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Petit problème : la BCE rachète des dettes tout en encourageant l’endettement

La Banque Centrale Européenne poursuit plus que jamais sa politique monétaire dite accommodante, en déployant sa mallette aux outils aussi divers que variés. Toute l’exubérance de la politique monétaire est en place : taux directeur principal à 0%, taux négatifs sur les dépôts, opérations de rachats d’actifs, nouvelles facilités de prêts aux banques. Comment l’institution pourrait-elle être plus claire dans sa volonté affirmée d’aller plus loin, toujours plus loin. Aller plus loin dans l’émission monétaire, aller plus loin dans l’incitation au crédit, aller plus dans la déstructuration des logiques économiques. Le « toujours plus monétaire » s’est inscrit dans le « toujours plus de tout », ce concept à ne voir défiler le monde que dans un sens. On pouvait comprendre les décisions passées, post-crise, lorsque les pays du sud devaient faire face aux assauts des marchés, mais à présent, 8 ans après le début de la crise des subprimes, il devient compliqué intellectuellement d’intégrer les raisons qui la motivent à racheter toujours plus de dettes d’état (auxquelles s’ajoutent désormais des dettes d’entreprises), et à pousser les taux toujours plus bas dans les abymes financières.

Rappelons que la BCE n’ayant pas d’argent (ou si peu), réalise les opérations de rachats d’actifs à hauteur de 80 milliards d’euros mensuels par de la pure création de monnaie ex-nihilo.

Si on résume l’ensemble de sa politique à travers ses principaux objectifs, on citera principalement les points suivants :

  • Faire baisser les taux d’intérêts (par le jeu des taux directeurs) pour relancer la croissance par le crédit
  • Permettre aux états de se refinancer à moindre coût, voire à coût zéro et ainsi faire baisser la charge de la dette
  • Fournir avantageusement des liquidités aux banques pour les inciter à prêter et augmenter ainsi les encours de crédits (par le QE et les LTRO)
  • Faire baisser l’euro pour faciliter les exportations (par l’augmentation de la masse monétaire)
  • Générer une inflation importée par un euro affaibli (lutte contre un risque de déflation)
  • Décourager les épargnants (ruine ou euthanasie des rentiers) par la baisse drastique de la rémunération de l’épargne

L’endettement en zone euro ne s’est pas réduit

Les pays de la zone euro sont toujours fortement endettés (souvent autour des 100 / 120 % de PIB), à un niveau qui pèse lourdement sur les budgets et sur les facultés à s’adapter à un monde en mouvement. Le désendettement devenait avec la crise un enjeu important, une nécessité économique, du fait que ces dettes colossales se nourrissent d’elles-mêmes en produisant des intérêts honorés par de la nouvelle dette.

Les politiciens et les économistes n’ont-ils pas expliqué avec insistance que nous étions dans une crise des dettes souveraines, impliquant un retour aux équilibres budgétaires, à la mise en œuvre de vraies réformes, pour arrêter une spirale infernale que la Grèce connaît trop bien, devenant en quelque sorte un laboratoire grandeur nature spécialisé dans les dynamiques de l’endettement perpétuel.

Alors, si je comprends bien, la politique menée par la BCE consistant à injecter des énormes masses de liquidités et à faciliter l’endettement, relèverait d’une nouvelle théorie économique moderne post-post-keynésienne concluant qu’on résout un problème de dette en s’endettant davantage ?

Une politique de l’aléa moral

Le fait que la BCE rachète des dettes d’état crée ce qu’on appelle un aléa moral. L’aléa moral se définit comme la perspective pour un agent économique d’être à l’abri d’un risque, grâce à un autre agent qui va l’en déposséder, créant ainsi un comportement différent à celui qu’il aurait eu s'il était resté exposé au risque initial. Si les états ont intégré le fait que leurs dettes pouvaient être rachetées par un acheteur en dernier ressort (la BCE), et éventuellement être monétisées ou effacées, alors pourquoi être rigoureux dans une politique budgétaire  ? Pourquoi se priver d’un endettement gratuit et devenu non risqué ?

