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Accueil du site > Actualités > Economie > Pourquoi le pétrole va-t-il baisser ?

Pourquoi le pétrole va-t-il baisser ?

Quoi de plus fluctuant que le prix du pétrole ? Hautement spéculatif, sensible aux moindres éternuements diplomatiques, il ne cesse déjouer tous les pronostiqueurs qui se risquent sur le long terme. Au début d’année, le chiffre de 70 dollars le baril de brut semblait s’inscrire dans la durée. Six mois après, rien n’est moins sûr.

Depuis de longues années, le marché du pétrole subit une forte tension entre une offre limitée et une demande en progression régulière, principalement provoquée par la croissance des marchés émergents. En n’accordant qu’avec parcimonie les permis d’exploitation, les Etats producteurs maintenaient la pression sur les cours et sauvegardaient leurs précieuses réserves. En limitant leurs investissements dans la production, les compagnies exploitantes évitaient une dépense qui aurait eu pour effet de d’accroître l’offre et de diminuer leurs profits. Ce statu quo semblait d’autant mieux installé que les actionnaires des compagnies, du Moyen-Orient aux USA, sont ceux-là mêmes qui poussent les pions de l’échiquier politique. Jeux pervers, dont les conséquences commencent à apparaître.

Déjà, ce 15 mai, à l’occasion de la réunion de l’OPEP à Vienne, l’Agence de presse Xinhua citait plusieurs responsables de l’organisation estimant que le cours du pétrole ne pouvait rester au niveau actuel car il freinait la demande, au risque de ralentir la croissance mondiale. Prenons acte de cette prise de conscience responsable, mais le principal risque encouru par l’OPEP ne serait-il pas de concéder une part du marché aux énergies de remplacement ? Lord Brown, patron de BP, cité par Axel de Tarlé sur Europe 1, ajoute qu’avec un pétrole à 70 dollars, toutes les compagnies pétrolières investissent dans de nouveaux gisements devenus rentables. Gisements pour l’essentiel hors zone OPEP, qui verrait son influence diminuer encore un peu au sein des cartels pétroliers. Il est clair que, pour ces deux raisons, l’OPEP ne tient pas à voir le pétrole conserver son cours actuel. Lord Brown envisage, quant à lui, une baisse du baril vers 40, voire 25 dollars, c’est-à-dire proche des coûts réels d’exploitation des nouveaux gisements, une fois les investissements amortis. À ce prix, le patron de BP coupe le colza sous le pied des investisseurs intéressés par les énergies de remplacement.

Ces raisons suffiraient à expliquer une baisse mécanique du prix du baril dans les années à venir, si d’autres facteurs n’entraient pas en ligne de compte.

Parmi ces facteurs, j’en distingue trois.

Lorsqu’on croise un pétrolier, un banquier n’est jamais loin. Les banques, qui tirent d’importants profits de leurs participations dans les compagnies pétrolières, nourrissent par la même occasion l’hydre qui les dévore : l’inflation. Sans avoir pénétré le secret de leurs comptes, il m’est possible de m’interroger sur les pertes de leurs profits rongés par l’inflation face aux dividendes que procure le seul secteur pétrolier.

Deuxième facteur : le déficit de la balance commerciale des Etats-Unis. Personne ne tient à voir s’écrouler une si puissante économie, dorénavant sur le fil du rasoir.

Troisième facteur, et non des moindres : la Russie et le Vénézuéla. Clairement, ces deux pays ne jouent pas le bon jeu. Avec un pétrole à 70 dollars le baril, la première finance le rétablissement de ses forces armées, la seconde permet la réalisation des actions sociales dans toute l’Amérique du Sud, qui vire à gauche et prend ses distances face à la forteresse américaine.

Le seul intérêt que présente un pétrole élevé est de favoriser l’émergence d’énergies propres. Pas de quoi, hélas, faire rêver un banquier.

Il semble donc bien qu’une prochaine tendance baissière du pétrole, telle qu’elle est annoncée, va prochainement s’enclencher et marquera la fin du troisième choc pétrolier. Le changement radical de la position de Bush envers l’Iran serait alors le premier signal fort de cette fin de crise.


