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Passage au scanner de l’économie américaine

Le ralentissement des activités industrielles et manufacturières aux Etats-Unis, l’augmentation du chômage et la crise du crédit qui y sévit durement augurent d’un assouplissement ininterrompu de la politique monétaire américaine. Toutefois, les pressions inflationnistes provoquées par la flambée des prix du pétrole et attestées par l’appréciation de l’or jusqu’à 900 dollars l’once vendredi dernier entament considérablement la marge de manœuvre de la Fed. Lors du précédent ralentissement économique en 2001, la banque centrale américaine avait eu les coudées franches dans sa politique agressive d’assouplissement monétaire, mais il semblerait bien que le contexte actuel soit radicalement différent.

Le marché et la Fed sont unanimes concernant la situation économique du pays telle que reflétée à travers les minutes de la réunion de la banque centrale de décembre dernier. Ces minutes évoquent le spectre de la récession et font état de baisses « substantielles » de taux si la spirale du crédit difficile devait persister. Néanmoins, les avis divergent concernant l’appréciation des perspectives inflationnistes car la Fed, plus pessimiste que les analystes sur ce point essentiel, estime la conjoncture actuelle nettement plus propice à l’accélération de l’inflation. Ce faisant, la Fed se résigne à accepter le glissement de l’économie du pays dans une récession car un tel contexte inflationniste nécessiterait soit moins de baisses de taux que prévu par le marché soit une remontée plus rapide de ces taux après une série de baisses. Pour mémoire, les analystes attendent une stabilisation des taux US de 4,25% aujourd’hui à 3% fin 2008. Il est vrai que la situation actuelle n’a rien de commun avec le dernier cycle de baisse de taux américains en 2001. A l’époque, M. Greenspan, alors président de la Fed, avait opéré des réductions massives des taux US de 6,5% à 1,75% à fin 2001 attestant qu’il craignait plus une baisse de la croissance qu’un regain des pressions inflationnistes. De fait, l’économie américaine a enduré une faible récession, principalement à cause des attaques terroristes de septembre 2001, avant de s’emballer à nouveau.

Les prix du pétrole restent le principal facteur inflationniste : ayant terminé l’année 2006 à 61 dollars le baril, le pétrole a atteint les 100 dollars il y a quelques jours induisant ainsi une inflation annuelle à 4,3% pour le mois de novembre dernier. Le contexte actuel est donc radicalement différent de 2001 où le prix du baril cotait 30 dollars avant de dégringoler suite aux attaques du 11 Septembre. Pour mémoire, le taux d’inflation annuel à fin 2001 s’établissait à 1,6%. Par ailleurs, la statistique inflationniste excluant alimentation et énergie scrutée attentivement par la Fed - car plus fiable et moins volatile - est également source d’inquiétude. Depuis avril 2004, cet indice se maintient en permanence et de manière troublante au-dessus du niveau des 2% représentant la fourchette supérieure admise par la Fed. De surcroît, l’augmentation des prix alimentaires, combinée à un taux de chômage en augmentation à 5%, se traduit par un ralentissement de la production industrielle, particulièrement dans le secteur déjà sinistré de l’automobile. Pour l’anecdote, un revendeur Rolls-Royce a été jusqu’à proposer à ses clients un financement sur 12 ans ! En permettant à l’inflation de se maintenir constamment au-dessus de sa fourchette de tolérance, la Fed encourage ainsi le consommateur à adopter un comportement anticipant toujours plus d’inflation et n’en aura que plus de mal à la ramener vers des niveaux acceptables. C’est cependant le boum des nouvelles technologies des années 2000 qui manque cruellement dans la conjoncture présente. En effet, lors de la précédente récession de 2001, ce boom avait permis un redémarrage économique par l’entremise de gains de productivité et sans pour autant pomper sur les capacités de production. Grâce aux nouvelles technologies, Greenspan réussissait à relancer la croissance tout en maintenant l’inflation sous contrôle.

Certains analystes chevronnés comme l’ancien secrétaire au Trésor, Summers, minimisent les craintes inflationnistes et exhortent la Fed à persévérer assidûment dans ses réductions de taux d’intérêts. En cas d’accroissement malencontreux de l’inflation, M. Summers suggère que la Fed procède alors à une réévaluation de sa politique monétaire dès lors que la crise du crédit aura été résorbée... Quant à l’économiste de Harvard Martin Feldstein, il appelle également à un assouplissement substantiel de la politique monétaire américaine arguant du fait que la Fed pourrait bien tolérer - voire provoquer - une croissance en berne si c’est le prix à payer pour ramener l’inflation à des niveaux tolérables. L’immense majorité des analystes réclame donc de la Réserve fédérale qu’elle modifie ses priorités pour mettre au premier plan la relance de la croissance au détriment de la lutte contre l’inflation !

