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Petit cours d’économie politique en temps de crise

La crise pouvait elle-être prévue ? Pourquoi les économistes n’ont-ils rien vu venir ? Sont-ce des charlatans ? Les Américains sont-ils responsables de la crise ? Le plan Paulson va-t-il sauver les bourses ? Que faut-il faire en France, en Europe, au niveau mondiale ? Autant de questions qu’il est possible d’aborder à la lumière des analyses de l’économie politique. On comprend alors que nos dirigeants sont prisonniers de leur idéologie libérale et refuse d’envisager les seuls remèdes concevables.

1°) LA CRISE ECONOMIQUE POUVAIT-ELLE ETRE PREVUE ?
 
Oui.
 
Elle était prévisible. Elle a été prévue. En fait, fin 2007, tous les économistes, du moins tous ceux qui n’étaient pas stipendiés par les pouvoirs de l’argent et qui avaient les ressources intellectuelles pour analyser la situation de l’économie mondiale (les deux vont ensemble), s’accordaient à dire que la bulle spéculative allait éclater.
 
Didier Sornette (le sismologue ayant transféré les équations fractales à l’économie) a donné une interview le 17 septembre 2007 au journal Le Temps dans laquelle il déclarait qu’une crise comparable à celle de 1929 éclaterait en 2007 et que le système banquier s’effondrerait avant la fin de l’année.
 
Pierre Larrouturou (l’homme qui prêche dans le désert du parti socialiste) a publié le 26 octobre 2007 Le livre noir du libéralisme dans lequel il décrivait comment la croissance américaine était tirée depuis vingt ans par un endettement croissant des ménages qui avait largement dépassé le ratio insoutenable des années 20 et ne pouvait que craquer avant 2009.
 
Michel Aglietta (économiste de l’école de la régulation, systémique d’inspiration marxiste) publie dans le numéro de novembre 2007 du Monde diplomatique une bonne description du mécanisme pyramidal des subprimes et prédit qu’en 2008 l’effondrement de la valeur boursière américaine sera assez important pour contrebalancer la création de valeur en Chine.
 
L’Observatoire politico-économique des structures du capitalisme intitule son billet de décembre 2007 « Une année de crise » : « Ceux qui pensent que 2007 a été une mauvaise année pour l’économie devront changer d’avis. Elle restera dans les mémoires comme une bonne année, l’année qui précède la crise ». S’ensuivait une prédiction assez exacte de la crise du crédit débouchant sur une crise inéluctable devant éclater avant la fin de l’année.
 
 
2°) POURQUOI LES ECONOMISTES N’EN ONT PAS TENU COMPTE ?
 
Globalement pour deux raisons : la première, c’est que la totalité des économistes qui ont la maîtrise de l’économie et l’oreille de nos dirigeant (cela va ensemble) sont des charlatans (j’y reviendrai) accaparés par une activité qui relève davantage du jeu de casino que de la science économique à proprement parler et ont donc très peu de temps de cerveau disponible pour s’instruire des réalités du monde matériel ou du fonctionnement effectif du système auquel ils collaborent ; la seconde, c’est que même ceux qui auraient lu par hasard l’une de ces analyses (ou un équivalent en langue anglaise comme les prédictions de Nouriel Roubini) étaient conditionnés pour refouler cette information dans un mouvement de dénégation qui correspond à peu près à la logique des dessins animés de Tex Avery : tant que je ne regarde pas en bas, je ne tombe pas…
 
Ces deux raisons proviennent du fait que l’économie « sérieuse », celle des financiers et des libéraux, repose sur un vide épistémologique impressionnant et que, selon une loi universelle, ce vide est comblé par des préceptes idéologiques destinés à justifier la mise en œuvre d’actions correctrices (par les politiques publiques) destinées à faire coller la réalité avec le modèle plutôt que l’inverse (qui serait la recherche scientifique d’une adéquation du modèle avec la réalité à décrire). En cela, l’économie sérieuse s’apparente davantage à la théologie qu’à toute autre science : c’est un discours savant destiné à légitimer des pratiques de pouvoir, lesquelles visent en retour à créer les conditions d’une validité, sans cesse différée (Keynes : « dans le long terme, nous serons tous morts »), de ce discours.
 
 
3°) TU AS DIT DES « CHARLATANS » : CE N’EST PAS EXAGERE ?
 
Non, c’est comme ça qu’on appelle des gens qui se prétendent savants mais ne savent pas de quoi ils parlent. Ils diffèrent en cela des sophistes, qui savent éventuellement de quoi ils parlent mais se contentent de donner une image, plus ou moins exacte, de la connaissance pour impressionner le vulgaire plutôt que la connaissance elle-même. Ne nous méprenons pas, la plupart des économistes possèdent, en plus d’un talent rhétorique à la Diafoirus, de véritables compétences techniques : ils sont capables de manipuler des équations complexes et d’envisager l’évolution d’un système à variables multiples selon les « lois » qu’ils se sont fixé. Cela n’en fait pas des scientifiques pour autant : la science ne consiste pas seulement en l’élaboration rigoureuse d’un modèle mathématique, mais d’abord dans la recherche des critères d’adéquation de ce modèle avec les phénomènes, afin de contrôler sa validité au travers de l’expérimentation (ou de l’observation). Or, la capacité prédictive des économistes « sérieux » est quasi-nulle : leur modèle consiste essentiellement à se fonder sur une anticipation des anticipations des agents économiques qui partagent les mêmes présupposés théoriques qu’eux (je n’ergoterai pas sur le fait que certaines des conditions de validité, notamment l’accès égal à l’information, relèvent du mythe et ne sont jamais vérifiées). Autrement dit, il n’est à aucun moment question d’une objectivation capable de saisir le phénomène : il s’agit uniquement d’une course à l’échalote à l’intérieur d’un jeu dont les règles sont connues mais où le comportement n’est absolument pas objet de réflexion. L’évolution du système est ainsi présumée obéir aux fluctuations de la « confiance » ou d’autres métaphores psychologiques, selon les mécanismes du « marché » (que l’on peut grossièrement accepter comme une représentation valable de la rencontre de l’offre et de la demande mais qui, en réalité, ne correspond qu’à des stades historiques précoces très particuliers du capitalisme : cela fait bien longtemps qu’il n’existe plus une myriade d’agents mais un réseau de puissances ploutocratiques), quand ce n’est pas à la personnification théologique de la « main invisible » (qui tremble pas mal ces temps-ci).
 
Pour que l’économie, parvenue au stade actuel de la financiarisation, soit une science, il faudrait qu’il existe quelque chose comme une « valeur fondamentale » autour de laquelle fluctuent les évaluations du marché (faute de mieux, on acceptera ce terme pour se référer au réseau des évaluations boursières), autrement dit que la « valeur » manipulée par les traders et autres agents de la finance soit en relation avec une forme de valeur matérielle. Tout le monde sait qu’autrefois la monnaie était gagée sur un étalon (l’or) afin d’assurer ce lien et que les économistes clairvoyants (de vrais savants, à l’époque) étaient déjà au courant du caractère fictif de cette relation. Pour comprendre ce fait, il faut avoir une vague idée des mécanismes de création de la monnaie : il y a, d’une part, l’émission de monnaie par les Etats (ce n’est plus qu’une infime part du processus de nos jours) et, d’autre part, la création de monnaie par les banques via le crédit (votre banquier ne débourse pas l’argent qu’il vous prête, il escompte simplement que vous le remboursiez). Longtemps, les dirigeants ont tenté de brider ces deux mécanismes, car, en bonne logique, il ne faut pas créer davantage d’argent que l’on ne pense pouvoir créer de valeur matérielle si l’on ne veut pas créer, en fait, de l’inflation (faire baisser la valeur de la monnaie). L’étalon-or était donc censé limiter les capacités des Etats à battre monnaie, et les banques étaient, quant à elles, limitées à un certain ratio entre les prêts qu’elles accordaient et les dépôts dont elles disposaient. Depuis la fin de Bretton Woods (fin de l’étalon pour le dollar) et la mondialisation des années 80 (libre circulation des capitaux entre les banques et, donc, absence de limite de la multiplication du crédit : je te prête de l’argent donc tu m’en prêtes que je te prête, etc.), ces deux mécanismes ce sont emballés. La valeur des échanges marchands, l’économie matérielle, ne représente désormais qu’une infime partie de l’économie financière (moins de 10%) : l’argent est devenu une variable du crédit. Cela signifie, par exemple, que, si en théorie les détenteurs de capitaux voulaient convertir leur argent en biens matériels, la planète Terre n’y suffirait pas. Nous avons déjà vendu plusieurs fois la totalité du monde où nous vivons. En fait, l’économie financière est fondée sur l’anticipation de richesses futures et la « croissance » est ainsi essentiellement tirée par la spéculation. Pour être « raisonnable » (c’est-à-dire dans les limites théoriques d’un équilibre), les mécanismes de création de la monnaie devraient être limités à la croissance espérée (à une constante près). Les vingt dernières années nous ont entraînés très loin de cette limite. La crise était inévitable. Il fallait être des charlatans pour dire autre chose.
 
