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Pourquoi la France n’arrive pas à suivre

Quels sont les vrais facteurs de réussite des économies des pays développés ? Chômage faible, croissance forte, pauvreté minimale et haut niveau de vie, comment y arriver ?

Certains paramètres, qui même s’ils sont sans cesse cités par les médias et le MEDEF, ont en fait un impact faible sur l’emploi et la croissance :

Dans mon précédent article (1) j’ai essayé de montrer que le coût du travail n’est pas l’unique facteur d’implantation des entreprises, et que les investisseurs qui viennent en France cherchent plutôt une main- d’œuvre bien formé et de bonnes infrastructures qu’une main-d’œuvre à coût réduit.

Dans un article (2), Anthony Meilland montre que la fiscalité n’est pas un facteur important pour expliquer les différences de chômage et de croissance, mais elle permet de réduire la pauvreté.

En général, les facteurs institutionnels ont un impact qui n’est pas régulier selon les pays : on ne trouve pas un modèle unique de réussite économique, mais plusieurs modèles. Ce constat est particulièrement explicite dans l’étude de Fitoussi et Passet (3) qui montre que ce sont les bonnes relations entre les différents acteurs de l’économie (État et partenaires sociaux) qui permettent la réduction massive du chômage.

Dans cet article, je vais mettre en relief certains facteurs qui expliquent le manque de dynamisme de la France. Pourquoi nous avons ratés « le train de croissance » cher à M. Madelin ?

Le vrai coût de la main-d’œuvre : la valeur ajouté par salarié

Comparaison coût de la main-d’œuvre entre la France et des pays européen. Je garderai cet échantillon par la suite.


On remarque que le coût proportionnel de la main-d’œuvre dans la valeur ajouté est faiblement corrélé avec le coût absolu de la main- d’œuvre : la plupart des pays présente une part de la VA dans la main-d’œuvre de 60 à 70 % ; malgré des coût variant du simple au quintuple (Suède et Portugal). Le coût de la main-d’œuvre n’est donc pas un facteur absolu, il faut donc raisonner en fonction du coût marginal, et non pas du coût horaire ou annuel absolu.

Ce graphique permet d’avoir une idée de l’effet du coût de la main- d’œuvre sur la VA par UTH et par an. Le coefficient de corrélation R²=0,81 est sans appel : plus les salariés sont chers, plus ils rapportent... Bien sûr il serait suicidaire d’augmenter le coût du travail pour espérer augmenter la VA des entreprises, c’est le signe que le tissu économique est adapté au coût de la main-d’œuvre. On pourrait imaginer de créer un « choc salarial » pour obliger les entreprises à développer des activités plus rémunératrices, mais ce genre de thérapie à trop d’effets secondaires pour être mise en application. Néanmoins la mise en place des 35 heures a accéléré les gains de productivité en France, signe qu’une marge de progression existe. Ce gain s’est payée entre autre par la qualité de vie des travailleurs et par l’annualisation. Cela met en évidence le fait qu’une autre stratégie de croissance est possible. Même si ces pays subissent la concurrence mondiale, ils maintiennent des hauts salaires.

On remarque que les pays les moins efficaces sont plutôt des pays du sud de l’Europe, notamment Italie et Portugal. Les pays du nord (Suède, Finlande, Danemark) dégagent de meilleures marges de leur main- d’œuvre malgré des coûts absolus bien supérieurs. Quels facteurs expliquent cette supériorité ?

Je vais essayer de mettre en évidence quelques pistes :


On remarque que les pays qui investissent beaucoup dans la recherche ont tendance à être plus hauts dans le classement de VA par salarié. Le coefficient de corrélation est de 0,4731, le lien entre le PIB dans la recherche et le rendement de la main-d’œuvre est assez fort. Cela ne veut pas dire qu’il suffit d’augmenter les investissements dans la recherche pour, qu’à l’image du modèle économique IS-LM, la main-d’œuvre devienne mécaniquement plus productive. Ce taux met néanmoins en lumière un lien réel et assez fort entre l’effort de recherche et la VA générée par un UHT. Cela traduit une différence de composition du tissu économique.

