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Quand le marketing se fait social

Si selon l’Université européenne du travail, la satisfaction des Français au travail se situe dans la moyenne européenne, il en est tout autrement du regard des travailleurs à l’égard des dirigeants. Les salariés-collaborateurs s’inscrivent dans une grande défiance vis-à-vis des supérieurs avec lesquels les occasions de dialogue direct sont par ailleurs beaucoup plus faibles que dans les pays scandinaves. « Chez nous, la distance hiérarchique reste encore très forte » affirme Claude Emmanuel Triomphe, délégué général de l’Université européenne du travail.* Un contexte face auquel l’organisation de demain devra déployer de véritables stratégies. La pénurie de certains profils, le papy-boom à venir et le coût déjà très lourd de l’absentéisme et du turn-over, autant d’éléments que les services de ressources humaines commencent à prendre très au sérieux. L’organisation prend conscience de l’importance de son image-recruteur et se tourne vers les outils du marketing pour construire et vendre sa politique de responsabilité sociale. Petit tour d’horizon du marketing de l’innovation sociale.

"Les recettes du marketing de la demande ne fonctionnant plus, il est temps d’instaurer un réel dialogue d’égal à égal avec les consommateurs."* François Laurent, professionnel du marketing et auteur du blog Marketing is dead, tire la sonnette d’alarme, le consommateur a cessé d’être dupe ! Or l’histoire de la consommation étant étroitement liée à celle du travail, si le consommateur ne croit plus aux promesses des marques, le salarié ne semble guère plus optimiste quant à celles du dirigeant. Un défi de taille s’annonce donc pour les marketers et les D.R.H. du XXIe siècle ! Les serments ne suffisent plus, la ménagère et l’employé, porteurs des douleurs de leur histoire sont respectivement devenus consom’acteur et collaborateur et la diversité sémantique se propage dans les services des organisations.

L’entreprise ne peut plus se contenter de "séduire" le client, elle doit à présent faire les yeux doux au salarié. On parle ainsi de plus en plus de "salariés-clients", une dualité homogène qui se ressource dans chacune de ses composantes. Le client se soucie de plus en plus de l’éthique de l’entreprise et de sa responsabilité sociale tant au niveau interne qu’externe. Une organisation au sein de laquelle les salariés se suicident tout comme celles qui ne participent pas au développement durable ou font travailler des enfants à l’autre bout du monde n’ont pas bonne presse. La mauvaise image de l’entreprise freine le client dans ses achats et ne donne pas envie au collaborateur d’associer son image personnelle à celle d’une telle organisation. Le salarié a donc des attentes assez proches de celles du client puisqu’il recherche avant tout une entreprise où "il fait bon vivre" et ce, bien avant la nature du salaire proposé. L’organisation pérenne se doit donc de mettre en place une stratégie d’innovation sociale, c’est ce qu’elle attend du marketing social.

De manière globale, il s’agit d’utiliser les outils du marketing, soit de définir les besoins, les attentes, les freins et les motivations de la cible concernée par l’étude afin de délimiter les contours d’une problématique et/ou d’une stratégie. La communication sera ensuite adaptée à cette stratégie. En termes sociaux, le marketing est globalement utilisé dans deux secteurs d’intervention, le secteur associatif et humanitaire d’une part et les services de ressources humaines des organisations, d’autre part. On parle alors de marketing R.H. La pénurie de certains profils sur le marché, la mise en concurrence accrue de ces profils, l’absentéisme, le turn-over et la gestion du stress sont les principales composantes du "package social" qui intéresse le marketing des ressources humaines.

Selon la ou les problématiques que rencontre l’organisation, il s’agira donc de définir les besoins, les attentes et les difficultés (freins) des salariés internes et/ou des collaborateurs potentiels de l’entreprise. Les outils de l’audit social seront ceux des études marketing : baromètre, enquête de satisfaction, enquêtes quantitatives et qualitatives. L’analyse de cette phase d’étude permettra ensuite aux ressources humaines d’élaborer, en lien avec les services de direction, de marketing et de communication, une stratégie de "marque employeur", véritable signature de différenciation de l’organisation sur son environnement métier. Si des outils tels que la création d’une crèche interne ou des avantages sociaux particuliers pourront, à la lumière de cette étude, être mis en place, la démarche du marketing social reste toutefois beaucoup plus globale. Les outils de différenciation ne représentent qu’une partie d’une politique de culture d’entreprise qui ne peut se résumer à quelques avantages "gadgets". Enfin, le consommateur et le salarié ne se laissant plus bercer par la démagogie des décennies passées, la stratégie et la communication de cette politique d’identité, véritable état d’esprit de l’entreprise, devront reposer sur une réalité de pratiques sous peine de perdre très rapidement toute crédibilité.

