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Pierre Condamin-Gerbier : lanceur d’alerte ou affabulateur ?

Les informations sont discordantes sur les résultats de la perquisition conduite le 30 juillet au siège parisien de la banque Reyl. Si des informations délivrées à la justice française par Pierre Condamin-Gerbier (PCG) semblent confirmées, en revanche aucune personnalité politique française ne détiendrait de compte dans la banque suisse. Hier, 7 août, le député socialiste Yann Galut demandait au gouvernement français d'intervenir auprès de son homologue helvète pour que PCG, toujours en détention provisoire en Suisse, soit relâché.

Suite au dépôt de plainte de la banque Reyl en Suisse pour "vol, falsification de document et violation du secret professionnel et commercial", PCG a été arrêté en Suisse début juillet. Soit, deux jours après avoir été entendu par des juges d’instruction, les douanes et la police mais aussi, la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Cahuzac.

Cette mise sous écrous avait suscité l'indignation de nombreuses personnalités et médias dont Charles de Courson, président de la commission d’enquête sur l’affaire Cahuzac. "Le juste est emprisonné, c’est incroyable" avait déclaré le député français avant de s'attaquer à la justice de la Confédération : "Que ceux qui ont commis des crimes accusent ceux qui les dénoncent : il faut être en Suisse pour voir cela !"

Le parlementaire avait jugé que "ce n’est quand même pas très bon pour le gouvernement helvétique que la personne qui soit venue à l’Assemblée nationale pour décrire des mécanismes d’évasion fiscale rentre en Suisse et soit arrêtée".

Dans un entretien accordé au quotidien genevois Le Temps, Charles de Courson avait confié avoir parfaitement conscience de l'attachement de la Suisse au secret bancaire mais estimé que tout cela relève d'une hypocrisie qui cache la complicité du gouvernement helvétique et du parlement suisse dans les affaires de fraude et d’évasion fiscale.

Comme beaucoup, Charles de Courson ne comprend pas pourquoi Pierre Condamin-Gerbier est rentré en Suisse chez lui, eu regard des risques encourus.

"Pourquoi un être apparemment intelligent, jovial et bien parti dans la vie a-t-il ruiné son existence en devenant le témoin numéro un de la justice et du fisc français contre la place financière suisse ?" écrit toujours le Temps Sylvain Besson qui fût de nombreuses années le correspondant à Paris du quotidien.

Côté Confédération, on est beaucoup plus mitigé sur cet énigmatique financier français. "Condamin-Gerbier, Messie en France, imposteur en Suisse" titrait ainsi le 15 juillet dernier Bilan. Dans un article très fouillé le magazine économique de Suisse romande, évoque une crédibilité "questionnable". La formule est policée mais les faits relatés dressent le portrait d'un narcissique affabulateur, criblé de dettes, condamné pour abus de confiance par la justice genevoise.

Plutôt que d'encenser le lanceur d'alerte, Sylvain Besson a cherché à comprendre les mécanismes qui ont conduit PCG à une sorte de suicide social. Et le journaliste de décrire un homme complexe, endetté et pris au piège de la pression médiatique qui"avait des comptes à régler avec la droite française, avec les grandes fortunes et avec lui-même".

Il y a dit-on pire que le faux, c'est le mélange du vrai et du faux. La presse française n'est-elle pas allée un peu trop vite en besogne ? Sans aller à remettre en cause l'existence et l'importance de la fraude fiscale, la présentation en chevalier blanc de PCG n'est sans doute pas la plus juste. Pire elle dessert l'objectif d'avoir un plus de clarté sur les milieux financiers. Pour preuve, passé le coup de feu de l'affaire Cahuzac, la lutte contre la fraude fiscale ne semble pas être devenue dans les faits une priorité des autorités françaises.


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5 réactions à cet article    


  • kalagan75 9 août 2013 09:51

    tu parles de «  campagne merdiacratique » et tu pratiques exactement le même procédé fait de sous-entendu


  • amiaplacidus amiaplacidus 9 août 2013 11:11

    À mes yeux, la fraude fiscale est, comme aux USA, un crime, pas un délit. parce que l’on vole l’ensemble de ses concitoyens.

