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Accueil du site > Actualités > Economie > Pouvoir d’achat... des actionnaires

Pouvoir d’achat... des actionnaires

En 2007 le groupe Henkel qui fabrique (entre autres) les produits suivants : Loctite, Le Chat, Scharzkopf et Persil avait fait un bénéfice net de 234 millions d’euros… En 2008, celui-ci ne sera que de 38 millions d’euros avec néanmoins un chiffre d’affaires en hausse d’11,4 % à 3,7 milliards d’euros.

Inquiétude pour le groupe ? Il semble que non.

Henkel sur la partie presse de son site s’en explique :

Bonne croissance organique pour Henkel

* Forte croissance des ventes d’11,4 % * Croissance organique des ventes : plus 6,1 % * Résultat d’exploitation (EBIT) après ajustement : plus 7,8 % * Ventes dans les régions de croissance : 19,5 % d’accroissement des ventes.

« En dépit d’un contexte économique difficile, toujours autant marqué par des prix de matières premières en forte hausse et un faible dollar américain, nous sommes parvenus à une croissance organique des ventes particulièrement encourageante »... / ... Malgré un environnement difficile, nous avons confiance dans le développement pour le reste de l’année. » ... / ...

La rentabilité des ventes (EBIT) s’est élevée à 3,1 %, les rentabilités des ventes ajustées (« marge EBIT ajustée ») étant retombées de 10,5 % à 10,1 %. Ceci est dû avant tout aux secteurs d’activité Détergents & Produits d’entretien et Adhesive Technologies fortement touchés par les augmentations du prix des matières premières. Le résultat des participations, principalement dû à la participation Ecolab, est resté constant à 24 millions d’euros malgré un dollar américain plus faible ... / ...

Le bénéfice par action préférentielle a baissé à 0,09 euros. Après ajustement, il est tombé de 5,5 % à 0,52 euros.

Développement des secteurs d’activité

... / ... Cette diminution reflète avant tout la hausse persistante des matières premières, ayant entraîné une hausse significative des coûts des matériaux. Cette hausse n’a pas encore pu être compensée par les augmentations de prix appliquées jusque-là et par les mesures déployées pour réduire les coûts et augmenter l’efficacité. Dans le segment des lessives, la croissance organique a avant tout été portée par l’Europe de l’Est. ... / ...

Dans le secteur d’activité Cosmétiques, la tendance particulièrement positive des derniers trimestres s’est poursuivie avec une forte croissance organique des ventes de 5,9 %. Toutes les régions ont contribué à cette croissance organique. En plus d’un développement extrêmement positif en Amérique du Nord, l’activité en Europe de l’Est et en Amérique latine a également enregistré une forte croissance. ... / ...

Evolution par région

La région Europe/Afrique/Proche-Orient a enregistré une augmentation encourageante de la croissance organique de ses ventes de 6,2 %. Tous les secteurs d’activité ont contribué à cette croissance. Après ajustement des effets liés aux opérations de change, les ventes ont augmenté de 10,4 %. Au total, elles s’élevaient à 2 283 millions d’euros, soit 8,2 % de plus que le niveau de l’année précédente. En Europe de l’Est et en Afrique/Proche-Orient, des taux de croissance organique à deux chiffres ont pu être nettement atteints alors que l’évolution en Europe occidentale, Allemagne comprise, s’est avérée légèrement négative. Au total, la part des ventes de la région s’élevait à 62 %. Les ventes organiques dans la région Amérique du Nord ont augmenté d’un bon 3,8 % ... / ... Les activités dans la région Asie/Pacifique se sont aussi développées de manière positive. Les ventes ont augmenté de 44,9 % à 432 millions d’euros.

Dans les régions de croissance Europe de l’Est, Afrique, Proche-Orient, Amérique latine et Asie (sans le Japon), les ventes se sont accrues de 19,5 % pour passer à 1 336 millions d’euros. Ceci correspond à une part sur les ventes globales de 36 %. Après ajustement des effets liés aux opérations de change, les ventes ont augmenté de 27,0 %, la croissance organique a atteint 15,7 % et a été générée par tous les secteurs d’activité.