Le déversement (ou inondation) monétaire

Les rachats mensuels d’actifs, principalement des dettes souveraines, passent de 60 à 80 milliards d’euros. Ces opérations qui ont débuté en mars 2015 vont se poursuivre jusqu’en mars 2017, et pourquoi pas prolongées. En totalité cela représentera la modique somme de 1700 milliards d’euros environ (24 mois * 70 milliards d’euros en moyenne mensuelle), soit 17% du PIB de la zone euro (PIB zone euro : environ 10000 milliards d’euros). Jusqu’à ce jour, la BCE a racheté autour de 800 milliards d’euros d’actifs principalement en dettes d’état. Mais où est passé cet argent, par où a-t-il circulé ? On aimerait bien en savoir davantage … Ces milliards venus de nulle part n'ont pas encore provoqué les effets affichés, la croissance européenne n’étant pas aussi robuste que prévu et la reprise de l'inflation actuellement bien calée autour des 0% et bien loin des 2% espéré, restant une éternelle chimère. Mais attention, l’inflation présentée par la BCE n’est pas vraiment le reflet exact de la réalité. En fait, il y a bien une inflation dite sous-jacente, c’est-à-dire sans la prise en compte de certains produits aux prix très volatils, comme l’énergie. Les prix du pétrole, du gaz, et des matières premières ont participé grandement à cette faiblesse de l’inflation, des prix cycliques qui repartiront inévitablement à la hausse.

Où sont donc bloqués ces centaines de milliards d’euros ? S’ils avaient perfusé dans l’économie dite réelle, nous les aurions vus à travers une croissance plus forte, vu que la transmission monétaire est censée se faire par le crédit avec pour traduction un surplus de consommation et d’investissements, donc de PIB. Or, que nenni ! Une partie s’est retrouvée gelée sur les comptes des banques commerciales, une autre sur des investissements non productifs. Un des effets pervers d’un QE qui peine à délivrer ses effets, pour ne pas dire inopérant, a été de positionner les taux en négatif sur les comptes de dépôts des banques pour les dissuader de parquer un argent cash, contrepartie de leurs ventes d’actifs (autrement dit, le constat est que les banques n’ont pas joué le jeu demandé).

Tout ce déversement monétaire interpelle sur le rôle de la monnaie dans l’économie actuelle ; le surplus de monnaie est-il devenu économiquement neutre ? Jusqu’à présent on a tous à l’idée que l’augmentation de la masse monétaire engendre de l’inflation et conditionne en partie le niveau général des prix à la consommation. Or cela n’opère pas comme l’espère la BCE. Conséquence, elle en fait toujours plus en espérant qu’un jour, les effets prévus seront bien au rendez-vous ! Cette institution donne l’impression d’être calée dans des vieux principes, des vieux dogmes, considérant de surcroît qu’en économie les mêmes causes produisent les mêmes effets. Ceci n’est plus vrai dans une économie complexe, comme je le mentionne si souvent. Les économies adoptent aujourd’hui des comportements nouveaux qu’on n’avait pas l’habitude de voir dans le passé les banques centrales accélèrent l’obsolescence des théories économiques)

Les dogmes économiques

Je fais juste un petit aparté, une peu éloigné du propos central, mais qui a son importance pour comprendre et évaluer les politiques en général, à savoir le côté dogmatique qui frappe souvent nos banquiers centraux ou nos politiciens qui font encore référence au traité de Maastricht et ses règles éculées comme les 3% de déficit public. L’objectif d’inflation à 2% n’a à mon avis aucun sens économique. Mais d’où vient ce chiffre ? Je dirais de nulle part car je n’ai pas souvenir d’avoir lu dans les manuels économiques que l’optimum de l’inflation était de 2%. Une économie peut « bien se comporter » avec 1% ou 0.5% d’inflation et peut-être même 0%. Ce dogme du 2% provient très certainement d’une certaine nostalgie du pouvoir inflationniste qui règlerait tout, notamment les excès de dettes, synonyme d’un embonpoint économique néfaste à la performance. L’inflation gonfle les comptes des états impécunieux, dilue la dette, ronge la valeur de l’argent, mais rabougrit le porte-monnaie du citoyen rigoureux.

