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Accueil du site > Actualités > Economie > Pourquoi pas un réseau téléphonique de France ?

Pourquoi pas un réseau téléphonique de France ?

France Télécom vient de se voir lourdement sanctionnée par le Conseil de la concurrence d’une amende de 80 millions d’euros pour cause d’entrave à la concurrence des autres opérateurs de téléphonie. Les reproches adressés par le Conseil portent sur la stratégie de France Télécom pour ne pas accorder un accès compétitif au client final via la boucle locale. Or, l’arrivée de l’ADSL par la même ligne que le téléphone fixe mettait France Télécom en position de contrôle de la position de ses compétiteurs.

Et France Télécom, n’étant pas parfaite, en a un peu profité pour faire payer sa fameuse boucle locale à ses compétiteurs. Le Conseil a rappelé à l’occasion l’importance des infrastructures essentielles (celles qui ne peuvent être dupliquées) et de la liberté d’y accéder, et a sanctionné les pratiques d’empêchement physique, ou celle induite par des tarifs discriminateurs.

Or, dans un message vieux déjà d’une année, puisqu’il date du 2 février 2005, je m’étonnais déjà qu’on n’ait pas eu l’idée d’appliquer au cas de France Télécom les solutions qui ont été mises en place pour le réseau de voies ferrées, et plus récemment, pour le réseau de distribution électrique, à savoir : créer une société d’État qui possède et opère le réseau téléphonique pour tous les opérateurs, dans des conditions de stricte égalité d’accès à ce reseau. Cela a été le cas pour RFF, Réseaux ferrés de France, et pour RTE, Réseaux de transmission électrique, qui sont maintenant les propriétaires et responsables de ces deux réseaux, même si, sur le plan de l’exploitation, c’est encore l’opérateur historique qui exploite ces réseaux et peut donc encore avoir des tendances protectionnistes à l’avantage de cet opérateur historique.

On aurait pu créer un Réseau téléphonique de France, société d’État et opérateur du réseau, tandis que France Télécom serait devenue un fournisseur d’accès, comme ses concurrents directs, Télé 2, Neuf Télécom, Cegetel ou d’autres.

Sans doute eût-il été trop simple de reproduire ce modèle-là, qui a en plus l’avantage d’être largement répandu en Europe ? Mais peut-être n’est il pas encore trop tard pour le faire ?


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13 réactions à cet article    


  • Piotr Piotr 1er février 2006 13:08

    Cette observation à propos de la gestion du réseau téléphonique paraît très judicieuse. Actuellement l’évolution du téléphone est très rapide. Le grand public s’y perd quand il tente de comparer les avantages et les inconvénients d’un fournisseur par rapport à l’autre. C’est d’autant plus difficile que les conditions tarifaires évoluent en permanence. Les fournisseurs annoncent par exemple la gratuité sur tout le territoire sauf les téléphones mobiles et quelques numéros spéciaux. Puis l’on s’aperçoit que téléphoner chez un correspondant est payant si celui-ci est abonné chez un autre fournisseur que le sien. Si l’on a un problème technique, le fournisseur, s’il n’est pas les Telecom, vous dit que le problème vient du réseau Telecom qui répond à son tour que le problème vient du concurrent (Free, Alice, Club-internet ou autres...). En final, c’est le client qui fait les frais de cette « guerre commerciale » sans concession. D’où, l’intérêt de voir la gestion du réseau confiée à une société indépendante des fournisseurs. Ces derniers, tous confondus doivent se méfier. Les clients mécontents vont s’éloigner d’eux lorsque la technique rendra plus « pratique » la téléphonie par les logiciels du type « Skype » ou « Wengo ».


    • Tirnanog (---.---.50.203) 4 février 2006 19:41

      J’aime beaucoup votre commentaire.

      Les vrais problèmes ne sont pas des problèmes d’offre de service, là il y a pléthore, mais ce sont des problèmes techniques et qui seront de plus en plus compliqués.

      En fait une offre de service utile c’est une offre de services technique. Mais est-ce là une offre que l’on pourrait facturer ou est-ce à la communauté de prendre en charge ce coût d’un service technique ?