Le test PISA (5) est un test scolaire, avec trois notes (math, lecture, science) j’ai additionné les trois notes pour avoir un total. Une corrélation importante apparaît en comparant cette valeur ajoutée avec des résultats des tests du PISA 2003. La Finlande, qui a eu en 2005 d’excellents résultats au test PISA, est aussi un pays qui a une main-d’œuvre particulièrement efficace. La qualité de l’éducation est donc un facteur important de la réussite économique d’une nation malgré une main-d’œuvre à haut salaire.

Le retard économique actuel de la France ne s’explique pas par les délocalisations ou par le coût de la main-d’œuvre. Le manque d’investissement dans la R&D et l’éducation semble être des facteurs clés, qui se traduisent par un positionnement de l’industrie dans des secteurs à compétitivité prix au lieu d’orienter vers des secteurs à compétitivité innovation. Quand un ministre décide d’abandonner l’objectif de 80 % au Bac, il faut peut-être comprendre qu’il faut aussi abandonner le plein emploi sans travailleurs pauvres.

Compétitivité coût vs compétitivité prix

Comment réagir face aux délocalisations, se protéger ou s’adapter ?

Depuis quelques années, des discours néo-protectionnistes apparaissent, autant à droite qu’à gauche. Ce néo-colbertisme est même soutenu par notre actuel ministre de l’Économie. En y regardant de plus près, l’impact sur notre économie est faible mais c’est aussi un droit au développement de ces pays que l’on remet en cause. D’après Daudin et al, 2005 (6) même si cela détruit des emplois en France les économies réalisées avec les importations à bas coût compensent largement les pertes. Ils insistent aussi sur le droit des pays à profiter de leur main-d’œuvre à bas coût, car c’est leur seul avantage comparatif sur le marché international. On trouve la même notion de concurrence légitime dans cette déclaration de Michelle Husson(7) :

« La compétitivité des pays à bas salaires ne doit pas être considérée trop vite comme déloyale, puisque leurs niveaux salariaux plus bas correspondent avant tout à un niveau de développement inférieur. D’ailleurs, dans des conditions très dures d’exploitation, les délocalisations et une plus grande intégration au commerce international ont permis à certains de ces pays, peut-être pas de se développer, mais en tout cas de faire évoluer leur structure productive. Il s’agit d’un mode de développement industriel certes un peu barbare, mais qui booste d’une certaine manière ces pays. »

Le développement de pays comme le Japon ou la Corée du Sud est passé par des phases similaires, puis à un « embourgeoisement » progressif de leur société.

Le problème est que ces mutations font peser un coût local fort alors que le gain est uniformément réparti. Les employés qui perdent leur travail ont souvent des compétences très spécifiques et difficilement valorisables sur le marché, d’autant plus que localement les opportunités d’emploi sont peu nombreuses. Difficile de reclasser dans une région déjà riche en chômeurs une centaine de couturières ou de métallurgistes. Or, on sait depuis très longtemps (8) que le problème du chômage est très lié aux problèmes d’espace, de compétence et de réseau de relation.

Il nous faut donc une triple politique pour redonner du travail à ces gens :

  • une politique de formation professionnelle performante

  • une politique qui favorise la compétitivité innovation
  • une politique qui favorise la mobilité géographique

Pour le premier aspect, rien à l’horizon, enfin presque un récent rapport (9) du Sénat sur la formation professionnel dont les conclusion sont sans appel : le système français se résume en trois mots "complexité, cloisonnement, corporatisme". Les rapporteurs proposent de donner la gestion des comptes épargnes formation aux régions et de garantir la couverture même si le salarié change d’entreprise. Ces mesures iraient dans le bon sens, pour avoir un vrai système capable de reconvertir les salariés, mieux sécuriser les parcours professionnels sans ajouter des contraintes supplémentaires aux entreprises. Évidement le MEDEF n’est pas d’accord : le droit de formation doit être géré par l’entreprise et rester non transférable.

On peut prendre en exemple Damartex (10), qui malgré la délocalisations de ses activités productrice, continue de créer des emplois...

En ce qui concerne le second, le mot d’ordre est plutôt « tous propriétaire ». La récente exonération des intérêts d’emprunt immobilier est l’exemple type de mesure dans ce sens. C’est une mesure absurde de soutien de la demande, or c’est l’offre qui est insuffisante (11) : la construction de logement est naturellement lente, la disponibilité des terrains constructibles faible sans parler du manque de main-d’œuvre dans ce secteur.

