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Accueil du site > Actualités > Economie > Qu’est-ce que le salaire socialise ?

Qu’est-ce que le salaire socialise ?

Une partie du salaire est payé individuellement aux salariés, c’est le salaire net. L’autre partie formée des cotisations est versée dans « un pot commun ». Il est conçu pour satisfaire les besoins de tous en raison de la maladie, de la maternité, des charges familiales, du chômage, de l’invalidité, de la retraite ; c’est un salaire indirect appelé aussi salaire socialisé, il représente environ 40 % du salaire. La cotisation n’est pas un prélèvement, une charge, un impôt, une taxe, une épargne, une assurance, un placement pour le futur, c’est du salaire, c’est notre salaire !

Les retraités, les chômeurs, les malades ne sont pas payés en contrepartie de leurs cotisations passées, ils ne récupèrent pas « leurs propres » cotisations. L’utilisation de ces cotisations est déterminée par un choix politique, celui de la distribution de la richesse actuelle. Le salaire socialisé n’est pas attribué en fonction des cotisations comme les assurances. Les cotisations sont proportionnelles au salaire mais les prestations sont déterminées selon les besoins de chacun.

Sur le bulletin de paie, le salaire socialisé, prend deux formes : les cotisations dites patronales et les cotisations dites salariales. Mais la distinction entre cotisation patronale et salariale est une tromperie car c’est l’ensemble du salaire qui rémunère notre force de travail. Les patrons parlent de charges salariales, alors que comme notre salaire net, l’ensemble des cotisations ne sortent pas de leur poche, mais est le fruit de notre travail.

La cotisation sociale permet de continuer à verser un salaire aux retraités, de payer les indemnités, c’est à dire le salaire du malade ou du chômeur, les allocations familiales constituent un sur-salaire en raison des « charges » familiales. Le patronat n’a jamais accepté que des prestations soient basées sur la solidarité, indépendamment du salaire. C’est la situation du salarié (maladie, vieillesse, maternité, enfants à charge, chômage) qui ouvre droit aux prestations. Les politiques de réduction des cotisations, par les exonérations de cotisations ou par la fiscalisation, sous prétexte de soulager les » charges » des entreprises, ont pour conséquence de réduire nos salaires !

Le salaire socialisé repose sur un mécanisme opposé au fonctionnement normal du capitalisme. La valeur de la force du travail sur laquelle se fonde le salaire obéit aux lois du marché capitaliste. Mais la redistribution du salaire socialisé repose sur des critères qui préfigurent la logique socialiste « à chacun selon ses besoins  », en rupture avec le dogme libéral qui prétend que le sort de chacun est fonction de l’effort individuel.

Le patronat n’a jamais accepté de payer des salariés « hors emploi ». Il voudrait un salaire « nu », ne payer les travailleurs que pour la seule période où ils vendent leur force de travail, la période où ils sont sous la subordination directe de leur employeur.

La retraite par répartition est anticapitaliste. Le retraité est un salarié placé hors de la subordination de l’emploi. Il dispose librement de son temps sans contrainte patronale et il perçoit un salaire financé par les employeurs, pas spécifiquement ceux qu’il a eu durant sa vie professionnelle, mais par le patronat d’aujourd’hui. Il faut s’opposer à toute réduction de salaire durant l’activité professionnelle. Il en est de même pour le salaire du retraité, il ne doit pas être réduit par rapport à celui perçu auparavant.

Le système par répartition démontre l’inutilité de l’accumulation financière pour financer les retraites et ouvre la perspective d’une gestion solidaire et non capitaliste. Nous n’accepterions pas de notre employeur, ni du gouvernement, qu’ils décident de l’utilisation de notre salaire direct. Nous devons aussi rester maîtres du salaire socialisé. Ni l’Etat ni les patrons n’ont à s’immiscer dans la gestion des caisses de Sécurité sociale. Les seuls légitimes pour gérer notre salaire collectif sont nos représentants démocratiquement élus et révocables.

http://2ccr.unblog.fr/2012/05/11/quest-ce-que-le-salaire-socialise/


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22 réactions à cet article    


  • devphil30 devphil30 22 mai 2012 09:54
    Merci pour cet article 

    Ne nous laissons pas voler notre système par répartition car ce que le patronat nomme des charges sociales sont comme vous le dites dans votre article des cotisations sociales.

