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Quand insertion sociale rime avec développement durable et nouvelles technologies

Combiner développement durable, insertion sociale et accès pour tous aux nouvelles technologies : une mission impossible ? Pas pour Insertech Angus ! Depuis 11 ans cette entreprise d’insertion recycle, répare et assemble des ordinateurs qu’elle revend à bas coût à des écoles, des organismes communautaires, ou à des personnes à faibles revenus… le tout en proposant à des jeunes de 18 à 35 ans un parcours d’insertion qui leur permet d’acquérir de solides compétences dans le domaine des TIC. Portrait de cet acteur incontournable de l’économie sociale montréalaise qui a su adapter ses activités au marché et à ses jeunes salariés.

 Répondre aux besoins spécifiques de son territoire et de sa communauté, c’est ce que fait Insertech Angus depuis maintenant 11 ans. « L’entreprise d’insertion a été créée en réponse à un taux de chômage élevé et à une faible scolarisation des jeunes de Rosemont-Petite Patrie, quartier de l’Est de Montréal » explique avec passion Agnès Beaulieu, directrice générale de l’entreprise. « A l’époque, la fondation de l’entreprise s’inscrivait également dans un projet collectif de développement et de relance économique du site Angus  » poursuit celle qui s’est battue pour qu’Insertech Angus voie le jour.
 
Le résultat ? La mise sur pieds d’une entreprise d’insertion qui s’est fixée trois missions, et non des moindres. La première consiste à former et préparer à l’emploi des jeunes adultes en difficultés. La seconde est d’ordre environnemental : Insertech Angus entend favoriser le réemploi et le recyclage du matériel informatique. La troisième concerne l’accès aux nouvelles technologies pour les familles et les organismes à faible budget.
 
Pour accomplir sa mission d’insertion, Insertech Angus propose à des adultes de 18 à 35 ans une activité salariée d’une durée de 6 mois. Pendant cette période, les jeunes bénéficient d’une formation sur quatre métiers en lien avec l’informatique : le travail de bureau (réception, bureautique, accueil…), l’assemblage et la réparation de PC et autres imprimantes, la gestion des stocks et enfin la vente de matériel informatique. L’objectif est de leur permettre d’apprendre un métier en contexte réel et d’acquérir des compétences immédiatement mobilisables dans la vie professionnelle. L’informatique n’a pas été choisie par hasard. C’est en effet un domaine qui correspond au profil d’un certain nombre de demandeurs d’emploi de l’Est de Montréal, à savoir des jeunes qui ont connu des échecs scolaires mais qui s’intéressent de près aux nouvelles technologies et sont souvent branchés jeux-vidéos. « Avec l’informatique, nous voulions sortir de la logique ‘d’économie du pauvre’ associée à tort aux entreprises d’insertion, souligne Agnès Beaulieu. Nous avons choisi une activité qui permet aux jeunes d’être fiers de ce qu’ils accomplissent et leur donne l’opportunité d’être reconnus voire admirés par leur communauté ». La formation in situ est complétée par des cours d’alphabétisation numérique, une aide psychosociale, un accompagnement à la recherche d’emploi et à l’orientation scolaire et par une formation à la citoyenneté. Une équation qui est synonyme de succès : plus de 85% des personnes qui ont suivi le programme d’insertion développé par Insertech Angus retrouvent un emploi ou reprennent des études. Et la majorité d’entre elles en ressort plus autonome et confiante.
 
Lutter contre la fracture numérique
Mais l’impact social de l’entreprise ne s’arrête pas là. En effet, Insertech Angus favorise le recyclage et le réemploi du matériel informatique à Montréal. Elle a d’ailleurs été récompensée très récemment pour ses efforts en matière de développement durable en recevant un Phénix de l’environnement. Chaque année, ce sont 5000 à 6000 ordinateurs reconditionnés, réparés ou optimisés qui passent entre les mains des jeunes salariés de l’entreprise. Les appareils sont ensuite destinés aux écoliers, aux personnes à faibles revenus ou à des entreprises d’économie sociale qui peuvent ainsi accéder aux nouvelles technologies à bas coût. Depuis sa création, Insertech Angus a permis de lutter efficacement contre la fracture numérique en remettant à neuf plus de 50 000 machines.
 
L’entreprise d’insertion ne pourrait pas accomplir ses trois missions avec tant de brio si elle ne s’était pas adaptée aux réalités du marché. En effet, depuis 11 ans, Insertech Angus a su diversifier ses activités. Elle a ainsi débuté avec l’assemblage de vieux ordinateurs récupérés, pour lancer par la suite sa propre marque de commerce d’ordinateurs neufs en 2002. Elle a ensuite complété sa gamme par l’usagé haut de gamme, et a parfait sa palette d’activités avec la consultation, la formation des usagers et les services techniques. Cette diversification a non seulement permis à l’entreprise de maintenir ses bons résultats mais a également fait découvrir aux jeunes en insertion de nouvelles orientations professionnelles (comme la vente, le service à la clientèle…). Agnès Beaulieu l’affirme d’ailleurs haut et fort : « Nous prenons le virage des services et nous voulons impliquer les jeunes dans ces activités qui favorisent l’insertion professionnelle. Par ailleurs, l’activité ‘services’ est très valorisante pour nos salariés qui se retrouvent en contact avec une clientèle qui reconnaît leur professionnalisme ».
 
S’il fallait un dernier exemple pour vanter l’efficacité et l’utilité sociale d’Insertech Angus ce serait très certainement son implication à l’étranger. L’entreprise d’insertion accompagne des partenaires argentins, haïtiens et guatémaltèques pour les aider à mettre en place des ateliers d’insertion spécialisés dans les TIC. Grâce à de multiples échanges, des programmes de mentorat et de jumelage avec Insertech Angus, l’Argentine s’est d’ores et déjà dotée de quatre ateliers d’insertion. Avec un partenaire tel que l’entreprise montréalaise, nul doute que le Guatemala et Haïti sauront suivre le même chemin !
 
Julien de www.communication-solidaire.com

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1 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 12 août 2009 18:59

    Bonjour

    vous écrivez « l’Argentine s’est d’ores et déjà dotée de quatre ateliers d’insertion »

    Envoyez moi un dossier détaillé à,ce sujet ,cela peut m’interesser

    Merci

    michel.lerma@tvargentine.com

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