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Quand la démesure atteint des sommets

Ce week-end, les pays membres de l’Union européenne ont décidé d’un plan d’aide d’un montant colossal de 750 milliards d’euros. La Banque centrale européenne fait également un geste en acceptant d’intervenir pour soulager le marché de la dette en zone euro.

L’UE s’accorde sur une aide financière de 750 milliards d’euros

Après les déclarations tonitruantes du gnome français et de sa copine allemande qui disent vouloir couper court aux spéculations, les valeurs bancaires et de l’assurance s’envolent , Le Bel 20 signe sa 4e plus forte hausse : +9,4%, Les pertes de la semaine dernière presque effacées , Les marchés enthousiastes sur le plan anti-crise européen

Et Miss Lagarde (ministre de l’Economie en France) très fière de nous annoncer :

« Il y a une détermination à construire un nouvel édifice, à réinventer le modèle européen »

£ Alors que nos Etats castrés se font déjà dévorer tout cru par une Haute Finance sans scrupules, ils n’ont rien trouvé de mieux que de leurs offrir l’ensemble des Etats de la zone Euro comme garantie.

$ Alors que les marchés s’en prennent aux Etats, nos Eurocrates nous font croire à la défense en empruntant à ces mêmes marchés !

€ Alors que l’Europe se fait attaquer à l’arme lourde par une mafia financière, elle ne trouve rien de mieux que de lui demander de se calmer en lui offrant la bombe atomique.

Mieux que le Christ : « si quelqu’un te frappe avec une batte de baseball, offre lui un canon »

Après la faillite des banques, des assureurs puis des Etats, on prépare celle d’un continent ! La démesure et les inégalités vont atteindre des sommets.

Gates, Buffet, Slim, Sorros, Mittal à droite et le reste (6,7 milliards d’individus) à gauche...

Lire : Polarisation des richesses

Le plus affligeant, c’est qu’une bonne partie de la gauche souhaite aller vers la droite et raisonne comme la droite (travailler plus pour gagner plus, moins d’impôts, combattre l’inflation, des banques indépendantes, de la croissance svp !)

Affligeant, désolant, hallucinant…

Alors qu’il serait si simple de couper les ailes de ces charognards financiers.

£ Séparer les banques de dépôt, des banques d’affaires et des banques de crédit à long terme et à moyen terme => réinstaurer le Glass-Steagall act

Lire : Mettre les banques au pas et redonner le la

¥ Fermer la bourse

$ Mettre en place une sérieuse réforme monétaire selon les modalités proposées par James ROBERTSON en usant par exemple du principe de la politique simultanée proposée par John BUNZL.

€ Organiser et faciliter la mise en place de monnaies alternatives telles que proposées par Bernard LIETAER ou Margrit KENNEDY. Des monnaies Business to Business pour sauver les petites entreprises et les PME. Des monnaies complémentaires pour permettre aux gens de faire valoir des savoir-faire et des services non reconnus par le système totalitaire actuel. Des monnaies sociales pour recréer des liens et de l’échange.

Tout cela existe depuis belle lurette. Tout cela se trouve sur les bureaux de nos décideurs. Mais ils n’en font rien.

Formatés par les plus hautes écoles, embourbés dans l’égo et fiers de dominer, ils professent sous hypnose du son caverneux de la pompe à Phynance

En fait ils sont issus de la pompe. Ce sont des enfants de la pompe. Chaque jour apporte son lot de délit d’initié. Un jour shérif, un jour gangster.

£ Nous l’avons constaté pour le virus H1N1 où certains responsables de l’OMS alarmistes faisaient partie des grandes firmes pharmaceutiques produisant le vaccin antigrippe.

$ Marie-Monique ROBIN l’a très bien mis en évidence pour Monsanto et la Food & Drug Administration censée légiférer et réglementer sur les questions de sécurité environnementale et de risque sanitaire.

€ Et nous le constatons aujourd’hui clairement entre le secteur bancaire et celui de l’Etat supposé le réglementer. Hier administrateur d’un grand groupe ou membre du conseil des gouverneurs d’une banque, demain ministre de l’économie et des finances. Hier directeur de Goldman Sach, demain secrétaire d’Etat au trésor des Etats-Unis.

Lire : OBAMA au pays des « portes tournantes » de la Haute Finance Américaine

Enfin, heureusement que tout ça n’est que du pipeau.

Et à propos de démesure, une petite (re)lecture de cette page (Argent et Intérêts) peut s’avérer utile.

par ploutopia (son site) mercredi 12 mai 2010 - 16 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par manusan (xxx.xxx.xxx.117) 12 mai 2010 10:39

    Pour résoudre la crise des dettes nationales, les États ont donc décidé ..... de s’endetter.

  • Par Alpo47 (xxx.xxx.xxx.53) 12 mai 2010 11:40
    Alpo47

    Le plus important dans ce qui s’est passé ce week end, c’est, comme d’habitude, ce qui n’est pas dit : Ces 750 milliards supplémentaires, sont .... POUR LES BANQUES.
    Cela, c’est ce qui explique tous les écrans de fumée de communication des politiques.

    Comme l’a étonnamment dit A.Merkel, et comme nous le disons ici depuis des mois : "Les banques ont pris des risques inconsidérés et les Etats ont du s’endetter, donc se fragiliser, pour les sauver. Remises sur pied, les banques attaquent actuellement les Etats.".

    La plus grande majorité des citoyens est encore inconsciente de ces faits.

