Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Quand David Graeber règle son compte au néolibéralisme

Quand David Graeber règle son compte au néolibéralisme

Après avoir raconté l’histoire de la monnaie, en notant son caractère profondément politique, et bien sûr, celle de la dette, « Dette : 5000 ans d’histoire  » est un livre de combat politique, où David Graeber mène un combat contre l’idéologie dominante de ces dernières années. Et cela fait mal.

Les racines pourries du néolibéralisme
 
Fait ignoré, il démontre également que la pensée d’Adam Smith n’a rien d’original et qu’elle repose sur de très nombreux emprunts. Il souligne que « nombre des raisonnements et exemples précis de Smith sortent tout droit d’essais économiques rédigés en Perse au Moyen Age  » et rapporte également des emprunts à Aristote.David Graeber reprend une citation très significative d’Adam Smith : « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n’est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c’est toujours de leur avantage ».
 
Voici un résumé saisissant du fond de la pensée néolibérale, qui présuppose que le monde ne resposerait que sur l’égoïsme. Il dénonce aussi la vision matérialiste de Hobbes. Il note que la notion d’intérêt personnel (au cœur de la réflexion néolibéral) reprend le même terme que le mot qui désigne la rémunération d’un prêt et s’interroge sur ce que cela dit d’une telle théorie générale des motivations humaines. D’abord, « cela lui donnait l’air objectif, scientifique même ». Et il note que « des désirs infinis dans un monde fini signifient une rivalité sans fin ; notre unique espoir de paix sociale est donc bien celui que préconisait Hobbes : des accords contractuels que l’appareil d’Etat fera strictement respecter  ».
 
David Graeber souligne le ridicule de « la théorie du choix rationnel  », jamais démontrée, et soulignant que « certains ont souhaité fonder une théorie de l’interaction sociale sur une vision plus généreuse de la nature humaine  ». On peut également objecter l’analyse de Jacques Généreux dans son livre de référence « La dissociété », pour qui l’homme est autant un « être soi  » qu’un « être avec  ». Pour lui, « le droit d’un homme est simplement l’oblgation d’un autre  » et « ceux qui ont soutenu que nous sommes les propriétaires naturels de nos droits et libertés s’intéressaient essentiellement à en conclure que nous devions être libres de les donner, voire de les vendre »
 
Ce que cela dit de notre époque
 
Il rappelle qu’en allemand, « Schuld signifie à la fois ‘dette’ et ‘culpabilité’ », ce qui en dit long, et explique un peu, le rapport de l’Allemagne à la dette et aux déficits publics. Il souligne aussi que la plupart des religions « sont nées au milieu d’intenses polémiques sur le rôle de la monnaie et du marché dans la vie humaine, notamment sur le sens de ces institutions pour les aspects fondamentaux de ce que les humains se doivent les uns aux autres  », ce qui amène à regretter que les questions monétaires soient temporairement sorties du cadre du débat démocratique dans tant de pays.
 
Il note que dans notre psychologie, « puisque le créancier et le débiteur sont en dernière analyse des égaux, si le débiteur ne peut pas faire le nécessaire pour se remettre sur un pied d’égalité, il est manifestement dans son tort ; c’est forcément de sa faute ». Mais pour lui, « un monde sans dettes retomberait dans le chaos primordial, dans la guerre de tous contre tous ; nul ne se sentirait le moins du monde responsable des autres ». Il note aussi que les dettes publiques ont historiquement un double visage : donner plus de puissance militaire aux Etats, tout en suggérant que l’Etat devait quelque chose à ceux qu’il gouverne, sauf qu’il le doit principalement aux capitalistes.
 
Il souligne également que « s’il n’y a pas de fin, il n’y a aucune raison de ne pas créer du crédit – c’est-à-dire de la monnaie future – à l’infini  », comme en 2008, créant alors « une série de bulles toujours plus imprudentes qui ont provoqué l’écroulement global du système  ». Il note que l’escalvagisme repose sur le fait d’arracher l’homme de tout contexte, fait qui parle face à l’injonction de mobilité de l’époque actuelle. Pour lui « si nous sommes devenus une société de la dette, c’est parce que l’héritage de la guerre, de la conquête et de l’esclavage n’a jamais entièrement disparu ».
 
