Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Pour un label « sans pub »

Pour un label « sans pub »

De toutes les nuisances de la publicité : pollution visuelle et mentale, laideur, violence, manipulation, appauvrissement de la langue, dégradation des paysages, celle à laquelle on pense le moins est économique. Les annonceurs ont l’argent des consommateurs, et les publicitaires le savent. Cet article propose la mise en place d’un label (type « bio ») pour contrôler les dépenses publicitaires des annonceurs.

L’argent de la publicité, perçu comme un bienfait pour ce qu’il sert à financer : mobilier urbain, télévision, etc., créant au passage de nombreux emplois, que ce soit dans le secteur publicitaire lui-même ou dans ceux qui bénéficient de son financement : sport, (sous-)culture, etc., cet argent provient des consommateurs. A ce titre, il est un impôt détourné. Dans une émission, Marie-Georges Buffet citait le chiffre de répartition des impôts de 30% sur le revenu et 70% de TVA, ce qui était injuste car dans la seconde il n’y a pas de distinction de revenu. L’impôt publicitaire vient s’ajouter à la TVA. Ces deux ponctions ne provoquent pas de protestation car elles sont étalés le long de nos achats annuels, contrairement à l’impôt sur le revenu, qui est lui très mal perçu ; à tort puisque, comme nous venons de le voir, il est moindre.

Toute lutte contre la publicité se heurte à cette manne, qui justifie l’ensemble des agissements et procédés des publicitaires : ils prennent l’argent là où il est, c’est humain et très compréhensible. L’engagement antipublicitaire, qu’il prenne des voies légales ou de désobéissance civile, est donc supposément condamné. Les actions antipublicitaires légalistes comprennent nombre d’initiatives, du type "autocollant sur la boîte aux lettre", ou bien des propositions de logos "sans pub". J’ai trouvé une telle proposition sur le site ci-dessous :

La vie sans pub - LapSuske

On en "reçoit" partout, tout le temps. Dans nos journaux en papier, avant, après et parfois pendant nos journaux TV ou parlés... Dans les magazines divers, les abribus, au cinéma, sur internet... Elle est partout, surabondante, envahissante et généralement à des kilomètres de mes centres d’intérêt. Et elle me fait ch...

Alors l’autre jour, je me suis dit qu’il faudrait créer un label de qualité "Sans pub". Un truc tout simple. Un seul logo qui dirait :

- ici, on ne se finance pas par des voies détournées
- la gratuité existe encore, quand bien même elle me coûte
- ce qui est ici, je vous l’offre
- ...

Mille slogans sont à inventer. La pub bouffe notre espace vital et nos cerveaux.

Alors j’ai pondu vite fait un logo qui symbolisera ça pour moi, et je vous le livre.

[...]

Cette proposition souffre de la limite évoquée plus haut, à savoir que rien ne saurait faire renoncer les publicitaires à la manne disponible. Il faut prendre le problème en amont, au niveau des annonceurs.

Je propose de mettre en place un label, visuellement semblable à celui en médaillon (que j’ai emprunté à la page web citée) mais qui concernerait les annonceurs, plutôt que les supports. Il ne serait pas à destination, disons, d’un journal qui déciderait de se financer sans publicité. Non, il concernerait plutôt tel ou tel fabricant de produit, qui signifierait, sur ses conditionnements par exemple, son non-investissement publicitaire, en apposant le logo, de la même manière exactement que ça se fait pour les produits bio ou de commerce équitable.

Le consommateur saurait alors que son argent ne finance pas de publicité. Le premier avantage est que le produit serait supposément moins cher pour une qualité donnée : l’argent ne sort pas du portefeuille, et l’impôt publicitaire n’est pas payé. Le deuxième effet est que l’argent ne rentre pas dans les tuyaux du système publicitaire. Celui-ci est, comme je l’ai dit plus haut, perçu comme dynamisant économiquement : l’argent qu’il fait va bien quelque part : sport, sous-culture, etc. Personnellement, je ne prise pas ces utilisations de mon argent, quels que soient les emplois crées. Je ne me soucie guère que Zidane ou Britney Spears aient un emploi grâce à moi. Mais après tout chacun est libre. Je voudrait cependant vous soumettre ce texte du philosophe Alain.

