
Aïe vous exclamerez-vous, voilà un type qui vient défendre les paradis fiscaux. Il est certainement l’un de ces adeptes de l’évasion fiscale. Haro sur lui !... Salaud de capitaliste !...
 
Eh bien non. Mais je ne suis pas non plus "lou ravi de la crèche" ou/et un cerveau embrumé par la désinformation orchestrée par des pseudos « purs » qui voient derrière les sociétés off shore des mafias, des magouilleurs, des fraudeurs.
 
Bien sûr que ces catégories de hors-la-loi utilisent certains paradis exotiques mais les pays accueillants sont de moins en moins nombreux pour ces clients embarrassants. N’en déplaise aux détracteurs, beaucoup de pays dits paradis fiscaux n’acceptent pas aussi facilement l’inscription de sociétés aux buts mal définis. Il est fini le temps des boîtes aux lettres, à l’exception de quelques îles "cocotières" où un simple dépôt de fonds suffit à créer une compagnie.
 
L’argent sale c’est celui des mafias, du banditisme, de la drogue, de la prostitution, de la non déclaration de revenus gagnés dans son pays d’origine, mais en aucun cas celui de compagnies qui cherchent à être compétitives sur le marché mondial, flexibles et réactives dans leurs prises de décisions. Leurs revenus proviennent de leurs activités déclarées dans ces paradis et ils y paient des impôts. Plus ou moins élevés c’est vrai, mais c’est tout là la question. 
 
Donc mon propos exclut ces quelques territoires « voyous » qui ne sont pas un vrai danger pour l’économie mondiale ; les services fiscaux de chaque pays peuvent en contrer efficacement les nuisances. Ils le font d’ailleurs très bien aujourd’hui.
Parlons seulement des places financières off shore importantes mais légales.
Tout d’abord pourquoi ces places existent-elles.
 
Parce qu’on y trouve une fiscalité plus légère, une flexibilité et une réactivité plus vives que dans son pays d’origine. "Un impôt fraudé est un impôt injuste" disait un économiste dont j’ai oublié le nom. Le secret bancaire y est certes garanti, mais la compagnie doit justifier de ses activités et de l’origine de ses ressources chaque année à l’État où elle est immatriculée. Nous sommes donc loin des valises de billets circulant allégrement d’un pays à l’autre. Et brisons une idée reçue et entretenue par les détracteurs : si une demande judicaire est faite accompagnée de preuves flagrantes de trafic ou d’argent noir, aucun de ces États ne fera obstruction car ce n’est pas son intérêt tout simplement. Une place off shore garantit la confidentialité sur la société et le secret bancaire sauf éléments probants prouvant l’illégalité des activités de ladite société et de ses revenus. Par contre, l’évasion fiscale n’est pas un critère de levée du secret bancaire, chaque pays a son régime fiscal et ce serait une atteinte à sa souveraineté que de le juger sur ce point. Et, première hypocrisie, certains de nos pays de la communauté européenne ne sont-ils pas des places off shore ?… sont-ils des états voyous pour autant ? Luxembourg, Belgique, Angleterre, Irlande, France (avec Andorre), Autriche, Espagne, Portugal … Il est très facile de désigner des pays lointains aux plages ensoleillées, mais encore faudrait-il balayer devant sa porte. Deuxième hypocrisie : qui sont implantés dans ces paradis fiscaux (les "légaux" et ceux dits voyous) ? Nos banques françaises comme toutes les autres banques mondiales.

Si nos dirigeants veulent moraliser la finance, qu’ils interdisent à nos banques et à nos grandes compagnies d’ouvrir des filiales dans ces pays. Mais ceci leur est impossible car – troisième hypocrisie – comment traiteraient-ils les contrats d’armement et les ventes d’avions s’ils n’avaient ces compagnies off shore bien pratiques. Sans parler de nos pétroliers.
 
On ne peut dénoncer un système et en profiter soi-même.
 
On entend ces derniers jours que Obama va lutter contre ce fléau. Bien. Va-t-il déclarer le Delaware et les Îles Vierges états voyous ?
 
Au nom de quoi les États peuvent-ils intervenir ? Droit d’ingérence ? Dans un État souverain ? Mais c’est la porte ouverte à tous les abus si un petit État était contraint par les lois d’un autre État plus fort. C’est tout simplement impensable. Ce serait quasi un acte d’agression.
 