    Ces cotisations sont basés sur la solidarité entre les salariés , les niveaux e rémunérations , entre les générations , les actifs , les non actifs , les valides , les malades.
    Ce que souhaitait la présidence précédente était de passer en mode capitaliste pur et dur sans solidarité mais avec la règle du chacun pour soi , marche ou crève bel exemple de société , heureusement que ce modèle a été rejeté mais il faut rester vigilant car la tendance sur fond d’incertitude n de crises nous mènent vers un démantèlement des acquis sociaux.

    N’oublions pas que ces acquis qui nous semblent si évident date de 1945 avec le CNR, nous avons une vrai protection sociale depuis à peine 70 ans .....en ce qui me concerne cela date de la génération de mes parents.
    Devons nous retourner au XIX ième siècle au niveau social avec un contrôle étatique du XXI ième siècle pour comprendre ce que nous pouvons perdre.

    Devons nous vivre pour travailler dans un monde qui est en mesure de soulager la difficulté du travail physique par une multitude de machines qui paradoxalement risque de nous faire perdre les acquis car la force de travail et le nombre de personnes nécessaire pour réaliser une construction ( maison , immeuble par exemple ) est moindre que un siècle en arrière dont la moindre nécessité de personnes rend la quête du travail et la mise en concurrence plus féroce dans un monde où nous sommes plus nombreux avec des possibilités accrues de dumping social.

    Ce que le patronat ne comprend pas ou refuse de prendre en compte par une logique de court terme est le fait que baisser les salaires , le nombre de salariés rend l’économie du pays moins dynamique en terme de consommation à moins que ce soit moi qui n’est pas compris qu’une fois que ces vampires auront bu tous le sang d’un pays qu’ils partiront vers un autre pays plus prometteur en terme de consommation.

    Il faut conserver nos acquis qui sont la base d’une société égalitaire et solidaire donnant sa chance à tous par l’école , permettant de ne pas rester à l’écart en cas de perte d’emploi , permettant de vivre décemment durant la retraite.

    Je ne parle pas de la retraite des anciens présidents et des cumuls de retraites des politiciens car ils n’ont vraiment pas honte de laisser des gens au minimum retraite alors qu’eux touche des retraite dépassant largement ces minimums et même la plupart des salaires des actifs , retraites qu’ils s’octroient à partir de nos impôts un vrai comportement de patron voyou.
     
    Philippe 
     



    • latortue latortue 22 mai 2012 10:24

      avant de parler de salaire sociale il vaudrait mieux parler de création d’emploi ,car nos cotisations et nos impôts ne suffirons bientôt plus a payer ce qui doit l’être avec .Résultat sans création d’emplois ou nos cotisations vont très fortement augmenter ,ou notre système sociale va se casser le figure bravement ,ou enfin ces messieurs les bien pensant vont nous sabrer pas mal de nos acquis sociaux .Et tant que l’Europe sera ce qu’elle est avec sa concurrence intra communautaire que tous les partis de gauche défendent rien ne pourra marcher .des beau mots des belles phrases a la Mélenchon mais le vide sidéral derrière ,car les problèmes sont pris a l’envers on veut augmenter le smic donc augmenter le cout du travail au lieu de créer des emplois en réindustrialisant la France donc augmenter la masse de cotisation et préserver nos acquis sociaux .Et la je simplifie fortement je ne parle pas du nombre de fonctionnaire et d’élu et des économies qui devraient être faite en gérant mieux ces gens quitte a sabrer un peu cette masse qui nous pompe le sang .


      • foufouille foufouille 22 mai 2012 11:43

        le manque de boulot est le probleme
        par contre un faible salaire, voire precaire en plus, ne permet pas de consommer ni d’acheter ton logement
        les chantiers d« insertion » empeches aussi la creation d’emplois
        avant chaque village avait des commerces, mais comme les logements ont pourri sur place, les gens sont partis


      • Bulgroz 22 mai 2012 11:13

        Un salaire socialiste est un salaire à la charge des conrtibuables.

        Dans le gouvernement actuel, tous, je dis bien tous, en partant du premier d’entre eux, ont tous biberonné de l’argent public.