Pourtant, si l’économie du pays devait redémarrer dans le contexte inflationniste que l’on connaît, l’environnement résultant ne pourrait que favoriser encore plus d’inflation avec un prix à payer trop coûteux pour la ramener vers des niveaux acceptables. De plus, l’actuel président de la Fed dont le mandat expire en 2010, M. Bernanke, se battra certes pour éviter une récession. Toutefois, il privilégiera à coup sûr une récession molle aujourd’hui à une escalade de l’inflation pouvant engendrer une récession forte demain !

Cette incertitude concernant la croissance et l’inflation, cette crise du crédit sont dores et déjà en train de se traduire par des modifications fondamentales dans le secteur financier. Pour le moment, l’harmonie semble parfaite entre les fonds souverains dont le souci est de rentabiliser leur trésorerie et la grande majorité des banques qui cherchent à attirer de nouveaux capitaux afin d’assainir leur bilan. Pour mémoire, comme le rappelle l’institut Moody’s, les pertes globales de l’immobilier américain qui se chiffrent à environ 2 500 milliards de dollars dépassent très nettement les capacités d’investissement de tous les fonds souverains à travers le monde. Toujours est-il qu’à ce jour, la conjonction de ces intérêts ayant permis des injections de liquidités importantes en direction d’établissements prestigieux comme l’UBS, le Groupe Citi ou Merill Lynch n’a soulevé aucune protestation de politiques. Néanmoins, les réflexes protectionnistes vont commencer à réapparaître dans ce qui semble être la plus grosse opération de participation et de prise de contrôle de banques majeures par des intérêts étrangers. De plus, alors que les Etats-Unis se préparent à élire leur prochain président, les candidats remettent déjà en question la position traditionnelle du pays favorable à la dérégulation des flux de capitaux et du commerce international. Ainsi, les accords de Doha prônant la libre circulation des biens et des marchandises, seront probablement jetés aux oubliettes et les USA adopteront vraisemblablement dans un avenir proche des mesures protectionnistes dont le but principal sera de freiner les prises de participation de fonds souverains peu transparents. L’autre objectif de ces mesures protectionnistes sera de freiner l’afflux de travailleurs étrangers. On peut donc prévoir sans risquer de trop se tromper un cycle de mesures protectionnistes aux Etats-Unis imposé par la conjoncture économique et financière globale.

L’administration américaine actuelle se prépare, elle, à adopter une série de mesures fiscales afin de stimuler l’économie. Dans une conjoncture où le marché anticipe une série de baisses de taux, les interrogations sont nombreuses quant à l’opportunité d’accompagner ces baisses par des stimuli macro-économiques. En effet, la relance peut-elle venir d’un assouplissement de la politique monétaire ou peut-elle être la résultante d’une politique fiscale plus favorable ? La réponse semble complexe et délicate même s’il semble préférable d’adopter une approche diversifiée. Il devient en effet de plus en plus difficile d’évaluer de manière précise l’impact d’une politique monétaire mais il est encore plus compliqué de prévoir les résultats d’une politique mixte monétaire et fiscale. D’une part, il semble évident qu’un paquet fiscal sera favorablement ressenti par le consommateur alors que, d’autre part, c’est les institutions financières et commerciales qui seront favorisées par des baisses de taux d’intérêts. De plus, l’usage de mesures fiscales évite une baisse substantielle des taux d’intérêts avec pour conséquences directes une pression moindre sur le billet vert, un risque inflationniste moins accentué et des risques d’instabilités internationales décroissants. Enfin, l’introduction de mesures fiscales agit comme régulateur face aux bulles engendrées par des taux d’intérêts très bas.

Au-delà de ces considérations techniques, l’objectif de l’administration US doit être la relance de la consommation qui seule permettra d’éviter une augmentation du chômage et un effondrement du marché immobilier. Il est un fait que la capacité d’endettement des Américains a très nettement stimulé la consommation américaine qui a représenté un facteur déterminant de stabilisation de l’économie ces dernières années et qui a même joué un rôle de locomotive dans la croissance économique. Cependant, dans la conjoncture actuelle de frilosité extrême des institutions de crédits, l’enthousiasme des consommateurs américains est remis en question et un assouplissement de la politique monétaire - même conséquent - n’apportera pas la solution voulue. Les Etats-Unis doivent absolument éviter de s’enliser à la manière du Japon des années 90. N’ayant pu agir à l’époque de manière décisive face au ralentissement causé par l’éclatement d’une série de bulles financière, le Japon s’était alors enfoncé dans un cycle infernal de récessions économiques et de problème du crédit. Et pour cause, il avait négligé de privilégier la consommation qui reste le facteur de relance essentiel face à toute crise financière ou économique. Dans la crise que traverse actuellement les Etats-Unis, des mesures fiscales appropriées seront une assurance précieuse et un encouragement à la consommation et ce à un moment où le consommateur américain se fait de plus en plus prudent et dans un contexte où des pressions protectionnistes américaines pourraient mettre l’économie mondiale en danger.