L’auteur parle de « trois grands principes moraux susceptibles de fonder des relations économiques  ». D’abord, un « communisme fondamental  » la nature de l’homme à aider son prochain, soulignant que l’aide vient si « le demandeur est considéré comme appartenant à la communauté  » et que « cette attitude fondamentale de partage sans retenue et de générosité ne s’étend jamais à tout ». Cela permet donc l’échange, plus impersonnel, mais qu’il est possible de rendre plus personnel. Enfin, il y a la hiérarchie. Il note aussi que, dans l’histoire, « quinconque obtient d’immenses richesses finit toujours par en donner au moins une partie – souvent de façon grandiose, spectaculaire, et à un grand nombre de gens  », mais que cette attitude est souvent extrêmement limitée et superficielle.
 
Pour lui, le problème avec le marché, quand il est modélisé, c’est que « nous sommes souvent enclins à les traiter en réalités objectives, voire à nous prosterner devant eux et à nous mettre à les adorer comme des dieux ». Comme si nous avions toujours besoin de quelque chose qui nous dépassait, sans doute le moyen de limiter notre propre responsabilité… David Graeber note aussi que « le capitalisme est un système qui exalte le parieur comme aucun autre système ne l’a jamais fait : il le tient pour un acteur essentiel de son fonctionnement. Mais en même temps, le capitalisme semble exceptionnellement incapable de concevoir sa propre éternité. Peut-il y avoir un lien entre ces deux constats ».
 
Merci à David Graeber pour cette contribution majeure à la critique du système néolibéral. Demain, je reviendrai sur son analyse plus concrète et précise de la crise que nous traversons depuis 2008 pour clore ce compte-rendu du livre.
 
Source : David Graeber, « Dette : 5000 ans d’histoire », Les Liens qui Libèrent

Moyenne des avis sur cet article :  4.6/5   (10 votes)




Réagissez à l'article

20 réactions à cet article    


  • ObjectifObjectif 13 avril 2015 11:28

    Merci, une suite d’anthologie smiley

    Notre dette est une dette pour nous, mais une création monétaire gratuite, sans travail et sans impôt pour les banquiers : ils ont juste à nous faire croire que la monnaie est créée par l’état, pour que nous tombions dans leur piège subtil.

    Ainsi nous travaillons gratuitement pour ce qu’ils décident. Gratuitement, parce que la monnaie ne leur coute rien, ce sont juste des nombres ajoutés sur nos comptes dans leurs registres sur ordinateurs.

    Pour mieux comprendre :

    Devenir banquier en UNE minute chrono !

    • Marc Chinal Marc Chinal 13 avril 2015 14:44

      @ObjectifObjectif
      Non, les banques ne créent aucune monnaie.
      C’est une grosse manipulation pour faire croire que le système monétaire peut être « sauvé » si on est qualif à la place du qualif. (enfin, pas vous, d’autres, comme d’hab).
      .
      La création de monnaie par le crédit est un abus de langage.
      .
      Si votre théorie était exact, il suffirait que les banques se prêtent entre elles et... même plus besoin de vous ! Or elles ont besoin de vous. Pourquoi ? Posez-vous les bonnes questions.
      .
      Et @ l’auteur de cet article : qu’il n’hésite pas à reproduire le passage qui explique que le principe de dette existait avant la monnaie. C’est le passage le plus rigolo :o


    • ObjectifObjectif 13 avril 2015 17:44

      @Marc Chinal qui a écrit : « Non, les banques ne créent aucune monnaie. » Et le Père Noël existe !

      Pas de souci, vous pouvez rester dans votre monde. Et dans votre monde, qui crée la monnaie et de quelle manière ?

      « La création de monnaie par le crédit est un abus de langage. » Plutôt un abus de faiblesse et de votre crédulité.

      « Si votre théorie était exact, il suffirait que les banques se prêtent entre elles et... même plus besoin de vous ! » Exactement ! Bien vu, le rapport parlementaire islandais pointait que 80% des crédits des 3 banques en faillite étaient accordés aux propriétaires des 3 banques, en particulier pour acheter les actions des banques afin d’avoir assez de capitaux pour pouvoir créer plus de monnaie avec plus de nouveaux crédits...

      Aucun audit sur ce point n’a eu lieu en Europe, mais certaines affaires très proches sont tout de même sorties.


