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Accueil du site > Actualités > Economie > Pourquoi nos usines ferment ?

Pourquoi nos usines ferment ?

La succession d’informations relatives à la fermeture d’usines et de plans de licenciement révèle une nouvelle vague de désindustrialisation de l’économie française. Les symptômes sont évidents, balance commerciale déficitaire, parts de marché à l’export en retrait et, donc, fermetures de sites.

En mars 2007, le rapport de Bernard Brun intitulé « Pour l’industrie » dresse un diagnostic critique des politiques menées par les différents gouvernements.

Et c’est même presque à rebrousse-poil des idées reçues en la matière.

La France est positionnée comme un pays qui est entré dans un cercle vicieux. En "palliant la régression de son industrie par un dopage de la consommation", la France pratique une politique à la fois de l’endettement et à la fois d’un abaissement de son niveau industriel.

Sarkozy en arrivant au pouvoir n’a pas fait autre chose que de suivre ce que firent ses prédécesseurs par sa réforme fiscale : maintenir la consommation par des cadeaux fiscaux.

En effet, plutôt que d’attaquer le problème dans la compétitivité des entreprises, l’Etat français a poursuivi une politique centrée sur les bas salaires (c’est-à-dire la défense d’industries à fort usage de main-d’oeuvre non qualifiée) alors même que la concurrence des pays en développement ne nous permet pas d’être concurrentiel sur le long terme.

La taxation par la taxe professionnelle de l’outil productif, ainsi que le coût du travail salarié qui supporte seul les systèmes de protections sociaux, freinent l’investissement industriel.

Alors qu’au contraire les investissements devraient être renforcés aussi bien dans les appareils productifs que dans le développement de nouveaux produits ou services, les investissements industriels français stagnent.

Le mythe actuel veut nous faire dire que la France est la première terre d’investissements étrangers. Certes, mais ces investissements sont concentrés sur des achats de sociétés pour en sortir des rendements financiers et "piller" les savoir-faire. C’est donc un miroir aux alouettes.

Le cas de l’aciérie de Gandrange détenue par Arcelor Mittal est symptomatique de cette évolution. Le groupe réalise des bénéfices de 10 millions de dollars. Cependant le site de Gandrange n’est pas rentable, l’appareil productif y est vétuste.

Le problème est donc vaste, une politique industrielle se prépare sur une décennie au minimum, un premier pas a été franchi avec la création de pôles de compétitivité. Mais cela ne suffira pas.

De la réforme de la taxe professionnelle, à la création d’une TVA sociale, en passant par une réforme du marché du CO2, le rapport Brun aborde sans tabous les thèmes qui nécessitent d’être traités.

Dans l’ensemble, c’est la compétitivité de nos industries qui est menacée. Pas la compétitivité des groupes industriels, mais bien de nombreux sites de production français.

Le débat est malheureusement tronqué par la peur de la mondialisation. Trop souvent, c’est la mondialisation qui est montrée du doigt. En fait, à nouveau, c’est notre absence de concertation pour mettre en place des solutions qui est en cause.

A nouveau, les projecteurs sont braqués sur un problème dont les causes sont
connues.

Entrer dans un cercle vertueux, c’est améliorer la compétitivité de l’industrie par l’investissement aussi bien dans les outils de productions que dans la formation, le marketing, la recherche et le développement...

Entrer dans un cercle vertueux, c’est avoir le courage de résister aux situations de monopoles et de rentes (je ne parle pas ici des petits monopoles pointés par le rapport Attali) c’est avoir le courage de partir à la conquête du monde, c’est aussi et surtout avoir le courage d’expliquer que le marché "intérieur" de nos entreprises n’est pas la France, mais l’Union européenne.


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93 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 19 février 2008 09:51
    Il est vrai que l’absence de politique industrielle date de 1983 ,date du tournant de la rigueur qui a permis un développement de la finance au détriment de l’industrie
    Une video a regarder explicite du vide :

    • jako jako 19 février 2008 10:04

      Bonjour à l’auteur et merci.

      deux remarques : 10 Milliards de bénéfices pour Mital pas 10 Millions et aussi plutot que :"réforme fiscale : maintenir la consommation par des cadeaux fiscaux. vous auriez dû écrire "réforme fiscale : tenter de maintenir la consommation par des cadeaux fiscaux.""


      • karg se 19 février 2008 13:33

        Maintenir la consomation est nécessaire, surtout quand à l’inverse des pays anglo-saxon le taux d’épargne reste important.

        Je pense que l’auteur de l’article aurai besoin d’une bonne leçon de physiocratie : ce qui compte c’est la croissance interne, la balance commerciale ne signifie rien.


      • Traroth Traroth 19 février 2008 17:30

        Maintenir la consommation quand l’essentiel de ce qui est consommé, en valeur, est importé ne sert pas grand-chose dans l’économie du pays. Est-ce qu’on veut vraiment à ce point soutenir l’économie de la Chine ?


      • Yann Riché Yann Riché 19 février 2008 20:18

        Ce sont effectivement 10 milliards de dollars....


