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Accueil du site > Actualités > Economie > Pourquoi les Français détestent-ils le libéralisme ?

Pourquoi les Français détestent-ils le libéralisme ?

Si l’on devait aller à l’essentiel et résumer ce qui distingue un libéral d’un antilibéral, à la fin des fins, je crois que le critère ultime serait celui-ci : le libéral croit en l’autonomie de l’homme, l’antilibéral en son hétéronomie.

Pour le libéral, l’individu est un être libre, responsable ; il a l’essentiel de son destin entre ses mains. Comme disait Sartre (le premier Sartre, celui des Chemins de la liberté), son existence précède son essence ; autrement dit, il n’est rien d’autre que ce qu’il fait de sa vie.

Au contraire, l’antilibéral pense que l’homme est déterminé, qu’il n’est pas libre mais subit un certain nombre de conditionnements ; qu’il ne se décide pas en fonction de son libre-arbitre, mais qu’il est « agi » par des forces extérieures (société ou culture) ou intérieures (inconscient). Nombreuses sont les philosophies fondées sur cette conception hétéronome de l’homme : le marxisme (l’homme est déterminé par sa classe sociale), le culturalisme (l’homme est déterminé par la culture à laquelle il appartient) ou une certaine psychanalyse bon marché (l’homme est déterminé par des forces inconscientes).

 

Avec une telle grille d’analyse (largement inspirée du sociologue Raymond Boudon), on peut expliquer tous les désaccords entre libéraux et antilibéraux. Prenons quelques exemples.

 

Face à l’échec scolaire, voici ce que pense le libéral : pour réussir, un enfant doit d’abord et avant tout travailler. S’il arrive qu’il ait des difficultés particulières, dues au fait qu’il appartient à un milieu défavorisé, et s’il veut surmonter ses difficultés, on doit l’aider à rattraper son retard (c’est une forme de discrimination positive : il faut aider davantage ceux qui en ont le plus besoin et veulent qu’on les aide). S’il ne veut pas travailler, on ne peut pas le faire à sa place.

Voici ce que pensera, au contraire, un antilibéral : si un enfant échoue à l’école, c’est d’abord et avant tout la faute de la société. Il est victime de discrimination et il faut donc faire en sorte que l’école adapte le niveau des exigences en fonction du plus petit dénominateur commun. C’est en alignant l’enseignement vers le bas qu’on parviendra à l’égalitarisme, qui doit être le but d’une société juste. La notion de mérite a ici totalement disparu, puisque l’individu n’est plus responsable de son destin.

 

Autre exemple. Face à la délinquance, voici ce que pense un libéral. Un acte délinquant est une violation du droit, il doit donc être sanctionné. Mais, comme tout le monde a droit à une seconde chance, on ne doit pas se contenter de punir mais aussi permettre à celui qui est puni de retrouver le droit chemin.

Voici à l’inverse ce que pensera l’antilibéral : un délinquant n’est pas responsable ; c’est d’abord une victime. S’il commet un délit, c’est de la faute de la société qui l’a conduit à une telle extrémité. Il ne faut donc pas le punir, mais le réinsérer. La seule politique viable est une politique de prévention et de réinsertion systématique. Celle-ci est un droit et elle doit donc être assurée chaque fois (et autant de fois) qu’un délit sera commis. Le GR peut témoigner avoir entendu une adolescente de seize ans lui expliquer que lorsqu’un élève est pris en train de tricher, on ne doit pas le sanctionner. On doit se demander pourquoi il trichait ! L’anecdote est véridique et elle est parfaitement conforme à la thèse de l’hétéronomie : un élève qui éprouve la nécessité de tricher est un élève « en échec scolaire ». Il est victime d’une école qui ne le comprend pas, et non pas responsable d’un acte inadmissible !

 

Autre exemple : la fiscalité. Pour l’antilibéral, le riche doit être dépouillé de sa richesse puisqu’il n’en est pas responsable. Soit il a eu de la chance, soit il l’a volée. Il est donc légitime que l’Etat se l’accapare et la redistribue à ceux qui n’ont pas eu la même chance (le pauvre n’est pas plus responsable de sa pauvreté que le riche ne l’est de sa richesse).