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30 réactions à cet article    


  • dmx (---.---.8.124) 19 juin 2006 10:15

    Peak Oil ça vous dit quelque chose ?


    • zen (---.---.230.222) 19 juin 2006 10:42

      Article très à courte vue...Revoir tous les débats autrement riches et nuancés sur ce sujet depuis plusieurs mois. Cliquez sur « tous les dossiers »...


      • meta-babar (---.---.70.249) 19 juin 2006 10:43

        « L’organisation estimant que le cours du pétrole ne pouvait rester au niveau actuel car il freinait la demande, au risque de ralentir la croissance mondiale »

        Mon dieu, mais c’est évident, la sacrosainte croissance mondiale ne saurait etre inquiété par un prix élevé du pétrole, meme s’il n’y en a pas assez. Certains ne voient toujours pas qu’une croissance indéfinie, reposant sur le pétrole qui plus est, est impossible. Par ailleurs l’opep n’a aucune marge de manoeuvre, elle ne peut pas augmenter sa production , meme si elle le voulait.


        • Maxime Gouzevitch Maxime Gouzevitch 19 juin 2006 10:52

          Cette position est effectisement adaptee par les britaiques. Decidement ces Torries ne font et de disent rien comme les autres. Pourvu qu’ils aient tort... Tout jour du petrole cher est ca de gagne d’investissement dans le renouvelable. Ceci dit la baisse ne pourrat etre que conjoncturelle et de courte duree. L’epuisement des ressources en aurait raison en quelques annees...


          • (---.---.58.45) 19 juin 2006 11:38

            Si on compare la situation actuelle avec les crises prétrolières précédentes, il y a quelques différences significatives qui permettent de douter d’une baisse durable du prix de pétrole.
            - une production qui a du mal à se renouveler (exemple : épuisement des ressources en mer du Nord) qui laisse penser que le pic du maximum de production est proche.
            - de nouveaux entrants dans le jeu politico-énérgétique (Russie, Venézuela) ne partageant pas les intérêts américains.
            - une forte demande issue de pays non liés aux intérêts européens et américains (cf. Chine, Inde,..) qui ne permet plus à la demande américaine et à l’offre de l’Arabie Saoudite de réguler le marché pétrolier.

            En conclusion, il y a plus à parier sur le pétrole à 100 $ que sur une baisse pérenne du prix du baril. Par contre, il est probable que les acteurs essayeront de rendre cette hausse progressive de façon à ne pas générer des crises.


            • Laïd DOUANE Laïd DOUANE 23 juin 2006 12:33

              (IP:xxx.x02.58.45) le 19 juin 2006 à 11H38 « Si on compare la situation actuelle avec les crises prétrolières précédentes, il y a quelques différences significatives qui permettent de douter d’une baisse durable du prix de pétrole. »

              Bravo ! votre post, bien que trop court, mérite d’être lu. Vous avez parfaitement raison, il n’y a rien de comparable avec les crises pétrolières précédentes. L’arrivée de la Chine et de l’Inde sur le marché pétrolier risque, le mot est modéré, de pousser les prix à la hausse. Outre l’épuisement des ressources pétrolières, le jeu politico-économique, la forte demande issue de pays non liés aux intérêts européens et américains, il y a des millions de projets en voie de réalisations qui n’ont pas encore commencé de consommer le pétrole. Avant de commencer à produire en consommant du pétrole, ces projets connus par les financiers, exerce une forte influence par la spéculation. En conclusion, vous avez raison de dire qu’il « y a plus à parier sur le pétrole à 100 $ que sur une baisse pérenne du prix du baril. » Et la crise sera certainement consommé par d’autres choses que la baisse des prix.


            • romG romG 19 juin 2006 11:39

              Bonjour Renaud,

              Bien tenté ... « Le seul intérêt que présente un pétrole élevé est de favoriser l’émergence d’énergies propres. » Faux et archi-faux, voir les articles parus récemment dans le Monde notamment.

              Désinformation ou méthode Couet ?

              Cordialement.


              • Cuic (---.---.1.120) 19 juin 2006 12:15

                Article déjà vu il y a un mois un deux ; quel intérêt ?


