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Accueil du site > Actualités > Economie > Petit manuel de la finance moderne à l’usage des médiocres et des (...)

Petit manuel de la finance moderne à l’usage des médiocres et des malcomprenants (dont je fais partie)

En mauvais jargon financier, un CDS ou un CDO, c’est en fait un contrat d’assurance un peu particulier. Mais pour moi qui ne parle pas le trader couramment, je dirai plutôt que c’est un pari, dans le sens le plus pur du jeu de casino. Et voici comment ça se passe.

Grace au valeureux travail de nos médias, tout le monde sait que la crise dans laquelle nous nous trouvons a pour déclencheur les subprimes, ces prêts hypothécaires consentis à des ménages qui ne pouvaient pas les rembourser. Mais hélas, nos experts économistes des plateaux télés sont restés très discrets sur les mécanismes légalement mis en place depuis quelques années et qui nous ont amené là. En me penchant sur ces questions, j’ai découvert dans ce monde de la finance un hallucinant bestiaire des produits dérivés, dont les effets dévastateurs risquent de faire passer les subprimes pour une légère brise. Je parlerai dans cet article des CDS (Collateralized Default Swaps) et des CDO (Collateralized Debt Obligations). La popularité de ces choses, quoique encore faible, risque de croître fortement bientôt, car potentiellement il y a là de quoi vaporiser les actifs de toutes les grandes compagnies qui ont joué à ça.
 
Pour comprendre cela, il convient de prendre un exemple simple. Votre voisin possède une voiture qu’il assure. Le weekend prochain, son fils qui vient juste d’avoir le permis a décidé d’aller fêter ça au bar. Imaginez maintenant que vous aussi, vous puissiez prendre une assurance sur cette voiture, que vous ne possédez pas et vous ne conduisez pas. Si le fils de votre voisin se casse la pipe, vous toucherez alors le montant de la prime d’assurance. Imaginez maintenant que, par l’intermédiaire d’un mécanisme financier appelé Swap, vous pouviez acheter autant de polices d’assurances sur la voiture de votre voisin que vous pouvez vous en offrir. Je viens de vous présenter ce qu’est un CDS.

Lorsque la voiture du voisin se crashera, si elle se crashe, c’est le pactole ! Plus vous aurez souscrit de CDS sur cette voiture, plus vous toucherez, à comparer à ce que votre voisin recevra de l’assurance normale - tout juste la valeur de l’argus. On comprend là très bien l’un des problèmes principaux des CDS - leur valeur est sans aucune commune mesure avec la valeur réelle du bien auquel ils sont adossés. C’est bien là le seul but du CDS : un objet financier destiné à la seule spéculation.

Mais il y a pire. Dans l’exemple, le CDS est adossé à une valeur réelle, en l’occurence une voiture, même si cette valeur ne représente qu’une infime fraction des engagements souscrits. Dans la sphère financière, il est possible de faire un tel contrat basé sur aucune valeur réelle ou tangible. On peut par exemple parier sur le temps qu’il fera dans 15 jours, et y associer la valeur que l’on souhaite. On peut même s’assurer contre le défaut de paiement de la dette d’une personne que l’on ne connait pas, si il ou elle ne peut plus payer, alors c’est jackpot !
Et c’est ce type de titre financier, basé sur un seul pari que l’on appelle CDO (Collateralized Debts Obligation).

Et c’est à partir de maintenant que l’on va tomber dans l’horreur. Depuis quelques années, tout ce qui a constitué une dette a pu se retrouver titrisé dans ce type de montage. Prêts faits à des entreprises, prêts immobiliers, prêts estudiantins, prêts à la consommation, prêts pour l’achat de voiture, etc etc, la liste ne s’arrête pas là : tous ces prêts ont pu se retrouver découpés, tronçonnés pour être financiarisés, à hauteur de plusieurs fois le montant du prêt initial. A terme, tous allaient s’y retrouver.