      • Yann Riché Yann Riché 19 février 2008 20:28

        @karg se

        La balance commerciale est une donnée parmis d’autres qui a le mérite d’illustrer la capacité d’un pays à vendre à l’extérieur. Notre balance est déficitaire parce que nos exportations sont moindre en €uro ou dollars que nos importations.

        Aujourd’hui la raison majeure tient au fait que nos importations augmentent fortement (politique de croissance par l’endettement via la consommation) ce qui génère certes de l’emploi (logistique / distribution) mais qui est de moindre "valeur ajoutée que ceux qui seraient créés si nous étions compétitifs à l’export.

        Donc la balance commerciale a réellement un sens...

         


      • karg se 28 février 2008 17:56

        Les USA ont une balance commerciale négativedepuis 40 ans et ça les empêche pas de dormir.


      • karg se 28 février 2008 18:26

        1-Le déficit commerciale est de 40Md (2007) pour un PIB de 2 039 Md (2006)

        Soit 2% : le danger est de ne pas financer sa richesse produite (le PIB est la richesse produite, consommé ou épargné dans l’année, pas une mesure de la richesse accumulé). Tant qu’on vend pas les meubles pour s’acheter une télé made in china, tous va bien.

        2- La plupart des échanges se font avec les pays européens, d’autre part la Chine n’a pas le loisir de piller des colonies pour favoriser sa croissance.

        http://economistes.blogs.liberation.fr/chiffrage/2008/02/lhystrie-du-dfi.html

        http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/310621.FR.php

        http://www.libelabo.fr/2008/02/18/deficit-commercial-francais-cest-grave/

        http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/308724.FR.php


      • karg se 28 février 2008 18:29

        J’ai aussi oublier de préciser que la présence d’un marché intérieur dynamique est très favorable pour l’installation des entreprises. D’ou l’intérêt d’avoir des hauts salaires. Je doute que l’auteur soit capable de m’expliquer pourquoi les danois qui gagnent plus, travaillent moins longtemps et pourtant sont plus souvent au travail qu’au chômage.


      • haddock 19 février 2008 10:20

        La vérité , il y a encore pas longtemps on fabriquait chez nous des chemises , des chaussures , il y avait des gens sachant faire plein de trucs , des durites , des motos , des téléviseurs , des appareils de toutes sortes , on faisait même des fruits et légumes il y a pas longtemps , vous vous souvenez des bonnes fraises d’ il y a seulement trente ans en arrière , ça existait pas encore les marges arrières dans les hypers , d’ ailleurs des hypers cinquante ans avant y en avait pas non plus .

         

        Le dimanche on mangeait un bon poulet , élevé , nourri avec des restes de la table , préparé et cuisiné avec amour par nos mamans et grands-mamans avec des légumes du jardin , ou achetés au marché , non , pas dans des sachets sous-vide ou aspergés de produits pour ne pas pourrir , mais chez le maraicher du coin .

         

        Ferrat l’ a dit depuis un moment , faut savoir être fonctionnaire et manger du poulet aux hormones , ou manger du fromage de chèvre pas fabriqué par Président mais par l’ éleveur , et prendre sa vie à deux mains .

         

        Faire 35 heures et s’ habiller avec des produits chinois , ou se mettre au turbin et replanter des fraisiers qui ont du goût .


        • coati coati 19 février 2008 15:18

          @ haddock

          Merci haddock.

          Je croyais que vous étiez mort ?


        • coati coati 19 février 2008 15:26

          Je suis nul en économie. Ca me répugne. Bref.
          je pose une question naïve.
          Pourquoi ne fait-on pas une loi qui interdirait toute délocalisation dès lors qu’il y a bénéfice substantiel ?


        • haddock 19 février 2008 15:44

          Coati ,

           

          J ’ en avais assez d’ être mort alors j’ suis rev’ nu .


        • pdth pdth 23 février 2008 17:06

          Pour plusisuers raisons

          Plus aucun etranger ne prendrait le risque d’investir chez nous si on lui refuse la liberté de diriger ses entreprises comme il le souhaite , d eplus les investisseurs etrangers prendraient davantage encore les chemins de l’ étranger pour faire leurs investissements. Nous ne sommes pas seuls au monde , et nos voisins et concurrents seraient les premiers à bénéficier d’une dégradation de la liberté d’entreprise en France (je sais intellectuellement c’est pas très satisfaisant , mais la réalité est là )

          De plus si les entreprises doivent attendre de perdre de l’argent pour adapter leur outil de production aux exigences du marché , cela conduirait les entreprises à bien souvent réagir une fois qu’il est trop tard, une fois qu’elles ne sont plus compétitives sur leur marché .

          Le seul moyen de conserver nos entreprises en France est que les entrepreneurs s’y sentent mieux et plus libres qu’ailleurs ..... Intellectuellement cela non plus n’est pas très satisfaisant mais c’est aussi une réalité incontournable.

          La réalité est celle là au moins jusqu’ à la prochaine révolution mondiale ..........peut-être un peu trop dangereux pour l’avenir de notre pays de trop compter la dessus quand même.