                • Stephane Klein (---.---.101.8) 19 juin 2006 12:32

                  L’article part du postulat que les nouveau investissements hors OPEP remplaceront largement les ressources epuisees et au-dela ce qui est douteux, surtout en l’abscence de chiffres averes. Quant aux investissements au sein de l’OPEP, il semblent rien moins que stagnants.

                  L’article est cependant dans le vrai quand il affirme que de ce fait, un prix eleve du petrole favorise les sources alternatives hors OPEP ainsi que les EnR, il n’est qua voire lengouement pour le solaire thermique ainsi que le futur tarif d’obligation d’achat pour le biogaz.


                  • romG romG 19 juin 2006 13:31

                    Stéphane,

                    Je me référais à l’article paru le 24 mai et titré « La seconde vie de l’or noir ». Extrait : « Certains écologistes se sont enthousiasmés un peu vite de l’envolée des cours. N’allait-elle pas entraîner un recul de la consommation et une réduction de la pollution, la baisse des échanges et la relocalisation des activités, des économies d’énergie et le développement de la biomasse, de l’éolien et du solaire, désormais proches du seuil de rentabilité ? Las, avec le secours de la technologie, cette situation de crise va assurer une seconde vie au pétrole, constate la revue L’Ecologiste dans son numéro de mars-avril. Léger et aisément extractible, le brut n’était qu’une matière première ; lourd et difficile à raffiner, voire dérivé d’autres énergies fossiles, il devient un produit manufacturé. »

                    Le fait que l’on parle plus de quelque chose ne signifie pas que les efforts associés sont avérés (c’est après tout des entreprises comme Total qui communiquent le plus sur la question).

                    Cordialement.


                  • Renaud Delaporte (---.---.87.149) 19 juin 2006 14:42

                    @ romG Je comprends mieux votre réaction.

                    J’aurais dû en effet préciser : ’Le seul intérêt que présente un pétrole élevé pour les financiers est de favoriser l’émergence d’énergies propres (dans lesquelles il y des sous à gagner).

                    Les autres conséquences : relocalisation, diminution des échanges, ne les intéressent absolument pas et présentent surtout une menace à leurs yeux.

                    Sur le passage du pétrole d’une matière première à un produit manufacturé : cela fait plusieurs années que la prise de conscience existe.

                    @ Stéphane L’article part du postulat que les nouveau investissements hors OPEP remplaceront largement les ressources épuisées et au delà.

                    Non, pas les ressources. Les ressources hors OPEP s’épuisent vite. Les Etats-Unis et l’Angleterre, la Norvège et la Russie, pour ne citer qu’eux, ont déjà passé leur pic. Les compagnies ouvrent plus grand le robinet, ce qui va faire baisser les cours... et les réserves.

                    J’ai traité cette info pour ce qu’elle est : purement conjoncturelle et financière. Les chocs pétroliers sont des artefacts économiques. Les réserves, des réalités géologiques. Les premiers ne sont pas toujours en rapport avec les seconds...

                    Cordialement,

                    Renaud Delaporte


                  • Koogan (---.---.109.8) 19 juin 2006 14:58

                    > « Les compagnies ouvrent plus grand le robinet, ce qui va faire baisser les cours... et les réserves. »

                    Faux. Les robinets sont déjà ouverts au maximum.

                    > « Les réserves, des réalités géologiques. Les premiers ne sont pas toujours en rapport avec les seconds... »

                    Exact. Mais quand le marché va ouvrir les yeux sur la réalité géologique, ça risque de faire très mal... et certainement pas à la baisse ! En fait, si le barril ne joue qu’aux alentours de 70$ en ce moment, c’est parce que les financiers n’ont aucune idée de la *réalité* géolique actuelle des réserves. Pour maintenir un semblant de débit (en baisse depuis le 2ème semestre 2005) afin de contenir la tension offre/demande, l’OPEP pompe fort (déjà au max et déclarent ne pas vouloir - pouvoir ? - pomper plus)... ce qui va simplement amener à un épuisement plus rapide et à un écroulement encore plus rapide des réserves. Les 380$ ne sont pas si loins...


                  • Koogan (---.---.109.8) 19 juin 2006 15:04

                    J’ajoute que les découvertes cumulées sur les quatre année entre 1999 et 2003 (*) ont permis d’augmenter les réserves mondiales de pétrole de... 290 jours (à 84 mb/j de consommation au rythme actuel)... pas de quoi mettre la planète à l’abris de la déplétion suite au PO.

                    (*) chiffres IFP


                  • Koogan (---.---.109.8) 19 juin 2006 14:50

                    Avez-vous pris, une seule seconde, le temps de vous renseigner sur l’état actuel des réserves et débits de pétrole avant de rédiger votre article ? Manifestement pas, parce que vous sauriez que ce qui fait le prix élevé du brut est une donnée physique et structurelle : la déplétion de la production mondiale de pétrole. Le second trimètre 2005 a vu la plus grosse production de pétrole de toute l’histoire (> 85 mb/j)... depuis la production mondiale a baissé et stagne péniblement aux alentours de 84 mb/j. Le pétrole est de plus en plus difficile et cher à extraire. Sa qualité baisse (fini le light sweet crude) et son raffinage plus compliqué, plus long, plus énergivore, plus cher (et je ne parle même pas des sables bitumineux, just du brut lourd)... comment voulez-vous imaginer une baisse du prix du brut dans ces conditions ?... sauf à ignorer les limites physiques de la planète, ce qui, finalement, est le réflexe de tous ceux qui ne pensent que par le « marché » et pour qui la terre est plate...

                    Ceci étant, étrangement, les mêmes banquiers qui vous servent d’explication à la baisse, parlent eux de hausse : voir le rapport IXIS/Caisse d’Epargne (Patrick ARTUS / Moncef KAABI) qui table sur un barril à 380$ d’ici 10 ans (http://www.oilcast.com/pdfs/French380pb.pdf).


                    • brch90 (---.---.122.209) 2 juillet 2006 13:22

                      Exactement. très bien dit.

                      De plus les producteurs majoritaires sont peu nombreux et ont intérêt à investir au minimum pour faire augmenter les prix. La pompe à fric va durer plus longtemps et dégager un meilleur rendement. De toute façon les estimations sont des estimations et donc fausses ...

                      Vous ne croyez pas que les pays de l’OPEP - par exemple - vont investir plus - infrastructures, puits, transports - pour se faire ’plumer’ plus facilement par l’UE et les USA ? Regardez l’augmentation du prix du gaz par la Russie !


                    • mowglii (---.---.153.33) 19 juin 2006 16:17

                      aucune reflexion de nature economique dans cet article qui releve plus de la profession de foi altermondialiste cherchant la bonne « posture » face à ses moulins à vent habituels, le banquier et le petrolier ...


                      • nono (---.---.94.25) 19 juin 2006 16:58

                        C’est elisabeth teissier qui a signé cet article...

                        Dire que le pétrole va baisser me parait etre utopiste, because c’est une histoire d’offre et de demande..

                        Avec des stocks qui diminuent et une extraction qui coute de plus en plus cher pour aller le chercher et une demande qui ne cesse d’augmenter...

                        Je passe une fois de plus sur la vision carricaturale du banquier... les poncifs de l’extreme gauche habituel...

                        ...


                        • Bloggy Bag (---.---.152.115) 19 juin 2006 17:16

                          Cela fait un peu « comment puis-je me rassurer ». Ce qui peut être considéré comme sûr :
                          - on ne voit pas bien comment la demande pourrait diminuer
                          - comme indiqué, certains gisements sont déjà en décroissances
                          - les découvertes se font de plus en plus rares pour des gisements de moins en mois faciles à exploiter (donc coûteux)
                          - les tensions et les appétits autour des petits pays exploitants (guerrillas, nationalisations à la hussarde, tentatives d’opa, ...) connaissent un regain certain

                          Ce qui est douteux :
                          - l’exactitude des réserves (beaucoup de personnes ont de bonnes raisons de gonfler les stocks)
                          - que les banquiers soient favorables à une baisse du pétrole pour des raisons d’inflation. Ils sont surtout favorables à ce que des clients solvables leurs demandent de l’argent et c’est un des problèmes de l’investissement pétrolier : quand investir sur un gisement sera-t-il déficitaire ? On n’a pas la date, juste la certitude que le risque augmente, ce qui joue contre le pétrolier.
                          - que la volonté suffise à règler les errements financiers américains.