La prodigalité n’est jamais belle ; et il faut surmonter ici les opinions des parasites comme romanciers, vaudevillistes et autres marchands de plaisirs. Imaginez un tyran qui convoque tous les paysans à dix lieues à la ronde pour lui faire une escorte d’honneur, ce serait comme s’il marchait sur du pain. La première injustice c’est de ne pas produire soi-même des objets utiles en échange de ceux que l’on reçoit, mais la pire injustice, peut-être, est de suspendre les travaux utiles autour de soi, afin de montrer sa puissance. C’est ce que fait toujours le prodigue en payant celui qui ne produit rien. Ce qu’on appelle dissiper l’argent, ce n’est pas la même chose que le dépenser ; car il y a des dépenses qui ne sont qu’un échange de travail contre travail, et qui enrichissent réellement les deux ; dissiper l’argent c’est l’employer à distraire ceux qui travaillent de leur travail ; c’est jeter sur le marché des bons payables à vue et qui permettent de consommer sans produire. Par exemple, le prodigue paie un homme vigoureux pour l’attendre à toute heure et lui prendre son pardessus et sa canne ; temps perdu.

Que font donc les publicitaires, si ce n’est pendre le pardessus et la canne des multinationales ? Par leurs dépenses publicitaires, que font celles-ci à part marcher sur du pain ?

Un label "sans-pub" permettrait aux entreprises qui le souhaitent ce se retirer de ce système économiquement pervers en plus d’être comme on l’a dit, visuellement et mentalement polluant. Concrètement, comment fonctionne un label du type "AB" ? Hé bien, à l’issue d’une certification, l’entreprise concernée obtient l’autorisation d’apposer ce label. La certification consiste à contrôler l’utilisation d’intrants, et d’après ce que j’ai compris, cela se fait très peu sur le terrain, mais plutôt au niveau des comptes : on contrôle que l’entreprise n’a pas acheté d’engrais ou de pesticides de synthèse. C’est donc une contrainte appliquée sur une base volontaire et non une coercition.

On peut imaginer la même chose pour la publicité : contrôler les lignes de budget qui correspondent à la mise en place de ces campagnes pharaoniques : panneaux en 4x3 sur tout le territoire, spots télé et radio, etc. et qui seraient donc proscrites dans le cadre d’un commerce respecteux de l’environnement visuel, mental, et social. Pour ne pas être totalitaire on pourrait se contenter d’un seuil à ne pas dépasser, permettant par exemple l’édition d’un catalogue de produits à disposition sur demande des consommateurs, ou la diffusion d’affiches au format 50x70 cm comme souhaité par des Déboulonneurs.

Cette initiative, prise sur une base volontaire comme pour le bio, ne constituerait pas un retour aux heures noires du communisme soviétique (reproche souvent fait aux antipub) et serait abordable par toute entreprise capitaliste qui se respecte, dans le cadre d’une émulation pour le "développement durable", comme ça se passe actuellement.


Moyenne des avis sur cet article :  4.59/5   (58 votes)




Réagissez à l'article

88 réactions à cet article    


  • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 28 juin 2007 10:52

    Il ne faut pas réver, on va bouffer de plus en plus de pub. Il n’y a qu’à voir les terrains de rugby où l’herbe n’est plus verte car elle a été peinte pour permettre au télespectateur de voir pendant 80mn de la pub. Remarquer que depuis qu’il y a de la pub, sur les terrain, on n’a jamais eu autant de gros plan sur les regroupements, surtout s’ils sont sur une pub.