Là, on commence à bien comprendre qu’il s’agit en fait d’une économie fictive tellement vaste qu’elle a dépassé depuis bien longtemps l’économie réelle sur laquelle elle pèse de tout son poids. Et cette construction a été faite dans un but de discrétion. Il existe encore bien d’autres types de titres financier, dont le seul propos semble être de rajouter une couche d’obscurité supplémentaire à tout ce montage. Les CDS et les CDO sont souvent issus de contrats de gré à gré de droit privé, dont il n’existe aucune trace publiée en dehors des contractants. Il n’existe aucune règle ni obligation d’information, ce qui fait que lorsque ces produits arrivent sur le marché, rien ne permet à l’acheteur de savoir à qui ni à quoi ils sont adossés. Tout juste apparaissent-ils dans les livres de compte comme étant des "véhicules d’investissements structurés"

Cette construction volontairement opaque et destinée uniquement à la spéculation financière fait qu’il est à peu près impossible d’en estimer le montant. La banque pour les réglements internationaux (www.bis.org) s’est livrée à une estimation qui vaut ce qu’elle vaut, mais qui a le mérite d’exister. Les engagements pris seraient de l’ordre de 1.4 Quadrillions, (1,4 millions de milliards de $), soit plus d’argent qu’il n’en existe dans le monde, du moins celui avant que Ben Bernanke ne décide de refaire chauffer la planche à billets.

De retour à notre exemple, les spéculateurs n’avaient pas besoin d’attendre que la voiture du voisin se retrouve détruite pour faire de l’argent avec ces CDS. Si par exemple le voisin se fait flasher en excès de vitesse. Le fait de recevoir une amende augmentant le risque que le voisin casse sa voiture, la réalisation du CDS n’en est que plus probable, ce qui en augmente sa valeur. Et donc, sa revente peut vous occasionner une belle plus value !

Et c’est bien un des aspects les plus vicieux des CDS /CDO - en affaiblissant ce à quoi ils sont adossés, on augmente la probabilité d’une défaillance, donc de gains. Il s’agit clairement d’une spéculation à la baisse, ou le spéculateur a un intérêt objectif à affaiblir qui une société, lorsqu’il s’agit d’un crédit adossé à une entreprise, qui un état, lorsqu’il s’agit d’un pari sur le cours d’une monnaie. C’est donc l’outil financier parfait pour amasser des fortunes à l’aide de rumeurs ou de manipulations. Et ce n’est pas le moindre des problèmes : ces titres fonctionnent comme des prophéties auto-réalisatrices sur ce à quoi ils sont adossés.

Et pour finir ce tableau bien noir, ces titres sont des "assurances", ce qui veut dire que lorsque la condition de paiement est atteinte, l’assureur doit payer. Et, compte tenu des quantités mises en jeu, ça volatilise tout simplement toutes les provisions des banques et compagnies d’assurances qui ont eu l’imprudence de jouer à ce jeu qui en demande toujours plus.

Et aujourd’hui nous en sommes là : une montagne de titres dont la réalisation est déclenchée par des faillites, des défauts de paiements, des dettes irremboursables, et dont le montant dépasse de très loin tout l’argent disponible sur terre. Et c’est celà que les médias nous vendent depuis maintenant 30 ans comme le meilleur système de société.
La solution évidente consisterait à ce que les gouvernements décident d’annuler tout simplement ces paris fous qui n’auraient jamais dû être faits, ce qui aurait pour effet, en plus de laisser le fondement très douloureux à une certaine catégorie de spéculateurs, d’arrêter quasi-instantanément la crise.

Et si on disait chiche !
 
Référence :
* "Exclusive : Derivatives for Dummies by The Other" par Katherine Harris

* Banque des réglements internationaux (BRI)

* Illustration : Couverture du livre "l’économie pour les nuls"


Moyenne des avis sur cet article :  4.6/5   (91 votes)




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83 réactions à cet article    


  • Serge Serge 4 mars 2009 10:56

    On nous serine depuis des mois sur les "pertes des banques et autres établissements financiers."
    Or que je sache ( sauf si là aussi le "nov’vocabulaire" sarkozien a sévi comme pour le mensonge devenu " utiliser un raccourci " dans l’affaire de la nomination de Pérol ! ) dans notre langue française " une perte,perdre" ne signifie pas " disparition,disparaître "...Donc qui a " récupéré,trouvé " ces milliards "perdus" ?
    Si on allait voir du côté des "paradis fiscaux"...ces lieux connus et fréquentés par les spéculateurs en tout genre ?