      Et qu’est ce qui est le plus prioritaire pour l’intérêt général de la communauté, des hopitaux en bon état de fonctionner, une armée, de l’enseignement dont on voit de moins en moins la finalité ou des services techniques de télécommunication ? Il faudra bien faire des arbitrages.


    • Jluk (---.---.55.245) 1er février 2006 14:12

      Si l’on défend la logique libérale, pourquoi ne pas accepter la multiplication des réseaux concurrents : téléphone, électricité, gaz, autoroute, etc. Il faut aller au bout de ces opinions ! Un seul réseau de téléphonie, c’est une quasi-nationalisation, ou est-ce que je me trompe ?


      • logique (---.---.145.241) 1er février 2006 16:27

        la commutation ne peut etre rationnelle qu’avec un seul opérateur, il est en effet irréaliste de désirer voir la construction par chaque opérateur de ses propre moyens ! il en est de même du reste des infrastructures d’accés a ces commutateurs (reseau de cables de toutes natures) cuivre fibres optique réseaux ertziens etc ect .il est une évidence que le cout de la téléphonie , deviendrait prohibitif . de plus il me semble que la concurence deviendrait problématique par certains aspects de ses manifestations .les capitaux a engages disproportionnés avec le but a atteindre par les differents opérateurs . salut


        • (---.---.43.15) 2 février 2006 23:56

          Réponse de CaDerange :

          Tout à fait d’accord avec vous. Il est irréaliste pour de très gros investissements comme les réseaux ferrés, les réseaux électriques et les réseaux téléphoniques, de laisser chaque opérateur monter son propre réseau.

          C’est pourquoi le meilleur montage qui établisse les responsabilités claires des rôles de chacun tout en assurant la concurrence est de confier à une structure d’Etat les réseaux, leur entretien,leur developpement et la responsabilité d’assurer l’égalité d’accés à ces réseaux pour les differents opérateurs.

          Curieusement c’est le système qui a été adopté pour les réseaux ferrés avec RFF et les réseaux électriques avec RTE mais pas pour les réseaux téléphoniques. Comprenne qui pourra.


        • Philippe (---.---.93.175) 2 février 2006 08:40

          C’était la justfication du monopole de france telecom, à sa création. Malheureusement, les avantages théoriques de cette méthode ont été annulés (et plus) par les maux habituels des monopoles. Des accords entre opérateurs devraient offrir les avantages du monopole en maintenant la concurrence. la création d’un réseau tel de france ne ferait que créer un nouveau monopole.


          • Tirnanog (---.---.50.203) 4 février 2006 19:34

            Il y a un économiste qui a dit qu’une structure de plus de 1000 personnes se découvre suffisament de buts internes pour ne plus s’intéresser à ses clients. A RFF il y a 200 employés. C’est une fait une quasi direction fonctionnelle. Mais il y a toujours des possibilitées de débordements, par feignantise il est possible que RFF délègue à la SNCF ou à des consultants, des décisions importantes.


          • Tirnanog (---.---.50.203) 4 février 2006 19:56

            Hum, où étaient les inconvénients du monopole qui devaient être remédiés par une mise en concurrence ?

            C’est oublier les multiples prélèvements sauvages que faisait les gouvernements sur le budget annexe des Télécoms. Les Télécoms n’avaient pas de logique commerciales il y a plus de 10 ans, tout au plus pouvaient t-on leur reprocher une certaine inefficacité. L’état par contre imposait une forme d’impot sauvage (entre 5 et 10 milliards de Francs chaque année). C’est à la fois lui qui décidait des tarifs et des prélèvements, alors que les Télècommunications ne lui coutait rien. En effet le budget des Télècoms ne faisait pas appel au budget général de l’état Français. Il est vrai qu’il n’y avait pas d’impot sur les sociétés. C’est aussi l’état qui a imposé une soulte sur les retraites des fonctionnaires. On ne peut dire d’une entreprise qui n’avait pas la maîtrise de ses coûts ni de ses recettes qu’elle avait un caractère commercial.


          • (---.---.124.105) 7 février 2006 01:57

            Réponse de CaDérange :

            RFF a été crée effectivement comme une petite structure avec un minimum de personnel et en laissant l’opération du reseau à la SNCF. Depuis néanmoins et en particulier à l’occasion de l’audit sur le réseau férré, RFF semble se developper et prendre son indépendance vis à vis de la SNCF en prenant en charge elle même les nouveaux investissements, les nouvelles lignes et les travaux. Il lui reste à prendre la responsabilité opérationnelle d’operer le reseau lui même pour faire en sorte qu’il y ait parfaite égalité entre les différents passeurs. A suivre de ce point de vue là.

            Je constate aussi que RTE prend son envol et que c’est lui maintenant qui alerte sur les régions de France ou manque déjà(ou va manquer) de la disponibilité d’electricité. Il est quand même curieux de constater que notre pays est finalement très proche de la pénurie d’electricité dans certaines régions, que c’était pourtant le rôle d’un service public d’y pourvoir et que nous devrons au privé d’y suppléer le service public dans les années prochaines en créant de nouvelles centrales. Je pense en particulier à la Bretagne où Suez et GDF ont heureusement prévu de construire à court terme des capacités nouvelles de production.

            Pour le reseau téléphonique, il est vrai que l’avenir n’est pas clair pour cette industrie entre la baisse du fixe,l’émergence de l’ADSL et du mobile et les offres combinées qui vont venir perturber le marché. En tant que contribuable et actionnaire comme tel de France Télecom, ce qui me paraitrait le système le moins soumis à aléas serait justement de rester propriétaire du réseau sur lequel tous les opérateurs pourraient passer à parité. Cela éviterait les problèmes de concurrence biaisées comme actuellement et les risques inhérents au performances commerciales des nouveaux opérateurs et/ou aux bouleversements apportés par les nouvelles techniques.


          • Jluk (---.---.20.71) 2 février 2006 11:57

            Si une structure unique réagit en monopôle, deux solutions : créer de la concurrence ou nationaliser réellement, c’est à dire que l’État doit vraiment piloter ces structures.

            Lorsque l’État a joué son rôle, dans les années 70 sous Giscart d’Estaing, la majorité des Français ont été connectés au réseau téléphonique en peu de temps. Depuis, les hommes politiques semblent plus s’occuper de leur carrière que du bien national.


            • Philippe (---.---.93.175) 2 février 2006 12:02

              ouch ! il faut remonter plus loin que ça smiley


              • Tirnanog (---.---.50.203) 4 février 2006 20:15

                « On aurait pu créer un Réseau téléphonique de France, société d’État et opérateur du réseau, tandis que France Télécom serait devenue un fournisseur d’accès, comme ses concurrents directs, Télé 2, Neuf Télécom, Cegetel ou d’autres. »

                RFF n’opère pas un réseau, mais gère un budget et prend des décisions d’exploitation ou d’investissement. Les moyens sont à la SNCF et pourraient éventuellement faire l’objet d’une mise en conccurence. Est ce cela dont vous voulez parler ?

                « Mais peut-être n’est il pas encore trop tard pour le faire ? »

                Je crains fort qu’une catastrophe numérique du genre de celle décrite par Libération dans un numéro spécial d’été 2005, n’oblige tout le monde à reconsidérer une politique qui était de l’époque de la bulle Internet.

                En effet avoir une autorité qui maintient un regard technique sur le réseau de télécom, permettrait de se garantir contre tout risque de débordement par FT.

                Par exemple que ce passe t-il pour le réseau téléphonique si FT décide que son business model doit changer brutalement. Des changements comme ça, c’est déjà arrivé, Nokia était encore un constructeur de tuyaux jusque dans les années 80.

                Si FT décide qu’il devient fournisseur de contenu et que parallèlement ses revenus du fixe s’effondre (sous le coût des Skype and co), que ceux d’Internet ne décollent pas (stable depuis plusieurs années à environ 5% du CA et que ceux du mobile s’effondrent sous la pression des téléphones WIFI pré équipés Skype ?

                Quel journal récemment parlait d’un possible rachat de France Télévision par FT ?


                • Redj (---.---.125.157) 16 février 2006 22:17

                  Ben voyons, payons les lignes avec nos impots et donnons leur exploitation et ce qu’elle rapporte aux actionnaires des sociétés de service...pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt...peut-être parce que je ne suis pas actionnaire ? A ben si j’oubliais, je le suis à travers l’état chez France télécom et d’ailleurs c’est moi qui vai payer les 80millions d’amende qui vont dans les poches ...de qui ...au fait ?

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