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Accueil du site > Actualités > Economie > Pourquoi les produits dérivés menacent de griller votre carte (...)

Pourquoi les produits dérivés menacent de griller votre carte bleue

Souvenez-vous de l’année 2008 quand les marchés financiers se sont effondrés. L’ensemble de l’économie était au bord de la crise cardiaque avec le gel du marché des crédits. Nous sommes aujourd’hui au bord d’un cataclysme d’une amplitude bien supérieure à cause du marché des produits dérivés. Lisez pourquoi…

Un produit dérivé, c'est quoi ?

Ce n’est pas un titre boursier classique comme une action ou une obligation, c’est un investissement dans quelque chose d’irréel, un pari sur l'avenir ou l'évolution d'un actif.

C’est une mise sur une valeur ou un rendement futur d'un titre : un jeton en plastique jeté sur la table d’un croupier ou une croix cochée sur un bulletin de Kéno.

Des centaines de milliers de milliards de dollars sont ainsi joués sur les places boursières.

Les banquiers qui vous vendent votre crédit immobilier ou votre carte révolving sont parfois les mêmes qui parient sur votre défaut de paiement… 

Tout ceci fonctionne bien tant qu’il n’y a pas de brutales fluctuations dans l’économie et que chacun respecte une stricte discipline, mais comme nous l’avons vu, il arrive un moment où les produits dérivés causent de sérieux problèmes.

La plus grande compagnie d’assurance du monde AIG s’est effondrée il y a 4 ans à cause de la masse toxique de ses produits dérivés, ce qui a également coûté la faillite de la plus grande société de courtage de Wall Street : MF Global.

JP Morgan a également perdu 6 milliards de dollars dans la tourmente…

Tous ces incidents ne présagent rien de bon.

Ce ne sont que de petites répliques annonçant l’événement principal qui pourrait avoir raison des marchés mondiaux et de la valeur en capital de chaque citoyen.

Le plus grand casino de l’Histoire est sur le point d’engendrer la plus grande crise financière jamais vécue par un être humain depuis la création du papier monnaie.

Warren Buffett, qui a fait fortune en Bourse, avait surnommé les produits dérivés comme « des armes financières de destruction massive ».

Personne n’est aujourd’hui capable d’estimer précisément le montant total de cette absurdité économique.

Selon certaines estimations, ils représenteraient entre 600 000 milliards de dollars et 1 500 000 milliards (1,5 quadrillion) de dollars.

Retenez dans votre esprit que le Produit Intérieur Brut mondial avoisine seulement 70 000 milliards de dollars…

Au bas mot, ce marché parallèle (hors bilan des banques, nous comprenons pourquoi à présent) est assis sur 8,5 planètes Terre…

 

Mais alors, qui achète et vend ces stupides produits ?

Réponse : Toutes les grandes banques !

Selon les Etats-Unis, quatre grandes banques américaines "représentent 93% du total des montants notionnels de l'industrie bancaire et 81% de l'exposition nette actuelle de l’industrie du crédit."

Si une seule d’entre elles venait à imploser, l’économie mondiale serait envoyée par le fond et votre carte de crédit aurait la même capacité de retrait au distributeur que votre Carte Vitale…

Au lieu d’entraver la possibilité de jouer sur un marché qui représente la richesse de 8,5 planètes Terre, les banques centrales impriment toujours plus d’argent pour sauver les mises d’une bande d’interdits de casino et nous regardons les choses se faire en espérant que les gentils gouvernements bienveillants prendront le taureau par les cornes…

Le réveil sera difficile pour les confiants aveuglés par la press-titution.

Si assurer notre maison contre l’incendie est une chose naturelle, ne pas assurer notre argent gagné contre du temps et de l’effort est de la pure inconscience envers sa famille et soi-même…

Pour constater l’imprudence des banques par vous-même, observez comment ces quatre grandes banques américaines sont pendues à l'extrémité d'une corde raide de risques démesurés accrus par le levier de leur endettement.