    • Agit-Log 10 octobre 2007 02:27

      Bonsoir,

      en plus d’Adblock, il existe l’addon « Element Hiding Helper », qui marche avec ce premier, et qui permet de choisir avec précision, bannière par bannière, cadre par cadre etc., les éléments que l’on souhaite filtrer sur une page. Ainsi, les formats de pubs « Adsense / Adwords » de google, ainsi que les pubs yahoo - de simples lignes de textes, les annonces de sites partenaires etc. peuvent être définitivement bloqués.

      http://agitlog.zeblog.com/257832-internet-sans-pubs-bloquer-toutes-les-publicites-google/

      Un problème subsiste : le scrutage des internautes, le stockage des données, le fichage du consommateur, eux, demeurent, bien qu’on y devienne, grâce à ces outils, aveugles...

      Nous proposons sur notre site Agit-Log une réflexion critique sur ce phénomène de la surveillance généralisée sur internet, notamment à propos du panoptique Google :

      http://agitlog.zeblog.com/201146-google-geek-empire-pouvoir-et-surveillance-sur-l-39-ubu-web/


    • tvargentine.com lerma 28 juin 2007 10:58

      Mon site est déjà un site sans pubs ni spams !


      • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 28 juin 2007 19:17

        @l’auteur.

        Bravo, je propose une grande campagne de pub pour diffuser votre label : tele, 4x3, radio, presse, web. Vous pourriez louer les services de quelques vedettes engagées dans la lutte anti-pub : Noah, Renaud, Jamel, ...

        Ensuite, il faudra instaurer une police pour contrôler les industriels voyous qui feront plus que le quota que vous aurez défini. Je propose Gepeou, c’est libre actuellement, et ça sonne bien.

        Pour les consommateurs, ils seront enfin libre de consommer les produits dont vous établirez une liste. Tout ceux qui consommeraient des produits ayant fait l’objet d’une quelconque communication seront vilipendés. Un impôt spécifique à la publicité pourra être créée.

        Enfin, concernant la culture, sera interdit toute expression qui n’aura pas été subventionnée pas les finances publiques et donc validées par le gouvernement. Un ministère de la culture sera créé avec des commissions d’experts smiley culturels définissant ce qui est bien pour le bon peuple (tient, ça existe déjà smiley ).

        Tout les sites internet seront fermés à l’exception des sites d’associations subventionnées ou de sites d’État.

        Les magasines devront afficher leur vrai prix : environ 50 euros l’exemplaire. N’auront droit à diffusion que ceux qui ne seront financés que par leur lecteurs.

        La redevance télé augmentera pour les chaine publique et les chaines privées ne seront diffusées que sur abonnement.

        Les fournisseurs d’accès internet, moteurs de recherche et autres fournisseurs d’adresses mail gratuits seront interdits.

        Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un article aussi stupide. Je ne sais pas si c’est une discipline olympique, mais si c’est le cas, vous n’avez pas besoin de sponsor : Vous êtes prêt avec une grand chance de médaille.

        Je salue en vous un futur champion. J’organise un diner avec des amis, vous ne seriez pas disponible par hasard pour nous parler de votre projet smiley smiley smiley


      • Raphael Jolly Raphael Jolly 28 juin 2007 20:17

        @jesuisunhommelibre,

        Vous pouvez dire ce que vous voulez, ça existe déjà sous forme de label bio et personne n’est venu hurler que c’était dictatorial. Ce n’est pas dictatorial, c’est sur une base volontaire.

        Un mot sur le CSA. Cette institution est en effet une horreur, mais justement parce qu’il est noyauté par les lobbies industriels. Demandez-vous pourquoi on n’a jamais eu droit à la diffusion du Syndrome Chinois.

        « Les magasines devront afficher leur vrai prix »

        « La redevance télé augmentera »

        « Les fournisseurs d’accès internet, moteurs de recherche et autres fournisseurs d’adresses mail gratuits seront interdits. »

        Qui paye la pub de toute façon ? C’est le consommateur. Vous aussi vous êtes stupide !


      • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 28 juin 2007 23:28

        Ou est le problème si c’est le consommateur qui paie. Le problème c’est quand justement, ce n’est pas le consommateur qui paie, car dans ce cas, c’est nécessairement quelqu’un d’autre : le contribuable. Or, pourquoi, en tant que contribuable je devrais payer le salaire de Zidane (pour reprendre votre exemple).