Dans l’optique de réduire les concentrations locales de chômeur, souvent avec le même (faible) niveau de formation, il faudrait favoriser la mobilité professionnelle. Faire venir des immigrés plutôt que faire déménager des résidents serait ridicule. Au Danemark, il est interdit de donner un travail à un immigré si un résident chômeur aurait pu convenir pour le poste. Il faudrait réfléchir à subventionner les déménagements professionnels, et supprimer la taxe de mutation qui est extrêmement élevé (5 %).

Pourquoi la France n’est pas assez performante en termes d’innovation ?

La France est trop engagé dans les marchés à compétitivité prix, elle est donc vulnérable aux variations monétaires, ce qui explique pourquoi elle souffre de l’euro fort alors que cela ne semble pas être le cas de l’Allemagne. Pourquoi cette faiblesse ?

« Il faut comprendre à ce sujet que la question de la taille de l’État social compte peu en réalité. Ce qui compte bien plus, c’est cette infrastructure institutionnelle corporatiste constituée à la fois de syndicats de salariés et de confédérations d’employeurs mais aussi d’union d’industriels, de banques ou d’assurances qui paraissent se protéger collectivement contre l’innovation. » E.Phelps (12)

Depuis quinze ans, les gouvernements français ont favorisé directement ou indirectement la productivité prix alors que les Allemands ont maîtrisé les salaires, mais n’ont pas oublié l’innovation. Depuis les années 90, tous les gouvernements français ont pris des mesures pour favoriser la compétitivité prix :

  • La baisse des charges sociales sur les bas salaires qui avantage l’emploi peu qualifié, qui conduit à la smicardisation de la masse salariale : on embauche deux manutentionnaires plutôt qu’un ingénieur (Horty et all ) (13)
  • Les aides à l’embauche diverses qui avantagent, elles aussi, les emplois peu qualifiés et précaires
  • Pas de politique de soutien de la recherche publique et privé.
  • TVA sociale et heures supplémentaires détaxées : elles vont aussi favoriser la compétitivité prix (travailler plus au lieu de travailler mieux)
  • Soutien aux secteurs en difficulté plutôt que dans les secteurs en croissance (comme l’agriculture, on soutient de grandes exploitations peu performantes, et on aide peu de petites exploitations qui valorisent mieux leur travail et leur foncier, et je ne parle même pas des effets externes)

Il faut y ajouter la culture d’entreprise des Français qui est peu propice au développement de la recherche privée :

  • Un management qui n’est pas adapté au monde moderne : soit paternaliste, soit bureaucratique
  • Défiance envers les hauts diplômés issus des universités : les thésards s’en vont, pour travailler à l’étranger dans le privé
  • Transmission généalogique des entreprises pas toujours pertinente
  • Faiblesse des promotions internes aux seins des entreprises : trop peu de dirigeants sont partis de la base
  • Manque de confiance des banques par rapport aux investissements innovants
  • Très peu de Business Angels pour financer les projets innovant (3 000 contre 50 000 en Angleterre.

Pourquoi cette culture d’entreprise déficiente ?

D’après Ecopublix (14), qui s’appuie sur une étude on retrouve deux facteurs qui expliquent ces différences :

D’un part, une gestion héréditaire des entreprises qui ne favorisent pas l’actionnariat (entrée de capitaux supplémentaires) et qui induit un biais dans la sélection des managers (on prend des gens connus, de la famille, plutôt que les meilleurs).

D’autre part, une faible concurrence, qui permet à ses entreprises de survivre, cette faible concurrence est justement expliquée par la citation de Phelps un peu plus haut : un mélange de frein étatique mais aussi venant du privé, une forme de corporatisme.

On retrouve cette idée dans le livre de Thomas Philipon (15), qui explique le chômage et le faible taux d’activité à cause d’un certain nombre de facteurs culturels tels que la faiblesse et extrémisme des syndicats, le paternalisme des entreprises en réaction, lui-même remplacé par la bureaucratie quand l’entreprise se développe. C’est une véritable fracture qui s’opère entre la base de l’entreprise et sa direction. Quand on compare ce constat au mode de management moderne, comme le toyotisme, qui soutient l’initiative et le développement personnel, on comprend bien que non, Toyota ne sera jamais français. (16)

L’innovation motrice du train de la croissance d’après le rapport Brunel (17) :

Selon une étude réalisée par Jones en 2002, à partir de ces principes, 30 % de la croissance américaine entre 1950 et 1993 pourraient être attribuée à une amélioration du niveau « d’éducation-formation  », et 50 % à l’effort de R&D.

