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Accueil du site > Actualités > Economie > Pourquoi nous ne comprenons rien à la crise ?

Pourquoi nous ne comprenons rien à la crise ?

Depuis quelques mois, on voit apparaître des propos d'experts ou de journalistes qui nous parlent de la "sortie de crise" et qui cherchent "le bout du tunnel". Cinq ans de crise, c'est bien long, et, en général, cela finit par finir ! Donc, on l'attend cette fin de crise, elle doit arriver, elle est -à chaque fois- venue, elle va revenir et on guette -telle soeur Anne dans sa tour- les signes annonciateurs de son retour. 

Les experts économiques nous disent maintenant que la reprise de l'activité commencera "le dernier trimestre de 2013" et nous avons oublié qu'il y a un an -à peine- ils nous parlaient, sûr et confiant en l'avenir, du "dernier trimestre de 2012". En 2009, ils évoquaient déjà 2010 puis 2011 !

La croissance doit revenir, telle la cavalerie, nous sauver de la méchante récession. C'est dans l'ordre des choses et, rivés à nos transistors et à nos écrans, nous répétons tous la même antienne incantatoire.

En attendant, "pour tuer le temps", nous cherchons les responsables de cet état de fait. A d'autres périodes, on ferait appel à la colère persistante des Dieux pour monter une explication rationnelle crédible. Aujourd'hui, nous sommes plus triviaux. Le commun de la population se contente de râler contre les politiciens et les technocrates : "ils ne font rien" et "ils s'en mettent plein des poches" sont des explications qui évitent d'aller plus loin.

Les analystes politiques se veulent plus subtils. Pour les keynésiens, et autres gens de gauche, on appelle à l'aide le dieu Relance. Seule, une bonne politique de reprise, à coup d'argent public sorti du chapeau de ce magicien professionnel, nous fera repartir et nous entraînera vers une nouvelle période de félicité heureuse et de joyeux consumérisme.

Pour les partisans de la rigueur, et autres gens de droite, on se réclame, au contraire, des dieux Rigueur et Liberté économique. Insatisfaits de leurs omniprésences  depuis deux décennies, ils en veulent encore plus, telle des drogués à la recherche de leur dose, ils cherchent toujours le Nirvana de ce trip idéal : une société sans Etat et sans aucune contrainte.

Cette interminable querelle n'empêche pas le malade de s'étioler, soumis successivement aux prescriptions successives de nos doctes médecins économiques.

Certains tentent alors de prendre davantage de recul. Les économistes se prennent alors pour des historiens. Pendant deux ans, on nous a sorti la comparaison avec la crise de 1929, elle a alimenté tous les discours sérieux jusqu'à épuiser ses charmes : on y découvrait surtout les différences entre 1929 et 2008. Ne trouvant aucune similitude, nous avons fini par abandonner l'histoire de 29.

La grande mode, aujourd'hui, c'est le déclin de l'Empire romain. Cela fait bien dans le discours, cela fait celui qui a de la hauteur ou de la profondeur de vues, cela fait sérieux. Cela permet une confortable analyse où l'Occident serait soumis à la pression de barbares qui prennent la forme des pays émergents.

Mais, on nous dit, maintenant, que le ralentissement économique atteint aussi ces pays-là. L'analogie s'écroule donc : si la Chine est -elle aussi- touchée, les discours autour de l'expansion et du déclin des civilisations se sont affaiblis à leur tour.

Soucieux de rester au-dessus de la mêlée, le savant économique doit trouver d'autres champs explicatifs. Il fait maintenant appel à l'anthropologie, cherchant dans la "course au bonheur" et aux "biens matériels" une explication rationnelle. Il décrit la crise "existentielle" et se décrit d'abord lui-même : en réalité, il n'a plus rien à proposer, ni explications rationnelles, ni solutions réalistes.

L'expert ne voit plus rien d'intéressant, n'explique plus rien de convaincant, ne propose plus rien de pertinent pour nous en sortir. Chroniqueurs des grands médias, universitaires professeurs dans les écoles les plus prestigieux, auteurs de bouquins et d'articles lus par des quantités considérables de gens sérieux, toutes ces personnes (souvent les mêmes !) impressionnent par la vacuité croissante de leurs discours.

Pour comprendre ce désastre immense de la pensée intellectuelle, on fera appel -ici aussi- à l'historien. Mais, on ne fera pas l'erreur de faire référence à une époque particulière de notre passé. L'historien, le vrai, déteste d'ailleurs cela. Il craint -par-dessus tout- la démarche analogique, source d'erreurs et de confusion. Aucune époque ne peut être comparée à une autre car chacune se signale par ses singularités.

Relisons plutôt un grand historien français, de réputation mondiale, Fernand Braudel. Il distinguait trois temporalités historiques.

D'abord, le temps court, l'histoire événementielle, l'agitation de surface. C'est ce que le flot constant de l'actualité nous apporte en vagues continuelles. Ce temps ne permet pas d'analyser sereinement ce qui se passe, collés au guidon du flot des événements, nous ne comprenons rien : le débat sur le prix de l'essence succède à celui sur le gaz de schistes, suivi de celui du cumul des mandats. Nous ne voyons pas le lien entre chaque micro-fait. Nous sommes devant un puzzle épars dont aucune pièce n'est reliée.

Ensuite, Braudel parle du "temps social", le temps lentement agité des groupes humains. Chaque société produit ses intellectuels et ses décideurs. Ceux-ci sont outillés pour comprendre la société dans laquelle ils vivent. A l'échelle de la décennie, on peut tenter des analyses sur "le devenir des classes moyennes" ou sur "le phénomène de la péri-urbanisation". Nos experts et nos universitaires en sont là : ils sont outillés pour comprendre leur monde en devenir avec les outils légués par les professeurs qui les ont formés.