        En revanche, si j’apprécie Zidane cela ne me gène pas de payer des boites de céréales un peu plus chère.

        Sans compter que ce raisonnement est aussi faux. Un produit largement diffusé, grâce à la publicité, est moins cher que le même produit ayant une distribution anecdotique : Augmentation du rendement, synergie, effet de masse, tout cela concours à la baisse des couts.

        Vous pouvez fabriquer le produit le meilleur du monde, si personne ne le sait, il ne sera jamais vendu.


      • Eloi Eloi 29 juin 2007 11:06

        S’il n’y avait pas cette fièvre publicitaire autour du foot, jamais le salaire de Zidane n’aurait atteint ses sommets astronomiques (13 millions d’euros annuels, dont 6.8 millions d’euros de sponsors). Si un footballer de talent n’était payé « que » 100.000 euros alors oui, une collectivité locale pourrait se l’offrir. Quand vous achetez une chaussure Adidas, non seulement vous participez à un vaste système d’exploitation en Asie, mais vous fournissez à cette marque l’argent nécessaire pour qu’elle puisse financer Zidane à hauteur de 1.5 millions d’euros. Si ca ne vous semble pas disproportionné, c’est que votre échelle des valeurs est biaisée

        http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=sport/20060712.OBS4862.html&host=http://permanent.nouvelobs.com/ http://www.madeindignity.be/Public/Page.php?ID=1299


      • kristo 30 juin 2007 18:43

        Voilà un raisonnement bien bizarre. Si le consommateur ne paie pas pour la pub, pourquoi voudriez-vous la faire payer par le contribuable ? Si on choisit d’acheter un produit qui n’a pas fait de pub, ce n’est pas pour que de la pub soit faite à notre insu ! Si on achète un produit sans pub, c’est autant qui ne va pas dans un système polluant et mensonger, en un mot, nuisible.

        Par ailleurs vous dites que sans pub, les meilleurs produits du monde ne seraient jamais vendus. Mais c’est tout le contraire ! Si un produit est bon, il n’a pas besoin de pub ! Si au contraire il est mauvais, ou inutile, alors il faut de la pub pour inciter les gens à l’acheter tout de même.


      • kristo 30 juin 2007 18:45

        Mon message ci-dessus était en réponse à « jesuisunhommelibre » de 23H28


      • yoda yoda 28 juin 2007 11:07

        Bel article avec une belle citation d’Alain qui colle joliment au propos.

        J’aurai juste aimé que vous nous informiez de ce que represente en moyenne l’investissement pub dans le developpement d’un produit pour connaitre la part de l’impot pub. (1% ? 10% ?)


        • Raphael Jolly Raphael Jolly 28 juin 2007 11:31

          Le budget de la pub est de 30 milliards par an, soit 1200 euros par foyer. cf , , et .


        • bulu 28 juin 2007 11:24

          La pub fait tourner le systeme, le rend presentable et cree le besoin, vous ne pouvez pas vous attaquer a ca.


          • Zkyx 29 juin 2007 08:27

            On ne peut pas « créer un besoin », mais plus une « impression de besoin », c’est là le but de la pub.

            Faites croire aux gens qu’ils ont besoin de consommer pour être heureux, et vous aurez atteint votre but.

            Après dans cette attaque sur la pub, disons qu’il faut aussi faire la part des choses, j’attache + de valeur à un catalogue de magasin (libre à moi de le feuilleter ou non), qu’à un matraquage on tv sur le dernier super top hit single de madonna ou sur la lessive qui lave plus blanc que blanc que la précédente qui lavait marron...

            Mais il faut bien reconnaître une chose : si la pub n’était pas rentable, il n’y en aurait pas... on changera pas l’monde ni les mentalités, donc la pub a de beaux jours devant elle.


          • NPM 29 juin 2007 08:33

            Les besoins existe, par exemple celui de protection.