Une inflation continue à 2% (ou tout autre valeur) fait vite penser à la fonction exponentielle, comme une croissance à X%. Pourquoi donc les économies devraient-elles se plier à la dictature de la diabolique exponentielle ? Croissance exponentielle de la production de biens et services, croissance exponentielle de la consommation d’énergie et de matières premières, croissance exponentielle de la masse monétaire, des prix, de la dette, des budgets. Il faut vite oublier ces schémas mortifères, car la croissance infinie dans un monde fini n’a aucun sens, tant d’un point de vue des lois de la physique que du bien-être humain.

Le seuil des 3% de déficit public rapporté au PIB n’a pas plus de sens. Il a été défini à une époque où la croissance était encore significative, accompagnée d’une inflation qui ensemble contribuaient à une croissance nominale du PIB de plus de 5%. Or, aujourd’hui la croissance et l’inflation sont proches du zéro absolu. De ce fait, le 3% n’a plus de pertinence, et s’en servir comme une vérité première dans des contextes où le montant des dettes est proche du PIB, ne fait qu’aggraver le problème.

L’expansionnisme monétaire et la rigueur sont incompatibles

L’expansionnisme monétaire tel qu’il est réalisé n’est pas très compatible avec une gestion budgétaire rigoureuse au niveau des états, particulièrement pour la France qui reste le mauvais élève de la classe, car il encourage les déficits tout en dilatant nos stocks de dettes. Or, la dette, quand elle est mal maîtrisée, peut être vue comme une maladie virale rongeant de l’intérieur un organisme incapable de combattre l’intrus. Alors pourquoi la BCE achète de la dette publique, donnant un signal aux états qu’elle se positionne clairement en acheteur en dernier ressort, les incitant ainsi à s’endetter et à écarter toutes réformes utiles.

Cette politique expansionniste contribue à la déformation de la courbe des taux d’intérêts, à la distorsion des prix des actifs, à l’altération des concepts liés au risque et au temps, donc à une forme de déstructuration des principes économiques.

Conclusion

Certains politiques ou économistes pensent qu’il faut profiter des taux historiquement bas, et donc s’endetter davantage pour relancer nos économies en panne. Mais cela fait des dizaines d’années qu’on essaie avec des politiques budgétaires déficitaires sans y parvenir, nous enfonçant dans une cavalerie perpétuelle. Alors n’est-il pas opportun de réfléchir à un autre modèle ? C’est plus coûteux intellectuellement que l’argent facile, quasi gratuit !

Les politiciens français comptent évidemment sur l’interventionnisme de la banque centrale pour inverser les courbes indélicates qui hantent les nuits de certains dirigeants. Le problème est qu’une politique monétaire menée seule sans le concours des états, ne peut avoir d’effets notables. Une politique monétaire n’a de sens qu’en soutien d’une politique économique efficace, d’une politique budgétaire adaptée, davantage orientée sur les investissements du futur que sur le fonctionnement du quotidien.

Alain Desert

ANNEXE : mes derniers articles sur la politique monétaire de la BCE

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26 réactions à cet article    


  • Ruut Ruut 12 avril 12:32

    Le problème est qu’a notre époque les emprunteurs d’état ne sont JAMAIS les payeurs ni tenu de tenir eux même les engagements qu’ils prennent.
    Pourquoi la banque centrale ne prête elle pas directement aux états a taux 0 l’histoire de virer ces fausses dettes des intérêts ?


    • Alren Alren 12 avril 15:26

      @Ruut
      Pourquoi la banque centrale ne prête elle pas directement aux états a taux 0 l’histoire de virer ces fausses dettes des intérêts ?

      Parce que la BCE, comme toute institution de l’UE, n’est pas au service des états mais des banques et des 1% d’ultra-riches ...