La France en retard :

L’objectif du Conseil européen de Lisbonne n’est pas atteint : 3 % du PIB dans le R&D la France est à 2,2, loin du compte. La France se caractérise par un taux de croissance des dépenses en R&D parmi les plus faibles sur la période 1995-2000 (+1,1%). Ce sont surtout les dépenses privées qui sont faibles : l’État français dépense 1 % du PIB, ce qui est très élevé par rapport aux autres pays de l’OCDE. Mais la recherche privée ne suit pas.

Les effets de la faiblesse de la recherche française :

  • Peu de brevets déposés par la voix européenne : en 2005, 8 034 brevet pour le France, 23 789 pour l’Allemagne.
  • Manque de coordination recherche privée/publique.
  • Très peu de PME déposent des brevets : 10 % des dépôts enregistrés par l’INPI en 2005 sont le fait de trois groupes industriels et 20 % de sept groupes. De fait, peu de brevets sont déposés par des entreprises petites ou moyennes
  • La part des publications et des brevets français dans l’UE s’est dégradée : -1,4 % et -3,1 %

La faiblesse des investissements

Un rapport du Sénat (18) : qui date un peu, de 2002, donne une idée de la situation. Les investissements passés sont la croissance d’aujourd’hui, alors ces conclusions me semblent encore d’actualité :

« L’investissement productif a été peu dynamique, en France, au cours des années 90, notamment en comparaison avec les investissements outre-Atlantique. L’investissement privé français en recherche-développement (R&D) apparaît insuffisant comparé à celui de nos principaux partenaires. »

Dans mon précédent article, j’avais parlé d’un biais en faveur des investissements en France :

J’ai une théorie personnelle : si la France attirent plus d’IDE qu’elle le devrait, c’est que les investisseurs français ne sont pas à la hauteur et que les opportunités d’investissement sont captées par les investisseurs étrangers.

Le bouclier fiscal garantit des revenus quel que soit le rendement du capital, par exemple une rentière qui hérite de 400 millions d’euro, les place très mal et obtient des rendements de 0,5 % par an. Avec le bouclier fiscal, elle est sûre de bien gagner sa vie 2 millions d’euros par an) sans faire travailler son argent, c’est-à- dire sans investir. L’intérêt de l’ISF c’est qu’en taxant faiblement le capital (taux maximum de 2,8 %) il contraint les rentiers à trouver de bons placements, c’est-à-dire qui demande un travail d’information et d’évaluation des risques (qu’un banquier peut faire pour eux), donc des investissements dans les entreprises. Or, la récente réforme du bouclier fiscal va justement à contre-sens de cette logique : on cherche à protéger au maximum les rentiers alors qu’avec un minimum d’effort ils pourraient largement payer l’ISF et avoir une vie encore plus aisée.

Ce qui fait dire aux Ecoplubix (19), au sujet du fameux bouclier :

« Il désincite les gros patrimoines à se tourner vers les placements rémunérateurs, vers les placements risqués, ceux qui génèrent de la richesse (entreprises innovantes, etc.). On en revient encore et toujours à notre capitalisme de rentier ou de châtelain ! Prétendre que le bouclier fiscal c’est la réhabilitation du travail, ça la fout quand même un peu mal... »

Comment relancer les investissements ?

Mettre fin à la protection des rentiers : suppression du bouclier fiscal, suppression des niches fiscales pour obliger les rentiers à investir leurs capitaux au lieu de les faire dormir.

Très forte réduction de la fiscalité des capitaux productifs : taxons la pierre, les terrains, les œuvres d’art mais pas les usines qui créent des emplois.

Tout simplement avoir une politique macro-économique : mobiliser des capitaux et des compétences pour les secteurs innovants et en croissance, renforcer les pôles de compétitivités tout en évitant le saupoudrage inutile. Baisser les impôts en espérant que les rentiers veuillent bien investir, ce n’est pas de la politique, c’est du clientélisme électorale.