                          Enfin, on ne considère dans cet article que le couple pétrole / finance en passant sous silence beaucoup d’éléments perturbateurs : quid d’une nouvelle saisons de cyclones, quid d’une offensive chinoise musclée sur ce marché, quid d’un effet psychologique de peur de la pénurie, quid d’une percée technologique.

                          Je ne crois pas à une tendance baissière, mais pas non plus à une courbe gentillement régulière. Je parierais plutôt sur une évolution cahotique violente, ingérable, comme tout système autorégulé qui perd soudain sa cohésion.


                          • Peter (---.---.113.204) 19 juin 2006 17:48

                            Malheureusement, le pétrole est maitenant rare... et ce qui est rare, est cher. Le monde approche de son pic de production, et le pétrole ne diminuera plus à long terme. Que chacun prenne ses dispositions pour ne pas avoir le bec dans l’eau (faute de pétrole...).


                            • Renaud Delaporte (---.---.87.149) 19 juin 2006 19:31

                              Sur l’analyse des banques :

                              « Les cours du brut ont vraiment été tirés à la baisse par la vente de matières premières résultant des craintes d’ inflation », a indiqué Victor Shum, analyste chez Purvin and Gertz à Singapour.

                              Selon les analystes, les prix du brut ont subi une correction en partie due aux anticipations de hausses de taux d’intérêt par plusieurs banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne ou celle du Japon.

                              Destinées à contenir l’inflation , ces hausses de taux freinent l’activité économique et peuvent du même coup conduire à un ralentissement de la demande en produits pétroliers. ici

                              Encore une fois, ne mélangeons pas réserves prouvées et extractions prévues, perspectives à moyen terme (quelques semestres à venir), et analyses à long terme (10 ans) qui ne sont contradictoires qu’en apparence.

                              & Bloggy Bag : Parmi les situations chaotiques, le Darfour et le Tchad sont pris dans la tourmente pétrolière, comme vous le savez certainement. Les réserves connues dans ces pays ne cessent d’augmenter. Aucune information grand public sur les réalités de ces réserves et il est très difficile de recouper les rares chiffres disponibles à ce sujet. La raison en est simple : personne ne sait encore avec certitude qui pourra en disposer. L’importance de ces réserves jouera un rôle non négligeable dans la violence des mouvements erratiques des cours que vous évoquez.

                              Pour l’instant, ça baisse (le Brent à 66,47 $ aujourd’hui).


                              • Koogan (---.---.80.141) 19 juin 2006 22:44

                                > Les réserves connues dans ces pays ne cessent d’augmenter.

                                D’où vous vient cette information ? A combien de millions de barrils ces réserves sont-elles estimée ? Qui annonces ces réserves ? La réponse à ces quelques questions donnent une idée de la pertinence de l’information.

                                > Pour l’instant, ça baisse (le Brent à 66,47 $ aujourd’hui).

                                Le barril de WTI joue toujours aux alentours de 70$ sur le NYMEX et même si ça fluctue de 50 cts tous les jours, on est loin de voir s’amorçer une baisse. Et ça dure depuis février...


                              • Renaud Delaporte (---.---.87.149) 20 juin 2006 00:54

                                Sur les réserves au Soudan : estimation à 0,25 milliards de barils en 2001, 0,580 milliards de barils en 2006. (source EIA ). Cette analyse ne tient pas compte d’une annonce faite par le gouvernement soudanais à la mi-avril 2005 concernant des forages prometteurs au Darfour.

                                Des chiffres de réévaluation beaucoup plus importante circulent, mais ne peuvent être vérifiés.