Enfin, Braudel distingue "le temps géographique", le temps presque immobile des changements qui ne peut se comprendre qu'à l'échelle du siècle. Bien souvent, l'historien comprend, a posteriori, bien longtemps après, le mouvement long de l'Histoire : l'essor de l'Europe pendant les grandes découvertes n'a pas été analysé par les commentateurs de l'époque ; le basculement du centre du monde de l'Europe vers l'Amérique n'a été compris que dans la deuxième moitié du XXéme siècle. Seuls quelques intellectuels visionnaires ont compris ce qui s'était passé.

Pourquoi cette cécité de la majorité des intellectuels et des experts ? Influencés par leur histoire personnelle et par les évènements qu'ils ont vécue dans leur jeunesse, ils ne voient pas venir les nouveaux paradigmes des évolutions futurs. Ils analysent la crise actuelle en relisant Keynes ou Friedman -des hommes du siècle précédent- et ne comprennent plus rien ! Ils n'ont pas le recul suffisant pour trouver dans le flot événementiel, les véritables explications.

Prenons un exemple : l'augmentation soutenue et durable des prix des denrées agricoles qui ont doublé entre 2006 et 2011. Le citoyen moyen, au gré du flot évènementiel, en reste à des explications simples ("certains s'en mettent plein les poches"), elles ne sont pas fausses, mais ne suffisent pas à comprendre ce qui se passe.

L'expert, outillé de ses multiples outils d'analyse performant, examine avec précision ce qui se passe : il nous parle de l'augmentation des épisodes de dérèglement climatique, de plus en plus fréquents. Il analyse le poids des politiques publiques des Etats qui vont restreindre les exportations, les effets des politiques de soutien aux agro-carburants, les changements d'habitude alimentaire dans les pays émergents au profit de la viande. Il pointe les limites atteintes des "Révolutions vertes" lancées dans le dernier quart du XXéme siècle.Il peut aussi étudier l'influence croissante de la spéculation des marchés sur les matières premières agricoles.

Selon ses opinions, il accordera une importance plus ou moins variable à ces différents facteurs. Chacun d'entre eux est exact et la combinaison de toutes ces explications forme un ensemble rationnel et cohérent. Et pourtant, avec tous ce travail fouillé d'analyse, l'essentiel échappe à notre intellectuel expert. Il a minoré la clé fondamentale de cette situation : la population mondiale est passée de 5,3 milliards en 1993 à 7 milliards en 2012. En 19 ans, la demande s'est accru de 1,7 milliard de bouche à nourrir. Voilà la seule explication que retiendront nos descendants pour expliquer ce qui s'est passé.

Cet exemple permet de comprendre la cécité de nos intellectuels et experts qui nous inondent d'analyses toutes fausses et dépassées : la crise ne va pas s'arrêter parce que c'est une crise globale et totalement inconnue.

Pour la première fois dans l'histoire de l'Humanité, nous sommes trop nombreux pour les ressources dont nous disposons : matières premières, terres agricoles, terres constructibles, alimentations. Nous atteignons le plafond de verre de nos ressources. 

Or, nos intellectuels et experts n'ont rien lu sur cette éventualité. Ils n'ont pas connu ce type de crise. Ils ne savent pas l'imaginer. Ils ne peuvent la concevoir. Hors de leur entendement et de leur culture professionnelle, ils prennent cette hypothèse pour les divagations d'écologistes illuminées.

Finalement, les experts économiques et les chroniqueurs mondains se trouvent dans la même situation que les généraux et les dirigeants européens en 1914. Habitués aux guerres de mouvement rapide du XIXéme siècle, ils ne pouvaient concevoir la guerre de tranchées. Les pacifistes passaient pour des plaisantins ou des traîtres. La guerre fut interminable et meurtrière. 

La crise actuelle est une crise qui sera -elle aussi- longue. Il faudra bien que l'opinion et nos beaux parleurs, en leur chaire, se résignent. Il faudra bien qu'ils finissent par l'admettre. Notre crise est, fondamentalement, une crise de l'insuffisance des ressources qui va s'étendre à l'ensemble du monde.

En 1914, personne n'avait compris Sarajevo, une petite crise diplomatique qui allait se résoudre. Personne n'avait prévu l'extension à la planète d'une guerre longue et meurtrière.

En 2008, la crise des subprimes a été comprise comme une petite crise économique. Et, dans les années suivantes, personne ne semble avoir compris que la crise va devenir mondiale et qu'elle va bouleverser en profondeur nos sociétés.

Pour aller plus loin :

crise économique/crise écologique


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45 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 10 septembre 2012 10:05

    ceux qui nous donnent des leçons, ce sont economistes, mais il existe un petit secret au sujet de l’économie. Les grands économistes n’étaient pas… des économistes !

    http://2ccr.unblog.fr/2012/05/30/leconomie-ou-la-science-de-la-domination/


    • Traroth Traroth 10 septembre 2012 10:23

      La crise des subprimes n’a été en elle-même qu’un déclencheur, le détonateur qui a embrasé une économie mondiale où les bulles sont partout ! On nous parle désormais d’un catastrophe imminente aux Etats-Unis concernant les défauts des anciens étudiants qui ne peuvent plus rembourser leurs crédits étudiants. Et il semblerait que c’est un véritable phénomène ! Il y en a pour des dizaines voire des centaines de milliards de dollars. Logique, dans un contexte où un diplôme ne signifie plus vraiment un emploi. Et ce n’est que le domino suivant !


      • niblabla 10 septembre 2012 11:02

        Le début de l’article est pas mal.
        Mais tout ça pour en revenir à Malthus, bof.

