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Accueil du site > Actualités > Economie > Perspectives d’avenir pour l’industrie manufacturière (...)

Perspectives d’avenir pour l’industrie manufacturière française

Monsieur le Président, vous anéantissez notre industrie manufacturière depuis plusieurs années alors que cette activité industrielle est vitale pour l’équilibre économique de notre pays. En l’absence d’une industrie fortement créatrice d’emplois, la France ne pourra probablement pas faire diminuer son taux de chômage, les déficits publics augmenteront jusqu'à la faillite et les régimes de protection sociale aujourd’hui exsangues, menaceront de disparaître.

Pourtant, si l’on utilisait un modèle économique adapté à nos coûts de production élevés, il serait encore possible de fabriquer la plupart de nos biens de consommation en France.

La condamnation de l’industrie française du textile habillement

L’industrie est ravagée et des millions d’emplois, ont été sacrifiés avec la bienveillance des derniers gouvernements, pour satisfaire l’avidité d’industriels et d’actionnaires peu soucieux de l’emploi de nos concitoyens. Déjà en 2002, quand vous étiez ministre de l’Economie, le président de l’UIT (Union des Industries Textiles) et Vice-président du MEDEF, Guillaume Sarkozy, déclarait "Je suis fier d'être un patron industriel qui délocalise, assez de faux semblants : la perte d'emploi, la déstabilisation industrielle, c'est normal, c'est l'évolution".

Depuis, vous achevez d’exclure du paysage industriel français, cette industrie manufacturière qui employait autrefois un million de personnes (Etats généraux de l’industrie 2010). 

A l’inverse, vous privilégiez l’industrie du luxe qui n’offre que quelques dizaines de milliers d’emplois de production en France, malgré un chiffre d’affaires de 50 milliards d’euros et des bénéfices record. Cette industrie prospère délocalise dans certains secteurs la quasi-totalité de sa production pour mieux enrichir quelques groupes. Le secteur de la mode et du luxe trahit les dernières entreprises de confection dont le savoir-faire a façonné son image d’excellence et condamne maintenant ces dernières à une disparition certaine. 

"made in China" label "made in France" 

Maintenant que la plupart des industries ont disparu, votre gouvernement facilite l’implantation d’entreprises chinoises qui, à peine installées, ne respectent pas le droit du travail et entendent importer la Chine et son modèle économique sur le sol français, comme c’est déjà le cas en Italie à Prato. Aujourd’hui, trafic de main d’œuvre, racket et proxénétisme sont les fonds de commerce des gangs de la mafia chinoise qui prolifère dans cette ville de Toscane. Cet ancien haut lieu de la qualité textile Italienne compte maintenant 20 000 clandestins parmi les 40 000 Immigrants qui confectionnent jusqu'à 16 heures par jour des sacs ou des vêtements avec du tissu "made in china". 

Grâce à la complicité du VRP de la Chine, Jean pierre Raffarin et la bienveillance de Christine Lagarde, les premières sociétés industrielles chinoises occuperont 60 000 m2 à Chasseneuil dans la Vienne et 500 hectares à Châteauroux dans l’Indre pour mieux faire disparaître nos dernières entreprises industrielles et inonder notre marché intérieur. Dés son arrivée au Quai d’Orsay, Alain Juppé a promis d’autres échanges avec le pays de l’esclavagisme capitalo-communiste dont les dirigeants s’approprient les fruits de la croissance que nous lui offrons pour acheter nos pays occidentaux alors que le ¼ de sa population vit avec moins de 75 cents d’euros par jour. Cette dictature meurtrière qui n’a rien à envier à celle de la Libye et qui a assassiné plus d’un million de ses opposants, continue à exécuter chaque année 5 000 à 10 000 personnes. Mais notre prudent chef de la diplomatie préfère probablement attendre que le peuple chinois s’empare du pouvoir pour désapprouver ce régime totalitaire.

