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Accueil du site > Actualités > Economie > Pétrole : l’activité de trading.

Pétrole : l’activité de trading.

Dans la longue chaine physique et économique du pétrole de ses lieux de production jusqu’au consommateur final à la pompe, le commerce du pétrole brut et plus tard celui des grands produits issus de sa distillation dans les raffineries passe par un activité d’intermédiation peu connue, parfois risquée ( Cf Enron) et pourtant indispensable,celle du trading.canalblog54

Les zones d’extraction de pétrole brut et celles de grande consommation sont en effet situées dans des parties du globe terrestre tout à fait différentes. Il faut donc faire voyager ce pétrole brut sur des distances considérables pour l’amener aux raffineries qui sont généralement situées sur le territoire des pays grands consommateurs. Ce voyage peut prendre un mois voire plus durant lequel le prix du brut peut évoluer à la hausse ou à la baisse , la destination du bateau être modifiées plusieurs fois ainsi que le propriétaire de la cargaison.

Pour donner un exemple, imaginons un tanker qui charge au fond du golfe persique. A sa sortie du détroit d’Ormuz, premier choix de direction possible, vers l’Est et le Japon ou l’Amerique ou vers l’Ouest, l’Europe ou les US via le cap de Bonne Espérance. Supposons que le bateau parte à l’Ouest, à son passage au Cap de Bonne Espérance, il peut partir au nord vers l’Europe ou à l’ouest vers les US ou l’Amérique du Sud. Supposons qu’il remonte au nord, il peut soit aller décharger dans un port africain soit approvisionner plus au nord n’importe lequel des pays européens du sud ou du nord de l’Europe. C’est autant d’occasion de changement de route,de destination finale et de propiétaire eventuel de la cargaison.

Les grandes sociétés pétrolières s’approvisionnent sur la base de contrats à long terme et à prix fixé d’avance. Ils ont aussi des sources de financements organisés de long terme pour financer ces cargaisons( une cargaison vaut 100 000 dollars). Leur activité représente le business établi, stable et à long terme de l’approvisionnement pétrolier occidental. Au dela, existe un marché spot, avec des intervenants spot sur le marché qui s’approvisionnent par cargaisons entières et les revendent au coup par coup à qui en a besoin, les traders. Ce marché spot est faible en volume par rapport aux énormes volumes traités par les grandes sociétés pétrolières en contrat à long terme, mais il fixe le prix du pétrole et des produits au jour le jour et son évolution. A ce titre ils ont un rôle qui va bien au dela de leur impact purement volumétrique.

Ils travaillent sur des cargaisons de brut mais aussi sur les produits finis issus du raffinage, carburants, fiouls lourds,carburéacteurs, naphta etc.

Leurs clients, toutes les sociétés de taille petite ou moyenne, toutes les raffineries qui ont des besoins spot à l’achat ou à la vente pour toute sorte de raisons techniques ou commerciales, les grandes surfaces, les gros consommateurs etc. Comme toute activité de négoce, leur jeu est risqué car la matière première sur laquelle ils travaillent est éminemment volatile, réactive à toute sorte d’évènements techniques, politiques ou sociales dans le monde et surtout les sommes en jeu sont énormes.La crise du pétrole de 1993 a ainsi « tué » un certain nombre de traders qui n’ont jamais pu payer les cargaisons sur lesquelles il avaient prix des engagements à terme. Il faut donc savoir acheter, être toujours à l’affut des évènements politiques dans le monde qui pourraient influer sur les prix et savoir vendre au bon noment et au bon prix. Il faut aussi être particulièrement pointu pour organiser la couverture des risques liés à cette activité.

Ou les trouve t on ? A Londres, aux Etats Unis et à... Génève qui est le lieu émergent de ce commerce essentiellement du fait de la très forte présence de la profession banquière, du secret bancaire suisse, et,- croit on savoir -, des conditions fiscales particulièrement intéressantes offertes aux sociétés.


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10 réactions à cet article    


  • U.S. Air Force (---.---.113.30) 21 décembre 2006 22:34

    Contracteurs du Pentagon[DoD] comme les raffineries Texannes[Texaco] sont soumis aux U.S.-lois que les petites entreprises et les petits commercants sont favorisé(e)s. Il y a eu certaines infractions de cette U.S.-loi par le DoD : CP Exemple : Un U.S.-Auditeur[Certified Public Accountant(CPE)] (sic !) on a chassé immédiatemment aprés son constat qu’il y a une chiffre [« incommunicado »] moyen Pentagoniéenne de plus que 50 milliards $USD par an.


    • MOISE (---.---.204.99) 26 décembre 2006 02:24

      J’comprend pas grand chose a ce charabia sans cesse coupé de crochets et de paranthèses !


    • Forest Ent Forest Ent 21 décembre 2006 23:23

      Il y a des arbitres sur tous les marchés et c’est une bonne chose.

      Mais ce n’était pas le cas d’Enron, qui approvisionnait un marché long terme avec des produits spot. S’il n’y avait pas eu étouffement délictueux du marché au début, cela n’aurait jamais pu démarrer.

      A noter que le prix spot est souvent utilisé comme un bon prétexte par les grandes compagnies pour monter leurs prix à l’occasion.