        La crise actuelle, c’est la crise de la vie à crédit.
        Que ce soit pour acheter des maisons, se payer des études, pour financer du social, ou la guerre.
        Tout le monde a prévu ses plan de remboursement en fonction d’une vision positive de l’avenir :

        Je peux m’endetter sur 25 ans car j’aurais toujours un emplois...
        La banque peut prêter pour l’immobilier car l’immobilier ne peut pas baisser et donc au pire on peut saisir..
        L’état peut emprunter continuellement car la croissance épongera tout ça..
        Comme tout est lié maintenant, une faiblesse quelques part et tout part en vrille.

        Je ne dis pas que les ressources ne sont pas un problèmes, mais je ne crois pas que nous sommes dans la crise des ressources encore.


        • Abou Antoun Abou Antoun 10 septembre 2012 14:19

          mais je ne crois pas que nous sommes dans la crise des ressources encore
          Bien sûr que si ! le pic pétrolier est déjà derrière nous, les autres sont à venir.


        • Garrigue Garrigue 10 septembre 2012 14:41

          @ niblabla

          Il nous a fallu plus de 160.000 ans pour atteindre 1 milliard d’habitants, 123 ans pour atteindre le 2eme, 33 ans pour le 3eme, 15 ans pour le 4eme et depuis nous augmentons notre population d’un milliard tous les 12 ans (source : PRB et ONU). Si nous continuons sur le même schéma, c’est à dire stagnant, nous serons 10 milliards en ... 2035. Pour rappel, l’ONU avait prévu un ralentissement de l’augmentation de la population et nous devions atteindre 7 milliards d’habitants fin 2012 (13 ans après le dernier milliard). Nous savons aujourd’hui que nous avons atteint ce chiffre en octobre 2011, confirmant la tendance d’une augmentation de 1 milliard par tranche de 12 ans.

          Si vous ne voyez pas ici un problème majeur ...


        • Traroth Traroth 10 septembre 2012 18:38
          @niblabla :

          « La crise actuelle, c’est la crise de la vie à crédit » : Vous n’allez pas assez loin dans l’analyse. Pourquoi les gens font-ils plus appel au crédit qu’autrefois ? Parce qu’ils n’ont plus d’argent, tout simplement. En 30 ans, c’est 10 points de PIB qui sont passés des pauvres aux riches.
          Avant ça, beaucoup plus de gens pouvaient se payer leur logement ou leurs études sans s’endetter excessivement.

          Si on comprend l’économie comme un système circulatoire où le sang serait de l’argent, cette crise est un problème d’embolie. L’argent stagne chez les riches. Le reste de la société est condamné aux bulles à répétition, ce qui provoque bien sûr éclatement de bulle sur éclatement bulle (puisqu’il n’y a PAS d’argent) et donc crise sur crise.

        • louphi 11 septembre 2012 07:07

          niblabla

          Jolie remarque sur le début de l’article et sur le malthusianisme au final que propose l’auteur pour résoudre la crise. Mais, votre regard sur la crise s’inscrit dans le « temps court » événementiel de Fernand Braudel que l’auteur a présenté. En effet, votre diagnostic ne porte que sur « la crise actuelle » et encore sur un seul de ses multiples aspects : le consumérisme. En fait, la crise est globale. Elle englobe à la fois le passé, l’actualité et le future. C’est la crise du système capitaliste pourrissant à son stade suprême : l’impérialisme. Solution : La révolution prolétarienne dans les métropoles coloniales, industrielles et la révolution nationale voire raciale dans les colonies, semi-colonies et pays dépendants.


        • Antoine Diederick 10 septembre 2012 11:12

          Un avis :

          "Il est sidérant de voir que personne ne pose le problème démocratique et politique de cette concentration dans une institution qui doit rester indépendante dans ses décisions. Nulle part une telle concentration n’a été mise entre les mains de la banque centrale de manière structurelle."

          G. Ugeux


          • Antoine Diederick 10 septembre 2012 11:17

            Résultat des courses : nous ne comprenons pas grand chose sur les montages soi-disant salvateurs ,style usine à gaz, mais nous comprenons bien qu’il y a un vrai abus qu’il faut combattre...

            C’est le scandale .


          • Barrous Barrous 10 septembre 2012 11:58

            @ l’auteur

            Et moi je vais vous dire pourquoi vous n’avez rien compris à la crise.

            1- Parce que vous ne prenez pas la peine d’énumérer toutes les causes probables, et d’essayer de quantifier leur contribution à la crise

            2- Parce que vous occultez (ou vous ignorer) d’une manière incroyable les conséquences de la spéculation sur les matières premières, et des différentes techniques financières de manipulation des prix, qui permettent à une minorité de pomper un argent fou en n’ayant aucune valeur ajoutée dans l’économie

            3- Parce que vous oubliez que 20% de la population accapare 80% des richesses (les pourcentages sont probablement plus graves)

            4- Parce que vous oubliez que le mode de vie américain fait consommer beaucoup plus que nécessaire, et gaspille et jette d’énorme quantité de nourriture (savez-vous qu’ils n’ont aucun état d’âme à détruire de la nourriture pour éviter une baisse des prix, alors que des gens n’ont pas de quoi manger ?)

            5555 - Et c’est peut être la plus importante : les 1,7 milliards d’êtres humains n’ont pas été parachuté du jour au lendemain par les extraterrestres ! Cette crise a un caractère quasi spontané, elle s’est produite assez rapidement, contrairement à la croissance de la population mondiale. Et vous faites comme si on nourrissait toute l’humanité, alors qu’il y a des centaines de millions de gens qui ne mangent pas à leur faim, ou qui souffrent de mal nutrition...


            • Garrigue Garrigue 10 septembre 2012 15:09

              @ Barrous

              Cf mon commentaire précédent ...

              Notre population augmente d’un milliard tous les 12 ans dans un écosystème fini, si vous ne considérez pas cela comme un problème retournez voir vos « extra-terrestres » ...


            • Barrous Barrous 10 septembre 2012 15:53

              Oui la population mondiale augmente et alors ? Que ça soit un problème au niveau de l’alimentation, ça reste à démontrer cher ami !