           

           


        • JoëlP JoëlP 19 février 2008 10:48

          On pourrait peut-être commencer par vendre nos Airbus en euros au lieu de toujours s’aligner sur le dollar qui permet aux américains de nous faire payer leur déficit.

          http://www.lefigaro.fr/debats/2008/02/04/01005-20080204ARTFIG00624-monsieur-galloisfacturez-les-airbus-en-euros-.php


          • Tristan Valmour 19 février 2008 11:10

             

            Bonjour M. Riché

             

            Votre billet est intéressant, mais trop court pour un thème aussi important. Vous mettez l’accent sur le problème essentiel dont souffre notre économie : l’absence de projet industriel. La France a connu les « 30 Glorieuses » en raison de la politique industrielle initiée par de Gaulle et prolongée par Giscard. Depuis, nos industries ont connu un sérieux coup de frein. Pourquoi ?

             

            Peut-être parce que les grands projets industriels ont été initiés par l’Etat, et que celui-ci, en privatisant à tout va, s’est privé de moyens d’investissement. Il a en effet vendu ses bijoux de famille. Cela n’aurait eu que peu de conséquences si ces nouvelles entreprises privatisées avaient poursuivi une politique d’innovation. Mais les nouveaux patrons de ces entreprises préfèrent le court terme et rentabiliser rapidement leurs acquisitions. Les grands patrons français (à vérifier si c’est aussi le cas à l’Etranger) sont frileux, sauf quand il s’agit d’augmenter leur rémunération. Il laissent l’Etat prendre les risques et attendent de cueillir le fruit mûr.

             

            Vous critiquez peut-être un peu trop vite la taxe professionnelle et le coût du travail salarié. S’il faudrait en effet rationaliser la taxe professionnelle et en exempter certaines entreprises – notamment les TPE et les PME industrielles et innovantes, le coût du travail moyen n’est pas très élevé en France, lorsqu’on prend en compte l’ensemble des paramètres. Il y a de nombreuses exonérations partielles de cotisations. Comptabilisons également le surcoût lié aux contrats précaires et à l’appel à l’intérim, et vous constaterez que ce n’est pas cela qui freine les embauches. Le coût du travail salarié n’est donc pas un argument valable.

             

            D’autre part, vous semblez exonérer la mondialisation de toute responsabilité. Je crois qu’elle aura un effet bénéfique à terme, mais pour le moment, elle condamne des générations entières à la précarité, dans les pays dits développés et dans ceux dits en voie de développement. Il y a tellement de capitaux qui circulent librement, à la vitesse de l’informatique, dans le but non pas de créer une activité pérenne, mais d’engendrer des profits immédiats, que cela n’est pas sans incident. Vous avez compris, ce n’est pas l’ouverture sur le monde qui est un problème, mais la vitesse de circulation des capitaux, et l’absence d’âme. Où sont les vrais entrepreneurs ? Sûrement pas parmi les membres du MEDEF.

             

            Enfin, une grande partie de nos problèmes économiques vient de l’absence de probité des grands managers et de leurs féaux, les hommes politiques. Il est urgent de fermer tous les paradis fiscaux, y compris en France, de contrôler plus sévèrement les comptes en donnant des moyens considérables aux juges des pôles financiers, et prendre des mesures qui incitent à la probité, à savoir la saisie de la fortune des contrevenants. Chaque jour apporte son lot de magouilles sans que l’honnête citoyen y ait à redire. Comment croire aux vertus de l’économie de marché si celle-ci est constamment tronquée ? 


            • Traroth Traroth 19 février 2008 17:39

              Non, vous n’avez pas raison. Et quelque chose qui affame les peuples n’est pas simplement "déplaisant" ! La mondialisation, ce n’est *rien d’autre* que le remplacement d’emplois de bonne qualité en Occident par des emplois à la limite del’escalavage dans les pays en voie de développement, dans les sweat-shops, zones franches et autres maquiladoras.

              Je ne vois vraiment pas comment il pourrait en sortir *quoi que ce soit* de positif. La mondialisation ne profite qu’aux "entrepreneurs" (comprenez, le plus souvent : héritiers), au détriment total du reste de la population. Et l’Etat ne l’accepte que par collusion entre le pouvoir politique et le monde des affaires (qui paye les vacances de Sarkozy, déjà ?), tant la mondialisation est contraire aux intérêts du pays.


            • HELIOS HELIOS 19 février 2008 18:08

              Ben oui, dans ce grand concert mondial, il faut savoir si nous acceptons de nous appauvrir jusqu’a ce que nous soyons "comme tout le monde" c’est a dire la majorité de l’humanité : pauvre ! là, les entreprises ne délocaliseront plus.

              Par ailleurs, les entreprises n’aiment la mondialisation que lorsque cela les arrangent vraiment. regardez ce qu’ils se passe pour les dvd. la mondialisation voudrait qu’on puisse les acheter partout... hé bien non ! on les a affublé d’une zone afin de se partager le marché, au détriment du consommateur.

              Si on veut qu’en France nous retrouvions de la richesse, il faut imperativement reconstruire le tissus industriel que nous avons détruit afin que de petites entreprises nous alimente directement. Outre l’effet ecologique que cela doit avoir, cela nous permettrait d’inover, de maintenir des chercheurs et des ingenieurs etc... car bientôt nous ne seront plus qu’une zone de service à la personne, qu’une horde d’immigrants viendrons remplir.