Dans un fort contexte de mondialisation, l’organisation, prise dans les tourments de la concurrence et du court terme, a fini par perdre de vue la notion de lien social, terreau indispensable pour cimenter tout collectif. Or, la performance économique de demain, essence même de l’entreprise, ne pourra, au regard du contexte dans lequel elle évolue ainsi que des nouvelles attentes de l’individu face au marché du travail, faire l’économie d’une ré-humanisation de la relation. L’organisation compétitive et innovante devra être à l’écoute de ses clients mais aussi de ses collaborateurs puis devra décliner son identité, nourrie de ses valeurs. Face à l’élaboration de cette politique d’image et de culture d’entreprise, la sociologie, la psychologie du travail, le team-building mais aussi le marketing social semblent être des approches complémentaires et salvatrices pour l’organisation de demain.

Isabelle Buot-Bouttier

* Le Monde, Dossier & Documents, septembre 2007

 

* François Laurent, Fondateur de ConsumerInsight, coprésident de l’ADETEM, Marketing Magazine, n° 116, octobre 2007.


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16 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 2 novembre 2007 09:39

    La base du problème de l’accessibilité au travail est dû au contrainte à l’embauche que pratique les DRH en voulant le mouton à cinq pattes avec un salaire de clandestin.

    Il faut moderniser l’accès à emploi dans les entreprises sans que cela passe par des critères inaccessibles et élitistes.

    En se qui concerne le « turn over » particulièrement élevé dans les sociétés de prestation informatique (Stéria,GFI,Gémini..) il tient que ces entreprises (SSII) embauchent des « jeunes » à des salaires tres bas pour toucher des aides de l’Etat (cout de revient 400 euros/mois) et le « jeune » se retrouve à faire un travail que l’on demande à un pro sans le salaire.

    Une fois formé,le jeune quitte la société pour aller voir ailleurs.

    C’est cela le turn-over ,et le carburant n’est rien d’autre que les aides de l’Etat ,


    • Gilles Gilles 4 novembre 2007 08:21

      Tient, je suis d’accord avec Lerma...... ça fait deux fois en un an !

      Les SSII qui ont un tel taux de turn over, s’en fichent (Astek = 45% de l’effectif renouvelé par an !) car c’est parfaitement intégré dans les objectifs de l’entreprise.

      Et en plus ça fait bonne presse car vous voyez partout que ces entreprises qui renouvellent leur personnel en masse, font un coup MARKETING excellent en jouant sur le fait qu’ils embauchent énormément. Et ils le font savoir ! Ils ont même un fort budget pour ça.

      Ex : Carrefour, premier embaucheur de France !!!! Oui mais parce qu’ils sont les premiers licencieurs aussi et les premiers comdamnés aux prud’homme pour leurs pratiques ignobles

      Aux chercheurs d’emplois : Si une entreprise communique sur son fort taux d’embauches, méfiez vous car souvent cela cache des conditions de travail et des pratiques iniques

      En conclusion, je en suis pas sûr que le Marketing du futur ne soit pas plus lobotomisant que l’actuel. Le fil conducteur étant toujours d’essayer de vendre au mieux, tout ce qu’on peut et même le plus invendable, non ?


    • TALL 2 novembre 2007 10:05

      Content de revoir l’auteure smiley


      • Marie Pierre 2 novembre 2007 16:44

        Bonjour Isabelle,

        Votre retour est bienvenu. Samedi, sur France Inter Rue des Entreneurs a proposé une émission intéressante sur ce sujet.


