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Accueil du site > Actualités > Economie > Pourquoi le Royaume-Uni emprunte au même taux que l’Allemagne

Pourquoi le Royaume-Uni emprunte au même taux que l’Allemagne

La situation économique et budgétaire du Royaume-Uni est très dégradée : taux de chômage au plus haut depuis 17 ans, endettement des ménages et des entreprises très élevé (beaucoup plus qu'en France), dette publique importante, déficit public abyssal (beaucoup plus important que celui de la France), répercussions négatives de la récession en zone euro sur la conjoncture britannique, austerité drastique contre-productive... Pour autant, les obligations d'état britanniques inspirent la confiance des investisseurs, ce qui permet au gouvernement d'emprunter à un taux comparable à celui de l'Allemagne.

Pourquoi ? essentiellement parce que le Royaume-uni a conservé sa propre monnaie nationale et que la Banque d'Angleterre ne s'est pas fixé comme objectif unique et dogmatique la seule lutte contre l'inflation (à l'instar http://sortirdeleuro2012.over-blog.com/de la BCE). La Banque d'Angleterre met ainsi en oeuvre une politique de soutien à l'activité : dévaluation, baisse du taux d'intérêt directeur à 0,25% et rachat massif d'obligations d'Etat à taux zéro (monétisation de la dette publique ou "planche à billets" pour alléger le poids des intérêts de la dette pour les contribuables).

La BCE a fait exactement l'inverse : hausse du taux d'intérêt directeur à 1,5% en avril dernier, acceptation de la surrévaluation de l'euro depuis des années et interdiction par les traités européens de monétiser la dette des Etats membres de la zone euro. Le résultat de cette politque monétaire dogmatique étant le retour de la récession dans la zone euro et l'aggravation des déficits publics.

Ainsi, la France, pourtant à bien des égards en meilleure situation économique que son voisin d'outre-manche est contrainte d'emprunter à un taux plus élevé que le Royaume-Uni car nous sommes pris au piège de l'euro. En effet, si la France avait conservé le Franc, sa propre monnaie nationale, comme l'ont fait les USA, la Suisse, la Russie, le Japon, l'Inde, la Chine, le Brésil, la Suède, le Danemark, la Corée et tous les autres pays développés de la planète, notre situation budgétaire serait incomparablement meilleure qu'aujourd'hui, pour deux raisons essentielles.

D'une part, la situation économique générale de la France serait bien meilleure : avec un taux de change adaptée à la compétitivité française, notre pays pourrait relancer ses exportations et équilibrer sa balance commerciale (comme ce fut le cas pendant 50 ans, jusqu'en 2000, grâce au Franc alors que nous avons battu en 2011 le record du déficit commercial depuis 1945 à cause de l'euro, dont le taux de change est totalement surrévalué pour notre économie). Ainsi nous pourrions renouer avec une croissance forte, la création d'emplois et la consommation, donc les recettes fiscales, et baisser le taux de chômage, donc diminuer les dépenses sociales : le déficit public serait automatiquement considérablement réduit.

D'autre part, la Banque de France pourrait, comme ce fut le cas jusqu'en 1973, monétiser la dette publique en prêtant au trésor français à taux zéro et ainsi alléger le fardeau de la dette pour les contribuables.

Enfin, si le Royaume-Uni peut se financer à des taux attractifs et semble devoir conserver son AAA, c'est aussi parce que les investisseurs ont confiance dans la livre sterling, monnaie qui existe depuis des siècles (près de 1000 ans) et continuera d'exister aussi longtemps que le Royaume-Uni lui-même. En revanche, l'euro-maginot, construction totalement artificielle et dés l'origine vouée à l'échec et à l'implosion comme toutes les monnaies plurinationales de l'Histoire, vit ses denières heures. Heureusement !!

 

 

Ci-dessous un article paru dans les echos sur ce thème.

La Grande-Bretagne devrait conserver son triple A étant donné la volonté de son gouvernement d'effacer un énorme déficit budgétaire et la capacité de la Banque d'Angleterre (BoE) à faire fonctionner la planche à billets, estiment les économistes interrogés par Reuters.
L'agence de notation Moody's a affecté lundi soir une perspective négative à la note britannique, tout comme sur celles - Aaa aussi - de la France et de l'Autriche, évoquant la crise de la zone euro et jugeant que l'économie et les finances du pays étaient trop faibles pour résister à un choc majeur.