    • Marc Chinal Marc Chinal 14 avril 2015 01:00

      @ObjectifObjectif
      « Et le Père Noël existe ! »
      Apparemment il existe puisque selon vous les banques font de l’argent avec rien.
      .
      « Plutôt un abus de faiblesse et de votre crédulité. »
      Croire que « si vous étiez à la place du qualif, ce serait mieux », c’est ça la crédulité.
      .
      "80% des crédits des 3 banques en faillite étaient accordés aux propriétaires des 3 banques, en particulier pour acheter les actions des banques afin d’avoir assez de capitaux pour pouvoir créer plus de monnaie avec plus de nouveaux crédits...« 
      .
      Cela ne prouve pas qu’elle faisait de la monnaie en accordant des crédits, cela prouve juste... qu’elles devaient avoir des capitaux propres pour avoir le droit de faire des crédits.
      Or les propriétaires ont fait croire qu’ils avaient des capitaux propres alors que c’était des dettes.
      Et forcément, comme ce n’était pas de l’argent réel (car un crédit/dette ne fait pas de l’argent réel), elles ont fait faillite lorsqu’il fallait se retourner vers les capitaux propres pour éponger les pertes.
      .
      Si les banques créaient de l’argent avec des dettes, elles n’aurait jamais pu faire faillite ! Réfléchissez deux secondes.

      .
      Pas étonnant que les »rebelles" du système n’arrivent jamais à faire quoi que ce soit, ils s’attaquent toujours aux moulins à vent ! :D


    • lsga lsga 14 avril 2015 01:12

      @Marc Chinal
      Puisqu’on vous dit qu’en imprimant du papier on va résoudre tous les problèmes de la planète enfin !

       smiley

    • Marc Chinal Marc Chinal 14 avril 2015 01:57

      @Isga
      Je sais, je sais... Même que si ça ne marche pas, on pourra utiliser le papier dans le toilette... Mais pfuuuuu.... rien que de penser à tous ces arbres abattus... je suis comme Idéfix, ça me rend triste...


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 14 avril 2015 04:44

      @Marc Chinal

      C’est amusant de voir comme êtes campé dans vos certitudes alors que vous n’avez rien compris à la création monétaire, mais alors rien de rien.


    • lsga lsga 14 avril 2015 10:27

      @Luc-Laurent Salvador
      oui oui, toi tu as tout compris : on imprime des billets magiques, et tout le monde y devient riche !

       


    • Marc Chinal Marc Chinal 14 avril 2015 14:14

      @Luc-Laurent Salvador
      La création monétaire m’intéresse particulièrement en tant que « post-monétaire » (sorte de personne qui ne croient plus en la religion monnaie pour nous sortir du merdier). Si vous avez des arguments, n’hésitez pas.
      Si vous avez le temps, voici un dialogue entre VOTER AM et des partisans du conspirationnisme bancaire.
      http://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/feodalisme-monetaire-preter-49492#forum12993334
      .
      Mais encore une fois, si vous avez un argumentaire, une explication comptable, n’hésitez pas.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 15 avril 2015 06:09

      @Marc Chinal

      Merci pour le lien, car le dialogue est édifiant. Voter AM est incapable de raisonner, il assène ses arguments sans écouter ceux de bernardgva qui sont très convaincants.
       
      Par ailleurs, l’insistance sur la nécessaire rareté de la monnaie est une contre-vérité manifeste. Le jeu des banquiers c’est au contraire de faire des cycles, d’abondance de la monnaie puis de réduction de la masse monétaire pour effondrer l’économie et tout racheter à vil prix.
       
      Enfin dire que seules les banques centrales créent de la monnaie me paraît hallucinant. A croire que voter AM est une officine de désinformation destinée à faire obstacle à la nécessaire prise de conscience populaire...
       
      PS : l’idée même de se passer de monnaie me paraît idiote. Car tout fait monnaie. Je me rappelle avoir payé en Italie avec des jetons de téléphone (la seule monnaie indexée sur l’inflation smiley. Le corps social a autant besoin de monnaie que notre corps a besoin de sang. Alors le crédo post-monétaire me fait doucement rigoler !


    • lermontov lermontov 15 avril 2015 09:21

      @ Luc-Laurent Salvador

      ’Le corps social a autant besoin de monnaie que notre corps a besoin de sang’. Soit : il n’y a pas de société sans monnaie.