Il faut admettre que l’économie n’est pas une science. C’est un art, au sens où la médecine aussi est un art plutôt qu’une science. Le médecin n’applique pas un corps de connaissance, il soigne des gens. Il fait appel pour cela à un savoir-faire qui peut être rationalisé sous une forme théorique mais en dérive rarement. La même chose est vraie pour l’économie (politique) : elle vise à améliorer le bien-être d’une société ou d’une fraction de cette société. En l’occurrence l’économie libérale vise à améliorer le bien-être des détenteurs de capitaux (les actionnaires) et, dans une moindre mesure, de ceux qui les servent (dirigeants, économistes, journalistes, etc., bref ceux que Marx appelaient les « valets du capital »). Il faudrait faire passer un serment aux économistes, et il commencerait comme celui d’Hippocrate : Primum non nocere
 
 
4°) SONT-CE LES AMERICAINS QUI SONT RESPONSABLES DE LA CRISE ?
 
Je suppose qu’à ce stade de l’hystérie collective, vous avez déjà appris beaucoup de choses sur la bulle spéculative des subprimes et entendu la description standard de la « crise de confiance » qui menace le système financier en raison de « l’assèchement des liquidités ». Si vous avez réussi à saisi les mécanismes de création de la monnaie, vous avez compris les conditions de la crise dans laquelle nous nous trouvons. En gros, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les Etats-Unis jouent le rôle de moteur keynésien et de consommateur universel de l’économie mondiale. Cela signifie qu’ils se sont dévoués pour vivre à crédit et alimenter par leur demande insatiable la production de richesse dans le reste du monde. Cela n’est possible que parce que le plan de Keynes (la création d’une monnaie mondiale) a été repoussé et qu’ils disposent donc de la seule monnaie d’échange universelle. Ils sont ainsi en mesure de battre monnaie en gageant celle-ci non pas sur leur croissance propre mais sur la croissance mondiale. Juste retour des choses, en raison de ses capacités d’absorption, leur marché est « le » marché sur lequel toute nouvelle innovation doit se faire accepter et ils disposent de fonds illimités pour importer les facteurs de création de richesse (les cerveaux notamment). Leur croissance est donc dopée par une relance perpétuelle au prix d’un endettement constant auprès des autres agents économiques qui financent le déficit en achetant les bons du trésor. Cette dissymétrie est parfaitement visible dans les modèles macro-économiques et connue de tous les économistes : autrefois, l’Europe, le Japon et les pays du Golfe compensaient par leur épargne ; de nos jours, la Chine, qui ne peut pas, objectivement, être considérée comme un allié sous contrôle, joue ce rôle de contrepoids. Par conséquent, on peut dire que si les Etats-Unis sont les instigateurs de la crise, les autres Etats sont leurs complices, et que le coup de pied de l’âne surviendra quand la Chine sera conduite à trancher le dilemme qui s’offre à elle : ou bien renflouer les Etats-Unis et maintenir la parité avec le dollar (elle verra son capital s’envoler), ou bien se désolidariser et perdre son débouché extérieur (elle entrera en surproduction).
 
 
5°) LE PLAN PAULSON VA « SAUVER » LA BOURSE, NON ?
 
Non.
 
Dans toute l’histoire économique de l’humanité, on n’a jamais vu une crise qu’on « arrête ». On peut la différer (pas éternellement), en modifier l’amplitude, en subir plus ou moins les conséquences sociales, mais on ne peut pas l’arrêter. Il y a à cela des raisons scientifiques hors de portée des économistes. Si vous êtes mathématiciens, vous connaissez le phénomène d’hystérésis : il s’applique parfaitement à la situation où le système financier se trouve, une évolution non-linéaire irréversible. Si vous êtes historien, vous vous rappelez les cycles de Kondratiev, que les économistes n’étudient plus depuis longtemps : alors vous savez aussi qu’on ne peut pas inverser un cycle. Si vous être sociologue statisticien, vous comprenez que la façon de calculer les espérances de gain des économistes ne tient pas debout : pour que leurs anticipations soient justes, il faudrait qu’ils disposent de l’ensemble de l’information sur les évolutions passées du système (selon un fantasme laplacien abandonné partout ailleurs). Si vous êtes physicien, vous êtes familier des phénomènes de relaxation et savez qu’un accès correspond à une transformation irréversible du système : même si l’on revient tôt ou tard à un régime continu, il est impossible de retrouver la situation antérieure. Si vous êtes météorologue, vous savez qu’un système qui s’écarte de l’équilibre et dont les équations ne sont pas deux fois intégrables est totalement imprévisible et qu’il est inutile de vouloir le corriger pour le ramener à l’équilibre. Si vous êtes sismologue (comme Sornette), vous vous faites des couilles en or en prévoyant à l’avance les répliques du krach initial. Bref, si vous êtes un savant qui recherche l’accord avec la réalité au lieu de prier pour que ses rêves se réalisent, vous savez que le plan Paulson ne peut pas marcher, ni aucun autre d’ailleurs.
 
Cela n’exclut pas qu’il y ait des mesures à prendre et que le plan Paulson ait des vertus, mais, en l’occurrence, ce plan est très mauvais. Quand une crise éclate, le mieux à faire, si vous êtes un dirigeant soucieux du bien de ses concitoyens, c’est de nationaliser les secteurs clefs de l’économie et de tâcher de réorganiser votre production (dussiez-vous recourir à la réquisition) pour alimenter votre population et limiter les troubles sociaux. Or, contrairement à ce que l’on entend parfois, le plan Paulson n’est pas une nationalisation : c’est une recapitalisation qui correspond, dans un premier temps, à une mutualisation des pertes des spéculateurs et, dans un second temps, à la mise en faillite du trésor américain.
 
Voici la première différence : quand vous nationalisez, vous prenez le contrôle de l’entreprise et vous la sortez de la bourse, si bien que, d’une part, elle vous obéira même si vous la payez en monnaie de singe et, d’autre part, elle n’a plus de valeur. Or, c’est précisément ce que vous recherchez : sortir l’économie de la spirale infernale de la destruction de valeur, car celle-ci ne s’arrêtera pas gentiment quand elle atteindra son plancher (la valeur fondamentale) puisque celui-ci n’existe pas ! Il faut donc, en attendant que le système ait fini de s’effondrer, récupérer ce qui a vraiment de la « valeur » au sens concret du terme : ce qui permet de nourrir, chauffer, protéger, etc. Paulson recapitalise les entreprises qui se sont le plus lourdement engagées dans la spéculation mais il les laisse en bourse et n’en prend même pas le contrôle. Il garantit les créances de ceux qui se sont les plus enrichis en capital et il baisse leurs impôts pour être bien sûr que ce sont les travailleurs qui rembourseront. Les républicains de 29 étaient des gens cruels, qui laissaient leurs concitoyens dans un dénuement pitoyable, mais ils étaient sincèrement libéraux et, en cela, honnêtes : quand une banque s’effondrait, elle s’effondrait, il n’était pas question de lui sauver la mise avec l’argent du contribuable. Paulson obéit à une autre logique (française) : privatiser les profits et mutualiser les dettes. Il est vrai que le premier plan comportait des éléments intéressants, comme une mutualisation au sens suédois du terme, mais ils ont été abandonnés.
 