 

JPMorgan Chase :

Ce que la banque possède en actif : 1 800 milliards de dollars

Exposition aux produits dérivés : 70 151 milliards de dollars

 

Citibank :

Ce que la banque possède en actif : 1 300 milliards de dollars

Exposition aux produits dérivés : 52 102 milliards de dollars

 

Bank Of America :

Ce que la banque possède en actif : 1 400 milliards de dollars

Exposition aux produits dérivés : 50 135 milliards de dollars

 

Goldman Sachs

Ce que la banque possède en actif : 114 milliards de dollars

Exposition aux produits dérivés : 44 192 milliards de dollars

Pour ce monstre, cela signifie que l'exposition totale sur des contrats dérivés est de plus de 362 fois supérieure à son actif total !

La vraie crise se situe dans les produits dérivés... Le surendendettement des comptes publics des pays occidentaux n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan...

 

Comment une telle anomalie économique peut-elle encore survivre ?

Même si nos politiciens ont mis en place des « mesurettes » destinées à seulement satisfaire leur électorat naturel, ils ont rendu les choses encore pire.

Pour soutenir ces montants colossaux, il faudra imprimer autant d’argent que nécessaire ou laisser la nature faire son travail.

Les banques centrales n’ont que deux choix pour traiter le patient « Economie » :

  • Le laisser mourir naturellement dans la déflation
  • Le maintenir en vie en multipliant les électrochocs monétaires (inflation) jusqu’à ce que l’électrochoc de trop entraîne la mort de vos économies en papier par hyperinflation.

Un tel système n'offre aucun avenir pour l'humanité et chacun devrait avoir l’intelligence d’assurer le fruit de son travail comme décrit dans cet article : Comment acheter une maison familiale pour moins de 33 000 € ?


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52 réactions à cet article    


  • wesson wesson 10 décembre 2012 10:49

    Bonjour l’auteur, 


    « Le surendendettement des comptes publics des pays occidentaux n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan... »

    En étant encore plus clair : le déficit public, on s’en fout, ce n’est pas ça qui pose problème, et de toute façon un état n’étant pas une entreprise, il ne peut faire faillite et ses biens ne peuvent être saisis ... 

    Ce qui implique que on nous amuse avec le fameux « déficit public » pour nous faire accepter une régression sociale propre à nous renvoyer 2 siècles en arrière.

    • JL JL 16 décembre 2012 09:29

      Bonjour Wesson,

      « le déficit public, on s’en fout »

      Oui et non.

      Oui, si nous avions un gouvernement soucieux de l’intérêt du pays.

      Non avec les gouvernements actuels, plus soucieux de leurs réélections que de l’intérêt public. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois : nos gouvernants n’ont qu’un œil, et il est fixé sur leur côte de popularité, aussi bien dans l’opinion que dans les « alcôves ».

      Et cela se traduit par le fait qu’ils jouent le jeu des banquiers fous et des investisseurs rapaces, et paient les intérêts de la fameuse dette ; si bien que, petit à petits, inexorablement, ces biens qu’on ne peut saisir, il finissent par les céder. Et parmi ces biens, il y a notre souveraineté et notre protection sociale.

      Les peuples, intoxiqués par les médias du PPA (parti de la presse et de l’argent) sont les cons du banquet donné par la finance : et en plus, ils paient l’addition.


    • samuel 10 décembre 2012 11:47

      Au début de l’article, plutôt que le terme « iréel » j’aurai employé le terme « immatériel ».


      • Gasty Gasty 10 décembre 2012 12:02

        Pour rejoindre la comparaison 8,5 planètes.

        Iréel me convient car je suis un. Les 7,5 de moi sont iréel et comme je ne suis pas le créateur de ces chimères, les marché financiers n’ont pas à s’adresser à moi mais à leurs chimères pour se faire payer cet impossible avoir.


      • Soi même Soi même 10 décembre 2012 12:38

        Bonjour, un peut de bon sens moral fera du bien quand toute cette finance virtuelle s’effondra !

        Celui qui viendra plein les fouines avec des billets de banque faire des affaires juteuses, il faudra lui botté les fesses et en particulier tous ceux qui spécule, et non aucuns scrupules à spéculer !

        Il doivent tous être prit pour des pestiférés et mit à l’index de la vie public !


        • Romain Desbois 10 décembre 2012 12:43

          oui le bon sens moral d’abord des clients qui sont plus intéressés par ce que la banque va leur offrir comme conditions que par l’ethique de celle ci.

          Et que les foufouille ne me sortent pas l’arbre du pauvre pour cacher la forêt des cupides


        • Soi même Soi même 10 décembre 2012 13:18

          va te couché Belphegor.