    • plancherDesVaches 4 mars 2009 11:35

      Coté paradis, vous faites bien d’en parler : ils baissent la voilure tout comme Andorre et Monaco, en ayant déjà annoncé qu’il relevaient leurs impôts. Reste à vérifier dans les FAITS.
      Car vous n’êtes pas sans savoir que dés qu’une barrière se dresse, il y a toujours des servants pour indiquer aux puissants comment faire.


    • John Lloyds John Lloyds 4 mars 2009 11:11

      Plus la crise avance, plus elle ressemble au 11 septembre, mais version planétaire, avec l’implication directe des gouvernements qui, au lieu de mettre les financiers au goulag, aggravent encore le hold-up en faisant tourner les planches à billets plein pot.


      • plancherDesVaches 4 mars 2009 11:39

        Ils ne peuvent pas le faire comme ça, John, sur un claquement de doigts. Sinon, comment achèteriez-vous à manger ? (oui : c’est de la prise en otage, je suis d’accord)
        Obama en est à son deuxième essai pour obtenir de la transparence dans les banques : les bourses ont chuté par "crainte". Comme elles refusent, il va les nationaliser.
        C’est pas en France qu’on verrait ça, hein ?


      • John Lloyds John Lloyds 4 mars 2009 11:51

        "Sinon, comment achèteriez-vous à manger ?"

        Vous pensez qu’ils se soucient de votre assiette ? La Guadeloupe et la Martinique sont un laboratoire pour la France, le Mexique en est un autre pour les US. Quand ils auront fini avec leurs tubes à essai, ils passeront en grandeur nature.


      • plancherDesVaches 4 mars 2009 11:58

        Hhmm.. Guadeloupe et Martinique sont des cas un peu particuliers : j’ai vaguement l’impression que les smicards en ont eu marre de voir des anciens de la métropole pouvoir manger correctement, et eux, avoir du mal en fin de mois. Mais je ne connais pas le sujet suffisament.
        Le Mexique peut, un peu plus être un "laboratoire". Mais à quoi, tester son armée contre une guérilla urbaine ?

        Dernière nouvelle du front : la Chine vient de relever de 15% son budget militaire. Craint-elle une guerre avec un voisin : non. Elle prête même 25 milliards de dollars à la Russie.
        C’est plutôt son interne qu’elle craint. Et le budget pourrait arriver trop tard.

        (s’il y a des fautes, c’est que je frappe trop vite :) )


      • Petitpois Petitpois 4 mars 2009 14:04

         « La présente fenêtre d’opportunité, durant laquelle un ordre mondial pacifique et interdépendant peut-être construit, ne sera pas ouverte pour très longtemps. Nous sommes à l’orée d’une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est une crise majeure appropriée, et les nations accepteront le Nouvel Ordre Mondial."


        David Rockefeller, 23 septembre 1994.


      • Marti 4 mars 2009 11:20

        Article intéressant mais il manque le mot de la fin : si ces CDS déclenchent des pertes énormes pour certains, cela veut dire en sens inverse des gains du même montants pour d’autres. Mais alors qui ? Car même du côté des hedge-fund on voit beaucoup de rouge.


        • plancherDesVaches 4 mars 2009 11:43

          Il n’y a pas que les hedge-founds qui en ont : TOUT LE MONDE.
          Là, vous voyez le malaise. Et comme personne ne veut dire ce qu’il en possède réellement, tout le monde a peur de préter sous peine que l’autre fasse faillite et ne rembourse pas.
          Vous voyez le cercle vicieux ?

          N.B. : un QUART des hedge-founds ont déjà été liquidés. Là, maintenant, on devrait être vers un tiers, mais je n’ai pas les derniers chiffres. Ils ont été "sauvés" par les clauses qui empêchent un client de retirer ses fonds à n’importe quel moment.


        • plancherDesVaches 4 mars 2009 12:03

          Hhmm.. en parlant de tout le monde :
          La fortune des milliardaires aurait "fondu" de 20% (chiffre d’il y a 2 mois). Je m’appuie, pour vérifier cette tendance sur les "investisseurs" russes qui ne veulent plus acheter des villas sur la Cote d’Azur.
          Mais ce sont des fortunes estimées.... Ce qu’ils planquent est, comme pour les banques, une question de "transparence".