La seconde différence, c’est que le ratio entre les créances pourries et les avoirs du trésor américain va exploser. Au lieu de sortir de la bourse des valeurs pour les sauver, Paulson met l’Etat dans la spirale de la destruction de valeur. Il ne faut pas oublier qu’une création aussi monstrueuse de monnaie ne peut se traduire à terme que par une hausse vertigineuse de l’inflation : la question est seulement de savoir si ce sera une inflation américaine ou mondiale. Dans un premier temps, le salut des Etats-Unis dépend donc désormais… de la Chine. Mais les Chinois n’ont rien à gagner dans cette affaire : ou bien ils renflouent les Américains, et cela signifie qu’ils plongent avec eux ; ou bien ils refusent, et de toute façon, ils auront une crise de surproduction, des centaines de millions de chômeurs. Dans les deux cas, on peut s’attendre à d’importants troubles sociaux, voire à une phase de décadence avec perte de la maîtrise par le pouvoir central.
 
 
6°) QUE FAUT-IL FAIRE ?
 
Croire que l’on puisse parler de « l’économie », comme s’il existait un référentiel absolu d’où l’on puisse l’embrasser d’un seul regard objectif, fait partie des illusions propres à la théologie économique actuelle. En économie politique, il s’agit toujours d’envisager ce que l’on peut faire dans un référentiel donné, à une échelle donnée.
 
En France
 
Traditionnellement la France se sort plutôt bien des crises financières (si, si…) : elle dispose d’ordinaire d’une épargne résistante ; d’un Etat solvable et disposant parfois de moyens de contrôle sur l’appareil de production ; celle-ci est équilibrée entre les différents secteurs, ce qui la rend notamment autosuffisante alimentairement ; son intrication dans l’économie mondiale est moins forte que celle de la Grande-Bretagne ou de l’Allemagne (ce qui lui donne un laps de temps plus grand pour s’organiser) ; elle bénéficie souvent d’un renouvellement de ses élites à cette occasion, ce qui lui permet, en fin de cycle, de redémarrer plus vite et plus fort que les économies concurrentes.
 
Manque de bol, la France de 2008 est singulièrement affaiblie. Son épargne privée reste considérable et, en général, étant, depuis le XVIIe siècle, le pays le plus riche d’Europe (si l’on y inclut les richesses qui ne sont, heureusement, pas cotées en bourse), sa population est en mesure de supporter une diète économique pendant plusieurs années à condition que le rationnement soit correctement organisé par le pouvoir central (c’est sans doute là que le bat blesse, j’y reviens tout de suite). En revanche, notre bien aimé souverain a réussi l’exploit de mettre en faillite la caisse des dépôts en la faisant spéculer juste avant l’éclatement de la bulle. L’écureuil a donc perdu 90% de ses noisettes et, en absence de liquidités, on peut le considérer comme un poids mort. Cela signifie que, même s’il en avait les ressources idéologiques et intellectuelles, notre gouvernement ne serait pas en mesure de nationaliser et de réorganiser une économie mixte sans recourir massivement à un endettement hors de prix. Inutile de dire que, grâce aux gouvernements libéraux successifs (et de DSK à qui revient la palme des privatisations), cette économie mixte n’existe plus, la France ayant, en particulier, perdu la maîtrise du secteur énergétique. Toutefois, en raison du caractère tardif de la révolution conservatrice en France, le capital reste pour une bonne part entre les mains d’actionnaires français (les noyaux durs chers à Balladur) qu’il serait possible de raisonner ou d’exproprier. Mais, là encore, on peut douter des capacités d’action des libéraux : le plus probable est que « l’idiot énervé », comme on l’appelle en Chine, pompe jusqu’au dernier centime de l’épargne privée, puis aille jusqu’à vendre les réserves d’or de la Banque de France (alors que l’émission du franc gagé sur l’or serait un expédient dont il ne faudrait pas se priver en ultime ressort). Bref, il est douteux que nous crevions de faim mais il est tout aussi improbable qu’une solution strictement française soit envisageable.
 
En Europe
 
Une action concertée de « nationalisations » à l’échelle européenne serait susceptible de mettre à l’abri les Européens, mais il est douteux que les Norvégiens acceptent de payer pour les Portugais. Les temps de crise ne sont pas les moments idéaux pour créer des pots communs : la France et l’Allemagne ne paraissent elles-mêmes pas en état de se comprendre. La monnaie pourrait aussi être une variable d’ajustement importante : une relance générale (centrée sur le travail par des programmes d’aménagement écologique et énergétique, et non sur le sauvetage du capital) pourrait atténuer les effets sociaux de la crise. Cette forte expansion monétaire provoquerait certainement une forte inflation. Même si les salaires étaient de nouveau indexés durant cette période, ce serait un moindre mal : les détenteurs de capitaux seraient simplement moins riches par rapport aux travailleurs. L’Europe émergerait de la crise avec un nouveau système de production (pour ne pas dire un nouveau « mode de production ») fondé sur le développement durable et une structure sociale plus égalitaire, à la fois entre les Etats membres et à l’intérieur de chacun d’eux. Cela dit, il ne faut pas rêver : le plus probable est que l’Europe monétaire éclate, écartelée entre les Etats prêts à s’endetter (l’Italie, la France et probablement tous les nouveaux Etats membres) et les partisans de l’orthodoxie budgétaire (l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les pays scandinaves). L’Euro vit son baptême du feu : s’il existe encore à l’horizon 2012, c’est qu’il est symboliquement résistant.
 
A l’échelle du monde
 
Il faut, effectivement, une monnaie mondiale, comme Keynes le disait, et une banque qui en encadre l’émission selon des critères adaptés à une croissance régulée. Les flux de capitaux doivent être rendus plus visqueux (la taxe Tobin n’est pas suffisante) par des mécanismes de douanes entre chaque grande zone d’intégration économique. Il serait trop beau que les règles de Keynes sur le commerce international (avec droit de douane inversé) soit adoptées, mais il faut néanmoins promouvoir l’autonomie de chaque zone économique en empêchant toute forme de dumping social ou écologique. L’argent récupéré au niveau mondial serait consacré à sauver l’environnement naturel, sanitaire et social de l’humanité, à promouvoir la recherche et les arts, et à racheter progressivement les stocks d’armes des pays membres pour les détruire. L’histoire nous enseigne malheureusement que de tels sursauts ne surviennent qu’après des conflagrations militaires, celles-ci suivant elles-mêmes une crise économique majeure. Un petit signe d’espoir dans la période que nous vivons est qu’il semblerait que la guerre ait, cette fois, précédé la crise économique.

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111 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 18 octobre 2008 17:29

    Merci pour cet article, souvent éclairant
    Il embrasse un peu trop d’aspects et de points qui mériteraient d’être discutés par des économistes (Léon , si tu me lis..)
    Je m’attarderai sur un seul point , celui concernant la scientificité discutée de l’économie et ses imbrications avec les pratiques sociales et les choix politiques.,en vous livrant telle quelle une analyse parue hier dans Mediapart,à mes yeux trés éclairante, que je reproduis intégralement ici (les surlignages sont de moi).Je ferai aussi long que vous ! Je divise en deux l’article, qui ne passerait pas autrement
    Merci à Ludovic Lamant l’auteur de l’article en question, dont je partage l’analyse :

    "Crise : la grande faillite des économistes | Mediapart

    Nous sommes en janvier 2007. Non sans mal, l’anthropologue Paul Jorion vient de trouver un éditeur pour publier un essai intitulé Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte, 2007). Sa thèse est explosive, presque trop énorme pour être prise au sérieux : le capitalisme financier aux Etats-Unis est sur le point d’imploser, victime de ses pratiques spéculatives. Mais cette crise, prévient-il, n’éclatera pas en Bourse. Elle surgira depuis le cœur des marchés immobiliers. A l’appui, une description pointilleuse de ce que Jorion nomme alors le « secteur sous-prime du prêt hypothécaire », le fameux « subprime » qui fera la Une des journaux quelques mois plus tard (on peut télécharger l’intégralité du chapitre consacré à l’immobilier ici).En somme, l’un des seuls livres, en langue française, à avoir anticipé la crise des crédits immobiliers aux Etats-Unis a été rédigé par un... non-économiste. Au moment de sa publication, l’ouvrage fera l’objet, au mieux, d’une indifférence polie de la part des confrères économistes. « J’ai bâti une théorie économique qui a été jugée irrecevable, jusqu’à ce que la crise vienne la confirmer », résume Paul Jorion à Mediapart, en attendant la sortie, début novembre, de son prochain livre, La Crise (Fayard).

    Depuis les remous de l’été 2007, quid des économistes ? Les plus médiatiques n’ont cessé de défiler, à tour de rôle, dans les colonnes des journaux, pour dire que non, vraiment, il ne fallait pas s’inquiéter, et que, oui, c’était certain, le plus dur était passé. Dans un entretien aux Echos du 13 août 2007, Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de Natixis, chiffrait à 26 milliards de dollars les risques de pertes liées au « subprime » pour les banques américaines, avant de conclure : « Ce n’est pas avec un montant pareil qu’on détruit la finance internationale. » Le FMI a chiffré en mars 2008 le coût provisoire de la crise à 1.000 milliards de dollars.Frédérik Ducrozet, directeur des études économiques du Crédit agricole, estimait quant à lui, le 13 mai 2008, toujours aux Echos, que « l’idée selon laquelle le pire de la crise financière serait passé semble faire son chemin ». Dans une tribune publiée le 7 octobre 2008 par le Wall Street Journal, le prix Nobel américain Gary Becker y allait de son mea culpa : « J’admets avoir fortement sous-estimé l’ampleur de la crise. »

    « Il aurait fallu avoir plusieurs cerveaux »

    Pourquoi la plupart des économistes n’ont-ils rien vu venir ? Pourquoi certains se sont même complètement fourvoyés ? Et pourquoi « les jeunes stars de la macroéconomie n’ont rien à dire sur la crise », pour reprendre l’accablant constat de Thomas Philippon, économiste enseignant à l’université de New York ?Parce que l’école de pensée dominante est incapable de théoriser les « crises endogènes », répond sans hésiter Michel Aglietta, économiste au Cepii. « Pour ces économistes libéraux, qui s’appuient sur l’hypothèse des marchés efficients*, toute crise vient forcément de l’extérieur, et elle est donc par nature imprévisible ! » explique Aglietta.Lui défend une autre approche, plus minoritaire, dite de l’instabilité financière, formulée par l’Américain Hyman Minsky. ..De son côté, Thomas Philippon, auteur du Capitalisme d’héritiers (Ed. du Seuil, 2007), pointe du doigt la « trop forte segmentation de la recherche académique ». Faute d’« économistes généralistes », personne, ou presque, n’a pu observer la propagation de la crise, surgie d’un coin obscur du droit immobilier américain (le contrat subprime) pour se propager à l’économie réelle, passant par les dernières innovations de la finance (les mécanismes de « titrisation » et de crédit dérivés). « Il aurait fallu plusieurs cerveaux dans la même tête pour voir venir les choses », résume Philippon.Gilles Raveaud, professeur d’économie à l’Institut d’études européennes de l’université Paris-8, reprend l’argument, pour le pousser un peu plus loin : « Depuis des années, on a assisté à un morcellement du savoir économique terrifiant, avec l’apparition de spécialistes très pointus, ici sur le travail, là sur le commerce international... On se retrouve à l’université avec des thésards très calés sur leur sujet, mais dénués de toute culture générale en économie ! » Et Raveaud, qui connaît bien la recherche américaine pour avoir enseigné deux ans à Harvard, de s’inquiéter de ces manquements : « Un économiste peut traiter du chômage, sans rien connaître aux marchés boursiers ou aux banques... C’est conforme à la théorie de l’équilibre général, selon laquelle on peut analyser le fonctionnement d’un seul marché pris séparément, celui du travail par exemple, puisqu’on suppose que les autres sont naturellement à l’équilibre. Mais cela ne tient pas ! »

    En fait, la macroéconomie des dix dernières années a subi de lourdes transformations. Vexés de ne pas pouvoir prétendre au statut de scientifiques purs et durs, la plupart des économistes ont versé dans un formalisme mathématique effréné, sur les conseils de Milton Friedman et ses collègues monétaristes. Profusion de courbes, modèles et équations, qui ont éloigné les chercheurs du monde « réel ». Les maths sont devenues une fin en soi. Aveu de Thomas Philippon : « Nous étions devenus des enfants gâtés, puisque nous n’avions pas connu de vraie crise depuis longtemps. Sous la présidence Clinton, la politique monétaire était devenue répétitive. Notre intérêt pour le réel s’est donc logiquement atténué. » Une enquête étonnante, réalisée auprès des doctorants en économie des grandes facs américaines (téléchargeable ici), confirme ces propos. Plus de la moitié des personnes interrogées (51%) estiment que « connaître l’économie de façon approfondie » est « sans importance »... Et à peine 9% des thésards se disent convaincus du contraire (« connaître le réel est très important »)

    Et puis il y a ce best-seller international, tellement révélateur du refus de beaucoup d’économistes des années 2000 à se confronter à d’amples débats de société... Le livre s’appelle Freakonomics (« économie saugrenue », faute de meilleure traduction). Ecrit par Steven Levitt et Stephen Dubner, publié en 2005 aux Etats-Unis, un an plus tard en France (Denoël, 2006), l’ouvrage s’est écoulé à plus de trois millions d’exemplaires....

     


    • ZEN ZEN 18 octobre 2008 17:31

      (suite)

      Du jour au lendemain, ses auteurs sont devenus les chefs de file d’une économie du coin de la rue, portée sur la résolution de problèmes très ciblés, ancrés dans le quotidien : l’importance du choix du prénom pour l’avenir d’un enfant, les limites de la politique de tolérance zéro mise en place à New York dans les années 90, les motivations d’un agent immobilier lorsqu’il décide du prix d’un appartement, etc.« Nous avons perdu notre optimisme dans la capacité à utiliser les outils de la science économique pour gérer l’économie et nous sommes passés à une approche plus microéconomique du monde », avait déclaré Levitt au New York Times, au moment de la sortie de son ouvrage. D’un côté, donc, le tout mathématique. De l’autre, retour à un empirisme jugé parfois trop étroit. Qu’ont provoqué ces bouleversements ? Les économistes sont désormais devenus des techniciens, « en perte d’influence », selon Christian Chavagneux, journaliste à Alternatives économiques, et auteur d’un livre annonçant Les Dernières Heures du libéralisme (Perrin, 2007).Gregory Mankiw, professeur d’économie à Harvard et un temps conseiller de George W. Bush, a même théorisé cette déconvenue, dans un article devenu fameux, « The Macroeconomist as scientist and engineer » (2006). Au sein de la grande famille des économistes, il distingue les « ingénieurs », dans la lignée de Keynes, qui cherchent à comprendre le monde pour mieux agir sur le cours des choses, des « scientifiques », obsédés par la mise au point des modèles mathématiques de plus en plus poussés. En bout de course, Mankiw, catégorique, constate la victoire du deuxième groupe. En somme, les économistes ont de moins en moins d’influence sur les politiques économiques de leurs pays.Faux, semblent répondre à distance Anton Brender et Florence Pisani, économistes chez Dexia, qui préfèrent déplacer le problème : « Ce ne sont pas les économistes qui sont en cause, mais la gestion de la crise par les autorités ! C’est comme si un petit feu avait pris dans un camping [la crise du subprime], et qu’il se propageait à l’ensemble des Alpes du Sud parce que les pompiers ont tardé à intervenir... » Brender et Pisani sont les auteurs d’un livre de référence, La Nouvelle Economie américaine (Economica, 2004), dont la thèse, au regard de l’actualité menaçante, ne manque pas de surprendre. En substance : si l’Europe est à la traîne des Etats-Unis, c’est parce qu’elle n’a pas assez innové en matière financière...Aujourd’hui encore, malgré les dégâts de la titrisation outre-Atlantique, ils persistent, convaincus des vertus « stabilisatrices » de la finance. A condition, précisent-ils, que soit mise en place une plus stricte réglementation, « à tous les stades, depuis la compréhension jusqu’à l’extension de la crise ».
      Dans ce contexte mouvementé, le climat universitaire devrait évoluer. « J’espère que la crise va déstabiliser les économistes, leur apprendre une forme d’humilité et de prudence intellectuelles », avance Pascal Combemale, auteur de plusieurs ouvrages d’introduction à Marx et Keynes. « La grande affaire dans tout cela, ce n’est pas la revanche des keynésiens (...), mais le fait que toute pensée critique, qui était inaudible depuis quasiment 20 ans en France, puisse à nouveau s’exprimer ! » D’autres « hétérodoxes » lui emboîtent le pas, à l’instar de Gilles Raveaud : « C’est une bonne claque pour les économistes, qui manquent souvent de modestie par rapport aux chercheurs en sciences sociales. »
      A première vue, la crise signe donc le grand retour des « post-keynésiens » sur les « nouveaux classiques », ces libéraux qui avaient repris la main depuis les années 70. Elle replace aussi sous la lumière l’économie des conventions*, incarnée par André Orléan. En fait, en produisant du « neuf », la crise a périmé certains concepts (exit les « anticipations rationnelles »* de Lucas, certes déjà bien malmenées avant la crise...), et remis d’autres idées au goût du jour. On en retiendra trois.

      1 - L’asymétrie d’information
      L’idée est admise de tous côtés : la grande débâcle de 2008 signifie la « victoire intellectuelle du Joseph Stiglitz des années 70-80 », pour reprendre l’expression de Thomas Philippon. Non pas le Stiglitz pourfendeur du néo-libéralisme et de la guerre en Irak des années 2000, encore moins l’économiste en chef de la Banque mondiale de la fin des années 90. Mais celui qui théorisa le concept d’asymétrie de l’information*, travaux pour lesquels il reçut le prix Nobel, en 2001, aux côtés de George Akerlof et Michael Spence.Tous les agents économiques en présence sur le marché, effectivement, ne savent pas tous la même chose – sur la qualité des biens qu’ils échangent, par exemple. Ce qui a pour effet de déformer les échanges, au grand dam des néo-classiques, qui ne jurent que par la concurrence pure et parfaite*.Michel Aglietta explique pourquoi cette notion, ou celle, similaire, d’aléa moral*, est au cœur de la crise actuell : « Prenons l’exemple d’un courtier en crédit immobilier aux Etats-Unis. Il est rémunéré à la commission. Ce qui l’intéresse, ce n’est donc pas le risque inhérent au crédit qu’il accorde, mais le volume du crédit, afin d’être convenablement rémunéré. Le courtier n’a donc plus intérêt à évaluer le risque. C’est un aléa moral massif ! Or, toute la chaîne de transmission des risques a fonctionné de la sorte ces derniers mois... » Les crédits « pourris » se sont échangés de main en main, sans que les agents connaissent l’exacte nature de ce qu’ils détenaient.
      2 - La distribution des richesses C’est une question classique de l’économie politique, mais qui avait, ces derniers temps, déserté les programmes d’économie à l’université : les théories de la répartition*. « On va de nouveau faire le lien entre la croissance, et la façon dont les richesses sont distribuées », se félicite Gilles Raveau. Avec des auteurs classés à gauche, Marx et Keynes, et plus récemment, le « post-keynésien » Nicholas Kaldor.
      3 - La théorie comportementale de la finance
      D’après cette école, représentée par Daniel Kahneman (lui aussi prix Nobel, en 2002, et lui aussi membre de la commission Stiglitz), il faut introduire des éléments de psychologie collective au cœur de la science économique pour mieux comprendre les choses. L’acteur économique n’est plus forcément rationnel. Il peut être victime de ses préjugés, ou troublé par ses émotions. Appliqué au monde de la finance, cette théorie permet par exemple d’expliquer certains comportements de panique boursière des derniers jours.

      >>Ce débat sur les conséquences intellectuelles de la crise est en train d’en réactiver un autre, plus ancien mais tout aussi virulent. L’affaire avait éclaté en juin 2000 avec une « lettre ouverte » d’étudiants en économie insatisfaits de l’enseignement qu’ils recevaient à l’université : « usage incontrôlé des mathématiques », pas assez de « pluralisme des approches » théoriques...Huit ans plus tard, les faits semblent leur donner raison. « On n’a jamais autant parlé de la crise de 29 qu’aujourd’hui, et pourtant, un étudiant diplômé peut très bien ne jamais avoir entendu parler de la crise de 29 à la fac, l’enseignement de l’histoire économique n’étant plus obligatoire », s’inquiète Gilles Raveaud.Alors que le rapport de Roger Guesnerie, rendu public le 3 juillet dernier, sur le contenu des manuels d’économie, continue de faire des vagues, Pascal Combemale, professeur d’économie en classes préparatoires au lycée Henri-IV, à Paris, confirme : « L’enjeu à court terme, porte aussi sur les sciences économiques et sociales [SES] au lycée, actuellement menacées de mort par la réforme en préparation de Xavier Darcos, et durement critiquées dans le rapport Guesnerie, justement parce qu’elles laisseraient trop de place au débat et à la diversité des analyses. » (Ludovic Lamant)

      Fin
      Merci de votre attention
       


    • Lucie Vivien 18 octobre 2008 18:09

      Article intéressant qui m’a donné l’occasion de m’intéresser à Pierre Larrouturou. Il me paraît plus sage d’écouter les gens qui ont prévu la crise que ceux qui n’ont rien vu et s’apprêtaient même à imiter les USA comme notre président qui voulait généraliser les prêts hypothécaires.
      Ce que dit aussi d’éclairant P.Larrouturou, c’est que les dirigeants politiques américains ont poussé les banques à multiplier les prêts à risques parce que sans la dette des ménages, il ne peut y avoir de croissance. Et cela, c’est valable dans tous les pays où la part des salaires dans le PIB a fortement diminué, c’est-à-dire presque partout en Europe.


      • ZEN ZEN 18 octobre 2008 20:38

        Intéresant et stimulant , Larrouturou
        Pour rappel, les deux articles que Marsu lui a consacré


      • Lucie Vivien 19 octobre 2008 00:14

        L’article que Larrouturou a fait paraître samedi sur le site les inrocks.com est d’ailleurs ce que j’ai lu de plus clair et de plus complet sur la situation actuelle et son historique.


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 20 octobre 2008 00:07

        Oui, Pierre Larrouturou est de ceux qui le disent depuis longtemps et il l’explique bien. On commence a relire Larouche, aussi, aux USA... Ce n’était pas une secret. Personne n’avait simplement la force, ni le courage d’arreter la course vers le "trou noir" et ceux qui en profitaient on préféré continuer à en profiter jusqu’à la fin. Les 700 miliard se Paulson ont été arrachés au cavavre encore chaud du systeme avant le rigor mortis.

        Forest Ent, sur ce site même, a impeccablement décrit le scénario avant qu’il ne démarre et il faudrait lui en accorder le mérite. Maintenant, il faudrait faire la part belle aux propositions pour l’avenir, car rien ne sera plus comme avant. Et l’avenir aussi a été prévu 

         Pierre JC Allard

        http://les7duquebec.wordpress.com/2008/10/13/apres-la-crise/


      • herbe herbe 18 octobre 2008 18:29

        Pour rigoler un bon coup et en partant du point de vue des outils utilisés (au sens fonction, peu importe leur nom en fait) par les "charlatans" voici ce qu’écrit un chef d’entreprise réputé et très lucide ! :

        http://www.renupi.org/IMG/pdf/haladjian.pdf



        • ZEN ZEN 18 octobre 2008 18:44

          @ Herbe
          Trés drôle (et cependant sérieux) pour ce que j’en ai lu. Trés long

          J’ai coché ça au passage :

          "Car, quoi qu’on fasse, il est peu probable
          qu’il se trouvera beaucoup de dirigeants ayant l’honnêteté ultime d’avouer leur véritable
          secret : la complexité du monde est telle qu’on ne contrôle plus rien et, à défaut de contrôler, on déguise."


