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Accueil du site > Actualités > Economie > Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas nationalisé ArcelorMittal (...)

Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas nationalisé ArcelorMittal ?

Depuis vendredi soir, on connait le dénouement du bras de fer entre Lakshmi Mittal, le patron d’ArcelorMittal, et Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif. Il n’y aura pas de nationalisation du site de Florange ainsi en ont décidé Jean-Marc Ayrault et François Hollande. Il n’y aura pas non plus de plan social, qui devait toucher 630 salariés, et la société s’est même engagée à investir sur le site 180 millions d’euros.

En apparence le but principal est atteint, sauver les emplois, mais connaissant la réputation de Mittal à tenir ses promesses, on peut craindre que le réel objectif ne soit que de reporter la fermeture de l’usine au lendemain de la prochaine élection présidentielle (comme l’a fait Sarkozy et d’autres avant lui). On pourra toujours de consoler en se disant que cela fait toujours 5 ans de gagné !

On peut se demander aujourd’hui si la menace de la nationalisation du site menacé était bien réelle, juste un chiffon rouge agité par le gouvernement pour mettre la pression sur le milliardaire indien ou tout simplement un dérapage verbal d’un ministre, Montebourg, qu’on a placé au poste le plus ingrat du gouvernement ; ministre de l’industrie, ce qui par les temps qui courent signifie porte-parole impuissant (puisque les caisses de l’Etat sont vides) des annonces de fermetures d’usines et de plan sociaux. Personnellement j’incline pour la troisième solution car à mes yeux, la solution d’une nationalisation était impossible pour de nombreuses raisons.

Une opération juridiquement et techniquement hasardeuse.

Contrairement à ce qu’affirme de nombreux journalistes, la nationalisation du site de Florange ne peut en aucun cas être comparée aux nationalisations d’une partie de l’industrie automobiles par Obama aux USA ou celles de quelques banques en Europe (En Irlande ou au Royaume-Uni en particulier) pour trois raisons :

1- Accord des deux parties, Etat et société cible. Les General Motors, Chrysler, Anglo Irish Bank, Royal Bank of Scotland, Alstom etc. étaient favorables à une nationalisation par leur Etat, mieux même, ces société ont pris l’initiative de demander cette mesure exceptionnelle. Il faut dire aussi que dans le pack de négociation les représentants de l’Etat s’engageaient à ne pas poursuivre les dirigeants pour d’éventuelles fautes de gestions. Arcelor-Mittal n’est pas demandeur d’une nationalisation.

2- Respect de la souveraineté des Etats. Les Etats ont nationalisé des entreprises dont le siège et les centres des activités et d’intérêt se trouvaient sur leur territoire. Washington n’a pas nationalisé le Japonais Toyota et la franco-belge Dexia n’a pas été nationalisé par l’Etat italien. Le siège social d’ArcelorMittal est au Luxembourg, son principal actionnaire est Indo-britannique, la société est dirigée depuis Londres et le nombre de salariés français ne représente que 8% du total de l’effectif mondial. Si l’idée est de déclencher une guerre diplomatique avec, entre autre, le Royaume-uni et le Luxembourg, c’est la bonne solution.

3- Évidemment la menace brandie pour Montebourg n’est pas une nationalisation totale d’Arcelor-Mittal mais une « nationalisation temporaire » et limitée au site de Florange. Parler de nationalisation temporaire est une démarche hypocrite et un peu fumeuse car tout est temporaire sur Terre, comme si une nationalisation temporaire était un acte moins violent qu’une nationalisation définitive. Les nationalisations de 1945 et 1981 en France furent « temporaires » puisque le plupart des entreprises concernées furent privatisées à partir de 1986 aussi bien par la Gauche que la droite. Et si l’idée est que le site restera propriété de l’Etat jusqu’à ce que celui-ci trouve un repreneur privé, c’est désespérant de naïveté ou de mépris pour l’intelligence des Français ; tant que le site n’est pas rentable aucun investisseur ne se représentera et le temporaire risque de durer.

L’opposition de principe de la Commission européenne et celle des intérêts de 19.400 salariés en France

Que penser d’un nationalisation limitée à un seul site ? Paradoxalement nationaliser un site industriel est beaucoup difficile que de nationaliser une entreprise dans sa totalité et donc tous les sites de production d’un coup.