      La clef n’est pas la notion de monnaie mais celle de valeur ; l’idée de valeur présuppose la notion de mesure, laquelle découle de celle de jugement (au sens philosophique). Autrement dit, la morale (au sens philosophique). Autrement dit, la faculté de pensée binaire, humaine, si humaine.

      "Or, depuis que l’histoire est histoire, c’est l’esprit qui a mené le ballet, et non le corps, dans le corps même du ballet.
      L’esprit qui a des valeurs et des choses,
      et qui remue les valeurs des choses [...]’
      [Artaud]

      Les choses n’ont aucune valeur en soi sinon celle qu’on leur prête et pour établir une valeur, il faut avoir établi un bien contre un mal, avec un criterium. Ce qu’on appelle très simplement un système de valeurs.


    • Marc Chinal Marc Chinal 15 avril 2015 12:31

      @Luc-Laurent Salvador
      .
      Bien.
      Mais vos argumentaires, ils sont où ?
      Vos preuves sur la « monnaie dette », elles sont où ?
      .
      Quand à savoir si la monnaie est rare ou non, vous avez du chemin à faire, car la monnaie doit toujours être suffisamment rare, sinon, elle perd de sa valeur (comme vous le dite en l’effleurant, lorsque vous parlez d’abondance). D’ailleurs.... c’est fou ça. Vous avez compris le principe et vous continuez de croire que la monnaie ne doit pas être suffisamment rare pour être utilisable ?


    • Marc Chinal Marc Chinal 15 avril 2015 12:33

      @lermontov
      Vous dites « Les choses n’ont aucune valeur en soi sinon celle qu’on leur prête »
      .
      Et alors ?
      Si la monnaie est une valeur en soi, c’est bien parce que les humains acceptent cette valeur !?
      Pourquoi faire croire que la monnaie n’a pas de valeur en soi ? Si c’était le cas, vous pourriez payer en feuilles d’arbres. Or vous ne pouvez pas le faire.


    • lermontov lermontov 13 avril 2015 12:25

      1. Bah, j’avais vu juste.

      Graeber veut mettre un beignet à Smith ; donc, c’est mensonge contre mensonge. Comme je l’ai dit, sa généalogie est complètement à côté de la plaque (troc, monnaie, etc).

      « Voici un résumé saisissant du fond de la pensée néolibérale, qui présuppose que le monde ne reposerait que sur l’égoïsme. »
      Le monde repose sur l’égoïsme, c’est entièrement exact ! La source est ici : le moteur est le Vouloir Vivre (autopréservation, avec sans doute des instincts difficiles à déceler concernant la perpétuation). Le point commun entre toutes les époques : ’naître, se reproduire, mourir’ ; tout c qu’il y a autour - comme la culture - étant plutôt changeant. Concernant le fonctionnement, cela a été théorisé par Darwin : lutte pour la vie, compétition entre les espèces mais aussi entre les individus d’une même espèce.

      C’est justement la grande force du libéralisme que de coller le plus près à la réalité de la nature. Car la différence entre cette doctrine et toutes les autres, c’est qu’elle propose via la consommation des satisfactions immédiates et qu’elle les renouvelle constamment. Autrement dit, elle satisfait les pulsions tout de suite, à travers toutes choses, le cul, les objets, etc, etc. Tandis que les autres idéaux exigent un sacrifice ou un renoncement pour des buts éloignés et abstraits. Les seconds nécessitent la présence de virilité (la vertu), la fermeté de caractère ; autrement dit, à notre époque, ils ne peuvent s’adresser qu’à l’exception et non la masse. Car la masse n’a rien dans le sac, elle est veule, lâche, incapable de résister aux sollicitations à la jouissance immédiate, lesquelles sont continues dans le monde néolibéral. De surcroît, via l’aducation, le néolibéral entretient la transformation de l’individu en lopette.
      Ce point rend le néolibéralisme indestructible ; quand on se raccroche au vieilles doctrines, religieuses ou politiques, on perd son temps et on n’a rien compris au film. Ces doctrines anciennes n’ont pu exister un temps que parce qu’elles reposaient sur la terreur.
      La seule voie de terrasser le néolibéralisme est la suivante : trouver un gain supérieur à celui qu’il propose (la jouissance immédiate) ; donc une jouissance lointaine et qui de plus en intensité surmonte tout ce que l’homme connait : jouissance matérielle, sexuelle, etc.