Nous pouvons encore offrir un avenir à l’industrie manufacturière française

Nous pourrions encore fabriquer en France des vêtements, meubles, canapés, matelas ou appareils ménagers, et un modèle économique associant performance, intérêt public et esprit coopératif pourrait offrir de nouvelles perspectives à l’industrie "made in France". 

A l’exception des produits jetables apparus depuis quelques années, la plupart des prix des biens de consommation n’ont pas baissé, en revanche, les marges des enseignes ont crû démesurément depuis que les produits sont fabriqués dans les pays à bas coûts. 

Alors oui, il est encore possible de produire en France. 

Cependant, il conviendrait d’organiser cette industrialisation sur un nouveau modèle d’entreprise qui ne s’appuierait plus sur la logique financière à court terme, responsable de la disparition d’une part de notre industrie.

Les priorités seraient l’emploi, la préservation d’un savoir-faire et le maintien de notre base industrielle. 

Afin de protéger l’entreprise et ses emplois, un pacte d’actionnaires rédigé lors de la création de l’entreprise, prévoirait les conditions de cession des parts. De même, Il serait opportun de limiter la distribution de dividendes tout en réservant un intéressement motivant aux salariés, conformément au concept de 95 pages sur lequel nous travaillons depuis plus de 5 ans et que nous présentons à votre gouvernement et aux élus depuis 2 ans. Les prix de vente au public ne devraient être guère plus élevés que ceux d’articles importés des pays à bas coûts et cela exigerait que nous appliquions des marges modérées. Pour parvenir à cette compétitivité, il serait notamment nécessaire d’adopter le modèle économique de l’intégration verticale, de la conception du produit à sa vente directe au consommateur, en nous privant le plus souvent d’intermédiaires. 

En outre, nous nous appuierions sur le savoir-faire des façonniers ou sous-traitants encore en activité, notamment dans le secteur du prêt-à-porter car l’internalisation de la façon, du tricotage de la maille et du tissage des unis ne pourrait être que progressive. De même, tout au long de notre activité, nous nous efforcerions de toujours concilier intégration verticale et maintien du savoir-faire en continuant à assurer du travail à de nombreux façonniers. 

L’internalisation en amont et aval de la confection nous permettrait de respecter au mieux les impératifs de gestion liés à notre modèle économique. La filière de la façon comptait 6000 employés fin 2008 et perd jusqu'à 1000 emplois par an (rapport Clarisse Perotti-Reille http://www.industrie.gouv.fr/portail/secteurs/RapportFinal.pdf ).  Nous pourrions réemployer ces couturières et à terme, fournir du travail à la plupart des façonniers qui seraient encore en activité. 

Prêt-à-porter féminin et maille homme et enfant "made in France"

Le marché de l’habillement pour femme, homme, enfant représente 40 milliards d’euros en France, 300 milliards d’euros en Europe et 1000 milliards à l’échelle mondiale.

Notre pays compte plusieurs dizaines de milliers d’anciennes ouvrières de l’habillement licenciées au cours des dernières années, mais dont le savoir-faire pourrait permettre à notre pays de rester la référence de la qualité de fabrication d’habillement et de la mode. 

Un réseau de 30 ou 50 boutiques de 300 m2 situées en emplacements n°1 des villes françaises de plus de 100 000 habitants assurerait rapidement une base de chiffre d’affaires pérennisant les emplois de production et ferait connaître l’existence de l’unique enseigne de vêtements "made in France" à prix abordables pour jeunes filles et jeunes femmes. 

Les ventes seraient majoritairement réalisées par Internet pour économiser des investissements immobiliers supplémentaires et ainsi offrir des prix concurrentiels à nos clientes.

Ces circuits de distribution généreraient l’emploi de plusieurs milliers d’ouvrières, plusieurs dizaines de milliers à moyen terme et un potentiel de 120 000 emplois si nous captions ensuite, lors du développement à l’international, 1 % du marché mondial. 