      C’est le marché spot des hydrocarbures qui a donné l’illusion à l’UE que l’on pouvait en faire autant pour l’électricité. Grossière erreur, car elle ne se transporte pas et ne se conserve pas.


      • Bourbon (---.---.151.46) 22 décembre 2006 12:39

        Oui, mais en fin de parcours pour le consommateur final, comment se fait-il que les carburants sont les seuls produits où les taxes sont calculées sur le prix de vente au lieu du prix d’achat ? Parce que de cette façon on arrive « seulement » aux environs de 80% de taxes. Alors que si nous faisions comme pour toute autre marchandise, cela ferait autour de 400%. Valeur plus difficile à faire avaler aux consommateurs. Finalement les différentes plus-values des intermédiaires, en pourcentage, ne sont qu’infimes comparées à ce que perçoit l’État. Tout est donc relatif.


        • Internaute (---.---.112.43) 22 décembre 2006 13:10

          Pour info : une cargaison de 100.000$ se charge sur un pétrolier de 250 tonnes à 60$ le baril. Je pense que la valeur est plutôt de 100 millions de dollars pour un pétrolier de 250.000 tonnes.

          Connaissez-vous une référence d’un document donnant les flux pétroliers par pays ? J’ai vu une fois sur Al-Jazeera un rapport montrant que les USA consomment peu de pétrole du MO, leur principales importations venant de leurs voisins Canada et Mexique, ainsi que du Vénézuela.


          • parkway (---.---.18.161) 22 décembre 2006 13:34

            il faut aussi préciser certaines choses dans le cas de ventes ou d’achat à terme de marchandises, qui garantissent un prix certain aux entrepreneurs acheteurs ou vendeurs.

            En cas de hausse des prix, l’acheteur est couvert par son achat à terme sans perte et il fait un bénéfice sur la vente de son produit,le vendeur ,lui, ne perd pas d’argent car il a assuré son achat par sa vente à terme ;

            exple :le 22/12/06 :

            l’entreprise A achète à terme au 22/3/2007 pour 100 000L du pétrole (qu’on lui livrera dans 3 mois) ;

            l’entreprise B vendra à terme au 22/3/2007 200 000 L de pétrole dans 3 mois à une entreprise C.

            le 22/3/2007, le cours du pétrole augmente de 10€ :

            A fera donc un bénéfice de + 10€/litre

            B vendra son pétrole sans bénéfice supplémentaire à C, qui lui aussi pourrra le revendre + 10€ /Litre

            A et C, acheteurs seront gagnants dans ce contexte, et B ne perdra rien !

            dans le cas où les prix baissent de 10€,

            A, qui dans son bilan a prévu l’achat ne perd rien (manque à gagner) !

            B vendra ses 200 000L au prix du 22/12/2006 une marchandise qui vaudra 10€ de moins par L C aura donc intérêt à stocker en attendant un meilleur cours...

            Et ce sont nos chers financiers banquiers qui gèrent tout ça en prenant au passage des frais substanciels aux acheteurs comme aux vendeurs !

            Ceux qui ne prennent pas de risques, ce sont les banquiers !


            • 1984 (---.---.186.217) 23 décembre 2006 14:28

              Sur les marchés à termes, il ne faut oublier les « vilains spéculateurs », qui sont là que pour faire de la marge. Trève de plaisanterie, c’est une activité à part entière et sont là surtout pour réguler le marché car comme vous dites les banquiers ne prennent pas de risques (mais spéculent sur les comptes propres de la banque).


            • chantecler (---.---.4.20) 23 décembre 2006 21:44

              Tout cela ne m’explique pas pourquoi systématiquement,fin juin,au moment des vacances d’été,le cours de l’essence et du fuel flambe ....Quelqu’un peut m’expliquer ? Cela fait deux années que je n’arrive pas à décoller car je ne sais jamais si j’aurais assez de sous pour payer le carburant et rentrer...Ca et le prix des campings qui s’aligne sur celui des hotels....

              Cela dit bon noël à tous...J’attends mes enfants demain et ce soir je me repose et écoute du Rachmaninof...Aprés avoir vu un film trés émouvant« joyeux noël »,le premier en 1914 sur les lignes....


              • 1984 (---.---.186.217) 24 décembre 2006 11:13

                En période normale -hors problèmes géopolitiques-, il y a deux saisons dans l’année où la consommation de pétrole mondiale se tend. Les plus gros consommateurs sont les économies occidentales, donc la période hivernale de l’hémisphère nord est une période de tension sur les cours mondiaux -because le chauffage-, mais également la période estivale car -surtout aux EU- elle est propice aux grands déplacements.


              • cdg (---.---.131.139) 24 décembre 2006 17:28

                l article pourrait etre interessant. Expliquer le trading c est bien. par contre on n evoque pas les coins sombre : Pour ELF c etait la filliale de trading qui servait a remplir la caisse noire (et a payer les berlutti de notre « cher » Roland Dumas)

                Plus serieusement, je sais pas si c est vrai, mais j avais lu qe le cout du trading est d environ 1.5 $ par baril (et j ai pas lu ca sur une revue d extreme gauche anti capitaliste)

                Les marches a terme sont utile pour se couvrir des variations, par contre il sont source de derives qui ont detourne le systeme (voir les hedge funds et le probleme en cas de faillite de ceux ci (ex LTCM))

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