        • plancherDesVaches 4 mars 2009 12:11

          Je termine donc le raisonnement : si leur fortunes n’ont diminué QUE de 20%, (alors que les bourses et instruments à la hausse se sont effondrés), c’est qu’ils ont anticipés le mouvement en "jouant" à la baisse.
          CQFD.
          L’estimation de 1 400 000 milliards me surpasse quelque peu : j’avais estimé à 600 000 milliards... petit joueur que je suis smiley


        • Marti 4 mars 2009 14:32

          Pas du tout CQFD : la bourse a baissée de 50% au bas mot, mais les obligations d’état ont augmentés, et l’immobilier européen descend pas bien vite. Y’a différents investissements autre que le bourse.

          Sur le fond je n’ai toujours de réponse à ma question : qui a gagné de l’argent aujourd’hui (depuis que la crise est enclanchée) avec les CDS ? Ce serait quand même intéressant de savoir qui est du bon côté de la contrepartie.


        • morice morice 4 mars 2009 11:30

           excellent !


          • Colure Colure 4 mars 2009 12:08

            Bin voilà, enfin une explication : les financiers jouent au casino en vendant des reventes de reventes de produits financiers. Qui pert gagne ? A vos jeux !

            Merci pour cet article même si j’aurais aimé un exemple chiffré pour mieux comprendre et illustrer ce propos qui me semble encore, à moins mal-comprenant de la finance, bien obscure. Faut dire, je ne joue pas au casino  smiley


            • geko 4 mars 2009 12:12

              Alcapone était vraiment un guignol !

              La solution était simple : Fermer le grand Casino et remettre les comptes à plat !
              Les personnes à l’origine de ces montages devraient être en taule mais sont en fait les donneurs d’ordre de nos dirigeants ! On va donc payer pour une bande de truands ?


              • Ahlen Ahlen 4 mars 2009 12:20

                Article intéressant et on ne peut plus clair. Mais un profane comme moi est quand même resté sur sa faim, car la solution n’a été évoquée en fin d’article qu’en 2 phrases. J’aurais aimé en apprendre plus de la clairevoyance de l’auteur en développant un peu sa suggestion d’annuler simplement "les paris fous" : Faisabilité ? Conséquences ? 


                • wesson wesson 4 mars 2009 12:41

                  Bonjour ahlen,

                  "J’aurais aimé en apprendre plus de la clairevoyance de l’auteur en développant un peu sa suggestion d’annuler simplement "les paris fous" : Faisabilité ? Conséquences ? "

                  tout d’abord merci pour ma "clairvoyance", cependant la solution consistant à annuler les CDS / CDO commence a être évoquée dans certaines tribunes, par des personnes peu suceptibles d’être d’affreux gauchistes. Par exemple, Paul Craight Roberts - qui fut un des conseiller économique de Ronald Reagan - ne préconise pas autre chose dans son article publié ici sur VDare (en Anglais), et disponible en Français sur ContreInfo

                  Faisabilité : elle ne pose pas vraiment de problème, posant en préalable la nationalisation des banques et compagnies d’assurance. Comme cette nationalisation est de toute manière à peu près inévitable (malgrès la résistance acharnée de l’administration obama à le faire et le faire savoir), il ne restera plus qu’a envoyer paître les détenteurs de CDO/CDS qui se présenterait au tiroir caisse.

                  Conséquences : La ruine de beaucoup de hedge funds, qui se sont gavés de ces produits financiers, et par extension, la misère pour l’ensemble des retraités qui ont un système par capitalisation basé sur le marché boursier !

                  autrement dit, même si cette solution serait efficace, elle remets tellement en cause les dogmes établis qu’elle ne sera mise en oeuvre qu’en dernier recours, et si possible sans que cela se sache !


                • xcocote 4 mars 2009 12:20

                  Question stupide/candide (oui, j’assume) :

                  plutôt que d’interdire les CDS, ce ne serait pas préférable de revenir en arrière : les vendeurs de CDS les rachètent à leur client au prix de vente. Il y aurait des pertes mais moindre que le risque ahurissant qu’ils ont pris en vendant ces "assurances" ?

