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Accueil du site > Actualités > Economie > Pour un nouveau contrat social

Pour un nouveau contrat social

Loin de la politique politicienne, l’expérience concrète de la gestion des cités HLM, l’immersion dans les difficultés d’insertion de la jeunesse, la connaissance des difficultés, tant celles des employeurs que celles des salariés, à travers mes fonctions prud’homales m’ont donné un point de vue décalé sur nos difficultés actuelles.

Il me paraît aujourd’hui important de faire ce "brain storming", qui ne semble pas émerger de nos instances politiques, pour proposer des pistes vers un nouveau "contrat social" .

Rappelons tout d’abord que l’activité professionnelle est un des modes d’accès pour tous à la citoyenneté .

Dans ces conditions, l’exclusion des salariés les plus jeunes comme celle des plus anciens, l’opposition systématique des intérêts des petits entrepreneurs, des professions libérales, aux intérêts des salariés, n’a aucun sens.

L’Etat se doit d’être garant de la cohésion sociale : il lui appartient de décloisonner les protections sociales des uns et des autres pour apporter à chacun le même service, afin de rompre avec ces tensions internes qui ne permettent plus de faire front commun dans un contexte d’économie mondialisée.

Un nouveau contrat social, qui mette à plat les services attendus de l’Etat et leur financement par l’impôt, est absolument nécessaire.

Pour redonner prise à la jeunesse sur son avenir, il me semble possible de cumuler les énormes budgets nationaux, régionaux et départementaux de la formation professionnelle continue afin de doter chaque enfant âgé de 16 ans d’un "capital formation tout au long de la vie" .

A cet enfant, aidé des conseils de ses parents, des conseils des centres d’information et d’orientation, d’utiliser à bon escient ce capital formation .

A lui de définir ses modalités de professionnalisation .

Il pourra utiliser son capital à partir de 16 ans, soit pour un primo contact avec l’entreprise via des contrats de travail en alternance, soit pour aller vers des études plus longues qu’il financera de même.

Cette relation "client-fournisseur" permettra, me semble-t-il, une meilleure adaptation de nos cursus supérieurs aux réalités du monde du travail.

A toutes les phases de sa vie professionnelle, il sera possible à chacun d’utiliser une partie de son capital-formation pour une formation pointue ou pour une reprise d’études.

Une seule obligation : lorsque vous vous trouvez au chômage, vous avez trois mois pour vous remettre sur le marché du travail ; à défaut, vous devez accepter une période de formation en alternance, en la finançant, dans un domaine porteur d’emplois dans votre secteur géographique et pour un poste correspondant à votre niveau de compétence.

En contrepartie, pendant toute cette période de réorientation consécutive à un licenciement, l’Etat vous garantit 90% de vos émoluments antérieurs.

Votre sécurité matérielle étant assurée pendant les périodes "d’inter-contrats de travail ", la libéralisation totale du marché du travail est possible.

Par contre, il est hors de question de ne pas justifier la rupture d’un contrat de travail, afin de permettre au salarié concerné de s’améliorer si son niveau de compétences est effectivement en dessous des exigences requises pour le poste, et de permettre à la société de lutter contre l’arbitraire ou les discriminations qui représentent environ 25% des causes de rupture de contrats.

Dans mes fonctions prud’homales, j’ai pu constater l’extrême fragilité des petites et moyennes entreprises de notre pays, la formation des entrepreneurs n’étant pas forcément suffisamment assurée et la concurrence étant vraiment redoutable.

Je le dis, ces entrepreneurs, qui ont permis pendant un temps à plusieurs salariés de travailler, ont droit à notre sollicitude autant que leurs employés.

J’en ai trop vu, dans les demandes d’hébergement en HLM et devant mon Conseil de prud’hommes, laminés par un échec. Ils devraient pouvoir compter sur les mêmes aides que les salariés, tout comme les professions libérales.

Quant aux grandes entreprises, qui par une gestion purement financière font montre d’une absence totale de responsabilité sociale, elles n’ont, à mon sens, pas à être aidées par la puissance publique.

CNE et CPE, proposés aujourd’hui sans aucune contrepartie en terme de protection sociale, et par ailleurs, totalement contraires à nos engagements internationaux auprès de l’OIT, ne répondent ni à l’attente de la société civile, ni aux besoins économiques.


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13 réactions à cet article    


  • VisioH (---.---.101.224) 20 mars 2006 11:46

    Vos propositions sont concrètes et innovantes. Je vous remercie pour cet éclairage. J’apprécie particulièrement le coté responsabilisant et l’autonomie laissé à chacun. Il a le grand mérite de lancer pour tous une capacité à faire des projets entre maintenant et l’avenir.

    Je suis certain que c’est bien de çà dont nous avons tous besoin.


    • Marsupilami (---.---.49.131) 20 mars 2006 12:26

      Intéressant, oui.

      Quelqu’un peut-il faire passer cette information aux éléphants du PS occupés à s’entredéchirer entre proségoléniens et antiségoléniens plutôt que de proposer une alternative crédible à l’ultralibéralisme insécurisant ?


      • Cyoran (---.---.39.204) 20 mars 2006 13:24

        Ce que vous proposez est très intéressant. En particulier, votre distinction entre PME-PMI et grandes entreprises sous l’angle de la responsabilisation sociale.


        • julialix (---.---.195.75) 20 mars 2006 16:05

          Oui, c’est une proposition très intéressante.

          Avoir un capital de chomage et de formation,c’est un peu ce qui se passe mais d’une façon plutot anarchique, suivant l’état des crédits et les connaissances qu’ont les gens de leurs droits.