          • herbe herbe 18 octobre 2008 19:46

            Oui cette phrase mérite d’être relevée.
            Il y en a beaucoup d’autres.

            Le texte est assez long, mais il est très agréable à lire, avec toujours cette pointe d’humour qui permet d’adoucir quelque peu la terrible lucidité qui est aussi celle de l’article (merci à l’auteur...)

            il fait parti je pense de ces textes lucides sur un certain système ( merci aussi en passant pour vos nombreux liens toujours aussi instructif ..)



          • herbe herbe 18 octobre 2008 20:12

            On y retrouve aussi cette citation déjà donnée par Forest ent dans un commentaire d’un autre article :

            "C’est commedans cette scène de la Vie de Brian des Monty Python : Brian, messie malgré lui, apparaît à la
            fenêtre devant une foule immense qui est venue l’acclamer. Il leur dit « be all individuals » et
            la foule comme un seul homme de répéter « we are individuals ». Brian ajoute « be all different »
            et la foule en choeur répète « we are different »."

            Pour info cet ouvrage a été écrit après l’éclatement de la bulle internet et il est terriblement d’actualité.

            ça me fait penser que Bernard Maris disait qu’il avait un doute sur la pédagogie des crises, j’espère que la suite lui donnera tort mais ce n’est pas dit hélas...


          • ASINUS 18 octobre 2008 18:46

            Spoliatis arma supersunt


            • Rosemarie Fanfan1204 18 octobre 2008 19:58

              Monnaie mondiale ? argent récupéré pour sauver l’environnement ? vous êtes un doux rêveur.
              J’aime bien, mais doux rêveur quand même.

              Si je me trompe, expliquez moi comment les choses pourraient se passer concrètement ?


              • non666 non666 19 octobre 2008 11:54

                En fait il s’agit du système que keynes avait imaginé et qui a été mis en place ....dans le serpent monaitaire europeen. C’est l’embryon de l’Euro actuel et le principe etait basé sur un panier de monnaie pondéré par leur poids dans l’economie mondial.

                Donc ce n’EST PAS une utopie, puisque l’Euro existe et que le "mondo" pourrait existé sur le meme moule.
                Il suffirait juste que les etats unis rachete les dollards qu’ils ont forcé a resté dans les coffres des banques centrales à la valeur des richesses ainsi stockées....ce qui provoquerait la faillite des etats unis, mais ça, on s’en fout.


              • JL JL 19 octobre 2008 16:10

                @ non666 : ça on s’en fout, oui,certes, mais pas eux. Et c’est là le problème.


              • frédéric lyon 18 octobre 2008 20:23

                Encore un article idéologique sans aucun intérêt.

                Je signale en passant qu’on ne parle plus "D’ECONOMIE POLITIQUE" depuis au moins trente ans, mais de Sciences Economiques, pour bien marquer que l’Economie est à présent une science à peu près complètement mathématisée, et qu’elle n’a rien à voir avec la politique.

                L’Economie s’étudie à présent à l’Ecole Polytechnique, ou à Centrale, et non à Sciences-Po.

                Nos amis paranoïaques pourraient-ils délirer sur des sujets plus littéraires, qui se prêtent mieux à leurs inventions fantasmagoriques, que l’Economie ?

                Pourraient-ils s’occuper d’autres choses que de la crise des prêts hypothécaires et du Plan Paulson ?


                • Cédric Bel Cédric Bel 18 octobre 2008 23:51

                  L’économie est tout sauf une science.

                  C’est, à la limite, un art avec des outils scientifiques, au même titre que le pinceau à la peinture.

                  Les mathématiques sont bien gentils mais ne prennent pas en compte l’irrationnalité humaine.

                  CQFD

                  Cordialement


                • Danjou 19 octobre 2008 09:21

                  Mr Lyon, pourriez vous retirer SVP la poutre que vous avez dans l’oeil car vous souffrez apparement de troubles de la vision. A moins que ce ne soit que de la mauvaise foi. Vous ne voyez pas que le système que vous défendez avec acharnement (pas simple provocation ?) est entrain de s’écrouler ? Et tous les gens qui expriment des avis différents du votre ne sont pas des cons. Ils ont compris plus vite que vous, c’est tout. Vous devriez y réfléchir sérieusement .


                • Eloi Eloi 19 octobre 2008 11:55

                  @ Cedric Bel

                  La grosse difficulté de l’économie par rapport à la science, c’est que l’être humain est un être conscient : observateur et acteur.

                  Les atomes n’apprennent pas de leurs expériences passés. Ils seront donc bêtement toujours les mêmes

                  Pas les hommes...

                  Modéliser cette activité d’observation (et observer est une action) est probablement très ardu

                  Cordialement


                • Cédric Bel Cédric Bel 19 octobre 2008 16:40

                  @ Eloi

                  Nous allons faire face à une dissonnance à ce propos.

                  En effet, je vous le demande : voyez-vous une différence entre l’empire romain et le monde contemporain ?
                  On serait tenté de répondre oui, sans trop y penser, et pourtant...

                  Quand on regarde à la fois en détail et en gros, on trouve une multitude de ressemblance frappante. Et nous pouvont même dire que les différences ne sont alors que de forme. Nous sommes devenu plus politiquement correcte.

                  Mais sur le fond...
                  Ils avaient les jeux du cirque, nous avont les notre
                  Ils avaient les isulae (qui a donné, d’ailleurs, le mot insalubre) et nous avons les HLM
                  La Rome antique comptait 2 millions d’habitant, Paris intra-muros en compte 2 millions 152 mille...
                  Le droit des femmes était développé à la fin de l’empire romain, au même titre que maintenant (divorce, concubinage, PACS (per usum), accès à l’éducation, etc.)
                  Etc.

                  Donc, de là à dire que nous n’apprenons pas, ou très peu, de nos erreurs passé, il n’y a qu’un pas.

                  La connaissance de l’histoire nous permettrait de nous rendre compte que nos ancètres n’était pas forcément des crétins qui ne comprenait rien à rien. Et que la solution pour un monde meilleurs est bien plus complexe que des solutions toutes faites type Marx ou Hitler...

                  Si le sujet interresse, je ferai un article...

                  Cordialement.


                • Eloi Eloi 19 octobre 2008 17:04

                  Oui je suis à priori d’accord avec vous.

                  Je souhaitai simplement faire remarquer que cette capacité d’observation rendait la chose plus difficile. Cela ne veut pas dire que la modélisation de l’histoire était impossible. Comme nous sommes tous enfoncés dans nos traditions et les modes, nous sommes probablement plus ou moins prévisibles. En tout cas en masse, comme les atomes d’ailleurs...

                  Par contre la possibilité d’apparition d’un Napoléon, d’un Alexandre, d’un Léonard de Vinci, d’un Newton, d’un Gödel, d’un Einstein ou d’un Fermi (et malheureusement d’un Hitler) est à priori imprévisible, non ? Et ces gens apportent de vastes changements

                  On retrouve d’ailleurs ces thématiques dans le cycle de Fondation, d’Asimov, avec la psychohistoire de Seldon. Et de l’apparition imprévisible du Mulet.

                  Cela dit, cette "psychohistoire" est-elle souhaitable ? Vaste question !

                  La comparaison Rome avant la décadence/Occident ne risquerait-elle pas d’être plus déprimante que non pertinente ? smiley


                • Cédric Bel Cédric Bel 19 octobre 2008 17:10

                  La comparaison avec Rome n’est pas pré-décadente. En effet, le droit des femmes est, par exemple, arrivé en plein décadence.

                  Vous faites référence à des choses que je ne connais pas. Pourriez-vous m’aiguiller ?

                  Cordialement,


                • Cédric Bel Cédric Bel 19 octobre 2008 17:10

                  Je me suis renseigné

                  Théorie interressente...