        Ils n’ont fait que cela toute leur vie de fonctionnaire ou d’élu à temps plein.

        Il sont bien mal placés pour parler de croissance ou de redressement de d’économie.

        Zéro compétence, c’est à ce titre qu’ils parlent des riches et de tous ceux qui créent de la richesse.

        Pomper de la richesse, oui, créer de la richesse, pouah, quelle horreur !!


        • taktak 22 mai 2012 14:57

          le titre de l’article est salaire socialisé.
          Et comme écrit il s’agit bien d’un salaire, issu du travail de chacun. Il devrait donc provenir des cotisations sociales patronales

          C’est pourquoi les propositions de faire supporter les « charges » sociales patronale par la consomation ou une mutualisation par l’impôt s’apparente directement à une baisse de salaire et à une augmentation des revenus du capital
          C’est rappelons le une proposition commune à l’UMP et au FN


        • Yohan Yohan 22 mai 2012 11:21

          Pendant ce temps là il y en a qui socialisent le travail d’autrui  smiley


          • Homme de Boutx Homme de Boutx 22 mai 2012 14:50

             

            « Mais la distinction entre cotisation patronale et salariale est une tromperie « 

            si on veut, car si on augmente la cotisation salariale, le patron s’en moque vu que c’est le salaire net qui est réduit donc le salarié qui trinque (par exemple la CSG-RDS est une cotisation 100% salariale, augmenter la CSG, c’est, vu du côté salarié comme augmenter la TVA, sauf que ça ne touche pas les chinois et c’est probablement là le problème ...)

            « l’ensemble des cotisations ne sortent pas de leur poche »

            c’est vrai, mais c’est compris dans le prix de vente final du produit que vous avez fabriqué ou du service rendu – plus le prix de vente est élevé et moins vous vendez (ou plus les chinois vendent)

            Quant à la répartition, c’est bien un piège car pour servir des retraites correctes aux anciens travailleurs, il faudrait augmenter considérablement les cotisations vieillesse et retraite complémentaire, donc à la fois augmenter le coût salarial et baisser les salaires nets...

            ou trouver autre chose pour remplir le « contrat » signé entre l’état et les retraités, ex salarié ou cotisants (la meilleure solution étant de faire payer les chinois qui ont récupéré une grande partie de nos activités)


            • jpm jpm 22 mai 2012 15:17

              Bonjour Robert Gil,

              Point de vue intéressant qui rejoint les thèmes développés par Bernard Friot sur le site
              http://www.reseau-salariat.info/

              Malgré tout, quelques contre vérités et approximations dans la présentation des faits.

              Ainsi les retraités, les chômeurs, les malades sont bien payés en contrepartie de leurs cotisations passées. Un cadre au chômage, malade ou invalide ne touchera pas la même chose qu´un employé à mi-temps. L´extension de salaire que permet la cotisation dépend bien dans une certaine mesure du montant de la cotisation passée. On peut donc dire qu´en cas de retraite, de maladie ou de chômage, les cotisants récupèrent une partie de leurs cotisations et que cela s´apparente à un système assurantiel.

              Il est vrai que l´ensemble de la rémunération d´un salarié correspond au salaire net plus les cotisations dites patronales (environ 45% du brut) et les cotisations dites salariales (environ 80% . Malgré tout l´ensemble de la masse salariale servant á rémunérer le fruit du travail du salarié, sort bien de la poche de l´employeur… et ce dernier ne verra pas l´intérêt d´embaucher un nouvel employé si ce dernier ne lui rapporte pas au moins ce qu´il lui coute (c´est à dire environ le double du salaire net sans compter les couts du poste de travail).

              En fait le véritable problème des cotisations sociales c´est qu´il faut faire la part entre les cotisations contributives, telles que la maladie, l´invalidité, la retraite ou le chômage, qui sont une forme d´extension du salaire ou rémunération différée dans le cas de la retraite, et les cotisations non contributives qui relèvent de la pure solidarité.

              Maintenant la vraie question est faut-il faire payer la solidarité nationale par les seuls travailleurs… alors qu´ils sont proportionnellement de moins en moins nombreux vis-à-vis des inactifs, en raison de la concurrence des machines et des délocalisations. Ne vaudrait il pas mieux faire porter cet effort de solidarité sur l´ensemble des revenus et augmenter en conséquence la cotisation sociale généralisée CGS ce qui permettrait de réduire les couts du travail salarié (ou au moins de ne pas les augmenter indéfiniment).