                                Sur l’analyse d’une tendance baissière : "Les cours du brut ont baissé lundi en Asie dans un marché rassuré par les signes encourageants d’un possible compromis dans la crise nucléaire iranienne , selon les courtiers. xinhuanet.com

                                Cordialement

                                Renaud Delaporte


                              • Maxime Gouzevitch Maxime Gouzevitch 19 juin 2006 20:16

                                En defense de l’auteur je dirais que c’est a peu pres l’analyse que fait du phenomene le BP. Ce qui ne l’as pas empeche de changer de nom :

                                BP n’est plus British Petroluem, mais Beyond Petrol


                                • Phil Philippe Gammaire 19 juin 2006 22:14

                                  L’article manque singulièrement d’arguments. Tout indique que le pétrole va augmenter sauf, sauf, sauf... si demain la situation en Irak revenait à la normale et que la production pouvait être lancée plein gaz. L’Irak est en effet la 2e réserve pétrolière PROUVEE au monde. Ne rêvons pas, si les Boys quittent demain l’Irak, c’est parti pour une guerre civile à la libanaise pendant 15 ans... Actuellement, la production mondiale est de 84 millions de barils-jour et elle ne pourraît être augmentée que d’1,5 millions de barils. Au-delà c’est la pénurie... C’est donc très tendu et les bourses réagissent au moindre événement : cyclone Katrina, attentats au Nigéria (grand producteur pétrolier), etc. La tension au plan géopolitique est également majeure, pour ces raisons, entre les états-unis, l’iran et la chine. Non seulement l’iran exporte suffisamment pour créer une crise pétrolière si elle fermait le robinet, mais elle a le soutien de la Chine et de la Russie (qui s’opposent à un veto au conseil de sécurité). La Chine vient de signer un énorme contrat d’exportation de gaz avec l’Iran et l’Inde est demandeur. Ceci explique pourquoi l’occident est impuissant à faire cesser la menace nucléaire brandie par l’Iran. Le pays des mollahs tient les pays occidentaux par les Coui**es... Voilà en résumé pourquoi le pétrole ne risque pas de baisser prochainement. Bien au contraire.


                                  • Renaud Delaporte (---.---.87.149) 20 juin 2006 01:00

                                    Voir ma réponse à Koogan ci-dessus.

                                    Bien à vous.

                                    Renaud Delaporte


                                  • Le vénérable du sommet (---.---.253.79) 20 juin 2006 01:20

                                    Si l’arabie saoudite représente 2 baril, l’Irak n’en représente plus qu’un. Les autres (opep ou hors opep) ne sont que de pauvres malheureuses flaques. L’europe cherche les énergies renouvelables sans se rendre encore compte qu’elles dépendent entièrement du pétrole. Ce qui peut faire le jeu d’une baisse du pétrole, c’est surtout que les nouveaux arrivants (inde et chine surtout) ne misent pas sur l’opep. Bien sur si le pétrole baisse aujourd’hui, c’est pour augmenter d’autant plus dans quelques temps avec moultes crises et bordel généralisé. Mais, la courte vue des économistes et politiques du monde entier peut effectivement faire que cette baisse du pétrole se présente.

                                    Et encore, on ne parle là que du pétrole en tant qu’énergie et pas de matière première !!!


                                    • mobar (---.---.144.226) 21 juin 2006 08:14

                                      La méthode Coué est parfaite pour traiter les maux psychologiques, pour le cours de bourse du pétrole c’est un peu moins efficace.

                                      Quelques erreurs : La hausse des prix du brut a ralenti la demande mondiale. Faux : La demande continue de progresser aux US, en Chine, en Inde.... L’inélasticité de la demande de pétrole par rapport au prix est une donnée attachée au marché du brut. Il faut entre 5 et 10 ans pour inverser une tendance dans le secteur des énergies. Par exemple pour passer une industrie du pétrole au gaz ou au charbon. 25% d’augmentation du prix réduit la demande de 1% environ. Voir l’étude IXIS citée plus haut.

                                      La quantité de pétrole présente dans les réserves n’est pas l’élément qui peut caractériser l’offre. Le débit de pétrole extractible à un instant donné est beaucoup plus important. Sur un champ, ce débit, lorsqu’il a atteint son maximum ne peut que décroitre. Actuellement la majorité des champs ont dépassé leur débit maximal. Si l’opérateur qui exploite un champ pétrolier décide d’augmenter le débit(pour satisfaire une demande) il court le risque de « tuer » ses puits en créant dans la roche mères des ruptures d’écoulement. Si on veut augmenter le débit de pétrole extrait, cela ne peut se faire que sur les gisements jeunes n’ayant pas encore atteint le débit max de production par forage de nouveaux puits (on augmente le nombre de robinets). Le problème c’est que les gisements de ce type sont rares ou restent à découvrir (10 à 15 ans entre une campagne d’exploration et le premier litre de brut extrait).

