Il faut arrêter de tout diaboliser. Le FMI fait juste constater que la crise est plus grave que prévue. Ce que tout le monde savait depuis quelques temps, y compris dans les millieux financiers. Lorsque GW Bush a demandé à Greenspan (qu’il a le pouvoir de nommer) de maintenir des taux d’intérêts très bas alors qu’il y avait une bulle immobilliére et que l’on a attendu la réelection de Bush pour les remonter, on savait alors de façon CERTAINE qu’il y aurait une addition salée. Cette crise est avant tout causée par une intervention d’état. Et cette intervention a causée au marché des pertes d’une gravité inouie.
On demande alors aux états de jouer leurs role de pompiers, ce qui est :
- Une mission régalienne de l’état qui est la pour intervenir en cas de catastrophe qu’elle soit naturelle ou crée par l’homme.
- Une réparation des dégats causés au marchés par la politique expensioniste basée sur une accumlation de dette publique ET privée. Les USA sont en effet champions de la dette publique en plus d’avoir été les hérauts de taux d’intérêts très faibles destinés à doper artificiellement les marchés. Or le marché est comme un cheval ou un coureur cycliste. Si on le dope trop, il finit par en crever.
Maintenant cette demande d’intervention ne veut pas dire que l’on renonce à un marché libre. Elle veut dire que l’on assite les gens comme on le fait après un tremblement de terre ou un incendie. Il faut noter aussi que le FMI ne demande pas à ce que les actionnaires soient récompensés pour leur intervention.
La bonne chose à faire et la même les libéraux sont d’accords aurait été de punir les actionnaires en valorisant l’intervention de l’état au cours du marché. Ce qui dans la majeure partie des cas revenait à dire que la banque était nationalisée de fait.
Maintenant une telle nationalisation peut être temporaire ! Si Bank of America ne vaut plus rien, rien n’interdit l’état de recapitaliser à hauteur de x Milliards et de revendres x + n milliards lorsque la situation sera stabilisée. L’état ferait ainsi une plus-value qui est normale. Il ne serait par contre pas sain que l’état reste actionnaire (et ce quel que soit l’entreprise) alors que le marché peut de nouveau fonctionner normalement. On précisera au passage que la plus value devrait idéalement être entiérement reversé aux citoyens sous forme de dividendes.
La crise ? Et après !
La crise a avant tout été crée par un recours excessif au crédit qu’il ait eu lieu dans le privé ou le public. Et la crise est en train de régler le problème dans le secteur privé. Un certain nombre d’institutions trop dépendentes du crédit vont faire faillite. C’est notamment le cas dans l’industrie. Et d’autres créatrices nettes de richesses ou utilisatrices raisonables du crédit vont survivre. A l’issue d’un processus pénible, le secteur privé va donc retrouver des niveaux d’endettement raisonables.
Maintenant, il reste le problème de la dette publique. Et ce problème la, il va falloir le régler car sinon c’est la mère de toutes les bulles qui est en train de se développer. Car même les libertariens dont je fais partie ne disent pas que l’on peut fonctionner sans états. Or, l’accroissement de la dette publique va nécéssairement conduire à des faillites. Et la premiére faillite, vraissemblablement les USA entrainera tous les autres pays occidentaux dans une crise de financement ! (Pour avoir de l’argent en prêt, il faut quelqu’un pour vous le préter qui espère être remboursé). Cela signifie concrétement une liquidation désordonnée de l’état et une catastrophe pour les citoyens.
C’est pour cela que le FMI et les libéraux pensent qu’il faut réduire la dette publique et réaliser une restructuration ordonnée de l’état afin de rendre sa taille raisonable, de le rendre excédentaire et surtout de diminuer son niveau d’endettement. Ce processus sera beaucoup moins pénible socialement qu’une faillite de l’état vers laquelle nous allons tout droit.