              • titi 22 mai 2012 20:02

                « Le système par répartition démontre l’inutilité de l’accumulation financière pour financer les retraites et »

                Le système par répartition est une chaine de Ponzi : l’apport des entrants paie les « intérêts » des sortants.
                Le jour où il y a plus de « sortants » qui réclament leur du, la chaine s’effondre.

                C’est exactement ce qui se passe pour le système de retraite par répartition.

                « Ne vaudrait il pas mieux faire porter cet effort de solidarité sur l´ensemble des revenus et augmenter en conséquence la cotisation sociale généralisée CGS ce qui »
                La CSG pose 2 problèmes :
                1 - Lorsque l’on parle de la retraite on parle « d’assurance vieillesse ». Lorsque l’on parle de « chomage », on parle « d’assurance chomage ».
                Toute assurance est liée à l’existence d’un risque : accepteriez vous que toutes les cotisations d’assurance automobiles soient augmentées pour couvrir les risques de deux roues ? Non, si vous n’avez pas de deux roues.
                La CSG frappe tous les revenus, donc tous les revenus doivent être pris en compte pour le calcul des droits. Or ce n’est pas le cas.

                2 - En France, l’impot est du domaine de l’Etat, et le social est géré par les « organismes paritaires » constituant un Etat dans l’Etat. La CSG est un impot ( du domaine de l’Etat) mis à la disposition des « organismes paritaires ».
                L’Etat, je vois bien : il y a des élections présidentielles, législatives, communales, etc...
                Pour les « organismes paritaires » je vois pas.
                C’est quoi leur légitimité ? Comment ce fait il que des gens qui ne sont pas élus par le peuple au suffirage universel puissent disposer d’autant d’argent ?

                 


                • jpm jpm 23 mai 2012 08:48

                  @titi

                  A propos de la cotisation sociale généralisée CGS, elle a été mise en place justement pour éviter justement que les seuls salariés cotisent pour l´ensemble de la population. C´est donc une sortie d´impôt national qui permet de prendre en compte la solidarité avec les exclus du salariat. Ce n´est donc pas du tout un système assurantiel mais cela permet par exemple d´assurer les soins d´une population qui sans cela ne pourrait pas se soigner… et pourrait ainsi être vecteur de maladies transmissibles telles que la tuberculose assurant ainsi la sécurité sanitaire de tous. Ce n´est donc pas forcement un investissement a fond perdu pour les cotisants, de la même façon que lorsque vous payez votre assurance auto, vous payez pour le fond de solidarité qui prend en charge le remboursement des frais lorsque vous avez un accident avec un automobiliste non assuré et non solvable.

                  Je suis bien d’accord que la CSG devrait frapper tous les revenus sans exceptions. De la même faucon que tous les revenus (y compris les revenus financiers et les plus values foncières et mobilières) devraient être taxes de la même manière.

                  Une dernière chose à propos des organismes paritaires… c´est vrai qu´ils semblent parfois illégitimes mais ce sont en fait des gens élus par les représentants du personnel, et donc par les élections des syndicats et des représentants des salariés ou du patronat. C´est vrai que généralement ces élections n´attirent pas les foules… mais c´est une erreur car comme vous dites ces gens la gèrent l´affectation de nos cotisations.


                • pilhaouer 22 mai 2012 20:37

                  @ Jpm

                  Peu de temps pour répondre malheureusement, mais vous avez l’adresse de réseau salariat où se trouvent les développements nécessaires.

                  Ainsi les retraités, les chômeurs, les malades sont bien payés en contrepartie de leurs cotisations passées.

                  La loi, souvent modifiée fixe les conditions d’obtention et le montant de la retraite lié aux cotisations passées. Ces règles sont devenues défavorables mais il ne faut pas en déduire que la retraite est une contrepartie des cotisations passées et ne pas confondre salaire socialisé et salaire différé.
                  C’est justement l’idée de salaire différé qui permet de passer au système assurantiel.