    Cela ne m’empêche pas de penser que PCG est un mythomane doublé d’un type pas spécialement blanc, en 2005 (donc bien avant ses « révélations ») il a été condamné pour abus de confiance. Depuis, il n’a vécu que d’expédients et est pourri de dettes. Le dernier de ces expédients étant sans doute de se faire payer une soi-disant liste par le gouvernement français.

    Ce type est dangereux, parce qu’il nuit, indirectement, à des gens qui savent effectivement quelque chose, en les dé-crédibilisant. Falciani est autrement plus convaincant que lui.
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    Et, au fond du problème, que fait la France pour lutter contre le fléau de la fraude fiscale ?

    À part, de temps en temps parler de la Suisse comme un paradis fiscal. Ce qui est, en partie, se tirer une balle dans le pied, parce que maintenant, les banques suisses n’engagent plus de personnel français et les entreprises suisses en général répugnent à engager des Français. Il y a plus des 400.000 Français (frontalier ou résidents) qui travaillent en Suisse. Alors, à terme, 400.000 chômeurs de plus en France ?

    Pour en terminer avec la place financière suisse, les banques suisses ont augmenté leur masse sous gestion de plus de 5% en 2012, alors que le secret bancaire est pratiquement mort sous les coups de butoir USA et allemands (la France n’a rien fait), pourquoi ? Sans aucun doute beaucoup plus à cause de la stabilité politique et financière qu’à un secret bancaire moribond.
    Si vous aviez acheté, légalement, pour 100 € de francs suisses en 2011, ils en vaudraient maintenant 130 €, simplement par variation du taux de change, sans compter les intérêts. L’économie helvétique se porte très bien. Et contrairement à une idée reçue, non pas grâce au banques, mais à l’industrie, chimie fine en premier lieu, machines de précision et horlogerie. les banques/assurances n’arrivant qu’en 3em position.
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    Mais revenons à la fraude fiscale et à la non-action de la France en ce domaine. Ne parlons pas du Delaware, des Bahamas ou des iles anglo-normandes où la France n’a que des moyens d’intervention limités.

    Parlons plutôt de deux situations dans lesquelles la France pourrait avoir une action directe et très rapide.

    Pour amener Monaco à coopérer, il suffirait, non pas de couper l’alimentation en eau une demi-journée, ni même de dire qu’on va le faire, mais simplement d’évoquer la possibilité que l’on puisse éventuellement l’envisager pour amener Monaco à totale résipiscence.
    Que fait la France par rapport à Monaco ? RIEN DE CHEZ RIEN.

    Le président français est co-prince d’Andorre, à ce titre, la France peut intervenir directement dans les affaires de la principauté.
    Que fait la France par rapport à Andorre ? RIEN DE CHEZ RIEN.


  • kalagan75 9 août 2013 13:43

    sacré demosthene , tu pratiques même l’utilisation du double pseudo ( où tu te réponds à toi même sur numérama )

    tu dénonces des pratiques que tu utilises pour ta propre propagande ...


  • Defrance Defrance 9 août 2013 11:45

    Vu la place qu’il tenait lors de la campagne se Sarkozy avec l’immaculé Woerth, il est evident qu’il sait beaucoup trop de choses ? 

        Il rique même le suicide comme un certain allemand suicidé en costume par noyade dans une baignoire ...en suisse ! 


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 10 août 2013 13:51

      Le problème majeur est que le public prends pour argent comptant les déclarations de n’importe quel quidam à condition qu’il aille dans le sens qui leur plaise.


      Le public veut une raison de haïr les jeunes de banlieue, donc il croit sur parole une femme qui affirme avoir été frappée dans le RER parce que juive.

      Le public croit dur comme fer que tout élu est une crapule et donc prête une oreille attentive à celui qui dit « tous pourris » même s’il n’a rien pour le prouver.

      Le public se pâme devant les exploits vélocipédiques du dernier champion en date qui pleure et jure sur la tête de sa mère morte qu’il est clean alors qu’il a encore les aiguilles dans le bras.

      Churchill avait raison de dire que la démocratie est le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres...

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