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Pourquoi les cadres ne sont pas intéressés par les 36, 37 ou 39 heures

Hewlett Packard a annoncé pourvoir réviser à la baisse les licenciements prévus, si le personnel acceptait de revenir sur les 35 heures, c’est-à-dire de travailler 36, 37 ou même 39 heures, pour le salaire de 35 heures. Apparemment, il n’a pas reçu d’accueil enthousiaste à sa proposition.

En même temps, un sondage effectué à la demande l’Union des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT, la branche "cadre" de la CGT, montre que cette catégorie de personnel est très attachée à ses jours de RTT. 64 % des personnes sondées ont déclaré vouloir conserver leurs jours de RTT, et seulement 30% accepteraient de les convertir en salaire.

Il est pourtant assez évident d’expliquer pourquoi. La proposition du PDG de HP, dans une société composée à 84 % de cadres, montre une grande méconnaissance du problème, et était vouée à l’échec. A moins que ce ne soit pour montrer que la société était prête à faire quelque chose, tout en sachant d’avance que la réponse serait négative... Le sondage de l’UIGCT/CGT, quant à lui, était, je suppose, motivé simplement par l’idée de rajouter un argument, et une classe de salariés supplémentaire, au front du refus de la révision des 35 heures.

Je vais vous dire pourquoi la RTT est incontournable pour les cadres. En effet un cadre (dans le privé) travaille très largement plus que les 35 heures, entre 45 et 60 heures par semaine. Lorsque la discussion sur le passage aux 35 heures a eu lieu, les cadres, initialement, n’y ont vu aucun intérêt, car ils savaient que pour eux, payés au résultat, cela ne changerait rien à leurs heures effectives de travail. Jusqu’à ce que l’idée de la RTT apparaisse ! Car là, effectivement, il y avait une vraie opportunité de récupérer un peu de leurs longues heures de travail, et de se ménager un peu de repos supplémentaire, dont ils ressentent le besoin. Même s’ils sont parfois incapables de prendre toutes les RTT auxquelles ils ont droit , ils y sont néanmoins farouchement attachés.

Leur proposer maintenant de revenir dessus revient à leur supprimer un vrai jour de repos, réel ou potentiel, alors qu’ils continueront à travailler autant pendant leur longue semaine de travail, quel que soit l’horaire officiel de la durée du travail.

L’autre raison en est aussi que les cadres, mieux payés mais plus stressés, sont moins susceptibles d’être intéressés par des revenus en plus que par l’amélioration de leurs conditions de travail, que constituent les RTT. Et ils savent aussi que, s’ils n’arrivent pas à consommer toutes leurs RTT, elles leur seront payées un jour. Je dirais même qu’au moment du départ en retraite anticipée, elles permettent de gagner quelques mois supplémentaires, pour combler le trou avec l’âge officiel de leur retraite.

Alors...


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2 réactions à cet article    


  • argoul (---.---.18.97) 21 octobre 2005 16:21

    Tout à fait d’accord avec vous. Les RTT sont des « jours » supplémentaires à prendre quand on veut. Le travail, lui, étant « par objectif », doit de toutes façons être fait. Le vrai progrès des RTT est donc pour les cadres ; pas tellement pour les employés (sauf femmes pour un mercredi sur 2 ?) qui auraient sans doute préféré ne pas voir leurs salaires bloqués ou presque durant 4 ans. Comme toujours, au lieu de laisser la liberté de choix aux gens, on leur impose d’en haut. C’est transformer une bonne idée en contrainte non négociable, avec effets pervers.


    • Gérard (---.---.219.5) 23 octobre 2005 12:49

      Les RTT ont permis aussi bien aux employés (cadres ou non cadres) de gagner quelques jours de congés qu’aux entreprises d’annualiser le temps de travail et de gagner en productivité. Le blocage des salaires qui a suivi ne sert qu’à « améliorer la productivité » mais n’a pas creuser un gouffre sur les couts de mains d’oeuvre par rapport aux autres pays. Il suffit de comparer la productivité hebdomadaire, mensuelle ou annuelle entre les francais et les anglais par exemple. Quand à la proposition (chantage à l’emploie) du PDG de HP de revenir sur les 35h et de diminuer (un peut) le nombre de licenciement, ce n’est que du bidon. Il y aura de toutes facons ces licenciements, Mark « le nettoyeur » commençant tout juste son travail de récurage.

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