                  Il n’y a pas de rapport entre les cotisations sociales et les soins médicaux par exemple et c’est heureux.
                  L’idée de ne faire contribuer le capital par taxation (CSG voire TVA (anti)-sociale) est la plus mauvaise des idées car bien sûr, le capitaliste ne rêve que de baisse des salaires et en particulier de baisse des cotisations sociales indolore (sur le moment) .
                  L’idée de Bernard Friot est au contraire de subvertir le capital en généralisant le salaire socialisé et même en l’étendant à l’investissement. Un salaire comportant une part de cotisation pour investir permettrait de se passer de l’investisseur parasite .


                  • jpm jpm 23 mai 2012 09:17

                    @ Pilhaouer,

                    Je connais assez bien les thèses développées par Bernard Friot sur le réseau salariat http://www.reseau-salariat.info/ mais je n´y n’adhère pas. A vrai dire, je les trouve plutôt rétrogrades et égoïstes dans le sens où elles proposent de généraliser les avantages acquis des anciens au détriment des exclus ou des nouveaux entrants qui devront payer pour assurer le maintien de salaires des anciens salariés soi disant « qualifiés ». Ce système serait envisageable dans un environnent de plein emploi mais on en est loin et par ailleurs tout le monde ne souhaite pas travailler dans le cadre du salariat qui suppose un lien de subordination vis-à-vis de l´employeur ou du supérieur hiérarchique.

                    Maintenant je suis désolé de vous contredire, mais le montant de votre retraite, le montant des indemnités chômage ou des indemnités journalière en cas de maladie dépendent bien de votre salaire… et donc de votre niveau de cotisation. C´est ce qui permet en principe d´équilibrer le système. Cela semble pourtant aller dans le sens des propos de Bernard Friot qui veut maintenir le salaire à vie des salariés. C´est donc bien une contrepartie de votre activité (ou qualification) passée.

                    Votre exemple des soins médicaux offerts (en principe) à tous, sort justement de l’idée de salaire différé et du système « assurantiel » lié au salariat. Ils justifient d´ailleurs le besoin d´une CSG assise sur tous les revenus, y compris les revenus des capitaux et les revenus du patrimoine pour permettre d´associer toute le monde à l´effort de solidarité nationale… et pas les seuls travailleurs.


                  • pilhaouer 23 mai 2012 10:31

                    Les thèses de B. Friot sont tout sauf rétrogrades et égoïstes.
                    Friot est marxien et peut d’ailleurs s’opposer aux marxistes tenants d’une ligne stricte (abolition du salariat).
                    Lui propose une tactique subversive de réappropriation de la plus-value par le salaire socialisé.

                    Ce système serait envisageable dans un environnent de plein emploi

                    Mais on sait que le système capitaliste actuel a besoin d’une dose importante de chômage pour maîtriser le salaire et les salariés. La théorie de Bernard Friot vise à s’affranchir de ce système en développant l’aspect révolutionnaire du « salaire socialisé » .

                    Le lien de subordination est un avatar du droit du Maître sur l’esclave car il n’est pas justifié par la compétence mais par la possession du capital prélevé sur le travail.
                    Mais si la qualification à vie du salarié est reconnue ce droit s’éteint et à fortiori si le salaire socialisé s’étend à l’investissement.
                    le montant de votre retraite, le montant des indemnités chômage ou des indemnités journalière en cas de maladie dépendent bien de votre salaire… et donc de votre niveau de cotisation
                    Bien sûr et j’ai déjà répondu, mais il s’agit de conventions qui évoluent (actuellement dans le mauvais sens) et non d’un principe de base.
                     Ces conventions dépendent d’un rapport de forces entre salariés et employeurs.
                    A la libération les capitalistes ayant préféré le nazisme aux rouges se taisaient et voilà pourquoi, dans une période très difficile ont été adoptées les lois que Kessler et consorts veulent détruire.
                    C´est ce qui permet en principe d´équilibrer le système.
                    Voilà ce qui est essentiel ! Non, le système n’est pas équilibré parce que les dominants l’empêchent : équilibrer le système consiste pour eux non seulement à maintenir les profits mais à les augmenter et comme l’argent ne produit pas d’argent, les profits sont prélevés forcément sur le travail.

                    besoin d´une CSG assise sur tous les revenus, y compris les revenus des capitaux et les revenus du patrimoine
                     smiley Ce qui est le meilleur moyen de maintenir la domination du capital et l’inégalité par transmission du patrimoine.