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 12 avril 16:48

      @Ruut


      C’est que le capitalisme est mort et on ne trouve pas les mots pour le dire. L’essence du capitalisme, c’est qu’avoir de l’argent suffit a en avoir de plus en plus par le paiement d’un interêt. Alors avec des taux négatifs.... Qui a l’argent a la pouvoir

      Maintenant, le pouvoir politique n’est plus aux ordres du Capital, car il crée l’argent qu’il veut et le donne à qui il veut. Alors ça change tout.... Le fric est un outil, et une récompence, mais n’est plus une SOURCE du pouvoir Le plus amusant, c’est, que cette évolution sera présentée comme une victoire populaire, alors que l’exploitation va simplement obéir à des règles plus arbitraires....

      PJCA

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 avril 20:47

      @Alren
      Parce que c’est interdit par l’article 104 du Traité de Maastricht, devenu l’article 123 du TFUE.
      « Evolution des intérêts cumulés de la dette », avec et sans les Traités européens.


      Ces articles des Traités européens interdisent aux Etats d’emprunter à leur Banque centrale à taux 0%, et les obligent, ainsi que les Collectivités locales à emprunter aux banques avec intérêts.
      Michel Rocard dévoile le pot aux roses sur les origines de la dette publique.

    • Jeff84 17 avril 11:13

      @Ruut
      Vous n’avez pas lu l’article, apparemment : parce que cela pousserait les états à emprunter, encore davantage que les QE.


    • elpepe elpepe 12 avril 13:35

      l inflation a toujours etait un regulateur car elle permet la remise en cause et l adaptabilité a tous le etages, elle est donc necessaire
      les blocages aujourd hui sont voulus car l euro est une valeur refuge, et cela emprisonne totalement l europe et ruine sa competitivite, au grand bonheur des fonctionnaires, retraites donc rentiers
      un jour tout cela va se recaler dans le chaos et ruine la plus totale, les petits rentiers sont deja les dindons de la farce, pour les salarie du prive et actifs, ils continuerons juste de l avoir dans le cul, peut etre un peu moins, il faudra mesurer la profondeur
      allea jacta est, la messe est dite , amen


      • tf1Groupie 12 avril 13:47

        « la croissance infinie dans un monde fini n’a aucun sens »

        Une vérité fausse qu’on nous sert à longueur d’articles, car elle est bien pratique pour soutenir certains « dogmes ».


        • Jean Pierre 12 avril 15:04

          @tf1Groupie
          Comme le sujet est ardu, heureusement que vous êtes là pour nous parler des « vérités fausses ». Il faut reconnaître une vertu aux trolls. C’est leur talent comique. 

          Dans vos futurs commentaires, n’oubliez pas les pauvres riches ou les grands nains !


        • Jeff84 17 avril 11:25

          @Jean Pierre

          Quand une théorie se révèle fausse, encore et encore, depuis sa création, on pourrait attendre un peu d’humilité de la part de ses partisans.

        • fred.foyn Le p’tit Charles 12 avril 15:08

          l’UE et la BCE sont là pour faire de l’argent uniquement...Faut que les banques débordent de pognon jusqu’à plus soif...L’UE c’est l’arnaque du siècle...


          • Jo.Di Jo.Di 12 avril 15:14

            dilue la dette, ronge la valeur de l’argent, mais rabougrit le porte-monnaie du citoyen rigoureux.
            NON
            Elle dilue la dette de l’État vis à vis du hors Nation. Pour le citoyen nationale il suffit de lui assurer un LIVRET A sans plafond = INFLATION + 2% par ex
             
            Le gôôôchiste vu par Marx :
             
            « La DETTE publique, en d’autre termes l’ALIENATION DE L’ETAT, [...] marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique [...] La perte de confiance dans la dette publique, péché impardonnable, prend la place du péché contre le Saint Esprit. » 
            Le Capital Livre I


            • christophe nicolas christophe nicolas 12 avril 17:08

              L’augmentation de richesse est le fruit de ceux qui innovent et il faut mettre de la monnaie en face pour concourir à la fluidité des échanges donc celui qui s’enrichie est celui qui bat la monnaie qui appartient en réalité à ceux qui innovent.


              Battre monnaie, c’est le pouvoir d’acquérir toutes les richesses créées par les innovateurs qui n’en voient jamais la couleur.