                  J’imagine que ça va être une sacré usine à gaz, mais vu le merdier ça en vaut peut-être la peine.
                  (toutes ces ventes passent par les bourses, il y a donc bien une trace de chaque transaction, sur un serveur informatique quelque part dans le monde —> par l’informatique, on devrait arriver à démèler l’écheveau)


                  • plancherDesVaches 4 mars 2009 12:30

                    Une idée, effectivement.
                    Mais regardez AIG, qui vient d’annoncer une perte de 31 MILLIARDS, même sans les racheter.
                    Il faut s’imaginer que les 1 400 000 milliards ne sont QUE des papiers que vous pourriez imprimer tout comme moi, à partir de RIEN.
                    J’ai un peu d’argent de coté, mais là, je vais être court.
                    Dans la somme plus haut, il n’y a pas QUE les CDS, voir la vidéo :
                    http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=20964
                    La moitié est intéressante, car l’autre propose des solutions "exotiques"
                    Ainsi, une banque, peut "créer" artificiellement 97% d’argent virtuel.

                    La drogue du virtuel a marché encore mieux dans la finance que pour les jeux vidéo.


                  • Internaute Internaute 4 mars 2009 12:20

                    Les mlliards que les gouvernements prennent sur le contribuable pour soutenir les bancassureurs (par exemple AIG aux Etats-Unis) ne servent qu’à payer les CDS foireux engagés par ces sociétés.

                    Autrement dit on est dans la situation où un groupe de gens vont au Casino pour passer du bon temps et où le Casino a inventé un nouveau jeu où il finit par perdre. Le plus naturellement du monde, le gouvernement au lieu de leur dire, « Vous n’avez qu’à aller bosser », leur dit « Mes pauvres petits, c’est pas bien grave, on va lever des milliards sur le dos des travailleurs pour renflouer le Casino afin qu’il puisse vous payer et que vous ne gardiez pas un mauvais souvenir de cette soirée ».

                    C’est tout simplement dégueulasse et les députés qui abondent dans ce sens sont des exploiteurs du peuple. Je pense particulèrement à Béru qui dit qu’il faut maintenant un plan de sauvetage européen mais malheureusement ils sont tous comme lui.

                    Les seuls CDS à sauver sont ceux dont le propriétaire est aussi celui qui a engagé la dette.


                    • millesime 4 mars 2009 12:42

                      voici ce que propose NEWROPEANS (seul parti politique trans-européen) dont le président est Franck Biancheri à l’origine de la création d’Erasmus.
                      1- les banques sont les "serviteurs" de l’économie "réelle" et NON les maitres.. ;
                      2- interdiction aux banques de financer la spéculation et de spéculer pour leur propre compte
                      3- interdiction aux banques de collaborer avec les "paradis fiscaux"
                      4- obligation faite aux banques de respecter le ratio fonds propres/engagements

                      nous verrons si le G20 est capable "d’imposer" aux milieu financier ces différents points, pour ma part c’est du genre "voeux pieux"... !


                      • Krokodilo Krokodilo 4 mars 2009 16:14

                        Les spécilaistes pourront certainement être plus précis : interdiction de la vente à découvert (vendre ce qu’on ne possède pas...), de la spéculation sur les monnaies, etc. qu’on laisse aux paradis fsicaux ces jeux de casino, ces paris financiers, et que nos banques demeurent saines, basées sur l’économie réelle. Et que les salaires des grosses têtes, tout en restant plus que généreux, redégringolent des hauteurs choquantes où ils se trouvent malgré leurs échecs retentissants ! Ces réformes pourraient finalement être plus simples qu’o nne le pense, mais la volonté manque du côté des poltiiques, trop liés au fric et au pouvoir.


                      • Blot_s 4 mars 2009 12:48

                        [quote]chiche[/quote]

                        Le problème c’est l’endètemment des états !! D’après vous auprès de qui les états sont endèttés ??

                        La disparition de la finance entraîne la disparition du budget des états !!

                        Et pourtant je souhaite une autre société pour mes enfants, mais à force de laisser faire nous somme aujourd’hui tous pieds et poings liés à cette finance qui coule, coule, coule et nous entraine avec elle vers les fonds abyssaux.