Autre méthode entendue ces jours derniers (mais rabâchée depuis 30 ans) : mettre ces pays au ban des Etats, les isoler et prendre des mesures de rétorsion. Que l’on m’explique comment ils s’y prendraient ces vertueux pour isoler les pays cités plus haut. Et s’ils y parvenaient, que récolteraient-ils ? Les fonds émigreraient vers d’autres paradis incontrôlables. Quel serait le gain ?... Le plus immoral serait que ceux-là même qui prennent ces mesures s’empresseraient de protéger les fonds publics en les virant vers une autre place off shore avant de couper la tête à leurs concitoyens.
 
Interrogeons-nous plutôt sur les raisons qui poussent nos « purs » à vouloir moraliser les pratiques des contribuables. Ne serait-ce pas pour faire main basse sur le pactole ? Pour en faire quoi, construire des routes, des hôpitaux et des écoles ? Ce sont de bons arguments qui entraînent l’adhésion de tous, les beaux sentiments sont très vendeurs. Mais j’ai des doutes compte tenu des pratiques de nos gouvernements successifs avec nos économies. L’injecter dans les finances publiques ? Ce serait plus probable. Mais l’État est un vrai panier percé et le plus mauvais gestionnaire qui soit en ce bas monde. Et une fois dépensé cette manne, que restera-t-il… refaire les poches de tous les contribuables ?
 
Allons, soyons sérieux, cessons ces discours de miss France « tout le monde doit manger à sa faim, la paix sur la terre, on prend l’argent aux riches, et halte au cancer et au sida … » D’accord j’ironise, mais les raisonnements de nos politiques sont tout aussi indigents. Ils ne brassent que du vent et leurs effets grandiloquents n’ont aucune portée.

Et pour conclure, il faut savoir que pour créer et entretenir une société off shore cela coûte de l’argent et oblige à une gymnastique comptable et administrative compliquée. Ce n’est pas à la portée de tout le monde. Si une compagnie s’embarrasse de ces complications c’est qu’elle ne trouve pas dans son pays d’origine la souplesse nécessaire à ses activités et qu’elle est trop lourdement taxée. Dans ce cas il est de bonne guerre – je dirais même de bonne gestion – de chercher à être plus compétitif. Que l’État soit moins gourmand (et surtout moins dépensier) et les compagnies choisiront d’aller là où c’est le plus facile pour elles : chez soi.
 
Mais ça n’abolira pas les places off shore car les Etats en ont besoin pour leur commerce d’armement, d’aviation et de matières premières. Alors, ces braillards qui crient sus aux paradis fiscaux sont-ils prêts à couper la branche sur laquelle ils sont perchés ?
 
Ne vaudrait-il pas mieux créer des zones "paradis fiscal" comme il existe des zones franches, contrôlées par les Etats eux-mêmes et ainsi récupérer une partie de la manne financière brassée ? Cela offrirait les mêmes avantages pour les entreprises qui ne seraient pas obligées d’aller s’exiler dans des contrées lointaines et dépenser des fortunes ailleurs que dans leur pays d’origine.
 
Je suis resté volontairement assez général dans mon propos afin de ne pas faire trop long, il reste beaucoup d’arguments à développer, mais gardons-en sous le pied pour répondre à ceux qui commenteront cet article ou émettront des objections. J’ai des munitions. 
 

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25 réactions à cet article    


  • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 9 mars 2009 12:39

    J approuve totalement. Les francais, si fiers de l’independance de leur pays surtout vis a vis des Etats Unis d’Amerique, devraient faire corps derriere la Suisse. Il est impenseble que, non pas la diplomatie US, meme simplement une administration, le fisc US. fasse pression sur un Etat souverain en usant de methodes de chantages. Pour un pays democratique, la fn ne doit pas justifier les moyens, et encore, il faut voir la fin.


    • Joseph DELUZAIN Joseph DELUZAIN 9 mars 2009 16:58

      à ELEUSIS 
      Je commence par vous car ma réponse sera courte.
      Les français sont comme tous les autres pays du monde - les plus vertueux soient-ils (euh... en paroles hein, pas en actes) - ils font ce qui est dans leur intérêt. Il y a loin du discours moralisateur aux prises de positions tranchées. Les effets de manche sont apaisants pour le peuple mais la réalité oblige à une autre attitude. 


    • bob 9 mars 2009 12:56

      Oui et non

      Vous avez raison de souligner que les paradis fiscaux sont un marronnier revenant tous les deux ans. Il est tout aussi vrai que les politicards vereux se jettent sur cet argument pour dissimuler leur turpitude.