            Les publicité ne font qu’informer les gens de propositions visant à répondre à ces besoins. On parle alors de désirs. Dans notre exemple, un désir d’avoir une porte blindé, une assurance, un 4x4, un poste de fonctionnaire, etc..


          • L'enfoiré L’enfoiré 28 juin 2007 11:55

            @raphael,

            En fait, ce que tu veux c’est le beurre et l’argent du beurre. Le sourire de la crémière, ça se paye encore plus.

            On veut tout gratuit, internet, les blogs, AV, les wiki, la science en ligne, les vols en avions, les....

            La pub nous en avons beaucoup attendu avant de l’accepter sur nos ondes auditives et visuelles et pourtant plus moyen d’y échapper. Au départ, on a dit 2 à 5 minutes d’antenne par heure. As-tu fais le compte aujourd’hui ? Il faut savoir ce qu’on veut. On paye d’entrée de jeu et rubis sur l’ongle le magazine glacé, « clean » ou on se paye de la pub tous les 5 pages.

            Rien de gratuit.... Rien smiley


            • Raphael Jolly Raphael Jolly 28 juin 2007 12:34

              Ca n’est peut-être pas clair dans l’article, mais celui qui paye, c’est de toute façon le consommateur, puisque c’est lui qui finance la publicité dans ses achats quotidiens.


            • Bouli Bouli 28 juin 2007 12:06

              On ne peut que saluer votre initiative, la pub est partout, trop, tout le temps, trop longtemps... Et ce qui est dangereux c’est qu’elle créé des comportements, des habitudes de vie et (donc ?) de consommation pour que nous achetions en grande quantité le produit présenté.

              Mais j’avoue ne pas comprendre l’intérêt que les annonceurs auront à faire moins de pub et se voir attribuer ce label. Car il ne faut pas se leurrer : les entreprises veulent faire du profit. Je doute que le label anti-pub ne leur fasse amener plus de clients, surtout si parallèlement elles se font moins connaître (car moins de pub). A moins qu’on ne fasse de la pub pour ce label... smiley


              • Raphael Jolly Raphael Jolly 28 juin 2007 12:22

                Ca se discute ! Est-ce que le label AB amène plus du clients à ses produits ? En ce qui me concerne, oui...


              • L'enfoiré L’enfoiré 28 juin 2007 13:08

                @Bouli,

                « la pub est partout, trop, tout le temps, trop longtemps...elle créé des comportements, des habitudes de vie et (donc ?) de consommation pour que nous achetions en grande quantité le produit présenté. »

                >>> Je suis d’accord et pas d’accord. La pub est utile à l’origine. Elle fait connaître des produits. Imaginons un monde sans pub. Moyenâgeux, nous achèterions ce que le commerçant du coin nous proposerait sur ses étales. Qu’il y ai meilleur ou moins cher ailleurs n’effleurerait même pas nos esprits limités. Ce que je conteste, c’est la volonté d’éblouir par des artifices qui n’ont plus rien à voir avec le produit à vendre.

                « l’intérêt que les annonceurs auront à faire moins de pub et se voir attribuer ce label. »

                >>> Il n’y en a pas à par pour du mécénat. Mais alors il faudrait changer diablement nos habitudes de consommation. Le label n’est pas la panacée. Et puis le label, n’est-ce pas de la pub déguisée ?

                Bon article, il fait réfléchir. smiley


              • Bouli Bouli 28 juin 2007 13:30

                Ne nous méprenons pas, il faut de la publicité, vous avez raison. Mais force est de constater que nous sommes quelque peu envahis...


              • Raphael Jolly Raphael Jolly 28 juin 2007 13:40

                Un mot sur le mécénat. Dans mon idée, le label concernerait également la limitation du mécénat. En effet, si celui-ci ne provoque pas de pollution visuelle, il a des effets de société dévastateurs. Je pense à des exemples comme celui-ci : Total Pole Airship - Les partenaires. L’étude de la fonte de la banquise financée par ceux-là mêmes qui la provoquent : le monde à l’envers ! De telles études devraient être financées sur fonds publics. Si par aventure la conclusion de l’étude devait être que la consommation de l’essence de Total est responsable de la fonte des pôles (fortement probable, voire évident), est-ce qu’elle serait publiée ?