Prenons l’exemple de Peugeot ; le dernier cours de l’action côte en bourse 4,72 euros et sa moyenne sur les six derniers mois est de d’environ 6 euros. L’Etat pourrait donc, si il jugeait que « la nécessité publique l’exige…et sous la condition d’une juste et préalable indemnité » comme la constitution le prévoit, de nationaliser le lion de Sochaux sur un base de 5 euros par action environ. Chaque actionnaire bénéficierait d’une bonne plus-value par rapport au dernier cours de bourse et tout le monde serait heureux. Par contre nationaliser un seul site, comme celui d’Aulnay, est très compliqué. D’abord comment évaluer la valeur d’une unité isolé qui n’est pas côtée en bourse et ne bénéficie pas donc d’un prix public et marchand reconnu par tous ? Comment gérer les droits d’utilisation des brevets et des marques ? Comment contraindre les autres unités de productions du groupe de continuer à livrer l’usine dans les mêmes conditions qu’auparavant (en terne de prix, de qualité et de volume).

En nationalisant le seul site de Florange(dont « seulement » 600 emplois sont menacés sur 2.000) on en ferait une unité de production orpheline et qui ne pourrait plus bénéficier des avantages d’être intégrée à un grand groupes. Par ailleurs, Arcellor-Mittal emploie 20.000 personne dans l’hexagone. La nationalisation d’une seul unité de production dans l’espoir de sauver 600 emplois environ créait donc une incertitude pour l’avenir de 19.400 emplois. La politique c’est aussi un métier de comptable.

« Les traités ne préjugent en rien le régime de la propriété dans les Etats membres. Par conséquent, il n’existe aucune disposition communautaire interdisant le principe de la nationalisation d’une entreprise. » aiment à rappeler les journaux de gauche en citant une déclaration de 2011 de Joaquin Almunia, le vice-président de la Commission européenne. Ils oublient volontairement de reprendre la deuxième phrase de sa déclaration : « Il convient toutefois de préciser qu’en pareille hypothèse, l’autorité publique procédant à la nationalisation (ou la régionalisation) devrait se comporter comme un investisseur privé en économie de marché tant en ce qui concerne le prix d’acquisition que la gestion de l’entreprise. »
Il est évident que si l’Etat nationalise Florange c’est avant tout pour se comporter non pas en « investisseur privé en économie de marché » mais pour protéger les emplois d’un site.
Un passage en force face à Bruxelles serait-il possible ? Non, car la viabilité du site de Florange est tributaire du projet Uclos, un prototype de captage stockage de CO2 pour réduire drastiquement la pollution de l’industrie de l’acier, dont le financement de 600 millions d’euros reste suspendu au soutien financier de… l’Union européenne . Bruxelles a donc dans ses mains la carottes et le bâton.

L’Etat avait-il les moyens de racheter Florange ?

400 millions d’euros, c’est le coût souvent présenté pour reprendre Florange, évaluation d’ailleurs à prendre avec des pincettes, puisque le propriétaire actuel n’est vendeur que de la partie qui perd l’argent évidemment. Ce montant n’es peut-être pas raisonnable par les temps de crises de la dette et de contrainte budgétaire mais ce n’est pas la mer à boire n’ont plus. C’est 1% de la valorisation de GDF-Suez dont l’Etat détient 37% des parts comme aime à le dire Jérôme Cahuzac, le ministre du budget. Le tour de passe-passe comptable est évident, l’Etat ne se serait pas endetté de 400 millions de plus mais aurait vendu les bijoux de famille. Autre problème, une longue file de canards boiteux était en train de se former devant Bercy ; le chantier naval STX France, la raffinerie Petroplus et surement beaucoup d’autres, à cette allure la participation publique dans GDG-Suez se serait vite réduite comme une peau de chagrin. C’est vrai qu’il reste EDF, France Telecom, Aéroport de Paris et les plages de Normandie. le Mont-Saint-Michel et la tour Eiffel.

Je ne sais pas si Francois Hollande et Jean-Marc Ayrault ont fait le bon choix mais je suis certain qu’il n’y avait pas d’autre choix et de toutes les manière le cœur n’y est plus car plus personne au PS ne croit plus aux vertus du dirigisme étatique. Arnaud Montebourg a-t-il était l’idiot utile peut-être même consentant pour contraindre ArcelorMittal à être plus conciliant lors des dernières phases de négociation ? Peut-être, mais à l’avenir le gouvernement devra trouver un autre subterfuge pour gérer des dossiers délicats qui ne manqueront pas de surgir car ce rôle de flic méchant ne marche qu’une fois.