        • foufouille foufouille 10 décembre 2012 14:47

          « Et que les foufouille ne me sortent pas l’arbre du pauvre pour cacher la forêt des cupides »

          facile quand un budget eleve
          beaucoup moins avec 850


        • foufouille foufouille 10 décembre 2012 17:05

          le rsa est de 417€
          apl si tu as pas finit de payer ton credit


        • BA 10 décembre 2012 12:54
          Charles Sannat écrit :

          Ha ha ha ! la crise était finie ! hahahaha !

          D’un côté, on apprend que l’Irlande (vous savez, le pays dont on a tant vanté le miracle économique, basé uniquement sur du dumping fiscal, ce qui est une GRAN-DE idée) ne pourrait pas rembourser comme prévu les aides européennes de 85 milliards d’euros perçues en 2010 pour leur Banquothon national. Oui, n’oubliez pas que globalement les pays ne vont pas forcément si mal que ça, s’ils ne devaient pas payer les pertes de leurs banquiers… mais c’est un autre débat dans lequel il est formellement interdit d’entrer sous peine d’être immédiatement qualifié de « populiste ». 

          Donc l’Irlande ne pourra pas rembourser ses crédits conformément à l’échéancier prévu au « contrat de prêt ». En langage clair, cela s’appelle faire un défaut de paiement. Et de un.
           
          Pour le « et de deux », et là franchement je m’esclaffe, c’est l’Italie. La troisième économie de la zone euro, celle qui avait failli embraser l’Europe entière il y a quelques mois et faire exploser la monnaie unique en vol. Figurez-vous que là-bas c’est la crise politique.
           
          Alors au moment où j’écris ces quelques lignes, l’Europe est dans la situation suivante :
           
          Allemagne : s’en sort à peu près tant que ses voisins européens peuvent encore lui acheter quelques BM ou Mercedes. Ne devrait pas tenir longtemps dans la mesure où ses partenaires commerciaux, qui représentent 60 % de son PIB, sont en train de s’effondrer, et que ces mêmes partenaires commerciaux essaient désespérément de faire les poches d’Angela…

          France : pays en voie de sous-développement, surendetté, incapable de réformer et de faire des choix difficiles. La dette grossit de jour en jour sans que rien ni personne ne souhaite l’arrêter. Devrait s’en sortir quand même à peu près dans la mesure où l’État (de droite comme de gauche) va « mobiliser » l’épargne des ménages. En clair : on va tous donner à l’ÉtatThon, que l’on soit volontaire ou pas, et notre épargne finira « réquisitionnée ».
           
          Italie : pouvait espérer s’en sortir grâce à la « magie » du docteur Mario Monti…Hélas, Silvio B. ayant besoin d’une immunité, il faut qu’il se fasse réélire. Ce ne sera sans doute pas sur les thèmes de la rigueur et de l’austérité à la Mario Monti si vous voyez ce que je veux dire. Donc le pays devrait repartir à la dérive mais…. Avec le moral !
           
          Espagne : Banquothon international en cours pour renflouer des dizaines de banques qui ont tout raté, sauf la bouffonnade des « stress tests ». Vous vous souvenez des « stress tests » ? On avait bien rigolé à ce moment-là. Résultat : un peuple saigné à blanc, et un pays dont vous assistez en direct à l’effondrement de type grec…
           
          Portugal : un cocktail d’Espagne, d’Irlande et de Grèce. Plus rien à faire. À transférer en soins palliatifs. Il n’y a plus rien à faire.
           
          Grèce : encéphalogramme plat. Mort clinique constatée. Débrancher le patient. Heure du décès ? 
           
          Europe : ensemble hétérogène de pays n’avançant pas au même rythme et dans des directions opposées et tentant par tous les moyens de faire croire en leur capacité à concilier des choses inconciliables et réussissant à se mettre d’accord sur la date de la prochaine réunion… et encore. 
           
          Monnaie unique : l’euro est la monnaie utilisée dans cet ensemble brinquebalant n’en ayant plus pour longtemps. 

          La question qui se pose est de savoir si l’euro va exploser à cause de l’explosion de l’Europe ou si l’explosion de l’euro entraînera celle de l’Europe…

          Charles Sannat.


