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Accueil du site > Actualités > Economie > Pour un fonds Européen de Stabilisation

Pour un fonds Européen de Stabilisation

Tous les ingrédients d’une crise majeure en Europe sont à présent en place. En fait, le marché du crédit Allemand et, par extension Européen, s’effondrera comme un vulgaire château de cartes si les établissements bancaires Allemands régionaux très engagés en Europe de l’Est - les fameuses Landesbank - ne sont pas recapitalisés d’urgence. Les CDS Allemands - ces instruments mesurant le risque de défaut de paiement d’une dette souveraine - sont, et pour la toute première fois de leur histoire, sur le point de se dégrader en-dessous du niveau des CDS français !

Les marchés, qui anticipent le sauvetage de l’Europe de l’Est, sont en effet conscients que c’est l’Allemagne qui en assumera le fardeau de loin le plus important : C’est du reste l’ensemble de la région d’Europe Centrale et de l’Est qui est léthargique, ces nations, selon l’expression de l’agence Standard & Poor’s, "croulant sous le poids de leurs dettes extérieures"...Selon S&P, la dette extérieure de l’Estonie serait ainsi de 115% de son P.I.B., celle de la Bulgarie de 103%, celle de la Hongrie de 93%..."toutes bien au-delà de la zone de danger". Pire encore : cette implosion Est Européenne atteint les structures mêmes de l’industrie exportatrice Allemande qui se retrouve subitement sinistrée et, à son tour, en manque de liquidités !

Ayant choisi délibérément l’inaction à partir de l’automne dernier - à savoir dès lors qu’il était évident que le cancer de la crise du crédit avait métastasé en Europe de l’Est -, l’Allemagne est aujourd’hui dos au mur, contrainte à une action dans de très mauvaises conditions. Le Gouvernement Allemand pensait-il sérieusement être capable de tirer son épingle du jeu et laisser les pays d’Europe de l’Est à leur triste sort ? En réalité, Mme Merkel et ses collègues agissent exactement comme la précédente administration Bush avant elle dans la gestion de la crise financière, soit sous la seule pression d’une débâcle imminente...Le Gouvernement Allemand ayant enfin pris conscience que la banqueroute de l’Europe de l’Est affecte sa propre économie et surtout les fondements d’un système bancaire Allemand que l’on croyait insubmersible !

Les coûts du sauvetage de l’Europe de l’Est seront aujourd’hui gigantesques pour l’Allemagne tandis qu’un plan d’aide conçu de manière systématique et dès la fin de l’année 2008 ( quand tout le monde commençait à évoquer la crise d’Europe de l’Est ) aurait épargné les Banques et industries Allemandes tout en ayant nettement plus de chances de succès ! Les riches et stables pays d’Europe de l’Ouest sont aujourd’hui acculés à agir dans l’urgence, non seulement afin de porter secours à une Europe Centrale et de l’Est au bord du coma mais également pour la survie de leurs propres infrastructures bancaires.

Ces pays sinistrés, qui doivent assainir l’état de leurs finances publiques, devraient pouvoir trouver un financement extérieur au marché monétaire car ce dernier leur impose des taux d’intérêts élevés du fait du risque inhérent contracté par les acheteurs de ces dettes souveraines respectives. C’est pourquoi les pays riches d’Europe de l’Ouest ( y compris la Suisse et la Grande Bretagne ) doivent rapidement constituer un Fonds Européen de stabilisation de l’ordre de 2.5 milliards d’Euros qui soulagera les pays de l’Est en mettant à leur disposition des garanties crédibles autorisant des conditions de refinancement à des prix raisonnables sur les marchés.

Pour la première fois depuis l’éclatement de cette crise du crédit Européenne, soit depuis l’automne 2008, l’Allemagne a, par la voix de son Ministre des Finances, publiquement évoqué des solutions de soutien aux pays de l’Est Européen mais trop de politiciens et de responsables Européens freinent encore ce processus vital pour l’ensemble du continent. De fait, ce débat sur l’opportunité, sur la nature de ces mesures ainsi que sur leur ampleur aurait dû être entrepris il y a au moins trois mois car les dégâts monétaires et sociaux risquent d’être aujourd’hui irrémédiables. Il est déplorable que des considérations souvent électoralistes ou populistes retardent l’adoption de plans de sauvetage et ce au détriment des classes moyennes et pauvres dont on sait qu’elles seront les seules à subir les conséquences de telles hésitations.