Conclusion :

La France souffre d’un double problème. Le premier est l’État qui est un frein au développement de la concurrence à cause de différentes lois et réglementations, de lourdeurs administratives et d’une mauvaise politique macro-économique. Le second est la structure et la culture des acteurs économiques qui n’est pas (plus) compatible avec les besoins d’une économie moderne : innovation, souplesse, réactivité.

Il est possible d’atteindre le plein emploi, une croissance forte et de combattre efficacement la pauvreté. Pour cela il faut donner les moyens à chacun de réussir. Des formations et des facilités de déplacement pour les salariés. Des accès plus facile aux capitaux et moins de lourdeur étatique pour les entreprises, notamment les PME qui innovent. Il faut aussi mettre fin au capitalisme d’héritier, à la vision corporatiste qui prévaut dans certains secteurs et qui empêche une saine concurrence.

En même temps cela ne remet nullement en cause l’état providence : la lutte contre la pauvreté par la redistribution des richesses n’est pas un frein à l’économie, c’est un choix de morale et de dignité humaine, qu’un pays décide de faire, ou non.

Remerciement : Tomi et Raja

Bibliographie :

(1) La fiscalité n’explique pas grand-chose

(2) La flexibilité non plus

(3) Rapport Fitoussi Passet

(4) Indicateur HDR

(5) PISA2003

(6) Rapport Daudin

(7) Husson vs Sapir

(8)Cato Wadel « Now, whose fault is that ? The struggle for self eestem in face of chronic unemployment » 1973

(9) Rapport sénat et annexes

(10) Reconversion des salariés

(11) L’absurde subvention :

(12) Interview Phelps

(13) Effet des allégements de charges

(14) Le management dépassé ?

(15) Capitalisme d’héritier

(16) Pourquoi Toyota n’est pas francais (article payant sur Le Monde, copié sur ce forum)

(17) Rapport Brunel :

(18) Rapport investissement

(19) Le bouclier fiscal




par karg se mardi 17 juillet 2007 - 116 réactions
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  • Par xa (xxx.xxx.xxx.130) 17 juillet 2007 14:28

    Une petite correction concernant la Suisse.

    Les étrangers payent des impots.

    La Suisse a 2 grands systèmes fiscaux.

     Les revenus suisses en général sont taxés en Suisse. Seuls les non résidents travaillant en Suisse peuvent être imposé sur les revenus de leur travail dans leur pays d’origine. C’est le cas, par exemple, pour les frontaliers francais travaillant dans le canton de Vaud (Lausanne) : ils sont imposés en France sur leurs revenus en Suisse. A contrario, le canton de Genève, qui dispose d’autres accords avec la France, impose ses frontaliers à la source.

     les residents SANS REVENUS EN SUISSE (qui seraient taxés à la source) peuvent être taxés forfaitairement : l’équivalent de 5 mois de loyers de leur logement. Cela ne fonctionne que si les revenus du résident sont tous hors suisse.

    Un étranger vivant en Suisse est donc soumis à l’impot sur ses revenus en Suisse, et s’il n’a pas de revenus en Suisse (ex : J. Halliday), il peut opter pour l’imposition forfaitaire (ex : avec un loyer à 10000 euros/mois, il paye 50000 euros d’impots).

    Exemples :

    Si vous travaillez en France, que votre revenu dépasse les 100 000 euros nets / 130000 bruts, et qu’un appartement à 2000 euros/mois vous convient, votre imposition en Suisse sera de 10000 euros...

    Résident célibataire à Genève, si vous gagnez 150 000 CHF bruts (soit environ 91000 euros bruts), vous paierez 34’865.06 CHF d’imposition communale + Cantonale et 8’044.55 d’imposition fédérale. Soit une imposition totale de 42909 CHF / 26005 euros. Il faut ajouter 10% de charges environ soit 15000 CHF / 9100 euros. Total env. 58000 CHF / 35000 euros.

    En France, avec 91000 euros bruts, ca donne 13120 euros d’impots pour un célibataire + 23000 de charges. 36000 euros au total (impot + charges).

    A noter, que l’on paye des impots en Suisse à partir de 17000 CHF de revenus bruts par an (soit environ 8 mois de smic)

    Pour les revenus, suivant les cantons, l’imposition sur les revenus monte à environ 40% des revenus bruts. Le système du quotient familial est très différent de celui de la France, et nettement moins favorable.