              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 avril 21:03

                L’auteur a raison sur la dette à 3% du PIB, c’est une idiotie sans fondement économique. C’est un indice bidon, inventé sur un coin de bureau pour faire plaisir à Mitterrand, et qui est devenu l’alfa et l’ oméga de la pensée économique budgétaire européenne.
                « La dette à 3% du PIB est une invention 100% française ».


                Il a raison aussi sur les politiques d’austérité, elles ont fait exploser les dettes publiques.

                Là où il rêve : « Alors n’est-il pas opportun de réfléchir à un autre modèle ? »
                La BCE est indépendante. Des Etats et encore bien davantage des citoyens.
                Personne ne vous demandera votre avis, et si vous le donnez, ils s’assoiront dessus.

                Les Allemands, avec leurs retraites par capitalisation sont en train d’être ruinés.
                Quand le coût de l’argent = 0, les intérêts = 0.

                La seule solution est de sortir au plus vite de cette usine à gaz européenne, il n’y aura jamais d’ Autre Europe, puisque les Institutions européennes et le FMI sont indépendants du vote des citoyens. Programme de Libération Nationale de l’ UPR.
                - Avec la remise en place du rôle de la Banque de France.
                - Et la monnaie de la France : le FRANC.


                • vip (---.---.108.13) 12 avril 21:32

                  En y regardant bien, tout n’est que papier. Une montagne de papiers, constamment recyclee par la fed. Dette, credit, dette, credit.

                  Les etats ont signe pour ce systeme et la fed fait office et de poubelle et de distributeur ou les etats se debarrassent du papier usage contre du papier neuf.


                  • Milla (---.---.1.10) 13 avril 01:07

                    L’AGENCE INFO LIBRE, ORGANE DE PROPAGANDE PRÉSENTABLE DE L’EXTRÊME DROITE

                    Alors que les blogs et sites confusionnistes se comptent par milliers, quelques uns sortent du lot et parviennent à toucher une plus grande audience. C’est le cas de l’Agence Info Libre (AIL) qui, issue de la mouvance extrême droitière et conspirationniste, est désormais largement relayée dans les milieux militants de gauche. Pourtant, malgré un lifting réussi, ses animateurs n’ont jamais renoncé à leurs anciennes idées et profitent de leur site vitrine pour leur donner une allure respectable.

                    Fondée en septembre 2011, l’Agence Info Libre s’est constituée en association déclarée au Journal officiel le 17 septembre dernier. Elle est notamment animée par Jonathan Moadab, ancien du Cercle des Volontaires (CDV), aux sympathies affichées pour la mouvance Soral/Dieudonné. Si a priori il n’existe plus aucun lien organique entre l’AIL et le CDV, les deux médias se relaient toujours régulièrement l’un l’autre, s’organisant pour couvrir ensemble certains événements. De plus, via Jonathan Moadab qui est correspondant pour l’agence de presse vidéo russe pro-Poutine Ruptly, il existe de fait une collaboration entre l’AIL et ce média, Moadab couvrant les mêmes événements pour les deux à la fois et diffusant indifféremment ses vidéos sur l’un et l’autre.

                    Lire : Qui est Jonathan Moadab ?

                    Aujourd’hui, l’AIL dispose d’un site à l’aspect très professionnel, tant par son esthétique que par la qualité de ses productions vidéos. Elle dispose d’un correspondant local très actif à Toulouse, un à Nantes, sans doute un à Lyon et elle en cherche un à Marseille. De plus, ses autres membres n’hésitent pas à se déplacer en province pour couvrir certains sujets, ce qui lui permet de ne pas être une média uniquement parisiano-parisien. L’Agence s’aventure même à l’occasion à l’international, même si c’est le plus souvent au travers de mobilisations ayant lieu en France sur des questions internationales, quoique quelques fois là encore son équipe fasse le déplacement, comme lors du sommet européen qui s’est tenu à Bruxelles 


                    • Odin Odin 13 avril 12:51

                      @Milla

                      Quel rapport avec l’article sur la dette ? 


                    • Milla (---.---.1.10) 13 avril 01:13

                      L’agence Info libre

                      Sa ligne éditoriale se veut pluraliste et de fait, ses membres couvrent de nombreuses mobilisations sociales, anti-impérialistes et écologistes avec, et c’est ce qui fait sa force, une ligne éditoriale qu’on pourrait le plus souvent qualifier d’« objective »5, voire de complaisante.

                      Lire : L’Agence Info Libre sur les fronts écologiste, social et anti-impérialiste

                      Le problème est que l’AIL rend tout aussi assidûment et complaisamment compte de l’actualité des diverses tendances de l’extrême droite, y compris les plus groupusculaires, dans des proportions inédites pour un média prétendant ne rien avoir à voir avec cette mouvance : cela va de la couverture des procédures judiciaires impliquant Dieudonné et son avocat21, Alain Soral22 ou Robert Faurisson23 aux Manifs pour Tous24 en passant par le Jour de Colère25, Unité continentale et La Dissidence, Serge Ayoub, le mouvement néo-fasciste italien Casapound, les royalistes de l’Action française26, SOS Tout-Petits27 ou encore la réalisation d’interviews des auteurs d’extrême droite présents au dernier Salon du livre




                      • Odin Odin 13 avril 12:52

                        @Milla

                        Quel rapport avec l’article sur la dette ? 


                      • Odin Odin 13 avril 12:53

                        @Milla

                        Quel rapport avec l’article sur la dette ? 


                      • Milla (---.---.1.10) 13 avril 01:18


                        Sa ligne éditoriale se veut pluraliste et de fait, ses membres couvrent de nombreuses mobilisations sociales, anti-impérialistes et écologistes avec, et c’est ce qui fait 

                        Lire : Comment l’Agence Info Libre promeut l’extrême droite

                        L’Agence Info Libre produit donc des vidéos de qualité susceptibles d’être relayées dans l’ensemble du monde militant, de l’extrême gauche à l’extrême droite, avec pour effet de faire relayer par des militants de gauche des idées d’extrême droite et de faire connaître à l’extrême droite les mobilisations de gauche. Pour quiconque prend la peine de s’attarder un peu sur le site de l’AIL – et ne se contente pas de visionner une de leurs vidéos trouvée au hasard des réseaux sociaux indépendamment du reste du site -, il saute aux yeux que son pluralisme de façade cache mal son confusionnisme de fond, au profit de l’extrême droite.

                        Lire : Une maîtrise parfaite de la communication virale sur Internet

                        En effet, à l’heure où les diverses tendances de l’extrême droite cherchent à élargir leur audience en adoptant des discours à caractère social ou écologiste, on peut sans nul doute affirmer que l’AIL joue le rôle d’organe de propagande au profit de cette stratégie qui joue sur le confusionnisme politique pour faire avancer des idées qui sinon resteraient largement marginalisées. Il est d’ailleurs à noter que parmi les mobilisations de gauche couvertes prioritairement par l’AIL, beaucoup sont caractérisées par un certain mélange des genres et que l’AIL n’hésite pas à donner abondamment la parole aux réactionnaires qui tentent de s’y faire entendre, qu’ils soient tolérés ou non par les autres militants et même si leur présence sur les manifestations est très anecdotique et non représentative.


                        • Milla (---.---.1.10) 13 avril 01:21
                          Lire : Comment L’AIL profite du confusionnisme à gauche

                          Une autre tendance qui sans surprise a largement sa place sur l’AIL et qui elle aussi bénéficie de cette stratégie est le conspirationnisme. L’Agence Info Libre donne ainsi régulièrement voix à des théories pseudo-scientifiques, sans jamais faire preuve du moindre sens critique.
                          L’argument de la liberté d’expression

                          Comme il est désormais ordinaire dans ce genre de médias, la justification apportée à cette ligne éditoriale fourre-tout est la liberté d’expression :

                          « Nous estimons que la liberté d’expression est sacrée et que toute opinion, quelle qu’elle soit, a sa place dans le débat public (dans le respect de la loi). Nous ne nous fermons à aucun sujet et tentons de donner la parole à un maximum de personnes avec pour objectifs l’impartialité et l’ouverture des perspectives de réflexions. »