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77 réactions à cet article    


  • Yves Dornet 3 décembre 2012 10:10

    L’ U.E veille au grain

    Les traités libéraux signés par l’ UMP et le PS ont des conséquences sur notre politique.

    les salariés sont baladés par les syndicats.

    Le Rassemblement Bleu Marine prône la nationalisation pour sortir de la logique libérale et s’inscrire dans la voie de l’indépendance au marché.


    • ZenZoe ZenZoe 3 décembre 2012 10:39

      Bravo au gouvernement.
      Mittal, qui ne demandait rien et n’en espérait pas tant, ressort de ce faux « bras de fer » encore plus riche qu’avant avec des subventions publiques diverses et un effacement de dette fiscale - et avec un site quand même condamné à femer plus tard et des salariés toujours en suspens.
      Puisqu’il semblerait que le site ne soit effectivement plus rentable, aurait-il été si difficile d’imposer à Mittal un reclassement pour certains salariés et une prise en charge financière pour les autres jusqu’à la retraite ? Les syndicats n’ont-il pas une fois de plus merdé dans cette affaire en demandant l’impossible ?


      • dadascope dadascope 4 décembre 2012 15:25
        Florange, la nationalisation aurait été contraire au droit européen :
        http://contrelacour.over-blog.fr/article-florange-la-nationalisation-aurait-ete-contraire-au-droit-europeen-113096437.html
         
        Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 04 Décembre 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission "Intégrale Bourse." Ca fait toujours plaisir de l’ecouter.
        http://www.youtube.com/watch?v=dUadqody0VY
         

      • LE CHAT LE CHAT 3 décembre 2012 10:52

        Le dossier est surtout politique et symbolique .
        Produire de l’acier en Lorraine alors qu’il n’y a aucun débouché ????
        le site de Florange est ravitaillé par Dunkerque , si on produit à Florange pour +cher , on ferme un four à Dunkerque ?
        Qu’en pensent les alliés écolos du gouvernement , on alourdit nettement l’empreinte carbone en produisant en Lorraine , alors que minerai , charbon et carburant sont livrés à Dunkerque ?

        Et pendant ce temps 1500 chômeurs anonymes de plus par jour pour lesquels l’etat ne fait rien .............


        • Le taulier Le taulier 3 décembre 2012 11:03

          Faut croire que les vert au gouvernement apprécient la bonne soupe.


        • LE CHAT LE CHAT 3 décembre 2012 11:04

          ventes automobiles -19 % en novembre
          quand à l’immobilier , ça craint !

          on le vend à qui cet acier ?


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 3 décembre 2012 13:10

          Le Chat ,tu as exposé la vraie raison qui les a fait rennoncer.....


        • wesson wesson 3 décembre 2012 11:30

          Bonjour l’auteur, 


          désolé de vous le dire, mais votre catéchisme sur les raisons qui rendait impossible la nationalisation, ça ne vaut pas tripette.

          1 - par définition, et très souvent, les propriétaires d’une entreprise ne veulent pas sa nationalisation tant qu’elle rapporte plus qu’elle ne coûte. Les exemples Américains que vous citez correspondent à la crise de 2008 Américaine, ou ces entreprises étaient en faillites et auraient dû être saisies, ce qui par ailleurs voulait dire que techniquement elle valait 0. Les nationalisation qu’il y a eu n’avaient qu’un seul but : faire reprendre à la puissance publique les dettes colossales afin que les créanciers ne perdent rien. On était la totalement à l’encontre du dogmatisme libéral, et même à l’encontre de ce qu’est une nationalisation, car en plus de la garantie d’immunité, les dirigeants sont resté tous en place. Une nationalisation, une vraie, c’est tous les créanciers qui vont se faire foutre, et les anciens dirigeants immédiatement à la porte si c n’est en prison. Rien à voir avec le fric-frac qui s’est passé. 

          2 - Une entreprise est une entreprise, pas un état, merci de ne pas confondre. Surtout en prenant en compte le peu de cas que les multinationales font des états.

          ...

          • Le taulier Le taulier 3 décembre 2012 11:37

            1-Ceux qui ont été nationalisé en 1981 disent merci au PS aujourd’hui.