Le libéral, lui, considère qu’il certes est nécessaire dans une société de faire preuve de solidarité (par l’impôt mais aussi par d’autres moyens), mais qu’il est immoral (et idiot économiquement) de confisquer sans limite les richesses créées par un individu (par son travail, son intelligence, son audace, son goût du risque, son habileté etc.)

 

Dernier exemple : lorsqu’un salarié est licencié. Pour le libéral, il faut faire en sorte qu’il puisse retrouver un travail, c’est-à-dire lui proposer une formation pour que sa qualification soit adaptée à la demande des entreprises. En échange de cette formation, il doit s’engager à accepter le travail qu’on lui proposera.

Pour l’antilibéral, il est tout simplement victime d’une injustice de la part d’un employeur, soucieux avant tout de faire du profit. Il est donc de la responsabilité de la société d’interdire à l’employeur de le licencier ou, si cela est impossible, de l’indemniser pour le préjudice qu’il a subi.

 

On pourrait multiplier ainsi les exemples à l’infini. Un locataire qui ne paie pas son loyer est, pour l’antilibéral, une victime du marché de l’immobilier, entre les mains de propriétaires avides et immoraux. Un mineur qui est arrêté pour son 67e vol de portable est une victime de la société des adultes qui n’a pas su entendre ses problèmes. Etc.

 

On voit très bien que dans cette logique hétéronome, le règne du « droit à » s’impose. Puisque l’individu n’est pas libre, puisque ses actes ne sont que le résultat de déterminismes et de conditionnements multiples, c’est à la société d’assurer l’égalisation des destins, en garantissant à chacun des « droits à » identiques. Et il ne faut pas être grand clerc pour voir qu’il s’agit là d’un cercle vicieux : plus ces « droits à » seront nombreux, plus l’irresponsabilité sera entretenue, cultivée même.

Dans la société antilibérale, l’individu n’a plus aucun rôle à jouer dans son destin : il doit s’en remettre entièrement à l’Etat qui pourvoira à son sort.

Comme disait Tocqueville, l’Etat « travaille au bonheur des citoyens ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il (...) prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie (...) ; que ne peut-il leur ôter complètement le trouble de penser et la peine de vivre ? » (De la démocratie en Amérique, Folio, Gallimard, vol 2, p. 434).

 


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175 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 22 février 2007 12:11

    Et encore un article initiatique sur la sémantique et la sémiotique du mot « libéral ».

    Rappelons une fois encore que les « antilibéraux » ne sont pas opposés au « libéralisme », qui n’existe nulle part sur la planète, mais à « l’ultralibéralisme » qui y est omniprésent.

    L’ultralibéralisme est une perversion extrême du libéralisme consistant à abolir tout contre-pouvoir à l’intérêt privé, et annuler tendanciellement le rôle des états et collectivités.

    On peut donc parfaitement être libéral et « antilibéral ».

    La vérité est un étrange objet géométrique toujours situé au milieu de deux extrêmes.


    • BarryAllen (---.---.17.18) 22 février 2007 13:41

      Bonne réponse ForestEnt, mais j’ajouterai que le mot de libéralisme est totalement dévoyé en France de par son utilisation abusive pour désigner ce que vous-même appelez ultralibéralisme, et que j’appellerais plutôt « ultracapitaliste ».


    • (---.---.37.71) 22 février 2007 14:03

      « L’ultralibéralisme est une perversion extrême du libéralisme consistant à abolir tout contre-pouvoir à l’intérêt privé, et annuler tendanciellement le rôle des états et collectivités. »

      Les Etats n’existent que pour défendre les interets privés, et il ne peut donc y avoir contradiction entre libéralisme et rôle de l’Etat. Il est vrai par contre que le libéralisme ne permet pas le grenouillage de gens qui refusent de travailler et utilisent la violence fiscal de l’Etat pour vivre sur le dos de leur concitoyens. Mais ca, c’est un progrés, non ?


    • BarryAllen (---.---.17.18) 22 février 2007 14:07

      Persister à croire que l’intérêt privé, quand il se transforme en droit du plus riche, n’est pas contraire à l’intérêt général, est une hérésie.

      Quand la terre sera devenue invivable, ou même simplement quand les émeutes en banlieue se transformeront en guerre civile, on verra ce que les grands capitalistes feront de tout l’argent amassé. Pas besoin d’être d’extrême-gauche pour se rendre compte de ça, il suffit d’être un rien réaliste et pragmatique.


