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Philippe Grillot inquiète le Medef

C’est ce que nous révèle la très sérieuse et confidentielle Lettre A, le 5 novembre dernier. Les élections de la CCI de Lyon qui se tiendront prochainement sont au cœur d’une bataille sans merci pour la prise de pouvoir d’une institution dont les chefs d’entreprises attendent beaucoup. En brandissant la candidature de Philippe Grillot comme étendard de la réconciliation, la liste CGPME conduite par François Turcas semble porter un coup décisif à l’équipe du Medef...

CCI de Lyon : ton univers impitoyable
 
Il fallait s’y attendre : on nage en plein imbroglio. L’ambiance qui règne entre les antennes locales de la CGPME et du Medef est exécrable. Les deux équipes se sont bien essayées à la gouvernance tournante, rien n’y a fait. Les entrepreneurs, après moult rebondissements dignes d’un feuilleton de l’été, doivent finalement attendre la mi-octobre pour connaître la composition définitive des listes de chaque camp. Dès lors, la vraie campagne peut commencer. Pas celle des programmes, non. Celle des coups bas, des petites phrases assassines. On fait semblant de ne plus se parler, mais on s’épie, on se fait des grimaces en cachette dès que la maîtresse tourne le dos. Mais quand il s’agit de réciter sa leçon au tableau, on joue la réconciliation. Et visiblement, ce n’est pas du goût de tout le monde. 
 
Le Medef pris à son propre jeu
 
Philippe Grillot agace Parisot, on la comprend. La liste du Medef lyonnais conduite par Benoît Soury, apparemment en mauvaise posture dans les sondages, cherchait un nouveau souffle. C’est donc une liste « sans bling-bling ni bla-bla  » que pilote (non sans vertus il faut l’admettre) Benoît Soury, histoire de redorer quelque peu le blason de l’organisation patronale auprès du réservoir de voix qu’incarnent les PME locales. Mais le grand écart électoral est délicat, pour le Medef du coin qui accusait justement la CGPME, dernièrement, de mener une campagne « poujadiste ». Auprès des artisans et des commerçants locaux, cette association d’idées a du mal à passer : les mots ont un sens, et celui-ci est plutôt lourd.
 
Autre revers, pour la liste Soury. Le Medef, qui fonde historiquement sa représentativité sur la défense des intérêts des grandes entreprises, se voit infliger un nouveau croche-pied par la bande à François Turcas. Ce dernier se voit rejoint par Philippe Grillot, un colistier à la double casquette Medef-CGPME. L’argument du Medef consistant à dénoncer une campagne « des petits contre les gros » part en lambeaux, rien ne va plus.
 
Du pain béni pour la CGPME
 
Bon sang, mais c’est pourtant si simple : ce que réclament avant tout les chefs d’entreprises lyonnais, c’est la fin des hostilités entre deux organisations patronales qui s’évertuent à se taquiner depuis bientôt 6 ans, au détriment de l’intérêt collectif. La CGPME a donc logiquement dégainé sa botte secrète le mois dernier : Philippe Grillot. L’homme jouit d’une popularité certaine, et ce dans tous les milieux. Ce chef d’entreprise autodidacte, aujourd’hui à la tête du leader européen EM2S, incarne chez ses homologues autant qu’une vitrine de Noël à travers les yeux d’un enfant. On dit de lui qu’il est influent, polyvalent et engagé. Le self-made man préside le GITL (Groupement Interprofessionnel du Transport et de la Logistique) et la fédération TLF (Transport et Logistique de France). A ce titre, il a fait la démonstration de ses talents de négociateur pendant les états généraux du transport, en économisant aux syndicats patronaux et de salariés l’écueil d’un nouveau conflit social. Son insolente réussite ne s’arrête pas là ; les journaux ne tarissent pas d’éloges à son sujet : «  docteur des entreprises » (surnom que lui valut la Présidence du tribunal de commerce de Lyon pendant quatre ans), « homme de tous les combats », « boss »… Rien que ça. Enfin bref, c’est trop beau pour être vrai, Laurence Parisot doit trépigner !
 
Ca ne casse pourtant pas trois pattes à un canard
 
Grillot, pour l’instant, reste distant de la polémique. Discret mais visiblement sûr de lui. «  Il y a une disproportion entre le combat qui est mené actuellement et la responsabilité de président d’une CCI  ». Tactique politicienne basée sur le champ lexical de la dignité, ou simple jugeotte ? Tout le monde s’en fout, puisque lui dit ce que tout le monde veut entendre depuis trop longtemps. Philippe Grillot énerve donc Laurence Parisot, c’est bien naturel. Il n’empêche : Benoît Soury se dit prêt, du coup, à tendre la main à Philippe Grillot en cas d’une hypothétique victoire ! D’ici à ce que Benoît Soury agace lui aussi Parisot…

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2 réactions à cet article    


  • romain blachier romainblachier 10 novembre 2010 15:34

    Intéressant article


    • Boum 17 novembre 2010 09:56

      Très bonne analyse de la situation. Le débat sur TLM entre les deux personnages a bien montré la difficulté pour Benoît Soury d’être crédible, sauf à dire la même chose que son adversaire.

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Duchesnay

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