            • Traroth Traroth 19 février 2008 18:11

              Vous voulez dire que les pays pauvres participent à la mise en coupe réglée de leur propre population ? Vous parlez d’un scoop ! Evidemment que ces délocalisations vers les pays du tiers-monde se font avec la complicité des pouvoirs publics locaux. Qui bénéficient d’ailleurs de quelques retombées. Dans le message auquel vous répondez, je dis à demi-mot que les pouvoirs politiques français sont corrompus. Vous croyez vraiment me déstabiliser en disant que les pouvoirs politiques de l’Inde et du Brésil le sont aussi , franchement ? Lisez "No Logo", de Naomi Klein, vous apprendrez des choses !

              Quant à ce que je propose, c’est très simple : rétablir d’urgence des barrières douanières, si possible au niveau de l’Europe. Il est presque déjà trop tard.


            • ddacoudre ddacoudre 19 février 2008 18:14

              bonjour valmour

              une bonne analyse sauf sur le long terme, je ne pense pas que la mondialisation sur la base de la consommation dénergie épuisable aura des effets apaisant bien au contraire, et les acteurs économiques du court terme comme ceux du consuméring nous y précipitent.

              cordialement.


            • Yann Riché Yann Riché 19 février 2008 20:41

              Bonsoir M. Valmour,

              Evidemment je ne peux qu’abonder...

              Le cout du travail demeure trop cher, et le simple fait que nous ayons des éxonérations sur les bas salaires, sur le passage aux 35 heures etc, me semble en être la conséquence. Ces éxonérations de charges nous les payons collectivement sans pour autant pénaliser via par exemple une TVA sociale (mais il y a sans doute d’autres choix) les produits de consommation importés...

              Le deuxième poitn que vous soulever concerne l’entreprise et le management, je ne peux que vous rejoindre, le MEDEF n’est pas une association d’entrepreneur mais plutot de dirigeant ou d’héritiers de grandes entreprises. Mais les TPE et PME sont managés par des patrons qui sont malheureusement souvent encore incompétents en management. Bon techniciens, bon commerciaux pour certains...

              La politique industrielle n’est pas seulement dans l’investissement de l’Etat, il est aussi dans ces choix et ses orientations budgétaires, dans ses choix d’éducation, etc... La privatisation de grands groupes fut pour certain utile pour d’autres... on se demande.

              Enfin la TP doit être réformée (c’est en cours), il n’est pas illogique que cet impôt finance les zones économiques et les infrastructures...

               


            • Traroth Traroth 19 février 2008 17:44

              Ce que vous proposez, en gros, c’est ramener le niveau de vie des Français à celui des Chinois. Pas d’accord. D’autres solutions existent.


            • Yann Riché Yann Riché 19 février 2008 20:45

              Notre marché intérieur intéresse fortement les étrangers, c’est un bon marché, c’est une évidence.

               

              Non le problème pour nos entrepreneurs est de développer un produit et de le commercialiser sur un territoire plus important que 60 millions de consommateurs. En visant l’Europe, encore faut-il le pouvoir, les gains d’échelles sont immédiats et donc la compétitivité accrue. Là est mon message.


            • Maitre Gibi 24 février 2008 02:50

              "Augmenter les bas salaires ne sert à rien" sauf pour les bas salaires.

              Nous sommes ou plutôt, nous devrions nous considérer comme étant dans la mondialisation. Les frontières n’existent plus justement que pour les bas salaires. L’idée du marché interieur réduit à la France n’a aucun sens. L’idée de l’industrialisation ou de la désindustrialisation de la France n’est visible qu’à travers les annonces de fermetures de site. Le fond du problème, soulevé à plusieurs reprise dans ce débat, c’est le tissus de TPE/PME et le secteur recherche et développement.

              La dynamique économique ne peut être créé que par deux facteurs :

              - les initiatives d’états : trop lourdes pour être soutenues par des particuliers, trop longues à être rentables économiquement pour être soutenues par des entreprises, elles doivent être soutenue par des organismes étatiques voir européens.

              - les initiatives individuelles : trop innovantes pour être portée par des entreprises, on doit leur laisser un espace de liberté suffisant pour qu’elles se développent.

              Les exemples foisonnent : Airbus, le TGV, la carte à puce, Google...

              Tout comme l’industrie du disque ne peut plus prétendre, à moyen terme, vendre des disques, il ne faut plus prétendre armer des croiseurs de 35 000 ouvriers comme Renault à Billancourt.

              A ce sujet et pour parenthèse, voilà un exemple criant de capitalisme moderne. Quand le précédent PDG avait fait de Renault une entreprise qui fabrique des automobiles, le nouveauen fait un outil financier. Fermeture de la parenthèse.

              Nous ne pouvons espérer concerver les profits de nos travaux que si nous exportons les fabrications de masse.

              Qu’en France, les retombées ne soient partagée par un cercle que seul intéresse les profits à court terme, c’est un autre débat.