Cependant, un stimilus fiscal peu généreux pourrait également avoir des effets contraires. De plus, le timing de ce stimilus qui doit consister en une série de subventions et de réductions d’impôts, se doit d’être choisi judicieusement. Par ailleurs, ces mesures fiscales n’auront les effets escomptés que si elles sont bien ciblées en direction des bas revenus et des revenus des consommateurs sinistrés par la crise immobilière. L’économie ne pourra redémarrer que dès lors que ceux qui ont le plus besoin de s’endetter et de consommer seront satisfaits... Enfin, ces mesures fiscales devront obligatoirement être provisoires afin d’éviter un accroissement des déficits au-delà d’une année après leur application. Il serait en effet contre-productif de devoir procéder à une réévaluation des taux d’intérêts à long terme pour résorber les déficits car une telle appréciation des taux longs saperait la croissance à long terme et entamerait la confiance internationale. Il s’avère donc nécessaire que ce paquet fiscal se monte à environ 75 milliards de dollars afin d’induire une hausse d’environ 1% du Produit Intérieur Brut. Qui plus est, ce paquet fiscal permettra d’éviter un assouplissement exagéré de la politique monétaire et n’infligera pas trop de dégâts si l’économie américaine repartait plus fort que prévu car le resserrement des taux subséquent n’en sera que moins spectaculaire.

Les Etats-Unis restent le moteur principal de la croissance globale et l’avenir de l’économie mondiale en 2008 dépend très largement de leur aptitude à gérer la crise actuelle. La crise financière du crédit, les pressions inflationnistes et la dégringolade du dollar sont trois données fondamentales à observer de très près car si les USA échouent dans le règlement d’un seul de ces trois problèmes, le monde s’enfoncera dans une dépression généralisée.


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9 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 14 janvier 2008 10:25

    Cet article est identique à ce qui s’écrivait sur l’Amérique de Nixon,Carter,Ford,Reagan,Bush Pere,Clinton,Bush fils.................... ;

    Toujours la même analyse anti-économique de la fin du monde !

    La croissance américaine s’appuie sur les investissements technologiques et sur rien d’autres

     


    • Forest Ent Forest Ent 14 janvier 2008 11:32

      C’est le problème en vieilissant : on est inattentif aux nouveautés, car elles rappellent trop des situations connues. La situation actuelle n’a aucun précédent.


    • donino30 donino30 14 janvier 2008 11:15

      "l’objectif de l’administration US doit être la relance de la consommation qui seule permettra d’éviter une augmentation du chômage et un effondrement du marché immobilier"

      A très court terme oui. Mais ce n’est qu’une fuite en avant, et comme toute fuite en avant qui se respecte elle aggravera les choses. La situation des états unis est si complexe, le géopolitique et l’aspect financier tellement plus imbriqués que pour tout autre pays, que je ne suis pas certain qu’il y ait une seule personne au monde pouvant arguer connaitre la bonne direction à emprunter. Leur situation financière arrive semble t-il à un point de rupture, tant au niveau de l’état que des ménages, et une relance artificielle de plus de la consommation est à mon avis à moyen terme plus une mauvaise chose qu’une bonne (Je recommanderais aux lecteurs l’excellent ouvrage "l’empire des dettes" de W. Bonner).

      Le japon a pris une voie en effet différente que celle que vous préconisez, et à moyen terme la consommation intérieure s’est tout de même relancée, nulle ne sait où il en serait si il en avait pris une autre.

      Les nouvelles économiques récentes en provenance du Japon sont bonnes, tellement qu’on parle de renaissance et de retour à une forte croissance. La Banque du Japon majore même les taux d’intérêt. La croissance du PIB japonais au quatrième trimestre de 2006 a atteint un taux étonnant de 4,8 %. Les exportations et l’investissement ont été très vigoureux. Mais fait encore plus surprenant, les dépenses de consommation réelles (corrigées de l’inflation) se sont accrues à un taux annualisé de plus de 4 %, et certains y voient le signe d’une renaissance de la consommation.

       

       

       


      • Forest Ent Forest Ent 14 janvier 2008 11:35

        Dans l’ensemble un bon article, pondéré. Mais à mon avis Bernanke et Trichet ont été clairs : ils ne peuvent pas se permettre d’ajouter la stagflation à la récession, et ils ne baisseront pas les taux comme en 2002, même en cas de récession. A moins qu’ils ne mangent encore leur chapeau, car les pressions vont être très fortes avec tous ces drogués en manque.