                                      Le pétrole à 25 US$ est proche oui mais dans le passé pas dans le futur.

                                      cordialement


                                      • Laïd DOUANE Laïd DOUANE 23 juin 2006 12:02

                                        Le prix du pétrole ne va pas baisser pour les raisons invoquées dans votre article. Et même s’il baissait, pas avant quelques années, il ne descendrait pas au dessous de 50 dollars. « Hautement spéculatif, sensible aux moindres éternuements diplomatiques, il ne cesse déjouer tous les pronostiqueurs qui se risquent sur le long terme ! » C’est, justement « ce long terme » qui me permet d’être aussi affirmatif. Le pétrole et ses dérivés rapportent beaucoup d’argent pour dissuader ses demandeurs de plus en plus nombreux et la « croissance des marchés émergents » n’est pas pour s’arrêter du jour au lendemain.

                                        Pour stopper cette croissance, il faudrait peut-être demander à la Chine et l’Inde, pour ne pas citer que ces deux là, de s’abstenir à la consommation du pétrole. Quant à la croissance mondiale, elle ne risque pas d’être freinée par le cours du pétrole à moins de cent dollars le baril, car la demande dépasse l’imagination. Et comme le pétrole est présent dans toutes les activités de l’être humain, il faudrait penser à l’élimination de la moitié de l’humanité pour réduire la demande. A rappeler que le pétrole n’est pas seulement l’essence et le gazole ! Le colza est peut-être susceptible de stopper la demande des carburants pour rester au niveau actuel sans plus.

                                        Et comme « le banquier n’est jamais loin lorsqu’on croise un pétrolier, comme vous l’affirmez », surtout quand ce dernier se dirige vers la Chine, il ne sera pas déçu par les gains de l’or noir. Pour ce qui est du déficit de la balance commerciale des USA, il ne peut pas être un facteur de baisse des prix du pétrole car les Américains se préparent pour affronter cette augmentation des prix en accaparant des zones pétrolières un peu partout dans le monde au détriment de l’Europe. Et comme le système américain est sauvagement libéral, personne ne ferrait des cadeaux pour baisser les prix dans le but de redresser la balance commerciale. Pour le troisième facteur concernant la Russie et le Vénézuéla, permettez moi de vous dire tout simplement, que c’est à côté de la plaque.

                                        Vous dites que « Le seul intérêt que présente un pétrole élevé est de favoriser l’émergence d’énergies propres ». ça c’est vrai et c’est même trop vrai. Mais vous oubliez que pour en arriver là, il est impératif de passer par le niveau dangereux du baril à 100 dollars. Et comme il n’existe pas de bague magique, il faudrait plusieurs années pour mettre au point quelque chose de durable. Encore faudrait-il trouver des solutions aux millions de choses qui dépendent du pétrole, pas seulement les machines et les engins technologiquement énormes ! D’ici là, les finances des pays pétroliers auront le temps de se débarrasser eux même de ce pétrole qui a endormi leurs peuples. C’est ça l’autre grand intérêt du pétrole élevé mon cher Delaporte ! Dans une année, nous reparlerons peut-être du pétrole à moins de cent dollars !

                                        Laïd DOUANE


                                        • IW86 (---.---.200.14) 22 août 2006 23:09

                                          Oui pourquoi ? Parce que la guerre la vraie se prepare apres les lachetés du conseil de securité .

                                          Parce que la production de Ghawar baisse 5 % une année 8 % en ce moment malgés l’injection massive d’eau de mer les forages horizontaux les puits secs...

                                          Par ce que les pipe lines a travers le monde sont en train de lacher....

                                          L’OPEP a perdu la main pour preuve le silence assourdissant des Saoud pendant les operations militaires au liban..

                                          Et sans parle de l’essoufflement de la production le pic est peut etre deja franchi...

                                          Donc le petrole va baisser et puis disparaitre...


                                          • IW86 (---.---.200.14) 22 août 2006 23:12

                                            Bien dit et terriblement vrai

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Renaud Delaporte

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