                    • jpm jpm 23 mai 2012 11:55

                      @Pilhaouer,

                      J´ai du mal avec la subversion et je préfère les attaques franches et directes d´un système qui ne fonctionne pas correctement… Cela explique pourquoi j´ai une mauvaise impression de la pensée subversive de B. Friot qui juge le monde à travers son prisme post marxien.

                      J´ai l´impression que ce discours date un peu et ne correspond pas toujours à la réalité du pays où plus d´un cinquième des emplois se trouvent dans la fonction publiques, sans compter le milieu associatif et les coopératives. Du coup votre définition du lien de subordination ne tient plus la route. C´est quoi le capital d´une administration ou d´un service public, la dette nationale ?

                      Je ne suis pas sur que le système capitaliste ait vraiment besoin du chômage pour maîtriser le salaire et les salariés mais c´est vrai qu´il s´en accommode très bien. Le chômage est avant tout la résultante de l´introduction des machines dans la production et plus récemment des délocalisations.

                      A propos de votre dernière remarque sur la CSG assise sur tous les revenus, rien n´empêche de considérer un héritage comme un revenu smiley

                      Maintenant si vous voulez supprimer l´héritage, je n´y opposerais pas, mais je crains que vous vous mettiez à dos la population, même pauvre, qui ne l´oublions pas, par pur altruisme vis-à-vis des riches, a voté massivement pour la droite en 2007 et n´hésiterez pas à le refaire en 2017 si on venait à toucher leur sacro saint héritage… garant du maintien des privilèges acquis.


                    • pilhaouer 23 mai 2012 13:04

                      @jpm

                      plus d´un cinquième des emplois se trouvent dans la fonction publiques, sans compter le milieu associatif et les coopératives. Du coup votre définition du lien de subordination ne tient plus la route.

                      1/5ème, ce n’est que 20% ! smiley Et certains s’acharnent à réduire ce taux pour une raison fondamentale : généraliser l’insécurité de l’emploi. Peu importent la « Sécurité », l’ hôpital public, les privilégiés peuvent se les offrir. Vive le risque (pour les pauvres !)
                      Le chômage est avant tout la résultante de l´introduction des machines dans la production
                      Absolument ! Car les machines ne revendiquent pas ! Toujours la recherche du profit et non d’une production utile à la société. Produisons n’importe quoi, avec des machines ! (Au fait ! A qui le vendrons-nous ?)
                      Mais on a depuis longtemps réfléchi à un autre type de société dans laquelle on produirait ce qui est nécessaire et non ce qui génère du profit, quitte à détruire des vies et in fine la planète.
                      Les machines, bien sûr, mais dans l’intérêt général et si les gains de productivité sont partagés, le chômage n’est pas le problème. Chômer n’est un problème que si cela signifie être inutile et ne pas pouvoir vivre.
                      Krasucki disait qu’il n’y avait pas de meilleur moyen de coercition que le chômage. C’est absolument évident pour ceux qui l’ont connu et pour tous ceux qui ont un jour entendu « Si vous n’êtes pas content, la porte est ouverte. Il y en a qui attendent. »

                      Merci pour cet échange mais il nous faut sans doute, en premier lieu définir l’origine de la création de richesse : Qui crée la richesse ? Le capital, ou le travail ?
                      « Pour produire, les travailleurs n’ont pas besoin des exploiteurs, mais les exploiteurs ont besoin des travailleurs », écrivait Marx et personne n’a jamais tenté de démontrer le contraire.


                      • jpm jpm 23 mai 2012 14:35

                        @Pilhaouer,

                        Cet échange est effectivement intéressant… mais vous l´aurez compris je ne suis pas fervent partisan de la pensée Marxienne, même si je reconnais que Marx avait fait une très bonne analyse. Certains passages du manifeste du parti communiste sur les délocalisations n´ont pas pris une ride.

                        Enfin tout cela pour dire que je ne vois pas la société comme l´opposition entre le capital et des travailleurs exploités, même si cela reste encore malheureusement trop souvent vrai.