Mais économistes et analystes jugeaient mardi la Grande-Bretagne suffisamment solide pour s'en tirer sans déclassement, si l'on en croit une enquête Reuters menée à chaud auprès de dix économistes. Il en ressort une probabilité moyenne de 27,5% seulement de voir Londres perdre son triple A.
Malgré une situation économique morose et un taux de chômage au plus haut depuis 17 ans, la Grande-Bretagne continue de jouir de coûts de financement très bas, car les investisseurs considèrent ses emprunts (gilts) comme un havre de paix relatif dans la tourmente obligataire actuelle en dépit d'un déficit plus important que celui de la France, privée de son AAA par Standard & Poor's à la fin de l'année dernière.
Londres, qui a déjà dû renoncer à rééquilibrer les finances publiques à temps pour les prochaines élections en 2015, vise un déficit budgétaire de 8,4% du PIB sur l'exercice 2011-2012 et de 7,6% l'exercice suivant. La France anticipe 4,5% environ cette année et les Etats-Unis réaliseraient 6,2%.
Plusieurs raisons expliquent ce statut relativement privilégié du Royaume-Uni. La maturité moyenne de la dette britannique est de 14 ans, bien plus longue que celle de bon nombre d'autres pays, selon l'Office de gestion de la dette britannique.

En outre, la Banque d'Angleterre a augmenté la semaine dernière de 50 milliards de livres son programme de rachats d'actifs (ce que la BCE se refuse obstinément à faire car c'est illégal depuis le traité de Maastricht. La BCE continue donc de prêter aux banques au taux dérisoire de 1% mais ne prête jamais à taux zéro aux Etats, ce qui se fait en revanche très fréquemment aux USA, en Suède, au Japon, en Suisse, au Brésil etc). Moody's elle-même a souligné le rôle majeur de la BoE comme point d'ancrage de la confiance des investisseurs et estimé que le risque de ne pas trouver d'acheteur de la dette britannique était limité.
"Le Royaume Uni présente le risque de refinancement le plus bas de toutes les grandes économies AAA, sur la base de la maturité moyenne de l'encours de dette britannique (...), en raison de l'important gisement d'investisseurs locaux et de la volonté et de la capacité de la banque centrale à entreprendre une politique monétaire accommodante" (afin de soutenir la croissance et l'emploi, comme aux USA par exemple, mais ceci est totalement tabou pour les technocrates non élus et psychorigides de la BCE et de Bruxelles), explique Moody's.

 

Pour en savoir plus sur le désastre de l'euro, dont la fin INÉLUCTABLE se rapproche à grands pas, visitez notre blog : http://sortirdeleuro2012.over-blog.com/
 


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17 réactions à cet article    


  • jef88 jef88 6 avril 2012 14:22

    L’Angleterre se porte très mal !!!!
    Mais ............
    - La bourse de Londres se porte très bien !
    - Les agences de notation sont à sa botte !

    Le reste c’est du pipeau !!!!!!!!


    • 4A+++ 6 avril 2012 14:44

      Bonjour,

      En effet face au manque de protectionnisme de l’Europe vis à vis de la chine environ 500 Milliards d’achat pour la chine et 250 Milliards d’exportations de l’Europe on peut se demander a qui profite un Euro fort ? Je tendrai à dire que pour la France il pénalise.

      Hors, pour que l’ Europe soit plus compétitive il nous faudrait plutôt un euro faible ce qui permettrait de rembourser nos dettes plus facilement grace à une relance de l’économie.

      Le problème est de savoir, si l’Europe est prête à revoir le fonctionnement de la banque Centrale pour quelle puisse prêter directement aux états en difficulté.
      Seulement voila, l’Allemagne si oppose, en nous rappelant la sombre période de son histoire (la période d’hyperinflation).
      Sortir de l’Euro sans détruire l’unité de l’Europe pourquoi pas mais tous ensemble à mon avis.
      Car le premier qui le fera, ferait exploser tous l’édifice.