            2- Une entreprise n’est pas un Etat ? je ne comprend pas ce que tu veux dire.


          • lebreton 3 décembre 2012 16:48

            bonjour ,

            Vous me permettrez de ne pas etre d’accord avec vous sur un point l’état en lui meme a l’essence meme d’une entreprise qui doit gérer le bien national ,ou de la nation selon chaque interpretation,mais l’essentiel de son devoir n’est il pas de protéger son peuple contre des intérets de multinationnales qui nuisent comme la mafia dans certains pays (quebec) ah là se sont les vertus du web qui nous donne acces a ces info s ,mais bon ,c’est vrai que sarko n’a pas donner la demonstration d’un homme au dessus de tout soupçons !!!!!


          • Inquiet 3 décembre 2012 11:43

            Le Taulier, je vous cite :

            --------------------
            Ils oublient volontairement de reprendre la deuxième phrase de sa déclaration : « Il convient toutefois de préciser qu’en pareille hypothèse, l’autorité publique procédant à la nationalisation (ou la régionalisation) devrait se comporter comme un investisseur privé en économie de marché tant en ce qui concerne le prix d’acquisition que la gestion de l’entreprise. »
            Il est évident que si l’Etat nationalise Florange c’est avant tout pour se comporter non pas en « investisseur privé en économie de marché » mais pour protéger les emplois d’un site.
            -----------------------------------------------

            Et c’est bien que l’UE veille à ce que l’Etat ne nationalise pas pour protéger des emplois ?

            N’est-ce pas un aveu formidable sur l’hold-up démocratique que fait la commission de Bruxelles, et d’afficher aux yeux de tous que l’Etat DOIT se comporter comme une Entreprise Privée.

            L’Etat est sommé de ne pas se comporter en Etat représentant les intérêts de son peuple.

            Y-a-t-il autre chose à ajouter à cet « acte-manqué » ?

            Ah, arrogance quand tu nous tiens smiley


            • Le taulier Le taulier 3 décembre 2012 12:49

              je ne fais que reprendre une déclaration d’un commissaire européen qui reflète la position de la Commission.


            • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 5 décembre 2012 15:13

              C’est justement le point intéressant. En l’absence d’un repreneur privé, l’état , par une nationalisation s’y substituerait donc. La citation choisie ne fait qu’observer la contradiction entre l’état-défenseur des ouvriers, qui sauverait les emplois en nationalisant, et l’état-gestionnaire qui alors deviendrait un acteur-fossoyeur de cette économie de marché.

              Outre cette dualité au niveau de la « morale d’état », recevable que si en effet le site s’avérait rentable, encore faudrait-il lui faire confiance dans la gestion d’un site que les différents industriels semblent se refiler comme une patate chaude depuis une décennie... Il est vrai qu’on ne refroidit qu’une fois un fourneau.

              Mais le feuilleton de l’automne est-il terminé ?

              Quand je pense que Sarkozy avait réglé le problème en 2007.
              C’est bien la preuve qu’Hollande est bon à rien.


            • apopi apopi 3 décembre 2012 11:46

               Ils devront faire preuve de beaucoup d’imagination à l’UMPS pour essayer d’enfumer tout le monde jusqu’en 2017, même avec le soutien inconditionnel de tous les merdias.

               En 2013 çà risque de devenir chaud bouillant...


              • Le taulier Le taulier 3 décembre 2012 13:01

                tu oublies de préciser que les Islandais ont accepté une baisse des salaires de 30% dés le début de la crise .


              • jako jako 3 décembre 2012 16:04

                Baisse des salaires et... des loyers.


              • parce que les SOCIALISTES SONT DES BOBOS TROP PRES DES BANQUIERS

                LE PATRON DE LA SG GAGNE 600000 EUROS MOIS

                LA VRAIE GAUCHE QUE MONTEBOURG DOIT REJOINDRE AVEC ...

                LAURENT...MELENCHON...CHASSAIGNE...AUTAIN PESERA 30% EN 2017

                LA DROITE SERA UMPFN OU PAS CE SERA DONC L UDI FACE A LA VRAIE GAUCHE

                CELA SERA TRES INTERESSANT DE VOIR NAITRE UNE 6ème REPUBLIQUE


              • PLUTOT HAUSSE DES SALAIRES ET LOYERS REDUITS DE MOITIE IL FAUDRA PATIENTER

                JUSQU A 2017....et que la France ne devienne pas une province ALLEMANDE


              • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 4 décembre 2012 00:53

                « Baisse des salaires et... des loyers. »

                Oui, avec expropriation des banques, nationalisation de l’énergie, et indexation des prix sur le salaire moyen. Mais je crois que l’auteur préfère boire les paroles de Christophe Barbier dans « C dans l’air » plutôt que de s’inspirer des prix Nobel d’économie.

                Je cite et je source :

                L’Islande a fait ce qu’il fallait faire, contrairement aux autres pays, affirment en chœur des économistes de premier plan. Joseph Stiglitz, l’économiste américain détenteur du prix Nobel, souligne qu’elle a choisi judicieusement de ne pas faire subir les conséquences des erreurs de son secteur financier aux générations futures.
                (...)
                L’Islande a laissé le processus d’échec capitaliste suivre son cours normal, et les banques qui n’étaient plus viables ont fait faillite.
                (...)
                Dans un rapport publié à mi-novembre, le FMI salue la reprise économique de l’Islande, et il indique que sa consolidation budgétaire est « en bonne voie ». La croissance économique devrait être de 2,6% cette année.

                http://www.express.be/business/fr/economy/la-leon-de-la-crise-financiere-lislande-a-fait-ce-quil-fallait-faire-contrairement-aux-autres-pays/182127.htm


              • Innsa 3 décembre 2012 12:40

                La nationalisation d’ArcelorMittal serait un précédent que le gouvernement ne veut pas prendre tout simplement : S’ils avaient nationalisé ArcelorMittal, il n’y aurait pas de raison de ne pas nationaliser d’autres entreprises en difficulté.

                Sur la durée, cela deviendrait vite ingérable : des centaines de demandes de nationalisation pour sauver les emplois, des grèves etc.
                Un gouvernement faible ne peut pas prendre ce risque.

                • Le taulier Le taulier 3 décembre 2012 13:02

                  C’est ce que j’écris en conclusion ! Merde tu pourrais lire le texte et pas seulement le titre !


                • Le péripate Le péripate 3 décembre 2012 13:10

                  Il y a quelques cas de nationalisations, provisoires, qui sont possibles. C’est le cas récent des nationalisations des banques islandaises. Mais la différence est que dans le second cas la contrepartie était la garanti des comptes des nationaux, ce qui n’est pas rien. Et de surcroit la finance ayant pris le pas sur le politique une phase transitoire de réajustement peut se comprendre.

                  Là rien de tel.

                  • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 4 décembre 2012 00:43

                    Au moins tu es d’accord sur la nationalisation des banques, c’est déjà un énorme progrès, nos idées avancent. Quant à l’industrie, l’agriculture, et les services, j’ai la faiblesse de croire qu’ils sont aussi importants que ce que tu appelles les « comptes nationaux ». Les uns ne vont pas sans les autres.

                    Ca avance.

                     smiley


                  • Romain Desbois 4 décembre 2012 00:59

                    on a connu les nationalisations des banques et les gens ont déja oublié le scandale du Crédit Lyonnais (LCL).

                    Non les banques faut les laisser crever et aller dans des banques les plus éthiques.

                    Si déjà on arrive à faire disparaître les plus grosses ,les pires , les autres vont vite changer de façon de faire.

                    On n’a pas besoin de sauver une banque qui n’a pas de clients !!!!

                    Nous avons donc tous une carte énorme à jouer contre les banksters.


                  • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 5 décembre 2012 03:02

                    Bien d’accord.


                  • lebreton 3 décembre 2012 15:57

                    t’as fumé ou quoi ? aler va dormir ça ira mieux demain !


                  • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 4 décembre 2012 00:59

                    A mon avis ce malheureux n’a pas fait que fumer.

                     smiley smiley smiley


                  • paul 3 décembre 2012 13:32

                    « Plus personne ne croit au dirigisme étatique » !
                    Aucun risque avec ce gouvernement, comme les autres,depuis....26 ans .
                    On peut mesurer aujourd’hui les bienfaits de ce libéralisme heureux et débridé .