        • Jean-Louis RENAULT Jean-Louis 3 novembre 2007 09:56

          Bonjour Isabelle

          Article très intéressant ! J’ai pour ma part le sentiment que nous sommes entrés dans une phase pernicieuse des relations Employeurs/salariés. Le demande de reconnaissance de nombre de salariés qui était existante mais non consciente il y a encore une dizaine d’années se conscientise de plus en plus entrainant certains salariés vers une hyper exigence de reconnaissance. Si l’on ajoute à cela la perte de sens liée au travail ainsi que l’unification des strates hiérarchiques (Je n’oserais paraphraser un Président nouvellement élu qui dit qu’au même titre que l’enfant ne peut être l’égal du père ou l’élève l’égal du maitre) il va falloir toutefois trouver un équilibre entre l’exigence des employeurs et la demande (légitime, si mesurée de reconnaissance des salariés). Ceux qui souffrent le plus de cette situation actuellement sont les cadres soumis à l’hyper exigence de leur patron et à, ce qui commence être une hyper exigence de reconnaissance de certains salariés qui n’arrivent plus à trouver l’équilibre entre les droits et les devoirs privilégiant ainsi souvent leurs droits sur leurs devoirs. A quand une charte de respect des droits et devoirs de part et d’autres (Employeurs/salariés). Et si nous appelions cela tout simplement « l’intelligence relationnelle ? »

          A bientôt

          Jean-Louis


          • Philippe Folliot 3 novembre 2007 12:18

            Un grand bravo Isabelle pour votre article à propos duquel j’abonde à plus d’un titre. En toute humilité, je vous apporte mon témoignage : Ancien cadre dirigeant au sein d’entreprises de dimensions nationales ou internationales, je suis le fondateur de la société Call-Univers, basée à Avignon. Notre mission est de mettre à disposition des ONG un ensemble de services marketing visant à la collecte de fonds (télé-services délivrés en centre d’appel). Alors que nous opérons dans une industrie pourtant souvent décriée par ses conditions de travail, les salariés de Call-Univers sont des gens heureux. En l’occurrence, le marketing devient solidaire. D’autre part, Call-Univers recrute prioritairement parmi ses collaborateurs des personnes handicapées et/ou exclues du monde du travail (80% des effectifs). Le marketing devient social. En effet, qui mieux que des personnes déjà lourdement touchées par la vie sont à même de porter les valeurs défendues par les ONG. Le marketing devient éthique et responsable. Alors oui, chère Isabelle, je suis heureux et fier de constater que le marketing devienne social ; que l’on puisse enfin allier professionnalisme et travail au respect du genre humain. Philippe Folliot - Call-Univers - 06 70 80 40 49


            • Philippe Folliot 4 novembre 2007 02:40

              Bonsoir,

              très sincèrement, je ne crois pas beaucoup m’avancer en vous disant que nous sommes tous heureux de ce que nous faisons. Mieux que celà, je vous invite à nous rendre visite lorsque vous passerez par Avignon.

              Pour le coup de pub, je n’ai, hélas, rien à vous offrir ; nous intervenons dans un domaine très restreint. Ce que j’ai voulu dire était que l’on voit souvent dans le mot « marketing » toutes sortes de démons ; qu’il est aussi possible de le conjguer avec utilité, responsabilité ou solidarité, dans une perspective de progrès.

              Philippe Folliot


            • Gilles Gilles 4 novembre 2007 08:36

              Philippe Folliot

              « mettre à disposition des ONG un ensemble de services marketing visant à la collecte de fonds »

              Lecteurs, regardez les courriers marketing que vous recevez pour ces organisations humanitaires. Etudiez le et vous vous rendrez compte que de plus en plus ils jouent sur l’exhibition de la misère crasse et de la mort pour collecter des fonds. Quand au reste pour expliciter leurs besoins, néant....car ce n’est ou pas lu ou pas compris !

              Ils jouent donc sur l’émotionnel à fond et uniquement et sont prêts à utiliser des moyens que j’estime douteux. Une photo d’enfant mourant, décharné, galeux vaux mieux que 10 graphiques ! Elle vaux mieux que l’énoncé du simple chiffre de 200,00 enfants morts de faim ! Et dommage si le gosse crève, mais au moins son décès servira à en sauver d’autres. Sans parlez des exagérations patentes

              Leurs intentions sont louables et je les soutiens d’une certaine manière. Cependant, puisque c’est le sujet, l’utilisation de concepts marketing éprouvés pour vendre des savons, lessives et babioles inutiles dont personne ne voudrait normalement, dans le cadre de l’humanitaire ne peut qu’avoir que des conséquences néfastes sur la cause en la rabaissant et en l’abêtissant. Moi je jette ces courriers directos poubelle maintenant, ça m’énerve trop