      Mais il faut se poser aussi la question à qui profite cette situation ?
      Et pourquoi nous avons tant de nouveaux hommes d’états en provenance de Goldman sachs ?


      • Le taulier Le taulier 6 avril 2012 15:48

        1- Le R-U n’emprunte pas au même taux que l’Allemagne. 1,735% contre 2,157 pour Londres.

        2- D’autres pays de l’Euroland paient aussi des taux proches auxquels se financent l’Allemagne. Il s’agit des Pays-Bas et de la Finlande. Ce n’est donc pas un problème de monnaie mais un problème de bonne ou mauvaises situation budgétaire.

        3- Selon toi la sitaution de Royaume-uni est pire qu’en France ("taux de chômage au plus haut depuis 17 ans, endettement des ménages et des entreprises très élevé (beaucoup plus qu’en France), dette publique importante, déficit public abyssal (beaucoup plus important que celui de la France),"). Qu’est-ce qui est préférable ? Emprunter à une taux un peu plus élevé ou avoir plus de chômage, plus désendettement etc...

        4- La France paie aussi la charge de l’aide à la Gréce, à l’Espagne, au Portugal etc. Solidarité que le RU a refusé. Faut-il donc ne plus être solidaire de nos voisins du Sud ? C’est un choix qu’il faut assumer (voir mon article Dette espagnole et Italienne : la mort à petit feu)
         
        Mon point de vue des choses : Le RU a un gouvernement plus compétent que le gouvernement actuel de la France (le déni français de The Economist) ou que celui qui va venir. Tout logiquement les investisseur en tiennent compte.


        • PUCK 6 avril 2012 22:59

          Eh oui ! la Grande Bretagne a remplacé son gouvernement de Gauche ( bien moins que nos socialistes ) par D.Cameron qui gouverne franchement à droite ,ce qui n’est encore jamais arrivé en France où la Droite est tjrs complexée .Même Pompidou a signé ce maléfique traité de 1973 qui dépossède la Banque de France de ses prérogatives au profit des banques commerciales .


        • Buddha-dassa 6 avril 2012 15:59

           a part le commerce , la compétition, l’argent , comme moyens de ne jamais vivre ensemble donc de faire une guerre continuelle, , quoi de neuf ? rien du tout.......il va falloir sortir de l’enfance et grandir amis terriens...je n’y crois plus en fait.....

          mais nos cerveaux sont déjà en train de rétrécir, je vois de lus en plus de zombies et pas seulement en france bien sur.....l’ alzheimer géant nous guette et je ne rigole pas du tout..on affaire a une race d’humain qui n’a plus rien a dire sur rien...dieu que cet humain est ignorant.. smiley

          Plus on a développés les techniques et plus on devient idiots...dans le sens premier du mot..

          dommage, vivre était le miracle mais on ne le voit pas..nous n’avons rien a achever , car tout est déja....


            • lloreen 6 avril 2012 18:57

              Ce qui est bien avec la monnaie anglaise, c’est que ceux qui s’en servent voient l’image de celle qui les asservit !

              Sur les autres, il y a de belles images.....


              • Mugiwara 6 avril 2012 20:31
                si tous les pays se mettent à l’austérité, quand on sait que les exportations des pays de l’UE se font en grande partie dans ... l’UE. il aurait fallu que les pays ayant une balance commerciale positive puisse se concentrer sur le marché intérieure, c’est à dire appliquer la relance par la demande pendant une durée limitée. a contrario, pour les pays à la balance commerciale négative exporte davantage. 

                chose que les pays du nord de l’UE ne font pas assez pour permettre un rééquilibrage dans toute l’union, ça permettrait de faire respirer les pays du sud de l’UE. 

                je ne crois pas du tout à une politique d’austérité pour tous les 27 pays de l’UE, pas plus qu’une relance par la demande par tous les pays en même temps. 

                il aurait fallu établir des binômes, à savoir, mettre un pays du sud avec un pays du nord. 

                La France soutient l’Allemagne, L’Espagne doit soutenir un pays du nord, par exemple la Suède, etc .... 

                ce n’est qu’un avis d’un amateur... 