               


            • Forest Ent Forest Ent 19 février 2008 11:57

              Je n’avais jamais entendu parler de ce Bernard Brun. J’ai été chercher ce rapport. Il semble avoir été rédigé par une association 1901 appelée "Association de documentation industrielle", dont il est impossible de trouver une autre trace sur le net. Le rapport ne contient pas la liste des rédacteurs, ni aucune citation tierce. Pourtant, ce rapport a été directement publié par "la tribune", qui appartenait à l’époque à Arnault. Ca ressemble pas mal à un document de lobbying pur.

              Ca serait bien de qualifier les sources.

              A part ça, "pourquoi les usines ferment" ? Parce que la main d’oeuvre est beaucoup moins chère ailleurs. Le reste, c’est de la blague.


              • Johan Johan 19 février 2008 15:42

                Merci Forest de remettre un peu de bon sens dans tout ça.

                 

                Réduire la taxe pro ? Mouahahah. Il y a déjà une course entre les collectivités locales pour attirer les entreprises. Le mouvement actuel est déjà la baisse de la taxe pro et augmentation des impôts locaux.

                 

                Baisse du coût du travail. Un emplâtre sur une jambe de bois. Comment un ouvrier français pourrait il être aussi rentable qu’un chinois ? Manifestement l’objectif visé ne peut pas être la compétitivité.

                 

                Les politiques de l’offre qui nous sont proposées sont d’une tartufferie sans nom. Inefficaces, elles ne résoudront rien. Nous exonérons de charges sociales les entreprises à hauteur de 20 milliards par an. Avec quel effet ? Et quelles entreprises ont le poids de négocier ces exonérations, ou de profiter des subtilités du droit fiscal et social français ?

                 

                Pourquoi nos usines ferment elles ?

                 

                1 Parce que notre capitalisme moderne se fiche qu’une entreprise soit profitable, ou même rentable. Elle doit être plus rentable que les autres investissements avec lesquels elle est en concurrence pour les financements.

                 

                2 L’abandon de la préférence communautaire en 94 a laissé nos frontières ouvertes aux quatres vents. Pas seulement au niveau de l’UE (après tout, il y a récipriocité), mais au niveau de l’OMC. Résultat, quand les Américains ont voulu rénover leur outil de production d’acier, ils ont fermé leurs frontières pour l’acier (ce qu’ils ont tout à fait le droit de faire), et les ont réouvertes une fois leurs installation compétitives.

                 

                3 La libre circulation toujours au niveau mondial, nous met en concurrence au niveau des couts du travail , fiscaux etc..., au niveau non européen, mais mondial. Notre marché intérieur n’est pas l’UE. C’est le Monde.

                 

                4 Les financiers font pression sur les dirigeants pour délocaliser, même quand ce n’est pas rationnel. C’est bête à dire, mais un site de production en Chine ou en Inde rassure les financiers et les actionnaires. Ce qui du coup valorise l’action du groupe qui voit ses capacités de financement accrues.

                 

                5 La désindustrialisation peut être un choix. Les anglais ont fait muter leur économie vers les services à plus haute valeur ajoutée. La délocalisation peut être gagnante si le tissu économique évolue, que les salariés sont reclassés et que les prix baissent. Or les prix des produits manufacturés ne baissent plus depuis 2006, malgré des niveaux d’importation inégalés. Le niveau de chômage réel est énorme, et ce n’est pas la baisse due aux départs en retraite qui feront perdurer l’illusion très longtemps. La France est le seul pays d’Europe où les salaires ne décollent pas. Et je ne parle même pas des implications sociales...

                 

                Aujourd’hui la France perd sur tous les tableaux.

                 

                Toute la France ? Non, car un petit village s’enrichit en produisant là et en vendant ici. N’avez vous jamais remarqué le gouffre entre la croissance du CAC et celle du PIB ?

                 

                Alors une politique de l’offre, pourquoi pas. SVP pas celle ci !


              • Traroth Traroth 19 février 2008 17:45

                Parce que la main d’oeuvre est beaucoup moins cher ailleurs et que nos portes sont grandes ouvertes, je dirais, plutôt.


              • Yann Riché Yann Riché 19 février 2008 20:58

                @forest :

                Document de lobbying ? C’est toujours possible (mars 2007 période électorale), mais tout est possible. sauf que le développement du rapport critique vertement les réductions de charge... Ce qui va à l’encontre des positions du MEDEF, et prône plutôt un renforcement des compétences pour qu’il y ait des salaires autres que le SMIC et plutot à la hausse...

                @yohan

                Idem qu’au dessus pour les éxo de charges.

                Ensuite la concurrence fiscale... Les éxo de TP sont limlitées, je ne connais presque pas de commune qui réduit sa TP au contraire , je ne connais pas beaucoup d’entreprises qui s’implantent uniquement pour des raisons de TP, la réalité se trouve dans un ensemble, dans l’offre globale.

                Pour le reste de l’analyse je ne partage pas toutes vos options (sur la préférence communautaire qui ne peut pas s’ériger en dogme) mais comme je n’aime pas non plus le dogme du laisser faire...

                 

                 


              • Forest Ent Forest Ent 19 février 2008 21:37

                @ l’auteur

                Qui sont les auteurs de ce "rapport" ? Qui l’a commandité ? Qui l’a financé ? Qui est ce Bernard Brun ?