              L’utilisation de tels sociétés spécialisés dans le lavage de cerveau pour vendre la vie et le progrès alors que le marketing se fout de toute ces conneries, alors que le marketing joue sur la connerie, la manipulation , la débilité pour fourguer ces concepts est pitoyable

              Les humanitaires devrait se distancer de ces pratiques abêtissantes et se recentrér sur la raison, quitte à avoir moins de moyen sur le moment. AU moins ils garderont leur âme et sur le long terme ils y gagneront (enfin, si l’humanité devient moins conne)


            • Philippe Folliot 4 novembre 2007 13:16

              Bonjour Gilles, Je ne sais pas quel type de courrier vous avez bien pu recevoir dans votre BAL mais est-ce que le fait qu’on vous dise qu’1 personne sur 5 dans le Monde n’a pas accès à l’eau ; ou que 1,1 millions de personnes ont vécus en France en 2006 avec le RMI comme unique source de revenu... vous semble racoleur ? Peut-être jetez vous ces courriers trop rapidement... car, selon moi, la première vertue de ces courriers est d’informer les lecteurs sur des chiffres trop souvent ignorés.

              Vous comparez le marketing marchand à celui des ONG. Sachez qu’il n’a rien de comparable, tant par sa philisophie, ses pratiques, les moyens utilisés, ou la par la manière. Fort heureusement !

              Pour vous en convaincre, je vous invite notamment à vous connecter sur http://www.comitecharte.org/, charte à laquelle adhèrent une grande partie des ONG. Bien à vous. Philippe Folliot


            • BUOT-BOUTTIER BUOT-BOUTTIER 3 novembre 2007 17:08

              Merci à ceux qui me souhaitent la bienvenue sur Agoravox smiley Lerma : je rejoins on ne peut plus votre triste constat des critères actuels d’embauche sur l’hexhagone ! Pour les postes stratégiques et à responsabilités, tout profil en dehors d’un bac+5 issu de la sacro sainte Ecole de commerce est prié de s’abstenir ! Le tri est tout simplement effectué par des moteurs de recherche. Or la conséquence est on ne peut plus élitiste, les tarifs de ces fameuses écoles de commerce étant très élevés, les postes à responsabilités sont dévolus aux gosses de cadres sup ! Qui a dit que la lutte des classes était derrière nous ? Sans parler des caractéristiques du profil type : un Homme, Blanc, entre 30 et 40 ans. Quand le monde professionnel prendra conscience qu’il passe à côté de tant d’atouts (le savoir-faire, le savoir-être, la transmission inter-générationnelle, le dynamisme et la créativité des jeunes, l’expérience et la maturité des plus anciens...)il sera peut-être en meilleur santé et la société, dans sa globalité, ne s’en portera pas plus mal... Vous parlez également de ces « jeunes » que l’on embauche à moindre coût avec des aides d’Etat mais que dire également de tous ces emplois déguisés sous forme de stage ? Que dire des exigences des employeurs à l’égard d’un stagiaire censé « apprendre » au sein de l’entreprise ? L’objectif des PME tout comme des grands groupes n’est-il pas ici d’obtenir une main d’oeuvre opérationnelle à moindre coût ?

              Marie-Pierre : merci pour votre info concernant l’émission « rue des entrepreneurs », j’ai eu l’occasion de l’écouter, Maurice Thévenet faisait partie des invités. Il est encore possible d’écouter l’émission en cliquant sur le lien de votre commentaire.

              Jean-Louis : Vous parlez d’une hyper exigence de reconnaissance de certains salariés, pourriez-vous préciser votre propos ? Il me semble qu’une demande de reconnaissance d’un salarié est toujours légitime et si celle-ci est hypertrophiée, n’est-ce pas une conséquence d’une autre hypertrophie, à avoir celle de sa non reconnaissance, voire de sa négation ? Le débat est ouvert... Vous dites également que ceux qui souffrent le plus de cette situation que nous décrivons sont les cadres et je ne vous rejoins pas sur ce propos. Un film documentaire intitulé « j’ai (très mal) au travail » de Jean-Michel Carré sort ces jours-ci : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3476,36-972580,0.html Il montre à quel point les ouvriers souffrent de cette montée d’exigences en termes de cadences et de ce délitement du lien social propre à notre époque. On sépare, on divise, on isole les individus pour mieux régner. Certes le secteur industriel est bien moins representé aujourd’hui que celui des services mais il est fort regretable que la situation des ouvriers n’intéresse pas la presse économique qui a une facheuse tendance à résumer la souffrance au travail à celle des cadres smiley