    • (---.---.37.71) 22 février 2007 14:12

      « Persister à croire que l’intérêt privé, quand il se transforme en droit du plus riche, n’est pas contraire à l’intérêt général, est une hérésie. »

      Les libéraux sont pour l’égalité de la Loi, et donc tous le monde à les même droit.

      Quand à l’interet général, il est parfaitement subjectif. Pourquoi une éducation étatisé serait-elle plus conforme à l’interet général qu’une éducation libre ? Mystére et boules de gommes !

      « Quand la terre sera devenue invivable, ou même simplement quand les émeutes en banlieue se transformeront en guerre civile, on verra ce que les grands capitalistes feront de tout l’argent amassé. Pas besoin d’être d’extrême-gauche pour se rendre compte de ça, il suffit d’être un rien réaliste et pragmatique. »

      Si je comprend bien, la France qui n’est pas libéral aura des émeutes en Banlieue ? C’est sur que c’est un arguement contre le libéralisme, ca ! Par ailleur, un grand capitaliste n’a pas « d’argent amassé », il a du capital, c’est à dire les tables, ordinateurs, voiture qui servent à faire travailler les gens. Ca s’appel le capitalisme. Et ce qu’ils en feront, et bien ils l’enveront à l’étranger, voila tous.


    • parkway (---.---.18.161) 22 février 2007 14:26

      j’ajouterai, forest ent,

      comment la psycho-merdouiille vient au secours du « tout pour le fric »...


    • (---.---.37.71) 22 février 2007 14:29

      Oui, le fric c’est mauvais, c’est pour cela qu’il faut absoluement baisser redistribution, solidarité, et autres impots.

      Alors les choses iront mieux.


    • BarryAllen (---.---.17.18) 22 février 2007 14:30

      « Et ce qu’ils en feront, et bien ils l’enveront à l’étranger, voila tous. »

      Et lorsque la terre deviendra invivable, sur une autre planète ?


    • (---.---.37.71) 22 février 2007 14:34

      Pourquoi la terre deviendrait elle invivable ? Tu vas bien ?


    • (---.---.37.71) 22 février 2007 14:35

      « La vérité est un étrange objet géométrique toujours situé au milieu de deux extrêmes. »

      Entre Les chambres à Gaz et les goulag, il n’y a rien.


    • BarryAllen (---.---.17.18) 22 février 2007 14:38

      « Pourquoi la terre deviendrait elle invivable ? »

      Evidemment, si on n’a jamais entendu parler d’écologie...


    • (---.---.37.71) 22 février 2007 14:42

      Et aussi de la peur de l’an Mille, de la fin du monde, qui revient réguliérement. tiens d’aprés les écolos des années 70, ont devraient être tous morts à l’heure actuelle !

      Ba, c’est un délire récurent de l’esprit humain. Rien de bien méchant.


    • LE CHAT LE CHAT 22 février 2007 14:44

      l’utralibéralisme , c’est un capitalisme de merde , le cacapitalisme smiley


    • Julot (---.---.208.241) 22 février 2007 14:46

      « On peut donc parfaitement être libéral et »antilibéral« . »

      NON. Qu’est-ce que c’est que ce blabla ? Comme si je te disais que l’on peut être un communiste anti-communiste.

      Ou as-t-on vu qu’en France on défende le libéralisme contre l’ultralibéralisme ? Je regarde itv, bfmtv, LCI, TF1, etc... c’est toujoirs libéralisme=bush=satan

      L’article va dans le bon sens. La société francaise a besoin de devoirs.

      Sinon, encore 5 ans et le candidat à la présidentielle nous proposera des canapés gratos. « J’ai droit à un canapé ! »


    • parkway (---.---.18.161) 22 février 2007 15:15

      à 75 37 71,

      il est temps de prendre vos gouttes et d’aller vous coucher !


    • parkway (---.---.18.161) 22 février 2007 15:17

      je ne sais pas qui a dit ça :

      quand les arbres seront tous arrachés, quand les rivières seront à sec, quand l’air sera irrespirable, on s’apercevra enfin que l’argent ne se mange pas."


    • (---.---.37.71) 22 février 2007 15:23

      « quand les arbres seront tous arrachés, quand les rivières seront à sec, quand l’air sera irrespirable, on s’apercevra enfin que l’argent ne se mange pas. »"

      Il n’y a jamais eut autant de forets en France depuis le moyen age. Nous n’avons presque plus d’insdustrie, et l’air est plus pur que dans le année 60. Quand à l’eau, bein on en as. Certes, il y a quelque probléme, avec l’agriculture, mais il faut bien se nourrir, pas vrai ? Les progrés sceintifiques résoudront ces probléme, sans doute des OGM.


    • dégeuloir (---.---.155.48) 22 février 2007 15:46

      c’est marrant que le libéralisme soit pronée par la finance... ! je dirai un simple mot,libéralisme n’est pas liberté pour tout un chacun,mais surtout liberté de la finance.....voyez-vous le distingo ? un homme sous le libéralisme n’est pas libre comme vous aimeriez le faire croire ,les Français sont de veaux,certes,mais pas des moutons !


    • BuZy (---.---.25.114) 22 février 2007 15:55

      Oui et bientôt on boira le pétrole, comme ça on aura même plus besoin d’acheter des voitures pour le consommer.

      Qu’est qu’un libéral ? Quelqu’un qui gagne plus de 45 k€ par an. Qu’est ce qu’un ultralibéral ? Quelqu’un qui gagne plus de 450k€ par an. Qu’est ce qu’un con ? Quelqu’un qui est libéral et qui gagne moins de 45k€ par an.

      La lutte des classe existe toujours mais on ne sait plus la définir.


    • Gilles BERTIN (---.---.217.192) 22 février 2007 16:40

      Les français sont tous dans l’ERREUR ECONOMIQUE.

      Ils sont pourtant très capitalistes et libéraux dans leur forme de consommation,et dans leur rapport a l’argent. A+


    • (---.---.233.72) 22 février 2007 18:43

      « Il n’y a jamais eut autant de forets en France depuis le moyen age. »

      Etant historien, je peux dire que cet affirmation est totalement fausse. Un minimum de recherche vous affirmera le contraire.

      Les forets immenses entouraient les bourgs et les villes fortifiées, et représentaient un pourcentage très important de couverture, tandis que maintenant, ce sont des champs de cultures à pertes de vue.


    • toto (---.---.118.159) 22 février 2007 20:17

      La lutte des classes existent lorsque les citoyens ont une conscience de classes.

      Pour faire vite, le monde a basculé dans l’ultralibéralisme avec Reagan, Thatcher et la chute du communisme à l’Est. De plus en France, la réhabilitation de l’entreprise par la gauche a affaibli cette conscience de classe.

      Mais soyons réaliste, les prolétaires (ceux qui vivent de leur travail ou ceux qui choment) représentent 98% de l’humanité. La capital mondialisé aura tôt ou tard en face de lui cette humanité communisante.


    • le fol (---.---.209.17) 22 février 2007 22:40

      Humanité communisante, comme vous y allez ! Le gens sont quand même pas mal égoïstes, vous savez... alors pour la solidarité, merci bien.

      La vie de couple ? C’est bien simple, c’est devenu LA nouvelle société de consommation. Un mariage et hop, un divorce avec perte et fracas.

      Des enfants ? On en fait deux comme on achèterait des caniches. Quand on est lassé, on s’en débarrasse en les mettant à l’école.

      La solidarité ? Mais vous connaissez des gens qui payent leurs impôts avec le sourire ? Introuvable. Par contre, donner 10 euros par an aux Resto du Coeur, ça permet de s’acheter une consciense sociale à pas cher.

      Le libéralisme ? Mais ceux qui s’en réclament ne vivent que de l’argent public, des monopoles, des clans. Regardez qui vote à droite : les notaires, les pharmaciens, les élus UMP...

      Non franchement, pour la solidarité, dans ce bas monde, il faudra attendre un peu. C’est dommage !


    • vraitravailleur (---.---.4.198) 22 février 2007 23:05

      Pour connaître la conception de la présomption d’innocence de Mme Royal, allez voir le site. http://bernardhanse.canalblog....


    • toto (---.---.5.152) 23 février 2007 12:11

      Les notaires, les pharmaciens vivent essentiellement en rentier. Essayez sans avoir de vous achetez une office notariale !

      Alors, en dehors d’une caste, d’une noblesse (5% environ en France, 2% environ dans le monde) personne ne peut vivre en rentier. Et ces Monsieurs ne veulent pas s’arreter là. Ils en veulent toujours plus. Et 15 % de retour sur investissement pour les actions ! Et bouclier fiscale car ces parvenus ont peurs de finir sur la paille !

      La vérité est toute crue. Sans solidarité, personne n’est certain de finir dignement sa vie car personne n’est à l’abri d’accidents de la vie : problèmes de santé, divorce, accident de la route, licenciement... Alors, même les plus riches ont peur pour eux et leurs enfants. Et, ils amassent, amassent comme l’avare de Molière.


    • ChavisteForEver (---.---.20.123) 12 mars 2007 19:18

      Est il utile de repondre à un article aussi lamentablement calé sur l’idéologie dominante ? Juste 3 points :

      1= pourquoi l’école publique est plus libre : tout simplement parce que, dans une démocratie, l’école publique, son fonctionnement, ses programmes, sont décidés (directement ou indirectement) par la majorité, HAYEK (un des peres du neo liberalisme, qui n’a de neo que le nom) avait été bien clair là dessus, l’intérêt de privatiser l’enseignement, c’est de controler les contenus (il expliquait qu’il n’est pas acceptable que les « riches », financent par leurs impots, une école qui enseigne des choses contre leurs interets (marxisme et autres)).

      2= C’est une grande idée des « liberaux », d’avoir donné le nom de « liberalisme » à une theorie qui justifie toutes les inégalité (ok, ils auraient pu faire encore mieux en appelant celà l’« egalitarisme »). Faut il rappeler que la premiere mise en musique des théories economiques « neo liberales » a été faite par les « chicago boys » au sein du Chili de Pinochet...Voila un regime qui a toujours mis en avant la liberté de l’homme...(alors, Pinochet, liberal ou anti liberal ? Forcement liberal, puisque liberal au niveau économique, et anti communiste de surcroit cqfd )

      3= ces billevesées sur la responsabilité sont connues depuis des lustres : OK, la pauvreté est liée au manque d’effort des pauvres qui ne font rien pour s’en sortir...Merci de m’expliquer comment se fait il que des enfants en bas age meurent de faim, peut etre ne travaillent ils pas assez ?...Peut etre ne sont ils pas assez assidus à l’école à laquelle ils n’ont aucune chance d’aller ? Comment expliquer que ceux qui reussissent à l’école soient les enfants de ceux qui ont reussi en leur temps (cadres superieurs et professions liberales). Comment peut on dire que les liberaux considèrent que l’homme est libre alors qu’en matiere economique, ils passent leur temps à nous dire « There Is No Alternative » (Thatcher), en fait ces « liberaux » considerent simplement la liberté d’exploiter (les hommes, la planete, le genome...) comme une liberté fondamentale...


    • ChavisteForEver (---.---.20.123) 12 mars 2007 19:39

      Pas du tout d’accord :

      Cette histoire d’individualisme moderne, c’est de l’ideologie : ceux qui se goinffrent (et qui sont individualistes), se justifient en disant que tout le monde est comme eux (c’est une ficelle vieille comme le monde). Regarder autour de vous, Paul est benevole dans un club de sport, Pierre « s’occupe » des parents d’élèves, Jacques milite au DAL, Jean est toujours pret à rendre service (et je ne parle que des hommes), (d’ailleurs, « Solidarité » renvoie plus de 20 millions de pages, alors que « individualisme » en renvoie moins de 2 millions)

      Le probleme (bien reel), c’est que les gens n’ont plus confiance dans les grandes organisations historiques de la solidarité (syndicats, partis politiques...), les gens se tournent vers des petites organisations concretes de solidarité, c’est moins visible globalement, mais cela façonne quand même notre vie quotidienne.

      Faut pas se laisser insulter par la classe dominante : non la majorité des francais n’est pas comme ça, pas prete à voir mourir des millions d’enfants pour maintenir les profits des entreprises pharmaceutiques, pas prete à voir mourir des millions de paysans du tiers monde pour engraisser Monsanto, pas prete à cautionner le regime de Birmanie, pour que Total puisse extraire quelques malheureux barils de petrole.