      En revanche, l’ouverture de compte est toujours aussi aise. Elle s’est meme simplifiee. Le nombre de boites a lettre est toujours aussi important, voire meme davantage. Vous vous definissez comme voyageur, prenez la peine d’aller en Suisse. Au dela d’un sympathique tour du pays, vous trouverez des officines financieres improbables ou vegetent des noms de societes parfois grotesques.
      Contrairement a ce que vous dites, l’ouverture de compte dans des paradis fiscaux est infeodee au montant que l’on desire y deposer ( information officieuse de banquiers). Le compte sera pris en charge par des services specialises qui s’occupereont notemment de la comptabilite et du relationnel. Ce service a un cout mais qui reste bien inferieur a celui pratique dans les pays d’origine. Cela va dans le sens d’un arret des voyages de malettes de billets : le montant n’est pas assez important et la verification est chronophage. Le temps n’est-il pas de l’argent ?

      Vous definissez l’argent sale comme provenant du crime et pretendez qu’il s’agit d’argent sous-terrain. Il est par consequent impossible a quantifier ni meme a estimer. Ne faites pas de difference entre une delinquance de particuliers et une delinquance d’entreprises. Briser la loi revient a etre sanctionne de la meme maniere car dans le cas contraire, elle n’a plus vocation a etre respectee.

      Dans la suite de votre texte,vous faites une confusion entre secret bancaire, discretion, fraude fiscale et evasion fiscale. Aussi souhaite-je preciser certains points.
      Le secret bancaire est represente par une serie de lois, coutumes, procedures, visant a ralentir, parfois empecher, la divulgation d’informations sur un compte en particulier. Aucune place n’a de pretention a cacher des capitaux occultes meme si la realite differe. Vous pretendez que ces pays donneront les informations relatives aux comptes de leur plein gre : La recente affaire des hauts dignitaires allemands et du Lichtenchtein prouve le contraire. L’action de ces pays ne fonctionne que sous la pression d’un voisin plus grand ou important economiquement. Demandez a la juge Eva Joly quelles ont ete ses difficultes pour obtenir des informations propres a une enquete judiciaire et ecoutez sa reponse ( ou lisez un ouvrage a propos de l’affaire ELF ).
      Ces paradis fiscaux entretiennent une volontaire opacite sur les termes d’evasion fiscale et de fraude fiscale. Il apparait, dans les deux cas, que le contribuable ne veut pas payer un impot legitime. Cela rebondit sur la phrase de votre economiste qui pretend que l’impot fraude est un impot injuste. Cette phrase justifie tout simplement la fraude.


      • Joseph DELUZAIN Joseph DELUZAIN 10 mars 2009 07:13
        À BOB et à certains autres … ce qui m’évitera de répondre à chaque commentaire.

        Avant de répondre à certains points plus en détails, je voudrais rappeler que j’avais pris soin de bien différencier les sociétés « boîtes aux lettres » des sociétés dûment immatriculées avec de réelles activités commerciales ou industrielles. Mon propos portait sur les entreprises qui font le choix de s’immatriculer off shore.
        Ceci dit, et je le rappelle ici avec insistance, ne pas faire d’amalgame sous le vocable « paradis fiscal », c’est là le but de cet article. Mélanger tout et son contraire serait un raccourci que nos médias utilisent trop souvent. Que l’on discute du pour ou contre des sociétés off shore et de leur raison d’existence, c’est un point intéressant qui dépasse largement le cadre d’un article, mais assimiler systématiquement toutes ces sociétés a des fraudeurs et à des criminels n’est pas l’exacte vérité.  
         
        L’ouverture d’un compte n’est pas la création d’une société off shore. Mais puisque vous parlez de ce sujet Bob, je vous confirme qu’il est aisé d’ouvrir un compte secret et nul n’est besoin d’aller chez nos voisins pour ce faire, les banquiers français vous le font en une heure.
         
        Je fais la différence entre l’argent sale dont la provenance est incertaine et l’argent provenant d’activités commerciales. Pourquoi une société qui a décidé d’établir son siège ailleurs que dans son pays serait-elle délinquante ? Les délocalisations de nos entrepreneurs vers des pays qui ne sont pas des paradis fiscaux mais avec des coûts moindres procèdent de la même démarche.
        Je pense que vous faites un amalgame avec dissimulation de revenus, ce qui n’est pas mon propos, je l’ai bien précisé dans l’article. Choisir une fiscalité plus douce n’est pas trafic.
         
        Justement vous revenez sur ce point avec ma « confusion » de fraude, évasion, dissimulation, discrétion, confidentialité. Il n’en est rien. Fraude, dissimulation, évasion sont des comportements délinquants, mais la discrétion et la confidentialité qu’un État ou un organisme vous garantit n’est pas illégale et encore moins délinquant. Accepteriez-vous que votre compte bancaire soit scruté par n’importe qui ? Une entreprise n’y tient pas et on la comprend. Elle déclare aux services concernés et cela suffit. Là encore, pas d’amalgame avec des états voyous ou des « boîtes aux lettres » qui, je l’ai précisé aussi, existent bel et bien. Je ne traite que des sociétés off shore, et off shore ne veut pas dire forcément délinquant. C’est hélas l’assimilation qui en est faite le plus souvent.
        Concernant les cas que vous citez (Eva Joly) soyez plus précis et expliquez pourquoi il y a des réticences certaines fois. Dossiers mal bouclés, preuves insuffisantes et … arrogance des fonctionnaires français donneurs de leçon à leurs homologues étrangers (c’est du vécu). Si certains dossiers avaient été présentés en respectant les règles de droit du pays ils n’auraient pas été déboutés. A l’opposé je peux vous dire que j’ai eu connaissance de cas de sociétés off shore qui ont été résiliées par les autorités du pays accueillant et dont les comptes ont été transmis aux pays d’origine. Mais ces cas ne sont jamais révélés au public.
        J’ai bien dit les comptes, car dans les « paradis fiscaux » dont je parle, il n’est facile d’ouvrir une compagnie que dans la limite des activités autorisées, et les comptes sont déposés chaque année pour obtenir l’exemption de taxe. La source des revenus doit être clairement précisée.
        Bien sûr que ces comptes et leur source sont confidentiels dès l’instant où ils ne proviennent pas d’activités douteuses. Encore une fois mon cher Bob – vous permettez que je vous appelle mon cher Bob – nous ne parlons pas de la même chose.
        Vous concluez en donnant un sens négatif à la formule de l’économiste que je cite, mais vous pouvez tout aussi bien lui donner un sens opposé : si un impôt est fraudé c’est qu’il y a une réelle injustice et il est nécessaire d’y apporter une solution. Mais je ne citais cette formule que pour éclairer les causes d’évasion fiscale. Certains ne veulent pas rester des moutons bêlants et gémissants, ils quittent le troupeau.
        Je le répète une dernière fois : je ne fais pas l’apologie de la fraude, de la dissimulation et autres joyeusetés, mais j’illustre le dicton qui dit : « c’est le plus gêné qui s’en va » … donc une entreprise qui se sent gênée dans son pays a tout a fait le droit de choisir des cieux plus cléments. Je ne vois pas pourquoi on lui jetterait des pierres. Et au nom de quoi irait-on lui demander des comptes puisqu’elle a choisi de s’exiler.
        Ceci dit Bob, vous avez soulevé des questions qui sont bien réelles et d’actualité et pris des positions morales. Sur les premières je vous suis mais je vous avoue que je me méfie de la morale, elle a fait bien des dégâts de par le monde. Que d’injustices au nom de la morale.
        Pour qu’un État demande à ses citoyens un comportement vertueux, peut être faudrait-il qu’il soit un exemple lui-même. 

      • bob 10 mars 2009 12:30

        Monsieur,

        S’il est vrai que vous avez pris soins de differencier les notions de boite aux lettres et societe dument immatriculee, vous semblez faire l’impasse sur le fait qu’il est particulierement ardu pour un membre non-initie de faire la difference entre ces types de compte.
        Comment savoir quelle entreprise se complait dans l’illegalite et quelle autre agit dans la legalite. La confidentialite ( secret) permet ce type de confusion et l’absence d’action des services nationaux locaux laissent a penser qu’elle est voulue.

        L’ouverture d’un compte dans un paradis fiscal demeure un moyen pour une entreprise pour ne pas pays d’impots dans un pays qui generalement assure sa perenite. Cela est d’autant plus facheux qu’en cas de defaillance les contribuables seront appeles a la rescousse pour refinancer ces etablissements qui a leur tour verseront ces capitaux ( tout ou partie) dans des pays totalement etranger a la veritable economie francaise. De plus, l’idee d’une personne physique ou morale lorsqu’elle etablit son siege dans un paradis fiscal est bien d’echapper a l’impot : dans certains pays cela est reprime par la loi d’ou mon appelation de delinquance financiere.
        Quant aux delocalisations, il n’est venu a l’idee de personne que l’Europe et les USA etant le consommateur du monde, leur appauvrissement conduirait celui-ci a s’appauvrir. Pensez-vous que les pays du tiers monde feront de bons consommateurs ? leur population solvable est de 10% et le nationalisme economique dont ils font preuve les preserve des atteintes de produits etrangers.
        Mon propos n’est pas de dire que la fiscalite est douce en France. L’impot ecrase davantage de citoyens ( chefs d’entreprise comme simple citoyen ) qu’autre chose et sa redistribution est clairement dispendieuse et mal adaptee. Il reste neanmoins scandaleux qu’une partie de la population puisse s’en exonerer en France au motif qu’elle en ait les moyens. Cela porte a l’egalite devant l’impot et touche directement les fondements de la societe francaise.

        Vous parlez de compte secret en France, auriez-vous l’obligeance de preciser de quoi il s’agit ?
        Hormi les paradis fiscaux francais ( que je denonce avec la meme virulence que ses congeneres etrangers), je ne connais pas de regles speciales sur les comptes dont la fiscalite seraient dissimules aux services fiscaux, les fiducies francaises etant declarees.

        Vous pretendez qu’une personne ouvrant un compte secret n’a rien a cacher alors que n’ouvre-t-elle un compte dans son pays d’origine ? Une fois de plus, nous sommes dans un cas de fraude fiscal ( dans le meilleur des cas).
        Quant aux cas d’aide internationale a combattre le crime financier, il est tout a fait possible que les francais soient arrogants ( pourqui pas ?) mais que dire lorsque toute demande provenant de tout pays se conclue par une fin de non-recevoir identique. J’avais indique dans mon post precedent que des coutumes locales peuvent retarder une procedure aussi surement que la loi.
        Par ailleurs, tous les pays n’ont pas le meme regime de loi comptable et la structure d’accueil des fonds peut varier suivant les besoins. Etablir des comptes deposes ( meme faux) est totalement contingeant. Quant a la source, si vous travaillez dans le milieu bancaire, vous conviendrez que la justification confine au burlesque. Regardez par vous meme, lors d’un audit, l’origine des fonds et prenez seulement les perles du grotesque.
        En ce qui concerne la confidentialite, un compte reste secret tant qu’aucun action judiciaire autochtone ne s’est penche dessus.

        Enfin, vos propos comme quoi un individu qui obeit a la loi est un mouton et que pour sortir du troupeau il faille se lancer dans l’illegalite ou la delinquance m’inquiete. Les anarchistes illegalistes tenaient le meme propos : on sait ou cela les a mene ( bande a Bonnot). Vous avez neanmoins raison sur la mauvaise gestion de l’etat par des personnes elles-meme quelque fois ayant fait de la prison. L’Etat ( les membres "elus" )n’a pas de lecon de morale a faire a ses citoyens et gagnerait a une fiscalite plus souple.


      • bob 9 mars 2009 12:59

        Je n’ai aucune animosite particuliere envers la Suisse que j’ai evoque dans mon commentaire. Ce que j’en dit peut s’appliquer a la totalite des autres paradis fiscaux.


        • Parpaillot Parpaillot 9 mars 2009 13:54

          @ l’Auteur :

          Très bon article, pertinent, succint, qui remet un peu les pendules à l’heure sur ce site peuplé de dogmatiques abreuvés par des médias indigents, pulvérisant les lieux communs, mythes et autres clichés, mieux que ne le ferait une sulfateuse dans les vignobles du Bordelais ... Toutes ces images qui incitent les ramollis du bulbe à fantasmer le soir en se cultivant à la lueur de TF1 ...

          Comme l’écrit l’auteur, il est de bon ton d’ouvrir des contre-feux, de s’en prendre à des boucs émissaires bienvenus pour masquer l’incurie de la gestion des deniers publics, ça ne coûte rien et cela permet surtout de détourner l’attention du public des vrais problèmes tels que la réorganisation de l’Etat ou la réforme de la fiscalité. Cette manoeuvre de diversion permet aussi aux dirigeants politiques de gagner du temps en se défaussant sur des lampistes tout en évitant de prendre des risques en engageant des réformes impopulaires.

          Que demande le Peuple ? Du pain et des jeux, comme hier à Rome ...

          Aujourd’hui les jeux lui sont présentés par de grands marionnettistes, tireurs de ficelles aux propos vertueux qui récitent en coeur leur spectacle, celui qui répond à l’attente du bon peuple !

          Cordialement !


          • Parpaillot Parpaillot 9 mars 2009 14:29

            Que demande le Peuple ? Du pain et des jeux, comme hier à Rome ...

            J’oubliais juste de préciser que pour le pain, les greniers étant vides, je crains que nous ne devions tous nous contenter de pain rassis pour quelques temps ...

            Cordialement !


          • ZEN ZEN 9 mars 2009 14:46

            Bonjour Parpaillot

            Alors, on défend ses coffres de Genève ou Zürich ? smiley

            L’auteur a raison sur les faits , quand il dit :"On ne peut dénoncer un système et en profiter soi-même."

            Mais au niveau du droit, on peut s’interroger sur le rôle pervers des paradis fiscaux , tendon d’Achille du capitalisme ,sur l’économie générale et sur les conditions de leur dissolution dans le droit international commun

            Bien helvétiquement à vous


          • ZEN ZEN 9 mars 2009 14:49

            Il m’est arrivé de commettre un article sur ce sujet , il y quelque temps


          • Parpaillot Parpaillot 9 mars 2009 15:18

            Bonjour Zen !

            C’est du Centre de l’Hexagone que je poste aujourd’hui ces messages, ce qui explique mon ton un peu plus musclé que d’habitude ...  smiley

            " Il m’est arrivé de commettre un article sur ce sujet , il y quelque temps "

            Mon cher Zen, il va de soi que je garde en mémoire votre article, que j’avais commenté d’ailleurs en étant très mesuré et très courtois ...  smiley

            " Mais au niveau du droit, on peut s’interroger sur le rôle pervers des paradis fiscaux , tendon d’Achille du capitalisme ,sur l’économie générale et sur les conditions de leur dissolution dans le droit international commun "

            Je crois qu’ici vous confondez "droit" et "idéal politique"  ? smiley

            Même si les "paradis fiscaux" - dont la définition reste tout de même à établir - sont moralement condamnables, ils sont tout de même fondés sur l’Etat de droit pour la plupart d’entre eux. Alors il ne faut pas sombrer dans l’angélisme, ni surtout entretenir des mythes si souvent utiles à la démagogie ...

            J’abrège mon propos par manque de temps, une Tourangelle impatiente m’attend ...  smiley

            Cordialement !


          • Joseph DELUZAIN Joseph DELUZAIN 10 mars 2009 07:18

            C’était la teneur de mon propos. J’ai voulu réagir suite à un énième article paru dans un hebdo sur ce sujet. Mais je vois que le sujet est une fois de plus détourné.
            Merci d’avoir compris le sens que je voulais donner à mon intervention, peut être n’ai-je pas été assez clair. 


          • Joseph DELUZAIN Joseph DELUZAIN 10 mars 2009 07:37

            A PARPAILLOT

            Tout nouveau sur ce support, je n’avais pas pris connaissance de votre article, je l’ai fait ce matin. Il n’est pas en opposition avec ce que je dis, je n’ai voulu que grossir le trait sur l’amalgame qui est fait autour de ces sociétés off shore. Que l’on discute de leurs raisons d’être est bien la preuve que des réformes fiscales plus équitables seraient le meilleur moyen de pallier aux transferts de sièges sociaux. 
            Et même dans un Etat le plus vertueux soit il, il existera toujours des sociétés délinquantes, mais celles-ci seront plus "visibles". Et pas la peine d’aller dans les paradis fiscaux pour en trouver, il y en a chez nous, des biens françaises, et pour lesquelles les pouvoirs publics ont accordé de larges "facilités". C’est contre ce type d’hypocrisie que je m’élève. Je veux bien que l’on jette l’opprobe sur telle compagnie mais avec des arguments réels et non pas au travers de ce que l’on a appris par les médias. Bien entendu le sujet des paradis fiscaux est vaste et vous avez bien compris que je ne traitais que d’un paramètre : l’amalgame. 


          • Cug Cug 9 mars 2009 14:14

            "Mais ça n’abolira pas les places off shore car les Etats en ont besoin pour leur commerce d’armement, d’aviation et de matières premières. Alors, ces braillards qui crient sus aux paradis fiscaux sont-ils prêts à couper la branche sur laquelle ils sont perchés ?"

            A force de vendre des armes ... va y avoir un retour d’explosif.
            Les avions seront bientôt obsolètes un peu comme la locomotive à vapeur.
            Quand aux multinationales qui exploitent les matières premières ... les dissoudre est devenue vital.


            "Ne vaudrait-il pas mieux créer des zones "paradis fiscal" comme il existe des zones franches, contrôlées par les Etats eux-mêmes et ainsi récupérer une partie de la manne financière brassée ? Cela offrirait les mêmes avantages pour les entreprises qui ne seraient pas obligées d’aller s’exiler dans des contrées lointaines et dépenser des fortunes ailleurs que dans leur pays d’origine."

            Société à deux vitesses ... des iles paradisiques pour certains et des zones franches pour d’autres bref pousser plus loin ce qui existe déjà.
            Les mutlinationales se foutent de leur pays d’origine leur champ d’action est le monde, c’est déjà demain.

            Pour en revenir au titre ... si les paradis fiscaux comme les parachutes dorés peuvent servir à masquer la réalité (un arbre en cachant un autre) cela ne change rien au fait que les paradis fiscaux ne produisent rien et ne servent qu’à planquer de la richesse produite et soustraite ailleurs ... ils ne peuvent donc être dissociés de l’économie.


            • Le péripate Le péripate 9 mars 2009 15:00

               Nous pourrions même, si l’audace nous en prenait, devenir nous mêmes un paradis fiscal.... smiley

              Faisons passer l’impôt sur les sociétés de 33% à 17%, remplacer l’ipôt sur le revenu actuel par une flat tax unique pour tous de 19%, supprimons l’ISF, la taxe professionnelle et la taxe d’habitation, les taxes foncières et les droits de mutation sur les ventes immobilières, le tout en un an, et sans remettre en cause le budget.

              Pas possible ? Argumentation complète ici.


              • LE CHAT LE CHAT 9 mars 2009 15:01

                troisième hypocrisie – comment traiteraient-ils les contrats d’armement et les ventes d’avions s’ils n’avaient ces compagnies off shore bien pratiques. les ventes d’armes étant déjà immorales , pourquoi les rendre encore plus immorales !!!!


                • Traroth Traroth 9 mars 2009 15:30

                  Bien d’accord pour dire que la soit-disant lutte contre les paradis fiscaux est une hypocrisie et qu’on évitera soigneusement d’entreprendre quoi que ce soit d’efficace contre eux.

                  C’est d’ailleurs ce qui démontre le plus clairement que cette article se trompe : permettre la fuite de capitaux est la raison d’être de ces paradis et leur source de revenu. S’ils n’acceptaient pas l’argent de sociétés cherchant à échapper à l’impôt de leur pays, comment pourraient-ils prospérer ? L’absence de scrupule est indispensable. Vouloir moraliser les paradis fiscaux, c’est un oxymore !
                  Et les dirigeants des pays occidentaux, justement, ne feront rien contre les paradis fiscaux exactement à cause de ça : parce que leurs amis, ceux qui financent leurs campagnes électorales, sont les premiers bénéficiaires (pour ne pas dire profiteurs) de ces dispositifs.
                  Quel intérêt ces nations trouveraient-elles à protéger la mafia ou les cartels colombiens ?


                  • Joseph DELUZAIN Joseph DELUZAIN 9 mars 2009 17:46

                    Désolé pour les intervenants sur cet article, j’étais en train de répondre à BOB lorsque j’ai eu un problème avec mon ordi. Mon long commentaire qui lui était destiné a disparu. Pas le temps de le refaire.
                    Je dois m’absenter mais demain matin je répondrai à tous. 
                    JDZ 


                    • bob 9 mars 2009 21:54

                      raaaaah, maudit ordinateur qui aneantit un dialogue que j’imaginait deja pugnace et imaginatif.
                       smiley


                    • ecocool 9 mars 2009 17:46

                      D’autant plus que ces comptes des "paradis fiscaux" (ecritures informatiques) sont en fait hébergés à Londres, Paris, New-York ... mais oui (sur place, il n’y a que des bureaux, pas les centres informatiques !).
                      Je suis egalement certain, porteur d’un joli nom a particule, que je peux me faire ouvrir un compte en une heure dans les grandes banques francaises a Monaco, Jersey, ou Vanuatu.

                      A quand une petite descente de la brigade financiere chez les hebergeurs de serveurs ? C’est facile mais personne ne veut se mouiller. C’est quand meme pratique que d’attendre qu’un employé transmette aux services fiscaux le fichier des positions de compte (cf affaire du Lichenstein), ou, pire, les mette en partage sur la Mule !

                      La seule chose qui me fasse rigoler, c’est que ceux qui y ont placé du Madoff ou autres betises auront du mal a porter plainte. On entend regulièrement un ou 2 députés proposer d’aministier ceux qui rapatriraient des capitaux égarés "loin de chez nous", mais il ne faudrait pas abuser quand meme.


                      • Triodus Triodus 9 mars 2009 22:01

                        Espèce de naïf ! Vous croyez que les données informatiques des titulaires de comptes se trouvent stockées sur des serveurs situés sur un territoire "ennemi" du secret bancaire, et en plus, en clair ?? Ha..Ha !!! Bonne chance !