                    Le flibustier financier, Heavy Mittal, se permet de tenir les états par les burnes .
                     Il joue au Monopoly avec ses sites industriels : il en laisse crever certains, pour en favoriser d’autres .Il achète les mines de charbon et de fer pour alimenter ses usines, et dispose à sa guise de la vie ou de la mort de centaines de milliers d’emplois à travers le monde . Normal : vive la liberté entrepreneuriale !

                    Il ne craint même pas de s’endetter ( 6 Md ) pour financer ses folies dirigistes ( un individu le peut, mais pas un État , ce serait du collectivisme ) : il a tout l’appui de Goldman Sachs dont il fait patie au conseil d’administration : ce monde est petit !
                    Avec Mittal, c’est Full Métal Racket ..


                    • lsga lsga 3 décembre 2012 13:35
                      Analyse très juste concernant la difficulté de ne nationaliser qu’une partie d’une entreprise et non sa totalité.

                      Pour le reste, c’est marrant le Taulier, que ce soit pour la France ou pour l’Argentine, tes raisonnements sont légalistes :

                      Tu crois que les lois ont une existence matérielle et qu’elles sont contraignantes. 

                      A l’échelle des états comme au niveau internationale, les lois ne sont respectées que par ceux qui décident de les respecter. Une loi juridique, fusse-t-elle européenne, n’est pas une loi physique et il est très facile de s’en extraire. 

                      En commentaire de l’article concernant l’Argentine et les HedgeFund, je t’ai cité l’exemple de la Russie de Poutine et de la nationalisation des sites pétroliers de BP à Sakhalin :

                      Poutine n’avait aucunement le droit de spoiler BP de la sorte. Il l’a fait quand même. Idem pour Khodorkovsky qui s’est fait exproprier Lioukos. Il a beau eu réclamer de bon droit prêt de 90 Milliards de dollars de dédommagement à différentes institutions internationales, aujourd’hui, il casse des cailloux en Sibérie. Pourtant, toutes les lois étaient de son côté. 

                      L’Argentine va-t-elle ’rembourser’ les 4,5 milliards de dollars réclamer par les tribunaux US ? Pour toi c’est l’évidence au prétexte que les émissions argentines ont été arrangés par des banques internationales et dépendraient donc du droit Us, anglais, etc. En réalité, rien de moins sûr. Les USA ont besoin du pétrole argentin, et la Chine lorgne de prêt sur cette ressource. Si l’Argentine refuse de se plier aux tribunaux US, il est peu probable que les USA mettent en péril leur approvisionnement pour satisfaire quelques Hedge Fun (quelques ’Khodorkovsky’ américains).

                      Il en va de même pour le droit européen. Il est respecté par les gouvernements Européens qui veulent bien le respecter (on a vu comment la Grèce n’a eu aucune difficulté à s’extraire de ses règles sans que personne ne s’en rende compte ). Si demain, un Jean-Luc Mélenchon prenait le pouvoir, il pourrait sans difficulté exproprier toutes les entreprises qu’il souhaite, et au prix qu’il souhaite. 

                      Tout n’est qu’une question de rapport de forces, le droit n’est qu’une cristallisation temporaire des rapports de force sociaux.

                      • wesson wesson 3 décembre 2012 23:39

                        Salut Isga,


                        on peut pas dire mieux que ce que tu écrit. 

                        Nationaliser, c’est d’abord et avant tout une question de volonté politique, pas une question financière. 

                        L’erreur d’ailleurs la plus répandue, c’est de croire d’ailleurs qu’un état est une entreprise. C’est bien évidemment pas le cas, et pour récupérer ses impayés de la part d’un état, il faut en général lui déclarer une guerre, si toutefois on en a la capacité.



                      • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 4 décembre 2012 01:13

                        Salut Wesson.

                        Oui, « faire croire qu’un état est une entreprise », c’est le vieux truc de nos néolibéraux pour avilir les peuples, vider les caisses, et s’en foutre plein les poches. Leurs ascendants ont employé des méthodes identiques avant 1929 ; avec les excellents résultats que nous connaissons : crach, crise, chômage, populisme, Hitler, guerre mondiale, 50 millions de morts, etc, etc.

                        Les banksters ont été sortis par la petite porte en 1945 mais ils reviennent aujourd’hui par la lucarne de la télé. Et, évidemment, les cerveaux disponibles hochent de la tête en signe d’acquiescement.


                      • spartacus spartacus 3 décembre 2012 13:57

                        Allez je vous explique.