              • L'enfoiré L’enfoiré 28 juin 2007 14:00

                « le mécénat. Dans mon idée, le label concernerait également la limitation du mécénat. »

                >>> tout à fait d’accord. Il ne faut pas remettre à d’autres ce qu’on n’a pas le courage ou la volonté de faire soi-même. Principe de sagesse.

                « Les partenaires. L’étude de la fonte de la banquise financée par ceux-là mêmes qui la provoquent : le monde à l’envers ! »

                >>> encore raison. Un donateur peut en cacher un autre. Sous le prétexte de label de qualité, on passe très vite de la main gauche à la droite. Il n’y a que l’indifférence qui ne fait rien. C’est comme la relation entre la colère et l’amour. pas beaucoup de différence. smiley

                « responsable de la fonte des pôles (fortement probable, voire évident), est-ce qu’elle serait publiée ? »

                >>> A ça non, sur 100%. La responsabilité, c’est quelque chose que j’peux pas voir. smiley


              • L'enfoiré L’enfoiré 28 juin 2007 16:12

                @Raphael,

                « Est-ce que le label AB amène plus du clients à ses produits ? En ce qui me concerne, oui... »

                >>> Bon aveux. Et quelque part, nous le sommes tous. Il y a les sociétés faites pour les citoyens (en Belgique, « Test Achat ») qui sont là pour nous aiguiller un peu mieux le consommateur et qui pour ce faire doivent rester en parallèle des marchés. Elles sont payés par le consommateur et ce devrait être un code d’honneur de rester indépendant (raison d’existence).

                Maintenant, tout n’est pas net et sûr pour autant. Le marché va plus vite que son ombre. Dans certaines catégories de produits de la technologie (par ex), cela va tellement vite que l’analyse est faite et imprimée, et déjà le produit proposé en maitre-achat est dépassé. Je ne dis pas obsolète mais dès le 2ème tour de manivelle, oui.

                Le bouche à oreille, c’est pas beaucoup mieux pour les mêmes raisons.

                Dur, dur d’être consommateur et de rester au top. smiley


              • Raphael Jolly Raphael Jolly 28 juin 2007 16:29

                @ L’enfoiré Si je comprends bien, sans la pub, les produits ne seraient pas achetés assez vite et se retrouveraient obsolètes. J’ai deux choses à répondre à ça : premièrement, on peut imaginer que les consommateurs auront le réflexe rapide vers les produits dotés du logo « sans-pub » ; et deuxièmement, que si la pub sert à écouler les stocks de produits obsolètes, ce n’est pas à l’avantage du consommateur...


              • L'enfoiré L’enfoiré 28 juin 2007 18:51

                @Raphael,

                « sans la pub, les produits ne seraient pas achetés assez vite et se retrouveraient obsolètes. »

                >>> je n’ai jamais dit cela. Avec ou sans pub, certaines catégories se retrouvent dans les « obsolètes » dès leur sortie de magasin. PC, appareil photo, GSM....le technique dans toute sa splendeur.

                Et ce n’est pas une question de réflexe rapide du consommateur, mais une simple constatation de la technologie qu’il faut utiliser immédiatement mais jamais pour un investissement futur pour les bonnes occasions.


              • Raphael Jolly Raphael Jolly 28 juin 2007 19:07

                C’est ce qu’on appelle du jetable. Un jetable sans pub est-il possible ? Et si non, est-ce un problème ?