                        • millesime 4 mars 2009 13:29

                          les Etats émettent des emprunts sur les marchés internationaux....ce n’est pas les fonds propres dans banques qui financent les Etats ...suivez pas exemple le cas de Chine qui finance les émissions du Trésor US... !


                        • Petitpois Petitpois 4 mars 2009 13:41

                          "Le problème c’est l’endettemment des états !! D’après vous auprès de qui les états sont endettés ??"

                          Les banques centrales, des entités privées... !

                          http://www.fauxmonnayeurs.org/

                          Ce n’est pas sans raison que s’amorce aux Etats-Unis un mouvement citoyen pour abolir la FED (Réserve Fédérale), qui ne fait pas plus partie de l’administration américaine que ne le ferait Federal Express, comme aiment à le rappeler les Américains. Rappellons qu’elle imprime les dollars depuis Noël 1913 (veille de Noël, l’équivalent du mois d’août chez nous pour faire passer des lois un peu "limites"...) quand Willson a lui donné le monopoly de l’émission de la monnaie, qu’elle imprime et prête à l’Etat, un prêt qu’il faudra rembourser avec les intérêts, évidemment...
                          Qu’en est-il de la BCE ?


                        • Blot_s 4 mars 2009 12:53

                          Le problème est que les états se sont endèttés auprès de la finance !

                          Donc si disparition de la finance, disparition du budget des états.

                          A force de laisser faire la finance nous sommes pieds et poings liés à cette finance qui coule !


                          • Blot_s 4 mars 2009 12:55

                            désolé pour les 2 messages, problème de connexion : j’ai cru que le 1er n’était pas passé. smiley


                            • Forest Ent Forest Ent 4 mars 2009 12:56

                              Ce qui est dit dans cet article est dans l’ensemble vrai.

                              C’est pour cela que j’ai eu du mal depuis quelques années à suivre les nombreux rédacteurs AV qui font tout un foin au sujet du mécanisme de création monétaire, par les états ou les banques : la création de monnaie par le crédit est secondaire comparée à la création implicite de monnaie par contrepartie de dérivés, et cette dernière n’a jamais fait l’objet d’aucune règle de transparence ni prudence.

                              Mais quel que soit le talent du rédacteur, je pense qu’il faudra d’autres articles pour expliquer comment la planche à billets a fonctionné, parce que je pense que c’est quand même assez compliqué. Le principe de base est le suivant : tout vendeur d’assurance s’endette auprès de ses clients.


                              • Veilleur de Nuit 4 mars 2009 13:30

                                De la sous estimation chronique du risque dans l’ensemble du système financier actuel... 


                                http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=5981574


                                • anuck 4 mars 2009 13:48

                                  @ l’auteur

                                  Assez bon article bien que vos chiffres soient un peu fantaisistes. Les "Credit Défault Swap" (CDS) se montaient à juin 2008 à cinquante-sept mille milliards $ (57’000’000’000). Ce qui n’empèche en rien la stupidité de cette assurance "Risque". C’est à fond perdu que les banques ont déjà déboursé 15’000 milliards (ventes d’actions, réserves, fonds propres) espérant ensuite de faire payer le contribuable plutôt que de déclencher le paiement des CDS

                                  Le problème c’est que toutes ces assurances ont été souscrites avec de l’argent dette ou argent négatif, qui n’éxiste pas. Malgré le fait que les banques centrales font tourner la planche à billet à fond (augmentation de la masse monétaire T4 aux US), il sera impossible de tout rembourser. Cette impossibilité entrainera, de façon systémique, la grande majorité des produits dérivés à une faillite ou cessation de paiement.

                                  Et les "CDS" ne représentent que 8% de tous les produits dérivés.

                                  Personellement, et cela n’engage que moi, je ne vois aucune sortie à ce "Tsunami de la bétise". Une solution peut-être : effondrement du $ et refus de payer les dettes.

                                  De toutes façons c’est la catastrophe qui va arriver dans quelques mois


                                  • wesson wesson 4 mars 2009 14:28

                                    @Anuk,

                                    "Assez bon article bien que vos chiffres soient un peu fantaisistes"

                                    j’admet bien volontier cette critique, d’autant que j’ai moi-même tiqué là dessus ...

                                    Cependant, la source cité en référence parle de "$ 1.4 Quadrillion", ce qui serait selon la définition wikipedia 1.400.000.000.000.000 $. La somme parait tellement énorme que ça m’as aussi posé un problème. C’est pourquoi j’ai assorti cette estimation du qualificatif "elle vaut ce qu’elle vaut", et d’en donner la provenance, la banque internationale des règlements, qui en matière d’estimation économique mets généralement dans le mille.

                                    dû à la difficulté de manipuler ces grands nombres, et à l’héroisme des hypothèses qu’il faut soulever pour arriver à cette estimation, on peut supposer probable une erreur d’un facteur 10, ce qui nous mettrait quand même la plaisanterie à 140.000 milliards de dollars - ça reste quand même totalement énorme.



                                  • tomasi75 4 mars 2009 14:09

                                     Il est vrai que ce n’est pas facile de comprendre l’économie et c’est peut-etre pour ca que on nous fait passer tout et n’importe quoi.
                                    Moi je ne my connais pas trop mais pourquoi pas créer une semaine de 25 heures de travail ? les explications sur le lien
                                    qu’en pensez vous ?
                                    http://voxx.over-blog.com/article-25826991.html


                                    • loco 4 mars 2009 14:54

                                      Bon, je me risque avec mes questions d’ignorant de base : 
                                       Vous "cherchez" ce qu’est devenu l’argent perdu. Mais existe-t-il, a-t-il réellement existé ? Je ne suis pas compétent dans la finance, mais vu de ma fenêtre certaines choses me semblent troublantes.
                                       On parle en ce moment à la fois de crise et d’utilisation (distribution, prêt...) de sommes si énormes que les montants ne parviennent pas à tenir dans les filets de ma mémoire. Dans un autre genre d’étonnement, j’ai lu que Google "valait" un prix astronomique, alors que je ne vois pas du tout ce que cette firme peut bien produire. Drôle d’idée de la valeur. Continuons, le mouvement à la hausse aussi bien de l’immobilier que des actions : comment une maison quelconque, un appartement standard a-t-il pu doubler son prix en dix années marquée par une inflation faible ? D’où sort la valeur équivalente au prix d’actions qui doublent (ou triplent , ou +) en quelques mois, sans que leur production ait explosé ? 
                                       D’où ma conviction de "café du commerce" que cette valeur n’existant pas, cet argent n’existe pas non plus. Et que crédit et spéculation battent hardiment monnaie en dehors de tout contrôle et même de toute mesure.  L’évolution de la finance me fait songer à la maturation des vesses-de-loup.
                                       Si quelqu’un peut m’éclairer d’un petit digest, merci d’avance.....


                                      • pragma 4 mars 2009 16:50

                                        D’un autre ignorant de base, une interrogation : à l’actif des bilans, on évalue les valeurs financières détenues, au même titre que les immobilisations en dur, bâtiments et équipements, par exemple.
                                        Sauf erreur, depuis quelque temps, on les évalue à leur "prix de marché", mark on market, because les normes IFRS d’origine anglo-saxonne, lesquelles étaient bien mieux, évidemment que les valorisations historiques ringardes précédemment utilisées.
                                        Prix de marché=prix auquel se réalisent les transactions, c’est à dire fortement variable par définition, et par ailleurs souvent virtuel, puisque l’on ne sait absolument pas, concrètement, ce que l’on a acheté.
                                        Me trompe-je ?
                                        Et quelle va être la tête des bilans, des résultats, moins values passées ?
                                        Du boulot pour les Tribunaux de commerce, les liquidateurs, et les vautours qui trépignent !
                                        Accessoirement, à quel niveau vont se situer les rentrées fiscales sur les BIC, Madame Lagarde ?