              Et encore plus, il faut démontrer le lien avec la crise actuelle ! A vous entendre on croirait que la Grèce ou l’Espagne envoient la moitié de leur production agricole pour combattre la famine ! N’importe quoi , n’est-ce pas ? smiley

              Ce n’est pas parce que vous avez entendu quelqu’un à la télé le dire que c’est vrai !


            • Garrigue Garrigue 10 septembre 2012 18:09

              @ Barrous

              Je vous rassure je ne regarde que très peu la télé et je préfère largement lire. D’ailleurs je vous engage à lire « Mother Earth » (1949) ou « the cave of steel » (1953) d’Isaac Asimov...

              Par ailleurs je n’ai pas spécifié que le problème viendrait automatiquement de l’alimentation (il semblerait que vous déduisiez des choses que je n’ai pas écrit). Le problème est plus global et il serait judicieux de calculer ce que notre écosystème peut supporter et avec quel niveau de vie. Croyez-vous sincèrement que 7 milliards de personnes puissent vivre avec le niveau de vie (et de gaspillage) d’un américain, voir même d’un Européen ? Si oui, descendez vite de votre nuage ...


            • Aldous Aldous 10 septembre 2012 12:19

              En 1914, personne n’avait compris Sarajevo, une petite crise diplomatique qui allait se résoudre. Personne n’avait prévu l’extension à la planète d’une guerre longue et meurtrière.


              Je crains qu’en 2012 on comprenne encore moins bien les causes réelles de la guerre de 14, d’autant qu’on nous fait rabâcher sans relâche que c’est l’assassinat d’un prince autrichien par un va-nu-pieds serbe qui a precipité les allemands contre les francais, fait s’effondrer les empires russes et ottomans, transféré l’or du monde à Fort Knox et mis fin à l’étalon-or.

              Incroyable tout ce que ce Gavrilo Princip a déclanché d’un simple coup de pistolet ! 

              C’est l’effet papillon avant l’heure.

              Ou alors c’est un contes de fée...



              • HELIOS HELIOS 10 septembre 2012 12:32

                ... a premiere vue, il me semble qu’il y a d’abord un contexte, ensuite un probleme de procedure...

                Le contexte, c’est la mondialisation.
                Ce qu’on reproche a la crise europeenne de l’euro c’est la non homogeneité des pays qui partagent la monnaie.
                La mondialisation, c’est pareil, ce qui cree probleme, c’est la non homegeneité des pays qui partagent cette mondialisation.

                La procedure, ce sont les circuits economiques.
                Normalement dans un circuit economique il doit y avoir une repartition de la plus value entre la mise de depart et le resultat a l’arrivée.
                Les intermediaires economiques, dans le contexte cité plus haut, ce sont les banques qui ont eliminé tout autre circuit... et surtout qui prelevent une plus value démesuréee et même qui rendent impossible la survie du circuit.
                Parallelement elles ont crée des circuits « parasites » qui viennent canibaliser les circuits « legitimes »

                prenons un exemple simple que tout le monde va bien comprendre...

                F Hollande a donné hier soir une hypothese de « croissance » de notre pays pour la fin de l’annéee 2012 : 0,8% de croissance... ce taux represente l’accroissement de richesse, la « plus value » de notre pays.
                Or, la France se finance aupres de banques qui lui pretent actuellement de l’argent a 2%.
                vous comprendrez bien, que sur les montants qui sont concernés, les banques preteuses, non seulement ne permettent pas a la France de profiter de sa plus value, mais surtout pompent a raison de 1,2% (c’est a dire appauvrissent notre pays) d’une richesse non créee.

                Alors vous me direz, que les banques, c’est aussi nous, que leurs gains rentrent aussi dans nos poches grace a un algorithme de distribution injuste mais existant... oui, vous avez raison, mais c’est une infime partie, car la majorité s’echappe de France pour aller s’investir sur des marches de capitaux... la City a Londres, Wall street a NY et en asie.

                en conclusion, on peut faire tout ce que l’on veut, tant qu’on ne reglera pas le contexte (accepter ou modifier/ajuster les regles de mondialisation) et tant qu’on ne maitrisera pas les intermediaires des circuits economiques... mais ce qui est sûr et clair comme de l’eau de roche, c’est qu’en prelevant 20 milliards en 2 ans sur l’economie française, Hollande et cie vont creer une fuite dans le circuiote conomique « France » retirant ces milliards de la plus value et appauvrissant d’autant notre pays.

                20 milliards d’appauvrissement c’est significatif, non ?

                Pourquoi ne fait-il pas ce qu’il faut pour que la France garde sa richesse et la developpe... par exemple en allegeant les impots (baisse de la TVA significative), augmenter les tranches d’IR pour diminuer le prelevement direct, baisse de diverses taxes dont celle de la TIPP... mais aussi toutes les niches (amende fixe des radar a 30 euros - en conservant la punition des points -) etc... cela fait beaucoup d’argent qui ne manquera pas a l’etat car... tout enrichissement de la population entraine automatiquement un sursaut de recette....

                Grosso modo, reinjecter 10 a 20 milliards dans l’economie (2 ponts de tva =14 milliards) ce serait un sacré coup de boost a la France, non ?


                • louphi 11 septembre 2012 07:28

                  HELIOS

                  Vous faites penser à un imminent médecin qui s’applique à vouloir réanimer un malade dont l’électrogramme est à plat depuis des années. Par mille Manitous !!


                • Yvance77 10 septembre 2012 13:12

                  Le souci des économistes est que leur études et propos tiennent le plus souvent de la voyance que de la science rationnelle.

                  Quand j’entends ânonner la doxa libérale des : Elie Cohen Emmanuel Lechypre, Philippe de Certines et de voir à quel point ils sont satellisés, je me dit que l’avenir est bel et bien à la boule de cristal !