    • ZEN zen 22 février 2007 12:50

      Lire (vite) cette caricature d’analyse...et passer son chemin.


      • LE CHAT LE CHAT 22 février 2007 14:02

        @zen

        entièrement d’accord avec toi et forest ent , libéralisme c’est le top , anti-libéralisme caca , tout ça serait trop simple ! la vérité doit se situer quelque part entre les deux ...........


      • Marsupilami Marsupilami 22 février 2007 14:13

        Ouaf !

        Je vous trouve bien sévères avec cet article. Au moins tout est clair, on comprend tout et ça se lit ultra-vite, à peine le temps d’une transmission synaptique.

        Sed liberal nos a malo (et Jauni soit qui mal y dépense)...


      • parkway (---.---.18.161) 22 février 2007 15:25

        merci, encore une fois, marsu !


      • JL JL 22 février 2007 16:42

        à Marsu, au sujet du manichéisme : les valeurs de cette doctrine ont été détournées par les obscurantistes en ce que ceux-ci confondent faire le Bien et faire du bien.

        Une sorte d’ultra-manichéisme, tel G. Bush disant « nous sommes gentils » : Pour ces gens, il y a les gentils, ceux qu’ils aiment, et les autres, les méchants. Partant, faire du bien aux gentils ou faire du mal aux méchants, c’est bien. Le contraire (évidemment) c’est mal.

        Cette sorte de redondance pervertit la pensée de Mani.


      • Inquiet (---.---.2.226) 22 février 2007 13:47

        « Face à l’échec scolaire, voici ce que pense le libéral : pour réussir, un enfant doit d’abord et avant tout travailler. S’il arrive qu’il ait des difficultés particulières, dues au fait qu’il appartient à un milieu défavorisé, et s’il veut surmonter ses difficultés, on doit l’aider à rattraper son retard (c’est une forme de discrimination positive : il faut aider davantage ceux qui en ont le plus besoin et veulent qu’on les aide). S’il ne veut pas travailler, on ne peut pas le faire à sa place. »

        J’ai pris un des nombreux exemples (il me semble d’ailleurs que l’attitude « énonciation catalogue » ait été raillée largement par justement les libéraux, bon passons smiley).

        Dans cet exemple (les autres étant du même tenant), je ne vois à aucun moment la possibilité qu’en fin de compte, que l’élève n’ait pas les moyens de travailler.

        Quelle société, un peu humaine, pourrait se positionner avec un constat aussi manichéen que de cataloguer les gens en fonction de ceux qui veulent et qui veulent pas ?

        Le pire c’est que cette vision des choses apparait de plus en plus comme raisonnable smiley

        Je comprend maintenant comment on s’improvise intellectuel libéral smiley


        • Hayek a dit range ta chambre ! (---.---.220.222) 22 février 2007 13:48

          « Comme disait Tocqueville »

          moué, et comme disait mon patron ; ferme ta gueule avec tes conneries et bosse sinon, je te libère définitivement ...


          • le fol (---.---.209.17) 22 février 2007 22:50

            Oui, et Marx lui a répondu : « prolétaires de tous les pays, unissez-vous pour aller balayer la cour des usines pétro-chimiques ».

            Ce qui me fait penser à un petit film de Pierre Carles (« Danger Travail »). A voir gratuitement sur Google Vidéo, histoire de mourir moins bête (mais probablement empoisonné, quand même).


          • Zazinho (---.---.67.78) 22 février 2007 13:50

            Ce n’est pas en sortant trois pauvres références que l’on devient économiste. Eriger le libéralisme en philosophie libertaire est le signe d’une méconnaissance totale du problème. Et les politiques d’ajustement structurel du FMI et de la Banque Mondiale qui détruisent l’économie africaine ? D’où viennent-ils les personnes vivant dans les bidonvilles de Soweto ou de Nairobi, sinon chassés des campagnes du fait de la libéralisation des marchés agricoles ? Le libéralisme c’est la mise en concurrence d’agriculteurs pratiquant des systèmes de production fortment mécanisés et chimisés, sur des milliers d’hectares parfois (pensons aux riziculteurs des Etats-Unis, subventionnés par ailleurs) et de paysans de Casamance travaillant à la houe sur une hectare, en utilisant les résidus de culture ou d’élevage. Et l’humanisme ?