                                      • poetiste poetiste 4 mars 2009 15:01

                                        Trafic.
                                        On a bien compris que le libéralisme économique sous-entendait la permissivité, la légalisation d’une manière de prévarication. L’argent qui représente le travail des hommes est aspiré en vue de spéculations financières qui font payer un lourd tribut non seulement aux employés mais aux entreprises elles-mêmes. On joue votre salaire au casino. Le dispositif est en place depuis bien longtemps, les financiers en connaissaient le danger, ils savaient que le jeu finirait par la « crise ». Il y a dans les mentalités la pensée d’un « après moi le déluge » pourvu que je remplisse ma caisse. Un personnage comme Marc Fiorentino, trader de son état et écrivain à ses heures, se paye le luxe d’un cynisme non dissimulé invité dans une émission d’Yves Calvi. Tout cela est légal ; rien à redire. L’homme a « gagné » de l’argent et ne veut pas savoir si d’autres en ont perdu ; on est dans une jungle légale. Le monsieur en question prétend qu’il n’y a aucune moralisation possible de l’argent. Il professe un fatalisme et on ne peut y revenir. Il avoue que l’addiction au gain est forte chez le trader. Quand on banalise, qu’on légalise ainsi des pratiques de cette sorte, le bougre a raison, circulez, il n’y a rien à voir. Au passage il donne un coup de patte à Olivier Besancenot qui quelques jours plus tôt, confronté à lui chez Thierry Ardisson, avouait aussi qu’il n’y avait pas de moralisation possible de l’argent. Il est vrai qu’il est difficile de rester moral près d’une caisse pour le commun des mortels mais de la part d’Olivier, qu’est-ce à dire ? Ne doit-on plus attendre de gens de gauche qu’ils puissent croire en la morale ? Il est vrai que la gauche caviar nous a ôté nos d’illusions.
                                        La finance pour les nuls : bravo ! Il y a belle lurette que les nuls auraient dû s’y intéresser, c’est à dire en exiger un intérêt en intervenant dans la gestion des entreprises et des banques, en demandant le partage équitable des actions et de leur gain. Les nuls prenant leurs responsabilités sur le marché financier, c’est le pied !
                                        Alors, on la fonde cette commission internationale des sages qui imposera une régulation morale à l’argent fou ? Mais attention ! Le veau d’or a la force du dragon, on ne va pas lui ligaturer les pattes sans coup férir. On demande des héros.
                                        La « régulation » qui se met en place est une simple révision de la machine, que l’on ne s’y trompe pas. Le jeu va continuer à dévaloriser la valeur travail, c’est le rêve du « tout, tout de suite », le leurre du court terme qui va favoriser les plus malins, les plus rapides, le soin de l’avenir de la planète et de ses enfants étant rejetée aux calendes.
                                        On demande des nuls susceptibles de prendre conscience de l’enjeu, de se transformer en héros. Il y a déjà Zorobama outre Atlantique mais il reste dans le domaine panaméricain.
                                        Que les nuls cessent de contracter des dettes, ce sera déjà ça.
                                        L’économie pour les nuls : très bonne idée ! S’informer à ce sujet n’est pas un droit, c’est un devoir écologique primordial. Nuls de tous les pays, unissons-nous ! Quand on a la connaissance, que l’intelligence et le cœur sont éclairés, plus rien n’est fatal. Et demandons aux traders, gardes du corps de la finance, de rejoindre nos rangs. Et à ceux qui disent que l’argent fait le bonheur, rappelez-leur que c’est aussi le nerf de la guerre. Avec un peu de chance, de volonté et de bonne foi, on évitera peut-être la troisième guerre mondiale. On attend « Super Nul » pour sauver le monde.
                                        A.C

                                         


                                        • LE CHAT LE CHAT 4 mars 2009 15:25

                                          ouais , y’a qu’a mettre le monde entier en faillite personnelle comme en Alsace ! smiley cool !


                                          • Kobayachi Kobayachi 4 mars 2009 17:37

                                            Dernier chiffre des faillites personnelle aux US : 98.000 pour le seul moi de fevrier 2009 qui pourtant ’a que 28 jours.
                                             


                                          • chmoll chmoll 4 mars 2009 15:34

                                            la finance moderne, c les milliards de ceux d’en bas ,qui ne savent pas ce ke les centaines d’en haut font avec vot pognons


                                            • idemeh 4 mars 2009 15:55

                                              très incomplet et approximatif , traduisant un manque de connaissance des produits en question (pour preuve l’acronyme CDS veut dire Credit defaut SWAP) Ce qui est avant tout à l’origine des dérives c’est un état major de banques qui a relativement le même niveau de compréhension que celui du rédacteur...

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