                  • Abou Antoun Abou Antoun 10 septembre 2012 13:33

                    Pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, nous sommes trop nombreux pour les ressources dont nous disposons : matières premières, terres agricoles, terres constructibles, alimentations. Nous atteignons le plafond de verre de nos ressources.
                    Tout est dit là !
                    Tous les systèmes à base de crédit s’effondrent car le crédit ne peut survivre qu’en période d’expansion continue. Vous pouvez prêter à une entreprise, à un ménage, même fortement endettés, si les perspectives de croissance de ses revenus sont bonnes. Mais pour la première fois on comprend que c’est fini. La croissance ne reviendra pas, l’emploi ne reviendra pas, il va donc falloir apprendre à vivre avec la pénurie ou bien se lancer dans des guerres meurtrières ou même un peu des deux.
                    Il n’y a pas de crise au sens cyclique des théories économistes il y a bien une maladie, semble-t-il incurable. Parler de ’crise’ permet aux élus de faire croire à leurs électeurs qu’une fin est possible qu’un retour à la situation d’avant est possible.
                    Nous avons été abreuvés de mensonges pendant la campagne présidentielle. tant pis pour ceux qui les ont crus (et tant pis pour les autres aussi).
                    Le président normal fait preuve d’originalité en ce sens que, contrairement à la coutume qui veut qu’une fois les élections gagnées on utilise le ’parler vrai’, il continue, lui, à bonimenter comme s’il était encore en campagne. On peut se demander s’il a vraiment compris la situation.


                    • perlseb 10 septembre 2012 16:00

                      Il reste encore un petit potentiel de « croissance » : quelques forêts (Amazonie, Indonésie) ne sont pas encore rasées et remplacées par des champs. L’écologiste non malthusien ne pourra pas s’opposer à la suppression de ces dernières forêts puique cela permet à un plus grand nombre d’individus de manger.

                      Mais il est clair qu’après (plus d’ilôt non exploité), si les gens ne savent pas s’alimenter en synthétique quasi exclusivement (genre « soleil vert »), ce qui nous attend va être explosif.

                      De toutes façons ça ne sera pas intéressant (s’alimenter en synthétique, très peu pour moi) et se battre pour les ressources (guerre ou responsabilité personnelle évidente dans la famine des autres) ne sera pas très « humain » justement. Par excès d’humains, le futur ne sera pas « humain » (soit artificiel, soit barbare).

                      Quant à ceux qui s’imaginent pouvoir aller détruire une autre planète à 4,2 milliards d’année (près d’Alpha centauri) pour donner un sursis à l’humanité, laissons-les rêver : nous crèverons dans notre berceau parce que nous le cassons bien avant de savoir marcher.


                    • Lefumiste Lefumiste 10 septembre 2012 13:36

                      « Pourquoi ne comprenons-nous rien à la crise ? »

                      A mon humble avis, la réponse se trouve en quelques sortes dans la question.

                      Nous sommes face à un problème sémantique avec cette question : ce que nous appelons « crise » porte bien mal son nom ! Aboutissement inéluctable devrait-on dire plutôt.

                      Je dirai que nous arrivons à la fin d’un système et toutes les difficultés auxquelles sont confrontées, les états mais également les individus, ne sont finalement que la suite logique de ce dernier siècle, de son modèle de développement humain et matériel, de son modèle économique/financier et même de son modèle philosophique !

                      Après chaque courant de pensée macro/micro économique pourra nous expliquer pourquoi ceci pourquoi cela ! Mais finalement, ce que nous sommes en train de vivre, à savoir un changement systémique inéluctable, n’est qu’une conséquence du développement que l’Homme a choisit d’emprunter suite à la révolution industrielle.

                      En gros, on est dans la merde et personne ne peut vraiment dire vers quoi l’Homme se dirige !


                      • Abou Antoun Abou Antoun 10 septembre 2012 14:27

                        En gros, on est dans la merde et personne ne peut vraiment dire vers quoi l’Homme se dirige !
                        Peut être vers sa fin.
                        La mort des individus, la fin des espèces, tout cela fait partie du cycle de la vie. La seule nouveauté serait que l’homme a créé lui-même les conditions de sa disparition, ce qui n’avait pas été le cas des extinctions massives d’espèces qui ont précédé. Dans les autres cas ce sont des événements extérieurs, éruptions volcaniques, modifications du climat, météorites, etc.. Nous serions donc sur cette planète et très vraisemblablement compte tenu des connaissances que nous avons de son histoire dans le premier cas de disparition d’espèce par suicide collectif.


                      • herve33 10 septembre 2012 14:34

                        Pour mieux comprendre la crise que nous vivons , qui a été complètement orchestré par les puissances financières transnationales , dont la Banque Goldman Sachs fait partie , mais ce n’est pas la seule . Démanteler les grosses banques d’investissements de wall Street qui sont too big too fail .
                        Un reportage de ARTE est édifiant , comment les banques dirigent désormais le monde , non pas pour le bien des clients , des peuples , ces banques spéculent pour elle - même sans aucun contrôle et influencent toutes les politiques de la planète .

                        http://videos.arte.tv/fr/videos/goldman-sachs-la-banque-qui-dirige-le-monde—6894428.html


                        • Deneb Deneb 10 septembre 2012 15:29

                          La crise c’est le nouveau monde qui est opprimé par l’ancien.
                          Voilà un aperçu de ce que sera le monde après la crise :
                          Le numérique a changé beaucoup de choses, mais il en reste dix fois plus à changer d’urgence. A commencer par les mentalités.
                          Le plus dur sera d’admettre que les biens immatériels (dématérialisés) ne peuvent logiquement pas faire partie de l’économie. En effet, économiser les connaissances, c’est privilégier l’ignorance. Exit les droits d’auteur, exit la propriété intellectuelle.
                          Le matériel coute. Les addictions au matériel doivent disparaître. Par exemple, lecture sur l’écran remplacera le papier. Exit l’industrie du papier, les librairies, les boutiques de presse, les imprimeries ...
                          Le transport est polluant et gourmand en énergie. Il va falloir adopter le télétravail de partout où c’est possible. Exit la voiture individuelle, exit les vacances aux antipodes.
                          Le chauffage et la climatisation sont également gourmands en énergie. Il y a un grand avenir dans la production des matériaux isolants. Les aérogels, les nanogels vont connaître un grand essor. Mais il va falloir renoncer à l’opposition systématique quant aux nouvelles technologies. La solution de la crise énergétique, ce n’est ni le nucléaire, ni le pétrole. C’est les nanotechnologies. Exit le principe de précaution.

                          Vu le nombre d’obèses dans les pays industrialisés il va falloir, hélas, rationaliser le marché de la nourriture. Restructurer l’industrie alimentaire pour une distribution plus équitable et pour éviter les gaspillages. Exit les grandes bouffes, exit les produits exotiques. On sera tous locavores, par force.

                          Vous trouvez que ça ressemble à un cauchemar, tout ça ? C’est que vous faites partie de l’ancien monde, vous alimentez la crise en refusant de changer.


                          • millesime 10 septembre 2012 15:41

                            c’est le dollar qui est en cause, car sa valeur a fortement baissé (suite à l’inondation réalisée par la FED sur les marchés internationaux..spécialité de Ben Bernanke son président appelé Monsieur hélicoptère) de sorte que le pétrole et les denrées ont fortement montés sur les marchés.. !
                            Le gouverneur de la Banque Centrale de Chine, Zhou Xiaochuan, a écit un article remarquable en 2009 jamais démenti depuis d’ailleurs, dans lequel il écrit notamment :
                            « quand les prix internationaux sont fixés avec une monnaie nationale, la même banque centrale (en l’occurrence la FED) se retrouve responsable de la liquidité des prix internationaux, de la liquidité des prix domestiques et de la liquidité des crédits entre le marché domestique et le marché international ».
                            il ajoute :
                            « la stabilité de la valeur de l’unité de compte internationale doit dépendre d’un système bancaire spécifique dont la gouvernance doit nécessairement être international »..etc..

                            lire : http://millesime.over-blog.com/article-reformer-le-systeme-monetaire-international-962345505.html

                            http://millesime.over-blog.com


                            • ddacoudre ddacoudre 10 septembre 2012 16:54

                              bonjour rcoutouly

                              bonne analyse. nous vivons une période de transition avec deux fractures l’une sociale l’autre intellectuelle. Il y a naturellement un lien entre les deux, mais surtout l’absence de penseurs éclairé sur la scène médiatique car par ailleurs ils s’expriment mais on the ground.

                               la technologie absorbe par le surf médiatique l’intelligence citoyenne à qui l’on ne demande plus que des réponses réactionnelles et émotives à l’évènement qui est devenu grâce au net un objet de consommation, auquel nous nous livrons d’ailleurs ici même.
                              cela me rappelle le développement de la formation, de toutes parts naissaient des organismes de formations dont bons nombres vendaient de la soupe. petit à petit les citoyens on fini par sélectionner ceux qui tenaient la route. pour le net il en sera de même, moins pour la structuration de l’information qui poursuit un objectif politique.Télévision : de l’info sans infos.http://ddacoudre.over-blog.com/article-ne-faites-plus-de-votre-existence-une-charge-109884008.html.
                              cordialement.


                              • LE CHAT LE CHAT 10 septembre 2012 17:01

                                les français doivent être sidérés de voir la bourse monter alors que le chomâge flambe et que la croissance est nulle , tout cela n’est que spéculation , les mesures de la BCE ne sont que procrastination , on creuse des trous pour en boucher d’autres .
                                Cela n’annonce rien de bon ............


                                • Mugiwara 10 septembre 2012 17:36

                                  Evidemment, d’autres crises sont à prévoir et non des moindres. La France et L’Allemagne se trouvent de facto à diriger une Europe à la dèche. 

                                  Pourquoi pas créer une élection Européenne qui nomme un président (Français) et premier ministre (Allemand) ?
                                  On critique le duo Hollande et Ayrault, surtout ce dernier pour un soi disant manque d’autorité. 
                                  En fait, il s’agit surtout de savoir naviguer à vue, au jour le jour... du coup, il faut des talents de navigateurs pour diriger le pays et ça n’est pas plus mal vu que les incompétents, il y a à foison, du coup, ça fait ressortir les qualités de nos gouvernants ou non. 
                                  ceux qui n’auront pas su prévoir une situation critique afin de l’éviter à temps seront bien évidemment critiqués. 
                                  Quand certains au PS, on critique le fait que Ayrault ne voit pas plus loin que 3 mois, c’est parce que tout peut se passer à n’importe quel moment et du coup, 3 mois c’est quand même énorme. 
                                  il faut donc une grande prudence. 

                                  • Hervé Hum Hervé Hum 10 septembre 2012 17:37

                                    A l auteur,


                                    Il paraît que la production mondiale alimentaire est suffisante pour nourrir 9 milliards d humains et il y n y en « que » 7 milliards. Le problème ne peut donc se réduire à la seule augmentation de la 1population.

                                    La crise actuelle, est toute simple. Le modèle économique est conçu pour un monde en expansion, qui fait de la croissance par la consommation un dogme absolu. Seulement nous sommes entré dans un monde en gestion, et là, le modèle actuel est défaillant et la croissance par la consommation matérielle un cancer.

                                    Toutes les crises actuelles en sont la plus belle démonstration. La recherche effréné de la croissance dans un monde où l’expansion à pris fin, ne se fait plus qu’au détriment exclusif de l autre. Car quoiqu on en dise et pense, nous sommes bel et bien dans un monde d abondance où le problème est celui de la redistribution des richesses et non son manque.

                                    C est bien cela que les historiens retiendront, le fait que dans un monde d une telle abondance, des peuples pouvaient encore avoir faim, voir en mourir.... Qu une société se prétendant civilisé et éduqué, acceptait cet état de fait pour la seule raison de la cupidité de certains peuples.... Ceux là même se prétendant au sommet de la civilisation humaine.

                                    • Abou Antoun Abou Antoun 10 septembre 2012 18:36

                                      Il paraît que la production mondiale alimentaire est suffisante pour nourrir 9 milliards d humains
                                      Les besoins élémentaires dépassent largement le cadre de l’alimentation. Tout humain naissant devra être logé, nourri, vêtu, chauffé, éduqué, soigné, enterré ou incinéré et dans une moindre mesure transporté pendant son existence.
                                      Tous les raisonnements fondés sur un calcul de terres hypothétiquement cultivables avec des rendements dus à la chimie et à l’ultra-mécanisation sont biaisés depuis le début.


                                    • Hervé Hum Hervé Hum 10 septembre 2012 22:19

                                      Abou antoum,

                                      Vous avez raison, les besoins élémentaires ne se limitent pas à l alimentaire, mais cela commence par là.

                                      Cela dit, tout ces besoins sont comme l alimentaire, déjà pourvus mais non gérés et donc mal, voir très mal redistribués.

                                      La logique actuelle fait que l on produit pour du court terme et très court terme. Des produits jetables donc et ce même pour une voiture. Si la logique économique était basé sur la gestion, nous produirions des biens devant durer à moyen, long terme et pour certains très long termes de façon à pourvoir aux besoins de tous sans épuisement des ressources ni privations aucune.

                                      Exemple, vous pouvez dires que le téléphone portable c’est bien et même indispensable, mais est il indispensable d en changer tous les ans, les deux ans ou bien tous les 5 ans voir 10 ans ?
                                      Si 1 milliards d usagers changent leur téléphone tous les 2 ans il en faut 5 milliards sur 10 ans. Mais s ils en changent 1 fois tous les 5 ans il n en faut plus que 2 milliards et 1 milliards tous les 10 ans... C est ici que se trouve la différence entre un modèle de gestion et un modèle d’expansion.


                                    • aberlainnard 10 septembre 2012 19:26

                                      @ l’auteur

                                      "Pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, nous sommes trop nombreux pour les ressources dont nous disposons : matières premières, terres agricoles, terres constructibles, alimentations. Nous atteignons le plafond de verre de nos ressources." 

                                       Tout est là.

                                      Tout irait bien si nous vivions dans un monde infini. Manque de pot, notre vaisseau la Terre est dotée de ressources en quantité finie et non renouvelables pour certaines. Nous n’avons cessé de puiser aveuglément de façon croissante dans un stock donné une fois pour toutes et nous nous étonnons de découvrir que les rayons du magasin se vident un à un.

                                      Mieux que cela, nous sommes parvenus à consommer des ressources qui avaient le bon goût de se renouveler, plus vite que leur rythme de renouvellement naturel.

                                      Et que nous clament économistes, politiques, financiers pour résoudre la « crise » ? « Croissance ! Produisons plus ! Consommons plus ! Croissance ! Croissance ! …."

                                      Faut-il qu’ils soient fous à lier, ces prétendues « élites » élevées hors sol, ces saltimbanques du 20 h, pour ne pas comprendre que la croissance n’est pas la solution mais le problème !

                                      Au lieu de les railler bêtement, mieux vaudrait écouter de temps en temps les scientifiques qui détiennent de vrais outils d’analyse qui s’appellent mathématiques et lois physiques pour nous remettre les idées en place.

                                      Ce n’est pas faute de nous n’avoir pas avertis depuis longtemps.

                                      Il y a ce géophysicien Marion King Hubbert qui avait prévenu, dès les années 50, que la chute de production du pétrole aux États-Unis interviendrait autour de 1970. On s’en est moqué… et pourtant, c’est bel et bien arrivé !

                                      En 1972, il y a 40 ans, le rapport pour le club de Rome rédigé par Dennis Meadows et son équipe du M.I.T. avait remarquablement décrit , avec les faibles moyens de l’époque, ce que nous sommes en train de vivre sans encore bien nous en rendre compte.

                                      À 40 ans de distance, ces scientifiques avaient vu juste, y compris concernant la date probable à laquelle l’exploitation débridée des richesses naturelles par des humains commencerait à poser plus de problèmes qu’elle n’apporterait d’avantages.

                                       

                                      Le lien suivant résume les travaux du M.I.T. des années 70. C’est un document qui mérite d’être étudié avec attention.

                                      http://www.societal.org/docs/cdr1.htm

                                       

                                      Voir en particulier la figure 31 et le texte qui va avec.

                                       

                                       

                                       

                                       

                                       

                                       

                                       

                                       

                                       


                                      • Abou Antoun Abou Antoun 10 septembre 2012 19:59

                                        +++++++++++++++++++++++++++++++
                                        Pas mieux.


                                      • aberlainnard 10 septembre 2012 21:35

                                        Merci Abou Antoun !

                                        Mais je vois que vous aviez déjà réagi à la même phrase empruntée à l’auteur.
                                        Oui, je pense comme l’auteur et vous-même. Ce que l’humanité est en train de vivre est très fortement lié aux limites physiques des ressources naturelles. Ce n’est pas une crise qui sous-entend l’idée de cycle. C’est probablement une inflexion historique dans l’évolution de l’espèce humaine.
                                        Les nouvelles énergies qu’ont été les énergies fossiles et qui ont permis des progrès phénoménaux de productivité sont en voie de raréfaction. Il nous faudra d’ici peu revenir aux vieilles énergies renouvelables que sont l’éolien, l’hydraulique, le solaire et la biomasse mais qui ont été et seront bien moins généreuses, malgré tous nos efforts, que notre cher pétrole élaboré gratuitement par la nature en quelques centaines de millions d’années et épuisé en deux siècles.
                                        Fin d’un joli rêve !