          • kettner 10 décembre 2012 13:05

            La finance fait joujou

            pourquoi s’en priverait elle ?

            "La crise financière a montré combien les pouvoirs publics étaient mal équipés pour faire face aux difficultés de banques actives sur les marchés internationaux. Afin d’assurer la continuité de services financiers essentiels pour les citoyens et les entreprises, les États ont été contraints d’injecter des fonds publics dans les banques et de leur accorder des garanties pour un montant sans précédent : entre octobre 2008 et octobre 2011, la Commission européenne a approuvé environ 4 500 milliards d’euros d’aides d’État en faveur des établissements financiers, ce qui équivaut à 37 % du PIB de l’UE1. Si elles ont permis d’éviter des faillites bancaires et une désorganisation économique à grande échelle, ces mesures ont pesé sur le contribuable et grevé lourdement les finances publiques, sans régler la question de savoir comment gérer les grandes banques transfrontières en difficulté."

            communiqué de presse de la commission européenne 6 juin 2012


            • lagabe 10 décembre 2012 14:12

              http://fortune.fdesouche.com/38348-goldman-sachs-le-putsch-du-desespoir

              Un jour, si nous avons un avenir, les historiens se demanderont comment on a pu en arriver à l’implosion quand le remède pour la conjurer était si évident : interdire purement et simplement les paris sur les fluctuations des prix en prohibant l’usage de produits dérivés sans couverture. Ou bien, l’autre remède : l’effacement, au moins partiel mais substantiel, de la dette désormais inestimable (qui aurait aussi l’avantage de ne pas obliger Goldman Sachs à honorer ses CDS, en ce que la remise est volontaire).

              rien à redire sur l’article qui ne fait que confirmer le lien que je donne


              • thierry3468 10 décembre 2012 15:24

                Les grandes banques qui ont fait joujou avec les produits dérivés doivent disparaitre ...Elles menacent les économies nationales en voulant faire payer aux peuples leur incompétence ,leur irresponsabilité ,leur inconscience .Et dire que ces mêmes banques veulent nous faire croire que nous vivons au dessus de nos moyens ....Je rigole


                • Stof Stof 10 décembre 2012 15:26

                  J’ai déjà tout converti en or depuis longtemps. Alors j’attend tout ça avec impatience smiley


                  • Soi même Soi même 10 décembre 2012 15:41

                    Et l’or se mange pas,

                    Il y a plusieurs siècles, un roi nommé Midas régnait sur la Phrygie. Quelquefois, Dionysos se rendait dans ces contrées, accompagné de son père adoptif : Silène. Et, souvent, Silène s’attardait à boire quelques gorgées à l’eau des fontaines.
                    Un jour, le roi Midas ajouta du vin à l’eau, et Silène, qui avait bu goulûment le breuvage, s’endormit. Alors, Midas le conduisit dans son palais et, pendant plusieurs jours, il organisa de grandes fêtes en l’honneur de son hôte.
                    Le dixième jour, Midas ramena Silène au dieu du vin. Fou de joie, Dionysos demanda au prince ce qu’il désirait obtenir en échange. Midas souhaitait que tout ce qu’il touche se transforme en or. Et le dieu lui accorda cet étrange privilège.
                    Dès lors, Midas fut entouré d’or : les vases, les tables et les chaises, mais aussi les arbres et les fruits… tout se transformait, tout avait la même couleur, le même toucher. Midas ne pouvait plus goûter aux aliments, il ne pouvait plus étancher sa soif. Désespéré, Midas supplia Dionysos de lui retirer ce don.
                    Alors le dieu ordonna au roi de plonger dans le fleuve appelé Pactole, et l’étrange pouvoir de Midas disparut. Mais, depuis, l’eau du Pactole est chargée d’une multitude de paillettes d’or.


                  • ggo56 10 décembre 2012 17:40

                    Haha, et ton or, il est où ? A ta banque ? Pas de chances...


                  • perlseb 11 décembre 2012 19:32

                    En cas de pépin, Stof fera partie des premiers à avoir du plomb dans la tête ! Achetez des armes, si vous tenez vraiment à vous sortir d’un cataclysme économique, l’or sera réquisitionné, comme avec Roosevelt (même s’il n’a strictement aucune utilité), et il sera excessivement dangereux (voire impossible pour un non oligarque) d’en posséder.