  Equipement de l’habitat et autres biens de consommations "made in France"  

Le marché du meuble, salon et literie représente en Europe, 64 milliards d’euros et celui de l’électroménager en Europe est de 27 milliards d’euros.

Les autres principaux biens de consommations (hors hight tech) offrent un marché européen de 30 milliards d’euros : (luminaires, sanitaires céramique, cheminées, décoration, linge de maison, vaisselle, articles de loisirs et sports, bagages, jouets). Aujourd’hui, la plupart de ces biens de consommations sont importés.  

Un projet "habitat & loisirs" nécessiterait l’ouverture d’un réseau de plusieurs dizaines de magasins de 1000 m2 à 2000 m2, implantés en villes ou souvent en périphéries des villes de plus de 100 000 habitants mais l’objectif serait de vendre la part la plus importante de la production par Internet avec des prix encore plus attractifs.

L’activité pourrait permettre rapidement la création de plusieurs milliers d’emplois, puis encore plusieurs dizaines de milliers à moyen terme.  _

Nous ne comprenons guère que votre gouvernement n’ait eu l’idée ou la volonté de doter l’industrie française d’une enseigne "made in France" consacrée à l’habitat. Un tel outil de distribution aurait pu sauver de nombreuses entreprises, fait économiser des dizaines de milliards d’euros de dépenses de chômage en sauvegardant et créant de nombreux emplois, épargnant aussi beaucoup de drames humains.                                                       Nous pourrions réactiver dans la France entière, d’anciens ateliers de 10, 20 ou 200 personnes mais aussi des usines importantes comme la fabrique landaise de sièges et canapés, Capdevielle, qui employait 1200 personnes, mais a dû fermer lorsque les grandes enseignes de la distribution ont préféré s’approvisionner en Chine en mettant parfois en danger leur clientèle avec la vente de canapés toxiques. 

Par ailleurs, il est surprenant que l’une de ces enseignes siége aujourd’hui au FSI pour décider de l’attribution aux entreprises, de 20 milliards d’euros de fonds publics.

Cela nous autorise à douter de la pertinence de la distribution de la manne financière du plan de relance qui a parfois profité à des grandes entreprises adeptes de délocalisation et notamment financé de nombreux véhicules fabriqués dans les pays à bas coûts.  

Notre concept pourrait s’adapter à la commercialisation de produits agricoles, d’élevage et autres aliments d'origine française 

La vente directe par AMAP supprime les intermédiaires pour offrir des produits abordables et de bonne qualité aux consommateurs, et permet à quelques paysans de mieux vendre leurs produits. Sur un modèle proche et afin de juguler la disparition des fermes paysannes, nous pourrions créer une entreprise nationale fonctionnant dans un esprit coopératif qui vendrait avec des marges réduites, dans des points de vente physiques principalement situés dans des villes de plus de 100 000 habitants, la production locale de plusieurs milliers ou dizaines de milliers de petits producteurs de culture maraîchère et d’élevage dont la boucherie, volaillerie, charcuterie, les produits laitiers et tous les autres produits alimentaires transformés artisanalement ou industriellement par des entreprises régionales françaises.

La vente par Internet et la livraison aux consommateurs seraient assurées à partir de ces petits supermarchés régionaux surtout axés sur l’alimentaire situés principalement dans des grandes villes, mais couvrant la plus grande part de la population française.  

Créations d’emplois  

A chaque fois qu’un emploi serait créé, la collectivité économiserait la charge du coût d’un demandeur d’emploi soit 25 000 euros/an et les régimes de protection sociale encaisseraient en moyenne 12 000 euros/an.

Si l’on considère également que chaque emploi industriel régional génère habituellement au moins 1 emploi indirect, en dix ans chaque nouvel emploi créé rapporterait directement et générerait indirectement 240 000 euros de contributions sociales et ferait économiser 500 000 euros de dépenses pour l’emploi.

Le projet global offre des perspectives de sauvegardes de postes et de créations de plusieurs centaines de milliers d’emplois directs ou indirects avant dix ans ou quinze ans. 

De plus, avant dix ou quinze ans, la France pourrait connaître une renaissance industrielle : 

- la consommation des centaines de millions de nouveaux véhicules Chinois et Indiens (1 milliard d’habitants de moins de 25 ans potentiellement acheteurs d’un véhicule) et l’instabilité politique des pays producteurs de pétrole pourraient faire bientôt exploser les coûts de transport. 

- Les revendications salariales des ouvriers des pays aujourd’hui à bas coûts pourraient influer sur les coûts de main d’œuvre et l’écart avec nos salaires hexagonaux devrait encore se réduire considérablement au cours des prochaines années. 

Nos coûts de production deviendraient plus compétitifs et Il serait alors vital d’avoir conservé des moyens de production en France. 

Dés lors, de nouvelles entreprises de sous-traitance pourraient voir le jour et afin d’alléger notre gestion après 8, 10 ou 15 ans de recrutement massif, nous aiderions nos salariés à devenir nos fournisseurs.

A partir du savoir-faire préservé et de la base industrielle maintenue, des milliers de nouvelles entreprises de fabrication et de sous-traitance pourraient saisir les opportunités d’un développement industriel prônant le "consommer moins et mieux".

 _____________________ 

  Nous avons sollicité votre soutien dans notre courrier du 11 septembre 2010, mais votre réponse n’a pas permis une avancée du projet. Pourtant, l’inefficacité avérée du plan de relance en matière d’emplois avec 18 000 à 72 000 postes créés ou sauvegardés (selon les sages de la Cour des comptes, 09/10) pour un coût de 34 milliards d’euros (coût par emploi entre 472 000 et 1 900 000 euros), démontre la nécessité de mettre en œuvre notre projet qui à terme ne coûtera rien à la collectivité et créera néanmoins davantage d’emplois. 

Par ailleurs, il est regrettable que les mauvais résultats du plan de relance ne vous aient pas convaincu de consacrer une plus grande part du grand emprunt de 35 milliards d’euros à des projets réellement créateurs d’emplois. Le financement de l’innovation et de la recherche serait un excellent choix d’investissement si les bénéficiaires étaient ensuite tenus à certaines obligations, car généralement, lorsque les coûteux travaux de recherche sont achevés et financés par la collectivité, le développement et la production des articles innovants et technologiques, sont, comme chacun le sait, ensuite réalisés dans des pays à bas coûts. Il est à craindre que la part la plus importante des 35 milliards d’euros ne serve encore que quelques intérêts particuliers et abreuve de deniers publics, quelques grands groupes peu enclins à créer de l’emploi en France. 

Mais peut être déciderez vous aussi de soutenir notre projet afin d’agir concrètement pour l’emploi industriel, le maintien du savoir-faire et l’avenir de notre industrie manufacturière.   

 Francis JOURNOT 

  VETEMENTS MADE IN FRANCE 

 www.vetements-made-in-france.com

 

Courrier adressé le 15 mars 2011 à Nicolas SARKOZY,  

Président de la République Française 

Documents joints à cet article

Perspectives d'avenir pour l'industrie manufacturière française

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10 réactions à cet article    


  • TDK1 TDK1 14 mars 2011 13:52

    Votre demande et intéressante. Malheureusement, elle se heurte à deux murs :

    * Les règlements européens qui, systématiquement interdisent toute action d’un gouvernement ou d’un Etat visant à privilégier son industrie nationale. 
    * Le coût exorbitant de la main d’oeuvre française, or vous défendez, comme vous le dites très bien, une activité de forte main-d’œuvre.

    Ces deux points sont des points éminemment politiques.

    Le traité de Lisbonne est une aberration. Le combattre est une priorité si nous voulons pouvoir réinstaurer une économie de plein emploi en France. Souvenez vous de cette image incroyable d’un Président de la République convoqué par une commissaire européenne (une fonctionnaire !!!) pour se faire remonter les bretelles parce qu’il avait osé demander à un PDG de société française (dans laquelle l’Etat est actionnaire) de produire ses voitures en France (membre de l’ UE) plutôt qu’en Turquie (non-membre de l’UE) !!! J’évoque souvent sur mon site (http://maviemonargent.info) les péripéties européennes, en particulier dans le domaine fiscal, puisque, aujourd’hui encore, la France fait l’objet de condamnations régulières, se croyant encore libre d’établir elle même sa fiscalité. 
    Ne croyez pas que sortir du traité de Lisbonne soit une impossibilité, que nous serions tenus par notre parole (discours de l’UMP-PS) ! C’est faux. Deux raisons de droit nous permettent en toute légalité de remettre en cause ce traité : 1) Celui qui a été approuvé par les électeurs irlandais lors de leur deuxième vote est différent de celui qui a été approuvé par le parlement français en séance extraordinaire. Dès lors, il est parfaitement légitime de faire approuver ce nouveau texte au peuple français. 2) Le mécanisme du Fonds de secours financier qui intervient aujourd’hui pour sauver la Grèce, l’Espagne, le Portugal (bientôt) et l’Irlande est interdit par le traité de Lisbonne.... Oui oui, interdit ! Dès lors, il convient de modifier le dit traité et de soumettre au peuple français son approbation... Vous voyez, quand on veut, on peut. Récupérer son indépendance économique est capital si nous ne voulons pas finir comme vous le racontez concernant Prato. L’actuelle commission européenne se prend pour l’OMC et fait le jeu de l’étranger contre les intérêts européens. 
    2) Le coût de la main d’oeuvre. Là encore, le choeur UMP-PS vous récite la leçon CGT-PCF des années 50. Sans les cotisations sociales, pas de protection sociale ! Il faut faire payer les entreprises ! Bougres d’ânes ! Le « coût de la Main d’oeuvre », cela n’a rien à voir avec le « net à payer » dans les fouilles de l’employé ! Le coût de la main d’oeuvre, c’est « à combien va revenir une heure travaillée dans mon entreprise ». C’est ce coût là que je vais répercuter son mon prix de vente (en plus des achats, des amortissements, des frais financiers, des locaux, des coûts des improductifs, des frais de commercialisation, des impôts et taxes et de la part de marge nette (qui n’est pas toujours du bénéfice)...). Or, dans ce coût de main d’oeuvre, je vais payer la protection sociale de la France. Ce sont les entreprises françaises qui produisent en France qui paient l’intégralité de la protection sociale française (en théorie, puisque ce système stupide montre ses limites et que l’on est obligé de plus en plus de faire appel à l’impôt...). Et voilà donc les entreprises françaises en concurrence avec des entreprises dont les coûts de main d’oeuvre sont moindre et qui viennent vendre en France des produits qui ne participeront pas au financement de la protection sociale d’autant plus mise à mal que leurs produits créeront du chômage.... Là encore, faisons simple. Supprimons intégralement les cotisations sociales (de grâce, épargnez moi la différenciation entre « patronales » et « salariales », c’est de toute manière c’est la part de plus value attribuée à autre chose qu’à de l’activité économique). Imposons une augmentation de salaires de 20%. Augmentons la TVA de 5%. Instantanément, des filières comme celle que vous défendez redeviennent compétitives et génératrices d’emplois. Peut être pas sur les plus bas de gamme des produits, mais sur tous ceux de moyenne gamme. En effet, la baisse du coût de main d’oeuvre permettra de rendre compétitive une production qui, de meilleure qualité, aura moins de chutes et de défauts, coûtera moins cher en frais de transports et affrontera une concurrence qui, alourdie de l’augmentation de TVA, connaîtra un surcoût. L’image du « made in France » permettant, associé aux coûts de production allégés, de repartir à la conquête du monde. La protection sociale ? Payée par la TVA. En effet, la TVA est payée à chaque dépense, quelle que soit l’origine des fonds. Que vous ayez gagné cet argent en travaillant, en jouant, en dealant, en vous prostituant, en travaillant au noir, vous payez pour la protection sociale. Cela s’appelle « élargir l’assiette ». C’est à la fois plus juste (pourquoi seuls les gens « honnêtes » et s’inscrivant dans le système doivent ils payer pour la protection sociale dont tout le monde profite, y compris les malhonnêtes et les hors systèmes ?) et plus rentables (pourquoi seuls les produits fabriqués en France doivent ils subir le coût de la protection sociale alors que notre système économique est basé sur la consommation ?).

    Long commentaire, mais qui explique pourquoi vous n’aurez jamais de réponse de la part de ceux qui nous gouvernent ni de leurs challengers. Il faudrait remettre en cause toute une organisation politique (transfert de souveraineté à l’actuelle commission européenne qu’ils ont tous soutenu) et une organisation sociale (transfert du coût de la protection sociale au régime fiscal, c’est à dire fin de la gestion paritaire, fin des gros salaires à rien faire versés aux soit disant représentants « des partenaires sociaux » (les syndicalistes professionnels) ) . Or, comment achète-t-on la « paix sociale » ? 

    • Cocasse cocasse 14 mars 2011 15:05

      TDK1  : long mais super commentaire.
      L’UE d’aujourd’hui, cette commission où les technocrates convoque et donne des ordres à notre chef d’état, n’est pas réformable. Il faut la quitter mais renouer aussi des liens solides inter-états.
      Quelque soit la forme que prendra cette nouvelle organisation, elle se fera hors de cette dictature de bruxelles.
      Nous avons besoin d’une industrie et d’une agriculture, pas forcément pour être compétitifs sur les marchés extérieurs, mais pour assurer notre autonomie et indépendance. Cela est inenvisageable sans un protectionnisme adapté.


    • Traroth Traroth 15 mars 2011 09:16

      La TVA est un impôt injuste qui avantage les riches. Il faut la supprimer et la remplacer par des impôts justes, qui fassent payer les plus les riches que les pauvres, et non l’inverse.


      Ce qu’il faut faire, c’est rétablir des barrières douanières, afin que les travailleurs français ne soient plus en concurrence avec les esclaves chinois, car cela fera d’eux des esclaves également, tôt ou tard ! Quitte à établir des accords d’allègement de ces barrières douanières avec les pays ayant les mêmes conditions sociales, fiscales et environnementales que la France.

    • TDK1 TDK1 15 mars 2011 14:30

      @ Traroth


      Pourriez vous avoir l’amabilité de développer, svp ?

      En quoi la TVA est elle un impôt injuste qui favorise les riches ?
      C’est quoi un impôt qui fait payer les riches plus que les pauvres et en quoi ce n’est pas le cas de la TVA ?




    • Traroth Traroth 15 mars 2011 18:22

      C’est très simple : la TVA est un impôt sur la consommation. Ce qui veut dire que si vous on part par exemple sur une TVA uniforme de 19%, si vous consommez tout votre revenu, vous allez payer 19% de vos revenus en impôts. Si vous ne dépensez que 50% de vos revenus, vous ne paierez au final que 9,5% de vos revenus en impôts.

      Par définition, les riches consomment moins de leurs revenus, et épargnent plus. Donc ils vont payer moins d’impôts que les pauvres, en proportion de leurs revenus.

    • Traroth Traroth 15 mars 2011 18:23

      Et ils sont très, TRES nombreux, dans la France de 2011, à dépenser tout leur revenu ! Et à ne pas manger à leur faim, d’ailleurs !


    • xray 14 mars 2011 18:17


      La misère est le fondement de la société de l’argent ! 
      (Le malade, l’industrie première.) 

      Les élus européens sont des carpettes sur lesquelles les Américains s’essuient les pieds. 
      En France, on n’a pas de pétrole mais on dispose d’une mine d’or inépuisable en argent social. (Argent social dans lequel certains puisent à volonté.) 