              M. Folliot : je ne sais si vos salariés sont si heureux au travail que vous le dites, ils seraient peut-être les mieux à même de pouvoir en parler, ce qui est certain en revanche, c’est que votre commentaire reprend à lui seul tous les outils du marketing. C’est une vrai publicité que vous venez de nous faire là. smiley

              Isabelle Buot-Bouttier


              • Jean-Louis RENAULT Jean-Louis 4 novembre 2007 12:31

                Chère Isabelle, Je ne conteste nullement la légitime demande de reconnaissance des salariés, mais force est de constater dans un grand nombre d’entreprise l’apparition d’un nouveau phénomène : l’hyper exigence de reconnaissance de certains. Cela peut être comme vous le dîtes relié à une hypertrophie de reconnaissance trop longue « Quand ça ne va pas attention le fracas, quand ça va bien on n’entend rien » sont des phrases que j’entend très souvent dans nombre d’entreprises. Pour ce qui concerne la reconnaissance, si l’on reprend les travaux de ce bon vieux Maslow, l’on peut aisément constater aujourd’hui que nombre d’individus n’arrivent pas ou mal à gravir, dans leur chemin de vie, l’échelon supérieur de cette pyramide, car il sont parfois en addiction par rapport à un niveau de cette pyramide des besoins. Sur le plan physiologique, la plupart des addictions sont connues et empêchent souvent ceux qui en dépendent de s’élever. , sur le plan des besoins de sécurité doit-on rappeler qu’il y a 5 ans une campagne présidentielle s’est quasiment uniquement déroulée sur ce thème pour l’extrême satisfaction de l’un des candidats du deuxième tour. Le besoin d’appartenance en entreprise se fait de plus en plus rare. Ainsi il est courant d’entendre un jeune ingénieur de chez IBM qui aurait dit il y a 10 ans « je bosse chez IBM » dire aujourd’hui « Je bosse dans l’informatique ». Quand à la reconnaissance qui est l’ultime degré avant la réalisation de soi ou l’épanouissement (toujours selon les travaux de ce bon vieux Maslow) elle a effectivement comme vous le dites assez, mal été dispensé dans nombre d’organisations professionnelles. Mais est-ce le seul lieu. Oserais redonner la définition de l’un égoïste « C’est celui qui ne m’aime pas ». L’absence de reconnaissance serait à relier à l’hyper individualisme qui frappe notre société ? Cette hyper exigence n’est elle pas à relier à ce phénomène de perte de sens ? La plupart des gens savaient dans les générations précédentes pourquoi ils travaillaient. Et aujourd’hui ? Quidd ? Posez la question ! Les modifications des lois sociales qui n’ont pas ou peu créé d’emplois mais au contraire gelés les rémunérations et intensifiés l’exigence des employeurs (Bossez plus dans un laps de temps plus court) En échange, vous aurez droit à des augmentations dérisoire. Comment ne pas faire de lien dans ce monde paradoxal ou le gel des salaires se heurte à la « vie chère » les coûts de l’immobilier, de l’énergie, et de l’alimentation ne cessent de grimper.. Je vous rejoins quand à votre constat sur le monde industriel ou malgré les efforts de nombres d’entreprises certaines prônent encore un taylorisme d’arrière garde. Ce qui m’inquiète le plus n’est pas tant cet isolement auquel vous faites référence si celui ci était conscient donc réversible, c’est plutôt la forme de non conscience qui oriente notre société en priorité sur le verbe avoir déniant parfois toute valeur au verbe être. Après l’intelligence relationnelle n’est-il pas temps de réapprendre à conjuguer le verbe être plutôt que le verbe avoir ?