                          Il s’agit d’une excuse habituelle de ce type de média pour justifier son confusionnisme. Pourtant, la défense de la liberté d’expression, même en tant que concept bourgeois74 , n’induit pas nécessairement de donner la parole à toutes les opinions, des plus extrémistes aux plus farfelues, considérant que toutes se vaudraient. Or, que peut bien valoir l’opinion d’un raciste face à celle de sa victime, que vaut une théorie pseudo-scientifique face aux acquis de la recherche scientifique ? En diffusant allègrement thèses d’extrême droite et élucubrations pseudo-scientifiques comme si ces idées étaient tout aussi valables que celles de ceux qui s’y opposent et en sont parfois victimes, l’AIL contribue à les légitimer et choisit se faisant un camp politique clair : celui de la Réaction

                          • Milla (---.---.1.10) 13 avril 01:24

                            En trompant leurs interlocuteurs de gauche sur leurs intentions et leur ligne politique et éditoriale, en se faisant passer auprès d’eux pour un média « indépendant »76, voire en ne s’annonçant pas du tout, ils contreviennent au quatrième principe de la charte : « ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents ».

                            Surtout, ils bafouent l’un des plus importants, le neuvième devoir : « ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ».

                            Un succès inquiétant

                            En dépit de ces manquements, l’AIL commence à se forger une réputation de média « sérieux » et a même été, à sa grande fierté, relayée à plusieurs reprises ces derniers mois par la presse dominante que pourtant elle dit exécrer (mais dont elle n’hésite pas à reprendre certaines informations) : que ce soit France 2 qui a repris ses images d’une manifestation anti-aéroport à Nantes – sans citer l’AIL il est vrai, mais c’est toujours quand même un bon prétexte pour se mettre en valeur en faisant mine de protester77– ou à plusieurs reprises par le site @rrêt sur Images de Daniel Schneidermann, qui semble ne pas trop savoir sur quel pied danser, puisque l’Agence y a d’abord été justement qualifiée de« média d’extrême droite » avant que la mention ne soit improbablement supprimée, peut-être suite à des menaces de poursuites judiciaires, comme l’avait à l’époque laissé entendre Jonathan Moadab sur Facebook78.


                            • simplesanstete 13 avril 14:22

                              @Milla la diarhée


                            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 avril 07:28

                              Question liberté d’expression, occupez-vous plutôt d’ Erdogan..., mais j’oubliais que faisant partie de l’ OTAN, Erdogan peut faire tout ce qu’il veut, personne ne lui dit rien.

                              Un peu comme le Qatar, qui rachète le patrimoine français morceau par morceau, et nos Chers amis - clients Saoudiens, en somme ....


                              • lloreen 13 avril 13:08

                                Contrairement à la fausse idée répandue et entretenue, le capitalisme n’ est pas mort et il n’ est pas près de mourir tant que l’ ignorance des masses sera aussi savamment entretenue par la propagande médiatique.

                                Pour mettre un coup d’ arrêt définitif à ce système foncièrement pervers, tyrannique et criminel, il faut connaître une information capitale, tenue bien éloignée de la masse laborieuse, et pour cause, puisque sans sa participation, ce système s’ effondrera comme le château de cartes -arnaque pyramidale selon le schéma de Ponzi- qu’ il est.

                                La première information est que le système capitaliste est régi selon les principes du droit maritime depuis des siècles, très exactement depuis 1666 (!) et le CESTUI QUE VIE.
                                Que dit cette règle commerciale -valable entre sociétés commerciales- ?
                                Elle stipule que toute personne qui n’ a pas déclaré être vivante à l’ âge de 7 ans est considérée comme MORTE.
                                Par conséquent, tous ses biens appartiennent à l’ état, en l’ espèce à l’ amirauté britannique de l’ époque.
                                Ce système continue à fonctionner partout et de plus en plus loin au fur et à mesure que l’ ignorance généralisée couvre et permet la poursuite des exactions.
                                Un des préceptes du droit maritime veut que « Qui ne dit mot consent ». Dans la mesure où il n’ y a pas d’ opposition, les règles deviennent légales.

                                Il se trouve cependant que quelques avocats aidés de nombreux autres, partis à la collecte d’ informations cruciales bien existantes mais reléguées aux oubliettes par de zélés ignorants ou carrément de complices ayant tiré de substantiels avantages, ont crée une fiduciaire fonctionnant sur le même principe du CCU-code commercial uniforme, la « bible » du commerce- et ont FORCLOS toutes ces corporations gouvernementales régies selon les principes de ce droit maritime depuis le 25.12.2012.

                                Toutes les informations à connaître figurent en lien.
                                http://comprendre-oppt.blogspot.fr/

                                Quant à l’ escroquerie des banques, BCE, FMI, et FED comprises, elle est résumée en quelques secondes par un banquier, suisse de surcroit...

                                C’ est le genre d’ information qui a fait dire à Henry Ford, fondateur de la multinationale automobile du même nom, :
                                « Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin. »

                                Le 23 décembre 1913, le Congrès américain votait la loi de la Réserve Fédérale, qui enlevait au Congrès lui-même le pouvoir de créer l’argent, et remettait ce pouvoir à la « Federal Reserve Corporation ». Un des rares membres du Congrès qui avait compris tout l’enjeu de cette loi, Charles A. Lindbergh (le père du célèbre aviateur), déclara :

                                « Cette loi établit le plus gigantesque trust sur terre. Lorsque le Président (Wilson) signera ce projet de loi, le gouvernement invisible du Pouvoir Monétaire sera légalisé... le pire crime législatif de tous les temps est perpétré par cette loi sur la banque et le numéraire. »


                                • lloreen 13 avril 13:45

                                  Le peuple commence lentement à comprendre l’ arnaque substantielle su système de la dette entretenu par la dynastie sataniste des Rothschild qui dirige et contrôle le temple mondial de cette escroquerie planétaire, en l’ espèce la City de Londres (Couronne), un état totalement souverain greffé sur le territoire britannique, tout comme l’ est la BRI (banque des règlements étrangers) qui est un autre état souverain greffé sur le territoire suisse.

                                  Pour se donner une certaine visibilité, les Rothschild ont crée leur état criminel Israël par l’ intermédiaire de leur ami lord Balfour. En faisant de Washington DC (District of Columbia, un autre état, distinct des Etats-Unis de l’ Amérique) leur bras armé, ces démons incarnés à l’ origine de tous les conflits planétaires, ont mis la planète à feu et à sang.

                                  Les peuples ont la possibilité de retrouver leur liberté et leur souveraineté en vertu du droit fondamental reconnu à chaque être humain par le droit naturel.
                                  Des tribunaux chargés de l’ application et du respect de ces droits fondamentaux , qui sont des droits nationaux et internationaux en vigueur ont été crées en Autriche et ailleurs.

                                  Depuis le 18 juin 2015, un collectif citoyen s’ est réuni pour créer un conseil national de transition en France, qui est un outil juridique reconnu par l’ OTAN et l’ ONU et utilisé autrefois par monsieur Sarkozy ...Ce CNTF est le seul organe LEGITIME dans la mesure où la déclaration UNIVERSELLE des droits de l’ homme et du citoyen reconnaît à tous les peuples le droit de résistance à l’ oppression et celui de leur souveraineté.

                                  Le CNTF appelle à la mobilisation générale le 10 juin 2016 et au soutien de l’ armée, qui est chargée de défendre le peuple, qui l’ entretient.
                                  Le peuple français a ce moyen juridique à sa disposition pour reprendre sa souveraineté.

                                  Toutes les informations sont sur le site.
                                  http://www.conseilnational.fr/



















































































                                  Tous ces dirigeants sont totalement illégitimes pour parler au nom de la nation française et ils le savent pertinemment bien. C ’ est la raison pour laquelle vous ne les entendrez jamais parler au nom de la France mais uniquement de la république en tant que corporation régie par le CCU et des « valeurs de la république », qui sont celles qu’ ils défendent en fonction de leur intérêt qui est celui de la spoliation des biens publics....

                                  L’ arnaque de la dette révélée par un banquier suisse.
                                  https://www.youtube.com/watch?v=efIiQtfR7BI
                                  Il est conseillé de sauvegarder la vidéo, elle a tendance à disparaître généralement assez rapidement...
































































































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