        Non seulement la récession aux US ne me semble pas évitable, mais elle a à mon avis déjà débuté. L’Europe devrait logiquement suivre. La grosse inconnue est la Chine.


        • Bigre Bigre 14 janvier 2008 13:02

          > l’objectif doit être la relance de la consommation ???!!

          Bon, je veux bien comprendre que quand les gens (utilisateur final, par oppposition à l’achat d’un produit intermédiaire par une entrerpise) achètent, il s’agit bien d’argent qui sort d’un cul de sac pour être réintroduit dans l’économie. Mais cela ne suffit pas. De quoi ont besoin ces gens ? Relancer la consommation de quoi ?

          Pas d’énergie quand même, vu que tout le monde devrait faire un effort pour réduire la pollution.

          De bouffe ? Mais ils sont déjà trop gros, mangeant trop et mal.

          D’habits, textiles, linge de maison ? Il y a une limite. Et la production est délocalisée hors de leur territoire.

          D’électroménager ? Bagnoles ?Ils doivent être comme moi, ne remplacer que ce qui est définitivement en panne.

          Alors ?

           


          • Parpaillot Parpaillot 14 janvier 2008 23:29

             

            @ Auteur :

            Merci de votre article fort intéressant pour moi qui ne suis pas économiste ...

            Ce que je retiens pour l’essentiel de votre article :

            • Les USA risquent de prendre des mesures protectionnistes : mesures évidemment très inquiétantes pour l’économie mondiale, ce qui reviendrait de fait à dénoncer des accords commerciaux signés dans le cadre de l’OMC notamment ... ?
            • Les USA tenteront de relancer la consommation par des mesures fiscales : de telles mesures me semblent être très complexes et très risquées (maintien de l’inflation à un taux acceptable notamment …), tant les paramètres sont nombreux et peu prévisibles … ?

            En résumé et sans être trop pessimiste, je pense que l’économie mondiale est « mal barrée » et l’héritage de G.W. Bush sera très lourd à assumer …

            Cordialement !


            • Michel Santi Michel Santi 15 janvier 2008 00:57

              Merci de votre message.

              L’héritage de W. sera bien-sûr catastrophique sur le plan politique. Cependant, au niveau économique, c’est surtout l’héritage de doctor Greenspan qui sera lourd de conséquences...


            • vieuxcon vieuxcon 14 janvier 2008 23:47

              Bonjour Michel Santi.

              Bien sur, je vous rejoint sur le fond de l’article, et m’attends à quelques catastrophes financières (probablement plus en grande bratgne qu’aux Etats unis d’ailleurs).

              Par contre je m’interroge, sur l’influence de la spéculation par rapport aux réseves réelles du pétrole. Il me semble qu’à indicateur égal, rien ne justifie le prix du baril aujourd’hui, hormis justement la spéculation dont il fait l’objet. D’accord il devrait être haut. D’accord la demande mondiale est en hausse. Mais il existe d’autres indicateurs(les réserves de fraffinés etc qui me font penser que ce taux n’est pas le bon.

              Par contre la persistance de Bush et de ses conseillers, à vouloir créer des points de tension dans les régions productrices, me font penser au coup du chapeau. On monte une dernière fois les cours, avant de saluer le départ du boss.

              Je ne devrais pas, mais l’exemple de la Suisse m’interroge. Sur les 8 distributeurs de carburants en Suisse, 7 seraient plus ou moins directement sous contrôle des sociétés de la famille Bush et de ses amis. La huitième (Tamoïl pour ne pas la citer) appartient à un certain Kadhaffi, et des transactions avaient leiu l’an dernier (peut être aboutti depuis) pour que Kadhaffi céde au moins des parts de Tamoïl.

              De là à penser qu’après les prochaines élections américaines, le brut ne voit son cours s’éffondrer ? Malheureusement je ne suis pas dans le secret des dieux.


              • Michel Santi Michel Santi 15 janvier 2008 01:05

                Vous avez raison concernant les prix du pétrole surévalué, du reste j’en ai fait un petit texte sur mon site.

                Sachez cependant que les cours actuel sont dûs à deux facteurs selon moi :

                bien-sûr les incertitudes géopolitiques : Iran, Iraq, politique agressive de Bush, etc...

                mais également et surtout, la croissance mondiale et la très forte demande la Chine !

                Donc, si l’on s’enfonce dans un ralentissement global, les prix du pétrole baisseront fatalement et même si les incertitudes géopolitiques perdurent. Sauf si les USA font la guerre à l’Iran, ce qui fera flamber le pétrole vers des niveaux inimaginables !

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