                        Mittral même si cela vous choque a raison de ne pas rouvrir Florange
                        S’il le faisait, cela ferait « baisser » le cours de l’acier. Il est déjà bas, il est complètement stupide de le mettre en surcapacité cette industrie qui l’est déja.
                        Mittral avait un autre « atout dans la manche » lors des négociation, ’une usine proche de Nantes, ville du Premier ministre. 
                        Il a simplement menacer de liquider cette usine qu’est pas plus rentable que Florange. 

                        Montebourg et Ayrault les zozos ont étés pris à leur propre piège. Pour la forme on vous explique un soit disant « investissement ». 

                        S’improviser « négociateur » quand on a jamais rien créé, ni dirigé d’aussi gros, face à un type parti de rien et devenu la 23 eme fortune du monde, c’est avoir la grosse tête. 

                        Vouloir baisser le prix de l’acier est une connerie. Mais le dire en face aux salariés nécessite un courage que les bobos Enarchiques n’ont pas. Ces gens là n’anoncent que des bonnes nouvelles en général payables sur le dos des contribuables.

                        • lsga lsga 3 décembre 2012 15:37

                          ah les militants Front National...


                          soit disant patriotes, soit disant anti-libéraux...

                          on voit bien ce qu’il en est dans la pratique. La lutte contre l’Oligarchie Financière et contre la mondialisation libérale n’est pour vu qu’un slogan publicitaire que vous avez repris car il semblait populaire. 

                        • spartacus spartacus 3 décembre 2012 15:50

                          Rien a foutre du FN.

                          Le libéralisme c’est l’émancipation des individus, la responsabilité individuelle, et contre la soumission à l’état toujours totalitaire. 

                        • lebreton 3 décembre 2012 16:07

                          déja évite d’écorcher les noms ,ce n’est pas mitral ,secondo ,tu doit sortir de la cuisse à jupiter pour avoir des connaissances aussi pointues en économie mondiale ,avec de telles connaissances tu aurais pu etre dirigeant syndical ,comme parisot non ? heureusement que la connerie ne tue pas ! tu vois ce que veux dire ,non ?


                        • lsga lsga 3 décembre 2012 16:11

                          ah ça, c’est sûr que tu devais préférer le Front National de JMLP qui assumait haut et fort son libéralisme (sur la base des valeurs que tu viens de défendre).

                          Vous êtes nombreux aujourd’hui, les libéraux pur jus a être resté dans le FN de Marine Lepen, bien qu’il soit dirigé par le marxiste Bruno Lemaire ? Je serais curieux de savoir...


                        • lsga lsga 3 décembre 2012 17:05

                          la haine rouge le nazi de service du pur facho


                          Moi y en a être français monsieur, français, moi y en a pas parler langue bizarre à toi. 

                        • lulupipistrelle 3 décembre 2012 13:59

                          Réponse au titre : parce que le gouvernement , comme tous ceux qui l’ont précédé depuis 1981 est composé de TRAITRES, qui ont bradé notre indépendance stratégique.


                          • kitamissa kitamissa 3 décembre 2012 14:54

                            tout à fait d’accord ...


                            en 81, c’était la coalition Socialo-Communiste en place qui n’avait qu’un objectif : 

                            détruire tout le tissus industriel et stratégique du pays pour le livrer à l’URSS encore puissante à cette époque, et instaurer un régime du style RDA chez nous ..satellite de Moscou !!

                          • lemouton lemouton 3 décembre 2012 16:22

                            mon pov lulu..

                            quand on veut donner des leçons d’histoire, on a au moins la prudence de vérifier..

                            Le massacre des entreprises nationales a commencé avec ce smiley de Giscard.. et cela lui a couté son poste, bien fait pour sa g***

                            Quand aux actions de l’état après 81, croyez vous que Renault existerait aujourd’hui si l’état ne l’avait pas protéger dans les 80’s ??
                            Qu’à voir, à la même époque, ce qu’a fait cette tarée de Tatcher avec leur industrie automobile, leur moyens medicaux, leur transport ferroviaire...

                            En tant que citoyen français, je préfère payer une usine qui fonctionne aujourd’hui à perte, et même si c’est pour longtemps, plutôt que d’indemniser des gars au chomage qui perdent leur liens professionnels, leur savoir faire..
                            C’est pourtant simple.. Purée.. smiley

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