          Rien n’est vraiment clair et souvent des mesures ou des organismes se supperposent sans que le citoyen lamda n’en sache pas vraiment grand chose.

          Comme la CAF édite un journal qu’elle adresse à ses allocataires, le CONSEIL GENERAL et ou le CONSEIL REGIONAL ne pourraient-ils pas éditer un journal où l’on retrouverait toutes les informations concernant le bassin d’emploi ? Une brochure trimestrielle où l’on retrouverait de multiples informations en partenariat avec les ASSEDICS,les ANPE, les PAIO, l’INSEE, la CHAMBRE du COMMERCE et de l’ARTISANAT, le GRETA etc... Des informations tel que les pourcentages d’emploi en souffrance dans tel ou tel branche, les nouveaux métiers émergeants dans le département ou la région, les différentes filières possibles dans les lycées professionnels, les stages que propose le GRETA et autres organismes de formation......

          Cette brochure pourrait etre disponible dans les mairies, les ANPE, les PAIO, les assistantes sociales etc.....


          • carnac (---.---.7.104) 20 mars 2006 20:37

            Bonjour Julialix

            Vous avez absolument raison : pour les salariés se retrouver dans ce dédale c’est très difficile : je transmets votre observation et votre suggestion à la centrale dont je dépends . Nous pourrions peut-être obtenir, au moins localement, la participation de toutes les instances pour mettre au point un petit fascicule d’information . Si j’y parviens je ne manquerai pas de vous en informer

            cordialement


          • Guigui (---.---.153.184) 21 mars 2006 03:25

            Excellent, meme si je pense qu’il faut renforcer l’orientation qui actuellement est totalement en dehors du coup, ainsi que la partie de julialix sur la veille régionale et les débouchés.

            Par contre, je suis tres pessimiste par l’accueil politique, nos grands dirigeants de droite et de gauche prenant un malin plaisir à s’opposer en toutes occasions. Dommage


            • carnac (---.---.7.104) 21 mars 2006 19:58

              il semble que l’efficience des services soit très variable : pour ma part j’ai pu bénéficier pour mes trois fils d’informations vraiment intéressantes et tous les trois ont trouvé une activité professionnelle dans leur domaine de prédilection même si pour deux d’entre eux il y avait eu au démarrage une orientation faite par l’établissement où ils étaient scolarisés qui ne convenait pas .

              Le premier est directeur export après un BTS commercial le second est décorateur dans l’évènementiel après un diplôme des beaux arts le dernier est ingénieur analyste programmeur après un cursus en alternance et en poste à Dublin actuellement


            • Christophe (---.---.221.46) 21 mars 2006 15:55

              Voilà une vision constructive !

              Un petit point particulier : il faut, à mon sens, se poser certaines questions à savoir si il faut dissocier les PME/PMI indépendantes des PME/PMI dépendantes d’une holding.


              • carnac (---.---.7.104) 21 mars 2006 19:47

                vous avez tout à fait raison , les groupes ont souvent pour habitude de réduire la taille de leurs établissements pour controuner différentes dispositions favorables aux salariés et en particulier le plan de formation annuel - actuellement cela leur permet d’embaucher en CNE alors que le groupe dispose d’un personnel très au delà de 20 salariés


              • langlois (---.---.216.147) 26 mars 2006 12:49

                Bonjour atous j ai 57 ans je suis avec interet le deroulement des evenements sur le CPE ne vous faites pas de soucis les JEUNES le gouvernement a signet sont CDE (contrat derniere EMBAUCHE ) le cpe une entourloupe un attrape CONS sauf pour les employeurs bien sur ! faut vraiment etre naif pour croire qun employeur va conclure un CDI en fin de contrat alors qu il perd les avantages FISQUAUX C.Q.F.D A++++++++++++++++


                • carnac (---.---.7.104) 26 mars 2006 22:16

                  soit Je ne suis nullement certaine que le CPE retiré . Ce qui est certain c’est que le CNE , lui , est utilisé depuis août 2005 avec nombre d’abus qui commencent à être soumis aux conseils des prud’hommes .

                  Un sondage en ligne sur mon site prud’hommal montre que 1695 internautes ont perdu leur emploi en CNE et estiment avoir été maltraités , pour 35% au tître de divers types de discriminiation et 65% pour une cause personnelle ou économique qu’ils n’estiment pas justifiée

                  http://prudhommesisere.free.fr/indey.htm

                  Par ailleurs il serait prévu par le gouvernement d’abolir notr CDI actuel par un vote au début des grandes vacances.

                  Voilà pourquoi la manifestation du 28 est si importante .

                  Comme on reproche aussi à l’opposion au CPE de n’avoir pas de solutions alternatives , c’est surtout votre avis sur la solution que je vous propose qui m’importe


                • Dn Quichotte (---.---.70.174) 27 février 2007 23:28

                  Je propose un SMIC à 3000 euros Net, une Maison 6 pièces pour tous, la régularisation de tous les clandestions,le RMI à 1500 euros net, l’entrée de 500 000 etrangers sous qualifiés en Fraznce tous les 6 mois !!!

                  out cela c’est du n’importe quoi d’êxtreme gauche !!

                  Eh, les gars, c’est fini le communisme, et l’utopie...cela n’existe pas !!! Don Quichotte


                  • carnac (---.---.7.104) 28 février 2007 16:38

                    Le fait A BUDGET CONSTANT de regrouper les financements de toute la formation professionnelle continue afin de doter chacun d’un capital formation pour qu’il soit RESPONSABLE et MAITRE de son avenir professionnel ce n’est pas de l’utopie c’est rentabiliser un budget existant mal employé actuellement.

                    En effet en devenant « client » de la formation professionnelle continue chacun saura choisir les formations utiles à son avenir

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