                  • Jérémy Allemand Jeremy971 10 décembre 2012 16:10

                    Votre conclusion m’a rappelé un passage d’un de mes articles Les solutions anti-crise des... nazis :

                    Je me permets un léger anachronisme pour expliquer ce qu’est la déflation, la déflation est une baisse généralisée des prix, et des salaires. Au XXI siècle on a assisté à une inflation des prix avec une stagnation des salaires. Expérience des économistes modernes pour obtenir une alchimie entre crédit-revenu-prix. Nos politiciens actuels luttent de toute leur force contre la hausse des salaires, et pour faire baisser les prestations sociales, mais continuent à faciliter l’accès aux crédits et sont effrayés par un écroulement des prix. A une échelle humaine la déflation signifie la baisse du prix du kilos de patates mais au niveau d’un état c’est plus de dettes à rembourser, une thésaurisation des liquidités, et l’apocalypse des organismes de crédit.

                    Malgré cette explication je me suis toujours demandé pour quelle raison un état voudrait maintenir l’inflation. Vous venez de me donner l’explication.


                    • TSS 10 décembre 2012 17:05

                      @l’auteur

                      Dans votre exposé vous parlez de « l’imprudence des banques » ,il y a un R de trop ! vous

                      vouliez sans doute dire« l’impudence des banques »... !!


                      • julius 1ER 10 décembre 2012 17:13

                        et dire qu’on nous répète depuis trente ans que le privé c’est formidable, que c’est la responsabilité grâce au merveilleux système privatif, la responsabilité est assurée, il faut vite revenir à un système bancaire nationalisé ou les banquiers seront payés comme des ouvriers et ou les ouvriers devraient être payés comme des banquiers, vite le changement c’est maintenant !!!!


                        • Le péripate Le péripate 10 décembre 2012 19:31

                          Abolir les banques centrales. Liberté pour les contractants de traiter dans la monnaie de leur choix, privée, publique, virtuelle, assise sur une matière physique. La richesse n’est pas la monnaie mais la production.

                          C’est tout et c’est simple.

                          • samuel 11 décembre 2012 14:14

                            La plupart des expériences de monnaies locales (SELS, SOLS) se passent de banques centrale au début...

                            Et au fur et à mesure que ces expériences avancent, elles retraversent toute l’histoire monétaire mondiale (troc -> monnaie symbolisée par du papier -> émission/régulation par une institution centrale).

                            Bref, la banque centrale s’avère être une forme de gouvernance monétaire par laquelle tout le monde passe.

                            Est-elle une solution indépassable ? Je n’en sais rien.

                            Ce qui est sûr, c’est que l’énoncé « abolition des banques centrale = liberté pour chacun de traité dans la monnaie qu’il veut » est faux.

                            La preuve. Personne ne vous empêche de choisir le dollar. Mais vous aurez toujours à faire à la FED.

                            La question du statu de la banque centrale est peut-être plus interessant ?


                          • Le péripate Le péripate 11 décembre 2012 14:30

                            Il n’y a pas concurrence des monnaies sur les territoires nationaux, hormis quelques enclaves comme les duty-shop. Je ne peux non plus me mettre d’accord avec mon employeur pour utiliser un autre moyen.


                            La banque centrale c’est l’idée du préteur en dernier ressort (Aglietta). Autrement dit personne ne doit jamais faire faillite. Les libéraux avec Shumpeter affirment que la faillite est le moteur de la destruction créative. Ainsi la banque centrale détruit le moteur central du capitalisme, système coopératif naturel.



                          • samuel 11 décembre 2012 16:41

                            Il y a toujours la possibilité de ne pas avoir un employeur et d’être totalement libre de vendre ses propres produits ou services dans des sels. Le choix existe mais il est adossé à un système monétaire « que vous n’avez pas choisi ».

                            Cela dit, c’est bien gentil votre histoire de la liberté monétaire, mais c’est juste techniquement très difficile à mettre en place.

                            Il faut s’imaginer aller dans un bureau de change à chaque fois que l’on veut acheter du pain et puis dans un autre bureau de change pour acheter de la viande. Tout ça parce que le boucher et le boulanger n’utilise pas la même monnaie d’échange.