  • Par Gabriel (xxx.xxx.xxx.98) 12 mai 2010 10:43
    Gabriel

    Pour les banques c’est open bar tous les jours. Nationalisation des pertes et privatisation des bénéfices. La mafia c’est installée durablement sur les places financières avec la bénédiction des gouvernements grassement rémunérés pour cela. La première phase en cours est l’appauvrissement des populations. La seconde la mise en esclavage de ces mêmes populations en leur ôtant toutes velléité de révolte par la peur et la division des peuples, coutumes et religions.

  • Par ploutopia (xxx.xxx.xxx.14) 12 mai 2010 12:13
    ploutopia

    Je publie ici un commentaire que j’ai trouvé particulièrement éloquent suite à un article tout aussi éloquent et repris sur le blog de Paul Jorion (blog sur lequel je fais malheureusement l’objet d’une censure sans nom… Pourquoi ? Paul Jorion aurait-il peur que mon blog lui vole la vedette ? Ca ne peut mal, il fait 15 fois plus de visites journalières que le mien…)

    Voici donc le commentaire de Zébu publié le 12 mai 2010 à 9h54 sur le blog de Paul Jorion à l’adresse http://www.pauljorion.com/blog/?p=11506. Article pour lequel Paul Jorion et consort mentionnent bien qu’il s’agit d’un billet invité mais qui ne mentionnent jamais la source initiale. Voilà pourquoi le blog de Paul Jorion est tant visité. Heureusement, une petite recherche sur google permet de tomber sur la source initiale publiée sur un formidable site : http://www.robin-woodard.eu/spip.php?article1036 (un concurrent potentiel à la course à la popularité sur le Net ?). Pourquoi se faire concurrence ? Ce qui compte, c’est que les idées passent. Peut-importe la popularité. Enfin bref, voici le commentaire en question :

    M. Papandreou a effectivement fait trembler toute la zone euro pour une raison précise : sa trop grande honnêteté. Car s’il avait fait comme tous ces prédécesseurs (en fait, son prédécesseur, Karamanlis), il aurait fait ‘canard’ et aurait tenté de régler le problème en Ecofin ou via d’autres moyens que la morale réprouve, moyens que ses ‘partenaires’ européens ne trouvaient pas jusque là si répugnants.
    A l’inverse, désirant dénoncer, à raison, la gabegie de son prédécesseur, il expose crûment la situation : la Grèce est pire qu’en faillite. Les comptes ont été truqués.
    Son accès au pouvoir se fait en octobre 2009. Et en novembre 2009, un Ecofin se tient où les ministres des finances examinent la situation grecque et « s’aperçoivent » qu’effectivement les chiffres de la dette mais aussi du PIB grec ont été ‘bidonnés’. Ils commandent alors un rapport à la Commission européenne pour vérifier cet état de fait et Eurostat rend un rapport sans appel en janvier 2010, ‘révélant’ la véritable situation : au lieu de -4% de déficit, on obtient -12% pour 2009.
    A partir de là, la ‘crise grecque’ s’enclenche et plus rien ne peut empêcher la spéculation.

    Imaginons. Si M. Papandreou avait continué à truquer les chiffres, comme Karamanlis (il ne mérite pas le ‘M.’ mais tout notre mépris), que serait-il arrivé  ? Rien, sans doute. Comme cela était le cas, avant 2009, et ce pendant des années. Car la Grèce truquait les chiffres et ce depuis 1997 !!
    C’est un rapport d’Eurostat qui rendit public ceci … lors d’un Ecofin en 2004, révélant, déjà, qu’entre 1997 et 2003, les ‘comptes’ avaient été truqués. En particulier pour 2003, où les différences atteignaient plus de 7 points en % !!

    Tout ceci est donc une vaste ‘blague’. M. Papandreou n’est ni responsable ni coupable.
    Le coupable, c’est Karamanlis. Actuellement, il vit toujours en liberté dans son beau pays.
    Les responsables sont les ministres des finances de l’UE, qui ont su et qui n’ont rien fait.
    En droit, cela s’appelle non assistance à personne en danger et au niveau professionnel, une faute grave. En politique, c’est impardonnable.
    Et pourtant, ceux qui étaient présents en 2004 le sont toujours en Europe.
    Et pourtant, on a tenté (brièvement) d’intenter un ‘procès’ à Eurostat.

    Il est symptomatique de constater que l’on n’entend plus parler du Président de la Commission Européenne. On peut penser qu’on lui a intimé de la boucler, s’il ne souhaitait être mis en face de ses responsabilités. Car de fait, on en viendrait à juger toute une idéologie, qui soutient l’existence de l’UE et de ses pratiques depuis ses origines : le néo-libéralisme. Karamanlis en était un des acteurs, jugés par ses ‘pairs’ comme ‘digne de confiance’, c’est dire. Les ministres des finances successifs depuis 2004, depuis qu’ils ’savaient’, aussi.

    Ce procès là ne sera pas instruit. Et tant qu’il ne le sera pas, il existera toujours le déni de justice. Une ‘Union’ Européenne, quelqu’elle soit, ne peut pas continuer très longtemps à exister (et encore moins fonctionner) sur ces bases là.

    S’il y a une mise en faillite impérative à mettre en oeuvre sans tarder, c’est bien celle du néo-libéralisme : tromperie, fraude, faillite morale, échec économique et social, …
    Les chefs d’accusations ne manquent pas. Les coupables non plus.

     

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