Nos responsables et Gouvernants savent pertinemment que ces pays d’Europe Centrale et de l’Est devront fatalement être secourus si l’objectif est d’éviter à certains pays d’Europe de l’Ouest de faire appel au F.M.I. !


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15 réactions à cet article    


  • phil2nim phil2nim 26 février 2009 11:52

    M Santi,
    je suis fort content de trouver enfin un vrai économiste qui ne se paie pas de langue de bois et expose clairement les faiblesses des politiques.
    Merci pour vos post, toujours passionnants et instructifs.
    Sur ce, quelles seraient les conséquences de l’intervention du FMI dans les économies est européennes ? Avons nous encore les capacités de financer les gouffres financiers de pays semi maffieux ?


    • Michel Santi Michel Santi 26 février 2009 13:30

      Le FMI aide déjà certains pays d’Europe de l’Est tels la Hongrie, l’Ukraine...
      La question intéressante est : Y aura-t-il un pays de l’Ouest qui demandera assistance au FMI ?? Enorme camouflet en perspective pour l’Union...


    • zelectron zelectron 26 février 2009 12:14

      @Michel
      Le remède que vous préconisez n’est peut-être même pas suffisant, mais il vaut mieux que de rester les bras ballants.


      • plancherDesVaches 26 février 2009 13:09

        Monsieur Santi, je me permets de présenter les choses sous un autre angle.

        Quel est le paysage bancaire Allemand par rapport au paysage français... ?
        Ainsi, il y a à peu prés 4 fois plus de banques en Allemagne qu’en France. (ratio de mémoire, mais on doit pas être loin.)
        Quel est leur taux d’engagement réel dans ces sub-primes faits aux pays qui avaient des taux de croissance anormalement hauts ? (bulles)

        En tout état de cause, les "fonds de défaisance" ou bad banks sont la meilleure façon de socialiser les pertes et faire supporter cette dette sur LES générations futures.

        Je compte sur votre réponse d’économiste.


        • Michel Santi Michel Santi 26 février 2009 13:36

          Les Banques Allemandes extrêmement engagées dans l’Est Européen mais - et c’est plus grave - très exposée également en Autriche elle-même terriblement exposée en Europe Centrale + de l’Est ( voir mes précédentes analyses ).
          Les Banques françaises sont parmi les plus saines du monde mais un pays de l’Est qui fait défaut entrînerait la chute du système bancaire Européen comme un château de cartes !
          Je suis également opposé à la Bad Bank : Je suis pour les nationalisations des Banques et la confiscation de tous leurs avoirs en contrepartie de leurs dettes. Tant pis pour l’actionnariat, il faut privilégier l’économie réelle ou imaginer un système où les actuels actionnaires pourraient obtenir une indemnisation si l’Etat fait des profits par la suite...


        • alberto alberto 26 février 2009 14:47

          Bien interessant !

          Mais quant à la solidité des banques française : quid des engagements notamment de la Soc.Gen. en Russie ?

          Bien à vous.


        • Kobayachi Kobayachi 26 février 2009 13:33
          2.5 Milliard seront-ils vraiment suffisant ? Cela fait 5 ans que j’ais suivit la délocalisation de la production allemande vers les pays de l’est au plus près puisque mon entreprise comme beaucoup d’autres, s’était fait charmer par le chant des sirènes slaves. Tout comme au USA l’on se devait d’investir dans l’immobilier, en Allemagne, chaque entreprise se devait d’investir dans les pays de l’est. Cela avait mis une pression suplementaire sur l’employer allemand qui s’était vu mettre en concurrence direct avec un employer roumain ou Tchèque. Comble de la trahison, c’est a l’employer allemand que l’on avait demander de former celui qui a terme devait reprendre son travail.
          Ce n’est qu’il y a a peu près 1 an que les premières mauvaises nouvelles avaient commencer a filtrer, la productivité et la qualité ne sont pas au rdv malgré des investissements massif dans la formation du personnel (eh oui, les allemands sont pointilleux sur la qualité). Plusieurs entreprise allemandes, dont la mienne, commençaient ainsi dès l’année dernière a rapatrier leur production vers l’Allemagne. Cette crise a sans doute encore accéléré cette tendance.