Prévisions des ventes et des résultats actualisés pour 2008

Nous comptons sur une croissance organique des ventes (après ajustement des effets liés aux opérations de change et aux acquisitions/désinvestissements) de l’ordre de 3 à 5 %.

Pour le résultat d’exploitation, après ajustement des dépenses uniques et des produits ainsi que des dépenses pour restructuration (« EBIT ajusté »), nous prévoyons une croissance dans la fourchette basse de 15 % (base 2007 : 1 370 millions d’euros).

En ce qui concerne le résultat par action préférentielle et après ajustement des dépenses uniques et des produits ainsi que des dépenses pour restructuration (« EPS ajusté »), nous comptons sur une croissance dans la fourchette basse des 5 % (base 2007 : 2,19 euros).

Donc, tout va bien ?

Oui, semble-t-il, sauf pour les 3 000 emplois supprimés par la restructuration en cours. Cette restructuration n’ayant pas eu les effets escomptés, le groupe Henkel va donc augmenter ses prix de 5 à 10 % au cours du second semestre 2008.

Cette annonce a réjoui les investisseurs puisque l’action Henkel s’adjugeait plus de 3 % à 27 euros en fin de matinée à la Bourse de Francfort, sur l’annonce d’une augmentation de ses prix. Source La Tribune.

Quelle est la situation de son concurrent Procter & Gamble le n° 1 mondial ?

Le chiffre d’affaires a crû de 10 % à 21,27 milliards de dollars, dépassant le consensus d’analystes de 21,04 milliards, porté par les ventes dans les pays émergents, des hausses de prix et l’impact du dollar faible, qui accroît la valeur des ventes dans les pays hors des Etats-Unis.

"Nous avons vu des consommateurs se tourner vers des marques moins chères (dans les détergents) qui sont encore des marques Procter & Gamble", a déclaré le directeur financier du groupe Clayton Daley lors d’une conférence téléphonique avec des analystes, à propos des conséquences des hausses de prix opérées par P&G.

Il a ajouté que les consommateurs pouvaient aussi monter en gamme si le produit le justifiait comme par exemple dans certains shampoings. Source La Tribune.

Procter & Gamble qui avait récemment augmenté ses prix de 3 % au printemps promet pour certains de ses produits une hausse de 16 % dès la rentrée.

Mardi, le titre Procter & Gamble gagnait 2,84 % à 67,69 dollars sur le Nyse vers 14 h 30 GMT. On ignore pour l’instant si l’entreprise diminuera ses effectifs.

Ça c’est du pouvoir d’achat... pour actionnaires ! Quant aux consommateurs qu’ils suivent les conseils de Clayton Dayley et se fassent plaisir de temps en temps avec... un shampoing à prix d’or.


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12 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 8 août 2008 12:12

    Je ne touche pas un seul centime de ce monsieur Henkel !  smiley


    • Jean Claude BENARD Jean Claude BENARD 8 août 2008 12:21

      Faites valoir vos droits !!!


    • Reflex Reflex 8 août 2008 18:32

      Que cherchez-vous à démontrer ? Pour un responsable web marketing, les entreprises d’économie sociale que vous servez doivent s’interroger sur vos objectifs. Car, sociale ou non, l’économie a pour but de dégager du profit, et pour ses travailleurs et pour ses actionnaires qui, idéalement en coopérative, forment un seul et même groupe. Quant aux clients de telles entreprises, outre certains comportements militants, ils témoignent le plus souvent de la recherche d’un optimum économique de leurs dépenses.


      • Jean Claude BENARD Jean Claude BENARD 8 août 2008 19:06

        @Reflex

        Tout d’abord, un responsable Web marketiong n’est pas forcément comme vous le laisser entendre ou le pensez un légume destiné à pousser n’importe quel produit ou service. On peut faire un métier et avoir l’oeil critique. On peut également avoir le privilège de travailler avec des cleints appliquant une éthique.

        Mes clients, semblent apprécier mon approche puisque certains me présentent de nouveaux clients. Mais ai-je à me justifier auprès de vous ? Non.

        Votre commentaire prouve que vous n’avez pas lu l’article ou simplement en diagonale. Vous confondez profit et redistribution, c’est votre problème.

        Mon article montre comment des multinationales opèrent pour continuer à servir des rendements à deux chiffres. Vous n’aimez pas ? C’est votre problème.

        Quant au pseudo cours d’économie sociale que vous souhaitez me faire, sachez que les adhérents d’une mutuelle ne sont pas des actionnaires et que les règles de gouvernance sont aux antipodes des autres organismes d’assurances.

        Il semble selon votre descriptif sur Agoaravox que vous soyez journaliste professionnel spécialiste de la finance et ajoutez "yeux grand ouverts et nez pincé, de plonger dans l’économie " Un conseil : Sur l’Eco sociale : Révisez ...




      • alcodu 8 août 2008 18:59

        Cet article est une intéressante manifestation de l’allergie française actuelle au capitalisme financier.
        On y retrouve une partie des poncifs et des idées toutes faites de la grande majorité de nos compatriotes (de gauche ou de droite) sur ce sujet.

        A tous ceux qui veulent vraiment se documenter sur le fonctionnement du capitalisme financier et sur le marché des capitaux, je vous conseille de lire le grand méchant marché

        C’est un petit livre bien fait et très accessible qui démonte à peu près toutes les idées reçues sur ce sujet.

        Présentation de l’éditeur
        Les Français sont allergiques au marché. Sondages d’opinion et paroles d’experts le confirment dans une belle unanimité : le capitalisme financier est vécu comme une source insupportable d’aliénation et d’inégalités, il détruit l’économie et la société. Ce sentiment de défiance crée un malaise profond chez nos compatriotes et les singularise dans le concert des nations.
        Or, ce livre en fait l’éclatante démonstration, certains lieux communs du discours anti-capitaliste sont faux et doivent être dénoncés comme tels. Partout, le développement financier est un accélérateur de croissance. Les marchés n’induisent pas la myopie industrielle pour laquelle on les blâme, mais permettent au contraire le financement de projets de longue haleine. La finance n’est ni l’ennemie de l’emploi, ni celle de l’égalité si chère à nos concitoyens.
        Pour décrypter la signification de ce malaise, un détour par l’histoire de notre pays s’impose. Contrairement à une idée répandue, la France n’était pas prédisposée à l’anti-libéralisme. C’est le succès mal interprété des Trente Glorieuses qui a nourri l’illusion qu’un "autre capitalisme " serait possible. Notre économie reste largement structurée par l’héritage de l’après-guerre. La libéralisation des années 1980, stoppée en rase campagne, a donné naissance à un capitalisme hybride et schizophrène : un patronat hésitant entre sa loyauté au pays, aux actionnaires ou aux salariés, des actionnaires en majorité étrangers et qui ne représentent pas une force politique. Pour rendre au capitalisme sa légitimité, il faut faire des Français les acteurs à part entière d’un capitalisme financier dont ils doivent être les premiers bénéficiaires.



        • Jean Claude BENARD Jean Claude BENARD 8 août 2008 19:10

          Donc, tout va bien ?

          Oui, semble-t-il, sauf pour les 3 000 emplois supprimés par la restructuration en cours. Cette restructuration n’ayant pas eu les effets escomptés, le groupe Henkel va donc augmenter ses prix de 5 à 10 % au cours du second semestre 2008.

          Cette annonce a réjoui les investisseurs puisque l’action Henkel s’adjugeait plus de 3 % à 27 euros en fin de matinée à la Bourse de Francfort, sur l’annonce d’une augmentation de ses prix.

          C’est un poncif ?

          Selon vous oui. Il serait intéressant que ceux qui payent ou perdernt leur emploi vous répondent


        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 12 août 2008 15:58

          Le poncif , c’est licenciements et rerstructurations = hausse du cours de bourse et enrichissement systematique des actionnaires. Il y a tellement de contre exemples ! Natixis, Ford, EADS, West LB, ils ont annonce des licenciements sans que le cours soit gagnant.

          Inversement, des boites qui annoncent qu elles recrutent et qui boostent en bourse, il y en a, Groupe Open, Bouygues etc, mais je suppose que meme chiffres a l’appui, vous ne le croirez pas, ca colle pas avec votre demonstration.


        • jaja jaja 8 août 2008 20:12

          @ Alcodu : " Pour rendre au capitalisme sa légitimité, il faut faire des Français les acteurs à part entière d’un capitalisme financier dont ils doivent être les premiers bénéficiaires. "
          Il est curieux qu’en démocratie (puisqu’on nous dit qu’on est en démocratie) un système économique ressenti par les Français comme illégitime règne sans partage...

          " La finance n’est ni l’ennemie de l’emploi, ni celle de l’égalité si chère à nos concitoyens. "
          Le capital financier vit de l’exploitation du travail d’autrui. En ce sens c’est vrai qu’il n’est pas ennemi de l’emploi dont il se nourrit.
          Ni ennemi de l’égalité ? Les marxistes dénonçaient les "égalitaristes petits bourgeois" ils ont oublié les "égalitaristes grands bourgeois" du capital financier qui, si j’ai bien compris, promettent le Fouquet’s pour tous à brève échéance ! Il suffit de les laisser faire...

          " pour rendre au capitalisme sa légitimité, il faut faire des Français les acteurs à part entière d’un capitalisme financier dont ils doivent être les premiers bénéficiaires. ’
          Que répondre à ça ? Ah là je suis bien emmerdé. Mais j’ai comme l’impression qu’on se fout de ma gueule. Et je ne vois pas vraiment où. Peut-être bien tout au long de ces deux lignes...











          • Internaute Internaute 8 août 2008 21:35

            La hausse des prix qui est entrain de se généraliser traduit simplement une dévaluation de notre monnaie. On ne peut pas avoir 3% de déficit budgétaire par an et une monnaie stable. Par conséquent, l’équilibre économique se trouve en diminuant le pouvoir d’achat des gens.

            Quand à Henkel, que proposez-vous ? Qu’ils travaillent à perte et empruntent aux banques pour boucher le trou tant que celles-ci leur font confiance ? et aprés, ils deviennent quoi ?


            • ludox 9 août 2008 16:14

              Il ne faut pas hésiter à souligner ces communications et les drames qui y sont associés pour les employés ou les clients.

              C’est un système bien en place et mis à part un retour à des formules maison pour remplacer un tas de produits industriels qui ne sont pas toujours plus efficaces, il n’y a pas grand chose à faire.

              Quand à ceux qui croient encore à la conscience et la vision à long terme des patrons. Sortez de vos bouquins sur la théorie de l’économie et regardez autours de vous.


              • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 12 août 2008 15:50

                http://www.henkel.com/cps/rde/xchg/henkel_com/hs.xsl/11873_14229_COE_HTML.h tm
                voila les chiffres du groupe Henkel, et non pas le lien que vous indiquez, Henkel France n’est qu une petite partie de Henkel. Le 38 million, personne ne voit d ou il vient, en plus vous melngez chiffres annuels et trimestriels.
                C etait la 1ere remarque.

                La deuxieme remarque, c’est eh bien, puisque vous etes specialiste du marketing, allez y, lancez une boite de lessives et shampoings "ethiques", a vocation economique et a but non lucratif. On verra bien si les francais preferent ces produits ou bien s ils continuent a acheter tous ces produits de marque...


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