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Accueil du site > Actualités > Economie > Politique fiscale ou réductions de taux d’intérêt ?

Politique fiscale ou réductions de taux d’intérêt ?

Les taux d’intérêts nuls aux Etats-Unis justifient à l’évidence l’adoption de stimuli fiscaux car la politique monétaire ne bénéficie plus d’aucune ressource. Effectivement, place aux mesures expansionnistes du type injections massives de liquidités ou réductions d’impôts une fois que les mesures dites "orthodoxes" ont fait long feu...

De même est-il relativement aisé de comprendre la quasi totalité des pays du monde - où les taux sont encore loin du zéro – qui conjuguent stimuli fiscaux aux réductions de taux d’intérêt, persuadés de l’effet synergique de ces deux types d’actions et conscientes que le seul assouplissement de la politique monétaire ne suffira pas à sortir leur économie du marasme...

Par ailleurs, la stratégie consistant à ne pas adopter de stimuli fiscaux coûteux et à miser sur des réductions substantielles de taux se conçoit également. Pour autant, cette majorité de nations à travers le monde adoptant actuellement des mesures non orthodoxes généreuses et onéreuses tout en étant attentives à ne pas assouplir trop rapidement leur politique monétaire estiment-elles que les bonnes vieilles recettes traditionnelles sont inefficaces ? Pourtant, dans la conjoncture présente, nos autorités se doivent de faire usage de tous les moyens à leur disposition, y compris des mesures orthodoxes et ce même si elles doutent de leurs effets productifs.

Car, s’il est permis de douter des conséquences bénéfiques à long terme des stimuli fiscaux ( telles que l’endettement des générations futures ), nos Banques Centrales perçoivent-elles un danger quelconque à assouplir leur politique monétaire ? Il est en effet incompréhensible d’aggraver nos déficits par des réductions d’impôt dès lors qu’il reste encore des cartouches à tirer - susceptibles d’atteindre la cible souhaitée - au niveau des taux d’intérêts ! Il est vrai que la politique monétaire reste un outil nettement plus réactif et « a posteriori » que stratégique ; il est vrai aussi que les baisses de taux Américaines souvent improvisées et brouillonnes de la Réserve Fédérale US en 2008 n’ont guère favorablement impressionné les marchés...

Toutefois, répondre à ces questions - et choisir en conséquence entre réductions des taux et/ou mesures non orthodoxes - se résume en fait à répondre à une seule question : Quel niveau de stimulation souhaite-t-on insuffler à la demande agrégée ? Car pendant que les responsables économiques plaident pour une accumulation de stimuli fiscaux, nos autorités monétaires, elles, sont affolées par tant de générosité ! Il est vrai que - particulièrement en période de crise aigue -, le compromis est généralement atteint entre tenants de ces deux méthodes mais l’équilibre relatif résultant cache mal l’incompatibilité presque congénitale entre une politique fiscale expansionniste et des taux d’intérêts très bas. Facile en effet de comprendre la réserve des Banques Centrales vis-à-vis de l’aggravation des déficits publics alors qu’elles sont généralement réticentes à réduire trop brutalement leurs taux d’intérêts afin de ne pas déstabiliser les divers intervenants à l’économie et au marché...Nos Banquiers Centraux, par ailleurs nombreux à être persuadés de l’opportunisme des responsables politiques soupçonnés de n’adopter ces stimuli fiscaux que pour des considérations électorales, conserveraient-ils sciemment les taux d’intérêts à des niveaux susceptibles de limiter - au moins en partie - les dégâts causés par les mesures expansionnistes non orthodoxes ? 

Et si, après tout, la lutte se déroulait à un autre niveau, c’est-à-dire au niveau des Etats ou, plus précisément, au niveau où les Etats-Unis dicteraient leur conduite à ces pays disposant encore de munitions au niveau de leur politique monétaire afin qu’ils ne réduisent pas agressivement leurs taux d’intérêts et compensent ce manque de laxisme par des mesures fiscales ? L’objectif serait-il que ce différentiel de taux en défaveur des Etats-Unis affaiblisse le Dollar dans le but de dévaluer - et donc de soulager les Etats-Unis - des actuels et futurs gigantesques déficits publics creusés par les innombrables plans de sauvetage US ?


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7 réactions à cet article    


  • millesime 14 février 2009 19:19

    tient... ! je croyais que vous aviez souhaité ne plus vous exprimer sur Agoravox... !


    • Gandalf Tzecoatl 15 février 2009 13:40

      Au train où va Santi, un petit plagiat de temps en temps favorise mon mono-agoravoxisme. Le pardonisme sert certaines finalités.


    • plancherDesVaches 14 février 2009 20:13

      Hhmm...

      Que cette crise est bénéfique car née au sommet de la pyramide des pompes à fric. Au moins, le premier péquin venu tel que moi se rend bien compte de qui tirait les ficelles et se gavait largement.

      Effectivement, nous nous rendons parfaitement compte que, pour l’instant, l’ensemble des nations est plus ou moins contraint de soutenir le dollar. Le pour l’instant a l’air de ne pas vouloir durer, vu l’affolement du gouvernement US.
      Leur crainte semble venir tant de l’interne que de l’externe.

      Et puis, l’endettement, la fameuse confiance dans l’avenir, qui permet de tout faire même sans avoir de capitaux, et, pour un pays, qui endette les générations futures au point de les mettre en péril grave (Japon), tant proné par ces grands libéraux, semble avoir des limites....
      Pour ma part, je surveille les situations des pays du G20, en me demandant lequel craquera tel l’Islande. Qui pouvait être sauvée, elle.

      L’important est de sauver l’économie en redémarrant les pompes à fric...Les supprimer ne serait-il pas plus simple ?


      • Internaute Internaute 14 février 2009 20:19

        En route vers le communisme.

        Owners of capital will stimulate the working class to buy more and more of expensive goods, houses and technology, pushing them to take more and more expensive credits, until their debt becomes unbearable. The unpaid debt will lead to bankruptcy of banks, which will have to be nationalized, and the State will have to take the road which will eventually lead to communism.

        - Karl Marx, Das Kapital, 1867.


        • plancherDesVaches 14 février 2009 22:25

          Internaute, je ne pense pas qu’il faille aller jusqu’au communisme.

          Mais, lorsque l’on sait qu’aux US, les plus de 110 millions de dollars ne payent que 12% d’impôts, car le gouvernement à peur qu’ils placent leur fric dans les paradis fiscaux, on est en droit de se poser des questions. Ce qui commencerait par flinguer les "trous noirs".

          Au milieu des extrèmes existe la juste mesure.


        • Gandalf Tzecoatl 15 février 2009 13:48

          Professons la doctrine prançaise, le libéral-communisme.


        • Gandalf Tzecoatl 15 février 2009 14:06

          Il s’avère que la mmm (masse monétaire mondiale) est 11 fois plus élevé que la création de richesse réelle, soit le ratio prudentiel bâlien.

          Dans l’expectative de ramener la valeur de la création de travail marchand à la mmm 2009, le travail futur s’avère imposé aux masses laborieuses par la surcréation monétaire actuelle.

          Cette lacune libertaire et démocratique de nos économies pèse sur la moralité ou plutôt l’inflexibilité du travail à venir.

          Les économies occidentales ont pêchées en mettant la charrue avant les boeufs.

          Un salarié : on travaille d’abord, on est payé après
          Un état : on s’endette d’abord, ensuite on est dans le trou noir négatif
          Un financier : on crée trop de chiffres, les autres travaillent après
          Un patron : tous au tapin.




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