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Petite chronologie des pertes de l’UBS

La récente admission par l’UBS de son exposition de 36 milliards de dollars dans la crise des subprimes marquera-t-elle un nouveau départ pour une institution considérée jusque-là comme une des plus conservatrices au monde ?

C’est en effet une gouvernance moderne et adaptée à notre monde qui a fait défaut à l’UBS et le nouveau patron, Peter Kurer, devra d’abord s’attaquer à la rénovation du conseil d’administration car le départ de Marcel Ospel est tout à fait insuffisant dès lors que les douze membres de ce conseil - ayant lamentablement échoué dans leur mission de sauvegarde des intérêts de la banque et des actionnaires - se maintiennent... Quitte à améliorer la gouvernance - et il est vital de l’entreprendre - alors pourquoi ne pas démarrer par la tête sachant que quelque 2 000 emplois passeront également à la trappe dans la banque d’investissement. Les nouveaux membres de ce conseil d’administration devront se montrer en prise directe avec la réalité des risques et des expositions contractés par leur banque dans un contexte où, de l’aveu même de Marcel Ospel, lui-même n’avait été complètement informé de l’ampleur gigantesque des risques encourus par l’UBS qu’à son retour de vacances, soit début août 2007 !

Comment comprendre cette tardive prise de conscience d’Ospel et du conseil d’administration alors que leur bras armé traitant les "hedge funds", Dillon Read, avait été liquidé trois mois plus tôt à cause de pertes importantes et que deux fonds de Bear Stearns avait dû également l’être encore six semaines avant dans ce qui allait sonner le signal du départ de la crise subprimes... ?
Au lieu de cela, les dirigeants de l’UBS se congratulaient mutuellement d’avoir pu introduire leur banque avec succès dans le marché hyper-compétitif américain. Nul ne se souciait de la subtile distinction consistant dans le fait que l’UBS avait acheté massivement sur Wall Street des titres adossés à des prêts hypothécaires qui avaient été consentis par des établissements américains à des particuliers n’offrant aucune garantie de solvabilité ! En fait, et contrairement à ce que pensaient la grande majorité des analystes et professionnels en Suisse, l’UBS n’était pas impliquée en direct vis-à-vis des demandeurs de crédit américains comme pouvait l’être Countrywide Financial. Parallèlement, Dillon Read doublait sa valeur marchande par des prises de participation tentaculaires sur le même marché et le département obligataire de l’UBS découpait leurs prêts hypothécaires en une multitude de titres destinés soit à être vendus aux investisseurs, soit à être ajoutés aux titres subprimes déjà acquis avec gourmandise par leur banque... Ainsi, ces professionnels constatèrent-ils avec délices le gonflement des bénéfices de l’UBS dont une grande partie de l’empire était dorénavant investie sur les marchés hypothécaire et immobilier américains.

Toujours est-il que - en dépit d’une notation AAA accordée à ces titres - l’UBS s’est du jour au lendemain retrouvée avec plus de 35 milliards de créances douteuses pour des crédits consentis précisément par des établissements peu regardants comme Countrywide. M. Rohner, un des rescapés - pour le moment - de la direction générale a tout récemment reconnu que personne ne pouvait prédire l’avenir car, l’UBS étant encore positionnée sur ce marché, la situation était toujours susceptible de se dégrader dans l’hypothèse d’une aggravation de la crise du crédit. Voilà où se retrouve une banque fiable et tranquille que la grande majorité des citoyens suisses considéraient d’abord comme une immense banque de détail et de gestion.


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2 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 9 avril 2008 11:27

    Vieux proverbe boursier : "c’est quand la mer se retire que l’on voit qui se baignait sans maillot de bain". C’est un peu désolant, tous ces matheux, statisticiens, toutes ces études, recherches, théories, pour en arriver à ça : une bête cavalerie des plus traditionnelle.

    J’adresse à l’auteur, dont j’apprécie énormément la chronique politique et économique, une petite pique amicale : les banques ont peut-être péché par avidité, mais elles viennent de résoudre le problème de la "richesse excessive".  smiley Il reste à prier...

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