              • Johan Johan 20 février 2008 06:45

                M. Riché,

                 

                La taxe pro est pourtant prise en exemple dans les Facultés de Droit. Les entreprises sont plus mobiles que les habitants ? Soit, créons des zones franches, mettons au service du privé des moyens publics, diminuons la taxe pro et augmentons les impôts locaux.

                 

                La préférence communautaire n’est pas un dogme. Elle ne suffit pas à elle seule, mais elle est cependant capitale. Tout comme équiper sa voiture avec des pneux plutôt que de la faire rouler sur les jantes ne suffit pas à la faire avancer, mais y aide considérablement.

                 

                Cordialement


              • Yohan Yohan 19 février 2008 12:19

                Les usines ferment parce que nous avons bradé notre parc machine et notre savoir faire aux pays émergents qui ne produisent pas forcément mieux, mais moins cher. Tout ou presque tout est délocalisable.

                La culture entrepreneuriale étant ce qu’elle est, le poids des charges et la complexification administrative s’y ajoutant, font que que nous sommes bien moins à même que nos voisins de résister et de contre attaquer.

                Il nous restera bien les fromages et le tourisme. Avec ça, on doit pouvoir survivre, non ?

                 


                • donino30 donino30 19 février 2008 12:27

                   

                  "Le mythe actuel veut nous faire dire que la France est la première terre d’investissements étrangers. Certes, mais ces investissements sont concentrés sur des achats de sociétés pour en sortir des rendements financiers et "piller" les savoir-faire. C’est donc un miroir aux alouettes."

                   

                  Cela fait en effet partie des choses dont on aime se gargariser en France, ce mythe ahurissant est souvent accouplé avec l’imposture du taux de productivité. Le problème est l’utilisation du mot "investissement", très politiquement correct, avec lequel on manipule les gens. Quand une société indienne rachète une société sidérurgique française, c’est un investissement pour la société indienne, ça n’en est pas un pour la France et ça n’apporte strictement rien (ça peut même mal finir, comme on a pu le constater..). Cela le deviendrait si conjoitement au rachat, des investissements étaient faits sur les sites de production français, avec des recrutements, modernisation de l’outil, relance marketing, etc. Mais qui est capable de citer un seul exemple de ce type là au cours des 3 dernières années ? Personne. J’ai remarqué que beaucoup de personnes avaient du mal à distinguer un investissement profitable d’un rachat de société.


                  • Internaute Internaute 19 février 2008 13:57

                    Attention vous tenez des propos racistes. Mittal n’est pas une société indienne, mais européenne puisqu’elle est immatriculée en Hollande. smiley


                  • philou 19 février 2008 15:10

                    Parler de société indienne est tout au plus xénophobe mais pas raciste !


                  • philou 19 février 2008 15:38

                    On peut observer que le Japon ne perd pas ses emplois industriels. Le Japonais insulaire consomme en majorité des produits japonais, il n’importe que les produits de luxe - du sac Vuitton à la Ferrari en passant par la gastronomie française.

                    Le Japon délocalise peu. Si l’on prend l’exemple de la production automobile, les usines des constructeurs japonais hors du sol japonais sont dédiés aux machés locauxx (ie US et Européens).

                    La différence entre la France et le Japon est flagrante pour ce qui concerne la qualité de service. On ne se sert pas l’essence soi-même, il y a toujours un employé posté au portillon du métro pour vous aider le cas échéant, un guichetier même s’il y a des appareils automatiques de tickets etc etc ... on vous vend le "sandwich SNCF" à peu près au prix que vous le paieriez à l’épicerie du coin etc ...

                    Le Japon conjugue le plein emploi avec un cout de la vie modérée - allez prendre un café à Ginza et le même aux Champs Elysées etc ...

                    Est-ce que parce-que le Japon "travaille plus pour gagner plus" ? Pas sûr. Vrai pour les emplois industriels, il est clair que l’ouvrier qui ne prend pas ses congés va produire plus, vrai pour les emplois de service, mais pas vrai pour le tertiaire où la productivité est moindre.

                    Est-ce parce-que les charges y sont moindres ? Peut-être. Cependant le Japonais dispose de la sécu avec grosso-modo les mêmes prises en charges que le Français, la retraite, l’éducation y est gratuite jusqu’à l’université. Les transports sont développés et pas plus couteux qu’en France, les services publics sont de bonne qualité en général.

                    Le taux de chômage y est très bas moins de 4 % mais on y a conservé comme dit plus haut nombre de petits boulôts tels que le guichetier, le pompiste, le vendeur de sandwich ambulant dans le Shinkansen etc etc.

                    L’Etat au travers de son puissant MITI n’est aucunement libéral économiquement parlant.

                    Une économie dirigiste, sociale, l’anti-thatcherisme en quelque-sorte.


                  • philou 19 février 2008 15:47

                    Désolé si je me répète mais mon commentaire ne s’est pas inséré là où il devait ...

                    On peut observer que le Japon ne perd pas ses emplois industriels. Le Japonais insulaire consomme en majorité des produits japonais, il n’importe que les produits de luxe - du sac Vuitton à la Ferrari en passant par la gastronomie française.