                          • samuel 11 décembre 2012 16:53

                            Je me répète mais ce qui me tracasse le plus ce n’est pas l’existance même d’une banque centrale comme prêteur de dernier ressort (et heureusement vu les bouillons à venir) mais l’orientation de sa politique en dehors de tout contrôle démocratique.

                            Pour revenir sur le mécanisme de la faillite, je suis d’accord pour dire qu’il n’est pas normal que les institutions bancaires ne puisse faire faillite comme une entreprise normale. Mais la position du secteur bancaire est très spéciale dans nos économie marchande.

                            Et le degré d’intrication est trop élevé pour laisser une banque mondiale faire faillite et déclencher le risque systémique.

                            Dans ces conditions, je suis heureux qu’il y ait un preteur de dernier ressort qui garantisse mes sous.


                          • Le péripate Le péripate 11 décembre 2012 17:01

                            Ca a été la position islandaise, nationaliser provisoirement pour assurer à l’épargnant l’accès à son compte. C’est pragmatique et je pense que ça a été une bonne solution.


                            Mais il faut comprendre que c’est une arme à un coup, ou à peine plus. Vous n’empêcherez jamais les agents d’anticiper et s’ils sont toujours assuré d’être renfloué aucun contrôle n’en viendra à bout. Et question contrôle l’industrie bancaire est au niveau de l’industrie nucléaire. 

                            C’est bien une question de gestion centralisée versus un gestion polycentrique.

                          • Le péripate Le péripate 11 décembre 2012 17:12

                            Dans une grande galerie marchande à coté d’ici, s’est ouvert une boutique qui achète de l’or. Vu le prix de la location dans cette galerie très courue, le salaire des deux personnes que j’y ai vu, on peut estimer l’affaire rentable et prometteuse. On peut imaginer qu’un jour on puisse y échanger des monnaies diverses.


                            Le mot banque d’ailleurs ne désigne que la banc où le changeur faisait ses opérations. 

                            Même dans les camps de prisonniers la monnaie se réinvente, sans autorité centrale, généralement des cigarettes.

                            Aujourd’hui il y a aussi Bitcoin, sans autorité centralisée.

                          • Romain Desbois 11 décembre 2012 18:28

                            Samuel désolé mais les SEL (Système d’Echange Local) n’ont jamais été faits pour faire du commerce.
                            C’est même un détournement des SEL et passible de poursuite par le FISC.


                          • Le péripate Le péripate 11 décembre 2012 18:33

                            Ca connait un grand développement en Espagne en ce moment. Quelques soient les raisons affichées c’est de la monnaie qui est ainsi crée, de fait.




                          • samuel 12 décembre 2012 10:56

                            @ Romain Desbois

                            Un système d’échange est un système commercial quelque soit la forme qu’il prend.

                             


                          • samuel 12 décembre 2012 11:08

                            D’accord pour la gestion polycentrique.

                            Mais la gestion de quoi ? De la monnaie ou de l’accès au crédit.

                            Par le passé, les marchand échangait leurs bons contre de l’or ou de l’argent à la banque. Pourquoi pas.Mais ma conviction (et ce n’est qu’une conviction) est que la disparité des monnaies au niveau local n’est pas la voie de l’avenir tout simplement pour des questions de pratiques.

                            L’euro actuel est un échec mais il aurait pu être un succès si il avait été adossé à des économies proches (Allemagne, Autriche Benelux et c’est tout).

                            Ce sont les conditions d’accès au crédit qui me semble être La question importante. Que ce prêt soit effectué en euro, yen, dollar, bitcoin. Peut-importe. Ce qui compte, c’est que le crédit ne soit pas un instrument bénéficiant d’un monopole et permettant la spéculation (titrisation).

                            Que les banquiers soient à nouveau responsable de la bonne marche de leur banque au niveau locale et on aura fait un grand pas.


                          • Le péripate Le péripate 12 décembre 2012 11:26

                            Disparités des monnaies... pas du tout. Le nom même de toutes ou presque les grandes monnaies historiques désignent un poids de métal, ce qui a toujours permis une conversion aisée. Mais évidemment nous sommes au vingt et unième siècle et... je suis certain que c’est un faux problème.