              • L'enfoiré L’enfoiré 28 juin 2007 19:32

                Raphael,

                « C’est ce qu’on appelle du jetable. »

                >>> Si ce n’était que cela, je ne verrais pas de gros inconvénients. C’est connu d’avance. On use et on jette. Je ne dis pas que ce qu’on achète est à mettre au clou immédiatement. Mais il existe des acheteurs, de fanas, des amateurs de hautes technologies qui ne peuvent rester longtemps sans se sentir au top de la technologie. Tu vas me dire : « Grand bien leur fasse ». Mais à un moment qui devient de plus en plus court, tout possesseur d’un achat à un moment « x » se verra tenté ou obligé de passer à la case suivante. Et cela avec pub incorporée, label « sans pub ». Show must go on.


              • Raphael Jolly Raphael Jolly 28 juin 2007 20:30

                Cela me semble un problème, certes grave, mais indépendant. Déjà s’il ne l’a pas vu à la télé, son nouveau baladeur hi-tech, on aura fait un progrès.


              • Luciole Luciole 30 juin 2007 21:23

                « On use et on jette ».

                Oui, la pub vide nos porte monnaie et remplit nos décharges d’objets inutiles dont la durée de vie est de plus en plus courte.

                La pub fait tourner la machine, mais la machine est en surchauffe et nous n’avons plus de ventilateurs.


              • jay 28 juin 2007 12:21

                comme dit l’enfoiré, sans les revenus de la pub, un grand nombre de produits seraient plus chers. Peut-être faudrait-il faire une différence entre où la pub est admissible et où elle ne l’est pas : l’espace public par exemple pourrait, (devrait à mon sens) être exempt de pub. les médias d’information pourraient aussi en être débarrassé, les chaînes publiques... quant à l’idée du logo, dans le même esprît que celui de l’agriculture bio, c’est vraiment une excellente idée.


                • Raphael Jolly Raphael Jolly 28 juin 2007 12:37

                  Merci, merci smiley Comme répondu à l’Enfoiré, les revenus de la pub ne sortent pas de nulle part, mais de... la poche du consommateur, de toute façon.


                • L'enfoiré L’enfoiré 28 juin 2007 16:28

                  @Raphael,

                  J’oubliais de te dire, qu’un de mes futurs articles sur le même sujet contiendra le lien vers le tien. smiley


                • Raphael Jolly Raphael Jolly 28 juin 2007 17:45

                  @L’enfoiré, Je ne manquerai pas d’y aller voir.


                • Hub. Hub 28 juin 2007 15:20

                  Personnellement je fais une grosse différence entre pub informative et pub-matraquage. L’une étant là pour annoncer aux consommateurs la sortie d’un nouveau produit ou d’ un nouveau concept, l’autre pour créer artificiellement un besoin par la répétition cadencée d’annonces et de spots qui finissent par nous habiter telle une ritournelle que l’on chantera sans même s’en appercevoir. Le but de ce matraquage étant de faire perdre au consommateur tout jugement critique au moment ou il sera confronté à l’acte d’achat, celui-ci étant devenu un acte réflexe ne répondant à aucun besoin réel et ne supportant plus la moindre comparaison de prix avec d’autres produits identiques d’autres marques ou d’autres enseignes.

                  Le pire, c’est lorsque la pub arrive à se nourir d’elle même, créer des produits qui feront leur auto-promotion en mettant leurs marques en évidence sur le produit lui-même. Je pense notemment à des lignes de vêtements archi-connues et très chères qui font un tabac auprès des jeunes. Cette façon de faire est en quelque sorte l’avènement de la pub, la communautarisation d’une clientèle autour de marque « identitaires » qui fait glisser insidieusement l’individu de son statut de consommateur vers un comportement convulsif dépourvu de toute réflexion autre qu’une volonté de répondre à des critères d’image, image savamment entretenus par des campagnes de pub ciblées dont le but est de provoquer l’addiction.

                  Voilà ce qu’est pour moi l’aspect condamnable de la pub ; lorsqu’elle cesse d’informer pour embrigader et décérébrer.


                  • A. Nonyme Trash Titi 28 juin 2007 16:06

                    Hé Ho ! Comment je vais bouffer moi ?