                    Le Japon délocalise peu. Si l’on prend l’exemple de la production automobile, les usines des constructeurs japonais hors du sol japonais sont dédiés aux machés locauxx (ie US et Européens).

                    La différence entre la France et le Japon est flagrante pour ce qui concerne la qualité de service. On ne se sert pas l’essence soi-même, il y a toujours un employé posté au portillon du métro pour vous aider le cas échéant, un guichetier même s’il y a des appareils automatiques de tickets etc etc ... on vous vend le "sandwich SNCF" à peu près au prix que vous le paieriez à l’épicerie du coin etc ...

                    Le Japon conjugue le plein emploi avec un cout de la vie modérée - allez prendre un café à Ginza et le même aux Champs Elysées etc ...

                    Est-ce que parce-que le Japon "travaille plus pour gagner plus" ? Pas sûr. Vrai pour les emplois industriels, il est clair que l’ouvrier qui ne prend pas ses congés va produire plus, vrai pour les emplois de service, mais pas vrai pour le tertiaire où la productivité est moindre.

                    Est-ce parce-que les charges y sont moindres ? Peut-être. Cependant le Japonais dispose de la sécu avec grosso-modo les mêmes prises en charges que le Français, la retraite, l’éducation y est gratuite jusqu’à l’université. Les transports sont développés et pas plus couteux qu’en France, les services publics sont de bonne qualité en général.

                    Le taux de chômage y est très bas moins de 4 % mais on y a conservé comme dit plus haut nombre de petits boulôts tels que le guichetier, le pompiste, le vendeur de sandwich ambulant dans le Shinkansen etc etc.

                    L’Etat au travers de son puissant MITI n’est aucunement libéral économiquement parlant.

                    Une économie dirigiste, sociale, l’anti-thatcherisme en quelque-sorte.

                     


                  • Internaute Internaute 19 février 2008 13:54

                    « En effet, plutôt que d’attaquer le problème dans la compétitivité des entreprises, l’Etat français a poursuivi une politique centrée sur les bas salaires (c’est-à-dire la défense d’industries à fort usage de main-d’oeuvre non qualifiée) alors même que la concurrence des pays en développement ne nous permet pas d’être concurrentiel sur le long terme. »

                    Ah oui ? et les autres, on les pique ?

                    « Le débat est malheureusement tronqué par la peur de la mondialisation. Trop souvent, c’est la mondialisation qui est montrée du doigt. En fait, à nouveau, c’est notre absence de concertation pour mettre en place des solutions qui est en cause. »

                    En peu de paroles, on enlève la cloison du bassin et si les poissons rouges crèvent c’est parcequ’ils ont peur de respirer l’air pur.

                    La principale erreur est de croire que le monde est isotrope, uniforme, que le marché et la main d’oeuvre sont globaux. On le voit bien dans votre présentaton où vous n’envisagez même pas la séparation des marchés en zones d’économies semblables dont les échanges extérieurs seraient marginaux.

                    Il est normal qu’une entreprise basée en France ait du mal à exporter sur des marchés où elle est en concurrence avec d’autres basées dans des pays pauvres. Il est anormal que pour l’y aider nos députés mettent l’ensemble des travailleurs français en concurrence avec les ouvriers du tiers-monde. Peut-être serait-il plus intéressant de fermer une fois pour toutes les entreprises exportatrices et de réserver le marché européen, dix fois plus important que le reste, aux entreprises européennes. Malgré son carnet de commande, Airbus va licencier 10.000 personnes. Evidemment cela va à l’encontre des théoriciens du pouvoir mondial qui ne peuvent pas supporter qu’on ait encore le Smig en France alors qu’un chinois gagne 10 fois moins.

                    La seule solution durable est la défense des intérêts français en France et européens en Europe, ce qui n’est malheureusement pas la voie suivie par notre gouvernement ni par les apparatchiks de Bruxelles.

                    Je vous ferez remarquer que nos députés ne veulent surtout pas se mettre en compétition avec ceux du tiers-monde. Pourtant, pour ce qu’ils font, n’importe quel citoyen du BengLaDèche ferait pareil pour 10 fois moins cher.


                    • Marc Bruxman 19 février 2008 14:25

                      "Il est normal qu’une entreprise basée en France ait du mal à exporter sur des marchés où elle est en concurrence avec d’autres basées dans des pays pauvres."

                      Jusque la tout va bien.

                      ""Il est anormal que pour l’y aider nos députés mettent l’ensemble des travailleurs français en concurrence avec les ouvriers du tiers-monde. Peut-être serait-il plus intéressant de fermer une fois pour toutes les entreprises exportatrices et de réserver le marché européen, dix fois plus important que le reste",

                      Vivrais tu mieux si tu payais ton lecteur DVD 150€ au lieu de 40 € ? Et pour tes fringues ? Et pour tout ? Lis mon post suivant, je donne la répartition de l’argent sur un lecteur DVD. Une bonne part revient dans les pays riches notamment sous forme de licenses de brevets. Fermer l’import / export ne ferait que détruire le pouvoir d’achat des français.

                      "Malgré son carnet de commande, Airbus va licencier 10.000 personnes."

                      Ce n’est pas vraiment du à la concurrence de la Chine mais plutot aux fonds de pensions qui demandent une certaine rentabilité et à la concurrence avec Boeing qui quoi que l’on en dise reste un concurrent de poids. Leur dreamliner est un très bel avion. Un jour la Chine produira des avions c’est vrai. Un jour même on volera dans des avions Chinois. Mais ce n’est pas encore le cas.

                      "Evidemment cela va à l’encontre des théoriciens du pouvoir mondial qui ne peuvent pas supporter qu’on ait encore le Smig en France alors qu’un chinois gagne 10 fois moins."

                      C’est plus prêt de 20 fois dans certaines provinces de la Chine.

                      Mais ce que la plupart des gens ne veulent pas admettre c’est que la plupart des boulots non qualifiés que l’on exporte en Chine ne créent que très peu de valeure ajoutée. Si on ne les exportait pas en Chine, on les automatiserait ici. (Le cynisme bien compris voulant qu’un Chinois revient moins cher qu’une machine. Entendu d’un électronicien a qui je demandais pourquoi son usine Chinoise paraissait aussi archaique). A ce stade, le SMIG va effectivement poser problème car un bon nombre de personne vont devenir inemployables.

                      Regardez les caisses de supermarché ! Il y aura bientot un scan automatique et immédiat par RFID. Tout le monde le sait ! A un point le choix va être entre embaucher en dessous du SMIC ou remplacer par des machines (dont le cout n’est pas négligeable). Le choix est entre nos mains.

                       


                    • coati coati 19 février 2008 15:30

                      @ Internaute

                      Pas mieux.


                    • Marc Bruxman 19 février 2008 14:11

                      Il faut voir le problème autrement. Au XXème siécle les inventeurs dépendaient de l’industrie et son savoir faire. Aujourd’hui la situation s’est inversée.

                      Pour mieux comprendre le problème prenons le cas d’un objet de la vie de tous les jours : un lecteur DVD.

                      L’engin est revendu dans les 40$ par le chinois qui le fabrique. Celui-ci se fait environ 1$ de marge par appareil mais en vend des quantités astronomiques. La grande distribution en fait venir de gros lots et les revendra entre 40 € (merci le taux de change) et 70 €. Un très beau profit d’autant qu’elle aussi en vend des quantités astronomiques.

                      Mais surtout sur les 40$ que le chinois touche pour produire son DVD, près de 20$ sont des licenses pour des brevets divers et variès. (Du MPEG à la diode laser en passant par diverses autres choses).

                      Ce qui fait en résumé :

                      • 1$ de marge pour le fabriquant Chinois et ce au prix d’investissements très lourds.
                      • Au minimum 18.80 $ de marge pour l’importateur et la grande distribution.
                      • 20$ pour les détenteurs de brevets, majoritairement des boites occidentales. (Dont de très nombreuses boites européennes). On peut considérer que 80% de cette somme correspond à la marge au minimum.
                      • 19$ engloutis dans les couts de fabrication dont une bonne partie correspondent à l’achat de couteuses machines outils produites notamment en Allemagne (ils sont très bon pour cela) et le reste correspondant à l’achat de matières premiéres ainsi que la main d’oeuvre.

                      Vous commencez à voir le problème autrement ?

                      Le vrai problème c’est que comme Marx l’avait justement prévu (et c’est un libéral qui vous parle), on est maintenant très vite en situation de surproduction dans le domaine industriel. Dès lors le fait de produire crée une valeure ajoutée minime. Toute la valeure ajoutée est maintenant dans l’invention initiale des concepts et algorithmes. Car les usines sont tellement performantes qu’il est VITAL pour elles que des gens inventent afin qu’elles aient de nouvelles choses à produire. Et c’est pour cela que l’on nous rabache tant les oreilles avec l’innovation. Car si l’on cesse d’innover l’économie se cassera immédiatement la geule dans une superbe crise de surproduction. Et comme la valeur ajoutée de la production est maintenant quasi nulle, il est absolument nécéssaire d’avoir de la main d’oeuvre à pas cher pour pouvoir produire. C’est pour cela que le role de la Chine va croissant et que lorsque celle-ci se sera trop développée, un autre continent comme l’affrique devra prendre le relai. (Mais on a encore une bonne 40aine d’années devant nous). 

                      Non on est pas prêt de revoir des usines en Europe. La désindustrialisation est inéluctable. Si l’on réduit les charges des entreprises c’est avant tout pour dégager de la marge en R&D. Le reste c’est de la politique. Pleurer sur les ouvriers d’une usine permet de faire des voix. Mais le vrai défi reste l’innovation. La production c’était le défi du XXème siécle. Il a été largement gagné. Souvenez vous qu’il n’a fallu que quelques années pour innonder le monde de téléphones portables. Et qu’il est nécéssaire d’innover pour pouvoir en refabriquer et faire tourner les usines. Si on innovait pas, il n’y aurait pas de renouvellement et les usines fermeraient. C’est pour cela que le transfert de richesse se fait petit à petit du monde de la production vers le monde de l’innovation. Car alors qu’au XXème siécle les inventeurs étaient dépendents de l’industrie, aujourd’hui l’industrie est dépendente des inventeurs.

                       

                       

                       

                       

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