                            La machine ne marche pas et vous dites simplement : il faut qu’elle marche. Ceci suppose donc un contrôle. Lisez par exemple Illitch et vous comprendrez que tout contrôle a des limites, que toute organisation génère son propre désordre. Or, je le redis, le niveau de réglementation de l’industrie financière est du niveau de celle du nucléaire. C’est à dire probablement au maximum de ce qui est possible de faire. Tout effort supplémentaire sera extrêmement couteux.

                            Notons que nombre de produits financiers sont le résultat de la réglementation. Les produits dérivés dont il est question dans l’article sont une réaction aux risques de change induits par le décrochage des monnaies avec l’or, décision politique. Avec des monnaies adossées à une valeur physique il n’y en a pas besoin.

                            De tout temps le pouvoir a cherché a capter la monnaie, invention du marché. On peut dire qu’il y a réussi au 20eme mais il n’est pas sur que ça puisse continuer au 21 eme. 





                          • samuel 12 décembre 2012 12:10

                            Non, je ne parle pas de contrôle.

                            Je parle d’un changement dans les structures, notemment les structures qui délivrent du crédit. Et ce changement fondamental est la restitution du crédit aux agents économiques et la confiscation du crédit à des monopoles bancaires qui de fait constituent des prises d’otages sur la société marchande toute entière.

                            Dès lors que l’on interdit des pratiques, il n’y a pas besoin de régulation ou de contrôle prudentiel. On interdit, point final.

                             


                          • samuel 12 décembre 2012 12:22

                            En vous relisant, j’ai « tiqué » sur un mot.

                            Industrie financière. Industrie... La finance n’est pas une industrie comme une autre justement de par sa position qui détermine toutes les autres industries :

                            - robinet du crédit

                            - exécution des opérations élémentaires (dépôt, retraits, virements, etc...)

                            L’importance (tant qualitatif que quantitatif) de ce système est telle qu’un mouvement de masse vers des monnaies locales me semble improbable et que si changement il doit y avoir, il s’operera par le haut, en modifiant profondemment les institutions.

                            Avec comme principes pour le système bancaire :

                            1 - la localité

                            2 - la non-recherche du profit immédiat

                            3 - la déprivatisation qui est la seule solution à l’application de la condition 2


                          • samuel 12 décembre 2012 12:25

                            « Notons que nombre de produits financiers sont le résultat de la réglementation. Les produits dérivés dont il est question dans l’article sont une réaction aux risques de change induits par le décrochage des monnaies avec l’or, décision politique. Avec des monnaies adossées à une valeur physique il n’y en a pas besoin. »

                            Je ne suis pas d’accord sur ce point. Mais on s’éloigne du sujet.


                          • Le péripate Le péripate 12 décembre 2012 12:51

                            Je ne crois pas que l’on s’éloigne, c’est au contraire la démonstration que la réglementation est génératrice de chaos, ce qui est contre intuitif, je suis d’accord.

                            D’ailleurs je connais, et ce n’est qu’un exemple, une substance qui est interdite, point comme vous dites. Je me suis laissé dire que le résultat de cette interdiction n’était pas terrible. Et qu’il coutait très cher en policiers, places de prison, etc...

                            Alors, les interdictions.....

                            Mais il y a autre chose, et qui est complètement absent de vos propos. Je vois bien le mot crédit répété à l’envi, mais jamais le mot épargne.

                            Sans épargne il ne peut avoir de crédit possible. Enfin, si, sur le dos des générations futures. Pas un modèle de développement durable... et c’est le notre.

                            Réintégrer l’épargne dans vos raisonnements.

                          • Stof Stof 10 décembre 2012 19:40

                            Gardez vos assurances-vies si ça vous chante.

                            Moi je ne crois pas dans la chute du capitalisme, mais dans celle de nos monnaies. Nuance de taille.

                            • Soi même Soi même 10 décembre 2012 20:35

                              stof, si tu savais comme tu vas être marron, le jour de ta mort, elle refusera ton opulence richesse !


                            • Stof Stof 10 décembre 2012 20:37

                              Je suis encore top jeune pour mourir, et la chute viendra bien avant elle.

                              Je ne compte pas garder cet or éternellement, quand l’immobilier aura bien baissé et l’or bien monté, j’achèterais une ferme pour ma nombreuse famille. Ce qui, actuellement, m’est inaccessible.
                              Tout est question de timing.

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Lionel S.


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