                    Nombril à part, la publicité est certainement trop envahissante (voire les bidules qui traversent nos écrans sur internet), mais le métier sait aussi trouver un équilibre.

                    De plus en plus de communes bannissent les 4 x 3, par exemple. Une « ecotaxe » est payée par les imprimeurs pour tous les documents publicitaires destinés aux boîtes à lettre.

                    Mais je trouve votre article très restrictif. La pub est un composant de l’économie. Il touche une multitude de secteurs (tous en fait), des plus mercantiles aux plus honorables (santé, sécurité routière, etc...).

                    Votre logique est celle des « décroissants ». On ne consomme plus, on ne bouge plus, vive le vélo ! Désolé, sans être du tout dans l’extrême contraire, je ne me vois pas faire marche arrière, même si j’aime le vélo.

                    Sur Lyon, nous avons un groupuscule antipub qui n’a d’autres ressources pour se faire connaître, en dehors de déboulonnages douteux, que la pub. C’est assez risible de voir ce serpent se mordre la queue !

                    Pour revenir à votre article, inversez le côté de la lorgnette !

                    Il y aurait beaucoup à dire, mais la pub m’attend... et les clients n’attendent pas !  smiley


                    • Raphael Jolly Raphael Jolly 28 juin 2007 16:45

                      « La pub est un composant de l’économie. Il touche une multitude de secteurs (tous en fait), des plus mercantiles aux plus honorables (santé, sécurité routière, etc...). »

                      Il faut distinguer le financement et la promotion. J’espère que la pub ne finance pas encore la santé et la sécurité routière, il y a les services publics pour ça ! Concernant la promotion des causes utiles, Claude Evin disait dans une conférence que les messages officiels étaient brouillés par la publicité : comment envisager une campagne pour la sécurité routière quand en parallèle vous avez des affiches et des spots vantant la puissance et la vitesse ? Toujours est-il que le gouvernement et les collectivités pourraient bien évidemment être exemptées du label « sans-pub » !

                      « Votre logique est celle des »décroissants« . On ne consomme plus, on ne bouge plus, vive le vélo ! » Je ne vois pas ce qui, dans mon article, vous fait dire ça. J’ai justement bien précisé que « cette initiative, prise sur une base volontaire comme pour le bio, ne constituerait pas un retour aux heures noires du communisme (reproche souvent fait aux antipub) ». Par conséquent je ne vois vraiment pas où vous voulez en venir avec votre vélo ?

                      Blague à part, je fais moi-même partie des Déboulonneurs de Paris, et celui de Lyon fait un travail formidable (cf le récent procès). Et je ne sais pas où vous les avez vus dans un spot ou en 4x3.


                    • A. Nonyme Trash Titi 28 juin 2007 17:06

                      Du tractage, de l’affichage sauvage (sur des 4 x 3, c’est bien pratique finalement pour faire passer son message) et plus chi..., du spam !

                      Vu que vous semblez bien les connaître, n’y a t’il pas dans ce groupuscule quelques anciens frustrés/aigris de la réclame ?

                      Oh, 1000 excuses (je viens de vérifier), il s’agit des Casseurs de Pub, une réserve d’anar/ext-gauche qui occupent les pentes de la Croix Rousse. Ce sont des chantres (des chancres ?) de la décroissance.

                      http://www.casseursdepub.org/

                      Je vous mets leur site par esprit d’ouverture, mais eux sont plutôt pout mettre le couvercle sur tout ce qui bouge... Même sur la Trash ?

                      Pas gentil smiley


                    • Raphael Jolly Raphael Jolly 28 juin 2007 17:37

                      @Trash Titi,

                      En effet je crois que si vous recevez des méls du collectif de Lyon alors que vous êtes une militante néolibérale (j’essaye de trouver l’inverse de "anar/ext-gauche, hein) c’est qu’il doit y avoir erreur. Je vais voir faire rectifier ça tout de suite.

                      Deuxièmement en effet dans ces groupes nous parasitons les 4x3, c’est le principe. Et non, nous ne sommes pas frustrés smiley

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès