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Accueil du site > Actualités > Economie > Parties prenantes

Parties prenantes

C’est une expression courante de la langue française qui pourrait bien devenir rapidement l’une des plus utilisées par les commentateurs et journalistes politico-économiques dans un futur très proche.

Cette expression possède un équivalent anglais qui est "stakeholder" et correspond à tout acteur interne ou externe à une entreprise et concerné par son bon fonctionnement sur le plan de la responsabilité sociétale. Le terme "stakeholder" s’oppose aux entreprises pour qui le rendement à court terme est la seule et unique priorité (en anglais "shareholder value").

Qui sont-ils ?

- dirigeants, salariés, employés et représentants des salariés ;

- clients, fournisseurs, intermédiaires de financement (banques, gérants de fonds...), compagnie d’assurance ;

- ONG, associations, citoyens d’une collectivité - où l’entreprise exerce son activité, (riverains),... ;

- collectivités, territoriales ou non, administrations territoriales de la collectivité concernée ;

- chambres de commerce et d’industrie (CCI) ;

- actionnaires et investisseurs (shareholder) ;

Mais à quoi ça sert ?

Les parties prenantes sont un des pivots de la politique de développement durable dans laquelle un certain nombre de grandes entreprises se sont investies (cf. Lafarge). Dans ce cas de figure, on s’éloigne de la relation traditionnelle (et souvent conflictuelle) entre salariés et employeurs ou entreprises et organismes de consommateurs ou entreprises et ONG, ...

Combien d’entreprises ont-elles fait ce choix en France ?

Peu. Cela concerne essentiellement les plus grandes (Lafarge, Renault, Danone, Air France,Total, ...).

Quels sont les pouvoirs des parties prenantes ?

Prenons connaissance du rôle de ceux-ci dans la stratégie de développement durable et de responsabilité sociétale de Total.

La démarche de Total, en matière de responsabilité sociétale et environnementale s’inscrit dans le cadre de relations avec des parties prenantes internes ou externes, dont notamment :

- 95 070 salariés dans le monde (périmètre consolidé) ;

- environ 570 000 actionnaires individuels et 70 098 actionnaires salariés, près de 50 000 fournisseurs actifs ;

- plus de 130 pays hôtes et les communautés voisines de nos sites, nos clients : clients individuels (carburants, lubrifiants, gaz GPL, produits chimiques... ) et clients industriels (hydrocarbures, carburants, gaz naturel, GNL, électricité, produits chimiques...), les ONG et institutions.

Avec l’ensemble de ces parties prenantes, nous nous efforçons d’entretenir des relations durables et reposant sur la confiance. Nous veillons pour cela à instaurer un dialogue régulier indispensable pour nous adapter aux attentes dont nous faisons l’objet. Ces échanges constituent une source de progrès majeure.

Par ailleurs, parce que nos parties prenantes sont directement concernées par l’activité et la performance du groupe, nous redéployons vers elles une part importante de la valeur créée par nos activités.

Séduisant me direz-vous ?

Qu’en dit le collectif De l’éthique sur l’étiquette ?

Extraits d’un document rédigé par Olivier Chabrol, chef de projet au collectif De l’éthique sur l’étiquette.

Les entreprises qui s’engagent dans un processus de management de leur responsabilité sociétale doivent passer par au moins quatre étapes pour que la prise en compte de la complexité du monde dans lequel elles évoluent soit durablement bénéfique :

1. La phase d’identification des parties prenantes pertinentes

Aucun registre n’indique quels sont les individus ou groupements humains qui sont habilités pour la concertation, ou ceux qui constituent même ne serait-ce que de bons représentants pour défendre telle ou telle cause (pour certains sujets environnementaux, la notion même de représentativité n’a pas de sens. Quel être humain serait mandaté par les bénéficiaires pour négocier la protection de certaines espèces animales ou végétales, ou pour la protection des intérêts des humains des générations futures ?...).

Dans cette phase, l’entreprise doit tenter de recenser de façon exhaustive toutes les parties prenantes envisageables, que celles-ci lui demandent la parole pour une concertation ou qu’elles ne la demandent pas.

Ensuite, elle doit faire un réel travail d’analyse d’ordre éthique pour établir la liste de celles qui lui semblent être liées à un enjeu significatif par rapport à l’activité considérée. On sent bien que cette détermination du niveau de pertinence est cruciale du point de vue de la gestion de l’éthique. L’entreprise est-elle légitime pour faire seule ce choix ? De plus en plus d’acteurs estiment qu’on peut attendre des pouvoirs publics qu’ils participent là à la régulation en établissant par exemple une liste minimale d’organismes à consulter obligatoirement pour le traitement par les entreprises de certains sujets bien identifiés.

Un tout petit peu moins séduisant !

Signe des temps, une agence de communication a même pris l’expression partie prenante comme marque commerciale et propose, entre autres, les prestations suivantes :

Approche de la responsabilité sociale d’entreprise - quels partis pris ? quel partage ?

Lobbying et coalition avec le milieu associatif - conditions, intérêt et risques d’une alliance sur des thèmes d’intérêt commun.

Alors, changement profond dans nos rapports et notre façon de gérer les relations entre les milieux économiques politiques et sociaux ou nouvel avatar du capitalisme ?

Si la responsabilité sociale des entreprises est en général conçue dans le monde des affaires anglo-saxon comme des opérations de mécénat (financement d’ONG), en Amérique du Sud comme un palliatif à la corruption ou l’inconséquence des pouvoirs publics, nul ne sait encore comment s’organisera la désignation des parties prenantes en France.

Actuellement, seuls quelques élus libéraux réclament la mise en place rapide de cette nouvelle "démocratie" en précisant qu’elle diminuera considérablement le "pouvoir de nuisance" des syndicats.

Nous devrions découvrir des pistes à l’issue du "Grenelle de l’environnement" auquel participeront les parties prenantes... invitées.

Une question s’impose toutefois : "Quelle valeur peuvent avoir la responsabilité sociétale et environnementale et les parties prenantes dans la mesure ou seules des multinationales font ou feront cette démarche alors que 95 à 97 % des entreprises françaises ont moins de 20 salariés ?"

Je vous propose de vous faire une idée plus précise au travers de la bibliographie ci-dessous.

Sources :

Orse

Novethic

De l’éthique sur l’étiquette

Total

Lafarge

Parties Prenantes

Crédit image et copyright

Dominique Goubelle

Lire

Responsabilité sociale et environnementale

Par Vincent Commenne

Editions Charles Léoplod Mayer


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1 réactions à cet article    


  • Blé 9 septembre 2007 08:23

    Que cet article soit écrit par celui qui le prétend où par quelqu’un d’autre est tout à fait secondaire à mon avis. A titre d’information, cet article est intéressant.Il donne un sens aux termes « parties prenantes ». Après chacun en fera ce qu’il voudra.

    Sur le fond je ne suis absolument pas d’accord car le « durable » n’a rien de nouveau.

    Durant des siècles, les agriculteurs ont fait de l’agriculture durable en connaissant bien leur environnement ce qui n’est plus le cas aujourd’hui avec l’agriculture industrielle. Les artisans fabriquaient des objets durables mais ils ont été balayés par le mythe de l’augmentation éternel du PIB et les jeux de la bourse.

    Je veux bien être « une partie prenante » mais certainement pas sur les bases que l’auteur de l’article présentent car ce ne sont que des illusions tant que les banques donnent des ordres aux gouvernements et ont un pouvoir total sur l’économie des pays.

    Blé

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