              • passe-moi les jumelles 5 novembre 2007 01:20

                Certes le secteur industriel est bien moins representé aujourd’hui que celui des services mais il est fort regretable que la situation des ouvriers n’intéresse pas la presse économique qui a une facheuse tendance à résumer la souffrance au travail à celle des cadres

                — >

                Alors que l’ouvrier est clairement en bas de la chaine de « l’humiliation » qui commence tout en haut avec les actionnaires ... C’est donc sur lui que finissent par s’écrouler toutes les névroses de l’entreprise ( la peur du « petit chef » ne viens pas d’ailleurs ). Et plus l’entreprise est importante, plus elle est en difficulté ; et plus il morfle. C’est mathématique ! Ajoutez à cela qu’il est difficile de trouver du sens à son travail quand, dans certaines entreprises, on vous fait sentir à quel point vous êtes jettable et vous comprendrez que certains en arrivent à ce suicider. Je suis même étonné qu’il y ait si peu de suicides. Peut être suis je moi même un peu trop senssible ? Toujours est il que pour avoir fait pas mal d’intérim, je n’ai céssé de vérifier cette théorie. La situation est d’ailleurs bien plus respirable dans les PME. Ma mère qui elle bosse dans la même usine depuis 34 années, pourra confirmer ; la situation s’est beaucoup dégradée. A 3 ans de la retraite, elle n’en peu plus. J’ai même peur qu’elle craque et finisse par faire une betise ; cette idée me hante.


              • Gilles Gilles 4 novembre 2007 08:53

                « Le client se soucie de plus en plus de l’éthique de l’entreprise et de sa responsabilité sociale tant au niveau interne qu’externe. »

                Lisez cet article : En Inde, quelque 60 millions d’enfants produiraient 20 % de la richesse nationale http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-973059@51-964884,0.html

                En a t-on parlé ? NON !

                Le fait que se soit des enfants esclaves qui produisent nombre de produits, y compris et surtout des consommables pour enfants, freinera t-il les marques tel GAP qui font leurs choux gras sur la mort lente et pitoyable de ces enfants ?

                les consommateurs, y compris nous tous ici, vont-ils se retourner contre ces marques ? Peut être pendant deux semaines, mais après ? Nike n’est-il toujours pas florissant alors que voici quelques années, des ados américains jetaient leurs pompes en signe de dégout quant aux conditions de productions ? Ou plutôt ce dégout n’était-il pas basé sur le fait qu’ils payaient trop cher (150$) des pompes payés 0,2$ aux esclaves indonésiens ?

                A voir.... mais si c’était la tendance, ce genre d’enquête devrait être une vraie bombe ! Sarkozy devrait se battre pour ces victimes... ah oui mais la croissance française et le pouvoir d’achat s’en trouverait touché

                Je en crois pas à cette mobilisation des citoyens ici sur l’éthique, concernant des lieux lointains et des gens que nous en côtoyons pas. Enfin, plus tard peut être, mais maintenant il ne faut pas se voiler la face et surtout éviter de tomber dans le piège.

                Si on veut plus d’éthique, c’est au niveau légal et mondial que ça doit se jouer, pas sur la responsabilisation personnelle.... qui n’est qu’une illusion balancé par les décideurs pour continuer à exploiter


                • Fred 4 novembre 2007 21:26

                  Les francais ne font confiance a leurs compatriotes qu’a 21 % donc forcement il y a peu de chance qu’ils fassent confiance a leur patron. Mais bon quand on sait que uniquement 38% des francais trouvent anormal de toucher indument des aides publiques (taux le plus bas des pays de l’OCDE) on comprend pourquoi on ne se fait pas confiance car la solidarite a la francaise est chacun essaie d’abuser le systeme a son avantage.


                  • TALL 4 novembre 2007 23:28

                    J’aime bien ta photo, Isa. Le regard droit vers l’objectif qui dit « j’assume ». Joli progrès depuis le chapeau vu de dos smiley Et si t’as la même grand gueule que moi, ça m’étonnerait que tu sois très rancunière. Ceci dit, il est rare que je commette 2 fois la même erreur. Je préfère varier les erreurs smiley

                    A +


                    • Dégueuloir Dégueuloir 5 novembre 2007 00:00

                      tiens à propos de trou...Vous avez dit trou de la Sécu ?

                      7,8 milliards non reversés à la Sécu sur les taxes sur le tabac 3,5 milliards non reversés à la Sécu sur les taxes de l’alcool 1,6 milliards non reversés à la Sécu des assurances auto pour les accidentés de la route 1,2 milliards non reversé à la Sécu de la taxe sur les industries polluantes 2 milliards de TVA non reversés à la Sécu 2,1 milliards de retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés 1,9 milliards de retard de paiement par les entreprises, etc... smiley

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