            • (---.---.37.71) 22 février 2007 13:59

              « Et les politiques d’ajustement structurel du FMI et de la Banque Mondiale qui détruisent l’économie africaine ? »

              Détruise ? Dis, on ne peut pas payer éternellement pour des économie en faillite. Il faut les forcer à se restructurer. Tous ce qui part en Afrique, c’est moins pour saoigner les français, les éduquers , les défendre ect.. Ce n’est pas de l’argent « comme ca », « pour de rire » !

              « D’où viennent-ils les personnes vivant dans les bidonvilles de Soweto ou de Nairobi, sinon chassés des campagnes du fait de la libéralisation des marchés agricoles ? »

              Pourquoi chassé ? Comme pour nous au XIXéme ou la chine actuel, les paysans cherche un travaille en ville, car il est bien plus payé, et qu’il y ont un niveau de vie plus elevé (bien que faible par rapport à nous).

              Par ailleur, l’agriculture n’est pas « libéralisé », nul part, elle est au contraire subventionné partout.

              « Le libéralisme c’est la mise en concurrence d’agriculteurs »

              L’agriculture de toute façon, ce n’est qu’une minorité, même dans le tier monde. L’important, ce sont les services, puis l’industrie.

              « Et l’humanisme ? »

              Combien tu donnes en pourcentage de ton salaire tous le smois, monsieur l’humaniste ?


            • Hayek a dit range ta chambre ! (---.---.220.222) 22 février 2007 14:09

              Vous êtes dur avec lui je trouve. Qui parmis vous à son age, n’a jamais cru lui non plus tout savoir, avoir tout compris, tout découvert, et sous prextexte d’avoir lu 3 bouquins et demi, et en sautant des pages, de se croire apte à remonter les bretelles de cet enfoiré de thon de Français qui ne comprend décidemment rien à rien ?


            • Zazinho (---.---.67.78) 22 février 2007 14:12

              Alors 6 milliards d’habitants dont 800 millions de mal nourris (dont 80 % sont des paysans) avec des déficiences nutritives qui sont tantôt caloriques, plus souvent en protéines, vitamines etc.. Je crois que la réponse c’est que pour ces 800 millions : leurs agricultures doivent produire davantage plutôt que d’attendre l’apport des excédents de nos pays en déprimant les cours avec une aide alimentaire structurelle, ce qui est une forme de dumping. Il y a toute possibilité aujourd’hui de nourrir dix milliards d’hommes sur ce monde. Mais à condition d’obtenir de meilleures répartitions des revenus et des moyens de production, mais c’est pas vers cela que l’on va. Pour résoudre cette question il n’y a pas d’autres solutions que la protection de l’agriculture vivrière par les prix. C’est à dire que les gens aient une rémunération suffisante pour passer de la houe à la traction animale et de la traction au petit motoculteur comme on a vu en Asie quand on a fait la révolution verte. Elle a permis de nourrir un nombre accru de gens.

              Mais n’oubliez quand même pas les arguments d’opposition : le prix de la force de travail sera tellement élevé qu’on va arrêter l’industrialisation. C’est faux : la Corée du sud et Taiwan, ces nouveaux pays industrialisés, sont des pays qui ont protégé leur agriculture. Le prix du riz est trois fois supérieur à celui du marché mondial en Corée du sud encore aujourd’hui. Ils ont protégé leur agriculture vivrière, et fait des réformes agraires radicales. Ils ont bâti une agriculture paysanne familiale, avec une sécurité foncière, et sont aussi devenus des pays industriels. Là, le capital américain n’a pas hésité à venir, y compris au départ, pour le marché intérieur. C’est à dire que des paysans bien nourris peuvent commencer à vendre en ville pour nourrir les gens qui sont partis en ville. Les conditions pour l’industrialisation, c’est peut être déjà d’accroître le coût de ce qu’on appelle la force de travail et faire en sorte que l’immense majorité de la population soit mieux rémunérée, mais c’est aussi la seule façon de nourrir ces 800 millions.


            • Zazinho (---.---.67.78) 22 février 2007 14:16

              Au fait je travaille dans une ONG (700 € de per diem par mois, pas de cotisation aux assedic ou à la retraite). Mais on s’en fout.

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