          • JL JL 26 février 2009 13:51

            J’aime bien la conclusion : ""Nos responsables et Gouvernants savent pertinemment que ces pays d’Europe Centrale et de l’Est devront fatalement être secourus si l’objectif est d’éviter à certains pays d’Europe de l’Ouest de faire appel au F.M.I. ! ""

            Elle est lourde de sens !


            • TALL 26 février 2009 15:14

              Il ya un truc que je ne comprends pas
              L’article parle de 2,5 G € pour éviter le problème... mais alors où est le problème ?
              Si ce chiffre est correct, à ce niveau-là, ce n’est rien, 2,5 G €...
              Londres vient encore d’en injecter 15 dans une seule banque ( RBS )


              • plancherDesVaches 26 février 2009 16:26

                A 15 G Euros par banque, il va bientôt falloir parler en terra Euros.
                Pas de souci, je suis scientifique qui tutoies les grands nombres avec beaucoup d’aisance (de térébentine).
                Les US s’orientent vers une nationnalisation des banques : elles ont fait suffisament de con... poussées par leurs actionnaires "investisseurs"...


              • Yannick Harrel Yannick Harrel 26 février 2009 16:59

                Bonjour,


                Ca brûle à la périphérie de la zone Euro, et je doute effectivement que l’Allemagne ait les reins assez solides pour supporter à elle seule la charge du sauvetage des PECOs par l’afflux d’une aide massive. D’autant que la Suisse et la Grande Bretagne sont en très mauvaise posture pour y suppléer.


                Le hic c’est qu’à l’heure on nous écrivons, les tentatives concertées de répondre à la crise sont soit inadéquates soit efficaces mais de trop faible ampleur et désordonnées. D’ailleurs depuis un moment Bruxelles est totalement atone sur le sujet ! Il faut dire qu’après avoir prôné l’ouverture des marchés sans contrôle et favorisé l’interdépendance, le tremblement de terre financier désempare totalement les dirigeants.

                Il ne faut pas être grand analyste pour savoir qu’à partir du moment l’un des poids lourds de la zone Euro flanchera, c’est tout le reste qui va s’effondrer. Le compte à rebours est enclenché depuis un moment.


                Ce fonds de stabilisation est une bonne chose dans l’absolu pour faire respirer le crédit à l’Est mais n’est-il pas trop tard à vrai dire ? Car le temps que tout le monde se concerte, faisant même abstraction de la méfiance réciproque des gouvernants, et que les marchandages en finissent un jour sur l’écot de chacun, combien de temps faudra-t-il pour tout mettre en place ? C’est là où je suis pessimiste...


                Cordialement


                • Merlin 27 février 2009 01:40
                  Bonjour,
                   
                  J’ai deux questions simples : Si on considère qu’il y a une chance non négligeable que le système s’effondre :
                   
                  Que se passerait-il dans ce cas ?
                   
                  Exit l’euros, retour au Franc ou des billets de monopoly ?
                  Le temps d’allez acheté du pain, celui-ci aura augmenté de 150%
                  Remplir sa cave de boîte de conserve ?
                  Si on a un emprunt, le rembourserons nous en monnaies de singe ?
                   
                  Comment sortir de la crise ?
                   
                  J’ai fait la synthèse des mesures que j’ai pu voir et entendre :
                   
                  1) Toute action doit être conservé 5 ans (Fin de la spéculation à court terme et création de l’investissement à long terme)
                  2) Interdiction pour les banques d’investir dans des paradis fiscaux et traçabilité des opérations bancaires (Fin du blanchiment de l’argent)
                  3) Revenu maximum de décence (On ne peut pas gagné plus qu’une certaine somme par an, à définir : personne ne devrait gagner l’équivalent de 100000 SMIC)
                  4) Les entreprises soumises aux trois trières : 33% Pour l’investissement 33% pour les actionnaire et 33% pour les salariés
                   
                  Qu’en pensez-vous ?
                   