                  C’est possible...

                  Cordialement,


                • Eloi Eloi 19 octobre 2008 17:39

                  Vous faites référence à des choses que je ne connais pas. Pourriez-vous m’aiguiller ?

                  C’est un mauvais genre ce qui justifie mon éventuelle pudeur smiley


                • ZEN ZEN 18 octobre 2008 20:29

                  "Nos amis paranoïaques pourraient-ils délirer sur des sujets plus littéraires, qui se prêtent mieux à leurs inventions fantasmagoriques, que l’Economie ?

                  Pourraient-ils s’occuper d’autres choses que de la crise des prêts hypothécaires et du Plan Paulson ?"

                  C’est vrai ça , ami Lyon
                  Je propose que l’on fasse un article sur la flexibilité des queues de vache , sur le temps qu’il pourra faire demain à Montmorillon, sur la bronchite du petit dernier de Sarko, etc...
                  Ce ne sont pas les sujets passionnants et hautement d’actualité qui manquent !

                  A vous Lyon !


                  • philbrasov 18 octobre 2008 21:04

                    tous ces petits économistes du café du commerce, n’y avaient pas pensé plus tôt.

                    Moi je sais pas , mais si cet auteur avait prévu la crise... on se demande pourquoi il n’a pas joué la cupidité des traders , contre son bon argent.......
                    si ce type avait anticipé la crise, il serait aujourd’hui aux bahamas, avec sa chérie et non en train de nous blablater : "je vous l’avais bien dit"......

                    de pire en pire....




                    • Mr Mimose Mr Mimose 19 octobre 2008 17:35

                      Quant a moi, j’ai bien joué car j’ai fait des vad (vente à découvert), je vous dis pas le pognon que j’ai fait, je suis au bahamas maintenant.
                      Bonne chance à vous dans la grisaille française.


                    • Cédric Bel Cédric Bel 18 octobre 2008 22:54

                      Bonjour à tous,

                      je me suis inscrit pour pouvoir réagir.

                      Pour info, j’avais prévu l’éfrondrement du prix du baril. Comment ? Suis-je un futur nobel d’éconnomie ? Non. Et je ne le prétends pas.

                      D’ailleurs, pour moi, les "sciences" écononomiques sont autant des sciences que l’alchimie. Je dirai même que je méprise 90% des pseudo-économistes qui ne voient jamais rien venir et qui sont dogmatique dans un système pourtant très simple à comprendre.

                      La seule difficultée aujourd’hui (j’entends par aujourd’hui notre époque, ces 40 dernières année) est le court terme. La prédiction à moyen et long terme est d’une simplicité étonnante.

                      Revenons au baril. En Janvier, envers et contre tous, je disais que le baril allais chuter vers l’été. Pourquoi ? Tout simplement la bonne vieille offre et demande. Les pays de l’OPEP produisaient quasiment à fond, or l’éconnomie américaine ralentissait fortement, et l’industrie chinoise ne fonctionnait déjà plus qu’à 70% de ses capacités. En simple : demande (-) moins, production (+) plus.
                      Vous avez là tout les ingrédients d’une chute. Pas la peine de sortir de St Cir.

                      De même sur la (future) chute des prix de l’immobilier. Elle était d’une évidence...

                      Alors continuons dans les prédictions évidente :

                      - une possible crise systémique, probablement évitée par une guerre mondiale, seule technique que l’homme connait pour résoudre les problèmes engendrés par le capitalisme sauvage. Je précise que je suis au MoDem, donc libéral,anti-ultralibéral et pas d’extrême gauche pour 2 sous.

                      - Quand ? Je pense courant 2009-2010.

                      - Pourquoi aussi vite, alors qu’il avait fallu du temps pour qu’une guerre se déclanche après la crise de 1929 ? Parce que, contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, énormément de parallèle peuvent être établie entre les deux crises, et aucune leçon n’ont été tiré.

                      La SEULE différence est la rapidité. Celle de réaction des états ? Oui, mais en trompe l’oeil ; en effet, elle est proportionnelle à celle de la crise. Le monde de 1929 n’est pas celui mondialisé et informatisé de maintenant. Donc, si on faisait un ratio, les états ne réagissent pas plus vite aujourd’hui qu’hier.

                      Pour finir, et pour former M. Lyon, qui est plus un croyant refusant de remettre ses dogmes en questions que quelqu’un d’objectif, ainsi que TOUT LE MONDE, je vous conseille fortement de regarder ce documentaire sur l’Argent dette, où comment est créé l’argent de nos jours.
                      http://vimeo.com/1711304

                      Voilà encore une chose qui me fait dire, sans dogmatisme, qu’il faut être un crétin des alpes (c’est le nom d’une maladie, je n’insulte pas les habitants) pour croire en la périnité d’un tel système, basé sur une course au crédit et sur de l’argent qui n’existe pas (! !) et refuser de voir l’aspect systémique (du système) de cette crise. Même notre premier ministre l’a reconnu.

                      Cordialement


                      • Cédric Bel Cédric Bel 18 octobre 2008 23:47

                        A propos, je trouve l’aspect décortication de l’économie interressente.

                        Le reste n’engage que celui qui a fait cette animation.

                        Cordialement.


                      • Eloi Eloi 19 octobre 2008 11:59

                        @ Cédric Bel

                        La baisse du pétrole ne peut pas être également due, en plus d’une part de la destruction de la demande, au fait que les spéculateurs pour rentrer dans leurs frais, doivent vendre leurs stocks ?

                        De plus, la crise, ou son éventuelle anticipation a probablement demandé beaucoup de liquidités, et les stocks de pétrole devaient donc être réalisés. On peut imaginer que si tous les spéculateurs, paniqués par l’ampleur de la crise, vendent tous leur pétrole, le prix chute à toute vitesse...

                        Cette explication n’est pas non plus contradictoire avec la vôtre...
                        Qu’en pensez-vous ?

                        Cordialement,


                      • Cédric Bel Cédric Bel 19 octobre 2008 16:18

                        Non seulement elle n’est pas contradictoire, mais elle la rejoint.

                        En effet, les spéculateurs vivent de bulles, qu’ils créent eux-même. Mais on ne peut vivre indéfiniment dans un monde coupé du réel. Et quand l’un rejoint l’autre cela donne le résultat actuel.

                        Il y a deux 2 temps :
                        * l’histoire de la demande et de l’offre, comme je l’avais expliqué, en ce qui conserne la baisse de cet été (2008) du pétrole
                        * le rapatriment des fonds (cash run pour les initiés, en français :"prends l’oseille et casse toi") pour la baisse de ces derniers temps.

                        Les deux étant lié (il y a une part de cash run pour cet été, et une part de baisse de la demande pour cet automne).

                        On peut faire le même parallèle pour l’immobilier. Il va y avoir (il y a) une contraction des prêts immobiliers, résultat moins de personne ne peuvent acheter, résultat les prix baissent ; mais aussi les spéculateurs voyant cet état de fait vendent aujourd’hui de peur de perdre plus demain.

                        Et de rajouter qu’un bon économiste est avant tout un bon historien.

                        Cordialement.


                      • Antoine Diederick 19 octobre 2008 00:39

                        "Il faut, effectivement, une monnaie mondiale, comme Keynes le disait, et une banque qui en encadre l’émission selon des critères adaptés à une croissance régulée. Les flux de capitaux doivent être rendus plus visqueux (la taxe Tobin n’est pas suffisante) par des mécanismes de douanes entre chaque grande zone d’intégration économique. Il serait trop beau que les règles de Keynes sur le commerce international (avec droit de douane inversé) soit adoptées, mais il faut néanmoins promouvoir l’autonomie de chaque zone économique en empêchant toute forme de dumping social ou écologique. L’argent récupéré au niveau mondial serait consacré à sauver l’environnement naturel, sanitaire et social de l’humanité, à promouvoir la recherche et les arts, et à racheter progressivement les stocks d’armes des pays membres pour les détruire. L’histoire nous enseigne malheureusement que de tels sursauts ne surviennent qu’après des conflagrations militaires, celles-ci suivant elles-mêmes une crise économique majeure. Un petit signe d’espoir dans la période que nous vivons est qu’il semblerait que la guerre ait, cette fois, précédé la crise économique."

                        humm suis sceptique...

                        ......je ne crois pas qu’une monnaie unique soit la solution pas plus qu’un gouvernement mondial.....pour l’instant en tout cas. A mon avis il y a d’autres méthodes pour modifier la donne...


                        Il n’y pas encore d’émergence d’un nouveau paradygme et il faudra du temps pour qu’il émerge, cela pourrait prendre un demi siècle, il y aura des adaptations sporadiques avant de voir son émergence.






                        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 20 octobre 2008 00:50

                          Clarifions certaines choses :

                          1. Il n’y a deja qu’une vraie monnaie mondiale : le dollar qui sert de réserves aux autres .

                          2. C’est cette monnaie qui ne vaut plus rien, la FRB américaine s’étant engagée, il ya 3 jours, à en fournir une quantité ILLIMITÉE aux banques centrales sérieuses et les autres émetteurs ne comptant pas.

                          3. La nationalisation des banques n’est pas pour revaloriser cette masse monétaire, mais pour arreter la panique et mettre en place une alternative qui prendra la forme d’assignats virtuels types DTS et permettra que les roues continuent à tourner.

                          4. Personne que je sache ne pense a confier aux États - en fait, on peut dire à l’ÉTAT, car les institutions métaires constituent une gouvernance intégrée depuis longtemps qui devient simplement visible - la gestion d’autre chose que de cette masse monétaire sans valeur réelle et de cette création d’une monnaie de substitution.

                          5. C’est au palier de la production et de la distribution dans l’économie réelle que le vrai travail devra être fait pour tenir compte de cette disparition de sa représentation monétaire qui facilitait tout... Quelques problemes en perspectives. Pensez a des gouvernements plus autoritaires, pour un temps...

                          Pierre JC Allard

                          http://nouvellesociete.org



                        • Antoine Diederick 19 octobre 2008 00:57

                          mouais, faut pas nationaliser trop vite, cela couterait trop cher à la collectivité, vaut mieux d’abord sécuriser on verra après, ensuite les banques devront rembourser ces prêts d’argent public et si elles ne peuvent pas, alors ce sera la nationalisation...


                          • Antoine Diederick 19 octobre 2008 11:36

                            Bonjour Léon,

                            Que voulez vous dire ?

                            "Nationaliser sans droit de vote "


                          • non666 non666 19 octobre 2008 12:00

                            Il parle du fait que les "garanties bancaires" ne vont s’appliquer qu’aux fonds vraiment pourris puisque ce sera rémunéré.

                            Il parle du fait que cette "garantie" est EXACTEMENT la meme chose que l’injection des 750 milliards de Bush dans les banques mais que la pudeur du politiquement correct rebaptise pour mieux faire passer.
                            Avec les peuples debutants dans cette discipline, on utilise souvent la vaseline pour ne pas provoquer de dechirement du tissu...social.

                            Donc Leon, par mots couvert nous fait remarquer que cette injection d’argent ne nous donne pas pour autand de parts avec voix dans les conseils d’administration des banques qui seront ainsi "sauvées".
                            Le meme courant liberal made in USA qui nous a poussé dans cette crise, le meme courant qui voulait nous inciter a nous endetter, qui developpait les produits dérivés, veut bien etre sauvé par ceux qu’il a trompé.
                            Mais bien sur, il etant resté le maitre pour refaire seul des benefices quand tout ira bien.
                            Ils partagent volontier les pertes, mais ni le pouvoir, ni les gains.

                            Tu m’arrete si j’ai trahis tes propos , hein Leon ?


                          • Eloi Eloi 19 octobre 2008 12:10

                            Bravo pour cet article, en tout point cultivé !

                            Pour donner du travail (en France et idéalement en Europe), il y a des dizaines d’idées :
                            * fabrication d’un réseau de transports en communs moderne, automatique, jouant sur des combinaisons de TGV à l’échelle européenne. Conception d’un réseau de location de véhicules automatique pour les déplacements hors-réseau
                            * conversion de notre économie en économie hydrogène : hydrogène produit par solaire à concentration ou par réacteurs nucléaires à haute température (HTR). Ces solutions permettent une production relativement locale de l’hydrogène
                            * conception et fabrication des surgénérateurs pour consommer nos déchèts nucléaires
                            * harmonisation de la population sur le territoire (concourrant avec la première proposition)
                            * conversion des bâtiments d’habitation et de bureaux en bâtiments auto-suffisants
                            * conversion des villes vers une relative autonomie territoriale ; relocalisation de l’économie
                            * reconversion de notre agriculture en agriculture non intensive ; efforts en co-génération pour l’alimentation des véhicules agricoles
                            * nettoyage de toute notre pollution

                            Si tout cela ne suffit pas pour donner du travail....

                            Et s’il faut des "méga-projet" à long terme, le must du must :
                            * développement des trains en tunnels sous vide profondeur, à très très haute vitesse entre les grandes capitales, pour remplacer l’avion : on trace une ligne droit sous la courbure de la terre !
                            * construction d’un ascenseur spatial : possibilité ensuite de déployer près du soleil d’énormes batteries de gigantesques panneaux solaires, reliés par micro-onde à un point Lagrange, qui produit de l’hydrogène transféré par le suite vers la Terre. L’ascenseur spatial donne la possibilité de se passer de la pollution et de l’aléatoire des fusées.
                            * concourrant avec le précédent : développement du tourisme spatial
                            * obtention de la fusion thermonucléaire


                            • Eloi Eloi 19 octobre 2008 12:48

                              Les implications de cet article me donne l’idée de lister des propositions, a classer par ordre de court, moyen et long terme : l’objectif serait de réaliser des choses, de construire, de concevoir, de démanteler ! Grossièrement de trouver de quoi nous occuper et de fabriquer du travail, de donner l’envie de faire quelques choses utiles, de nos propres mains et de nos mains métaphoriques en tant que société !

                              Car c’est cela l’activité humaine : c’est faire, imaginer, créer ! Et c’est cela qui donne du travail ! Et c’est cela qui motive, la fierté de l’acte accompli, d’autant plus s’il est fait en équipe, et donc à forciori en nation.

                              Ma propre culture me pousse à imaginer des projets technologiques, scientifiques ou environnementaux, mais j’imagine qu’il y a des milliers d’idées sur d’autres domaines ! Si cela vous dit, listons toutes ces choses réalisables dans l’infini du possible ! Montrons que la richesse n’est rien sans la fierté de créer. Montrons que la course à la richesse est une illusion sans fin, face à un univers à explorer et une infinité de choses à faire de nos vies.

                              Si dans nos sociétés, l’envie de création supplante l’envie d’argent et le relègue au niveau du simple outil qu’il est, alors nous aurons gagné...


                            • miguel34 19 octobre 2008 13:31

                              Remarque : les USA seuls capables de battre monnaie, cette situation asymétrique a existé entre 1946 et 1971 (système de Bretton-Woods), aujourd’hui ce n’est plus formellement le cas, même si les USA continuent à vivre à crédit et beaucoup de pays (en particulier la Chine) à posséder des dollars.


                              • non666 non666 19 octobre 2008 17:34

                                Sauf que le système actuel, celui des "Droits de tirage spéciaux" est basé sur L’ACCEPTATION DE L’EXISTANT" , c’est à dire sur le fait que les dollars déja en circulation ont vraiment une valeur et ne sont pas remboursable.

                                Les etats adhérant au FMI sont contraints de soutenir cette monnaie de singe.


                              • donino30 donino30 19 octobre 2008 14:07

                                Nationaliser, super. Voilà la solution. En dehors de l’aspect sauvetage d’une entreprise, comme les banques en ce moment cela n’apporte strictement rien. L’état est le pire gestionnaire qui soit, ses déficits abyssaux en période de croissance l’ont prouvé à de maintes reprises, et on voudrait nous faire croire qu’il y a là une voie salavatrice : nationalisons. A quelles fins ?

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