                • Le taulier Le taulier 6 avril 2012 21:00

                  C’est vrai c’est un avis d’amateur.

                  L’Espagne qui soutient la Suède c’est à mourir de rire !


                • Mugiwara 7 avril 2012 00:28

                  Merci pour ta franchise !!! je suis mdr ... je veux dire par là qu’ils doivent travailler en commun l’un et l’autre, un pays latin avec un pays du nord et ainsi de suite. faut dire que ton message n’est pas assez constructif non plus (mdr)... 


                • Le taulier Le taulier 7 avril 2012 17:50

                  Un pays latin et un pays du nord,une sorte de parrainage ? Une feignasse et un représentant de la race supérieur ? Car c’est comme ça que cela être interprété. 

                  C’est facile de dire « il faut envoyer nos inspecteurs des impôts apprendre aux Grecs comment on fait rentrer l’impôt » par contre accepter de voir venir des étrangers venir nous dire ce qu’on doit faire chez nous c’est moins évident.


                • Mugiwara 10 avril 2012 02:28
                  plus que le parrainage, je préfère parler de partenariat (durable ou temporaire, bilatérale ou plus)...

                • Le taulier Le taulier 10 avril 2012 06:11

                  Pardon, « parrainage » cest pour les pays africains.

                  Quel intérêt va retirer la Suède de ce « partenariat » ? Les Suédois ne sont pas des buses, ils savent bien qu’aider un pays comme le Brésil ou l’Inde avec des potentiels bien plus fort est plus intéressant.


                • Mugiwara 10 avril 2012 23:09

                  j’ai cité la Suède de façon tout à fait arbitraire. rien de plus. mais il est clair qu’il ne peut à lui seul aider l’Espagne. Mais oui, je préfère que la France s’endette pour aller investir dans les pays que tu viens de citer. c’est pourquoi, il faut voter F.Bayrou. 


                • Soi Même 7 avril 2012 01:52

                  L’ Angleterre est un bon exemple de la finance de haut vole, pardon de haut vol !


                  • Iren-Nao 7 avril 2012 10:05

                    Toutes ces histoires de finances sont effectivement catastrophique et pourraient etre redresse en detruisant le systeme dont elles sont issues, ce qui est en train de se faire car le virus tue le malade avec certitude.

                    Mais en soit disant parant a ce qui est certes urgent on en oublie totalement la disparition des ressources naturelles et de l’environnement et en ne tenant aucu compte des avertissement renouveles cette annee du club de Rome, donc on est vraiment super mal barres

                    Lire et diffuser a un maximum :
                     http://www.dedefensa.org/article-1972-2012_le_club_de_rome_persiste_et_signe_06_04_2012.html

                    Meme ces clowns d’ecolo n’en parlent pas.

                    Iren-Nao


                    • Fred59 7 avril 2012 11:29

                      C’est salutaire de remettre les choses en perspective : comparer la Grande-Bretagne et l’Allemagne, ça permet de sortir de l’argument pseudo-universaliste à partir du cas français (le ’Sans-l’Euro-Nous-Sommes-Perdus-Forcément-C’Est-Evident)

                      Ceci dit je n’ai pas d’admiration pour le modèle économique anglais, qui laisse prospérer les cancers financiers, du paradis fiscal sous drapeau du Commonwealth, et qui a commis des erreurs majeures au cours des 30 dernières années (privatisation désastreuse des chemins de fer, par exemple)

                      La conclusion, ce serait plutôt : Même avec une gestion désastreuse, le pouvoir de création monétaire est objectivement et largement supérieur à la force de concentration monétaire.

                      Ce n’est pas la banque centrale de Roumanie qui me contredira, puisqu’elle (mais aussi d’autres pays du pourtour européen ), elle laisse se dévaluer sa monnaie avec succès pour encaisser la baisse de consommation réelle que l’on observe dans toute l’UE ! Le tableau actuel est contrasté, mais il y a 6 mois c’était frappant : seules la suisse et la lettonie ne dévaluaient pas ! Comment voulez-vous avec ça, rétablir une balance commerciale ?

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