                        Pour répondre à la question de savoir qui crée la richesse, je dirais tout simplement le génie humain. Cela peut être un génial inventeur qui a bidouillé un application de réseau social dans sa chambre d´étudiant ou un bricoleur de génie qui mis au point le premier pc dans son garage, ou tout simplement un artiste qui développe des sons ou des textes géniaux, tout cela ne dépende pas nécessairement beaucoup de capital au départ… seulement du génie et un peu da savoir faire.

                        Ensuite, bien sur le capital intervient comme un moyen de développer une idée qui fonctionne… et je ne vois pas de mal à cela. Evidemment, les revenus ainsi obtenus doivent alors être taxes… au même titre que le travail, ce qui n´est pas encore le cas.
                        Maintenant, vous qui y avait longuement réfléchi, pouvez-vous me dire qui est qualifié pour décider ce qui est nécessaire pour vivre et ce qui va dans le sens de l´intérêt général ?

                        Personnellement je préfère une économie ouverte ou c´est le client qui décide ce qu´il va acheter… en fonctions de ses gouts, de ses valeurs et des ses besoins personnels.

                        Quoi qu´il en soit, je suis d’accord que les gains de productivité et une partie de la richesse produite par le génie humain doivent être partagée… et c´est pour cela que je milite pour un revenu universel et inconditionnel, c´est a dire une allocation mensuelle pour chaque citoyen, homme ou femme, actif ou inactif, riche ou pauvre, d´un montant suffisant pour vivre modestement sans travailler. Cette allocation serait cumulable avec les autres revenus d´activités ou du patrimoine en contrepartie d´une taxe prélevée sur tous les revenus (y compris les héritages et les plus values) dés le premier euro.


                      • pilhaouer 23 mai 2012 22:08

                        @ jpm

                        ---------------

                        Qui crée la richesse, je dirais tout simplement le génie humain. Cela peut être un génial inventeur ...
                        Ensuite, bien sur le capital intervient comme un moyen de développer une idée qui fonctionne… et je ne vois pas de mal à cela. Evidemment, les revenus ainsi obtenus doivent alors être taxes ...

                        Ne faut-il pas un peu de travail également ?  smiley
                        Et vous ne pouvez que reconnaître l’injustice profonde d’un système où l’on est moins taxé lorsqu’on est riche.

                        Mais qu’est-ce que la richesse ? Est-ce ce qui a été produit et qui a une valeur d’usage, ou est-ce la valeur marchande qu’on lui attribue, ou est-ce seulement le profit retiré de sa vente ?
                        N’est-il pas étrange que le système capitaliste évacue tout ce qui est production non marchande mais considère par exemple que produire des armes ou dépolluer les côtes est produire de la richesse.
                        Voilà un système ou l’amour n’est une richesse qu’à la condition d’être ... tarifé !

                        Qui est qualifié pour décider ce qui est nécessaire pour vivre et ce qui va dans le sens de l´intérêt général ?

                        La démocratie est en principe capable de répondre à condition de ne pas être dévoyée en démocratie « représentative » (des intérêts des classes dominantes)

                        Personnellement je préfère une économie ouverte ou c´est le client qui décide ce qu´il va acheter… en fonctions de ses gouts, de ses valeurs et des ses besoins personnels.

                        En fonction aussi du matraquage publicitaire qu’il subit (quelle perte de richesse énorme)
                        et de ses cartes de crédits, car il faut bien créer de l’argent pour acheter par exemple ce gros véhicule polluant et gourmand mais rutilant et valorisant (?) destiné initialement ... aux contrées dépourvues de routes.

                        D’autre part, cette économie ouverte dont vous parlez n’est ouverte que pour les privilégiés de la planète. Pour le reste du monde, la propagande aimerait nous faire croire que les famines sont vaincues, que le niveau de vie s’accroit partout et que la paix ... .

                        un revenu universel et inconditionnel

                        Sur ce sujet, l’opinion de Bernard Friot :

                        Cordialement


                        • jpm jpm 24 mai 2012 08:11

                          @ pilhaouer

                          Je suis plutôt d’accord avec tout ce que vous venez de dire… oui c´est bien le génie humain et le savoir faire associé au travail qui permet la création de richesse. Maintenant vous avez beau etre un petit génie et un artisan hors pair, vous ne pourrez pas produite de millions d’IPod sans une usine ultra sophistiquée qui coute très cher à construire. Il faut donc des capitaux pour que le génie et le savoir faire des travailleurs puisse s´épanouir… et ces capitaux peuvent très bien être l´épargne d´une partie de ces travailleurs. Il n´y a donc pas de mal à rémunérer ces capitaux… à la condition bien sur que ces revenus soient taxés comme tout autre revenu.

                          Apres pour ce qui est de la concentration des capitaux dans les mêmes mains, ce que vous reprochez finalement au capitalisme… cela pourrait effectivement se régler par une plus forte taxation des successions… mais les braves gens ayant trop peur de perdre les petits avantages qu´ils ont sur leur voisin préfèrent ne pas toucher aux droits de succession… ce qui fait l´affaire des plus riches.

                          A ce propos, vous mettez en cause la publicité et prônez la démocratie… mais c´est sans compter la force de la propagande… qui est une autre forme de publicité tout aussi trompeuse et qui a fait des ravages dans le passé.

                          Pour finir sur Bernard Friot et son intervention sur le revenu universel que je connaissais, je trouve qu´il joue un peu trop sur les mots. Un revenu est ce qui rentre, que ce soit par mon travail, par mon commerce ou par la valorisation de mon patrimoine. La preuve, la déclaration de revenus n´englobe t´elle pas tous ces revenus (dommage qu´elle ne les taxe pas de la même façon)…

                          A vrai dire, sa proposition de salaire à vie me fait penser au bon vieux principe de Peter où tout employé tend à s´élever a son niveau d´incompétence… avec son idée c´est la même chose, les anciens finiront pas obtenir un bon salaire au détriment des nouveaux venus parfois plus competents et qualifiés. 

                          http://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_Peter

                          Je préfère un revenu universel et inconditionnel égal pour tout le monde (pas de raison de privilégier un chef de service par rapport à un balayeur ou à un étudiant)… complété par les revenus du travail ou les revenus différés des personnes qui ont cotises tels qu´ils sont calcules aujourd´hui (c´est à dire plus ou moins proportionnel à votre niveau de cotisation).


                        • pilhaouer 24 mai 2012 10:55

                          Juste trois observations :
                          -. Je ne suis pas sûr que l’iPod soit le meilleur exemple du progrès humain. Outre ses particularités techniques (défauts volontaires iPod), comme tout balladeur, il enferme son utilisateur et le déconnecte de son environnement. Les risques pour l’audition ont même contraint à légiférer sur les écouteurs etc .

                          -. Pour ce qui est du principe de Peter, je lui préfère le principe de Dilbert smiley

                          « Les gens les moins compétents sont systématiquement affectés aux postes où ils risquent de causer le moins de dégâts : ceux de managers. »

                          -. Plus sérieusement : les nombreuses crises systémiques du capitalisme et en particulier la crise actuelle qui ne fait que commencer et peut d’ailleurs s’analyser aussi en crise provoquée ne vous font-elles pas douter ?
                          T. I. N .A, vraiment ?


                        • jpm jpm 24 mai 2012 12:06

                          Lol, je citais volontairement l´exemple de l’IPod pour faire réagir car je tiens a préciser que je suis plutôt réfractaire à la secte de la pomme smiley Malgré tout il faut reconnaitre les services que peuvent apporter ces petits Smartphones. Maintenant j´aurais pu tout aussi bien citer l´exemple de la fabrication d´un roue à battons… ou même tout simplement d´une hache en acier.

                          Le principe de Dilbert est pas mal non plus en effet, mais le problème c´est que traditionnellement les managers restent les mieux payés. Alors ces deux principes couplés à la théorie de Friot, je crains que nous n´allions pas vers une meilleur redistribution des richesses smiley

                          Les crises que nous vivons sont essentiellement a l´incapacité de nos dirigeants à gérer correctement les budgets publics et a ne pas faire payer leur promesses avec l´argent des autres. Evidemment cela fait bien les affaires de certains… mais je pense plus pour la bêtise et l´incompétence de nos managers (confer Dilbert) que la théorie du complot.

                          TINA c´est votre petit nom ?

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Robert GIL

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