  • Par karg se (xxx.xxx.xxx.165) 17 juillet 2007 12:58
    karg se

    Ce résultat ne satisfait pas du tous le MEDEF, car au MEDEF, le mot d’ordre est "l’anomalie du capitalisme, c’est le libéralisme", dixit EAS.

    Le Medef est à l’image des syndicats ouvriers : corporatiste, oligarchique et médiocre.

    Le recherche et l’éduction sont des facteurs mais ils suffient pas de donner de l’argent pour que ça marche. Regardez les thésards, 75% ne trouve pas de travail qui correspond à leur niveau, la France gaspille 75% de sa capacité d’innovation !

    Il faut arrêter de croire qu’il suffit de toucher à 2 ou 3 facteur pour tous changer, il faut une politique d’ensemble : sortir plus de diplomé, mieux doté les labos, soutenir la recherche privé, débloquer l’investissement.

    C’est assez parlant que vous trouviez ma conclusion conforme au vu du Medef, vous ruez alors qu’a aucun moment je n’est remis en cause le modèle sociale francais, en préambule de l’article j’ai rappelé que l’état providence n’est pas un frein à l’économie mais un moyen efficace de combattre la pauvreté. Même Phelps, qui n’est pas un gauchiste, confirme la neutralité économique du welfare state.

    Ce discours est une rupture, aussi bien par rapport à la pensé conservatrice de droite que de gauche. D’ou l’incompréhension des français devant ces résultats contre intuitifs.

  • Par karg se (xxx.xxx.xxx.165) 17 juillet 2007 13:07
    karg se

    Lerma, je ne remet pas en cause le rôle positif de l’état puisque que je n’ai cessé de le défendre, aussi bien pour les infrastructures, les services publiques, sociaux, l’éducation, la recherche, la politique macro-économique.

    Mais il faut admettre que certaines lois et comportement, que vous ne connaissez pas forcément parce que vous n’êtes pas entrepreneurs, sont des freins au développement.

    Je peux citer une affaire :

    http://econoclaste.org.free.fr/dotc...

    "AB Science, entreprise de biotechnologie, lance une action judiciaire après avoir essayé vainement pendant 18 mois d’obtenir un financement de 3 millions d’euros au titre des pôles de compétitivité, pour entrer dans le pôle "Medicen". L’entreprise se plaint d’avoir été victime de discrimination par les dirigeants du pôle, des cadres de grandes entreprises comme Sanofi-Aventis ou Glaxosmithkline, peu désireux de soutenir un concurrent potentiel. Selon le directeur du pôle, le problème ne vient pas de cela - le projet ayant été jugé positivement par le conseil du pôle - mais des critères gouvernementaux excessivement stricts et bureaucratiques. On se demande laquelle des deux possibilités est la plus navrante."

    2) veuillez être plus clair

    3) Il s’agit de déménagement, pas de simple déplacement, regardez les chiffres du chômage en fonction des zones, on trouve des amas de chômeurs, tous mal formé...

  • Par karg se (xxx.xxx.xxx.61) 17 juillet 2007 22:11
    karg se

    Ca sert à rien de t’entêter, le problème de la recherche en France n’est pas le coup mais la culture des entreprises et les relations recherche/université/entreprises qui sont exécrables.

    Tu connais beaucoup de managers qui sont allés à l’université ?

    Tu connais beaucoup de PhD qui sorte des grandes écoles qui forment les managers ?

    Si t’arrive pas à voir ce problème, cette cassure, ça sert à rien de donner des leçons sur les taxes, surtout que bizarement des pays où ça taxe à mort, genre les pays scandinave, paradoxalement, ces pays investissent à fond dans les R&D. Complot socialol-trotkiste n’est ce pas ?

    Les salaires de chercheur sont 4 à 5 fois plus élevé au USA, parce qu’ils sont conscient du besoin d’innovation et qu’ils essayent de débaucher les meilleurs, c’est à dire les français, coréen et japonais...

    Le matériel nécessaire à la recherche à la même prix partout...

    Votre argument du gauchisme m’amuse, comme si la France était un pays communiste, vous vivez dans un bunker à l’abrit du péril rouge ?

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