                  Cordialement

                  • MAIKEULKEUL 27 février 2009 01:53

                    Comme d’habitude, c’est n’importe quoi !

                    Les américains qui sont dans la panade avec leur dollar qui ne vaut plus rien, lance actuellement une campagne pour essayer de déstabiliser la zone euro.

                    l’auteur prodollar et pro us y participe (relisez ses précédents poulets).

                    Si 2,5 milliards d’euros sont suffisants pour colmater la brèche, alors que l’Allemagne, pour une seulle banque, a mis 100 milliards au pot, où est le problème monsieur l’expert autoproclamé.

                    Dans votre précédente intervention vous avez confondu allègrement pour la Chine les 2000 milliards de réserve de change et les 3500 milliards de bons du trésor us qu’elle détient.

                    Arrêtez de nous lasser avec vos sornettes. et votre fan club.





                    • zelectron zelectron 27 février 2009 10:50

                      La réponse est là ce matin (prémonition de votre part ?) :

                      25 milliards d’euros d’aide aux banques de l’Est de l’Europe

                      il y a 46 min
                      Reuters Lesley Wroughton

                      Trois banques d’aide au développement ont lancé jeudi un programme commun pour débloquer jusqu’à 25 milliards d’euros de prêts destinés à aider les institutions financières du centre et de l’Est de l’Europe.

                      L’initiative de la Banque mondiale, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) et la Banque européenne d’investissement (BEI) intervient quelques jours avant le sommet européen extraordinaire de dimanche qui devrait notamment aborder la question de l’aide aux banques.

                      Dans un communiqué obtenu par Reuters, les trois institutions financières précisent qu’elles vont apporter un financement rapide et de grande ampleur afin de soutenir les banques et garantir l’accès au capital des sociétés, en particulier des petites et moyennes entreprises.

                      L’expansion massive des grandes banques internationales dans l’Est de l’Europe a exposé le système bancaire de la région à la crise mondiale du crédit, partie des Etats-Unis.

                      Le plan, qui doit être officiellement annoncé vendredi, prévoit des aides sous forme de financement des fonds propres et de la dette, lignes de crédit et garanties sur les risques politiques.

                      La Berd s’est engagée à fournir jusqu’à six milliards d’euros à compter de cette année au secteur financier de la région.

                      APPEL À DAVANTAGE DE COORDINATION

                      La BEI de son côté va prêter jusqu’à 11 milliards d’euros aux entreprises du centre, de l’Est et du Sud de l’Europe. Sur ce total, 5,7 milliards d’euros ont déjà été dépensés et 2,8 milliards d’euros supplémentaires doivent être approuvés d’ici la fin du mois d’avril.

                      La Banque mondiale, basée à Washington, a précisé de son côté qu’elle allait proposer jusqu’à 7,5 milliards d’euros de prêts et de garanties sur les risques politiques pour les banques, les projets d’infrastructures et le soutien au commerce.

                      Le président de la Banque mondiale Robert Zoellick a appelé lundi l’Union européenne à aider davantage le centre et l’Est de l’Europe afin que la progression de cette région vers l’économie de marché ne soit pas compromise par la crise économique.

                      Dans une lettre qui lui a été adressée mardi, le commissaire européen aux Affaires monétaires, Joaquin Almunia, a assuré que l’Europe faisait tout son possible pour aider les pays concernés et détaillé les mesures d’aides décidées par le bloc.

                      Les banques de développement ont, elles, souligné que les réponses nationales ne seraient peut-être pas suffisantes pour endiguer la crise et maintenir le financement de l’économie réelle.

                      "Une approche régionale coordonnée est nécessaire car les plans nationaux peuvent avoir un impact au-delà des frontières nationales et les plans de soutien et de relance sont en concurrence pour un nombre limité de ressources", expliquent-elles.

                      Version française Gwénaelle Barzic

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