                      • FR-ank FR-ank 9 mars 2009 18:31

                        @ l’auteur, arretez ce discours pro-liberal et favorisant la sacro-sainte worldcompany...en lui accordant tout pouvoir et aucune reglementation sous pretexte que ca serait la seule a creer de la richesse et qu’elle est bien gentille d’employer des salaries payes a coup de lance-pierre !!!
                        Evidemment que les politiciens en joue et font preuve d’une incroyable demagogie a ce sujet mais de la a dire ce que vous dite !!! STOP :

                        " L’argent sale c’est celui des mafias...mais en aucun cas celui de compagnies qui cherchent à être compétitives sur le marché mondial, flexibles et réactives dans leurs prises de décisions " C’est de l’ironie ? vous etes dans une logique 100% neo-cons, votre competitivite, flexibilite et reactivite sont synonyme ici de delocalisation, baisse des salaires et protection social grace au dumping social sous le pretexte encore une fois que seul la transnationale est creatrice de richesse.

                        - les


                        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 9 mars 2009 19:21

                          Si on veut etre aussi caricatural que vous, a choisir je prefere la world company au world state. Les entreprises sont mortelles (Pan Am, Arthur Andersen, Felix Potin, Trabant ou Bear Stearn) alors que les Etats le sont moins. La loi du plus fort c est l’Etat, pas les entreprises. La DCRI, le fisc, la Sacem, c est l’Etat, pas les world company ! Mc Do, on est pas obligés d y aller. UBS, on est pas obligés. Mais l’IRS , si .


                        • Joseph DELUZAIN Joseph DELUZAIN 10 mars 2009 07:39

                          RECTIFICATION : le commentaire précédent était destiné à ZEN
                          Désolé, je suis mal réveillé.


                          • Jordi Grau J. GRAU 10 mars 2009 08:49

                            Bonjour. 

                            Je suis d’accord avec l’auteur lorsqu’il dénonce l’hypocrisie des gouvernants. Effectivement, les paradis fiscaux ne sont pas des moutons noirs : ils sont parfaitement intégrés au système économique, avec la complicité des Etats qui les stigmatisent en public. J’approuve beaucoup moins l’auteur lorsqu’il présente cette situation comme une fatalité dont il faudrait s’accommoder. Je suis encore moins d’accord avec l’idée de créer des zones "paradis fiscal". Il y a déjà une concurrence fiscale féroce au niveau international, et même européen (alors que l’Union Européenne pourrait très bien harmoniser par le haut la fiscalité des pays membres au lieu d’encouragager la compétition à outrance). Créer de telles zones ne ferait sans doute qu’accroître encore cette concurrence. Les grosses entreprises réclameraient toujours plus d’allègements d’impôts et de cotisations sociales, au détriment des finances publiques, des usagers des services publics et des salariés.

                            Certes, je ne prétends pas que les Etats utilisent toujours correctement l’argent public. Mais je suis encore plus sceptique quant à l’usage que font les multinationales de leurs profits. Au fond, la vraie question est : qui contrôle les politiciens et qui contrôle les entreprises ? Si on laisse le petit monde des hommes d’Etat et des hommes d’affaires décider seuls de l’avenir du monde, ils feront ce qu’ils ont toujours fait : ils détourneront à leur profit l’argent public. De temps en temps, les politiciens feront des discours attendrissants sur la nécessaire "moralisation" du capitalisme ou la mise au pas des paradis fiscaux, mais les mesures qu’ils prendront ne dépasseront guère le symbole. 

                            Seule la menace d’un soulèvement populaire pourrait vraiment changer la donne. C’est bien ce qui s’est produit après la guerre, où les souvenirs de la crise des années trente et la menace d’une révolution communiste ont contraint les pays d’Europe occidentale à adopter un compromis entre capitalisme libéral et socialisme : sécurité sociale, impôts redistributeurs, contrôle des flux de capitaux... Ce compromis s’est peu à peu volatilisé lorsque la menace d’une révolution s’est estompée à la fin des années 70 et dans les années 80. La libéralisation de l’économie et de la finance s’est accentuée à cette époque. Il me semble que le développement inouï des paradis fiscaux date de cette période. Comme quoi, toutes ces questions économiques sont en grande partie des questions politiques. Si les dirigeants français, européens, américains, etc., ne se heurtent pas à une forte résistance populaire, on peut être sûr qu’ils continueront à mener une politique favorable aux grandes entreprises. 

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