                                      • tf1Goupie 10 septembre 2012 19:59

                                        On est déjà sortis de la crise ... puisque ce n’est pas une crise, c’est tout simplement notre nouvelle vitesse de croisière.

                                        Regardez le Japon : ça fait 15 ans qu’il vivent cette nouvelle ère.

                                        Population vieillissante, innovation en chute libre, immobilier en stagnation, taux proches de 0%, dette autour de 200%.
                                        Par contre ils sont souverains et ne manifestent pas tous les mois de septembre.
                                        Mais qu’est-ce que ça change ?

                                        Il y a un truc qui reste en croissance : la radioactivité


                                        • ctadirke 10 septembre 2012 20:06

                                          Merci à l’auteur. C’est riche

                                          En fait, c’est le sens des valeurs de beaucoup trop d’entre nous qui est insensé, seul l’Etre et jamais l’avoir s’emporte au delà de la mort. Et en ce sens faudrait-il consommer pour consommer et augmenter les rentrées de TVA ? Est-ce sensé surtout quand il s’agit de superflu et de luxe ?. Avec des revenus augmentés ou non, quelle fraction des foyers du pays n’a rien à acheter de nécessaire ?

                                          A chacun d’y réfléchir et d’admettre que l’avenir des jeunes actuels et des générations futures suppose impérativement la décroissance de la consommation suicidaire des uns et la décroissance de la misère non coupable des dix millions et plus de descendants de celles et ceux qui ont fait la France depuis deux siècles et plus.

                                          Ce qui n’a absolument rien à voir avec une vie triste et insipide mais beaucoup avec la fraternité de notre devise nationale. Sans négliger l’objectif de la vraie liberté face à l’attrait de l’argent et du futile , ainsi que l’objectif de la vraie égalité dans l’accès au droit d’être passablement dégagé des soucis matériels pour avoir le temps et le goût de penser à des valeurs éternelles, évidemment chacun selon sa libre approche métaphysique.



                                          • jjwaDal jjwaDal 10 septembre 2012 22:04

                                            La crise actuelle est je crois bien comprise par ceux qui n’ont aucun profit à tirer de sa persistance et qui y ont réfléchis un peu. Ce n’est pas la « mère des crises » car celle-ci est obligatoirement de l’ordre de la pénurie physique qui actuellement n’existe pas. En ordre de grandeur par ex on pourrait nourrir 20 milliards d’habitants avec les végétaux comestibles actuellement produit en courcircuitant le passage par la filière animale et nous ne dépasserons pas 12 milliards.Bien sûr une pseudo pénurie physique peut survenir bien avant si on choisit collectivement l’alimentation carnée par ex ou si une spéculation globale sur un produit (pour se refaire, un terme de casino approprié) par ex pétrole ou nourriture survient.
                                              Cette période économique est édifiante car nous avons tous les moyens d’en sortir très vite et les intérêts en place pour sauver leurs acquis mettent en place tout ce qu’il faut préserver le status quo. Il nous faudra une chance extraordinaire pour ne pas arriver tous exangues au moment où les pénuries physiques cruciales (pétrole, eau douce, terres agricoles) nécessiteront des investissements gigantesques pour éviter un effondrement brutal de notre civilisation vers une pauvreté collective impensable et une jungle auprès de laquelle le monde actuel ressemblera à l’île aux enfants.
                                              « Petri Dish economics » nous en sommes là et comme les bactéries qui mirent un temps fou à remplir la boîte de Petri et n’ont pas compris, la veille de remplir leur boîte, que le développement durable se terminait demain (il en restait la moitié pardi) nous allons probablement prendre une claque collective très sévère. La fonction exponentielle est décidément incomprensible par les « myopes » que nous prenons pour des messies modernes.


                                            • louphi 11 septembre 2012 08:01

                                              Rcoutouly

                                              Vous vous posez la question : « Pourquoi nous ne comprenons rien à la crise ? »

                                              La réponse est assez simple. Vous ne comprenez rien à la crise parce que, comme la société, vous êtes pris dans le trou noir sans fond tourbillonnant du système capitaliste. Pourtant, des esprits salvateurs existent pour sortir de ce trou diabolique. Ces esprits salvateurs s’appellent : Karl Marx, Friedrich Engels, Lénine et Staline. Et vous les fuyez. Tant pis pour vous.


                                              • Deneb Deneb 11 septembre 2012 08:11

                                                J’ai failli m’étrangler avec le petit déj en lisant cette ineptie trollesque de ce clone de Michel Maugis. Il y en a qui en tiennent une sacré couche, pour dire que Djugashvilli saurait nous sortir de là (enfin, ce n’est pas faux, mais pour aller où..). Tiens, le vieux Adolf, aussi, il aurait des solutions.


                                              • louphi 11 septembre 2012 08:28

                                                Deneb

                                                Bien sûr que « le vieux Adolf » aussi a des solutions comme celles qui accueillent vos penchants. Le malthusianisme de Rcooutouly en fait partie.


                                              • Deneb Deneb 11 septembre 2012 09:17

                                                Complot : limiter le nombre d’enfants par une loi serait un peu vain. Je pense que l’on devrait plutôt s’attaquer à la motivation : c’est la religion. Ne pas l’interdire, ça l’aurait juste boosté. Mais la ridiculiser, avec de l’humour, lui voler « l’esprit » dont elle dit détenir le monopole, pour lui redonner ses lettres de noblesse : aujourd’hui il est interdit de se moquer de la religion, au nom du sacro-saint « respect des croyances », et c’est ça que l’on doit faire péter.

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