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Peak Oil Panic !

POP ! Peak Oil Panic dans la presse économique ! Alors que le baril de pétrole est déjà à son record historique, des institutions économiques officielles entrent à leur tour dans la danse... pour pousser les cours encore un peu plus haut ? Et pour quelles raisons ?

Les Echos de vendredi dernier nous gratifie d’une manchette en une (L’envolée des prix du pétrole rattrape Air France-KLM) introduisant un article au ton inquiétant :

"La flambée actuelle des cours de l’or noir témoigne d’une prise de conscience brutale : l’approvisionnement en brut risque d’être beaucoup plus problématique que prévu et le "pic pétrolier" apparaît comme une menace bien réelle."
En pages intérieures, avec un autre titre-choc (la crainte d’une pénurie durable et généralisée commence à hanter les marchés pétroliers), le quotidien économique évoque à nouveau l’impensable :
"la théorie si contestée du "pic pétrolier" - le fameux "peak oil" [...]"
et se fait le relais de la dernière trouvaille du Wall Street Journal  :
"l’AIE se préparait à abaisser sensiblement ses prévisions de production mondiale. Engagée dans une vaste étude sur les 400 plus grands gisements pétroliers de la planète [...], l’Agence en aurait déjà tiré une conclusion alarmiste : l’approvisionnement en brut sera, à l’avenir, beaucoup plus problématique qu’on ne le pensait."
 
Un tel scoop est inhabituel : l’AIE, émanation de l’OCDE, est une maison sérieuse qui n’a pas l’habitude de laisser traîner ses brouillons partout. On peut donc en déduire que cette fuite est parfaitement organisée.

On peut alors s’étonner qu’au moment où le baril s’enflamme à des vitesses qui nous surprennent, l’AIE n’hésite pas à jeter encore plus de combustible dans le foyer de la spéculation alors que son rôle, jusqu’à présent, était plutôt de jouer le rôle d’extincteur, en étouffant toute velléité d’inflation des prix sous la masse de lourds WEOs (World Energy Outlook = Panorama Energétique Mondial ; prononcer oui-ho) bourrés de chiffres à l’optimisme inébranlable.

Il y a près de trois ans, nous ne pensions pas, lors de la production de la vidéo Oilway to Hell, que le panneau ci-contre aurait un jour une réalité. Au contraire, l’objectif était de souligner la position à ce moment négatrice de l’Agence quant au plafonnement prochain de la production pétrolière.

La publication en novembre dudit rapport tomberait-elle un peu trop tard ? Trop longtemps après la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Pékin peut-être ? Voilà qui donne encore un peu plus de nourriture à notre thèse d’une guerre économique en cours entre la Chine et l’OCDE, notamment sur le plan des matières premières via la manipulation des marchés mondiaux.

L’Agence avait déjà commencé à envoyer quelques boulets vers la Chine lors de la publication de son WEO 2007, où elle énumérait les quantités monstrueuses de CO2 que la Chine allait émettre dans le futur - mais sans vraiment s’apesantir sur les quantités déjà émises. Il valait mieux, car selon un récent document de James Hansen, un très renommé climatologue, les Etats-Unis ont émis à eux seuls plus du quart du dioxyde de carbone liée à l’activité humaine... tandis que la Chine en a produit moins du dixième. Cette injonction à la mode du "fais ce que je dis, pas ce que je fais" avait probablement pour objectif de forcer la Chine à donner un coup de frein à son développement.


Nous attendons en tout cas avec impatience ce fameux WEO 2008 pour en analyser la qualité de l’argumentation. La méthodologie employée - consolider les prévisions de production des principaux gisements mondiaux - n’a rien de contestable en soi, mais on est très curieux de savoir où l’AIE est allé chercher les données d’entrée et comment elle les a vérifiées : il n’y a que des économistes à l’Agence, pas de géologues.

Une approche "conservative", qui consiste à ne retenir que les valeurs les plus basses en cas de désaccord entre plusieurs sources, ne peut que déboucher sur la conclusion d’un pic pétrolier imminent, puisque c’est exactement ainsi que procèdent... les peakniks.

L’autre explication, plus simple, est que la bulle pétrolière est proche de son maximum, et que même ceux qui tentaient de garder la tête froide finissent par s’échauffer à leur tour. Et puis, ça fait vendre des WEO 2008 et des exemplaires du WSJ et des Echos...

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Les réactions les plus appréciées

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    Par Lisa SION (xxx.xxx.xxx.236) 24 mai 2008 12:36
    Lisa SION 2

    On peut alors s’étonner qu’au moment où le baril s’enflamme à des vitesses qui nous surprennent, l’AIE n’hésite pas à jeter encore plus de combustible dans le foyer de la spéculation ...avez vous écrit.

    Vu la courbe exponentielle, ceux qui ont misé sur la hausse se frottent les mains et n’ont pas grand peine à persuader quiconque à en faire autant, y compris l’AIE elle même. Le dollar en chutant artificiellement face aux autres monnaies nuit à Airbus A380, rendant le vol d’autant plus cher, et devant délocaliser certaines productions de pièces vers l’Europe de l’est, voire plus loin, afin de rester compétitifs et non déficitaires. La chute du dollar nuit aux chinois qui en conservent 3000 milliards, et la hausse d’autant du pétrole payable en dollar nuit au monde entier, sauf aux producteurs qui n’ont qu’un doigt de pied dans l’économie de marché. En effet, j’ai entendu dire qu’un plein coûte cinq euros à Ryhad, arabie Séoudite.

    « Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un économiste. » Kenneth Boulding. Et " celui qui ne veut pas reconnaitre qu’il est " normalement " fou...est complètement fou " . Thomas Fuller. Cela doit être le cas des traders et économistes et autres têtes brulées comme Kerviel et tous ces casino-man exaltés qui sont aux commandes ...

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    Par fonzibrain (xxx.xxx.xxx.169) 24 mai 2008 14:58
    fonzibrain

    Par Gregory T. Jeffers [1], Mentatt, 9 novembre 2007

    En mai 2005, la production mondiale de brut et de condensats a atteint un sommet de 74 298 000 de baril par jour (bpj). En août 2007, la production n’a atteint que 72 512 000 bpj, c’est-à-dire un déclin de 1 756 000 bpj de brut et de condensats entre le mois du « pic » et le dernier mois connu.

    Dans le même temps, le prix a monté d’environ 60 %.

    Autrement dit, le marché a équilibré l’offre et la demande via une hausse des prix. Au cas où il serait nécessaire de le rappeler, les mécanismes de marché qui ont conduit à une hausse des prix n’ont en rien stimulé un accroissement de la production.

    Pourquoi ? Peut-être cela n’était-il tout simplement pas possible.

    Si on prend les moyennes annuelles, la production mondiale de brut et de condensats se présente ainsi :

     2005 : moyenne annuelle = 73 807 (milliers de bpj)
     2006 : moyenne annuelle = 73 544
     2007 : moyenne annuelle = 73 093

    Même pour un économiste ou un politicien cela a bien l’air de former une tendance !

    Si on s’intéresse à la production « tous liquides » (brut et condensats, liquides de gaz naturel, éthanol, bio-diesel, coal-to-liquid, etc.), nous sommes passés de 85 467 000 bpj en août 2006 à 83 920 000 bpj en août 2007, un déclin de 1 547 000 bpj.

    Si on prend les moyennes annuelles, la production mondiale « tous liquides » se présente ainsi :

     2005 : moyenne annuelle = 84 631 (milliers de bpj)
     2006 : moyenne annuelle = 84 603
     2007 : moyenne annuelle = 84 335

    Mais tous les « liquides » ne sont pas égaux.

    Par exemple, 1 gallon d’essence contient 124 000 Btu (British thermal unit - unité d’énergie égale à 1060 Joules) alors qu’un gallon d’éthanol ne contient que 84 400 Btu et un gallon de propane 91 000 Btu. Si votre voiture passait de l’essence à l’éthanol pur, il vous faudrait 50 % de carburant en plus pour faire la même distance, ou vous feriez un tiers de kilomètres en moins avec le plein du même réservoir.

    Autrement dit, quand la production « tous liquides » baisse de 0.35 % de 2005 à 2007, le contenu énergétique obtenu baisse d’environ du double. Et encore, cela ne prend pas en compte l’énergie qu’il a fallu utiliser pour produire ces autres liquides (éthanol, bio-diesel, coal-to-liquids...), ce qu’il faudrait en toute rigueur faire pour comparer le contenu énergétique utilisable in fine.

    Avec désormais 9 trimestres de recul, les données disponibles continuent à étayer l’idée qu’un pic de production est intervenu en mai 2005, et les données « tous liquides » nous suggèrent de ne pas attendre de miracle des « carburants alternatifs ».

    Je laisse les universitaires couper les cheveux en quatre sur la date exacte du pic pétrolier. Mais pour le citoyen américain, le pic pétrolier appartient déjà au passé.

    Références des données : Energy Information Administration (US Dept. of Energy)
     Production de Brut et condensats : http://www.eia.doe.gov/emeu/ipsr/t11d.xls
     Production tous liquides : http://www.eia.doe.gov/emeu/ipsr/t14.xls

    Efficacité énergétique des carburants : Average Energy Content of Various Fuels

    Classification des hydrocarbures liquides : Wikipédia

    Lire aussi : The Oil Drum - Canada Le Pic Pétrolier - Février 2007 : Prévisions et les derniers chiffres de l’EIA, en français

    Publication originale Mentatt, adaptation Emmanuel Nazarenko pour Contre Info
     

     

    si c’est vrai,compte tenu de l’augmentation de la demande mondiale,on pourrai presque dire que la speculation est fondé,mais en réalité elle nel’est pas,au jour d’aujourd’hui on produit plus que l’on consomme et l’augmentation des prix dans ces proportions est deconnecté de la réalité.

    en revanche à tres court terme,le monde entier va devoir se partager une quantité fixe de petrole,et ca risque de coincer lorsqu’il faudra octroyer des quotas par pays.

    [1] Gregory Jeffers est un investisseur américain spécialisé dans le domaine de l’énergie. Ses articles sont repris par l’Energy Bulletin

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    Par Mr Mimose (xxx.xxx.xxx.23) 24 mai 2008 12:22
    Mr Mimose

    Un jour on nous dit qu’on à du pétrole pour encore 100 ans, le lendemain on nous dit que c’est la fin !

    Faudrait qu’ils accordent leurs violons ! Pourquoi le prix flambe ? Ca serait pas pour éponger les dettes de nos amis américains qui vivent à credit sur le dos du reste du monde ?

    En tout cas c’est pas la crise pour tout le monde, les compagnies pétrolières n’ont jamais fait autant de bénéfices, c’est bien la preuve qu’il y a spéculation.

    Encore une fois, le citoyen mouton est tondu !

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    Par aye (xxx.xxx.xxx.97) 24 mai 2008 12:07

    Et si c’était vrai. il a fallu 100 000ans de formation pour obtenir une seule journée de consommation mondiale.

    Pourquoi les pays du golfe se font-ils construire des centrales à charbon ?

    C’est aussi vrai que ça arrange les partisans du nouvel ordre mondial instauré après l’organisation du chaos.

    on arrive au bout.

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