      Les
      Français sont revenus à la situation du début des « années 40 ». 
      Ils sont soumis à : 

      - Une monnaie d’occupation ; 

      - Des journalistes d’occupation ; 

      - Des mœurs judiciaires dignes du nazisme ; 

      - Des collabos financés et au service de qui ? L’Europe,  les Américains, ou le Vatican ? 


      Le bourbier européen 
      http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com 

      Se sortir de l’Europe ! Et, vite ! 
      http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/archive/2010/06/30/se-sortir-de-l-europe-et-vite.html 

      Le piège internet (GOOGLE, Blog-spot,  Dailymotion, Le Post) 
      http://echofrance.monblogue.branchez-vous.com/2009/11/21#215760 



      • yann 14 mars 2011 19:03

        Article très politique et intéressant.

        Dans le modèle économique proposé il faut trouver des actionnaires intéressés pour investir dans une industrie ou l’un des objectifs est de «  limiter la distribution de dividendes »  : pas évident. D’autant qu’il est proposé un pacte d’actionnaire pour réglementer les cessions de parts... donc un investissement à faible rendement et dont il est difficile de sortir !!!

        De même, c’est l’intégration verticale qui est préconisée. Cette stratégie est créatrice de valeur ajoutée mais est également génératrice de coût de fonctionnement important puisqu’il s’agit principalement de main d’oeuvre.

        Comment dans ces conditions tenir l’objectif annoncé de proposer des prix équivalent au low cost chinois ?

        En rognant sur les bénéfices !

        A plus long terme comment financer les cycles d’activités et les investissements sans marge bénéficiaire ?

        Par des licenciements cf. « afin d’alléger notre gestion après 8, 10 ou 15 ans de recrutement massif, nous aiderions nos salariés à devenir nos fournisseurs. »

        Le modèle proposé est en définitive plus celui d’une coopérative/association que celui d’une véritable industrie à grande échelle.

        Sur le site de l’auteur de l’article un exemple illustre le modèle économique sur une approche basée sur le coût de fabrication d’une robe 1er prix simple faite en France suivant le modèle précité. Le prix de vente auquel abouti cet exemple est de 28 €.

        Regardez par vous même sur les sites nationaux de ventes de textiles féminin : un tel article est vendu entre 15 et 18 € ( -30%) !!!

        Enfin pour finir sur une note d’humour, je suis surpris que le porteur de ce projet ai besoin de l’aval de nos gouvernants pour mettre en oeuvre un tel projet sauf si bien sur le seul moyen de financer cet ambitieux projet soient les subventions d’état .

        Vive le Sovkhoz du vêtement à la française !!!


        • foufouille foufouille 14 mars 2011 19:27

          "La vente directe par AMAP supprime les intermédiaires pour offrir des produits abordables et de bonne qualité aux consommateurs, et permet à quelques paysans de mieux vendre leurs produits"
          la c’est faux
          les amap sont tres souvent hors de prix
          3€ le Kg


          • ALBIE Alain 15 mars 2011 08:35

            Discours syndicaliste d’arrière-garde qui vaut à notre pays d’être où il en est. Aujourd’hui, ce sont les nations qui se battent qui émergent et non celles construites sur un empire colonial.


            Vous vous limitez par essence à un marché national, voire Européens (?) limité tant par le nombre de clients potentiels que par le pouvoir d’achat en régression. Veuillez excuser un smicard de ne pas acheter français, mais il n’en a pas les moyens.

            Ouvrez donc les yeux et faites donc preuve de ce dont vous êtes si fiers : l’innovation. Quand à vos chiffes sur les millions d’emplois, ils n’ont d’une part jamais existé, et pour ceux délocalisés sont parti vers l’Italie avant d’arriver en Tunisie, au Vietnam, et ce bien avant la Chine.

            Pleurez, pleurez, ça occupe.

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