      • lermontov lermontov 13 avril 2015 12:55

        2. Puisqu’on aime présenter ce type comme anthropologue = argument d’autorité, l’expert jacasse, toujours un très mauvais signe.

        Les Allemands très simplement, comme toute l’Europe du Nord, sont protestants. Et pour comprendre cette histoire de dette/faute, il faut remonter à Luther et à l’affaire des indulgences.

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Commerce_des_indulgences

        Le fond est donc une différence de culture, laquelle se transmet via l’éducation et modèle l’esprit. Très simplement, un Allemand ne pense pas pareil qu’un Français et au sein d’un truc comme l’Ue, il faut très simplement que l’un disparaisse car en toutes choses, ce sont deux conceptions antinomiques de la vie qui s’opposent. Sur le continent, en plus de ce clivage protestant/catholique, il y a un autre clivage : nord/sud.
        Voilà : les gens du Nord sont travailleurs, ceux du sud feignasse. Ceux du nord économes, ceux du sud dépensiers. Etc, etc.

        « Un communisme fondamental » : délire total, battu en brèche depuis belle lurette. Ce mr n’a rien d’un anthropologue ; il considère les peuples dit primitifs comme non entrés dans l’Histoire et pesnent que ce sont des reliefs d’un monde originel. Ce qui purement fantaisiste. La réalité est que d’une même source, nous et eux sommes des rameaux qui avont évolués différemment. La société de ces peuples est tout asusi contemporaine que la nôtre.
        De plus, hors sur de grandes généralités genre matriarcat/patriarcat, on ne peut amalgamer tout ces peuples en une entité (les peuples premiers) et l’opposer à l’Occident. Chacun de ces peuples a une culture unique ; il y a dnc sur terre des milliers de cultures, dont la nôtre, et non deux blocs. (mais vu que l’objet du mr est de surtout faire dans le binarisme).

        Comme je l’ai dit l’autre fois, le premier stade est vraisemblablement le don et non un communisme spontané. Par don, on n’entend pas le fait de donner gratuitement ; c’est une attitude complexe, qui entraîne la réciprocité et qui a trait avec la reconnaissance*.
        (eh oui, ce mot est passé dans le langage financier ; et celui de réciprocité basé sur l’estime (= mesurer, compter !) aussi. Ainsi, on dit, ’accorder crédit à qeulqu’un = je fais confiance ou non, nous sommes amis ou non, in fine nous sommes mêmes ou non.)

        Dans ces peuples, c’est toujours par devoir que l’individu agit. S’il est communiste, c’est par devoir et certainement pas parce qu’il a une bonne nature, etc.

        « Dans tous les cas, c’est pour remplir leur devoir, prescrit par la coutume, que les indigènes travaillent. La rétribution est chose secondaire, quoiqu’elle se révèle considérable en certaines occasions. »

        Sérieux, il ne sait pas même ce qu’est un peuple dit premier. Chez ces gens, la coercition est redoutable (ce pourquoi ils sont pauvres en technologie, la créativité est absente). Ils obéissent aveuglément au mythe et vivent dans la terreur que le monde disparaisse si le mythe n’est pas observé à la lettre. S’ils bêchent à la houe et que l’homme blanc ramène le motoculteur, il reprennent la houe parce que leur objet n’est pas la rétribution/productivité, non, il est d’observer le mythe écrit par les grands ancêtres à la lettre.


      • lsga lsga 13 avril 2015 18:01

        une analyse moraliste qui se cache derrière une analyse historique, c’est à dire une analyse sans intérêt qui se pavane dans le verbiage.

         
        Le libéralisme ne naît pas avec Smith ? Sans déconner...

        • Céline Ertalif Céline Ertalif 13 avril 2015 18:56

          «  le passage qui explique que le principe de dette existait avant la monnaie. C’est le passage le plus rigolo :o ». Il y a un peu plus de 90 ans, Marcel Mauss publiait son « Essai sur le don ». Qui est Marcel Mauss ? Un des pères de l’anthropologie... Et qu’est-ce qu’il raconte ? D’abord que la reconnaissance est une nécessité impérieuse pour les hommes, que le don peut être offensant, que le contre-don exprime une lutte, et que l’acceptation du don est une pacification.


          Mais pourquoi tant de violence ? Il y a un petit malentendu sur quelque chose de simple : les gens comme Graeber ne sont pas dans la dénégation totale des concepts de marché, ils sont dans la dénégation du marché appliqué à tout et conteste le  présupposé que le monde ne reposerait que sur l’égoïsme.

          Arrêtez donc de nous parler d’un monde idiot sans femmes, sans enfants et sans vieillards !  La grande force du libéralisme que de coller le plus près à la réalité de la nature. Car la différence entre cette doctrine et toutes les autres, c’est qu’elle (...) satisfait les pulsions tout de suite, à travers toutes choses, le cul, les objets, etc, etc. Tandis que les autres idéaux exigent un sacrifice ou un renoncement pour des buts éloignés et abstraits. Mais il ne suffit pas d’une pulsion pour faire un enfant, il faut ensuite l’élever et pendant longtemps. La première dette que l’on a, c’est la vie, et après on la donne, on la protège longtemps et dans le désintéressement.


          • lermontov lermontov 13 avril 2015 22:52

            @ Céline Ertalif

            « le  présupposé que le monde ne reposerait que sur l’égoïsme » : ce n’est pas un présupposé ; c’est étudié selon bien des prismes depuis longtemps. En revanche, postuler l’inverse est un présupposé.

            "Mais il ne suffit pas d’une pulsion pour faire un enfant, il faut ensuite l’élever et pendant longtemps. La première dette que l’on a, c’est la vie, et après on la donne, on la protège longtemps et dans le désintéressement."

            Il faut distinguer ce qui relève de la nature et ce qui relève de la culture. Elever est du second ordre. Il n’y a qu’une façon de concevoir mais bien des façons d’élever.

            La vie est un devenir perpétuel qui n’a pas de sens ou dont le sens nous échappe(la science postule qu’il est connaissable ; je pense que pour des raisons particulières ce sens n’est pas préhensible). L’objet de la vie est donc la perpétuation ; pour ce faire que des individus s’apparient, conçoivent et donnent naissance, qu’une part de la progéniture (et non toute) recommence. Concernant les moments d’existence, depuis un moment x, c’est la culture qu fixe le cadre.


          • BA 14 avril 2015 20:56

            Nous volons tous dans le ciel, le cul posé sur une bulle.

            La base monétaire, c’est la création de monnaie par les banques centrales.

            Pour suivre l’évolution de la base monétaire depuis 2008, regardez bien le graphique 2 :

            http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=83417

            Aux Etats-Unis, la base monétaire était de 800 milliards de dollars en 2008. Depuis, elle a explosé. En 2015, elle est de 4500 milliards de dollars.

            Et au Royaume-Uni ?

            Au Royaume-Uni, la base monétaire était de 70 milliards de livres sterling en 2008. Depuis, elle a explosé. En 2015, elle est de 370 milliards de livres sterling.

            Et au Japon ?

            La banque centrale du Japon augmente la base monétaire de 80 000 milliards de yens par an ! C’est une augmentation équivalent à 620 milliards d’euros supplémentaires par an !

            Et en Europe ?

            La Banque Centrale Européenne a annoncé qu’elle allait injecter 1140 milliards d’euros supplémentaires dans le circuit ! C’est 60 milliards d’euros supplémentaires par mois, jusqu’en septembre 2016 !

            Conséquence :

            Depuis 2008, les banques centrales ont SANS LE VOULOIR créé de gigantesques bulles boursières et de gigantesques bulles financières.

            Depuis 2008, les banques centrales ont INVOLONTAIREMENT placé toute l’économie mondiale sur des bulles boursières et sur des bulles financières.

            Aujourd’hui, toute l’économie mondiale est en lévitation.

            Malheureusement, une bulle ne peut pas gonfler jusqu’au ciel.

            Malheureusement, une bulle finit toujours par éclater.

            Préparez-vous au grand « Plop ! »

            Vous avez aimé la crise financière de 2008, vous allez adorer la prochaine.

            http://www.lenouveleconomiste.fr/vous-avez-aime-la-crise-financiere-de-2008-vous-allez-adorer-la-prochaine-26731/

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès